L’éducation nationale peine toujours à recruter

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par gauvain31 le Sam 28 Mai 2016 - 8:05

@Olympias a écrit:Pourquoi le ministère ne communique-t-il jamais sur les démissions ???

Parce que je crois Olympias que le MEN est obnubilé par.... son image. Jouer la transparence et voir la très probable augmentation du nombre de démissions (et non-titularisation ) serait suicidaire pour lui.

Communiquer les vrais chiffres aurait un "effet repoussoir" énorme. Avec une forte baisse de recrutement qui s'en suivra (les étudiants ne sont pas fous) tout le système périclitera très vite et on risque de se retrouver dans moins de 20 ans dans la situation actuelle des enseignants du secondaire au États-Unis. Le métier a été fortement déconsidéré (plus encore en primaire que dans le secondaire... mais ça arrive à grand pas) et publier ces chiffres ne fera que conforter l'opinion publique dans "ben vous voyez que c'est nul le métier de prof (ou trop difficile) avec toutes ces démissions ".

J'ai déjà des collègues qui interdisent à leur(s) enfant(s) de devenir professeur. Cela me rappelle avec effroi un fait de mon enfance : quand j'avais 8-9 ans, j'ai visité l'usine de mon père en compagnie d'un collègue à lui. Impressionné par les lieux et au moment de partir, j'ai demandé à mon père "je ferai la même chose que toi plus grand !" Et là je me suis pris une soufflante (de sa part et de celle de son collègue) en disant qu'il en était hors de question. Le métier effectivement n'avait plus d'avenir (on était en plus dans le bassin de Lacq dont les ressources en gaz sont presque épuisées). Comme le métier de professeur n'a plus d'avenir pour certains collègues. Je me demande toujours dans ma tête: comment en est-on arrivé là ?Comment a-t-on laissé passer ça ? Pourquoi une telle déconsidération pour les choses de l'esprit?

Oui j'ai la(es) réponse(s): L'ignorance est une force pour avoir une plus grande docilité des masses

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par jésus le Sam 28 Mai 2016 - 9:09

Comme je disais ailleurs, tout cela s'explique par le triomphe du libéralisme , qui est une idéologie hors-sol et voit d'un mauvais oeil toutes les disciplines qui pourrait ancrer les individus dans un "sol" historique, patrimoniale,linguistique, culturel ou en eux-mêmes via les lettres, l'histoire, l'art, la philosophie, une étude des langues trop littéraires...et faire ainsi le terreau d'une éventuelle contestation de ce système-là.
Tout cela est le passé. Il faut un savoir opérationnel qui vise l'efficience économique et la bonne santé des entreprises. La culture ne rapporte rien...

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par Docteur OX le Sam 28 Mai 2016 - 9:19

@gauvain31 a écrit:
@Olympias a écrit:Pourquoi le ministère ne communique-t-il jamais sur les démissions ???

Parce que je crois Olympias que le MEN est obnubilé par.... son image. Jouer la transparence et voir la très probable augmentation du nombre de démissions (et non-titularisation ) serait suicidaire pour lui.

Communiquer les vrais chiffres aurait un "effet repoussoir" énorme. Avec une forte baisse de recrutement qui s'en suivra (les étudiants ne sont pas fous) tout le système périclitera très vite et on risque de se retrouver dans moins de 20 ans dans la situation actuelle des enseignants du secondaire au États-Unis. Le métier a été fortement déconsidéré (plus encore en primaire que dans le secondaire... mais ça arrive à grand pas) et publier ces chiffres ne fera que conforter l'opinion publique dans "ben vous voyez que c'est nul le métier de prof (ou trop difficile) avec toutes ces démissions ".

J'ai déjà des collègues qui interdisent à leur(s) enfant(s) de devenir professeur. Cela me rappelle avec effroi un fait de mon enfance : quand j'avais 8-9 ans, j'ai visité l'usine de mon père en compagnie d'un collègue à lui. Impressionné par les lieux et au moment de partir, j'ai demandé à mon père "je ferai la même chose que toi plus grand !" Et là je me suis pris une soufflante (de sa part et de celle de son collègue) en disant qu'il en était hors de question. Le métier effectivement n'avait plus d'avenir (on était en plus dans le bassin de Lacq dont les ressources en gaz sont presque épuisées). Comme le métier de professeur n'a plus d'avenir pour certains collègues. Je me demande toujours dans ma tête: comment en est-on arrivé là ?Comment a-t-on laissé passer ça ? Pourquoi une telle déconsidération pour les choses de l'esprit?

Oui j'ai la(es) réponse(s): L'ignorance est une force pour avoir une plus grande docilité des masses



http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2016/05/26/32001-20160526ARTFIG00232-xavier-niel-mon-vrai-metier-c-est-de-repondre-a-2000-emails-par-jour.php

L'aventure Niel, ou l'histoire d'un hacker né. Après s'être attaqué aux monopoles des télécommunications, dont il aimerait voir inscrit en épitaphe qu'il les a «cassés», le patron de Free s'en prend à nouveau au système éducatif. Une deuxième école 42, destinée à former 10 000 autres génies du code informatique, devrait voir le jour à partir de novembre prochain dans la Silicon Valley. «L'école 42, c'est un piratage du système. C'est prendre l'éducation et dire ‘on n'a plus besoin de profs', c'est appliquer l'économie collaborative à l'éducation… On est les premiers à le faire au monde, et c'est une forme de hacking», explique-t-il dans une interview à Society à paraître vendredi.




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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par Docteur OX le Sam 28 Mai 2016 - 9:23

@jésus a écrit:Comme je disais ailleurs, tout cela s'explique par le triomphe du libéralisme , qui est une idéologie hors-sol et voit d'un mauvais oeil toutes les disciplines qui pourrait ancrer les individus dans un "sol" historique, patrimoniale,linguistique, culturel  ou en eux-mêmes via les lettres, l'histoire, l'art, la philosophie, une étude des langues trop littéraires...et faire ainsi le terreau d'une éventuelle contestation de ce système-là.
Tout cela est le passé. Il faut un savoir opérationnel qui vise l'efficience économique et la bonne santé des entreprises. La culture ne rapporte rien...

Si, mais en toile de fond, dans un film à "gros budget", un jeu vidéo, un parc d'attraction... professeur

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par gauvain31 le Sam 28 Mai 2016 - 9:58

@jésus a écrit:Comme je disais ailleurs, tout cela s'explique par le triomphe du libéralisme , qui est une idéologie hors-sol et voit d'un mauvais oeil toutes les disciplines qui pourrait ancrer les individus dans un "sol" historique, patrimoniale,linguistique, culturel  ou en eux-mêmes via les lettres, l'histoire, l'art, la philosophie, une étude des langues trop littéraires...et faire ainsi le terreau d'une éventuelle contestation de ce système-là.
Tout cela est le passé. Il faut un savoir opérationnel qui vise l'efficience économique et la bonne santé des entreprises. La culture ne rapporte rien...

C'est là qu'ils se trompent. La culture générale globale permet justement d'avoir une palette d'analyses de situation et de décisions beaucoup plus large et d'être justement plus réactif et adaptable en fonction des changements.

Un savoir utilitaire et opérationnel: qui dit que dans 10 ou 15 ans il sera toujours utile. Le fait de savoir faire une chose dans un domaine précis et dans une époque précise empêche justement l'employé de se diversifier.

Très bien l'école Niel: pourquoi pas. Soyons ouverts. Et si sa boîte coule : quid de l'employabilité de ses salariés ?


Dernière édition par gauvain31 le Sam 28 Mai 2016 - 10:38, édité 1 fois

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par jésus le Sam 28 Mai 2016 - 10:36

@gauvain31 a écrit:
@jésus a écrit:Comme je disais ailleurs, tout cela s'explique par le triomphe du libéralisme , qui est une idéologie hors-sol et voit d'un mauvais oeil toutes les disciplines qui pourrait ancrer les individus dans un "sol" historique, patrimoniale,linguistique, culturel  ou en eux-mêmes via les lettres, l'histoire, l'art, la philosophie, une étude des langues trop littéraires...et faire ainsi le terreau d'une éventuelle contestation de ce système-là.
Tout cela est le passé. Il faut un savoir opérationnel qui vise l'efficience économique et la bonne santé des entreprises. La culture ne rapporte rien...

C'est là qu'ils se trompent. La culture générale globale permet justement d'avoir une palette d'analyses de situation et de décisions beaucoup plus large et d'être justement plus réactif et adaptable en fonction des changements.

Un savoir utilitaire et opérationnel: qui dit que dans 10 ou 15 ans il sera toujours utile. Le faire de savoir faire une chose dans un domaine précis et dans une époque précise empêche justement l'employé de se diversifier.

Très bien l'école Niel: pourquoi pas. Soyons ouverts. Et si sa boîte coule : quid de l'employabilité de ses salariés ?

C'est un calcul cynique, stupide, court-termiste...sauf que ce ne sont plus des élèves qui choisissent leur matière suivant les coeff et dénigrent les matières dans lesquelles ils ne réussissent pas. Sauf que là ce sont des décideurs qui agissent ainsi... Tout ce qui est inutile maintenant doit disparaître... ( cf un débat sur un autre topic où on disait que les entreprises qui ne s'adaptent pas doivent fermer et que c'est naturel...)

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par Lefteris le Sam 28 Mai 2016 - 11:32

@gauvain31 a écrit:
@Olympias a écrit:Pourquoi le ministère ne communique-t-il jamais sur les démissions ???

Parce que je crois Olympias que le MEN est obnubilé par.... son image. Jouer la transparence et voir la très probable augmentation du nombre de démissions (et non-titularisation ) serait suicidaire pour lui.

Communiquer les vrais chiffres aurait un "effet repoussoir" énorme. Avec une forte baisse de recrutement qui s'en suivra (les étudiants ne sont pas fous) tout le système périclitera très vite et on risque de se retrouver dans moins de 20 ans dans la situation actuelle des enseignants du secondaire au États-Unis. Le métier a été fortement déconsidéré (plus encore en primaire que dans le secondaire... mais ça arrive à grand pas) et publier ces chiffres ne fera que conforter l'opinion publique dans "ben vous voyez que c'est nul le métier de prof (ou trop difficile) avec toutes ces démissions ".

J'ai déjà des collègues qui interdisent à leur(s) enfant(s) de devenir professeur. Cela me rappelle avec effroi un fait de mon enfance : quand j'avais 8-9 ans, j'ai visité l'usine de mon père en compagnie d'un collègue à lui. Impressionné par les lieux et au moment de partir, j'ai demandé à mon père "je ferai la même chose que toi plus grand !" Et là je me suis pris une soufflante (de sa part et de celle de son collègue) en disant qu'il en était hors de question. Le métier effectivement n'avait plus d'avenir (on était en plus dans le bassin de Lacq dont les ressources en gaz sont presque épuisées). Comme le métier de professeur n'a plus d'avenir pour certains collègues. Je me demande toujours dans ma tête: comment en est-on arrivé là ?Comment a-t-on laissé passer ça ? Pourquoi une telle déconsidération pour les choses de l'esprit?

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Pas besoin de leur interdire... Il y en avait dans la génération précédente, nous sommes deux dans ma famille (prêts à partir à la première occasion), et plus personne autour ne veut être enseignant. Tout sauf ça, même ceux qui galèrent, dans la génération qui suit.

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par atrium le Sam 28 Mai 2016 - 11:55

@gauvain31 a écrit:
@jésus a écrit:Comme je disais ailleurs, tout cela s'explique par le triomphe du libéralisme , qui est une idéologie hors-sol et voit d'un mauvais oeil toutes les disciplines qui pourrait ancrer les individus dans un "sol" historique, patrimoniale,linguistique, culturel  ou en eux-mêmes via les lettres, l'histoire, l'art, la philosophie, une étude des langues trop littéraires...et faire ainsi le terreau d'une éventuelle contestation de ce système-là.
Tout cela est le passé. Il faut un savoir opérationnel qui vise l'efficience économique et la bonne santé des entreprises. La culture ne rapporte rien...

C'est là qu'ils se trompent. La culture générale globale permet justement d'avoir une palette d'analyses de situation et de décisions beaucoup plus large et d'être justement plus réactif et adaptable en fonction des changements.

Un savoir utilitaire et opérationnel: qui dit que dans 10 ou 15 ans il sera toujours utile. Le fait de savoir faire une chose dans un domaine précis et dans une époque précise empêche justement l'employé de se diversifier.

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Je donne souvent l'exemple des gars formés dans les années 70 à la conception des cartes perforées, utilisées pour les tickets d'autoroute par exemple. Ils étaient immédiatement employables et opérationnels... à l'époque.

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par coindeparadis le Sam 28 Mai 2016 - 11:57

Je pense à mes copains de collège, orientés vers l'avenir ... : un BEP informatique.C'était moderne et viril. J'en ai revu un, il y a quelques années. Il était vendeur chez un buraliste.

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par gauvain31 le Sam 28 Mai 2016 - 11:58

@atrium a écrit:
@gauvain31 a écrit:
@jésus a écrit:Comme je disais ailleurs, tout cela s'explique par le triomphe du libéralisme , qui est une idéologie hors-sol et voit d'un mauvais oeil toutes les disciplines qui pourrait ancrer les individus dans un "sol" historique, patrimoniale,linguistique, culturel  ou en eux-mêmes via les lettres, l'histoire, l'art, la philosophie, une étude des langues trop littéraires...et faire ainsi le terreau d'une éventuelle contestation de ce système-là.
Tout cela est le passé. Il faut un savoir opérationnel qui vise l'efficience économique et la bonne santé des entreprises. La culture ne rapporte rien...

C'est là qu'ils se trompent. La culture générale globale permet justement d'avoir une palette d'analyses de situation et de décisions beaucoup plus large et d'être justement plus réactif et adaptable en fonction des changements.

Un savoir utilitaire et opérationnel: qui dit que dans 10 ou 15 ans il sera toujours utile. Le fait de savoir faire une chose dans un domaine précis et dans une époque précise empêche justement l'employé de se diversifier.

Très bien l'école Niel: pourquoi pas. Soyons ouverts. Et si sa boîte coule : quid de l'employabilité de ses salariés ?

Je donne souvent l'exemple des gars formés dans les années 70 à la conception des cartes perforées, utilisées pour les tickets d'autoroute par exemple. Ils étaient immédiatement employables et opérationnels... à l'époque.

Merci atrium pour cet exemple , je le sortirai à mes IPR le moment voulu Twisted Evil

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par gauvain31 le Sam 28 Mai 2016 - 11:59

@coindeparadis a écrit:Je pense à mes copains de collège, orientés vers l'avenir ... : un BEP informatique.C'était moderne et viril. J'en ai revu un, il y a quelques années. Il était vendeur chez un buraliste.

Oui mais est-ce qu'il y a l'ordinateur chez le buraliste ?

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par coindeparadis le Sam 28 Mai 2016 - 12:02

Non, pas celui-là. Celui-là travaille à l'ancienne et lit le Canard enchaîné ! Very Happy

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par gauvain31 le Sam 28 Mai 2016 - 12:07

@coindeparadis a écrit:Non, pas celui-là. Celui-là travaille à l'ancienne et lit le Canard enchaîné ! Very Happy

Le BEP disparaît et le canard qui reste immortel..... il fallait à l'époque investir dans le BEPA métiers du foie gras: qui l'eut cru ? Le monde change tellement vite


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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par Sullien le Sam 28 Mai 2016 - 12:24

Je suis étonné : en 2015, le CAPES-CAFEP de Lettres classiques connaissait la même crise de recrutement que le CAPES (28 candidats admissibles) mais le jury pourvut malgré cela tous les postes (25). Comment cela s'explique-t-il ?

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par Leclochard le Sam 28 Mai 2016 - 14:48

@atrium a écrit:
@gauvain31 a écrit:
@jésus a écrit:Comme je disais ailleurs, tout cela s'explique par le triomphe du libéralisme , qui est une idéologie hors-sol et voit d'un mauvais oeil toutes les disciplines qui pourrait ancrer les individus dans un "sol" historique, patrimoniale,linguistique, culturel  ou en eux-mêmes via les lettres, l'histoire, l'art, la philosophie, une étude des langues trop littéraires...et faire ainsi le terreau d'une éventuelle contestation de ce système-là.
Tout cela est le passé. Il faut un savoir opérationnel qui vise l'efficience économique et la bonne santé des entreprises. La culture ne rapporte rien...

C'est là qu'ils se trompent. La culture générale globale permet justement d'avoir une palette d'analyses de situation et de décisions beaucoup plus large et d'être justement plus réactif et adaptable en fonction des changements.

Un savoir utilitaire et opérationnel: qui dit que dans 10 ou 15 ans il sera toujours utile. Le fait de savoir faire une chose dans un domaine précis et dans une époque précise empêche justement l'employé de se diversifier.

Très bien l'école Niel: pourquoi pas. Soyons ouverts. Et si sa boîte coule : quid de l'employabilité de ses salariés ?

Je donne souvent l'exemple des gars formés dans les années 70 à la conception des cartes perforées, utilisées pour les tickets d'autoroute par exemple. Ils étaient immédiatement employables et opérationnels... à l'époque.

On peut imaginer qu'ils ont été formés par l'employeur par la suite et qu'ils ont éventuellement changé de poste, non ?

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par atrium le Sam 28 Mai 2016 - 15:28

@Leclochard a écrit:
@atrium a écrit:
@gauvain31 a écrit:
@jésus a écrit:Comme je disais ailleurs, tout cela s'explique par le triomphe du libéralisme , qui est une idéologie hors-sol et voit d'un mauvais oeil toutes les disciplines qui pourrait ancrer les individus dans un "sol" historique, patrimoniale,linguistique, culturel  ou en eux-mêmes via les lettres, l'histoire, l'art, la philosophie, une étude des langues trop littéraires...et faire ainsi le terreau d'une éventuelle contestation de ce système-là.
Tout cela est le passé. Il faut un savoir opérationnel qui vise l'efficience économique et la bonne santé des entreprises. La culture ne rapporte rien...

C'est là qu'ils se trompent. La culture générale globale permet justement d'avoir une palette d'analyses de situation et de décisions beaucoup plus large et d'être justement plus réactif et adaptable en fonction des changements.

Un savoir utilitaire et opérationnel: qui dit que dans 10 ou 15 ans il sera toujours utile. Le fait de savoir faire une chose dans un domaine précis et dans une époque précise empêche justement l'employé de se diversifier.

Très bien l'école Niel: pourquoi pas. Soyons ouverts. Et si sa boîte coule : quid de l'employabilité de ses salariés ?

Je donne souvent l'exemple des gars formés dans les années 70 à la conception des cartes perforées, utilisées pour les tickets d'autoroute par exemple. Ils étaient immédiatement employables et opérationnels... à l'époque.

On peut imaginer qu'ils ont été formés par l'employeur par la suite et qu'ils ont éventuellement changé de poste, non ?

Certains oui. Pas tous. Comme écrit plus haut, la capacité à se former et à évoluer dépend largement du niveau de culture général.

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par Leclochard le Sam 28 Mai 2016 - 15:56

@atrium a écrit:
@Leclochard a écrit:
@atrium a écrit:
@gauvain31 a écrit:

C'est là qu'ils se trompent. La culture générale globale permet justement d'avoir une palette d'analyses de situation et de décisions beaucoup plus large et d'être justement plus réactif et adaptable en fonction des changements.

Un savoir utilitaire et opérationnel: qui dit que dans 10 ou 15 ans il sera toujours utile. Le fait de savoir faire une chose dans un domaine précis et dans une époque précise empêche justement l'employé de se diversifier.

Très bien l'école Niel: pourquoi pas. Soyons ouverts. Et si sa boîte coule : quid de l'employabilité de ses salariés ?

Je donne souvent l'exemple des gars formés dans les années 70 à la conception des cartes perforées, utilisées pour les tickets d'autoroute par exemple. Ils étaient immédiatement employables et opérationnels... à l'époque.

On peut imaginer qu'ils ont été formés par l'employeur par la suite et qu'ils ont éventuellement changé de poste, non ?

Certains oui. Pas tous. Comme écrit plus haut, la capacité à se former et à évoluer dépend largement du niveau de culture général.

J'aimerais de te dire oui. Pourtant les gens qui ont changé de poste dans mon entourage n'avaient pas un grand bagage culturel.
Pour te donner un exemple concret, dans les prochains mois, ma femme va suivre une formation pour changer de travail. Elle a réussi dernièrement le test d'admission. On a lui demandé de savoir écrire correctement (lettre de motivation) et de faire des calculs basiques (conversion de minutes en secondes ou des pourcentages -sans calculatrice). Je ne trouve pas que cela relève d'une grande culture. Je n'affirmerais pas qu'elle ne sert à rien. Parfois, un savoir qu'on croit inutile se révèle pertinent. Tout simplement, je trouve bien que des gens aient envie de se cultiver toute leur vie.  
Cependant, d'après ma modeste expérience, pour réussir professionnellement, il faut mieux se spécialiser et maîtriser un domaine sur le bout des doigts que d'avoir des connaissances généralistes qui n'ont pas d'usage immédiat.

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par atrium le Sam 28 Mai 2016 - 16:04

Mais ce qu'on a demandé à ta femme, Leclochard, c'est ce qui devrais être maîtrisé en fin de CM2. C'est ce que j'entendais par "culture général" et pas une connaissance des courants littéraire les plus marquants.

Et il n'y a pas que la vie professionnelle.

L'objectif des écoles publiques étaient, dès le départ, de former des citoyens informés ce qui suppose une bonne maîtrise de l'écrit et un minimum de culture générale, sinon chaque vieillerie démagogique remise au goût du jour par un quelconque politicien conservateur passe pour novatrice aux yeux des gogos.

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par chartoine le Sam 28 Mai 2016 - 16:09

@Sullien a écrit:Je suis étonné : en 2015, le CAPES-CAFEP de Lettres classiques connaissait la même crise de recrutement que le CAPES (28 candidats admissibles) mais le jury pourvut malgré cela tous les postes (25). Comment cela s'explique-t-il ?

Les moyennes des admis du CAFEP sont bien plus élevées car il y a moins de postes offerts, il faudrait vérifier quelle moyenne a le dernier admis mais c'est certainement beaucoup plus que le dernier admis du CAPES, donc le jury réussit à pourvoir tous les postes.

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par Sullien le Sam 28 Mai 2016 - 16:18

@chartoine a écrit:
@Sullien a écrit:Je suis étonné : en 2015, le CAPES-CAFEP de Lettres classiques connaissait la même crise de recrutement que le CAPES (28 candidats admissibles) mais le jury pourvut malgré cela tous les postes (25). Comment cela s'explique-t-il ?

Les moyennes des admis du CAFEP sont bien plus élevées car il y a moins de postes offerts, il faudrait vérifier quelle moyenne a le dernier admis mais c'est certainement beaucoup plus que le dernier admis du CAPES, donc le jury réussit à pourvoir tous les postes.

Donc ils ont de la chance car le niveau général des candidats est sensiblement meilleur, c'est ça ?
Les barres d'admission sont les mêmes, d'autant que je me souvienne.

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par chartoine le Sam 28 Mai 2016 - 18:28

@Sullien a écrit:
@chartoine a écrit:
@Sullien a écrit:Je suis étonné : en 2015, le CAPES-CAFEP de Lettres classiques connaissait la même crise de recrutement que le CAPES (28 candidats admissibles) mais le jury pourvut malgré cela tous les postes (25). Comment cela s'explique-t-il ?

Les moyennes des admis du CAFEP sont bien plus élevées car il y a moins de postes offerts, il faudrait vérifier quelle moyenne a le dernier admis mais c'est certainement beaucoup plus que le dernier admis du CAPES, donc le jury réussit à pourvoir tous les postes.

Donc ils ont de la chance car le niveau général des candidats est sensiblement meilleur, c'est ça ?
Les barres d'admission sont les mêmes, d'autant que je me souvienne.

peut être en lettres modernes mais pour d'autres matières (anglais je crois) ce n'est pas le cas.

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par Leclochard le Sam 28 Mai 2016 - 19:33

@atrium a écrit:Mais ce qu'on a demandé à ta femme, Leclochard, c'est ce qui devrais être maîtrisé en fin de CM2. C'est ce que j'entendais par "culture général" et pas une connaissance des courants littéraire les plus marquants.

Et il n'y a pas que la vie professionnelle.

L'objectif des écoles publiques étaient, dès le départ, de former des citoyens informés ce qui suppose une bonne maîtrise de l'écrit et un minimum de culture générale, sinon chaque vieillerie démagogique remise au goût du jour par un quelconque politicien conservateur passe pour novatrice aux yeux des gogos.

On n'a pas tout à fait la même définition de culture générale alors...  Smile
Pour moi, cela inclut des connaissances diverses, pratiques ou non. Si on se tient à cette définition, mon exemple montre que la thèse selon laquelle elle est une condition  nécessaire à la formation, à la reconversion  ou à l'évolution professionnelle est fausse. Dans le monde professionnelle, les qualités exigées sont très diverses et il est exagéré de dire qu'elle est indispensable.
Qu'il n'y ait pas que la vie professionnelle, je suis bien d'accord avec toi. La mission de l'école, c'est d'apporter ce qui permettra à un homme de devenir un citoyen, de comprendre le monde qui l'entoure, d'exercer son intelligence, de se forger une opinion et de l'exprimer.

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par coindeparadis le Sam 28 Mai 2016 - 19:35

Lechochard a écrit:La mission de l'école, c'est d'apporter ce qui permettra à un homme de devenir un citoyen, de comprendre le monde qui l'entoure, d'exercer son intelligence, de se forger une opinion et de l'exprimer.
Exactement ! Ce n'est pas seulement former un consommateur-travailleur.

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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par zeprof le Sam 28 Mai 2016 - 19:46

je ne sais pas, pour ma part, je n'encourage pas ma fille à devenir enseignante ... son premier choix de métier... pas que je n'aime pas ce que je fais, mais, le métier est tellement déconsidéré, mal payé, sans compter toutes les lourdeurs administratives que je ne le conseillerais à personne... Sad
bon, maintenant elle veut devenir bibliothécaire Razz

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"La peur est le chemin vers le côté obscur: la peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine… mène à la souffrance."

zeprof
Grand sage


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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par Graisse-Boulons le Dim 29 Mai 2016 - 19:11

@atrium a écrit:
@gauvain31 a écrit:
@jésus a écrit:Comme je disais ailleurs, tout cela s'explique par le triomphe du libéralisme , qui est une idéologie hors-sol et voit d'un mauvais oeil toutes les disciplines qui pourrait ancrer les individus dans un "sol" historique, patrimoniale,linguistique, culturel  ou en eux-mêmes via les lettres, l'histoire, l'art, la philosophie, une étude des langues trop littéraires...et faire ainsi le terreau d'une éventuelle contestation de ce système-là.
Tout cela est le passé. Il faut un savoir opérationnel qui vise l'efficience économique et la bonne santé des entreprises. La culture ne rapporte rien...

C'est là qu'ils se trompent. La culture générale globale permet justement d'avoir une palette d'analyses de situation et de décisions beaucoup plus large et d'être justement plus réactif et adaptable en fonction des changements.

Un savoir utilitaire et opérationnel: qui dit que dans 10 ou 15 ans il sera toujours utile. Le fait de savoir faire une chose dans un domaine précis et dans une époque précise empêche justement l'employé de se diversifier.

Très bien l'école Niel: pourquoi pas. Soyons ouverts. Et si sa boîte coule : quid de l'employabilité de ses salariés ?

Je donne souvent l'exemple des gars formés dans les années 70 à la conception des cartes perforées, utilisées pour les tickets d'autoroute par exemple. Ils étaient immédiatement employables et opérationnels... à l'époque.

Il ne faut pas caricaturer non plus : sur les cartes perforées les données étaient codées binaire, comme sur votre clé USB aujourd'hui. La première chose comprise par un technicien c'est que seule la fonction demeure, le support passe, s'il a la volonté de se former tout le temps, il possède normalement les notions théoriques nécessaires...Le truc problématique c'est plutôt de ne pas panner un mot d'anglais, là je suis d'accord, ou d'être incapable de produire une note de synthèse...ça vous ancre au fond du panier pendant que vos copains prennent des responsabilités...

Graisse-Boulons
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Re: L’éducation nationale peine toujours à recruter

Message par jésus le Lun 30 Mai 2016 - 7:13

Les élèves en tout cas ont parfaitement intégré l'utilitarisme à l'état pur , et méprisent copieusement les matières artistiques et littéraires...quitte à être schizophrène car ils continuent d'aimer les artistes, le cinéma, la musique, les acteurs, la danse etc... ( exemple de ma nièce qui ne rêve que de théâtre, cinéma et s'inscrire dans une école sur ces thèmes et est allé la tête la première dans une fac d' économie avec de la gestion d'entreprise, parce que tous les camarades sont partis dans ce domaine et que cela ne faisait pas très sérieux) ah, la pression sociale...la peur du chômage...sauf qu'aller faire son droit et louper sa première année une ou deux fois sans plan de rechange viable...ça ne donne pas beaucoup de travail non plus... Rolling Eyes

De la même façon, le niveau scolaire baisse, alors que les choix d'orientation restent les mêmes voire montent en gamme....Ils veulent tous faire ingénieur, médecin, avocat etc, pour se protéger du chômage alors que le niveau ne suit pas...et créer des drames scolaires et humains à la pelle...

Et le prof de base se retrouve en face d'une situation schizophrénique, les élèves ne se représentent plus le métier de prof comme une option, leur image du métier est dévalorisée et les classes bordélisées. Car les choses sérieuses commencent après , selon les élèves. La classe de terminale est un sas de transition, une perte de temps puisqu'on donne le bac. On se demande dès Mars , avec qui on se sera en coloc en septembre...et on attend que ça se passe... L'année est éprouvante...les élèves "ailleurs" et démobilisés dès février...et la lutte pénible pour finir le programme et faire des révisions... la terminale, c'est la punition et la loose en attendant la fac qui sera " glamour" et glorieuse... sauf que...

jésus
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