Quand un principal s'interroge sur la faiblesse des notes...

Page 4 sur 4 Précédent  1, 2, 3, 4

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: Quand un principal s'interroge sur la faiblesse des notes...

Message par Ventre-Saint-Gris le Mar 28 Juin 2016 - 13:03

@Lefteris a écrit:
@bernardo a écrit:
@XIII a écrit:La différence de traitement entre nos élèves et les travailleurs dans la vie active s'accroit d'une manière assez troublante. D'un côté l'Institution prône une bienveillance proche de la farce avec une tendance à ne plus récompenser la rigueur, les progrès et le comportement, et de l'autre le monde de l'entreprise où les maîtres mots sont devenus, pressurisation, corvéabilité, flexibilité et précarisation...

L'enfant-roi fera un bon "adulte"-assujeti.
Il est vrai que je n'ai pas la crème, plutôt des élèves qui semblent des caricatures d' établissements "à nouveaux publics", mais ils sont déjà assujettis pour la plupart , ils portent déjà le collier et fabriquent leurs chaînes :  mous, aucune révolte hormis   contre ce qui touche à leur confort (même si c'est pour leur bien), au garde-à-vous devant les injonctions de la société de consommation , fascinés par le superficiel, le showbiz, les people, nouvelle noblesse pour eux, scotchés aux écrans ( enquête anonyme interne à l'établissement : 4 heures d'écran par jour en moyenne Shocked ). On pourra donc les employer facilement, à des métiers non qualifiés en les contenant par le "tittytainment", la fourniture à petit prix de gadgets électroniques qui les referment sur eux-mêmes (en leur faisant croire le contraire, avec les milliers d'amis de Fesse de Bouc), en les faisant vivre dans un univers soûlant  de bruit et "d'infos".
C'est triste.

Cela fait d'ailleurs quelques années que l'on n'entend plus parler de "l'enfant-roi". Ce dernier a longtemps été un thème central des débats sur l'éducation, mais il a aujourd'hui disparu des discours. Ce concept est désormais dépassé, suranné, archaïque : il n'y a plus que des enfants fragiles, potentielles victimes de maltraitance familiale ou institutionnelle.
La réforme du collège ratifie ce glissement : il était devenu banal de ne traiter la question de l'école que par le prisme victimaire, et cette réforme nous a été explicitement présentée comme étant celle des enfants "en difficulté", brisés par le modèle traditionnel.

Ventre-Saint-Gris
Niveau 6


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quand un principal s'interroge sur la faiblesse des notes...

Message par Ventre-Saint-Gris le Mar 28 Juin 2016 - 13:12

@amalricu a écrit:Cette discussion m'évoque furieusement la constante macabre d'Antibi.

Avec un éclairage inverse, du coup.
La constante bienheureuse ? La constante paradisiaque ?
La constante Polnareff ? (On ira tous au paradis. Oui, Kevin, même toi.)

Ventre-Saint-Gris
Niveau 6


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quand un principal s'interroge sur la faiblesse des notes...

Message par jésus le Mar 28 Juin 2016 - 14:06

@Lefteris a écrit:
@bernardo a écrit:
@XIII a écrit:La différence de traitement entre nos élèves et les travailleurs dans la vie active s'accroit d'une manière assez troublante. D'un côté l'Institution prône une bienveillance proche de la farce avec une tendance à ne plus récompenser la rigueur, les progrès et le comportement, et de l'autre le monde de l'entreprise où les maîtres mots sont devenus, pressurisation, corvéabilité, flexibilité et précarisation...

L'enfant-roi fera un bon "adulte"-assujeti.
Il est vrai que je n'ai pas la crème, plutôt des élèves qui semblent des caricatures d' établissements "à nouveaux publics", mais ils sont déjà assujettis pour la plupart , ils portent déjà le collier et fabriquent leurs chaînes :  mous, aucune révolte hormis   contre ce qui touche à leur confort (même si c'est pour leur bien), au garde-à-vous devant les injonctions de la société de consommation , fascinés par le superficiel, le showbiz, les people, nouvelle noblesse pour eux, scotchés aux écrans ( enquête anonyme interne à l'établissement : 4 heures d'écran par jour en moyenne Shocked ). On pourra donc les employer facilement, à des métiers non qualifiés en les contenant par le "tittytainment", la fourniture à petit prix de gadgets électroniques qui les referment sur eux-mêmes (en leur faisant croire le contraire, avec les milliers d'amis de Fesse de Bouc), en les faisant vivre dans un univers soûlant  de bruit et "d'infos".
C'est triste.

C'est ça, on est passé de "quelques traits" à des élèves qui ont développé entièrement ce type de profil...
Fascination pour l'argent, show biz, monde du spectacle mais de l'autre une haine féroce pour tout ce qui n'est pas utile à court-terme. Tout ce qui ne manie pas des chiffres est suspect, culture compris... On veut un cdi dans une banque mais une vie d'artiste insouciant...

jésus
Niveau 10


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quand un principal s'interroge sur la faiblesse des notes...

Message par Sphinx le Mar 28 Juin 2016 - 15:58

@Cleroli a écrit:
@Sphinx a écrit:Je vais en surprendre certains mais mon CDE est venu se plaindre en début d'année que nos moyennes en 3e, dans l'équipe de Lettres, étaient... trop hautes Razz En effet il n'était pas normal, d'après lui, qu'elles soient supérieures aux résultats du brevet.
A-t-il eu des appels de parents se plaignant des faibles résultats obtenus au brevet blanc comparativement aux moyennes de l'année ?

Pas que je sache. Mais c'était avec le vrai brevet qu'il comparait Smile Puis, une fois de plus, nos moyennes ne sont pas spécialement hautes en réalité.

_________________
An education was a bit like a communicable sexual disease. It made you unsuitable for a lot of jobs and then you had the urge to pass it on. - Terry Pratchett, Hogfather

             

Sphinx
Modérateur


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quand un principal s'interroge sur la faiblesse des notes...

Message par V.Marchais le Mar 28 Juin 2016 - 17:23

@jésus a écrit:
C'est ça, on est passé de "quelques traits" à des élèves qui ont développé entièrement ce type de profil...
Fascination pour l'argent, show biz, monde du spectacle mais de l'autre une haine féroce pour tout ce qui n'est pas utile à court-terme. Tout ce qui ne manie pas des chiffres est suspect, culture compris... On veut un cdi dans une banque mais une vie d'artiste insouciant...

Il me semble que nous avons eu un président de la République correspondant parfaitement au profil. scratch

_________________
visitez le site http://www.reformeducollege.fr/

V.Marchais
Bon génie


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quand un principal s'interroge sur la faiblesse des notes...

Message par jésus le Mar 28 Juin 2016 - 17:36



C'est l'air du temps...L'heure est à la fin des idéologies, des grands schémas. Sarkozy, comme les autres à sa suite et autour de lui cherche le pouvoir pour lui-même dans une course folle égocentrique et narcissique....et vide...Rien ne sert de faire triompher des idées puisque l'essentiel est d'arriver au pouvoir...

Clairement, plus la vie professionnelle devient compliquée, plus on cherche à préserver nos chères têtes blondes de toute violence de notations institutionnelles. Notre jeunesse est sacrée mais on lui fait la vie dure ensuite. Gros paradoxe, mais la sacralité veut dire pureté...on ne veut compromettre cette jeunesse dans une vie professionnelle difficile, ni l'avilir à être employé...puisque être jeune est déjà un privilège exceptionnel en soi ( j'ai lu un truc de Robert Redeker là-dessus) . Il faudra donc un jour, dé-sacraliser la jeunesse, ne plus la protéger autant...
Cf, aussi un reportage de france 2 où on s'interrogeait sur les méfaits de la surprotection des enfants...( équipement d'air de jeux à revêtements mous, peur des sorties scolaires, surmédication, alimentation bio dès le biberon etc..) qui fait perdre la motricité, et accentue l'obésité...
A force d'empêcher de faire prendre des risques intellectuelles, de noter objectivement, on crée un génération d'enfants incapables d'affronter un parcours scolaire qui soit en adéquation avec un niveau intellectuel réel...

Pour en revenir aux notes, un prof de lettres me disaient que pour n'avoir aucun ennui, il fallait avoir 12 de moyenne de classe, sinon il fallait se justifier à un moment ou à un autre, auprès des délégués, parents, PP, conseils de classe, CDE... ( on branche le traducteur : sous-entendu, bien que ces notes soient bidonnées , on ne vous posera pas de questions sur ces notes bidonnées...le prof qui a fait honnêtement son boulot, lui aura des questions sur ses insuffisances...

Bref, bienvenue dans une société néo-libérale qui mise tout sur l'individu mais se refuse à miser comme il se devrait sur l'éducation ( qui est un truc de gauchiste en perte de vitesse de toute façon...un secteur public rempli de feignasse...) Tout miser sur l'individu et non sur un collectif sans un système éducatif et social de dingue, c'est risquer l'abandon, la solitude d'une grande partie de la population... Et donc, et une fois qu'on l'a compris, on fait comment pour maintenir le système en place??? A part en trichant ou en rabaissant les exigences? Une fois les élèves sortis du système scolaire, ils iront se crasher tout seul...et ça sera plus le problème de l'école...et ils iront râler auprès de qui??? Puis qu'ils sont tout seul? Ah, le cynisme...mais chut , y a rien à voir...tous les élèves sont excellents, ils veulent être ingénieur, médecin...


Mais chut... gardez le pour vous, ils ont à peine 9 de moyenne en vérité et ils sont médiocres, ça sera notre petit secret...


Dernière édition par jésus le Mar 28 Juin 2016 - 17:52, édité 1 fois

jésus
Niveau 10


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quand un principal s'interroge sur la faiblesse des notes...

Message par Luigi_B le Mar 28 Juin 2016 - 17:50

Si vous avez des questions, je peux les transmettre à l'auteur du message.

_________________
www.laviemoderne.net : ce qui est moderne peut (aussi) être idiot. Suspect

Luigi_B
Grand Maître


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quand un principal s'interroge sur la faiblesse des notes...

Message par VanGogh59 le Mar 28 Juin 2016 - 18:04

@jésus a écrit:...tous les élèves sont excellents, ils veulent être ingénieur, médecin...


Je vous conseille donc de réfléchir dans les années qui viennent avant d'oser franchir un nouveau pont ou de prendre le médicament que l'on vous prescrira... pale

_________________
"Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d'entre nous regardent les étoiles" Oscar Wilde

VanGogh59
Fidèle du forum


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quand un principal s'interroge sur la faiblesse des notes...

Message par jésus le Mar 28 Juin 2016 - 18:07

@VanGogh59 a écrit:
@jésus a écrit:...tous les élèves sont excellents, ils veulent être ingénieur, médecin...


Je vous conseille donc de réfléchir dans les années qui viennent avant d'oser franchir un nouveau pont ou de prendre le médicament que l'on vous prescrira... pale

Je crois surtout que vous n'avez pas compris le ton et le degré de ce que je dis...

jésus
Niveau 10


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quand un principal s'interroge sur la faiblesse des notes...

Message par Cleroli le Mar 28 Juin 2016 - 20:00

@Sphinx a écrit:
@Cleroli a écrit:
@Sphinx a écrit:Je vais en surprendre certains mais mon CDE est venu se plaindre en début d'année que nos moyennes en 3e, dans l'équipe de Lettres, étaient... trop hautes Razz En effet il n'était pas normal, d'après lui, qu'elles soient supérieures aux résultats du brevet.
A-t-il eu des appels de parents se plaignant des faibles résultats obtenus au brevet blanc comparativement aux moyennes de l'année ?

Pas que je sache. Mais c'était avec le vrai brevet qu'il comparait Smile Puis, une fois de plus, nos moyennes ne sont pas spécialement hautes en réalité.
Je m'interrogeais car c'est ce qui s'est passé pour un de mes collègues.

Cleroli
Habitué du forum


Revenir en haut Aller en bas

Page 4 sur 4 Précédent  1, 2, 3, 4

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum