L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par PauvreYorick le Mer 28 Sep 2016 - 13:34

@Rendash a écrit:
@DesolationRow a écrit:Vous illustrez très nettement ce que je pense de ce concours. On cherche des gens qui ne pensent pas trop, qui ont le sens de la répartie et de l'assurance. Des gens de vingt-cinq ans qui peuvent défendre n'importe quel point de vue, avec de l'esprit, et à qui l'on enseigne qu'une conviction, c'est très embarrassant et qu'on peut très bien faire sans.
Donc ces concours sont des sortes de sophistes-tickets ? scratch
Oui, tout à fait. Ce qui explique que les philosophes y réussissent généralement sans trop de mal, d'ailleurs, pour peu qu'ils se donnent le mal de bachoter les épreuves les plus techniques.

PauvreYorick
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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par Zagara le Mer 28 Sep 2016 - 13:34

Reste que cette école devait fermer, qu'on est le seul pays à avoir une institution faite pour fabriquer des gestionnaires-administrateurs-de-ministères et qu'au final, mêmes s'ils sont tous très subtils et sophistiqués, ils restent incroyablement grégaires et identiques. Or, quel intérêt pour une nation démocratique d'avoir une caste d'experts très bons en rhétorique et notes de synthèses ? Ne parasitent-ils pas la décision démocratique en pensant être plus intelligents que ceux qui sont issus du suffrage et en tenant les places au delà des alternances ? Quelle valeur ajoutée par rapport à de bons universitaires ? Et surtout, pourquoi cet esprit de caste, ces salaires ridiculement élevés, ce pouvoir outrageant qui n'est ancré dans aucune légitimité démocratique ? Moi ça me fait vomir.

Zagara
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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par Balthazaard le Mer 28 Sep 2016 - 14:06

@Zagara a écrit:Reste que cette école devait fermer, qu'on est le seul pays à avoir une institution faite pour fabriquer des gestionnaires-administrateurs-de-ministères et qu'au final, mêmes s'ils sont tous très subtils et sophistiqués, ils restent incroyablement grégaires et identiques. Or, quel intérêt pour une nation démocratique d'avoir une caste d'experts très bons en rhétorique et notes de synthèses ? Ne parasitent-ils pas la décision démocratique en pensant être plus intelligents que ceux qui sont issus du suffrage et en tenant les places au delà des alternances ? Quelle valeur ajoutée par rapport à de bons universitaires ? Et surtout, pourquoi cet esprit de caste, ces salaires ridiculement élevés, ce pouvoir outrageant qui n'est ancré dans aucune légitimité démocratique ? Moi ça me fait vomir.

Pour ceux qui restent dans l'administration les primes sont confortables mais rien à voir avec le rémunérations des dirigeants ou grands sportifs. Ridiculement est excessif.
Une promo c'est environ 100 élus (si on compte à part les étrangers), tous très loin de là ne finissent pas ministres, les 20 premiers et "le reste" ont des carrières très différentes.

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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par PauvreYorick le Mer 28 Sep 2016 - 14:11

Bon.

Je rappelle que tout ça est sorti d'une remarque sur le parcours de Florian Philippot.

Florian Philippot a fait l'ENA. Très bien. Comme une tripotée de hauts fonctionnaires. Il est banal, pour un haut fonctionnaire, d'avoir fait l'ENA. Voilà.

Après, sans vouloir embêter ceux qui dans ce fil ont raté le concours d'entrée à l'ENA, ou sous-estimer ceux qui l'ont réussi, bon, ben c'est un concours, il y a une petite centaine de places par an, c'est donc plutôt sélectif, OK, ça n'est pas non plus une fabrique de génies ni une machine à les détecter.

Depuis le temps, croyez-moi, ça se serait vu.

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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par DesolationRow le Mer 28 Sep 2016 - 14:13

Voilà, PY dit les choses fort clairement et raisonnablement veneration Wink

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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par Balthazaard le Mer 28 Sep 2016 - 14:14

Réthorique et note de synthèse sont deux exercices différents.
L'épreuve de dissertation juge en effet (et c'est avoué ) la capacité à produire un discours et à argumenter (sur n'importe quoi diront certains avec quelques raisons) , toute opinion étant soutenable pourvu qu'elle soit étayée (et pas avec du yaka.... ), réaliste ,un minimum informée ,et exposée dans un déroulement logique.
La note de synthèse par contre, pas de littérature, les approximations ou la mauvaise compréhension du sujet sont fortement sanctionnés.

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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par Ascagne le Mer 28 Sep 2016 - 14:21

Fermer l'ENA, c'est une proposition dans l'air du temps. Comme indiqué par les autres participants, le concours externe (qui focalise l'attention, avec le profil bien connu des jeunes diplômés de Sciences Po qui le préparent) n'est pas la seule voie d'entrée, et il n'y a pas un avis unique sur la nature du concours et sur la formation. Le jury de l'ENA lui-même, me semble-t-il, regrette depuis plusieurs sessions le grand nombre de profils trop uniformes parmi les candidats. Un concours, une formation, sont des éléments qui peuvent se réformer si on le juge nécessaire et je crois sentir une évolution : depuis plusieurs années, on parle beaucoup plus d'ouvrir la "haute" fonction publique aux docteurs, par exemple.

@DesolationRow a écrit:j'ignore si je suis assez intelligent pour obtenir ce concours, je sais du moins que je ne suis pas assez bête pour le désirer
Pourquoi serait-il bête dans l'absolu de vouloir se diriger vers l'IGF, le Conseil d'État ou la Cour des comptes ?

La comparaison avec l'agrégation me fait sourire. Y a-t-il d'un côté, de gentils défenseurs du savoir et de la transmission, voire de la recherche, capables de sortir des sentiers battus, et de l'autre, des ambitieux cupides chez qui l'envie de servir l'État ne serait qu'un prétexte ?

Ascagne
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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par Balthazaard le Mer 28 Sep 2016 - 14:22

@PauvreYorick a écrit:Bon.

Je rappelle que tout ça est sorti d'une remarque sur le parcours de Florian Philippot.

Florian Philippot a fait l'ENA. Très bien. Comme une tripotée de hauts fonctionnaires. Il est banal, pour un haut fonctionnaire, d'avoir fait l'ENA. Voilà.

Après, sans vouloir embêter ceux qui dans ce fil ont raté le concours d'entrée à l'ENA, ou sous-estimer ceux qui l'ont réussi, bon, ben c'est un concours, il y a une petite centaine de places par an, c'est donc plutôt sélectif, OK, ça n'est pas non plus une fabrique de génies ni une machine à les détecter.

Depuis le temps, croyez-moi, ça se serait vu.

Py est-ce le but?  Ce n'est pas non plus une machine à former les hommes politiques, même si certains le croient. Par contre, et c'est sur, c'est un parcours ou les ambitieux trouvent parfaitement leur place.

Sélection+ambition+réseaux+connaissance des rouages de l’état et de l'administration (la seule chose pour laquelle est faite l'ena) = nombres d'énarques dans les milieux dirigeants et politiques.
Après, les 60 derniers d'une promo jouent leur rôle sans forcément faire de bruit, je crois qu'il est parfaitement naïf de croire, sans plus de réflexion que l'on résoudra, quelque problème que ce soit en fermant cette école. On déplacera la formation vers une ou deux facs très fermées qui offriront des formations copie-carbone de l'Ena
On ne dira plus "sorti de l'ENA" mais sorti de ......

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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par DesolationRow le Mer 28 Sep 2016 - 14:23

@Ascagne a écrit:

@DesolationRow a écrit:j'ignore si je suis assez intelligent pour obtenir ce concours, je sais du moins que je ne suis pas assez bête pour le désirer
Pourquoi serait-il bête dans l'absolu de vouloir se diriger vers l'IGF, le Conseil d'État ou la Cour des comptes ?

La comparaison avec l'agrégation me fait sourire. Y a-t-il d'un côté, de gentils défenseurs du savoir et de la transmission, voire de la recherche, capables de sortir des sentiers battus, et de l'autre, des ambitieux cupides chez qui l'envie de servir l'État ne serait qu'un prétexte ?

Vous voulez vraiment que je vous dise ce que j'en pense ou c'est une question rhétorique ?


Dernière édition par DesolationRow le Mer 28 Sep 2016 - 14:25, édité 1 fois

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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par Rendash le Mer 28 Sep 2016 - 14:24

@Ascagne a écrit: Y a-t-il d'un côté, de gentils défenseurs du savoir et de la transmission, voire de la recherche, capables de sortir des sentiers battus, et de l'autre, des ambitieux cupides chez qui l'envie de servir l'État ne serait qu'un prétexte ?

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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par Reine Margot le Mer 28 Sep 2016 - 14:26

Pour moi l'ennui avec l'ENA c'est que des hauts fonctionnaires, qui ont été formés pour servir l'Etat, vont ensuite dans des grosses entreprises pour être payés grassement. Macron en est un exemple quand il est allé chez Rothschild.

_________________
1 enseignant molesté, c’est un fait divers, pas un phénomène de société.
2 enseignants molestés, c’est un fait divers, pas un phénomène de société.
150 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société.
151 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société.
………………………………
[la progression arithmétique se poursuit en série]
…………………………………..
156 879 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société.
156 880 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société. »

Reine Margot
Demi-dieu


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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par Balthazaard le Mer 28 Sep 2016 - 14:26

@Ascagne a écrit:Fermer l'ENA, c'est une proposition dans l'air du temps. Comme indiqué par les autres participants, le concours externe (qui focalise l'attention, avec le profil bien connu des jeunes diplômés de Sciences Po qui le préparent) n'est pas la seule voie d'entrée, et il n'y a pas un avis unique sur la nature du concours et sur la formation. Le jury de l'ENA lui-même, me semble-t-il, regrette depuis plusieurs sessions le grand nombre de profils trop uniformes parmi les candidats. Un concours, une formation, sont des éléments qui peuvent se réformer si on le juge nécessaire et je crois sentir une évolution : depuis plusieurs années, on parle beaucoup plus d'ouvrir la "haute" fonction publique aux docteurs, par exemple.

@DesolationRow a écrit:j'ignore si je suis assez intelligent pour obtenir ce concours, je sais du moins que je ne suis pas assez bête pour le désirer
Pourquoi serait-il bête dans l'absolu de vouloir se diriger vers l'IGF, le Conseil d'État ou la Cour des comptes ?

La comparaison avec l'agrégation me fait sourire. Y a-t-il d'un côté, de gentils défenseurs du savoir et de la transmission, voire de la recherche, capables de sortir des sentiers battus, et de l'autre, des ambitieux cupides chez qui l'envie de servir l'État ne serait qu'un prétexte ?

Ascagne c'est vous qui dites les choses fort clairement et raisonnablement.

Balthazaard
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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par Zagara le Mer 28 Sep 2016 - 14:26

Faut pas attendre d'un énarque de révolutionner l'état de l'art de son domaine, ça c'est certain...

Oui, Macron est devenu millionnaire en 18 mois en passant par le privé (source : Canard). C'est pas trop mal. afro

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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par Balthazaard le Mer 28 Sep 2016 - 14:29

@Reine Margot a écrit:Pour moi l'ennui avec l'ENA c'est que des hauts fonctionnaires, qui ont été formés pour servir l'Etat, vont ensuite dans des grosses entreprises pour être payés grassement. Macron en est un exemple quand il est allé chez Rothschild.

C'est vrai dans toutes les formations de haut niveau dispensées par l'état. Les inspecteurs des impôts en sont un bon exemple, du reste ils devaient à l'état un temps de stabilité pour ne pas migrer vers l'entreprise où leurs connaissances sont bien mieux rémunérées.
Cela dit pour UN macron (qui aurait sans doute fait le même parcours ailleurs tant les dents du personnage sont visibles) combien d'obscurs?

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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par PauvreYorick le Mer 28 Sep 2016 - 14:29

@Balthazaard a écrit:
@PauvreYorick a écrit:Bon.

Je rappelle que tout ça est sorti d'une remarque sur le parcours de Florian Philippot.

Florian Philippot a fait l'ENA. Très bien. Comme une tripotée de hauts fonctionnaires. Il est banal, pour un haut fonctionnaire, d'avoir fait l'ENA. Voilà.

Après, sans vouloir embêter ceux qui dans ce fil ont raté le concours d'entrée à l'ENA, ou sous-estimer ceux qui l'ont réussi, bon, ben c'est un concours, il y a une petite centaine de places par an, c'est donc plutôt sélectif, OK, ça n'est pas non plus une fabrique de génies ni une machine à les détecter.

Depuis le temps, croyez-moi, ça se serait vu.
PY est-ce le but?
Non Smile

D'ailleurs, je crois que la fermeture aurait probablement les conséquences que tu décris.

En ce qui concerne l'ambition et la soif d'argent, il ne faut pas se leurrer, il y aura toujours des formations qui attireront ceux dont c'est la principale motivation. Par exemple, pour citer (d'après ma compagne qui m'a raconté cela) un ancien chargé de cours à Sc-Po qui est à présent directeur de campagne d'un candidat «les Républicains», quand on veut gagner plein d'argent, on peut par exemple choisir ces études entièrement dépourvues d'intérêt qui permettent de devenir avocat fiscaliste. («Plein d'argent» et «entièrement dépourvues d'intérêt» sont les éléments cités, que je n'ai donc pas à reprendre à mon compte, mais enfin je ne suis pas sûr qu'il faudrait beaucoup me forcer pour que je contresigne.)

Comme DR, je connais des énarques à la fois pas bêtes et sympathiques, hein, par ailleurs. Et ma compagne a fait Sc-Po affraid Wink


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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par Zagara le Mer 28 Sep 2016 - 14:31

@Balthazaard a écrit:
@Reine Margot a écrit:Pour moi l'ennui avec l'ENA c'est que des hauts fonctionnaires, qui ont été formés pour servir l'Etat, vont ensuite dans des grosses entreprises pour être payés grassement. Macron en est un exemple quand il est allé chez Rothschild.

C'est vrai dans toutes les formations de haut niveau dispensées par l'état. Les inspecteurs des impôts en sont un bon exemple, du reste ils devaient à l'état un temps de stabilité pour ne pas migrer vers l'entreprise où leurs connaissances sont bien mieux rémunérées.
Cela dit pour UN macron (qui aurait sans doute fait le même parcours ailleurs tant les dents du personnage sont visibles) combien d'obscurs?

Le temps, les entreprises le rachètent à l'Etat, exactement comme avec les X.

Des énarques qui pantouflent dans le privé y'en a quelque chose comme 5 par mois rapportés dans le Canard. La plupart sont inconnus.


Dernière édition par Zagara le Mer 28 Sep 2016 - 14:31, édité 1 fois

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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par DesolationRow le Mer 28 Sep 2016 - 14:31

@PauvreYorick a écrit:

Comme DR, je connais des énarques à la fois pas bêtes et sympathiques, hein, par ailleurs. Et ma compagne a fait Sc-Po affraid Wink

topela


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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par Ascagne le Mer 28 Sep 2016 - 14:31

Pour moi l'ennui avec l'ENA c'est que des hauts fonctionnaires, qui ont été formés pour servir l'Etat, vont ensuite dans des grosses entreprises pour être payés grassement. Macron en est un exemple quand il est allé chez Rothschild.
Peut-être, mais le pantouflage n'est pas inscrit dans l'ADN de la formation de cette école. Entre le stéréotype du pantouflard, ou du pantouflard intermittent (comme Macron), et celui qu'illustre, si mon souvenir est bon, le personnage de directeur de cabinet dans le film L'exercice du pouvoir, il y a peut-être, que sais-je, un certain éventail de situations auxquelles Balthazaard a, un peu plus haut, fait allusion.

Sinon, il se trouve qu'on peut à la fois être intéressé par la recherche, le savoir, et le genre de fonctions auxquelles conduit l'ENA.

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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par Condorcet le Mer 28 Sep 2016 - 14:36

Ouvrir la haute fonction publique aux docteurs, on en parle mais c'est tout.

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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par Balthazaard le Mer 28 Sep 2016 - 14:50

@Ascagne a écrit:
Pour moi l'ennui avec l'ENA c'est que des hauts fonctionnaires, qui ont été formés pour servir l'Etat, vont ensuite dans des grosses entreprises pour être payés grassement. Macron en est un exemple quand il est allé chez Rothschild.
Peut-être, mais le pantouflage n'est pas inscrit dans l'ADN de la formation de cette école. Entre le stéréotype du pantouflard, ou du pantouflard intermittent (comme Macron), et celui qu'illustre, si mon souvenir est bon, le personnage de directeur de cabinet dans le film L'exercice du pouvoir, il y a peut-être, que sais-je, un certain éventail de situations auxquelles Balthazaard a, un peu plus haut, fait allusion.

Sinon, il se trouve qu'on peut à la fois être intéressé par la recherche, le savoir, et le genre de fonctions auxquelles conduit l'ENA.

Ce n'est pas la faute de l'ena! toute personne ayant le profil requis et l'ambition le fera, si tu crée un master très sélectif "administrateur public" qui remplacera l'ena (fermée), tu auras exactement le même résultat.
Ou alors, il faut réformer TOUT notre système administratif, plus de conseil d'état, plus de cours des comptes, plus d'inspection des finances.....et tu remplaces par quoi sans sombrer dans le yaka?....qu'on ne me parle pas de l'étranger, il y a exactement les mêmes dérives dès que le pays a une certaine taille de population et de structures (ce qui exclut les pays nordiques par ex..)


Dernière édition par Balthazaard le Mer 28 Sep 2016 - 14:55, édité 1 fois

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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par Balthazaard le Mer 28 Sep 2016 - 14:54

@Condorcet a écrit:Ouvrir la haute fonction publique aux docteurs, on en parle mais c'est tout.

Ils ne rentreront pas sans une formation administrative (sinon bonjours le pantouflage...que feront-ils? ) et tu retrouveras les mêmes reproches que dans la formation que les énarques auront suivis.
Du reste je trouve que là on sera vraiment dans le chapitre de l'ambition, pour moi un docteur est à priori quelqu'un de passionné par son domaine de connaissance et qui a vocation à faire de la recherche (même si c'est dur de trouver sa place aujourd'hui) faire du doctorat une voie d'entrée bis dans la haute administration (ce que cela deviendra si c'est mis en place) me parait très contestable.

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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par Zagara le Mer 28 Sep 2016 - 15:01

Aujourd'hui la recherche c'est des contrats précaires payés moins qu'un certifié, alors que les chercheurs en sciences humaines sont souvent agrégés et toujours bac+8, en attendant de décrocher (peut-être) un poste fixe de MdC. Je trouve que ce serait justice de faire une place pour les docteurs dans la haute administration, afin de donner un débouché honorable à ces gens qui sont parmi les mieux formés du pays et qui pourtant n'ont ni considération, ni emplois stables, ni salaire. On est le seul pays de l'OCDE où les docteurs ne sont pas reconnus dans l'appareil d'Etat. Tout simplement parce qu'on est le seul pays à produire des robots par centaines dont l'unique fonction est d'être des gestionnaires de l'Etat.
Ils parlent d'ouvrir aux docteurs, mais ce ne sera pas possible tant que l'ENA et le statut d'énarque persisteront : quand on a une vache à lait, on la garde et on la défend de ceux qui pourraient vous la prendre.

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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par Condorcet le Mer 28 Sep 2016 - 15:03

Cela fait partie des promesses électorales qui, par définition, sont vouées à rester des miroirs aux alouettes.

Ce qu'on peut aussi reprocher à l'ENA est le classement en fin de scolarité et l'affectation privilégiée des bêtes à concours (souvent issues du concours externe) dans les grands corps de l'Etat (Cour des Comptes, Conseil d'Etat, Inspection générale des finances).

Je souscris à l'avis de Zagara.

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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par Ingeborg B. le Mer 28 Sep 2016 - 15:08

@Voltigeur a écrit:
@Ingeborg B. a écrit:
Visiblement, vous ne connaissez rien au travail de l'historien et aux avancées de la recherche. Vous citez des oeuvres que vous n'avez pas lus et dont vous n'êtes même,pas capable de citer l'auteur. Si vous faites référence à Zeev Sternhell, je vous conseille de lire "les Anti-Lumières".

Je prends le risque de m'immiscer dans cette arène agitée pour une petite contribution historiographique. Peut-être votre contradicteur évoque-t-il, de manière assez évasive, le livre de Simon Epstein Un paradoxe français (2008) :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_paradoxe_fran%C3%A7ais#.C3.80_Londres_avec_de_Gaulle
Je te réponds mais c'un'peu HS par rapport au fil de discussion. Tou cela n'est pas un scoop. La Resistance était un mouvement pluriel au départ. Ce sont les idées républicaines et humanistes ui l'ont emporté comme le montre la charte du CNR. Enfin le FN a plus une passion pour Pétain quepour De Gaulle qui avait une sainte horreur de l'extrême-droite après la guerre. Ne pas oublier aussi que le FN compte parmi ses membres des anciens de l'OAS.
La récupération du gaullisme par Philippot est purement rhétorique.

Ingeborg B.
Esprit éclairé


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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par bob_m le Mer 28 Sep 2016 - 15:16

@Zagara a écrit:Reste que cette école devait fermer, qu'on est le seul pays à avoir une institution faite pour fabriquer des gestionnaires-administrateurs-de-ministères et qu'au final, mêmes s'ils sont tous très subtils et sophistiqués, ils restent incroyablement grégaires et identiques. Or, quel intérêt pour une nation démocratique d'avoir une caste d'experts très bons en rhétorique et notes de synthèses ? Ne parasitent-ils pas la décision démocratique en pensant être plus intelligents que ceux qui sont issus du suffrage et en tenant les places au delà des alternances ? Quelle valeur ajoutée par rapport à de bons universitaires ? Et surtout, pourquoi cet esprit de caste, ces salaires ridiculement élevés, ce pouvoir outrageant qui n'est ancré dans aucune légitimité démocratique ? Moi ça me fait vomir.

Les hauts-fonctionnaires sont des administrateurs. Il me semble que tu confonds le pouvoir politique et le pouvoir administratif. Le pouvoir politique dispose de l'administration. Et heureusement qu'il y a des spécialistes de la gestion administrative à tous les niveaux, c'est encore ce qui permet à la France de tourner mieux que disons le Mali ou le Vénézuela. Au demeurant, les hauts fonctionnaires formés par l'ENA ne me semblent globalement pas pire que les hauts fonctionnaires à formation pédagogole du MEN.

Le problème n'est pas l'existence de l'ENA mais son mode de sélection biaisée qui fait que la quasi-totalité des élèves externes (ceux qui sont, mathématiquement du fait de leur âge, promise aux plus longues et belles carrières) sont issus de deux prép'ENA, elles-mêmes alimentées par une petite élite d'écoles parisiennes. De fait, les profils sont souvent similaires et les logiques corporatistes prennent même leur origine en amont de l'ENA. Cela favorise, bien sûr, ce que tu dénonces en creux, à savoir la porosité entre les pouvoirs administratif, économique et politique.

Intellectuellement, les concours de la haute fonction publique sont bien entendu stimulants, à moins de considérer que les politiques publiques n'ont aucun intérêt. Le droit et les finances publics, puisque tu les évoques, sont des constructions historiques et techniques complexes qui s'incarnent tous les jours dans des réalités. Leurs sous-disciplines (droit constitutionnel, analyse financière etc) sont d'excellentes clés pour la connaissance du monde et des institutions. Tout est, bien entendu, affaire de goût mais prétendre tout d'un bloc le contraire est absurde.

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Re: L'éducation : première convention présidentielle de Marine Le Pen.

Message par Balthazaard le Mer 28 Sep 2016 - 15:20

@bob_m a écrit:
@Zagara a écrit:Reste que cette école devait fermer, qu'on est le seul pays à avoir une institution faite pour fabriquer des gestionnaires-administrateurs-de-ministères et qu'au final, mêmes s'ils sont tous très subtils et sophistiqués, ils restent incroyablement grégaires et identiques. Or, quel intérêt pour une nation démocratique d'avoir une caste d'experts très bons en rhétorique et notes de synthèses ? Ne parasitent-ils pas la décision démocratique en pensant être plus intelligents que ceux qui sont issus du suffrage et en tenant les places au delà des alternances ? Quelle valeur ajoutée par rapport à de bons universitaires ? Et surtout, pourquoi cet esprit de caste, ces salaires ridiculement élevés, ce pouvoir outrageant qui n'est ancré dans aucune légitimité démocratique ? Moi ça me fait vomir.

Les hauts-fonctionnaires sont des administrateurs. Il me semble que tu confonds le pouvoir politique et le pouvoir administratif. Le pouvoir politique dispose de l'administration. Et heureusement qu'il y a des spécialistes de la gestion administrative à tous les niveaux, c'est encore ce qui permet à la France de tourner mieux que disons le Mali ou le Vénézuela. Au demeurant, les hauts fonctionnaires formés par l'ENA ne me semblent globalement pas pire que les hauts fonctionnaires à formation pédagogole du MEN.

Le problème n'est pas l'existence de l'ENA mais son mode de sélection biaisée qui fait que la quasi-totalité des élèves externes (ceux qui sont, mathématiquement du fait de leur âge, promise aux plus longues et belles carrières) sont issus de deux prép'ENA, elles-mêmes alimentées par une petite élite d'écoles parisiennes. De fait, les profils sont souvent similaires et les logiques corporatistes prennent même leur origine en amont de l'ENA. Cela favorise, bien sûr, ce que tu dénonces en creux, à savoir la porosité entre les pouvoirs administratif, économique et politique.

Intellectuellement, les concours de la haute fonction publique sont bien entendu stimulants, à moins de considérer que les politiques publiques n'ont aucun intérêt. Le droit et les finances publics, puisque tu les évoques, sont des constructions historiques et techniques complexes qui s'incarnent tous les jours dans des réalités. Leurs sous-disciplines (droit constitutionnel, analyse financière etc) sont d'excellentes clés pour la connaissance du monde et des institutions. Tout est, bien entendu, affaire de goût mais prétendre tout d'un bloc le contraire est absurde.

Et comment!

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