Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

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Message par Naiad3 le Ven 31 Mar 2017 - 23:10

Je rebondis sur ce vieux sujet qui m'interpelle et peut peut-être aider...

Je trouve que ne faire que des questions est ennuyeux à force... non?
On peut faire des activités de groupes, des cartes mentales pour retenir, des tableaux, leur demander de faire le bilan, demander le lien avec une image choisie, leur demander de mettre en scène ce qu'ils ont compris, faire bosser une partie du texte pour un groupe et mettre en commun (les élèves se retrouvent donc à faire le cours, j'adore faire ça avec eux, c'est super pour l'autonomie, l'oral, l'initiation à la prise de notes en 3ème et tout mis ensemble l'analyse est très complète), faire une fiche avec 12 affirmations et voir avec le texte si elles sont vraies ou fausses.

C'est ça qui est génial. C'est de les faire aimer, s'intéresser, c'est de se creuser la tête ou lier exigences et plaisir.

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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Fires of Pompeii le Sam 1 Avr 2017 - 9:12


Pardon. Je reviens plus tard développer.

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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par ipomee le Sam 1 Avr 2017 - 9:15

@Fires of Pompeii a écrit:
Pardon. Je reviens plus tard développer.

J'ai hâte. abi
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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par MUTIS le Sam 1 Avr 2017 - 9:39

@Naiad3 a écrit:Je rebondis sur ce vieux sujet qui m'interpelle et peut peut-être aider...

Je trouve que ne faire que des questions est ennuyeux à force... non?
On peut faire des activités de groupes, des cartes mentales pour retenir, des tableaux, leur demander de faire le bilan, demander le lien avec une image choisie, leur demander de mettre en scène ce qu'ils ont compris, faire bosser une partie du texte pour un groupe et mettre en commun (les élèves se retrouvent donc à faire le cours, j'adore faire ça avec eux, c'est super pour l'autonomie, l'oral, l'initiation à la prise de notes en 3ème et tout mis ensemble l'analyse est très complète), faire une fiche avec 12 affirmations et voir avec le texte si elles sont vraies ou fausses.

C'est ça qui est génial. C'est de les faire aimer, s'intéresser, c'est de se creuser la tête ou lier exigences et plaisir.


Ce qui est aussi génial surtout pour ceux qui n'aiment pas lire c'est de leur faire acheter un cahier de lecture et de leur faire écrire, pour chaque livre, tout ce qu'ils ressentent, tout ce qu'ils ont compris comme cela le plaisir de la lecture sera accompagné du plaisir d'écrire et ils vont trouver l'activité beaucoup plus riche et drôle. La lecture leur paraîtra ainsi beaucoup moins scolaire et plus ludique...

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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Fires of Pompeii le Sam 1 Avr 2017 - 9:42

@Naiad3 a écrit:Je rebondis sur ce vieux sujet qui m'interpelle et peut peut-être aider...

Je trouve que ne faire que des questions est ennuyeux à force... non?
On peut faire des activités de groupes, des cartes mentales pour retenir, des tableaux, leur demander de faire le bilan, demander le lien avec une image choisie, leur demander de mettre en scène ce qu'ils ont compris, faire bosser une partie du texte pour un groupe et mettre en commun (les élèves se retrouvent donc à faire le cours, j'adore faire ça avec eux, c'est super pour l'autonomie, l'oral, l'initiation à la prise de notes en 3ème et tout mis ensemble l'analyse est très complète), faire une fiche avec 12 affirmations et voir avec le texte si elles sont vraies ou fausses.

C'est ça qui est génial. C'est de les faire aimer, s'intéresser, c'est de se creuser la tête ou lier exigences et plaisir.

Non, ce n'est pas ennuyeux, les questions : on n'imagine pas à quel point répondre à une question est difficile pour n'importe quel élève, certains ne comprennent pas la question, donc il faut les entraîner, d'autres répondent par un monosyllabe, donc il faut les entraîner. Evidemment, pour que ce soit intéressant, il faut des questions un peu plus pointues et précises que "quels sont les personnages du texte" et "que se passe-t-il dans ce texte", même si évidemment ces deux questions doivent être abordées au tout début.

Ensuite, pour ce qui est des "modalités".
1/ activités de groupe : alors oui mais d'une part dans certains collèges c'est impossible sous peine de péter un câble avec le bruit, et d'autre part, si on ne fait que des activités de groupe, quand est-ce qu'ils apprennent justement l'autonomie, c'est à dire à se gérer SEULS (non parce que c'est le sens du mot autonomie), et quand est-ce qu'ils apprennent à réfléchir SEULS ?  Je trouve que, dans cet optique, alterner analyse orale et questionnaires analytiques écrits est pas mal.

2/"mettre en scène ce qu'ils ont compris" : en théâtre la mise en scène est primordiale, sinon... pas le temps. Par ailleurs, il me semble aussi que l'objectif de nos cours est de leur montrer ce qu'ils ne verraient pas seuls dans un texte. Donc si on s'arrête à ce qu'ils ont compris, d'une part on n'ira pas forcément loin, et d'autre part, on manque à notre mission d'explication et d'analyse des textes. On ne peut pas élever l'esprit d'un élève en lui faisant croire que ce qu'il comprend de prime abord suffit à expliquer un texte. Au contraire, leur apprendre à aller plus loin, c'est notre métier.

3/ "partager un texte entre les groupes pour que chacun fasse l'analyse de sa partie" (je reformule mais c'est l'idée)
Un élève doit pouvoir s'entraîner pour avoir à lui SEUL une vision globale et une analyse globale d'un texte. Le travail de groupe à mon avis ne fait que masquer les défauts d'analyse - donc comment les corriger ??? - et surtout, fait croire à l'élève que son salut viendra toujours des connaissances des autres, au lieu de lui montrer que, par son travail personnel il peut, aussi, à force (je ne dis pas que c'est facile), parvenir à une compréhension plus ou moins fine. Par ailleurs, ce "morcellement" du texte me paraît une aberration d'un strict point de vue littéraire, mais bon.

4/ "faire une fiche avec 12 affirmations et voir avec le texte si elles sont vraies ou fausses"
Là on en reste à la compréhension globale; où est l'analyse littéraire, l'intérêt pour l'entrelacs du "fond" et de la "forme" ?

5/ Enfin, l'argument ultime "c'est ennuyeux". Pour qui ? Le professeur ? Tout dépend : comme je le disais, mener une vraie analyse précise n'est pas ennuyeux. Pour les élèves ? C'est peut-être l'apprentissage de la vie, tout n'est pas du jeu.

Edit : je rajoute que, l'intérêt du collège et de l'école en général, c'est de montrer aux gamins comment se préoccuper d'autre chose que de leur petite personne, donc leurs sentiments et leurs impressions, oui pour la lecture d'un texte on peut en tenir compte un peu, forcément, mais ça n'est pas une fin en soi. Merci.

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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Cath le Sam 1 Avr 2017 - 9:45

Z'êtes méchannnnnts...



Cath
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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Emeraldia le Sam 1 Avr 2017 - 13:42

@Fires of Pompeii a écrit:
@Naiad3 a écrit:Je rebondis sur ce vieux sujet qui m'interpelle et peut peut-être aider...

Je trouve que ne faire que des questions est ennuyeux à force... non?
On peut faire des activités de groupes, des cartes mentales pour retenir, des tableaux, leur demander de faire le bilan, demander le lien avec une image choisie, leur demander de mettre en scène ce qu'ils ont compris, faire bosser une partie du texte pour un groupe et mettre en commun (les élèves se retrouvent donc à faire le cours, j'adore faire ça avec eux, c'est super pour l'autonomie, l'oral, l'initiation à la prise de notes en 3ème et tout mis ensemble l'analyse est très complète), faire une fiche avec 12 affirmations et voir avec le texte si elles sont vraies ou fausses.

C'est ça qui est génial. C'est de les faire aimer, s'intéresser, c'est de se creuser la tête ou lier exigences et plaisir.

Non, ce n'est pas ennuyeux, les questions : on n'imagine pas à quel point répondre à une question est difficile pour n'importe quel élève, certains ne comprennent pas la question, donc il faut les entraîner, d'autres répondent par un monosyllabe, donc il faut les entraîner. Evidemment, pour que ce soit intéressant, il faut des questions un peu plus pointues et précises que "quels sont les personnages du texte" et "que se passe-t-il dans ce texte", même si évidemment ces deux questions doivent être abordées au tout début.

Ensuite, pour ce qui est des "modalités".
1/ activités de groupe : alors oui mais d'une part dans certains collèges c'est impossible sous peine de péter un câble avec le bruit, et d'autre part, si on ne fait que des activités de groupe, quand est-ce qu'ils apprennent justement l'autonomie, c'est à dire à se gérer SEULS (non parce que c'est le sens du mot autonomie), et quand est-ce qu'ils apprennent à réfléchir SEULS ?  Je trouve que, dans cet optique, alterner analyse orale et questionnaires analytiques écrits est pas mal.

2/"mettre en scène ce qu'ils ont compris" : en théâtre la mise en scène est primordiale, sinon... pas le temps. Par ailleurs, il me semble aussi que l'objectif de nos cours est de leur montrer ce qu'ils ne verraient pas seuls dans un texte. Donc si on s'arrête à ce qu'ils ont compris, d'une part on n'ira pas forcément loin, et d'autre part, on manque à notre mission d'explication et d'analyse des textes. On ne peut pas élever l'esprit d'un élève en lui faisant croire que ce qu'il comprend de prime abord suffit à expliquer un texte. Au contraire, leur apprendre à aller plus loin, c'est notre métier.

3/ "partager un texte entre les groupes pour que chacun fasse l'analyse de sa partie" (je reformule mais c'est l'idée)
Un élève doit pouvoir s'entraîner pour avoir à lui SEUL une vision globale et une analyse globale d'un texte. Le travail de groupe à mon avis ne fait que masquer les défauts d'analyse - donc comment les corriger ??? - et surtout, fait croire à l'élève que son salut viendra toujours des connaissances des autres, au lieu de lui montrer que, par son travail personnel il peut, aussi, à force (je ne dis pas que c'est facile), parvenir à une compréhension plus ou moins fine. Par ailleurs, ce "morcellement" du texte me paraît une aberration d'un strict point de vue littéraire, mais bon.

4/ "faire une fiche avec 12 affirmations et voir avec le texte si elles sont vraies ou fausses"
Là on en reste à la compréhension globale; où est l'analyse littéraire, l'intérêt pour l'entrelacs du "fond" et de la "forme" ?

5/ Enfin, l'argument ultime "c'est ennuyeux". Pour qui ? Le professeur ? Tout dépend : comme je le disais, mener une vraie analyse précise n'est pas ennuyeux. Pour les élèves ? C'est peut-être l'apprentissage de la vie, tout n'est pas du jeu.

Edit : je rajoute que, l'intérêt du collège et de l'école en général, c'est de montrer aux gamins comment se préoccuper d'autre chose que de leur petite personne, donc leurs sentiments et leurs impressions, oui pour la lecture d'un texte on peut en tenir compte un peu, forcément, mais ça n'est pas une fin en soi. Merci.
Moi je trouve qu'il faut varier les activités aussi et je trouve cette réponse pédante.
S'il est normal de travailler avec des questionnaires aussi, je ne trouve pas normal de ne faire que cela. C'est faillir aussi à notre mission de remise en question de nos pratiques que de toujours avoir la même démarche. je trouve que la collègue a abordé des pistes intéressantes.
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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Saloum le Sam 1 Avr 2017 - 13:59

Je suis d'accord. Il est important de varier et de chercher à susciter l'intérêt des élèves. Les propositions de Naiad3 n'empêchent pas d'approfondir le texte ensuite. Sans l'adhésion minimale de ma classe, mon cours n'aurait aucun impact, aussi chiadé et approfondi qu'il puisse être.
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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Nita le Sam 1 Avr 2017 - 14:32

Mais où avez-vous lu que Fires of Pompeii ne varie pas les activités avec ses classes ?
Je trouve aussi passablement étonnant de trouver qu'il existe une "mission de remise en question de nos pratiques" et de refuser que des pratiques proposées soient remises en question.

Vous trouvez que Naiad3 propose des "pistes" ? Tant mieux pour vous, mais on peut n'être pas d'accord ni avec elle, ni avec vous.
D'abord, dans ce que propose Naiad3, je vois ... beaucoup de questions. Sans grand intérêt à mon avis - mais il n'engage que moi. L'emballage brille, mais contient-il autre chose que du vide ? Où y a-t-il une variété d'activités ? Je n'en vois pas tant que ça...
Moi, je trouve que ce qu'elle propose n'est en rien compatible avec notre première mission, qui est de transmettre des connaissances, et d'apprendre aux élèves à s'en servir (des savoir-faire, donc et peut-être même, des savoir-être).

Doit-on ici, sous peine d'être "pédant" accepter de renoncer, pire encore revendiquer qu'on renonce à toute forme d'ambition pour nos élèves, l'ennui étant désormais plus à redouter que l'ignorance à l'école ?

Varier les activités, c'est bien. Brasser de l'air, ce n'est pas varier les activités. Et, jusqu'à plus ample informé, c'est ce que je vois dans les propositions de Naiad3.

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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par LemmyK le Sam 1 Avr 2017 - 14:42

@Emeraldia a écrit:
Moi je trouve qu'il faut varier les activités aussi et je trouve cette réponse pédante.
S'il est normal de travailler avec des questionnaires aussi, je ne trouve pas normal de ne faire que cela. C'est faillir aussi à notre mission de remise en question de nos pratiques que de toujours avoir la même démarche. je trouve que la collègue a abordé des pistes intéressantes.
Je ne connaissais pas cette mission! :shock:
Y a-t-il aussi mission de remise en question de nos évaluations?heu  Mission de remises en questions de nos appréciations? scratch
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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Iphigénie le Sam 1 Avr 2017 - 14:45

Moi ce qui m'étonne et m'amuse, avec le recul, c'est que le fait de faire cours, avec un minimum de doigté  (j'évite le mot pédagogie Very Happy ) nécessaire pour faire passer ledit cours, devient systématiquement aujourd'hui:
"avez-vous vu MA méthode"?
avec tout un tas de mots nouveaux pour rebaptiser des choses anciennes ("travail en îlots," classes inversées","activités"," projets", cartes mentales, digitales ou pour plantigrade, évaluations chiffrés, colorées, supprimées ou ceinturées, ou encore des tas de trucs pratiqués ancestralement comme la maieutique socratico-platonicienne mais sans l'idée d'en faire un usage systématique, une marque de fabrique, une révolution pédagogique, un sine qua non de la refondation soclatique) et surtout sans l'idée de demander à truc et machin de faire la même chose en même temps sous peine d'être ringardisé.
Comment peut-on être persan ignorer les révolutions numériques pédagogiques citoyennes?
Poser des questions est ennuyeux? ben ça dépend des questions, des élèves à qui on les pose et du prof qui les pose. And so on...
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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Hirondelle78 le Sam 1 Avr 2017 - 14:58

Bonjour, 

Je crois qu'au-delà de la question de la méthode pédagogique au sens strict (n'étant ni prof de français, ni prof en collège, je ne me considère pas comme légitime pour me prononcer),  il y a l'enjeu de responsabiliser les élèves. 

Nous avons tous nos diplômes en poche, et un job. Pas eux. Point barre. 

Je dis ça parce que j'interviens actuellement en L1, dans des groupes de 60, dont plus des 2/3 sortent de STMG en REP+. Vous voyez tous le tableau. 

Mon cours est censé être en anglais. Leur stock lexical anglais est de 300 mots au plus. Leur maîtrise de la grammaire de base est niveau 6e faible. 

Aux deux premières séances, j'ai été relativement bordélisée, et j'ai vite compris que la barrière linguistique était le problème. Tout en prenant, en cours, des mesures palliatives, j'ai été très sèche à la troisième séance. 

Je leur ai rappelé que, s'ils ne se mettaient pas vraiment au boulot, ils se préparaient un aller simple pour Pôle Emploi. 
Qu'il y avait 10% de la population au chômage et que personne ne s'intéresserait à une feignasse doublée d'une pipelette. 
Que moi, j'avais mon boulot, ma paye et mon confort. Pas eux. 

Ben, dans la minute, la proportion de "bosseurs"  (qui fait de son mieux mais qui part de très loin) a frisé les 80%. Et mes sueurs en chef, as de la bordelisation, se sont mis au boulot. Et sont venus me trouver pour me dire que personne ne leur avait jamais mis aussi crûment les points sur les i. Et qu'ils me remerciaient de les secouer. 

Alors, le ludique et autres glandouilles pour égayer le cours, on peut les remballer. 

Bien à vous

Hirondelle78
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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Fires of Pompeii le Sam 1 Avr 2017 - 15:02

@Emeraldia a écrit:
@Fires of Pompeii a écrit:
@Naiad3 a écrit:Je rebondis sur ce vieux sujet qui m'interpelle et peut peut-être aider...

Je trouve que ne faire que des questions est ennuyeux à force... non?
On peut faire des activités de groupes, des cartes mentales pour retenir, des tableaux, leur demander de faire le bilan, demander le lien avec une image choisie, leur demander de mettre en scène ce qu'ils ont compris, faire bosser une partie du texte pour un groupe et mettre en commun (les élèves se retrouvent donc à faire le cours, j'adore faire ça avec eux, c'est super pour l'autonomie, l'oral, l'initiation à la prise de notes en 3ème et tout mis ensemble l'analyse est très complète), faire une fiche avec 12 affirmations et voir avec le texte si elles sont vraies ou fausses.

C'est ça qui est génial. C'est de les faire aimer, s'intéresser, c'est de se creuser la tête ou lier exigences et plaisir.

Non, ce n'est pas ennuyeux, les questions : on n'imagine pas à quel point répondre à une question est difficile pour n'importe quel élève, certains ne comprennent pas la question, donc il faut les entraîner, d'autres répondent par un monosyllabe, donc il faut les entraîner. Evidemment, pour que ce soit intéressant, il faut des questions un peu plus pointues et précises que "quels sont les personnages du texte" et "que se passe-t-il dans ce texte", même si évidemment ces deux questions doivent être abordées au tout début.

Ensuite, pour ce qui est des "modalités".
1/ activités de groupe : alors oui mais d'une part dans certains collèges c'est impossible sous peine de péter un câble avec le bruit, et d'autre part, si on ne fait que des activités de groupe, quand est-ce qu'ils apprennent justement l'autonomie, c'est à dire à se gérer SEULS (non parce que c'est le sens du mot autonomie), et quand est-ce qu'ils apprennent à réfléchir SEULS ?  Je trouve que, dans cet optique, alterner analyse orale et questionnaires analytiques écrits est pas mal.

2/"mettre en scène ce qu'ils ont compris" : en théâtre la mise en scène est primordiale, sinon... pas le temps. Par ailleurs, il me semble aussi que l'objectif de nos cours est de leur montrer ce qu'ils ne verraient pas seuls dans un texte. Donc si on s'arrête à ce qu'ils ont compris, d'une part on n'ira pas forcément loin, et d'autre part, on manque à notre mission d'explication et d'analyse des textes. On ne peut pas élever l'esprit d'un élève en lui faisant croire que ce qu'il comprend de prime abord suffit à expliquer un texte. Au contraire, leur apprendre à aller plus loin, c'est notre métier.

3/ "partager un texte entre les groupes pour que chacun fasse l'analyse de sa partie" (je reformule mais c'est l'idée)
Un élève doit pouvoir s'entraîner pour avoir à lui SEUL une vision globale et une analyse globale d'un texte. Le travail de groupe à mon avis ne fait que masquer les défauts d'analyse - donc comment les corriger ??? - et surtout, fait croire à l'élève que son salut viendra toujours des connaissances des autres, au lieu de lui montrer que, par son travail personnel il peut, aussi, à force (je ne dis pas que c'est facile), parvenir à une compréhension plus ou moins fine. Par ailleurs, ce "morcellement" du texte me paraît une aberration d'un strict point de vue littéraire, mais bon.

4/ "faire une fiche avec 12 affirmations et voir avec le texte si elles sont vraies ou fausses"
Là on en reste à la compréhension globale; où est l'analyse littéraire, l'intérêt pour l'entrelacs du "fond" et de la "forme" ?

5/ Enfin, l'argument ultime "c'est ennuyeux". Pour qui ? Le professeur ? Tout dépend : comme je le disais, mener une vraie analyse précise n'est pas ennuyeux. Pour les élèves ? C'est peut-être l'apprentissage de la vie, tout n'est pas du jeu.

Edit : je rajoute que, l'intérêt du collège et de l'école en général, c'est de montrer aux gamins comment se préoccuper d'autre chose que de leur petite personne, donc leurs sentiments et leurs impressions, oui pour la lecture d'un texte on peut en tenir compte un peu, forcément, mais ça n'est pas une fin en soi. Merci.
Moi je trouve qu'il faut varier les activités aussi et je trouve cette réponse pédante.
S'il est normal de travailler avec des questionnaires aussi, je ne trouve pas normal de ne faire que cela. C'est faillir aussi à notre mission de remise en question de nos pratiques que de toujours avoir la même démarche. je trouve que la collègue a abordé des pistes intéressantes.

Je n'ai pas parlé que de questionnaire, c'était simplement par opposition au travail en îlot.
On peut aussi se remettre en question en permanence sans pour autant penser "îlot", "groupes", "ludique". Mais la remise en question n'est pas la fin en soi, elle est l'outil pour s'améliorer. Si c'est juste pour faire du nouveau, aucun intérêt.
Bon, après, sur le fait que ma réponse paraisse pédante, eh bien je ne sais pas quoi dire, mais dommage.

Je termine en ajoutant que pour moi, l'effort en soi est important, l'effort soutenu et la persévérance apportent pas mal de choses, autant en français qu'en latin que dans la vie, et en fait... c'est peut-être ça qui est pédant ? Alors oui je suis quelqu'un de pédant. Maintenant qu'on est présentées on peut parler du fond. Laughing


Dernière édition par Fires of Pompeii le Sam 1 Avr 2017 - 15:12, édité 1 fois

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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Anaxagore le Sam 1 Avr 2017 - 15:09

@Hirondelle78 a écrit:Alors, le ludique et autres glandouilles pour égayer le cours, on peut les remballer. 

Santa subito.  Very Happy cheers

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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Izambard le Sam 1 Avr 2017 - 15:14

Bof.
On peut utiliser une carte mentale ou autre chose sans que ce soit du jeu.
Je ne comprends pas l'opposition.
Le ciment c'est l'exigence de l'enseignant. On peut donner au cours toutes les formes que l'on voudra, routinières voir ritualisées, magistrales ou dialoguées, en îlot ou en face à face, sur tablette ou sur cahier, tant que le professeur a conçu un cours intelligent qui s'appuie sur un contenu substantiel tout en s'adressant à tous, je ne vois pas le problème.
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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Rosanette le Sam 1 Avr 2017 - 15:14

@Hirondelle78 a écrit:Je leur ai rappelé que, s'ils ne se mettaient pas vraiment au boulot, ils se préparaient un aller simple pour Pôle Emploi. 
Qu'il y avait 10% de la population au chômage et que personne ne s'intéresserait à une feignasse doublée d'une pipelette. 
Que moi, j'avais mon boulot, ma paye et mon confort. Pas eux. 


Ben, dans la minute, la proportion de "bosseurs"  (qui fait de son mieux mais qui part de très loin) a frisé les 80%. Et mes sueurs en chef, as de la bordelisation, se sont mis au boulot. Et sont venus me trouver pour me dire que personne ne leur avait jamais mis aussi crûment les points sur les i. Et qu'ils me remerciaient de les secouer. 

Alors, le ludique et autres glandouilles pour égayer le cours, on peut les remballer. 

Bien à vous

Et vous êtes fière de vous ? Non mais je veux dire, réellement fière ?
Vous pensez réellement que le chômage en France s'explique par des gugusses qui papotent et se dissipent en amphi ?

Quid de ceux qui resteront sur le carreau même après avoir essayé de se secouer les puces ? Se souviendront-ils de votre discours culpabilisant avec reconnaissance ?

Il n'est pas agréable de se faire bordéliser, ni même de composer avec des groupes qui n'auraient probablement pas dû être à la fac pour commencer. Mais ne leur vendez pas un mensonge. Les sommets sont peuplés de branleurs, et des besogneux n'obtiennent parfois jamais ce dont ils rêvent.

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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Fires of Pompeii le Sam 1 Avr 2017 - 15:16

@Izambard a écrit:Bof.
On peut utiliser une carte mentale ou autre chose sans que ce soit du jeu.
Je ne comprends pas l'opposition.
Le ciment c'est l'exigence de l'enseignant. On peut donner au cours toutes les formes que l'on voudra, routinières voir ritualisées, magistrales ou dialoguées, en îlot ou en face à face, sur tablette ou sur cahier, tant que le professeur a conçu un cours intelligent qui s'appuie sur un contenu substantiel tout en s'adressant à tous, je ne vois pas le problème.

Je suis d'accord.

Mais ce qui me choque pas mal dans le message de départ c'est le double postulat
- un cours est ennuyeux si les élèves bossent seuls / si les textes sont durs etc.
- or nous devons amuser les élèves et ne jamais les ennuyer.

C'est la porte ouverte à toutes les fenêtres.

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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Fires of Pompeii le Sam 1 Avr 2017 - 15:18

@Rosanette a écrit:
@Hirondelle78 a écrit:

Je leur ai rappelé que, s'ils ne se mettaient pas vraiment au boulot, ils se préparaient un aller simple pour Pôle Emploi. 
Qu'il y avait 10% de la population au chômage et que personne ne s'intéresserait à une feignasse doublée d'une pipelette. 
Que moi, j'avais mon boulot, ma paye et mon confort. Pas eux. 


Ben, dans la minute, la proportion de "bosseurs"  (qui fait de son mieux mais qui part de très loin) a frisé les 80%. Et mes sueurs en chef, as de la bordelisation, se sont mis au boulot. Et sont venus me trouver pour me dire que personne ne leur avait jamais mis aussi crûment les points sur les i. Et qu'ils me remerciaient de les secouer. 

Alors, le ludique et autres glandouilles pour égayer le cours, on peut les remballer. 

Bien à vous

Et vous êtes fière de vous ? Non mais je veux dire, réellement fière ?
Vous pensez réellement que le chômage en France s'explique par des gugusses qui papotent et se dissipent en amphi ?

Quid de ceux qui resteront sur le carreau même après avoir essayé de se secouer les puces ? Se souviendront-ils de votre discours culpabilisant avec reconnaissance ?

Il n'est pas agréable de se faire bordéliser, ni même de composer avec des groupes qui n'auraient probablement pas dû être à la fac pour commencer. Mais ne leur vendez pas un mensonge. Les sommets sont peuplés de branleurs, et des besogneux n'obtiennent parfois jamais ce dont ils rêvent.

Non, pas qu'il s'explique par cela, mais que les gens incapables de faire un boulot qu'on leur demande ne sont pas embauchés. On n'est quand même pas loin de la vérité, dans le monde moyen (pas celui des élites où tout semble renversé parfois). C'est un premier pas, déjà, de se secouer, pas suffisant mais c'est le minimum à demander en classe...

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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Izambard le Sam 1 Avr 2017 - 15:20

Je suis d'accord à mon tour.
Mais veillons à ne pas construire des représentations, qui stigmatisent et font passer systématiquement pour de péda-rigolo-gogo tous ceux qui utilisent les "nouveaux outils" ou des dispositifs particuliers pour transmettre. Certains le font avec sérieux et intelligence.
Faire un cours ritualisé, avec plume et cahier, lecture magistrale et questionnement minutieux ne signifie pas nécessairement être un enseignant de valeur.
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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Anaxagore le Sam 1 Avr 2017 - 15:27

@Izambard a écrit:Bof.
On peut utiliser une carte mentale ou autre chose sans que ce soit du jeu.
Je ne comprends pas l'opposition.
Le ciment c'est l'exigence de l'enseignant. On peut donner au cours toutes les formes que l'on voudra, routinières voir ritualisées, magistrales ou dialoguées, en îlot ou en face à face, sur tablette ou sur cahier, tant que le professeur a conçu un cours intelligent qui s'appuie sur un contenu substantiel tout en s'adressant à tous, je ne vois pas le problème.

J'ai coutume de dire que chacun organise son enseignement comme il le souhaite.

M'enfin, puisque tu soulèves le pet, lorsqu'un collègue me dit qu'il ne finira pas le programme (et en ne traitant pas des chapitres fondamentaux) alors que je sais qu'il a promené le chien pendant des activités de groupe fleuves durant toute l'année, je me dis que ça commence à bien faire.

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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Thalia de G le Sam 1 Avr 2017 - 15:27

@Hirondelle78 a écrit:Bonjour, 

Je crois qu'au-delà de la question de la méthode pédagogique au sens strict (n'étant ni prof de français, ni prof en collège, je ne me considère pas comme légitime pour me prononcer),  il y a l'enjeu de responsabiliser les élèves. 

Nous avons tous nos diplômes en poche, et un job. Pas eux. Point barre. 


Je dis ça parce que j'interviens actuellement en L1, dans des groupes de 60, dont plus des 2/3 sortent de STMG en REP+. Vous voyez tous le tableau. 

Mon cours est censé être en anglais. Leur stock lexical anglais est de 300 mots au plus. Leur maîtrise de la grammaire de base est niveau 6e faible. 

Aux deux premières séances, j'ai été relativement bordélisée, et j'ai vite compris que la barrière linguistique était le problème. Tout en prenant, en cours, des mesures palliatives, j'ai été très sèche à la troisième séance. 

Je leur ai rappelé que, s'ils ne se mettaient pas vraiment au boulot, ils se préparaient un aller simple pour Pôle Emploi. 
Qu'il y avait 10% de la population au chômage et que personne ne s'intéresserait à une feignasse doublée d'une pipelette. 
Que moi, j'avais mon boulot, ma paye et mon confort. Pas eux. 

Ben, dans la minute, la proportion de "bosseurs"  (qui fait de son mieux mais qui part de très loin) a frisé les 80%. Et mes sueurs en chef, as de la bordelisation, se sont mis au boulot. Et sont venus me trouver pour me dire que personne ne leur avait jamais mis aussi crûment les points sur les i. Et qu'ils me remerciaient de les secouer. 

Alors, le ludique et autres glandouilles pour égayer le cours, on peut les remballer. 

Bien à vous
Arguments qui n'ont aucune portée chez nos collégiens, ils ne savent pas se projeter et c'est normal.
Mais jamais aucun ne m'a reproché d'être "trop sérieuse", je ne sais pas faire du ludique même si je danserais la danse du ventre pour leur expliquer une notion de grammaire.
Pourtant j'en connais sur Neo, que je respecte et admire qui sont capables de varier leurs approches, tout en étant très exigeants dans les contenus et les évaluations.

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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Izambard le Sam 1 Avr 2017 - 15:31

@Anaxagore a écrit:
@Izambard a écrit:Bof.
On peut utiliser une carte mentale ou autre chose sans que ce soit du jeu.
Je ne comprends pas l'opposition.
Le ciment c'est l'exigence de l'enseignant. On peut donner au cours toutes les formes que l'on voudra, routinières voir ritualisées, magistrales ou dialoguées, en îlot ou en face à face, sur tablette ou sur cahier, tant que le professeur a conçu un cours intelligent qui s'appuie sur un contenu substantiel tout en s'adressant à tous, je ne vois pas le problème.

J'ai coutume de dire que chacun organise son enseignement comme il le souhaite.

M'enfin, puisque tu soulèves le pet, lorsqu'un collègue me dit qu'il ne finira pas le programme (et en ne traitant pas des chapitres fondamentaux) alors que je sais qu'il a promené le chien pendant des activités de groupe fleuves durant toute l'année, je me dis que ça commence à bien faire.

Et donc?
Tu as raison de dire que ça commence à bien faire.
L'exigence de l'enseignant, c'est de tenir ensemble la nécessité de faire progresser les élèves, d'assurer la transmission d'une vraie culture littéraire (je dirais volontiers patrimoniale) et de les préparer au niveau supérieur en ayant traité tous ses objets d'étude avec sérieux.

J'ai dit quelque part que c'était bien de promener le chien?
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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Thalia de G le Sam 1 Avr 2017 - 15:32

@Rosanette a écrit:
@Hirondelle78 a écrit:Je leur ai rappelé que, s'ils ne se mettaient pas vraiment au boulot, ils se préparaient un aller simple pour Pôle Emploi. 
Qu'il y avait 10% de la population au chômage et que personne ne s'intéresserait à une feignasse doublée d'une pipelette. 
Que moi, j'avais mon boulot, ma paye et mon confort. Pas eux. 


Ben, dans la minute, la proportion de "bosseurs"  (qui fait de son mieux mais qui part de très loin) a frisé les 80%. Et mes sueurs en chef, as de la bordelisation, se sont mis au boulot. Et sont venus me trouver pour me dire que personne ne leur avait jamais mis aussi crûment les points sur les i. Et qu'ils me remerciaient de les secouer. 

Alors, le ludique et autres glandouilles pour égayer le cours, on peut les remballer. 

Bien à vous
Et vous êtes fière de vous ? Non mais je veux dire, réellement fière ?
Vous pensez réellement que le chômage en France s'explique par des gugusses qui papotent et se dissipent en amphi ?

Quid de ceux qui resteront sur le carreau même après avoir essayé de se secouer les puces ? Se souviendront-ils de votre discours culpabilisant avec reconnaissance ?

Il n'est pas agréable de se faire bordéliser, ni même de composer avec des groupes qui n'auraient probablement pas dû être à la fac pour commencer. Mais ne leur vendez pas un mensonge. Les sommets sont peuplés de branleurs, et des besogneux n'obtiennent parfois jamais ce dont ils rêvent.
J'ai l'impression que tu raccourcis la pensée d'Hirondelle qui enseigne dans le sup. Je ne comprends pas pourquoi mettre des étudiants bacheliers en face de réalités objectives serait scandaleux.

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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Rosanette le Sam 1 Avr 2017 - 15:34

@Fires of Pompeii a écrit:

Non, pas qu'il s'explique par cela, mais que les gens incapables de faire un boulot qu'on leur demande ne sont pas embauchés. On n'est quand même pas loin de la vérité, dans le monde moyen (pas celui des élites où tout semble renversé parfois). C'est un premier pas, déjà, de se secouer, pas suffisant mais c'est le minimum à demander en classe...

Je trouve ce chantage à la réussite sociale parfaitement insupportable pour ma part, car non cela ne reflète pas la réalité de l'emploi aujourd'hui. Des thésards et des avocats qui rament, il ne faut pas aller loin pour en trouver.

Ca n'empêche pas de maintenir les exigences de la licence, avec les évaluations à la clef, voire de prendre certains à part pour leur causer de réorientation urgente et nécessaire (ce que j'ai pu faire dans dans mes TD après avoir collé des 01/20 en L1).

Je suis pour tenir un discours de vérité à la fac, où de fait énormément de gens se réorientent à l'issue de la L1, mais certainement pas sur le terrain Pôle Emploi, terrain sur lequel l'université n'a aucune leçon à donner.

EDIT Thalia : je ne crois pas raccourcir, et je ne vois pas en quoi enseigner dans le sup' autorise davantage à faire une sorte de chantage à l'emploi alors que ce n'est absolument pas le problème ici.

Dire en revanche qu'on ne fait aucun cours magistral en anglais au lycée jusqu'à la terminale, indépendamment de la filière, et qu'on ne voit du coup pas trop comment des STMG pourraient suivre l'affaire sitôt arrivés en L1 me semble davantage intéressant au passage.


Dernière édition par Rosanette le Sam 1 Avr 2017 - 15:37, édité 1 fois

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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Izambard le Sam 1 Avr 2017 - 15:37

Tu as raison.
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Re: Me suis-je trompée dans ma façon d'enseigner le français ?

Message par Nita le Sam 1 Avr 2017 - 16:14

@Rosanette a écrit:
@Fires of Pompeii a écrit:

Non, pas qu'il s'explique par cela, mais que les gens incapables de faire un boulot qu'on leur demande ne sont pas embauchés. On n'est quand même pas loin de la vérité, dans le monde moyen (pas celui des élites où tout semble renversé parfois). C'est un premier pas, déjà, de se secouer, pas suffisant mais c'est le minimum à demander en classe...

Je trouve ce chantage à la réussite sociale parfaitement insupportable pour ma part, car non cela ne reflète pas la réalité de l'emploi aujourd'hui. Des thésards et des avocats qui rament, il ne faut pas aller loin pour en trouver.

Ca n'empêche pas de maintenir les exigences de la licence, avec les évaluations à la clef, voire de prendre certains à part pour leur causer de réorientation urgente et nécessaire (ce que j'ai pu faire dans dans mes TD après avoir collé des 01/20 en L1).

Je suis pour tenir un discours de vérité à la fac, où de fait énormément de gens se réorientent à l'issue de la L1, mais certainement pas sur le terrain Pôle Emploi, terrain sur lequel l'université n'a aucune leçon à donner.

EDIT Thalia : je ne crois pas raccourcir, et je ne vois pas en quoi enseigner dans le sup' autorise davantage à faire une sorte de chantage à l'emploi alors que ce n'est absolument pas le problème ici.

Dire en revanche qu'on ne fait aucun cours magistral en anglais au lycée jusqu'à la terminale, indépendamment de la filière, et qu'on ne voit du coup pas trop comment des STMG pourraient suivre l'affaire sitôt arrivés en L1 me semble davantage intéressant au passage.

Il est certain qu'on peut facilement rencontrer des diplômés qui ne trouvent pas de boulot.
Je suis tout à fait certaine qu'on rencontre encore davantage de gens complètement déqualifiés, incapables de se soumettre à une exigence quelconque ! Est-ce du chantage à l'emploi que de faire remarquer que tous les emplois qui étaient autrefois occupés par des gens peu qualifiés ou pas du tout disparaissent ?

Je trouve parfaitement insupportable cette forme d'aveuglement qui consiste à ne jamais mettre les gens en difficulté en face de leurs propres responsabilités. Ils ne trouveront pas de boulot, et tu crois que c'est une remarque faite par un prof en fac qui sera le plus dur à supporter ?

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