Partagez
Voir le sujet précédentAller en basVoir le sujet suivant
Luigi_B
Grand Maître

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par Luigi_B le Dim 4 Déc 2016 - 12:02
@trollbuster a écrit:Je pense à la rémunération à la suite de ta remarque sur la notation. Pour ce qui est de conception du métier, le partage et la mutualisation font partie de ce qui est ma conception du métier.
Ma remarque visait précisément à montrer que la conception du "partage" serait ici quelque peu dénaturée par son caractère obligatoire.
trollbuster
Niveau 5

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par trollbuster le Dim 4 Déc 2016 - 12:05
@gauvain31 a écrit:Oui problème de Copyright, car une production personnelle relève pour moi de la propriété intellectuelle.
Rémunéré, tu garde les droits moraux et cède les droits patrimoniaux à travers un contrat
@gauvain31 a écrit:Accepteraient-on de faire des manuels scolaires 100% gratuits ?
Il y en a... Ce n'est pas ma matière et le contenu m'intéresse assez peu mais je m'étais intéressé à la démarche suivi par un prof de français : Yann Houry.
avatar
gauvain31
Grand Maître

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par gauvain31 le Dim 4 Déc 2016 - 12:05
@Luigi_B a écrit:
@gauvain31 a écrit:
@Luigi_B a écrit:C'est curieux de confondre les manuels (support des cours) et les cours.

Dans les livres de SVT le cours entier est rédigé. En plus des activités et exercices déjà présents. Le livre sert donc à la fois de support, mais aussi d'outil de révision pour les contrôles
Oui, manuels scolaires, cours en lignes, banques académiques… on voit bien la tendance : fournir des cours clefs-en-main à des professeurs de moins en moins formés, de moins en moins compétents (par la force de la crise des vocations), de plus en plus polyvalents, voire de moins en moins titulaires.

Je me souviens de ce contractuel qui me demandait tout simplement mes cours ou ignorait tout de la méthodologie du commentaire au bac. Il distribuait d'ailleurs aux élèves des cours imprimés depuis le web (d'une grande médiocrité) avec l'adresse web encore visible.

A noter que j'ai bien sûr connu des contractuels très sérieux et compétents.

Tu as très bien résumé le problème Luigi. Il y 3 ans mes collègues de SVT et moi-même avions reçu des fiches TP toute prêtes conçues par une entreprise de matériel pour SVT et SPC. Évidemment, nous en avons rien fait ... Nous nous sommes regardé avec ma collègue en fin de carrière et en avions déduis la même chose: on veut nous transformer à l'avenir en employés et non en concepteurs.
Quant aux jeunes professeurs : évidemment qu'ils ont moins bien formés à cause de la réforme des CAPES. Quand tu te prépares un concours à apprendre par cœur les subtilités d'un programme destiné à changer, tu vas te retrouver forcément démuni face à de nouveaux concepts qui arrivent très rapidement lors de la publication d'un nouveau programme. En SVT dans le programme de TS spé, il y a dans les livres des données de paléoclimatologie qui datent de moins de 10 ans . On n'avait pas ceci avec les anciens programmes. Un collègue de géologie qui enseigne à la préparation aux concours (CAPES SVT) me disait que beaucoup d'étudiants validaient leur licence, voire leur master I avec les options de langue, de sport.... ils n'ont donc pas réellement le niveau en sciences. Ce sont les premiers d'ailleurs qui se plaignent d'avoir cours le vendredi après-midi ("parce que bon vous comprenez, on aimerait bien retourner chez nos parents le vendredi") Suspect
avatar
gauvain31
Grand Maître

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par gauvain31 le Dim 4 Déc 2016 - 12:08
@trollbuster a écrit:
@gauvain31 a écrit:Oui problème de Copyright, car une production personnelle relève pour moi de la propriété intellectuelle.
Rémunéré, tu garde les droits moraux et cède les droits patrimoniaux à travers un contrat
@gauvain31 a écrit:Accepteraient-on de faire des manuels scolaires 100% gratuits ?
Il y en a... Ce n'est pas ma matière et le contenu m'intéresse assez peu mais je m'étais intéressé à la démarche suivi par un prof de français : Yann Houry.

C'est ton opinion. Je ne considère pas mes cours comme un droit patrimonial. On est rémunéré pour le service que l'on doit envers les élèves (15h ou 18h), pas envers les IPR.

trollbuster
Niveau 5

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par trollbuster le Dim 4 Déc 2016 - 12:08
@Luigi_B a écrit:Ma remarque visait précisément à montrer que la conception du "partage" serait ici quelque peu dénaturée par son caractère obligatoire.
Ma conception du partage n'est pas forcement la conception chrétienne. Remplace "partage" par "mise à disposition"
trollbuster
Niveau 5

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par trollbuster le Dim 4 Déc 2016 - 12:09
@gauvain31 a écrit:On est rémunéré pour le service que l'on doit envers les élèves (15h ou 18h), pas envers les IPR.
C'est pour cela qu'il faut une rémunération supplémentaire.
avatar
gauvain31
Grand Maître

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par gauvain31 le Dim 4 Déc 2016 - 12:12
@trollbuster a écrit:
@gauvain31 a écrit:On est rémunéré pour le service que l'on doit envers les élèves (15h ou 18h), pas envers les IPR.
C'est pour cela qu'il faut une rémunération supplémentaire.

Mais on ne l'a pas et je doute qu'on l'aura un jour. Vu la considération qu'on nous porte et le salaire donné aux enseignants (même si perso je ne me plains pas), je ne joue pas ce jeu là.
avatar
Luigi_B
Grand Maître

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par Luigi_B le Dim 4 Déc 2016 - 12:19
@gauvain31 a écrit:Il y 3 ans mes collègues de SVT et moi-même avions reçu des fiches TP toute prêtes conçues par une entreprise de matériel pour SVT et SPC. Évidemment, nous en avons rien fait ... Nous nous sommes regardé avec ma collègue en fin de carrière et en avions déduit la même chose: on veut nous transformer à l'avenir en employés et non en concepteurs.
Le fameux "changement de posture" ou d'évolution de notre "professionnalité".

Va de pair avec l'augmentation de notre temps de service et la diversification de nos obligations puisque nous n'avons plus besoin de concevoir.

_________________
Avenir latin grec
La Vie moderne : ce qui est moderne peut (aussi) être idiot. Suspect

>>> "Un président d'origine modeste bien contrôlée"
avatar
Luigi_B
Grand Maître

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par Luigi_B le Dim 4 Déc 2016 - 12:26
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, nous ne nous éloignons pas du sujet : "l'école numérique" et ce qu'elle révèle des intentions de ses promoteurs pour réformer l'école.

Un autre exemple auquel je songe, très caractéristique de cette mutation inquiétante : l'aide aux élèves les plus en difficultés dans les collèges de l'éducation prioritaire dévolue à… une interface CNED.

http://www.laviemoderne.net/grandes-autopsies/63-un-cas-d-col-du-numerisme

_________________
Avenir latin grec
La Vie moderne : ce qui est moderne peut (aussi) être idiot. Suspect

>>> "Un président d'origine modeste bien contrôlée"
avatar
Fires of Pompeii
Vénérable

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par Fires of Pompeii le Dim 4 Déc 2016 - 12:31
En ce qui me concerne, je ne partage pas mes cours, déjà parce qu'il sont faits par moi pour mes élèves, donc ne peuvent être réutilisés tels quels par quiconque, ensuite parce que modestement je pense que chacun peut faire mieux que moi, et enfin parce que, ce que j'ai passé du temps à faire, je veux bien en parler, mais pas le donner clef en main à quelqu'un qui, par des méthodes hasardeuses, massacrerait le truc. Et aussi parce que je ne fais pas ce métier pour partager mes documents. Le travail de conception est quelque chose qui me plaît énormément et qui pour moi, est la pierre de touche de notre métier. Donc j'estime nécessaire que chacun le fasse, quelle que soit sa méthode (suivre au mot près un manuel, ou tout faire soi-même, ou entre les deux comme la plupart des gens, bref chacun sa construction pédagogique et didactique). Nous ne sommes pas des robots, délivrant machinalement un cours uniforme à des élèves uniformes.

_________________
Je ne dirai qu'une chose : stulo plyme.
avatar
gauvain31
Grand Maître

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par gauvain31 le Dim 4 Déc 2016 - 12:36
@Luigi_B a écrit:Contrairement à ce que l'on pourrait penser, nous ne nous éloignons pas du sujet : "l'école numérique" et ce qu'elle révèle des intentions de ses promoteurs pour réformer l'école.

Un autre exemple auquel je songe, très caractéristique de cette mutation inquiétante : l'aide aux élèves les plus en difficultés dans les collèges de l'éducation prioritaire dévolue à… une interface CNED.

http://www.laviemoderne.net/grandes-autopsies/63-un-cas-d-col-du-numerisme

Bien au contraire Luigi, l'ordinateur est appelé à devenir plus qu'une pédagogie d'appoint... Certains collègues de SVT et Physique-Chimie n'hésitent pas à passer "C'est pas sorcier " à la place du cours. A la limite on pourrait presque mettre n'importe qui devant les élèves: avec un cours écrit tout prêt (banque de données voulue par les IPR), un cours "oral" sous forme de vidéo (voir aussi pédagogie inversée) + des fiches TP toutes prêtes, même plus besoin d'avoir quelqu'un de compétent devant eux. Il ne manque plus que la banque de données des évaluations (avec barème détaillé) et la boucle sera bouclée (Il y a déjà des QCM en ligne sur le site SVT de Toulouse)


Dernière édition par gauvain31 le Dim 4 Déc 2016 - 13:56, édité 1 fois
avatar
stanleymilgram
Niveau 10

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par stanleymilgram le Dim 4 Déc 2016 - 12:42
+1 avec gaivain31.
A compléter avec des tutos de YouTube ...
avatar
Himpy
Fidèle du forum

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par Himpy le Dim 4 Déc 2016 - 12:42
Je partage mes "cours" avec une amie. En effet, en Arts il n'y a pas à proprement parler de cours. C'est un atelier d'exploration accompagné de références et de réflexions (enfin, à mon sens). Alors c'est vrai, j'aime lire ses cours, voir sous quel angle elle attaque telle ou telle problématique, quelles sont ses références... Cela nourrit ma réflexion et me permet d'enrichir ma banque de données, car j'aime beaucoup concevoir de nouveaux cours et/ou les modifier. Mais je serais bien incapable de reprendre ses cours tels quels... Nous n'avons absolument pas la même méthode de travail, de conception et pourtant nous partageons la même "vision" de ce que doit être un cours d'Arts, et nous arrivons pratiquement au même resultat.
Cela me manquerait de ne pas avoir cet échange.
Je retrouve parfois cette "nourriture" sur des blogs de prof. d'Arts, mais c'est très rares...Et ne parlons pas d'eduscol...
avatar
stanleymilgram
Niveau 10

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par stanleymilgram le Dim 4 Déc 2016 - 12:45


Enseignant : un métier en télé- travail?
Le numérique l'autorise...
avatar
V.Marchais
Enchanteur

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par V.Marchais le Dim 4 Déc 2016 - 12:48
@gauvain31 a écrit:
@Luigi_B a écrit:Contrairement à ce que l'on pourrait penser, nous ne nous éloignons pas du sujet : "l'école numérique" et ce qu'elle révèle des intentions de ses promoteurs pour réformer l'école.

Un autre exemple auquel je songe, très caractéristique de cette mutation inquiétante : l'aide aux élèves les plus en difficultés dans les collèges de l'éducation prioritaire dévolue à… une interface CNED.

http://www.laviemoderne.net/grandes-autopsies/63-un-cas-d-col-du-numerisme

Bien au contraire Luigi, l'ordinateur est appelé à devenir plus qu'une pédagogie d'appoint... Certains collègues de SVT et Physique-Chimie n'hésitent pas à passer "C'est pas sorcier " à la place du cours. A la limite on pourrait presque mettre n'importe qui devant les élèves: avec un cours écrit tout prêt (banque de donnée voulue par les IPR), un cours "oral" sous forme de vidéo (voir aussi pédagogie inversée) + des fiches TP toute prête, même plus besoin d'avoir quelqu'un de compétent devant eux. Il ne manque plus que la banque de donnée des évaluations (avec barème détaillé) et la boucle sera bouclée (Il y a déjà des QCM en ligne sur le site SVT de Toulouse)

Exactement. Les zélateurs du cours inversé, de la "capsule" et autres gadgets sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis.

_________________
visitez le site http://www.reformeducollege.fr/
avatar
gauvain31
Grand Maître

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par gauvain31 le Dim 4 Déc 2016 - 13:55
Plus de diplôme comme prévoit Lefteris, que des certifications (un petit entretien et hop). Quant aux zélateurs,enfermés dans leur "capsule" ils n'ont effectivement ni la conscience, ni le recul pour s'apercevoir dans quel contexte politique se mettent en place la réforme du collège, de la loi de travail, de l'évolution des statuts....

Ce serait comme des caissières qui élaboreraient elles-mêmes les machines à passer automatiquement le code-barre en self-service.

On nous demande d'élaborer clé en main un cours en self service. Même plus besoin de se déplacer à l'école.... et donc, on aura moins de besoin de prof qui passeront leur temps à vérifier les exercices sur le net..... ça tombe bien....On commence à rogner sur les options et sur les horaires des disciplines de base. Ce n'est qu'un début.

Le monde à venir n'est-il pas merveilleux? Tant de cohérence.....
avatar
VinZT
Grand sage

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par VinZT le Dim 4 Déc 2016 - 14:23
@trollbuster a écrit:
@VinZT a écrit:C'est marrant cette obstination à ne pas voir dans la dévotion au numérique le début du commencement de la fin de notre métier.
Peux-tu développer ?

Bon, eh bien je crois que les collègues ont développé à ma place, pendant plus de deux pages.

On veut nous bogdanoviser, nous transformer en gentils animateurs polyvalents, c'est la tendance des « capsules » (quel mot idiot), et autres cours inversés qui font mouiller leur slip aux gestionnaires.

Tiens, anecdote, à une formation au numérique, les IPR nous avaient mis en téléconférence avec un commercial d'une société qui vend des logiciels de maths (logo, une feuille d'érable pour les connaisseurs). Le gars nous fait une démo de son produit merveilleux (exercices en lignes); l'outil en question coûte un bras, plus abonnement et bizarrement les exemples qu'ils nous propose sont en américain. Je pose la question de l'adaptation aux programmes français et le mec nous répond que c'est à nous de fournir du contenu. Lequel contenu sera donc revendu-mutualisé à d'autres pigeons établissements.

Pour parler de ce que je connais, en math, le numérique a commencé avec les calculatrices, dont l'inspection nous rebat les oreilles. Bilan, trente ans après, un innumérisme généralisé, des gamins infoutus de simplifier de tête (en TS) la fraction 7/7. Ensuite, on nous a vendu GeoGebra et autres logiciels dynamiques. Bilan : bah, pourquoi tracer des courbes de fonctions à la main m'sieu ? bah, pourquoi faire des démonstrations de géométrie, ça se voit sur l'ordi ! Conséquence, la géométrie en tant que formation à la démonstration a disparu, et le peu qui en subsiste au collège est une honte (une homothétie ? c'est un bouton sur GeoGebra). En analyse : les élèves ne savent plus factoriser ou dériver ou étudier une limite un peu technique ? Bah, pas grave, nous disent les ipéhères, on n'a qu'à utiliser le calcul formel...
Même le numérique dans sa version « computer science » sera un échec, puisque, ô surprise, il faut des fondements théoriques solides, et que ça devrait être une discipline à part entière. Bercy n'en voulant pas, on refile le bébé aux profs supposés être les plus proches de ça, les matheux (au sens large). On introduit donc de l'algorithmique, au lycée d'abord, au dépends d'autres notions, avec le succès que l'on sait (ça gonfle les élèves autant que le reste), et puisque ça marche mal on l'étend au collège avec le gag du chaton orange (tellement trop fun et ludique). On réussira ainsi l'exploit d'être mauvais ET en maths ET en informatique.

Sur ce, je vais prendre mon petit déj...

_________________
« Il ne faut pas croire tout ce qu'on voit sur Internet » Victor Hugo.
« Le con ne perd jamais son temps. Il perd celui des autres. » Frédéric Dard
« Ne jamais faire le jour même ce que tu peux faire faire le lendemain par quelqu'un d'autre » Pierre Dac
« Je n'ai jamais lâché prise !» Claude François
avatar
gauvain31
Grand Maître

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par gauvain31 le Dim 4 Déc 2016 - 14:40
Le problème qui est décrit ici est finalement le problème de toutes les matière a savoir le problème de la mémorisation. la Machine est devenue une extension de la mémoire biologique qui insuffisamment travaillée et l'est de moins en moins.

On a longtemps confondu l'apprentissage par cœur avec le psittacisme. Confusion gravissime. On apprend pas par cœur pour apprendre par cœur, mais l'apprentissage par cœur est une première étape et une nécessité absolue si on veut être fluide et cohérent dans un raisonnement complexe. En mathématiques, c'est flagrant. je ne peux détacher la chute des résultats des élèves à TIMSS de cette absence de mémorisation voulue par les IPR.

Le problème (en plus d'être un problème idéologique) est aussi désormais lié au manque de temps. Pour que l'apprentissage par cœur soit efficace il doit aussi se justifier à travers l'application des notions vues en classe. Or, le zapping généré par la baisse des horaires disciplinaires a tendance (effet pervers) à ne plus légitimer un apprentissage par cœur. "On ne pas pas apprendre par cœur juste pour une petite notion très vite vue en cours hein?"

Les IPR se sont lourdement trompé en pensant que l'apprentissage par cœur ne favorise pas le sens.

On est entrain de produire des élèves handicapés. Le numérique par sa capacité à ne pas stimuler le cerveau dans le sens d'une plus grande mémorisation, mais aussi par sa capacité à ne pas travailler l'imagination des élèves, nécessaire au processus d’abstraction (indispensable aux Mathématiques et à d'autres matières), participe à cette baisse générale de ces capacités cognitives en plus de la baisse de rétention et d’appropriation des connaissances que l'on confond allégrement avec l'information trouvée sur Internet...

Bref, on ne masturbe plus assez le cerveau de nos jeunes
avatar
Zenxya
Grand sage

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par Zenxya le Dim 4 Déc 2016 - 16:05
@gauvain31 a écrit:Le problème qui est décrit ici est finalement le problème de toutes les matière a savoir le problème de la mémorisation. la Machine est devenue une extension de la mémoire biologique qui insuffisamment travaillée et l'est de moins en moins.

On a longtemps confondu l'apprentissage par cœur avec le psittacisme. Confusion gravissime. On apprend pas par cœur pour apprendre par cœur, mais l'apprentissage par cœur est une première étape et une nécessité absolue si on veut être fluide et cohérent dans un raisonnement complexe. En mathématiques, c'est flagrant. je ne peux détacher la chute des résultats des élèves à TIMSS de cette absence de mémorisation voulue par les IPR.

Le problème (en plus d'être un problème idéologique) est aussi désormais lié au manque de temps. Pour que l'apprentissage par cœur soit efficace il doit aussi se justifier à travers l'application des notions vues en classe. Or, le zapping généré par la baisse des horaires disciplinaires a tendance (effet pervers) à ne plus légitimer un apprentissage par cœur. "On ne pas pas apprendre par cœur juste pour une petite notion très vite vue en cours hein?"

Les IPR se sont lourdement trompé en pensant que l'apprentissage par cœur ne favorise pas le sens.

On est entrain de produire des élèves handicapés. Le numérique par sa capacité à ne pas stimuler le cerveau dans le sens d'une plus grande mémorisation, mais aussi par sa capacité à ne pas travailler l'imagination des élèves, nécessaire au processus d’abstraction (indispensable aux Mathématiques et à d'autres matières), participe à cette baisse générale de ces capacités cognitives en plus de la baisse de rétention et d’appropriation des connaissances que l'on confond allégrement avec l'information trouvée sur Internet...

Bref, on ne masturbe plus assez le cerveau de nos jeunes

J'avais lu quelque part que les émissions de type "les chiffres et les lettres" et "questions pour un champion" proposés les après-midis existaient pour cette raison, la stimulation cognitive du cerveau des ainés, bref il fallait, quelque soit l'age, stimuler les connexions neuronales pour "muscler" sa matière grise.
avatar
gauvain31
Grand Maître

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par gauvain31 le Dim 4 Déc 2016 - 16:16
Un  neurologue a expliqué à une de mes collègues (55 ans) qu'elle avait  plus de mémoire que nos jeunes actuellement.

Conclusion: il faut mettre des chiffres et des lettres; ainsi que la dictée de Pivot en face de Cyril Hanouna. C'est moi qui vous le dis ! professeur
avatar
Spinoza1670
Esprit éclairé

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par Spinoza1670 le Dim 4 Déc 2016 - 19:31
@VinZT a écrit:
@trollbuster a écrit:
@VinZT a écrit:C'est marrant cette obstination à ne pas voir dans la dévotion au numérique le début du commencement de la fin de notre métier.
Peux-tu développer ?

Bon, eh bien je crois que les collègues ont développé à ma place, pendant plus de deux pages.

En prolongement, on pourra lire ou relire le riche et foisonnant article de Michel Delord sur la question : Calcul humain, calcul mental et calculettes : Questions pédagogiques, 1999

_________________
« Let not any one pacify his conscience by the delusion that he can do no harm if he takes no part, and forms no opinion. Bad men need nothing more to compass their ends, than that good men should look on and do nothing. » (John Stuart Mill)

Littérature au primaire - Rédaction au primaire - Manuels anciens - Dessin au primaireApprendre à lire et à écrire - Maths au primaire - école : références - Leçons de choses.
archeboc
Expert spécialisé

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par archeboc le Dim 4 Déc 2016 - 22:14
@the educator a écrit:c'est évident qu'on ne peut pas en conclure grand chose en soi. et c'est fort tôt pour en tirer des conséquences (même si les enfants et les écrans, on commence à écrire dessus). bon, nous avons quand même un sacré faisceau de problématiques convergentes autour de l'information. Je veux être prudent, mais je ne crois pas que dans la construction de nos "machines à penser", on puisse faire abstraction de ce flot porteur de contradictions, de désinformation, chargé d'idéologie et parfois même destiné à s'adresser à certaines zones primitives de notre cerveau.

Il me semble que l'arrivée de la télévision aux US, corrélée temporellement à une baisse aux tests de QI, en est considéré comme une cause principale.


_________________
Pour des raisons de commodité nous utilisons dans nos analyses un classement des élèves en « bons », « moyens » et « faibles » qui n'est valable qu'à l'intérieur de chaque classe ou dans des classes de même type. En fait, les élèves que nous appelons « bons » sont plutôt des élèves moyens, les « moyens » des élèves plutôt faibles et les « faibles » des élèves en grande difficulté.
van Zanten Agnès. Le quartier ou l'école ? Déviance et sociabilité adolescente dans un collège de banlieue . In: Déviance et société. 2000 - Vol. 24 - N°4. Les désordres urbains : regards sociologiques. pp. 377-401. note 3


avatar
Dr Raynal
Habitué du forum

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par Dr Raynal le Dim 4 Déc 2016 - 22:39
@gauvain31 a écrit:. Accepteraient-on de faire des manuels scolaires 100% gratuits ?

Et bien oui, et même trois au lieu d'un... Mais c'est une démarche personnelle, et je me suis bien gardé de les proposer aux "banques" officielles qui n'ont d'ailleurs pas de place pour cela ...
avatar
gauvain31
Grand Maître

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par gauvain31 le Dim 4 Déc 2016 - 22:56
@Dr Raynal a écrit:
@gauvain31 a écrit:. Accepteraient-on de faire des manuels scolaires 100% gratuits ?

Et bien oui, et même trois au lieu d'un... Mais c'est une démarche personnelle, et je me suis bien gardé  de les proposer aux "banques" officielles qui n'ont d'ailleurs pas de place pour cela ...

Je connais et apprécie beaucoup ta démarche personnelle Dr Raynal : tes manuels sont très bien ! Mais je parlais pour les grands éditeurs. Je serais pour qu'il y ait plus d'initiative dans ton genre avec 3 ou 4 livres de SVT différents , mais ce n'est pas demain la veille
avatar
Ignatius Reilly
Fidèle du forum

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par Ignatius Reilly le Dim 4 Déc 2016 - 23:03
@trollbuster a écrit:
As-tu vu le nombre de profs complètement paniqués parce que les manuels de collège n'étaient pas prêts et qu'ils ne pourraient pas faire cours correctement ?

Pas vu un seul. Le seul désagrément à déplorer portait sur l'impossibilité de donner des devoirs sur des documents, à moins d'exploser son compte de copies ou de tout numériser sur l'ENT. Les élèves et leurs parents n'étant pas obligés de disposer d'un pc branché à internet, comme je le fus pendant 11 mois en 2014, on a dû attendre les bouquins. Pour ma part je les faisais travailler en classe avec les livres de l'an passé et ils devaient bosser la leçon à la maison. Pas de souci à part ça. Mais dire qu'on ne sait pas faire un cours sans manuel, c'est du trollage à deux balles.
Fracflo était bien meilleur.
the educator
Fidèle du forum

Re: Le Désastre de l'école numérique (Philippe Bihouix & Karine Mauvilly)

par the educator le Lun 5 Déc 2016 - 8:47
@archeboc a écrit:
@the educator a écrit:c'est évident qu'on ne peut pas en conclure grand chose en soi. et c'est fort tôt pour en tirer des conséquences (même si les enfants et les écrans, on commence à écrire dessus). bon, nous avons quand même un sacré faisceau de problématiques convergentes autour de l'information. Je veux être prudent, mais je ne crois pas que dans la construction de nos "machines à penser", on puisse faire abstraction de ce flot porteur de contradictions, de désinformation, chargé d'idéologie et parfois même destiné à s'adresser à certaines zones primitives de notre cerveau.

Il me semble que l'arrivée de la télévision aux US, corrélée temporellement à une baisse aux tests de QI, en est considéré comme une cause principale.


C'est une des hypothèses pour expliquer la chute du QI ces dernières années, au milieu d'autres dont certaines ne sont pas politiquement correctes. Au delà du QI, il y a aussi la construction des structures mentales, cognitives y compris, qui semble en prendre plein la gueule avec les écrans. Je dis les écrans pour généraliser, parce qu'en réalité, c'est vraiment un problème de contenu.
Voir le sujet précédentRevenir en hautVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum