Le cloisonnement : autorisé ?

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par Aëmiel le Dim 2 Aoû 2009 - 16:31

@Thalie a écrit:mais j'hésite à cloisonner ma semaine car je ne me sentirai pas vraiment libre. Faire une séance de grammaire tous les lundis cela me semble très rigide.
Merci pour les précisions.
J'ai cloisonné ma semaine (en plus du cahier et des mes progressions) pour la première fois cette semaine, et j'ai eu l'impression exactement du contraire : une plus grande liberté. En vrac :
- pour moi, d'abord : c'est très confortable de savoir exactement comment vont se dérouler les semaines, et j'ai eu l'impression d'avoir bp plus de temps pour tout, de ne pas courir entre la langue, l'orth, les textes, ...
- pour les élèves, très pratique : ils savent exactement quels livres/manuels amener à chaque fois, et surtout, les exercices sont donnés d'une semaine sur l'autre : plus aucune excuse pour ne pas les faire
- pour les apprentissages : je détestais saupoudrer 2h de grammaire par ci, 2h d'orth par là, sans réel suivi. Là, c'est cohérent, suivi. L'inquiétude le plus souvent soulevée par les collègues, c'est : oui, mais ils n'ont pas tout oublié d'une semaine sur l'autre ? Non, justement, parce qu'on en fait TOUS les lundis, on rabâche bp plus qu'avec la méthode sapoudrage. Les élèves ne s'y perdent pas. Ca me permet de faire la leçon en plusiuers étapes. Franchement, pour rien au monde je ne reviendrais en arrière. Et je jure que mes élèves ont progressé de façon hallucinante en grammaire et en conjugaison avec cette méthode (pas en orth, c'est un de mes soucis, je dois revoir ma façon de faire). J'ai le temps désormais de faire mes textes correctement + de l'écriture, à chaque fois. Evidemment, je fais des ponts sans cesse entre ces diverses composantes du français
. Ce n'est pas une méthode miraculeuse, bien sûr, mais ça change la vie. A mon avis.

EDIT : je précise que je n'ai que des 4è/3è, et des blocs de 2h ou d'1h30, ce qui aide grandement.

Aëmiel
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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par Thalie le Dim 2 Aoû 2009 - 17:02

Super merci Serafina. Peux-tu (désolée d'être si insistante) préciser donc l'emploi du temps de ta semaine ?
ex : lundi (2h) grammaire/conj/voc/
mardi 1h : lecture ?????
Tes arguments m'enthousiasment beaucoup car j'ai peur de me lancer mais si tu affirmes que c'est efficace, j'ai envie de passer à l'action. cheers

Thalie
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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par MS le Dim 2 Aoû 2009 - 21:15

L'inspecteur de mon académie qui a participé au groupe de travail sur les nouveaux programmes, a spécifié que le décloisonnement restait de mise. D'après ce que j'ai compris, l'absence de documents d'accompagnements s'expliquerait par le fait que dans ce groupe de travail, il y avait deux clans opposés ( cloisonnement / décloisonnement), d'où le flou des programmes.

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par Thalie le Dim 2 Aoû 2009 - 21:27

Je ne vois pas comment le décloisonnement peut rester de mise si les programmes disent :
"Les séances consacrées à l’étude de la langue sont conduites selon une progression méthodique et peuvent n’être pas étroitement articulées avec les autres composantes de l’enseignement du français."
Certains inspecteurs vous font du bourrage de crâne et refusent les nouveaux programmes. Ouvrez les yeux c'est de la propagande pédagogo.
Faites comme il vous semble le meilleur pour vos élèves !!!

Thalie
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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par MS le Dim 2 Aoû 2009 - 21:35

La langue est le seul point qui échappe au décloisonnement et notons bien le "peuvent n'être pas" qui ne doit pas être lu comme
" ne doivent pas ".
Thalie, je ne fais que rapporter les paroles d'un IPR qui a travaillé sur ces programmes. Ma liberté pédagogique se porte très bien. Merci.

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par doctor who le Dim 2 Aoû 2009 - 23:48

Ne faudrait-il pas cesser de parler de "cloisonnement", qui sonne assez péjorativement? Car, finalement, ne peut-être cloisonné que ce qui est, à l'origine, sans cloison. Nous ne serions alors que de vilains coupeurs de cheveux en quatre, détruisant la belle unité naturelle du cours de français. Or, désolé, mais un cours de français est cloisonné à l'origine : grammaire, orthographe, littérature, écriture, etc., sont des disiplines proches mais différentes. Demander de "décloisonner" en français reviendrait à faire "ne même temps" de l'histoire et de la géographie, du latin et du grec, de la géométrie et de l'arythmétique (remarquez, je ne suis pas sûr que cela ne soit pas déjà préconnisé par certains formateurs et inspecteurs.)
Bref, à la place de "cloisonnement", parlons d'étude systématique, progressive et structurée de plusieurs disciplines proches et complémentaires.
Pour ma part, je me demande si je ne ferai pas une heure de conjugaison pendant le début d'année, en parallèle avec une heure de grammaire (toute l'année). Quand la conjugaison est finie, on révise, ou alors orthographe (celle-ci pourra être anticipée si un point de grammaire appelle une remarque orthoraphique particulière).

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par Fantinette le Lun 3 Aoû 2009 - 10:31

Cette année, j'ai eu des élèves dyslexiques en 6ème et j'ai revu ma façon d'organiser mes cours de langue et de lecture. Ces enfants avaient besoin d'un cadre précis et d'une sorte de rituel dans la semaine (lundi : lecture ; mardi : grammaire ; etc.), de même qu'il m'a fallu repenser l'organisation du classeur (en "cloisonnant" !!). Tous les élèves de la classe ont tiré profit de cette façon de faire ! En 6ème, nos élèves sont encore "petits" et il me semble important de les aider à se repérer dans leur apprentissage.
Mon expérience avec ces élèves m'a permis de comprendre que plus on va vers la rigueur, plus on les aide à apprendre !
Mes 6ème aimaient savoir que tous les mardis ou jeudis on faisait de la grammaire (organisation pas toujours respectée, je l'avoue !! si nous tenons compte des séances qui sautent pour cause de cinéma ou autre sortie !).
Je suis d'accord avec Docteur Who ! je n'aime pas ce mot de "cloisonnement" ou "décloisonnement". Il est nécessaire d'établir sans cesse des passerelles entre les outils de la langue et lecture/écriture. Le "challenge" pour le prof de lettres est de montrer que la grammaire, l'orthographe, le vocabulaire, la conjugaison sont les outils nécessaires pour mieux lire, comprendre, écrire, réfléchir... Donc je pars souvent de cette métaphore avec mes élèves : on (re)découvre un outil (la fonction complément d'objet, les expansions,etc...), on va apprendre à s'en servir et on l'utilisera régulièrement pour construire (entendez par là lire, écrire), cet outil ne doit pas être rangé au fond de la boîte et oublié, mais on va le mettre dans la casier prévu à cet effet (casier ou tiroir : grammaire), à portée de main !
L'idéal serait d'amener nos élèves à aller fouiner dans la "boite à outils" pour trouver ce dont ils ont besoin (et pas seulement pour le cours de français !!) !
Je parle par métaphore !! mais tout cela pour dire qu'avec le temps on peut s'apercevoir que pour les élèves (je pense surtout aux 6ème!), une organisation des cours, du classeur ou du cahier en distinguant les points de grammaire, ortho, etc. est une façon de leur apprendre à structurer les choses.
En tout cas, pour avoir tenter, dans les premières années de mon enseignement, les séquences en "décloisonnant" (je me contenterais de ce terme ! pour me faire comprendre !!), j'ai choisi d'arriver à une organisation plus "précise" et "ritualisée" de l'apprentissage de la langue ! Tout simplement parce que cela rassure mes petits 6ème !! et que cela les aide énormément !

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par Melle Shrek le Lun 3 Aoû 2009 - 10:56

Je me retrouve totalement dans tes propos Fantinette. Il y a bien longtemps que j'ai abandonné le saupoudrage séquentiel faute d'avoir été capable de l'adopter. Ceci dit, je sais que bien des collègues maîtrisent sa mise en oeuvre du "décloisonnement". Moi je n'ai pas su, pas pu heu .
Par contre je suis super à l'aise avec le "cloisonnement", et je sens bien que mes élèves aussi s'y retrouvent!
Cette année, je vais me lancer pour la 1ère fois dans la répartition hebdomadaire des activités. Il y a sûrement des inconvénients, mais tant pis, il faut que je la tente parce que, outre le fait que ce cadre me semble très bénéfique pour des petits 6e, je pense moi aussi y gagner en efficacité (au quotidien je suis une bordélique invétérée Laughing )

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par Aëmiel le Lun 3 Aoû 2009 - 11:19

@Thalie a écrit:Super merci Serafina. Peux-tu (désolée d'être si insistante) préciser donc l'emploi du temps de ta semaine ?
ex : lundi (2h) grammaire/conj/voc/
mardi 1h : lecture ?????
Tes arguments m'enthousiasment beaucoup car j'ai peur de me lancer mais si tu affirmes que c'est efficace, j'ai envie de passer à l'action. cheers
Par exemple, pour une de mes 3è de l'année dernière : lundi 1h30 grammaire, mercredi 2h texte/écriture, jeudi 1h orth-conj. Je ne sais pas si c'est la meilleure méthode, mais je m'y sens plus à l'aise, et donc forcément mes élèves aussi. Si j'avais maîtrisé le décloisonnement, ils en auraient sans doute tiré parfaitement profit. Mais je suis une bordélique totale, et j'ai besoin d'un cadre, alors le décloisonnement, avec moi, ce n'était pas une réussite. Laughing

C'est efficace en grammaire et en conjugaison, ça, c'est clair. Mes élèves savent conjuguer le subjonctif imparfait (ils ne voient même plus où est le problème), ils reconnaissent des interrogatives indirectes sans souci, ... Ce n'était pas le cas quand j'enseignais en cloisonné (moi non plus, je n'aime pas le mot).
Par contre, ils font toujours autant de faute en dictée, en rédaction, dès qu'il faut écrire. Là, je ne sais pas quoi faire. Suspect

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par MS le Lun 3 Aoû 2009 - 11:26

Je pense qu'enseigner de façon "décloisonnée" n'empêche pas de faire des cours de langue dignes de ce nom. Pour moi, le décloisonnement relie surtout l'étude des textes à l'écriture, en passant parfois par le vocabulaire. Pour la GR c'est autre chose.
Mais il est vrai qu'avec la séquence telle qu'elle était fixée auparavant, oublier la GR était très facile.

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par romarin le Lun 3 Aoû 2009 - 11:35

Lors des réunions au sujet des nouveaux programmes on nous a demandé de ne pas revenir au cloisonnement en précisant que nous devions faire des leçons de grammaire à part ( tout en restant ds le cadre de notre séquence qu'on appelle ds les programmes "période" ) Dans mon académie il nous fait difficile d'annoncer que nous avons un emploi du temps cloisonné .
En ce qui me concerne je n'ai jamais voulu de classeur découpés en séquences ( je trouve qu'au bout d'un moment c'est u joyeux " bor..."). Par contre, j'ai toujours eu du mal à cloisonner les cours même avant qu'on impose les séquences .
Je suis d'accord avec vous sur le fait qu'il faut de l'organisation, des repères et des rituels pour les élèves ( surtout ceux qui ont des difficultés) et le décloisonnement forcé n'a pas de sens . Je crois qu'il faut faire ce qu'on sent le mieux et ce qui marche avec les élèves . Le plus important est qu'ils s'y retrouvent!
Nous subissons comme dans tous les domaines des "modes" qui font que ce qui était extraordinaire il y a 10 ans est bon à mettre aux oubliettes aujourd'hui ...

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par MS le Lun 3 Aoû 2009 - 11:50

Je pense que si l'on s'y perd un peu, c'est que nous n'avons pas tous la même définition de ces deux notions. Pour moi, pratiquer un enseignement cloisonné, c'est par ex faire lire des extraits de textes sans lien les uns par rapport aux autres, c'est donner des sujets de rédaction sans faire de lien avec les textes, c'est ce que j'ai connu au collège en tant qu'élève. Dans la mesure où on procède par GT/OI sur une certaine période et que l'on relie la lecture et l'écriture, on fait déjà du décloisonnement. Après se pose la question de l'organisation du classeur ( cloisonné par parties ou pas).
Quant à la langue, il y a une progression dans la mesure où les têtes du ministère ont enfin compris que la relier systématiquement aux textes n'était pas une bonne chose.

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par teo le Lun 3 Aoû 2009 - 14:26

.


Dernière édition par teo le Sam 12 Sep 2009 - 20:11, édité 1 fois

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par Thalie le Lun 3 Aoû 2009 - 16:27

En effet, nous n'avons pas tous les mêmes définitions. Je n'ai jamais pensé en évoquant revenir au cloisonnement envisager de faire des textes disparates. C'est un écueil de penser que l'on ne peut pas à la fois prendre le meilleur du passé ( des cours de langue très structurés et systématiques) et le meilleur des programmes 96 relier la lecture/écriture aux outils de la langue servant à lire et écrire. Il y a des exagérations dans les deux systèmes. Il serait bon aujourd'hui de tirer le meilleur des deux systèmes.

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par MS le Lun 3 Aoû 2009 - 16:37

Alors Thalie, quelle est ta définition du cloisonnement? S'il ne s'agit que de la langue, alors nous sommes d'accord et tu es aussi d'accord avec l'IPR dont je parlais plus haut.

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par Melle Shrek le Lun 3 Aoû 2009 - 17:31

@Thalie a écrit:En effet, nous n'avons pas tous les mêmes définitions. Je n'ai jamais pensé en évoquant revenir au cloisonnement envisager de faire des textes disparates. C'est un écueil de penser que l'on ne peut pas à la fois prendre le meilleur du passé ( des cours de langue très structurés et systématiques) et le meilleur des programmes 96 relier la lecture/écriture aux outils de la langue servant à lire et écrire. Il y a des exagérations dans les deux systèmes. Il serait bon aujourd'hui de tirer le meilleur des deux systèmes.

C'est tout à fait ce que je pense du cloisonnement/décloisonnement: pourquoi faudrait-il que ce soit l'un ou l'autre?
Pour ma part, je navigue entre les deux: je cloisonne depuis fort longtemps lecture de texte / étude de la langue. Et je décloisonne lorsqu'il me semble pertinent d'établir des ponts entre les différentes activités de lecture/langue/écriture.

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par doctor who le Lun 3 Aoû 2009 - 20:53

Attention aux mots! "Décloisonner" a été utilisé au départ pour parler de la manière de lier l'étude de la langue et les textes, écrits ou lus. Et cela dans le cadre spécifique de la séquence, essentiellement dacloisonnée.
Dire que le fait de faire des cours de langue à part n'est pas contradictoire avec le vocable "décloisonnement" me semble un pas en arrière assez peu cohérent doublé d'un jeu sur les mots assez facile.
J'ai l'impression, MS, que tu défends avec force cette notion, en l'appliquant principalement au lien entre voca et lecture-écriture. Pourquoi pas. Pour ma part, il me semble que le voca participe de plusieurs approches complémentaires : par les textes, par cours de vocabulaire (les émotions, les couleurs...), par cours de morphologie et d'histoire de la langue. Dans les deux derniers cas, il n'y a pas de décloisonnement, puisqu'il s'agit de disciplines spécifiques (lexicologie, morphologie, histoire de la langue). Dans le premier non plus. Etudier le vocabulaire présent dans un texte est une pratique fondamentale de l'explication de texte, qui lui appartient pleinement, "de droit", serais-je tenté de dire. Parler de "décloisonnement" dans ce cas-là revient à rassembler des choses qui sont déjà unies, à l'origine.
Profiter d'un texte pour faire quelques remarques de morphologie, de lexicologie et d'histoire de la langue ne me semble pas relever du décloisonnement (mot à la connotation libertaire, presque épique : "La victoire en chantant nous ouvre la barrière"). Il s'agit de simple bon sens. Expliquer un texte réclame qu'on utilise toutes les disciplines qui traitent de la langue.
En outre, le "décloisonnement" en langue est un obstacle pratiquement insurmontable à toute progression vraiment cohérente en grammaire. Rares ont été, dans l'héroïque période du "décloisonnement", les professeurs à trouver le Graal : une double progression de langue et de littérature, parfaitement cohérente (ou alors, avec beaucoup de cosmétique).

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par MS le Lun 3 Aoû 2009 - 22:26

Définition du décloisonnement dans les anciens programmes :
Le mode d'expression proposé par la séquence didactique invite expressément à associer autour d'un même objectif les différentes composantes du français, donc à passer d'un enseignement cloisonné à un enseignement décloisonné.
Je ne vois pas en quoi mon interprétation de cette notion est fausse.
Quand l'IPR dit que le décloisonnement reste de mise, il précise néanmoins que certains cours de grammaire peuvent échapper à ce décloisonnement.
je ne vois aucune incohérence dans ma démarche. Le fait de faire des cours de langue à part n'est pas un signe de cloisonnement.
Mais nous commençons peut-être ici à chipoter sur les mots...

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par Dwarf le Lun 3 Aoû 2009 - 23:22

De toute façon, que chacun continue comme cela marchait le mieux pour lui et pour ses élèves et voilà tout! C'est là que réside la vraie liberté pédagogique.

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par doctor who le Lun 3 Aoû 2009 - 23:57

Désolé Dwarf. Je ne goûte pas tellement ce relativisme. Les professeurs comme les élèves sont à mon avis plus semblables que différents et insister sur les différences pour promouvoir la liberté me semble assez néfaste. La raison est universelle. Dit comme ça, c'est un peu rude, mais je le pense. Et je n'ai pas dit que j'avais raison ni que la raison est de mon côté. Je dis simplement qu'il ya des manières de faire qui sont meilleures que d'autres. Après, je peux me planter dans mes préférences.
Débat il y a. Ne l'étouffons pas.

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par Thalie le Lun 3 Aoû 2009 - 23:58

Il a toujours été possible de faire des cours de langue qui échappent au décloisonnement, on appelait cela dans les anciens programmes des séances décrochées.
Or, les nouveaux programmes vont plus loin. Ils affirment que la langue doit être étudiée de façon structurée dans de vraies séances de langue complètes. (Ce qu'en fait j'ai toujours fait,mais elles étaient liées artificiellement à ma séance de lecture. Cependant, de nombreux collègues ne faisaient même plus ces vraies séances de langue, ils se contentaient de rappeler rapidement des notions lors d'une séance de lecture en écrivant deux lignes à la fin sur un point de langue précis du texte. Ou bien d'autres (notamment deux collègues dans mon bahut et dans l'ancien) ne font que de la grammaire de textes car elles adorent l'étude littéraire et ne font jamais d'orthographe, de dictées ou de conjugaisons.)
Bref, quand on veut aller au bout de l'idée des séances de langue pour elles-mêmes on en arrive forcément à la question du classeur décloisonné et aussi à terme à la question de l'emploi du temps de la semaine.
Ce que je conteste c'est que certains inspecteurs minimisent la portée des nouveaux programmes en disant que rien n'a vraiment changé et que l'on continue le décloisonnement. Mais quel intérêt de garder par ex un classeur décloisonné si on fait de vraies séances sur les natures et les fonctions qui forcément, avouons-le ne peuvent pas être raccrochées à des séances de lecture. Je pense que tous les élèves s'y retrouveraient beaucoup mieux avec un classeur cloisonné. Où est le problème ? Que l'on m'explique...
J'avais trouvé très curieux il y a 8 ans de cela, je pense, qu'une de mes meilleures élèves de 6e recloisonnait toute seule son classeur à la maison. J'avais imposé un rangement par séquence. Je ne lui ai rien dit me disant alors que si elle comprenait mieux comme cela c'était l'essentiel, mais je n'étais pas allée jusqu'au bout de ma réflexion : pourquoi une très bonne élève rangeait d'elle-même son classeur selon les dominantes ???

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par Melle Shrek le Mar 4 Aoû 2009 - 0:11

@Thalie a écrit: de nombreux collègues ne faisaient même plus ces vraies séances de langue, ils se contentaient de rappeler rapidement des notions lors d'une séance de lecture en écrivant deux lignes à la fin sur un point de langue précis du texte. Ou bien d'autres (notamment deux collègues dans mon bahut et dans l'ancien) ne font que de la grammaire de textes car elles adorent l'étude littéraire et ne font jamais d'orthographe, de dictées ou de conjugaisons.)
Bref, quand on veut aller au bout de l'idée des séances de langue pour elles-mêmes on en arrive forcément à la question du classeur décloisonné et aussi à terme à la question de l'emploi du temps de la semaine.
Ce que je conteste c'est que certains inspecteurs minimisent la portée des nouveaux programmes en disant que rien n'a vraiment changé et que l'on continue le décloisonnement. Mais quel intérêt de garder par ex un classeur décloisonné si on fait de vraies séances sur les natures et les fonctions qui forcément, avouons-le ne peuvent pas être raccrochées à des séances de lecture. Je pense que tous les élèves s'y retrouveraient beaucoup mieux avec un classeur cloisonné. Où est le problème ? Que l'on m'explique...

+1 Thalie, tu as tout dit! Et tu l'as bien dit! topela

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par doctor who le Mar 4 Aoû 2009 - 0:14

Tout à fait d'accord Thalie.
J'ai eu des sixième et cinquième en T1 et j'ai bêtement suivi ce qu'on me disait de faire à l'IUFM (pourtant, je ne pouvais déjà plus les sentir). Des séquences donc, sans aucune cohérence dans la progression grammaticale. Et bien, force est de constater que, dans mon cas, les remarques de langues version ORL étaient beaucoup moins claires que les cours de rammaire que j'ai pu faire en fin d'année. Je présentait la grammaire comme un escalier dont il ne faut pas loupre de marche pour passer à la suivante, mais dont, par chance, tout le monde pouvait faire l'ascension : il suffit de lever le pied. Beaucoup d'élèves, surtout ceux qui étaient en difficulté, appréciaient. Une élève me repochait de séparer rammaire et littérature : la meilleure de la classe!
Si je reprend cette image de l'escalier, il faut que le professeur concoive un escalier réellement continu, sans trou, sans marches trop hautes, et que chaque marche soit proportionnée à la capacité des élèves.
En fait, la grammaire est au mauvais élève la preuve que s'il s'accroche un minimum, il peut suivre et progresser (beaucoup plus que la littérature).

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par Melle Shrek le Mar 4 Aoû 2009 - 0:18

@doctor who a écrit:
En fait, la grammaire est au mauvais élève la preuve que s'il s'accroche un minimum, il peut suivre et progresser (beaucoup plus que la littérature).

Exact! d'où l'intérêt de vraiment prendre le temps de rappeler à ces pitchous que leur langue maternelle n'est pas un joyeux bordel et que TOUS (ou presque) peuvent rester dans la cordée. Avec le saupoudrage, on est sûr d'en laisser tomber un paquet dans le vide!

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par doctor who le Mar 4 Aoû 2009 - 0:39

@MS a écrit:Définition du décloisonnement dans les anciens programmes :
Le mode d'expression proposé par la séquence didactique invite expressément à associer autour d'un même objectif les différentes composantes du français, donc à passer d'un enseignement cloisonné à un enseignement décloisonné.
Je ne vois pas en quoi mon interprétation de cette notion est fausse.
Quand l'IPR dit que le décloisonnement reste de mise, il précise néanmoins que certains cours de grammaire peuvent échapper à ce décloisonnement.
je ne vois aucune incohérence dans ma démarche. Le fait de faire des cours de langue à part n'est pas un signe de cloisonnement.
Mais nous commençons peut-être ici à chipoter sur les mots...

Dans cette définition, l'article "les" indique bien que ce sont toutes les "composantes" du français qui doivent être "associées". Enlever de cette association la grammaire, qui est tout de même un très gros morceau, et continuer à appeler cela "décloisonnement", me semble un peu fort de café!

C'est un cas typique d'argumentation orwellienne : celui qui dit A a raison, quand on lui répond B, il a raison aussi, puisque A voulait dire B, ou A ne contredisait pas B, ou A incluait B. Mais en l'occurence, A et B sont incompatible (on ne peut pas associer "les composantes du français" et, à la fois, en exclure une des plus importante, sans risquer de se contredire).

Je ne chipote pas sur les mots (ou juste un petit peu, mais j'aime bien). J'en ai simplement marre des formateurs qui assimile mollement toute contradiction, et prétendent l'avoir dépassée, et cela même avant qu'elle n'ait été présentée (Meirieu si tu nous lit). Mais MS, je ne te vise pas (vraiment) Dans la pratique concrète de l'enseignement, tu as ta cohérence, ton fonctionnement, qui a certainement son efficacité. En plus, j'ai pu lire ailleurs des interventions avec lesquelles j'étais OK.

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Re: Le cloisonnement : autorisé ?

Message par Dwarf le Mar 4 Aoû 2009 - 2:59

@doctor who a écrit:Désolé Dwarf. Je ne goûte pas tellement ce relativisme. Les professeurs comme les élèves sont à mon avis plus semblables que différents et insister sur les différences pour promouvoir la liberté me semble assez néfaste. La raison est universelle. Dit comme ça, c'est un peu rude, mais je le pense. Et je n'ai pas dit que j'avais raison ni que la raison est de mon côté. Je dis simplement qu'il ya des manières de faire qui sont meilleures que d'autres. Après, je peux me planter dans mes préférences.
Débat il y a. Ne l'étouffons pas.

Je dois dire que celle-là, je ne pensais qu'on la servirait un jour à mon sujet, moi l'un des plus grands pourfendeurs du relativisme qui passe mon temps à me prendre la tête avec mes contemporains à cause de la profonde marque qu'ont laissée dans notre société les travaux biaisés de Bourdieu et de ses épigones ! Razz

Je suis humaniste et républicain : il y a une norme de contenu mais franchement, quand tu sais que nos élèves et nous-mêmes sommes globalement divisés en sept types d'intelligences ou de manière d'apprendre, je ne puis qu'inciter à la prudence des méthodes universelles prônées par les IUFM et les pédagogos et l'esprit de système marxiste en général, avec les dégâts que l'on a vus. Ce n'est pas là du relativisme de ma part mais une simple considération pragmatique des fonctionnements optimaux de chacun : certains profs sont très à l'aise avec des séquences hyper structurées et pour ainsi dire minutées à la seconde (je caricature volontairement), d'autres pas du tout et ne seront efficaces qu'avec une sorte de cours magistral souple qui se déroule à son rythme naturel, quitte à accepter des excursus en son sein (j'en suis), d'autres pratiqueront un mélange des deux.

Un bon enseignant, doit être capable d'emprunter différents chemins pour se faire comprendre efficacement de chacune des catégories d'intelligences auxquelles il aura forcement affaire dans une classe. Ce n'est déjà pas évident quand on en a conscience et que l'on s'y emploie, mais en restreignant l'enseignement à une seule forme pour tous, on est assuré de sous-utiliser certains enseignants qui s'épanouiraient davantage dans des formes qui seyent davantage à leur tempérament et à leur type d'intelligence et de laisser, malgré de bonnes intentions, un certain nombre de gamins sur le bord de la route.

C'est en cela que j'appelle à la liberté pédagogique, mais celle-ci a aussi pour corolaire la responsabilité individuelle.

Maintenant, si tu me dis que tu appelles de tes voeux et estimes le plus efficace un cours au contenu carré et structurant pour les élèves, avec des éléments concrets à comprendre, apprendre, retenir et mettre en application (la méthode déductive, qui marche avec tous là où la méthode inductive ne marche vraiment qu'avec une partie), alors je t'annonce que nous sommes d'accord!

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"La laïcité n'est pas aménageable : elle est, ou elle n'est pas. Toute concession est un anéantissement. Encore un effort, et elle ne sera plus." J-P Brighelli

"La difficulté est une monnaie que les savants emploient comme les joueurs de passe-passe pour ne découvrir l’inanité de leur art." Montaigne

"C’est dans le gouvernement républicain qu’on a besoin de toute la puissance de l’éducation." Montesquieu

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