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Celadon
Demi-dieu

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par Celadon le Sam 17 Déc 2016 - 9:20
Par expérience des fameuses 108 h en primaire, une fois dépassées, et on tenait les comptes, hein, eh bien on continuait.
Alors courage.
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Celadon
Demi-dieu

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par Celadon le Sam 17 Déc 2016 - 9:22
@évolutions a écrit:
@XIII a écrit:Et puis 5 semaines de vacances par an sans la possibilité de choisir sa période..."chiche".

Avec ce genre d'argument on continuera à se faire manger tout cru!

Pas forcément car si tout est une question de volume horaire, il est évident que 35 heures sont largement insuffisantes dans une semaine ordinaire. Si l'on arrive à un total d'environ 45 heures par semaine, ce qui n'est pas irréaliste, alors les 1607 heures d'obligation de service des fonctionnaires sont atteintes et même dépassées : 45 x 36 = 1620. Il nous reste alors 16 semaines pour mettre les doigts de nos pieds en éventail. C'est pas beau la vie ?
Et tu crois sérieusement qu'ils envisagent de rétribuer 4 mois tes doigts de pied en éventail ???
Cath
Bon génie

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par Cath le Sam 17 Déc 2016 - 9:31
Non, mais vraiment, certains croient que si on était aux 35h en établissement, on pourrait s'arrêter tout tranquillement au bout de 35h même si le travail n'est pas terminé ? Quelle naïveté !
Que croyez vous qu'il soit arrivé aux salariés passés aux 35h ? On leur a retiré du travail ? Non, pour la plupart ils ont été sommés d’accélérer la cadence.
évolutions
Niveau 6

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par évolutions le Sam 17 Déc 2016 - 9:47
@Schéhérazade a écrit:
@évolutions a écrit:
@Graisse-Boulons a écrit:
@Tamerlan a écrit:

C'est tout le problème d'un travail où l'horaire est fixé globalement (les 1607 h) mais dont seulement une partie, celle de présence devant élèves est précisément mesurée. C'est plus simple pour un salarié qui est à la pointeuse. Il faudrait pouvoir tenir le compte horaire de son travail et refuser ce qui fait déborder ou équilibrer (plus de réunions donc moins de corrections) si cela excède...

Ce qu'il nous faut, ce sont les "fameuses" 35 heures sur place. Mais là je vais en faire hurler dessus par certains...c'est pourtant la seule solution pour que l'on cesse de nous fissurer les gnoquis (j'ai bon là pour la charte ?) avec nos prétendues "que 18 heures"...moi, perso, je dis "chiche", c'est ou qu'on signe ? Mais attention : après ça, la limite horaire aura été posée clairement.

que l'on cesse de nous fissurer les gnoquis :aaq:


Ce qu'il nous faut, ce sont les "fameuses" 35 heures sur place.
avec nos prétendues "que 18 heures"...moi, perso, je dis "chiche", c'est ou qu'on signe ? Mais attention : après ça, la limite horaire aura été posée clairement.

Je ne cesse de le répéter à mes collègues et nous sommes en primaire. Même 39 heures et même 40 heures ou un peu plus, ce n'est pas un problème et avec une pointeuse et puis un bon retour au "avant l'heure, c'est pas l'heure, après l'heure, c'est plus l'heure !" Je suis certain que nous y gagnerions en qualité de vie. Je crois aussi que c'est le ministère et ses cerbères qui feraient la tronche car ils ne pourraient plus nous réduire en quasi-esclavage comme c'est la tendance en ce moment.

Totalement illusoire: le rapport de force est en notre défaveur, et l'opinion publique est délétère. Nous serions sommés d'abattre 60h de travail en 40h, et si nous n'y parvenions pas, nous serions incriminés pour inefficacité et insuffisance professionnelle. Les nouveaux managers ont partout compris que la pointeuse, qu'ils prenaient pour un outil de contrôle, est inefficace, précisément parce qu'elle établit clairement une distinction entre vie privée et vie professionnelle, qu'elle matérialise une limite. Le management moderne vise à effacer cette limite et à faire intérioriser la contrainte par l'employé (en novlangue, on parle d'autonomie): on lui confie des tâches trop lourdes, trop longues et on le rémunère à la tâche, plutôt qu'au temps de travail. S'il est submergé, le salarié est incriminé pour inefficacité et se sent coupable et incompétent. Et comme l'individualisation de l'évaluation instaure la guerre de tous contre tous, brise les solidarités, chacun se sent seul à être submergé.

Bien sûr, vous me direz, reste le cadre des 1607 h. Mais parce que les gestionnaires estimaient que la part de temps de travail non contrôlable était évalué à notre profit, ils comptent bien l'évaluer à notre détriment. Je ne vois pas en quoi nous infliger 3000h de travail en nous racontant que si nous sommes compétents, nous les ferons en 1607h, peut les gêner. Je ne sais même pas s'ils auront le bon sens d'arrêter la casse quand la pénurie de professeurs sera absolument criante: les USA et le RU persévèrent bien dans la voie qui les conduit à une telle situation.

"le rapport de force est en notre défaveur, et l'opinion publique est délétère. Nous serions sommés d'abattre 60h de travail en 40h, et si nous n'y parvenions pas, nous serions incriminés pour inefficacité et insuffisance professionnelle."

Je crois bien que vous avez raison mais n'est-ce pas le boulot des syndicats et rétablir l'équilibre dans le rapport de force ? ou de chacun d'entre nous en montrant des dents de loups plutôt que de toujours exposer la frisure de nos moutonnesques "liquettes" ?

"et comme l'individualisation de l'évaluation instaure la guerre de tous contre tous, brise les solidarités, chacun se sent seul à être submergé."

Cela aussi on peut bien le ressentir dans la société française où c'est toujours "chacun pour soi". Ce qui est bizarre en période électorale, c'est qu'on entend les candidats claironner à tout bout de champ qu'il faut se "Rassembler" alors que l'on fait tout, pour que dans les faits, ce soit le contraire qui se passe. "Liberté Égalité Fraternité" Allez voir ce qu'en pense Philippe Katerine.
Luz
Niveau 7

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par Luz le Sam 17 Déc 2016 - 9:55
Pour être plus efficace on peut faire différemment aussi. Par exemple les copies, on peut faire rédiger sans forcément corriger chaque copie. Oui c'est moins bien pour l'élève, mais tant pis. Par exemple le fait de ne pas suivre de manuel, ça prend un temps fou de faire toutes les séquences soi-même ! Suivre un manuel ça fait gagner du temps. Autre exemple, dans mon bahut le suivi des rapports de stage de 3ème c'est un truc hyper bienveillant mais hyper chronophage aussi. Etc...

Dans ma matière, je ne multiplie pas les dst, même les petits. Je les interroge à l'oral en début d'heure avec mot dans le carnet si la leçon n'est pas sue et voilà. En fin de séquence le projet sert à faire des révisions et le dst le bilan. Ça fait gagner du temps.

Je ne compte pas travailler correctement au détriment de ma vie privée. J'ai des priorités et ma famille en est une. Donc certes je pourrais faire mieux, mais ce serait pénalisant pour ma vie privée, donc je refuse. Et mes élèves et les parents d'élèves sont très contents.

Faites le compte des choses qui pourraient être faites plus rapidement...

Luz
Niveau 7

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par Luz le Sam 17 Déc 2016 - 9:58
Et j'ajoute encore que les prof de langue sont souvent tombés dans le piège des évaluations d'expression orale enregistrées, "pour pouvoir les corriger tranquillement"... Quelle horreur !!! Ils passent par deux devant la classe, ça prend 1h, les autres révisent ou font une autre activité pre-definie et tout le monde est content, on a bien avancé. Pas de temps de correction chez moi et ils sont plus au point pour le dst.
évolutions
Niveau 6

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par évolutions le Sam 17 Déc 2016 - 10:05
@XIII a écrit:Mais tu crois quoi? Ils te mettront aux 35 heures par semaine devant les élèves (39 H si c'est Fillon ou Valls) et tu continueras avec ton travail invisible (réunions, corrections, préparations...).
Chaque profession à ses avantages et ses inconvénients, cette course à l'échalote nous mènera où?

Avec ce genre d'argument je pense que la "hausse inquiétante des démissions" n'est qu'un début!

Vous m'avez l'air un tantinet fâché, ce n'est pas la peine. 39 heures devant les élèves, est-ce possible de la part des élèves ? Il faudra bien qu'à un certain moment, cette surenchère s'arrête effectivement ou nous aurons un système éducatif typé anglo-saxon et alors là, ils pourront construire des prisons à tour de bras.
évolutions
Niveau 6

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par évolutions le Sam 17 Déc 2016 - 10:14
@Celadon a écrit:
@évolutions a écrit:
@XIII a écrit:Et puis 5 semaines de vacances par an sans la possibilité de choisir sa période..."chiche".

Avec ce genre d'argument on continuera à se faire manger tout cru!

Pas forcément car si tout est une question de volume horaire, il est évident que 35 heures sont largement insuffisantes dans une semaine ordinaire. Si l'on arrive à un total d'environ 45 heures par semaine, ce qui n'est pas irréaliste, alors les 1607 heures d'obligation de service des fonctionnaires sont atteintes et même dépassées : 45 x 36 = 1620. Il nous reste alors 16 semaines pour mettre les doigts de nos pieds en éventail. C'est pas beau la vie ?
Et tu crois sérieusement qu'ils envisagent de rétribuer 4 mois tes doigts de pied en éventail ???

Je ne sais pas mais je crois que nous avons 12 fiches de salaires par an, non ?
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Lefteris
Empereur

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par Lefteris le Sam 17 Déc 2016 - 10:27
Parfaitement irréaliste.Maintenir les enseignants prisonniers de leur établissement ne serait qu'une brimade, une manière de les humilier et de leur montrer qu'ils ne sont plus des fonctionnaires de conception mais d'exécution. Comment travailler sereinement, réfléchir,  lire, sur commande, dans des trous entre deux cours, à saute-moutons sans rien faire de suivi, épuisé, avec  parfois mal à la tête tant la présence en classe demande de tension ? Et tout ça dans un lieu bruyant, en étant dérangé en permanence, sans sa bibliothèque, ses outils de travail.

La dégradation incessante du travail a déjà abouti à la fuite des concours de recrutement. La seconde étape, mécanique, est celle de la baisse du niveau des enseignants, puisqu'il faut abaisser les exigences voire dénaturer les concours disciplinaires. Il faudrait donc aller encore plus loin ? Faire officiellement de l'école ce qu'elle est déjà en beaucoup trop d'endroits, une garderie ?


Dernière édition par Lefteris le Sam 17 Déc 2016 - 10:56, édité 1 fois (Raison : ponctuation)

_________________
"La réforme [...] c'est un ensemble de décrets qui s'emboîtent les uns dans les autres, qui ne prennent leur sens que quand on les voit tous ensemble".
(F. Robine , penseure moderne,  dans son cours sur sa réforme, expliquant comment le piège s'est progressivement mis en place depuis 2013, par la stratégie du puzzle).

« Tant qu’il y aura des hommes qui n’obéiront pas à leur raison seule, le genre humain restera partagé en deux classes : celles des hommes qui raisonnent et celles des hommes qui croient, celle des maîtres et celle des esclaves ».Condorcet (autre penseur, mais ancien et périmé)
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Iphigénie
Enchanteur

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par Iphigénie le Sam 17 Déc 2016 - 10:48
@Lefteris a écrit:Parfaitement irréaliste.Maintenir les enseignants prisonniers de leur établissement ne serait qu'une brimade, une manière de les humilier et de leur montrer qu'ils ne sont plus des fonctionnaires de conception mais d'exécution. Comment travailler sereinement, réfléchir,  lire, sur commande, dans des trous entre deux cours, à saute-moutons sans rien faire de suivi épuisé, avec  parfois mal à la tête tant la présence en classe demande de tension ? Et tout ça dans un lieu bruyant, en étant dérangé en permanence, sans sa bibliothèque, ses outils de travail.

La dégradation incessante du travail a déjà abouti à la fuite des concours de recrutement. La seconde étape, mécanique est celle de la baisse du niveau des enseignants, puisqu'il faut abaisser les exigences voire dénaturer les concours disciplinaires. Il faudrait donc aller encore plus loin ? Faire officiellement de l'école ce qu'elle est déjà en beaucoup trop d'endroits, une garderie ?
C'est tellement évident que le problème est qu'on voudrait aujourd'hui changer complètement le métier d'enseignant: de simples "éducateurs" suffiraient; l'ennui ce sont tous les vieux profs (j'entends par vieux: recrutés par l'ancien système) qu'on ne peut mettre au rebut directement, alors on ruse. Je suis frappée de voir à quel point les nouveaux professeurs, même brillants (pour quelques-uns qui en restent) se sentent "dépendants" du système, ont peur de leur ombre, ou doutent de leur droit à s'affranchir des idioties administratives qu'on tente de leur imposer. C'était ça le statut du fonctionnaire: cause toujours, tu m'intéresses. De ce point de vue, il est déjà cassé.
évolutions
Niveau 6

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par évolutions le Sam 17 Déc 2016 - 11:57
@Lefteris a écrit:Parfaitement irréaliste.Maintenir les enseignants prisonniers de leur établissement ne serait qu'une brimade, une manière de les humilier et de leur montrer qu'ils ne sont plus des fonctionnaires de conception mais d'exécution. Comment travailler sereinement, réfléchir,  lire, sur commande, dans des trous entre deux cours, à saute-moutons sans rien faire de suivi épuisé, avec  parfois mal à la tête tant la présence en classe demande de tension ? Et tout ça dans un lieu bruyant, en étant dérangé en permanence, sans sa bibliothèque, ses outils de travail.

La dégradation incessante du travail a déjà abouti à la fuite des concours de recrutement. La seconde étape, mécanique est celle de la baisse du niveau des enseignants, puisqu'il faut abaisser les exigences voire dénaturer les concours disciplinaires. Il faudrait donc aller encore plus loin ? Faire officiellement de l'école ce qu'elle est déjà en beaucoup trop d'endroits, une garderie ?

On y est. C'est bien ce que vous dites que je voulais entendre. Qui saura enrayer cette marche de l'histoire qui nous pend au nez ? Cela ne se fera pas tout seul et surtout pas avec le concours des trop nombreux moutons que nous sommes dans cette profession, hélas !
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Zagara
Grand Maître

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par Zagara le Sam 17 Déc 2016 - 13:07
C'est une idée très idiote de vouloir faire du 45h par semaine pour dégager 4 mois. Cette brisure de rythme pourrirait la santé et le moral des personnels et les transformerait en prolétaires. Meilleur moyen pour faire fuir les bons et les gens qui veulent vivre au delà de 70 ans (parce que oui, le stress et les semaines de plus de 40h tuent physiquement) : tout job dans le privé proposera un rythme moins destructeur (35 à 40h répartis sur 10 mois), alors, à ce compte-là, pourquoi rester enseignant dans le public ?
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Jenny
Modérateur

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par Jenny le Sam 17 Déc 2016 - 13:38
@Lefteris a écrit:Parfaitement irréaliste.Maintenir les enseignants prisonniers de leur établissement ne serait qu'une brimade, une manière de les humilier et de leur montrer qu'ils ne sont plus des fonctionnaires de conception mais d'exécution. Comment travailler sereinement, réfléchir,  lire, sur commande, dans des trous entre deux cours, à saute-moutons sans rien faire de suivi, épuisé, avec  parfois mal à la tête tant la présence en classe demande de tension ? Et tout ça dans un lieu bruyant, en étant dérangé en permanence, sans sa bibliothèque, ses outils de travail.

+1
L'un des avantages du métier, pour moi, est de pouvoir travailler quand je veux. Je n'arrive pas à préparer mes cours sur place, alors que j'ai beaucoup d'heures de trou.
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Lefteris
Empereur

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par Lefteris le Sam 17 Déc 2016 - 13:55
@Jenny a écrit:
@Lefteris a écrit:Parfaitement irréaliste.Maintenir les enseignants prisonniers de leur établissement ne serait qu'une brimade, une manière de les humilier et de leur montrer qu'ils ne sont plus des fonctionnaires de conception mais d'exécution. Comment travailler sereinement, réfléchir,  lire, sur commande, dans des trous entre deux cours, à saute-moutons sans rien faire de suivi, épuisé, avec  parfois mal à la tête tant la présence en classe demande de tension ? Et tout ça dans un lieu bruyant, en étant dérangé en permanence, sans sa bibliothèque, ses outils de travail.

+1
L'un des avantages du métier, pour moi, est de pouvoir travailler quand je veux. Je n'arrive pas à préparer mes cours sur place, alors que j'ai beaucoup d'heures de trou.
On ne peut pas faire grand chose dans les trous, on est accaparé par les cours précédent, par le cours suivant, on gère l'immédiat, on fait des photocopies, on remplit le cahier de textes. Au fil de la journée, on est de plus en plus fatigué. Tout au plus peut-on rassembler son énergie pour corriger des choses simples et gagner du temps. Préparer vraiment, concevoir, réfléchir, lire de manière attentive et suivie, impossible, et cela même bouclé à double tour dans sa salle de classe. En salle des professeurs, même pas la peine d'y penser. Bloquer les enseignants est le type même de la brimade contre-productive, qui fera faire le minimum pour "survivre" (corriger vite et moins , raccourcir les préparations, laisser de côté toute lecture et tout travail sérieux et sur le long terme... ). Ce qu'on fait déjà dans les périodes particulièrement intenses où presque toutes les soirées sont prises par des réunions, où l'on sort avec un étau qui enserre les tempes, il faudrait donc que ça devienne la norme absolue, tout le temps et pour tous.

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"La réforme [...] c'est un ensemble de décrets qui s'emboîtent les uns dans les autres, qui ne prennent leur sens que quand on les voit tous ensemble".
(F. Robine , penseure moderne,  dans son cours sur sa réforme, expliquant comment le piège s'est progressivement mis en place depuis 2013, par la stratégie du puzzle).

« Tant qu’il y aura des hommes qui n’obéiront pas à leur raison seule, le genre humain restera partagé en deux classes : celles des hommes qui raisonnent et celles des hommes qui croient, celle des maîtres et celle des esclaves ».Condorcet (autre penseur, mais ancien et périmé)
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Balthazaard
Esprit éclairé

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par Balthazaard le Sam 17 Déc 2016 - 14:03
@Jenny a écrit:
@Lefteris a écrit:Parfaitement irréaliste.Maintenir les enseignants prisonniers de leur établissement ne serait qu'une brimade, une manière de les humilier et de leur montrer qu'ils ne sont plus des fonctionnaires de conception mais d'exécution. Comment travailler sereinement, réfléchir,  lire, sur commande, dans des trous entre deux cours, à saute-moutons sans rien faire de suivi, épuisé, avec  parfois mal à la tête tant la présence en classe demande de tension ? Et tout ça dans un lieu bruyant, en étant dérangé en permanence, sans sa bibliothèque, ses outils de travail.

+1
L'un des avantages du métier, pour moi, est de pouvoir travailler quand je veux. Je n'arrive pas à préparer mes cours sur place, alors que j'ai beaucoup d'heures de trou.

C'était en toute lettres dans le rapport Descoings...mais la roue de la fortune a tournée, on a déjà oublié la mémoire de ce monsieur.
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Jenny
Modérateur

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par Jenny le Sam 17 Déc 2016 - 14:14
@Zagara a écrit:tout job dans le privé proposera un rythme moins destructeur (35 à 40h répartis sur 10 mois), alors, à ce compte-là, pourquoi rester enseignant dans le public ?

Il n'y a pas deux mois de vacances dans le privé.
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Lefteris
Empereur

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par Lefteris le Sam 17 Déc 2016 - 14:16
@Balthazaard a écrit:
@Jenny a écrit:
@Lefteris a écrit:Parfaitement irréaliste.Maintenir les enseignants prisonniers de leur établissement ne serait qu'une brimade, une manière de les humilier et de leur montrer qu'ils ne sont plus des fonctionnaires de conception mais d'exécution. Comment travailler sereinement, réfléchir,  lire, sur commande, dans des trous entre deux cours, à saute-moutons sans rien faire de suivi, épuisé, avec  parfois mal à la tête tant la présence en classe demande de tension ? Et tout ça dans un lieu bruyant, en étant dérangé en permanence, sans sa bibliothèque, ses outils de travail.

+1
L'un des avantages du métier, pour moi, est de pouvoir travailler quand je veux. Je n'arrive pas à préparer mes cours sur place, alors que j'ai beaucoup d'heures de trou.

C'était en toute lettres dans le rapport Descoings...mais la roue de la fortune a tournée, on a déjà oublié la mémoire de ce monsieur.
De quel point en particulier parles-tu ? Il semble en effet que la damnatio memoriae ait frappé ce regretté penseur (de mortuis nihil nisi bonum ), mais le courant de pensée reflétant ses lubies ne l'a pas accompagné dans le Styx...

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VinZT
Expert spécialisé

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par VinZT le Sam 17 Déc 2016 - 15:32
@Balthazaard a écrit:
C'était en toute lettres dans le rapport Descoings...mais la roue de la fortune a tournée, on a déjà oublié la mémoire de ce monsieur.

Le rapport Descoings a compté pour des prunes …

:plusla:

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évolutions
Niveau 6

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par évolutions le Sam 17 Déc 2016 - 15:37
@Zagara a écrit:C'est une idée très idiote de vouloir faire du 45h par semaine pour dégager 4 mois. Cette brisure de rythme pourrirait la santé et le moral des personnels et les transformerait en prolétaires. Meilleur moyen pour faire fuir les bons et les gens qui veulent vivre au delà de 70 ans (parce que oui, le stress et les semaines de plus de 40h tuent physiquement) : tout job dans le privé proposera un rythme moins destructeur (35 à 40h répartis sur 10 mois), alors, à ce compte-là, pourquoi rester enseignant dans le public ?

C'est pourtant ce que font déjà les enseignants puisque les obligations de service imposent environ 36 semaines de cours par an et que, lors de ces semaines, les enseignants travaillent déjà plus ou moins 45 heures : travail devant les élèves et travail invisible : préparations, corrections, évaluations, réunions, formation continue, etc. Les 16 semaines qui restent sont libres et les vacances qui commencent aujourd'hui en font partie.

Le défi qui doit s'imposer aujourd'hui est de faire intégrer par l'opinion publique le travail invisible. Il faut commencer par rabaisser le caquet des candidats à l'élection présidentielle en leur faisant ravaler leurs mensonges honteux sur le temps de travail des enseignants. N'est-ce pas le travail des journalistes bien informés ou des syndicats ?

Je ne suis pas contre une certaine rationalisation du temps de travail des enseignants. Est-il possible qu'en France, on puisse bénéficier des travaux de recherche en éducation et donner des ficelles pour faire gagner du temps ? Dans les évaluations internationales des performances des élèves, il y a sans doute des leçons à tirer des pays qui sont très performants. Des leçons sont à tirer également des études comparatives non biaisées comme pour TIMSS ou PISA où le ministère de l'éducation nationale tente de justifier ses choix alors que la France est médiocre, voire franchement mauvaise.
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bruno09
Niveau 10

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par bruno09 le Sam 17 Déc 2016 - 16:25
@Jenny a écrit:
@Lefteris a écrit:Parfaitement irréaliste.Maintenir les enseignants prisonniers de leur établissement ne serait qu'une brimade, une manière de les humilier et de leur montrer qu'ils ne sont plus des fonctionnaires de conception mais d'exécution. Comment travailler sereinement, réfléchir,  lire, sur commande, dans des trous entre deux cours, à saute-moutons sans rien faire de suivi, épuisé, avec  parfois mal à la tête tant la présence en classe demande de tension ? Et tout ça dans un lieu bruyant, en étant dérangé en permanence, sans sa bibliothèque, ses outils de travail.

+1
L'un des avantages du métier, pour moi, est de pouvoir travailler quand je veux. Je n'arrive pas à préparer mes cours sur place, alors que j'ai beaucoup d'heures de trou.

Une des phrases les plus entendues en salle des profs est "Bien! Je travaillerai seulement ici pendant l'horaire légal et je ne travaillerai plus chez moi. Ils vont le sentir passer!
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wanax
Fidèle du forum

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par wanax le Sam 17 Déc 2016 - 16:33
Pareil, mais à un détail près ( en ce qui me concerne. )
"Bien! Je travaillerai ferai acte de présence seulement ici pendant l'horaire légal et je ne travaillerai plus chez moi.
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Zagara
Grand Maître

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par Zagara le Sam 17 Déc 2016 - 16:51
@Jenny a écrit:
@Zagara a écrit:tout job dans le privé proposera un rythme moins destructeur (35 à 40h répartis sur 10 mois), alors, à ce compte-là, pourquoi rester enseignant dans le public ?

Il n'y a pas deux mois de vacances dans le privé.

Alors prenons l'exemple d'un ami qui est à 36h40 :
- 5 semaines de congé payé
- 9 à 10 RTT par an soit 2 semaines ouvrées
= 1 mois et 3 semaines

C'est vrai, il manque 1 semaine pour faire 2 mois ; mais mon estimation était fonctionnellement correcte. Wink
Le privé est plus confortable que ce qu'on pourrait croire...
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mathmax
Neoprof expérimenté

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par mathmax le Sam 17 Déc 2016 - 17:02
Tu as oublié 3 jours de fractionnement, et 8 à 11 jours férié par an (si on peut placer des vacance une semaine où un jour est férié, cette semaine ne consomme que 4 jours de congé au lieu de 5).

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« Les machines un jour pourront résoudre tous les problèmes, mais jamais aucune d'entre elles ne pourra en poser un !  »
    Albert Einstein
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Zagara
Grand Maître

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par Zagara le Sam 17 Déc 2016 - 17:16
Oui si on compte plus précisément on parvient assez rapidement aux 2 mois de congé.
Tout ça pour dire que si le projet c'est de faire bosser les enseignants 45h par semaine avec 3 ou 4 mois de pause, faut se préparer à la fuite de cerveaux et à l'écroulement des effectifs. La comparaison des vies quotidiennes est facile à faire.
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Ponocrates
Habitué du forum

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par Ponocrates le Sam 17 Déc 2016 - 17:23
@Jenny a écrit:
@Zagara a écrit:tout job dans le privé proposera un rythme moins destructeur (35 à 40h répartis sur 10 mois), alors, à ce compte-là, pourquoi rester enseignant dans le public ?

Il n'y a pas deux mois de vacances dans le privé.
A ceci près que beaucoup consacrent une partie de leurs vacances à corriger des copies ou préparer des cours. A ceci près que certains profitent de leur temps libre pour se former.
A ceci près que le bac ne nous libère que vers le 10 juillet.
A ceci près -comme dit précédemment- que le 24 décembre,le 1er de l'an, le 14 juillet et le 15 août sont toujours dans nos vacances obligatoires - ainsi que , régulièrement, la Toussaint, le lundi de pâques, le 1er et le 8 mai.
Mais je ne m'inquiète guère, le prochain gouvernement saura rendre les conditions du privé suffisamment exécrables pour que l'on nous regarde encore comme des privilégiés et que l'on se réjouisse de la mise à mort de notre statut.

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"If you think education is too expensive, try ignorance ! "/ "As-tu donc oublié que ton libérateur,
C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur;
Il luit; parce qu'il brille et qu'il les illumine,
Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine
Il parle, plus d'esclave et plus de paria"
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Lefteris
Empereur

Re: Rapport du Sénat : Hausse inquiétante des démissions de professeurs, notamment de stagiaires.

par Lefteris le Sam 17 Déc 2016 - 17:43
Il faut compter en nombre de jours ouvrables , pas en semaines. Ca change tout.
Comparons entre fonctionnaires , sans aller jusqu'au privé.

Dans mon ancienne administration, j'avais 5 semaines soit  25 jours ouvrables, 24 jours de RTT (dont quatre payables, au choix), car il était impossible d'organiser les services en amputant une demi-journée, donc les horaires théoriques restaient à 39 ou 40 heures. Ce qui montait à 45 - 49 jours. Plus les jours fériés, variables  selon les années, mais qui  tombent pendant les vacances scolaires et évitent de poser une journée. En comptant un minimum de  5 à 6  jours parce que certains tombent le dimanche, on est déjà à minimum 50-55 jours, soit 10 à 11 semaines. 3 jours de fractionnement si plus de 8 jours ouvrables non pris avant le 31/10. on est déjà proche des 60 jours.
Pour peu que l'on aie des récupérations pour des dépassements, des services de WE,(même sous évalués, personne ne fait de cadeaux)  on dépasse souvent 70 jours  , soit  une douzaine de semaines, bien tassée. Actuellement, même les "sédentaires" peuvent avoir un CET et augmenter leur capital congé en raccourcissant leur pause de midi, en allongeant une ou deux soirées par-ci par -là pour finir un boulot.

Dans l'EN , on a quinze à seize semaines selon que l'on est correcteur ou non,  soit 75 à 80 jours , mais il faut enlever les jours fériés, ce qui ramène à 70 jours et  réduit déjà nettement le différentiel . Et on bosse en vacances.

J'ai connu les deux systèmes, avec certaines années à 12-13 semaines de congés (en cumulant récupérations RTT et CA) donc je peux objectivement dresser un tableau pur et contre.
Avantages dans le système FP non EN : de vraies vacances, la possibilité de partir hors-saison moitié voire deux- tiers moins cher (et tranquille) d'être disponible pour sa famille éloignée en prenant des jours.
Inconvénients : maximum 31 jours consécutifs l'été, et souvent obligation de fractionner dans l'intérêt du service. Négociation avec ses collègues pour chaque départ, surtout sur les vacances scolaires, pour ne pas dégarnir les services. Impossibilité de tout prendre certaines années.

Avantages dans le système EN : prévisibilité des congés, pas besoin de négocier, possibilité de  s'organiser.
Inconvénients : dates fixes, difficultés familiales selon zonage (pour ceux qui sont éloignés) , travail personnel qui réduit de fait les vraies "vacances".

En tout cas, sous l'angle  de la quantité de jours , ça se rapproche de plus en plus.
Mais attention ! Si la RTT est abrogée, les fonctionnaires passeront à 39 heures sans compensation, ça va leur faire mal aussi. De même, d'après les infos que j'ai, ça pinaille pour la moindre récupération, on sous-compte les services supplémentaires, la tendance est à compter une heure pour une heure, sans bonifier les WE,la nuit...

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"La réforme [...] c'est un ensemble de décrets qui s'emboîtent les uns dans les autres, qui ne prennent leur sens que quand on les voit tous ensemble".
(F. Robine , penseure moderne,  dans son cours sur sa réforme, expliquant comment le piège s'est progressivement mis en place depuis 2013, par la stratégie du puzzle).

« Tant qu’il y aura des hommes qui n’obéiront pas à leur raison seule, le genre humain restera partagé en deux classes : celles des hommes qui raisonnent et celles des hommes qui croient, celle des maîtres et celle des esclaves ».Condorcet (autre penseur, mais ancien et périmé)
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