Pourquoi l'absentéisme des enseignants n'est pas une fable (Le Figaro)

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Re: Pourquoi l'absentéisme des enseignants n'est pas une fable (Le Figaro)

Message par Osmie le Sam 7 Jan 2017 - 19:10

@Beniamino Massimo a écrit:Inutile, à notre tour, d'y aller trop fort sur « les journalistes » dans leur ensemble, surtout à partir d'un article signé par un « fonctionnaire ». Ce tissu d'âneries ne représente même pas Le Figaro (cf. article sur les absences cité par Loys plus haut), même si l'auteur a dû bénéficier de complicités au sein de l'équipe FigaroVox pour le publier — je parie qu'il a été relu par au moins deux personnes à en juger par la façon dont il rédige ses commentaires. La plupart des journalistes ne demandent qu'à comprendre ce qui arrive à la profession, on le voit assez nettement en ce moment. Le problème est que la moindre approximation est particulièrement visible dans leur métier.

Sans taper sur les journalistes, il est bon de garder en tête que presque toute la presse française appartient à une poignée de milliardaires, et comme "qui paie l'orchestre choisit la musique", on n'est pas surpris que les journalistes payés par des milliardaires (Dassault, Arnault, Lagardère, Niel, Pigasse, etc.) tapent sur la FP. Tout en se prétendant libres dans leurs propos, évidemment.

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Re: Pourquoi l'absentéisme des enseignants n'est pas une fable (Le Figaro)

Message par Beniamino Massimo le Dim 8 Jan 2017 - 21:41

@Osmie a écrit:
@Beniamino Massimo a écrit:Inutile, à notre tour, d'y aller trop fort sur « les journalistes » dans leur ensemble, surtout à partir d'un article signé par un « fonctionnaire ». Ce tissu d'âneries ne représente même pas Le Figaro (cf. article sur les absences cité par Loys plus haut), même si l'auteur a dû bénéficier de complicités au sein de l'équipe FigaroVox pour le publier — je parie qu'il a été relu par au moins deux personnes à en juger par la façon dont il rédige ses commentaires. La plupart des journalistes ne demandent qu'à comprendre ce qui arrive à la profession, on le voit assez nettement en ce moment. Le problème est que la moindre approximation est particulièrement visible dans leur métier.

Sans taper sur les journalistes, il est bon de garder en tête que presque toute la presse française appartient à une poignée de milliardaires, et comme "qui paie l'orchestre choisit la musique", on n'est pas surpris que les journalistes payés par des milliardaires (Dassault, Arnault, Lagardère, Niel, Pigasse, etc.) tapent sur la FP. Tout en se prétendant libres dans leurs propos, évidemment.
C'est pourtant ce qui arrive assez régulièrement sur ce forum, d'une manière parfois très peu nuancée. Des enseignants qui demandent à ne pas être caricaturés en masse font plus ou moins subir le même traitement aux journalistes, sans se rendre compte qu'ils donnent dans une forme de conspirationnisme assez primitif. Il va falloir être plus précis que « les journalistes payés par des milliardaires tapent sur la FP », parce que, même si je comprends ce que vous voulez dire, les contre-exemples abondent et on donne le bâton pour se faire battre en dénonçant aussi grossièrement « les médias à la botte ». Comment expliquez-vous la série des Décodeurs consacrée aux idées reçues sur les fonctionnaires, très visible sur le site du Monde pourtant détenu en partie par Niel et Pigasse ? C'est un exemple parmi bien d'autres.

L'auteur de cet article ridicule est un illustre inconnu dont on ne connaît même pas les liens exacts avec FigaroVox : on peut soupçonner une complaisance de la part de l'équipe mais, par précaution, inutile de généraliser hâtivement, jugeons sur pièce. L'importance de ce Constant m'échappe.

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Re: Pourquoi l'absentéisme des enseignants n'est pas une fable (Le Figaro)

Message par Zagara le Dim 8 Jan 2017 - 22:17

Pour le journalisme, c'est aussi l'organisation devenue sauvage du travail qui abaisse la qualité de la production. Pigistes payés au lance-pierre, temps de moins de 4h pour produire un reportage ou un article, précaires quand embauchés, management d'une main de fer dans un gant d'acier, etc. Surnageant au dessus de la masse des pigistes pallaissons, les petits marquis éditorialistes et super-journalistes qui roulent sur l'or et sont en état de conflit d'intérêts maximal (sont payés par, mangent, dorment, se marient avec les grands acteurs publics, que ce soient des admins, des politiques ou des patrons). Cocktail de précarité et de mondanité qui crée un écosystème médiatique bon à mettre aux ordures.
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Re: Pourquoi l'absentéisme des enseignants n'est pas une fable (Le Figaro)

Message par Ponocrates le Dim 8 Jan 2017 - 22:32

@Beniamino Massimo a écrit:
C'est pourtant ce qui arrive assez régulièrement sur ce forum, d'une manière parfois très peu nuancée. Des enseignants qui demandent à ne pas être caricaturés en masse font plus ou moins subir le même traitement aux journalistes, sans se rendre compte qu'ils donnent dans une forme de conspirationnisme assez primitif. Il va falloir être plus précis que « les journalistes payés par des milliardaires tapent sur la FP »,
Quand Rikki, sur le fil des démissions des enseignants, raconte comment le "reportage" auquel elle a prêté son témoignage s'est déroulé, cela rejoint les expériences que j'ai pu avoir quand il m'est arrivé de croiser des journalistes - de ma génération, je le précise, éduqués, avec une bonne culture générale - dans le cadre amical. On leur demande de s'improviser experts en tout et n'importe quoi: soit ils prennent le chemin de la rhétorique et posent des questions sans s'intéresser au contenu de la réponse, pour rebondir sur un mot, soit ils partent des préjugés, des réponses toutes faites pour construire leur discours. Oui, parce qu'ils avaient déjà leur idée et un discours tout prêt, qu'ils connaissaient déjà mon métier, sans l'avoir pratiqué ni avoir jamais fait de recherches dessus. Dois-je préciser que ce n'est pas moi qui avais lancé la discussion sur mon fascinant gagne-pain ma vocation désintéressée ? Rolling Eyes
Je peux ne pas avoir eu de chance, être tombée sur de mauvais journalistes, mais les deux étaient passionnés par leur métier...
Le vrai journaliste -celui qui sait qu'il ne sait pas et qui veut découvrir et faire découvrir- est une espèce en voie de disparition. Je ne dis pas qu'il n'existe plus mais j'attends encore d'en voir un(e) à l'oeuvre à une heure de grande écoute...

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Re: Pourquoi l'absentéisme des enseignants n'est pas une fable (Le Figaro)

Message par Osmie le Dim 8 Jan 2017 - 22:45

@Beniamino Massimo a écrit:
@Osmie a écrit:
@Beniamino Massimo a écrit:Inutile, à notre tour, d'y aller trop fort sur « les journalistes » dans leur ensemble, surtout à partir d'un article signé par un « fonctionnaire ». Ce tissu d'âneries ne représente même pas Le Figaro (cf. article sur les absences cité par Loys plus haut), même si l'auteur a dû bénéficier de complicités au sein de l'équipe FigaroVox pour le publier — je parie qu'il a été relu par au moins deux personnes à en juger par la façon dont il rédige ses commentaires. La plupart des journalistes ne demandent qu'à comprendre ce qui arrive à la profession, on le voit assez nettement en ce moment. Le problème est que la moindre approximation est particulièrement visible dans leur métier.

Sans taper sur les journalistes, il est bon de garder en tête que presque toute la presse française appartient à une poignée de milliardaires, et comme "qui paie l'orchestre choisit la musique", on n'est pas surpris que les journalistes payés par des milliardaires (Dassault, Arnault, Lagardère, Niel, Pigasse, etc.) tapent sur la FP. Tout en se prétendant libres dans leurs propos, évidemment.
C'est pourtant ce qui arrive assez régulièrement sur ce forum, d'une manière parfois très peu nuancée. Des enseignants qui demandent à ne pas être caricaturés en masse font plus ou moins subir le même traitement aux journalistes, sans se rendre compte qu'ils donnent dans une forme de conspirationnisme assez primitif. Il va falloir être plus précis que « les journalistes payés par des milliardaires tapent sur la FP », parce que, même si je comprends ce que vous voulez dire, les contre-exemples abondent et on donne le bâton pour se faire battre en dénonçant aussi grossièrement « les médias à la botte ». Comment expliquez-vous la série des Décodeurs consacrée aux idées reçues sur les fonctionnaires, très visible sur le site du Monde pourtant détenu en partie par Niel et Pigasse ? C'est un exemple parmi bien d'autres.

L'auteur de cet article ridicule est un illustre inconnu dont on ne connaît même pas les liens exacts avec FigaroVox : on peut soupçonner une complaisance de la part de l'équipe mais, par précaution, inutile de généraliser hâtivement, jugeons sur pièce. L'importance de ce Constant m'échappe.

J'écris qu'il ne faut pas s'attendre à une parole objective sur la FP dans les journaux dirigés par des milliardaires et arrosés par les subventions publiques ; ils servent les intérêts de ceux à qui ils appartiennent, et ils ont été acquis par eux à cette fin. Hervé Kempf a quitté le Monde parce que ses articles très critiques sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes étaient refusés à la publication, par exemple. Quand j'ai les Dernières nouvelles d'Alsace entre les mains, je garde à l'esprit que le journal appartient au Crédit mutuel, et quand j'entends D.Seux, je n'oublie pas qu'il est payé par B. Arnault pour lequel il écrit dans les Echos et qu'il sert au quotidien sur FI quelques minutes de propagande libérale. Et comme le demande F.Ruffin, qui lui finance son journal Fakir par les abonnements, on attend avec impatience que FI accorde le même temps de parole pour une propagande de gauche, pourquoi pas à Ruffin ou à Lordon.
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Re: Pourquoi l'absentéisme des enseignants n'est pas une fable (Le Figaro)

Message par Beniamino Massimo le Dim 8 Jan 2017 - 22:52

@Ponocrates a écrit:
@Beniamino Massimo a écrit:
C'est pourtant ce qui arrive assez régulièrement sur ce forum, d'une manière parfois très peu nuancée. Des enseignants qui demandent à ne pas être caricaturés en masse font plus ou moins subir le même traitement aux journalistes, sans se rendre compte qu'ils donnent dans une forme de conspirationnisme assez primitif. Il va falloir être plus précis que « les journalistes payés par des milliardaires tapent sur la FP »,
Quand Rikki, sur le fil des démissions des enseignants, raconte comment le "reportage" auquel elle a prêté son témoignage s'est déroulé, cela rejoint les expériences que j'ai pu avoir  quand il m'est arrivé de croiser des journalistes - de ma génération, je le précise, éduqués, avec une bonne culture générale - dans le cadre amical. On leur demande de s'improviser experts en tout et n'importe quoi: soit ils prennent le chemin de la rhétorique et posent des questions sans s'intéresser au contenu de la réponse, pour rebondir sur un mot, soit ils partent des préjugés, des réponses toutes faites pour construire leur discours. Oui, parce qu'ils avaient déjà leur idée et un discours tout prêt, qu'ils connaissaient déjà mon métier, sans l'avoir pratiqué ni avoir jamais fait de recherches dessus. Dois-je préciser que ce n'est pas moi qui avais lancé la discussion sur mon fascinant gagne-pain ma vocation désintéressée ? Rolling Eyes
Je peux ne pas avoir eu de chance, être tombée sur de mauvais journalistes, mais les deux étaient passionnés par leur métier...
Le vrai journaliste -celui qui sait qu'il ne sait pas et qui veut découvrir et faire découvrir- est une espèce en voie de disparition. Je ne dis pas qu'il n'existe plus mais j'attends encore d'en voir un(e) à l'oeuvre à une heure de grande écoute...

J'ai écouté Rikki sur RTL et d'autres témoignages ces dernières semaines. J'ai bien compris les reproches qui ont été faits à la façon dont le sujet a été traité et je suis entièrement d'accord. Je parle d'un constat plus général, d'une tendance assez marquée à mettre tous les journalistes dans le même panier. Quand bien même les « vrais journalistes » ne seraient qu'une minorité, ce qui reste à prouver autrement que par des expériences personnelles (assez édifiantes, en effet), on ne peut pas se permettre une seconde de donner dans le « on est des incompris, des mal-aimés ». J'écoute France Info, France Inter et Europe 1 toutes les semaines à différents moments de la journée, et je n'ai pas grand chose à redire au traitement que ces radios ont fait du rapport du sénat sur les démissions de professeurs, pour ne prendre que l'exemple le plus récent. Pour France Info au moins, les journalistes ont rappelé les difficultés les plus criantes du métier et n'ont pas donné l'impression de caricaturer le problème.

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Re: Pourquoi l'absentéisme des enseignants n'est pas une fable (Le Figaro)

Message par benjy_star le Dim 8 Jan 2017 - 22:58

@Beniamino Massimo a écrit:
C'est pourtant ce qui arrive assez régulièrement sur ce forum, d'une manière parfois très peu nuancée. Des enseignants qui demandent à ne pas être caricaturés en masse font plus ou moins subir le même traitement aux journalistes, sans se rendre compte qu'ils donnent dans une forme de conspirationnisme assez primitif.
Avec une différence importante. Ici, on est sur un forum, on est pas un média lu comme ceux des journalistes, qui eux, sont censés être payés pour donner des informations objectives et honnêtes. Nous, on est payés pour enseigner.

Bref, y a une grande différence de déontologie, et d'ampleur, c'est loin d'être anecdotique !

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Re: Pourquoi l'absentéisme des enseignants n'est pas une fable (Le Figaro)

Message par Beniamino Massimo le Dim 8 Jan 2017 - 23:08

@benjy_star a écrit:
@Beniamino Massimo a écrit:
C'est pourtant ce qui arrive assez régulièrement sur ce forum, d'une manière parfois très peu nuancée. Des enseignants qui demandent à ne pas être caricaturés en masse font plus ou moins subir le même traitement aux journalistes, sans se rendre compte qu'ils donnent dans une forme de conspirationnisme assez primitif.
Avec une différence importante. Ici, on est sur un forum, on est pas un média lu comme ceux des journalistes, qui eux, sont censés être payés pour donner des informations objectives et honnêtes. Nous, on est payés pour enseigner.

Bref, y a une grande différence de déontologie, et d'ampleur, c'est loin d'être anecdotique !
1. Une bonne partie de ce forum est en accès public ; nous nous exprimons ici parce que nous sommes enseignants ou personnels de l'ÉN et notre parole est susceptible d'être analysée en tant que telle à l'extérieur (cf. propos rapportés sur Twitter lors de certaines controverses)
2. Même sans cela, je parle avant tout de l'honnêteté à avoir vis-à-vis de nous-mêmes : un peu de cohérence personnelle ne nuit pas, quel que soit le métier que l'on exerce et ce pour quoi nous sommes payés. Cela dit, bien sûr qu'il y a une différence de déontologie.

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Re: Pourquoi l'absentéisme des enseignants n'est pas une fable (Le Figaro)

Message par PauvreYorick le Dim 8 Jan 2017 - 23:20

Et si l'effort de bienveillance, de justice, d'objectivité et de cohérence aboutit à un constat objectivement, cohéremment, justement et bienveillamment désastreux pour ladite profession, on aura au moins essayé Smile

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Re: Pourquoi l'absentéisme des enseignants n'est pas une fable (Le Figaro)

Message par benjy_star le Lun 9 Jan 2017 - 7:23

@Beniamino Massimo a écrit:
1. Une bonne partie de ce forum est en accès public ; nous nous exprimons ici parce que nous sommes enseignants ou personnels de l'ÉN et notre parole est susceptible d'être analysée en tant que telle à l'extérieur (cf. propos rapportés sur Twitter lors de certaines controverses)
2. Même sans cela, je parle avant tout de l'honnêteté à avoir vis-à-vis de nous-mêmes : un peu de cohérence personnelle ne nuit pas, quel que soit le métier que l'on exerce et ce pour quoi nous sommes payés. Cela dit, bien sûr qu'il y a une différence de déontologie.

1. Soyons sérieux, tu ne peux pas comparer le "rayonnement" du Figaro, par exemple, à ce forum. L'influence sur l'opinion publique est incomparable !
2. Là, c'est autre chose, et je suis d'accord avec toi. En même temps, faire dans le demi-mesure quand on le fait pas avec nous, c'est un peu le pot de fer contre le pot de terre.

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Re: Pourquoi l'absentéisme des enseignants n'est pas une fable (Le Figaro)

Message par Awott le Lun 9 Jan 2017 - 9:26

@Zagara a écrit:Cocktail de précarité et de mondanité qui crée un écosystème médiatique bon à mettre aux ordures.

Et le format des formations ( la valeur d'une école étant déterminé par sa capacité à caser leurs élèves dans les grands média ).
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Re: Pourquoi l'absentéisme des enseignants n'est pas une fable (Le Figaro)

Message par Beniamino Massimo le Lun 9 Jan 2017 - 11:00

@benjy_star a écrit:
@Beniamino Massimo a écrit:
1. Une bonne partie de ce forum est en accès public ; nous nous exprimons ici parce que nous sommes enseignants ou personnels de l'ÉN et notre parole est susceptible d'être analysée en tant que telle à l'extérieur (cf. propos rapportés sur Twitter lors de certaines controverses)
2. Même sans cela, je parle avant tout de l'honnêteté à avoir vis-à-vis de nous-mêmes : un peu de cohérence personnelle ne nuit pas, quel que soit le métier que l'on exerce et ce pour quoi nous sommes payés. Cela dit, bien sûr qu'il y a une différence de déontologie.

1. Soyons sérieux, tu ne peux pas comparer le "rayonnement" du Figaro, par exemple, à ce forum. L'influence sur l'opinion publique est incomparable !
Je ne «compare» pas (au sens de mettre sur un pied d'égalité) le rayonnement d'un journal national à ce forum... Je dis que quelle que soit la portée de nos propos, s'il y a la moindre chance qu'ils soient repris sérieusement en dehors de la bulle Neoprofs (par exemple, abusivement, comme représentatifs de l'opinion de l'enseignant moyen), quelques précautions s'imposent. Par exemple, en évitant de confondre l'édito d'un journal national avec la «tribune» du premier gugusse qui passe (on a parfois droit à la même confusion avec les contributions personnelles sur le site de L'Obs). Mais si tu veux me faire dire qu'un torchon pareil dans Le Figaro est bien plus grave que tout ce qu'on peut écrire d'infondé sur ce forum, nous serons d'accord ; il y a simplement des évidences qu'on ne prend pas toujours le temps de rappeler.

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Re: Pourquoi l'absentéisme des enseignants n'est pas une fable (Le Figaro)

Message par archeboc le Lun 9 Jan 2017 - 12:29

@Beniamino Massimo a écrit:Comment expliquez-vous la série des Décodeurs consacrée aux idées reçues sur les fonctionnaires, très visible sur le site du Monde pourtant détenu en partie par Niel et Pigasse ? C'est un exemple parmi bien d'autres.

Je suis un des derniers à cracher sur les journalistes. Je pense qu'il font un métier tout aussi difficile que celui d'enseignant, et qui subit un discrédit, qui s'il est plus récent, n'en est pas moins fort. Mais s'il y a une facette du métier de journaliste que je me permets de critiquer, c'est bien ce format des décodeurs. Il n'y figure pas un seul droit de réponse, ce sont les journalistes qui choisissent leur angle d'attaque, décodant parfois autre chose que ce que le politique attaqué a dit, la brièveté du format les confit dans le superficiel et l'approximation, quand ce n'est pas simplement dans l'erreur, et si l'exercice passe pour du journaliste factuel, sa visibilité éditoriale le conduit parfois, par le jeu des connotations, à distribuer des mauvais points d'une manière puérile, sans aller au fond des choses.

Les décodeurs, sur le papier, c'est très beau, mais je ne suis pas convaincu par ce que j'en vois.

_________________
Pour des raisons de commodité nous utilisons dans nos analyses un classement des élèves en « bons », « moyens » et « faibles » qui n'est valable qu'à l'intérieur de chaque classe ou dans des classes de même type. En fait, les élèves que nous appelons « bons » sont plutôt des élèves moyens, les « moyens » des élèves plutôt faibles et les « faibles » des élèves en grande difficulté.
van Zanten Agnès. Le quartier ou l'école ? Déviance et sociabilité adolescente dans un collège de banlieue . In: Déviance et société. 2000 - Vol. 24 - N°4. Les désordres urbains : regards sociologiques. pp. 377-401. note 3



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Re: Pourquoi l'absentéisme des enseignants n'est pas une fable (Le Figaro)

Message par Beniamino Massimo le Lun 9 Jan 2017 - 12:46

@archeboc a écrit:
@Beniamino Massimo a écrit:Comment expliquez-vous la série des Décodeurs consacrée aux idées reçues sur les fonctionnaires, très visible sur le site du Monde pourtant détenu en partie par Niel et Pigasse ? C'est un exemple parmi bien d'autres.

Je suis un des derniers à cracher sur les journalistes. Je pense qu'il font un métier tout aussi difficile que celui d'enseignant, et qui subit un discrédit, qui s'il est plus récent, n'en est pas moins fort. Mais s'il y a une facette du métier de journaliste que je me permets de critiquer, c'est bien ce format des décodeurs. Il n'y figure pas un seul droit de réponse, ce sont les journalistes qui choisissent leur angle d'attaque, décodant parfois autre chose que ce que le politique attaqué a dit, la brièveté du format les confit dans le superficiel et l'approximation, quand ce n'est pas simplement dans l'erreur, et si l'exercice passe pour du journaliste factuel, sa visibilité éditoriale le conduit parfois, par le jeu des connotations, à distribuer des mauvais points d'une manière puérile, sans aller au fond des choses.

Les décodeurs, sur le papier, c'est très beau, mais je ne suis pas convaincu par ce que j'en vois.
Je suis dans l'ensemble d'accord avec vous. Je n'ai pas parlé de la qualité du travail des Décodeurs, j'ai simplement remarqué qu'ils avaient le mérite d'exister et que, superficiels ou non, ils sont un contre-exemple assez flagrant au « les journalistes payés par des milliardaires tapent sur la FP ».

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Re: Pourquoi l'absentéisme des enseignants n'est pas une fable (Le Figaro)

Message par Rendash le Mar 10 Jan 2017 - 5:26

@jésus a écrit:Bon, C'est hallucinant.
Tout est lié. Si des élèves sont sans prof, c'est aussi parce qu'il y a de plus en plus de démissions, aussi parce que des postes sont non-pourvus aux concours. Quantité de stagiaires craquent et font des burn-out.

Aussi parce que les services de remplacements du rectorat font leur travail de manière étrange. ( cf le topic des remplaçants qui sont rayés des listes parce qu'ils refusent un poste qui ne correspond pas à leurs voeux. Des CDE ou des directeurs qui ne s'accordent pas pour rendre compatibles des heures de cours entre plusieurs établissements.) Des TZR qui restent sans affectation. Des remplaçants qui n'ont même pas les moyens de se rendre sur leur poste. Des enseignants sans permis envoyés à Perpète les Oies sans transport en commun. Et j'en passe.

Déjà ramener toutes les absences de prof à de véritables absences ne tient pas.


Je ne vois pas bien le rapport entre ce que j'ai graissé et le sujet. Il n'y a pas un problème de gestion des effectifs lorsqu'un TZR se retrouve sans affectation : c'est inhérent au système de remplacement, et c'est ce qui permet d'avoir un pool de professeurs pour remplacer les absences de courte durée.

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"Ce serait un bien bel homme s’il n’était pas laid ; il est grand, bâti en Hercule, mais a un teint africain ; des yeux vifs, pleins d’esprit à la vérité, mais qui annoncent toujours la susceptibilité, l’inquiétude ou la rancune, lui donnent un peu l’air féroce, plus facile à être mis en colère qu’en gaieté. Il rit peu, mais il fait rire. [...] Il est sensible et reconnaissant ; mais pour peu qu’on lui déplaise, il est méchant, hargneux et détestable."
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Re: Pourquoi l'absentéisme des enseignants n'est pas une fable (Le Figaro)

Message par jésus le Mar 10 Jan 2017 - 9:15

??? Je ne comprends pas. En Allant sur le fil des remplaçants, tu verras que les contractuels sont contactés en premier car ils ont le choix et ls TZR prennent ce qu'ils restent, car les contractuels ont le choix ( visiblement ce n'est pas le cas partout) Les contractuels bossent et des TZR restent chez eux.

De plus, des classes restent sans prof, car ( comme ça m'est arrivé et cela arrive encore dans l'académie de Lyon) on préfère rayer des listes des remplaçants par autoritarisme, parce qu'on a refusé un remplacement . Et in fine, les bureau des remplacements n'a plus personne à proposer. Bref, on joue à la politique de la chaise vide devant les élèves, consciemment. Alors que beaucoup sont contractuels pour justement avoir le choix. Chaque académie a sa non politique de RH, visiblement.

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Re: Pourquoi l'absentéisme des enseignants n'est pas une fable (Le Figaro)

Message par Rendash le Mar 10 Jan 2017 - 10:02

@jésus a écrit:??? Je ne comprends pas. En Allant sur le fil des remplaçants, tu verras que les contractuels sont contactés en premier car ils ont le choix et ls TZR prennent ce qu'ils restent, car les contractuels ont le choix ( visiblement ce n'est pas le cas partout) Les contractuels bossent et des TZR restent chez eux.

De plus, des classes restent sans prof, car ( comme ça m'est arrivé et cela arrive encore dans l'académie de Lyon) on préfère rayer des listes des remplaçants par autoritarisme, parce qu'on a refusé un remplacement . Et in fine, les bureau des remplacements n'a plus personne à proposer. Bref, on joue à la politique de la chaise vide devant les élèves, consciemment. Alors que beaucoup sont contractuels pour justement avoir le choix. Chaque académie a sa non politique de RH, visiblement.

Que des TZR n'aient pas d'affectation à un instant t n'a rien d'aberrant, pas plus que le fait qu'un contractuel jugé insuffisant ne soit pas rappelé (des exemples au hasard : un contractuel de philosophie incapable d'aligner trois lignes sans faute d'orthographe ou de raisonnement, ou un contractuel de maths obligé de compter sur ses doigts comme un vulgaire professeur d'histoire, sont généralement moins victimes d'un supposé "autoritarisme" que de leur insuffisance). Une "politique de la chaise vide", ou, plus précisément, préférer l'absence à l'insuffisance, serait bien une nouveauté dans notre système, et, à tout prendre, préférable car plus honnête. C'est le manque de TZR disponibles pour effectuer des remplacements qui conduit à l'usage massif de contractuels ; et par "disponibles", il faut entendre "sans affectation" au moment où le besoin se fait sentir.

Cela dit, pour des raisons stratégiques, on expédie effectivement les TZR dans les zones déficitaires, tandis qu'à Lyon on compte sur un vivier de contractuels plus important que dans l'Ain ou la Loire. C'est assez logique, mais ça n'explique toujours pas en quoi le fait qu'un TZR se retrouve, de façon ponctuelle, sans affectation, serait une aberration. L'aberration, c'est qu'un TZR refuse une affectation et se voie proposer autre chose : ça, c'est la liberté du contractuel, en effet, qui est le corollaire de sa précarité. Vouloir le beurre et l'argent du beurre n'est honnête ni dans un sens, ni dans l'autre ; mais il ne s'agissait pas de ça.

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