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charlygp
Niveau 9

Re: Topic pour réviser notre grammaire

par charlygp le Jeu 8 Déc 2016 - 7:31
DECEMBRE 2016 - Les subordonnées

Swann demanda à faire la connaissance de tout le monde, même d'un vieil ami des Verdurin, Saniette, à qui sa timidité, sa simplicité et son bon coeur avaient fait perdre partout la considération que lui avaient value sa science d'archiviste, sa grosse fortune, et la famille distinguée dont il sortait. Il avait dans la bouche, en parlant, une bouillie qui était adorable parce qu'on sentait qu'elle trahissait moins un défaut de la langue qu'une qualité de l'âme, comme un reste de l'innocence du premier âge qu'il n'avait jamais perdue. Toutes les consonnes qu'il ne pouvait prononcer figuraient comme autant de duretés dont il était incapable. En demandant à être présenté à M. Saniette, Swann fit à Mme Verdurin l'effet de renverser les rôles (au point qu'en réponse, elle dit en insistant sur la différence: "Monsieur Swann, voudriez-vous avoir la bonté de me permettre de vous présenter notre ami Saniette"), mais excita chez Saniette une sympathie ardente que d'ailleurs les Verdurin ne révélèrent jamais à Swann, car Saniette les agaçait un peu et ils ne tenaient pas à lui faire des amis.
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Soir
Fidèle du forum

Re: Topic pour réviser notre grammaire

par Soir le Dim 25 Déc 2016 - 22:19
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miss sophie
Esprit éclairé

Re: Topic pour réviser notre grammaire

par miss sophie le Jeu 5 Jan 2017 - 22:11
Un repérage des propositions subordonnées montre que dans les deux premières phrases elles sont "enchâssées" les unes dans les autres, un peu à la manière de poupées russes : P3 complète P2 qui complète P1 (qui complète la proposition principale), idem pour P7-P6-P5-P4.
P1 : proposition subordonnée relative complément de l'antécédent "Saniette", introduite par le pronom relatif "(à) qui"
P2 : proposition subordonnée relative complément de l'antécédent "la considération", introduite par le pronom relatif "que"
P3 : proposition subordonnée relative complément de l'antécédent "la famille distinguée", introduite par le pronom relatif "dont"

P4 : proposition subordonnée relative complément de l'antécédent "une bouillie", introduite par le pronom relatif "qui"
P5 : proposition subordonnée conjonctive C. circonstanciel de cause de "était (adorable)", introduite par la conjonction de subordination "parce que"
P6 : proposition subordonnée conjonctive C.O.D. de "sentait", introduite par la conjonction de subordination "que"
P7 : proposition subordonnée relative complément de l'antécédent "l'innocence du premier âge", introduite par le pronom relatif "que"

P8 : proposition subordonnée relative complément de l'antécédent "toutes les consonnes", introduite par le pronom relatif "que"
P9 : proposition subordonnée relative complément de l'antécédent "duretés", introduite par le pronom relatif "dont"

P10 : proposition subordonnée conjonctive C. circonstanciel de conséquence de "fit", introduite par la locution conjonctive "au point que"
P11 : proposition subordonnée relative complément de l'antécédent "une sympathie ardente", introduite par le pronom relatif "que"

La dernière phrase me pose un peu problème car après la subordonnée P11 viennent deux propositions coordonnées qui lui sont liées par le sens (on nous explique pourquoi les Verdurin n'ont jamais révélé à Swann la sympathie de Saniette à son égard) mais qui grammaticalement ne devraient pas être coordonnées à une relative puisqu'elles n'en sont pas. Il aurait sans doute été plus correct d'employer, à la place de "car... et...", un "parce que... et que...", c'est-à-dire de faire des deux dernières propositions des subordonnées CC de cause de "ne révélèrent jamais". Pourtant la phrase ne choque pas et le "car" est certainement moins lourd qu'un "parce que".

@charlygp a écrit:
DECEMBRE 2016 - Les subordonnées

Swann demanda à faire la connaissance de tout le monde, même d'un vieil ami des Verdurin, Saniette, [P1 à qui sa timidité, sa simplicité et son bon cœur avaient fait perdre partout la considération [P2que lui avaient value sa science d'archiviste, sa grosse fortune, et la famille distinguée [P3dont il sortaitP3]P2]P1]. Il avait dans la bouche, en parlant, une bouillie [P4qui était adorable [P5parce qu'on sentait [P6qu'elle trahissait moins un défaut de la langue qu'une qualité de l'âme, comme un reste de l'innocence du premier âge [P7qu'il n'avait jamais perdueP7]P6]P5]P4]. Toutes les consonnes [P8qu'il ne pouvait prononcerP8] figuraient comme autant de duretés [P9dont il était incapableP9]. En demandant à être présenté à M. Saniette, Swann fit à Mme Verdurin l'effet de renverser les rôles [P10(au point qu'en réponse, elle dit en insistant sur la différence : "Monsieur Swann, voudriez-vous avoir la bonté de me permettre de vous présenter notre ami Saniette")P10], mais excita chez Saniette une sympathie ardente [P11que d'ailleurs les Verdurin ne révélèrent jamais à SwannP11], car Saniette les agaçait un peu et ils ne tenaient pas à lui faire des amis.

charlygp, y a-t-il un autre niveau d'analyse que tu attends (fonction des pronoms relatifs, par exemple) ?
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User14996
Habitué du forum

Re: Topic pour réviser notre grammaire

par User14996 le Jeu 5 Jan 2017 - 22:37
@charlygp a écrit:
DECEMBRE 2016 - Les subordonnées

Swann demanda à faire la connaissance de tout le monde, même d'un vieil ami des Verdurin, Saniette, à qui sa timidité, sa simplicité et son bon coeur avaient fait perdre partout la considération que lui avaient value sa science d'archiviste, sa grosse fortune, et la famille distinguée dont il sortait. Il avait dans la bouche, en parlant, une bouillie qui était adorable parce qu'on sentait qu'elle trahissait moins un défaut de la langue qu'une qualité de l'âme, comme un reste de l'innocence du premier âge qu'il n'avait jamais perdue. Toutes les consonnes qu'il ne pouvait prononcer figuraient comme autant de duretés dont il était incapable. En demandant à être présenté à M. Saniette, Swann fit à Mme Verdurin l'effet de renverser les rôles (au point qu'en réponse, elle dit en insistant sur la différence: "Monsieur Swann, voudriez-vous avoir la bonté de me permettre de vous présenter notre ami Saniette"), mais excita chez Saniette une sympathie ardente que d'ailleurs les Verdurin ne révélèrent jamais à Swann, car Saniette les agaçait un peu et ils ne tenaient pas à lui faire des amis.

Pas el temps d'introduire, de développer ni de commenter. Un simple classement, mieux que rien.  abi
1. Le connecteur est une conjonction de subordination.
1.1 La conjonctive pure : "que" connecteur pur, dépourvu de fonction dans la subordonnée, outil de nominalisation.
1.1.1 "qu'elle trahissait moins un défaut de la langue qu'une qualité de l'âme" : (subordonnée COD du verbe sentir, pronominalisable par "le")
1.1.2 Le cas marginal des constructions infinitives lorsque les deux procès partagent le même support agentif.
1.2 La conjonctive relationnelle ou circonstancielle : le prototype en est l'adverbe ; réputée pour être déplaçable, supprimable, etc. à nuancer à partir des exemples.
1.2.1 "parce qu'on sentait qu'elle trahissait moins un défaut de la langue qu'une qualité de l'âme"
1.2.2 "au point qu'en réponse, elle dit"
1.2.3 Un cas discutable : les comparatives introduites par "comme" et dépourvues de verbes conjugué. "comme un reste de l'innocence du premier âge qu'il n'avait jamais perdue" ; "figuraient comme autant de duretés dont il était incapable" : "comme" interprété comme adverbe ou bien comme conjonction avec ellipse des éléments restituables par le cotexte.

2. Le connecteur est un pronom relatif qui a une fonction démarcative, casuelle et anaphorique (toutes les relatives sont ici adjectives).
2.1. "à qui sa timidité, sa simplicité (...) il sortait" (en GP, opposition animé/non animé ; en concurrence avec "auquel" : ant. "Saniette").
2.2 "que lui avaient value sa science d'archiviste", "qu'il n'avait jamais perdue" "qu'il ne pouvait prononcer", "que d'ailleurs les Verdurin ne révélèrent jamais à Swann car..." (ant. "la considération", "toutes les consonnes", "l'innocence du premier âge", "une sympathie" ; pronom "que" ou "qu'" sous forme élidée, COD du verbe de la relative ; non marqué, le pronom relatif commande les mêmes accords que son antécédent, d'où "value" et "perdue").
2.3 "dont il sortait", "dont il était incapable" (pronom relatif dit adverbial, issu de de unde, amalgame la préposition "de" et un relatif et recouvre toutes les possibilités fonctionnelles des syntagmes introduits par "de" ; ici, respectivement complément indirect du verbe "sortait" et complément de l'adjectif "incapable").
2.4 "qui était adorable" (ant. "une bouillie" ; sujet).

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C'était l'heure où l'oiseau, sous les vertes feuillées,
Repose, où tout s'endort, les hommes et les Dieux.
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Re: Topic pour réviser notre grammaire

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