Iliade rousse

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Iliade rousse

Message par tannat le Sam 26 Mar 2016 - 22:26

Bonsoir,
L'un d'entre vous sait-il pourquoi J. Giono dans Jean le Bleu qualifie l'Iliade de "rousse", s'il vous plaît ?
"Cette bataille, ce corps à corps danseur qui faisait balancer les gros poings comme des floquets de fouet, ces épieux, ces piques, ces flèches, ces sabres, ces hurlements, ces fuites et ces retours, et les robes de femme qui flottaient vers les gerbes étendues: j’étais dans l’Iliade rousse."

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« Nous naissons tous fous. Quelques-uns le demeurent.  » Samuel Beckett
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tannat
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Re: Iliade rousse

Message par charlygp le Dim 27 Mar 2016 - 11:13

Juste avant ta citation, nous lisons cela :

Je lus l'Iliade au milieu des blés mûrs. On fauchait sur tout le territoire. Les champs lourds se froissaient comme des cuirasses. Les chemins étaient pleins d'hommes portant des faux. Des hurlements montaient des terres où l'on appelait les femmes. Les femmes couraient dans les éteules. Elles se penchaient sur les gerbes; elles les relevaient à pleins bras et on les entendait gémir ou chanter. Elles chargeaient les chars. Les jeunes hommes plantaient les fourches de fer, relevaient les gerbes et les lançaient. Les chars s'en allaient dans les chemins creux. Les chevaux secouaient les colliers, hennissaient, tapaient du pied. Les chars vides revenaient au galop, conduits par un homme debout qui fouettait les bêtes et serrait rudement dans son poing droit toutes les rênes de l'attelage. Dans l'ombre des buissons on trouvait des hommes étendus, bras dénoués, aplatis contre la terre, les yeux fermés; et, à côté d'eux, les faucilles abandonnées luisaient dans l'herbe....

Je pense qu'il s'agit d'une réappropriation de l'Iliade grâce au monde qui entoure le personnage. Son univers de lecture contamine ses sensations et sa lecture. Le "rousse" illustre l'évocation de la terre et de la moisson.

charlygp
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Re: Iliade rousse

Message par tannat le Dim 27 Mar 2016 - 11:28

Oui, j'ai bien lu le passage mais c'est le choix du "rousse" qui me laissait perplexe... La couleur des blés mûrs n'a rien de roux... c'est un blond (enfin, chez moi...) et ce blond et ce brun de la terre ne formaient pas dans mon esprit le roux de l'Iliade de Giono. Bon, je cherchais au-delà car il y a d'autres couleurs dans ce passage...
Quoi qu'il en soit merci pour ta réponse. Elle me permet d'envisager une autre piste dans laquelle le roux correspondrait plus au mélange du sang (imaginé lors de la lecture de l'Iliade) et la couleur du "combat" dans les blés (le jaune qui se mélange au rouge -> roux).

La couleur des cheveux de mes enfants a dû influencer ma lecture et je peinais à faire le lien que tu as fait tant pour moi cela ne faisait pas sens dans le passage, mais grâce à toi j'ai pu le dépasser, merci.

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