Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

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Message par VanGogh59 le Sam 20 Mai 2017 - 12:42

@Balthazaard a écrit:

Je ne suis pas pour Bayrou mais cette façon de voir est puérile. Bayrou a un parti, il fait ce qu'il pense pour avoir vue au chapitre, je vois mal en quoi cela est condamnable, il n'a pas renié sa façon de voir, il s'est engagé pour Macron sans que ce soit gagné, risquant la disparition politique si Fillon avait été élu, il n'est pas anormal que son parti soit présent dans un gouvernement qualifié de droite par la gauche et de gauche par la droite, donc a sa vraie place au centre.
Je vois très mal votre conception de la politique...si pour vous toutes les alliances sont vues sous cette forme.
Et pour Besson avec Sarkozy en 2007, tu as tenu le même raisonnement ?
La question qui est posée ici n'est pas le choix du centre ou cette espèce de ni droite-ni gauche utilisé ici de façon machiavélique par Macron pour mieux phagocyter les LR et le PS pour ne pouvoir garder que les extrêmes croyant naïvement qu'il va réussir à lui tout seul un clivage vieux de plus de 2 siècles.
La question est celle de l'idéologie. Bayrou se rallie à un libéral décomplexé qui veut déréguler le code du travail à la méthode Schröder pour obtenir un résultat visible (la baisse du taux de chômage) en feignant d'en ignorer les conséquences (la plus grave d'entre elle la précarisation du marché du travail qui fera exploser la pauvreté dans le pays)
Bayrou déclarait en 2001 : 
bayrou a écrit:Le modèle libéral est un modèle matérialiste. C’est un modèle qui accepte et même qui recherche et qui justifie la marchandisation de la vie humaine, de la conception jusqu’à la mort. […] Pour nous, pour la France et pour l’Europe, nous n’acceptons pas ce modèle matérialiste. 
Bon 2001, c'est loin... Mais virer sa vision à 180° en 16 ans, c'est fort quand même...

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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par Zagara le Sam 20 Mai 2017 - 12:43

@pogonophile a écrit:Je n'arrive pas à me représenter cette idée de recrutement des enseignants par les CE. Les enseignants sont recrutés par l'Etat sur concours, donc de toutes façons ils le sont déjà.
Si on parle des affectations, le problème est le même : il faut bien tous les affecter quelque part. Donc à moins de considérer qu'il ne s'agirait que de quelques postes à profil, je ne vois pas.
La situation allemande a été expliquée plus haut, ce peut être un exemple : le concours donne le statut mais pas le poste, puis les enseignants doivent démarcher les établissements poste par poste comme dans le privé.

Et pour ceux qui ne trouvent pas, il est très facile de dire : "si à telle date vous n'avez pas de poste, on vous en attribue d'office un parmi ceux qui restent encore vacant" (évidemment les plus pourris).


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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par PabloPE le Sam 20 Mai 2017 - 12:43

@Balthazaard a écrit:
@PabloPE a écrit:
@Balthazaard a écrit:Si tu as quelque chose qui le dit, autre que les spéculations du forum, poste le lien, je serai curieux de le lire.

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2016/11/07112016Article636140851780439010.aspx

Et pour que cela soit possible il souhaite renforcer les pouvoirs des chefs d'établissement et des directeurs d'école, qui deviendraient les supérieurs hiérarchiques des enseignants. Les enseignants seraient recrutés sur profil et évalués par les seuls chefs d'établissement, à l'image de ce qu'avait institué le décret Chatel en 2012 (annulé ensuite par V Peillon).

C'est UNE interprétation à partir du livre de Blanquer à un moment où il n'était pas intégré à une équipe gouvernementale, si cela tient lieu d’engagement ou de programme, on peut jouer à ce petit jeu avec TOUS les hommes politiques (as tu déjà oublié "mon ennemi c'est la finance") entre ce qu'on dit , écrit et fait il y a un monde.
L'interview qui suit ne le contredit pas mais dans tous les cas le point clé était "décret Chatel". Et à l'époque il avait déjà fait partie d'une équipe gouvernementale puisque il avait eu l'oreille du MEN... bref tu as raison laissons les détruire l'école publique on aura le temps de pleurer ensuite.

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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par Laotzi le Sam 20 Mai 2017 - 12:44

C'est un peu plus compliqué que cela quand même. Blanquer a été recruté en décembre 2009 comme DGESCO par Luc Chatel pour mener sa politique. Ce n'est pas comme s'il était déjà en poste avant l'arrivée de Chatel et qu'il se contentait d'appliquer une politique. Il a accepté le poste en sachant quelle politique était prévue (et déjà en cours) et il a été recruté en sachant quelles étaient ses idées dans le domaine de l'éducation (il était recteur de Créteil, poste souvent tremplin pour devenir DGESCO comme Robine ensuite).

Par ailleurs, les postes à profil, nécessairement limités, et recrutés par l'inspection, ce n'est pas du tout la même chose qu'un recrutement par le CDE qui place nécessairement le professeur dans une situation fortement subalterne et hors de cadres nationaux.

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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par Rendash le Sam 20 Mai 2017 - 12:44

@pogonophile a écrit:Je n'arrive pas à me représenter cette idée de recrutement des enseignants par les CE. Les enseignants sont recrutés par l'Etat sur concours, donc de toutes façons ils le sont déjà.
Si on parle des affectations, le problème est le même : il faut bien tous les affecter quelque part. Donc à moins de considérer qu'il ne s'agirait que de quelques postes à profil, je ne vois pas.

Hé bien, la possibilité est double :
- soit la multiplication des postes à profil, sans doute d'abord en REP+ (sur le modèle de la bonification exceptionnel qui existe actuellement, et qui a abondamment montré ses limites)
- soit le modèle de la FPT, qui est encore pire dans la mesure où il est une étape préalable à la régionalisation (ou l'académisation, c'est selon).


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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par William Foster le Sam 20 Mai 2017 - 12:45

@VanGogh59 a écrit:Mais virer sa vision à 180° en 16 ans, c'est fort quand même...
Ca ne fait que 11,25° par an en moyenne professeur[/quote]

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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par Rendash le Sam 20 Mai 2017 - 12:47

@Zagara a écrit:Je trouve étonnant que des gens aussi versés dans les mécaniques du privé ne réfléchissent pas en terme d'attractivité des établissements et de la profession.

Il me semble qu'une des questions n°1 si on veut améliorer l'école aujourd'hui peut être : "comment attirer des travailleurs plus compétents et comment rendre les zones les plus difficiles attractives ?"

Vu que les concours du CAPES ne font plus le plein depuis des années, et que certains postes sont déjà vacants, ce n'est pas juste une prime supplémentaire en REP qui va améliorer l'attractivité du métier et de ces zones difficiles. Si ?

Certes non : plusieurs Néos ont affirmé que même pour 3 000 euros nets par mois, ils ne retourneraient pas en REP+.

Et la bonification exceptionnelle montre bien son absurdité totale : il s'agit de se vendre pour un poste dont personne ne veut, la commission tranche sur la base d'un CV/LM/entretien sans motiver son avis, quel qu'il soit, et on se retrouve quand même avec une palanquées de contractuels et un turnover croissant des équipes dans ces zones.

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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par Rendash le Sam 20 Mai 2017 - 12:48

@William Foster a écrit:
@VanGogh59 a écrit:Mais virer sa vision à 180° en 16 ans, c'est fort quand même...
Ca ne fait que 11,25° par an en moyenne professeur

Une bière à 11.25 degrés pour l'Education Nationale, ça fait un joli cercueil, clou après clou professeur

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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par William Foster le Sam 20 Mai 2017 - 12:51

@Rendash a écrit:
@William Foster a écrit:
@VanGogh59 a écrit:Mais virer sa vision à 180° en 16 ans, c'est fort quand même...
Ca ne fait que 11,25° par an en moyenne professeur

Une bière à 11.25 degrés pour l'Education Nationale, ça fait un joli cercueil, clou après clou professeur
J'aime bien la double métaphore : l'alcool qui présage de la gueule de bois, et le cercueil qui est un mélange de tous les fonds de bouteilles pas tout à fait finies. alatienne

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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par coindeparadis le Sam 20 Mai 2017 - 12:52

@henriette a écrit:Même réserve que les autres. J'ai vu en Allemagne ce que donnait ce recrutement, puisque lorsqu'un prof décroche son équivalent du CAPES, il n'a pas automatiquement un poste, c'est à lui de démarcher les établissements avec son CV.
Les critères retenus, d'après les témoignages de mes collègues allemands, ne sont pas prioritairement l'excellence universitaire, mais plutôt l'adaptabilité, la bivalence, l'investissement massif de son temps dans l'établissement, une certaine souplesse, etc.
C'est ainsi que cela fonctionne dans le privé en France. Donc il faut d'abord se faire connaître, effectuer des remplacements, avoir de bons rapports des CDE pour chaque remplacement, passer en commission de l'emploi, qui sera partiellement détricotée par les CDE. Et finalement découvrir que ce qui passe (en tout cas chez moi) c'est :
1) le copinage
2) les qualités présentées par Henriette (adaptabilité, expérience, bons rapports avec les collègues et parents, participation aux extras style kermesse, classes vertes...)
3) les diplômes avant le lycée (où ils jouent enfin) importent peu.

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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par Voltigeur le Sam 20 Mai 2017 - 12:53

@pogonophile a écrit:Je n'arrive pas à me représenter cette idée de recrutement des enseignants par les CE. Les enseignants sont recrutés par l'Etat sur concours, donc de toutes façons ils le sont déjà.
Si on parle des affectations, le problème est le même : il faut bien tous les affecter quelque part. Donc à moins de considérer qu'il ne s'agirait que de quelques postes à profil, je ne vois pas.

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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par Rendash le Sam 20 Mai 2017 - 12:55

@Voltigeur a écrit:
@pogonophile a écrit:Je n'arrive pas à me représenter cette idée de recrutement des enseignants par les CE. Les enseignants sont recrutés par l'Etat sur concours, donc de toutes façons ils le sont déjà.
Si on parle des affectations, le problème est le même : il faut bien tous les affecter quelque part. Donc à moins de considérer qu'il ne s'agirait que de quelques postes à profil, je ne vois pas.

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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par PabloPE le Sam 20 Mai 2017 - 12:58

@Rendash a écrit:
@pogonophile a écrit:Je n'arrive pas à me représenter cette idée de recrutement des enseignants par les CE. Les enseignants sont recrutés par l'Etat sur concours, donc de toutes façons ils le sont déjà.
Si on parle des affectations, le problème est le même : il faut bien tous les affecter quelque part. Donc à moins de considérer qu'il ne s'agirait que de quelques postes à profil, je ne vois pas.

Hé bien, la possibilité est double :
- soit la multiplication des postes à profil, sans doute d'abord en REP+ (sur le modèle de la bonification exceptionnel qui existe actuellement, et qui a abondamment montré ses limites)
- soit le modèle de la FPT, qui est encore pire dans la mesure où il est une étape préalable à la régionalisation (ou l'académisation, c'est selon).

Dans le premier degré c'est déjà le cas. Pour les "jeunes" ça devient de plus en plus compliqué de trouver un poste fixe car entre les "berceaux" pour les stagiaires, les postes accessibles par entretien et les postes cooptés, plus personne ne bouge.

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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par Balthazaard le Sam 20 Mai 2017 - 13:05

@Rendash a écrit:
@Balthazaard a écrit:

Curieuse conception de l'exercice du pouvoir, mais très répandue. Blanquer était haut fonctionnaire, si on dit à une de ces personnes de faire ci ou ça, elle le fait car, semble t-il c'est son rôle.Qu'il pense que c'est bien ou mal, je n'en sais rien, la seule chose dont je suis sur c'est qu'il a appliqué ce que demandaient Sarkozy et Chatel.
Maintenant tu peux aussi croire "les politiques ne décident rien, ce sont les hauts fonctionnaires qui mènent le Pays", c'est une vision qui a beaucoup de succès comme s'en prendre à l'ENA, c'est à la mode.

Je t'ai connu plus honnête dans le débat, ça ne te ressemble pas de déguiser mes propos pour me faire dire autre chose que ce que j'avance. Ou peut-être as-tu lu trop vite ?
Le fait est que Macron a choisi quelqu'un pour diriger l'EN, et c'est ce choix que je discute. Pas plus que Sarkozy ou Hollande, Macron ne va décider lui-même de toutes les mesures concernant l'EN, ça n'est pas son rôle d'une part, ni sa tasse de thé d'autre part. Il a des grandes lignes, celles de son programme (singulièrement vide en la matière, d'ailleurs) ; il choisit quelqu'un pour les mettre en oeuvre, et ce choix est révélateur d'une façon de voir les choses : on ne peut pas croire une seule seconde que Blanquer a été choisi pour faire tout autre chose que ce qu'il prône depuis des années. Et quand bien même il ne ferait pas tout (en cinq ans, ce serait difficile), chacune des orientations qu'il appelle de ses vœux est un clou supplémentaire dans notre cercueil.

Je ne sais pas ce qui va se passer mais je constate que Peillon avait dit et écrit mille fois pire que ce que l'on cite de Blanquer. Je ne sais pas encore par quel miracle on a échappé sous son règne à l'unique mois de vacances (avec les exams jusqu'au 15 juillet) peut-être Hollande sentant le danger? Pourtant quel optimisme ici à l'époque!
Peillon toujours, a été plusieurs fois recadré par le pouvoir, Ayrault et Hollande, quand il prenait trop d'autonomie ("la prochaine fois c'est la porte" propos cités dans le monde), ceci pour contredire le mythe du ministre qui décide "tout"
Encore une fois je constate que les propos de Banquer vont à l'encontre des analyses d'ici qui le présentent sous la forme d'un réformateur radical.
Après clairement la France est à droite (à plus de 60% si on classe Macron à droite), même si cela me rend malade, je pense qu'on aurait pu avoir pire comme déclarations que ce que j'ai entendu jusqu'à maintenant, mais hélas, mille fois hélas , je crois qu'on aurait pu avoir encore bien pire avec un ministre de gauche.
Pour le reste?  Va t-il pleuvoir? surement...oui...

Je pense que Macron agit, pour le moment très finement, diaboliquement je dirai, avec un PS moribond, il n'est pas loin de faire exploser LR, il n'y a qu'a voir la mine de Baroin , qui semble avoir pris 10 ans en 15 jours. Après l'élection il dictait presque ses conditions, là il se demande comment sauver les meubles aux législatives. La nomination de Blanquer va aussi dans ce sens et est un élément d'un plan d'attaque bien senti, plus que l'acceptation d'une vision de l'éducation.


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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par Balthazaard le Sam 20 Mai 2017 - 13:09

@PabloPE a écrit:
@Rendash a écrit:
@pogonophile a écrit:Je n'arrive pas à me représenter cette idée de recrutement des enseignants par les CE. Les enseignants sont recrutés par l'Etat sur concours, donc de toutes façons ils le sont déjà.
Si on parle des affectations, le problème est le même : il faut bien tous les affecter quelque part. Donc à moins de considérer qu'il ne s'agirait que de quelques postes à profil, je ne vois pas.

Hé bien, la possibilité est double :
- soit la multiplication des postes à profil, sans doute d'abord en REP+ (sur le modèle de la bonification exceptionnel qui existe actuellement, et qui a abondamment montré ses limites)
- soit le modèle de la FPT, qui est encore pire dans la mesure où il est une étape préalable à la régionalisation (ou l'académisation, c'est selon).

Dans le premier degré c'est déjà le cas. Pour les "jeunes" ça devient de plus en plus compliqué de trouver un poste fixe car entre les "berceaux" pour les stagiaires, les postes accessibles par entretien et les postes cooptés, plus personne ne bouge.

Pour le premier degré ça a l'air vrai en tous cas. Mais je crois que la situation est complexe, un peu coincée entre la préservation des écoles rurales (je suis à la montagne) et la nécessité de trouver quelqu'un pour y exercer. Dans les grandes villes je pense que c'est peut-être plus simple
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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par Zagara le Sam 20 Mai 2017 - 13:11

Pour les zones rurales, le regroupement des écoles dans les petits villes, en fermant celles trop excentrées, a déjà commencé.
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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par Elyas le Sam 20 Mai 2017 - 13:15

Il peut aussi exister des changements dans le monde (et statut) des professeurs :

- poursuite de la logique de mastérisation avec fin des concours et les gens ayant un MEEF chercheront à se placer avec peut-être un système à la Québécoise avant titularisation (cinq ans d'état corvéable à merci).

- création de concours départementaux comme les PE (et comme les nouveaux enseignants râlent contre le système de mutation, ça fera l'effet d'une réforme dans le bon sens Rolling Eyes ).

- introduction petit à petit d'établissements expérimentaux avec équipes constituées autour d'un CdE puis propagation virale avec placement de la masse salariale vers les régions.

A voir.
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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par Balthazaard le Sam 20 Mai 2017 - 13:16

@Zagara a écrit:Pour les zones rurales, le regroupement des écoles dans les petits villes, en fermant celles trop excentrées, a déjà commencé.

Je sais mais comment lutter contre ça? si tu maintient une école, il faut y mettre quelqu'un...dans ma région tout le monde n'est pas volontaire pour bosser dans un village perdu. Moi je n'ai guère de solution.
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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par Zagara le Sam 20 Mai 2017 - 13:33

@Balthazaard a écrit:
@Zagara a écrit:Pour les zones rurales, le regroupement des écoles dans les petits villes, en fermant celles trop excentrées, a déjà commencé.

Je sais mais comment lutter contre ça? si tu maintient une école, il faut y mettre quelqu'un...dans ma région tout le monde n'est pas volontaire pour bosser dans un village perdu. Moi je n'ai guère de solution.
Pourquoi vouloir lutter contre ? Après tout, la mobilité est une des valeurs cardinales du libéralisme. Il faut donc faciliter la mobilité des élèves plutôt que d'amener les écoles à eux. CQFD.
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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par Moonchild le Sam 20 Mai 2017 - 13:37

@Balthazaard a écrit:
@Moonchild a écrit:Bien sûr, ce ne sont là que des spéculations, mais pourquoi notre nouveau ministre insisterait-il autant sur l'autonomie du recrutement (1) s'il avait prévu de la cantonner à quelques expériences marginales ?
(1) parce qu'il a dit et redit depuis qu'il est ministre qu'il ne voulait pas de nouvelles lois et procéder par expérimentations...si cela ne suffit pas alors je ne vois pas à part dire "il est de droite donc quand il dit noir, cela veut dire blanc" ou alors porter plus de crédit à ce qu'il a écrit dans un bouquin que personne n'a lu mis à part extraits hors contexte.

Je ne suis pas de droite, je n'ai pas de sympathie pour Blanquer, mais pour le moment il y a longtemps que je n'ai pas vu de déclarations aussi raisonnables de la part d'un ministre...pour la suite , contrairement à beaucoup ici je ne suis pas madame Irma
Tout d'abord, je ne m'inscris pas dans le réflexe pavlovien  "il est de droite donc quand il dit noir, cela veut dire blanc". D'ailleurs, en ce qui concerne l'éducation, j'aurais même tendance à me méfier encore plus de ceux qui se revendiquent de gauche dans la mesure où j'ai pu observer que la très grande majorité d'entre-eux abordent la question sous l'angle d'un égalitarisme démagogique et dogmatique ; avec quelqu'un qu'on suppose être de droite, on peut craindre des obsessions gestionnaires mais a priori on peut au moins espérer qu'il sera dans une certaine mesure davantage accessible à ce qu'on pourrait appeler le "bon sens".

Maintenant, je dois reconnaître que les propos de Blanquer depuis sa nomination sont effectivement modérés et tranchent avec l'exaltation d'un Peillon ou la propagande mensongère d'une NVB ; j'y retrouve même quelques points qui me paraissent pouvoir être positifs mais qui sont contredits par d'autres que je trouve rédhibitoires et, globalement, pour ce qu'on peut en entrevoir, sa vision de l'éducation est pour le moins porteuse de nombreuses incertitudes.
A titre d'exemple, dans l'interview donnée il y a quelques mois au café pédagogique, il se réfère à la pensée d’Edgar Morin pour avoir une vision ample de l’idéal éducatif, la recherche de Stanislas Dehaene pour mieux prendre en compte les progrès des sciences cognitives dans notre approche pédagogique, les travaux d’Eric Debarbieux pour mieux lutter de façon pratique contre la violence en milieu scolaire ; avec un tel attelage, on se demande bien dans quelle direction va aller la calèche.

Pour résumer l'objet de mes réticences, je dirais que je suis plutôt inquiet devant l'accent mis - aussi bien avant et après sa nomination à la tête du ministère - sur l'autonomie et l'expérimentation dont nous avons tous pu à petite échelle mesurer les effets délétères ; une telle insistance n'aurait pas de sens si son projet était uniquement de les appliquer à dose homéopathique ou à des cas très particuliers de formation ultra-spécifiques, sauf à considérer que Blanquer ne fait rien d'autre que de la pure communication politique afin de dissimuler son futur immobilisme, ce que je ne crois pas. C'est quelqu'un qui a manifestement une vision réformiste et qui connaît bien l'institution, il sait donc qu'une nouvelle loi d'orientation édictée de manière tonitruante n'aurait en définitive pas l'effet escompté et, derrière la mesure de ses propos, je perçois surtout une méthodologie de la réforme, plus lente, plus progressive, mais aussi plus assurée.


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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par Marie Laetitia le Sam 20 Mai 2017 - 13:40

@mathmax a écrit:Je ne crois pas, non : les CdE ne connaissent pas tous les enseignants de France, mais un grand nombre des enseignants de leur coin, et ils se moquent des titres et expériences hors E.N., ils se méfient même souvent des personnes trop brillantes/diplômées.

Je confirme. Surtout qu'un chef/dirigeant n'aime pas recruter quelqu'un de plus diplômé que lui... Et ça, c'est se qui se passe déjà dans le privé hors EN.

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Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. (...) Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout...
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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par Balthazaard le Sam 20 Mai 2017 - 13:45

@Moonchild
@Moonchild a écrit:
Tout d'abord, je ne m'inscris pas dans le réflexe pavlovien "il est de droite donc quand il dit noir, cela veut dire blanc". D'ailleurs, en ce qui concerne l'éducation, j'aurais même tendance à me méfier encore plus de ceux qui se revendiquent de gauche dans la mesure où j'ai pu observer que la très grande majorité d'entre-eux abordent la question sous l'angle d'un égalitarisme démagogique et dogmatique ; avec quelqu'un qu'on suppose être de droite, on peut craindre des obsessions gestionnaires mais a priori on peut au moins espérer qu'il sera dans une certaine mesure davantage accessible à ce qu'on pourrait appeler le "bon sens".
Ce que tu viens d'écrire résume tout ce que je pense

Cela dit il est persuadé que cela va marcher et que les profs vont trouver des avantages...je pense comme toi que ce n'est pas le cas. Il faudra voir que deviendront ses propos quand il faudra assumer les échecs.
Maintenant si ça marche; c'est à nous de nous poser des questions..

Voyons déjà le coup de l'éducation prioritaire, je pense que 3000 euros de plus, compte tenu de la charge nerveuse c'est de la rigolade, surtout si on veut attirer des profs ayant de la bouteille.Si comme je le crois ce sera un échec on verra ce que sera la com ministérielle et comment cette "expérimentation" sera jugée.


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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par Zagara le Sam 20 Mai 2017 - 13:47

Transformer les échecs en réussites est la spécialité de la communication du MEN.
Ils font de jolis dossiers presse bourrés d'éléments de langage et ça passe tranquillement.
Par exemple, les médias n'ont fait aucun bilan sérieux ni des rythmes, ni du collège. J'avais regardé par curiosité le contenu des dossiers presse du MEN (ils sont disponibles en ligne) et me suis rendue compte que tous les articles des grands journaux généralistes reprenaient le déroulé et les termes de ces dossiers. Donc bon, c'est assez tranquille.


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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par Rendash le Sam 20 Mai 2017 - 13:48

@Balthazaard a écrit:
Je ne sais pas ce qui va se passer mais je constate que Peillon avait dit et écrit mille fois pire que ce que l'on cite de Blanquer. Je ne sais pas encore par quel miracle on a échappé sous son règne à l'unique mois de vacances (avec les exams jusqu'au 15 juillet) peut-être Hollande sentant le danger? Pourtant quel optimisme ici à l'époque!
Peillon toujours, a été plusieurs fois recadré par le pouvoir, Ayrault et Hollande, quand il prenait trop d'autonomie ("la prochaine fois c'est la porte" propos cités dans le monde), ceci pour contredire le mythe du ministre qui décide "tout"
Encore une fois je constate que les propos de Banquer vont à l'encontre des analyses d'ici qui le présentent sous la forme d'un réformateur radical.
Après clairement la France est à droite (à plus de 60% si on classe Macron à droite), même si cela me rend malade, je pense qu'on aurait pu avoir pire comme déclarations que ce que j'ai entendu jusqu'à maintenant, mais hélas, mille fois hélas , je crois qu'on aurait pu avoir encore bien pire avec un ministre de gauche.
Pour le reste?  Va t-il pleuvoir? surement...oui...

Donc NVB rue de Grenelle, Macron président, c'eût été sans conséquence, puisqu'elle "ne décide pas tout" ? Moi, je veux bien, et c'est précisément pour ça que j'attendais avec impatience la nomination du dircab de Blanquer. Hé bien, Kerrero, ça ne me fait pas vraiment bander non plus, quand bien même il se prononce contre la décentralisation et se dit opposé aux compétences (après tout, SOS Education aussi). Je ne connais pas Raphaël Müller.


@Balthazaard a écrit:Je pense que Macron agit, pour le moment très finement, diaboliquement je dirai, avec un PS moribond, il n'est pas loin de faire exploser LR, il n'y a qu'a voir la mine de Baroin , qui semble avoir pris 10 ans en 15 jours. Après l'élection il dictait presque ses conditions, là il se demande comment sauver les meubles aux législatives. La nomination de Blanquer va aussi dans ce sens et est un élément d'un plan d'attaque bien senti, plus que l'acceptation d'une vision de l'éducation.

Sur ce point, je suis d'accord avec toi. A une nuance près, cependant : à mon avis, c'est moins Macron qui est malin que ses adversaires qui paient leur nullité crasse. Coupons la poire en deux : il est assez malin pour tirer profit de leur nullité crasse.

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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par henriette le Sam 20 Mai 2017 - 13:49

@Zagara a écrit:Transformer les échecs en réussites est la spécialité de la communication du MEN.
L'échec, c'est de la réussite différée. professeur

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Re: Les mille ambiguïtés éducatives de M. Macron

Message par Rendash le Sam 20 Mai 2017 - 13:49

@Moonchild a écrit:Pour résumer l'objet de mes réticences, je dirais que je suis plutôt inquiet devant l'accent mis - aussi bien avant et après sa nomination à la tête du ministère - sur l'autonomie et l'expérimentation dont nous avons tous pu à petite échelle mesurer les effets délétères ; une telle insistance n'aurait pas de sens si son projet était uniquement de les appliquer à dose homéopathique ou à des cas très particuliers de formation ultra-spécifiques, sauf à considérer que Blanquer ne fait rien d'autre que de la pure communication politique afin de dissimuler son futur immobilisme, ce que je ne crois pas. C'est quelqu'un qui a manifestement une vision réformiste et qui connaît bien l'institution, il sait donc qu'une nouvelle loi d'orientation édictée de manière tonitruante n'aurait en définitive pas l'effet escompté et, derrière la mesure de ses propos, je perçois surtout une méthodologie de la réforme, plus lente, plus progressive, mais aussi plus assurée.


Pas mieux.


@Balthazaard a écrit:Mais je suis d'accord avec toi, cela dit il est persuadé que cela va marcher et que les profs vont trouver des avantages...je pense comme toi que ce n'est pas le cas. Il faudra voir que deviendront ses propos quand il faudra assumer les échecs.
Maintenant si ça marche; c'est à nous de nous poser des questions..

Voyons déjà le coup de l'éducation prioritaire, je pense que 3000 euros de plus, compte tenu de la charge nerveuse c'est de la rigolade, surtout si on veut attirer des profs ayant de la bouteille.Si comme je le crois ce sera un échec on verra ce que sera la com ministérielle et comment cette "expérimentation" sera jugée.

Donc, nous sommes d'accord sur l'essentiel, en fin de compte Laughing
Sauf sur l'autonomie et l'annualisation, que tu n'évoques pas Razz

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