Première interview du nouveau ministre

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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par ZeSandman le Sam 20 Mai 2017 - 18:53

@Elyas a écrit:
@Rendash a écrit:
@William Foster a écrit:
@Albius a écrit:Cela change et fait du bien de lire quelqu'un qui semble connaître ses dossiers et avoir une vision pragmatique tout en réaffirmant des valeurs ("Nous allons valoriser le latin et le grec, qui sont au cœur de notre civilisation et de notre langage") bien mises à mal lors du dernier quinquennat.
Oui, c'est rassurant. J'avais un peu peur qu'en période électorale il ne tienne un discours de velours avec des postures qui seront vite oubliées et des mensonges trop grossiers, mais là je suis rassuré. Smile

C'est parce qu'il y a Bayrou yesyes


Bon, après, on a le droit d'être de droite et de soutenir le choix de Fillon et Macron, c'est évident, et honorable. Mais voir des gens voter Macron pour faire barrage à Fillon (sur l'école du moins), et se taper le ministre qu'il avait choisi, c'est quand même cocasse Laughing

En revanche, voir en Blanquer un "barrage aux pédagogistes", c'est mignon tout plein, mais il faut le dire vite (et bourré).

La plupart des "pédagogistes" de la Rue de Grenelle doivent leur poste à Blanquer. Donc, oui, lire que des gens pensent que Blanquer va remettre à sa place les personnes qu'il a placées, c'est tristement drôle.

Ensuite, n'oublions pas que des "expérimentations" sortant totalement des cadres ont été mises en place sous sa direction. Un exemple : Céline Alvarez. Il manie actuellement des expressions qui devraient terrifier tout le monde : neurosciences / expérimentations / pragmatisme / validation scientifique. Quand on sait la définition de ces expressions à la DGESCO, on ne peut que trembler.

Si par neurosciences, il entend neurosciences cognitives, je dis peut-être une bêtise mais c'est une branche où il me semble que le mot science n'est pas galvaudé (respect des procédures scientifiques à proprement parler). C'est sûr que s'il estime que les sciences de l'éducation sont une véritable science, là c'est plus la même, et validation scientifique ne devient qu'un emballage.

Pour expérimentations et pragmatisme, étant donné le CV du monsieur, terrorisé en effet je suis.

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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par laMiss le Sam 20 Mai 2017 - 18:55

@Madame_Prof a écrit:
@lisette83 a écrit:Pour avoir lu tout l'article, c'est plutôt rassurant et prometteur...

Ah bon ? 

Le peu qui est cité évoque quand même "l'autonomie accrue des établissements" ! 

Absolument !!!
Réveillez-vous !
http://www.neoprofs.org/t110980p150-les-mille-ambiguites-educatives-de-m-macron#4088543

@Madame_Prof a écrit: Puis, c'est bien de parler des bilangues et des langues anciennes, mais quid de tous les autres aspects de la réforme (AP, EPI, cycles) ?

Oui, d'autant que si on recoupe avec ce qu'a évoqué Macron, il s'agirait de "parcours" bilangue. Quoi de plus vaseux ? Croisons-les doigts, mais je doute fort que l'article de l'arrêté soit modifié. Or, c'est le contenu de cet article qui constitue le nœud du pb des bilangues.

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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par Elyas le Sam 20 Mai 2017 - 19:00

@ZeSandman a écrit:
@Elyas a écrit:
@Rendash a écrit:
@William Foster a écrit:
Oui, c'est rassurant. J'avais un peu peur qu'en période électorale il ne tienne un discours de velours avec des postures qui seront vite oubliées et des mensonges trop grossiers, mais là je suis rassuré. Smile

C'est parce qu'il y a Bayrou yesyes


Bon, après, on a le droit d'être de droite et de soutenir le choix de Fillon et Macron, c'est évident, et honorable. Mais voir des gens voter Macron pour faire barrage à Fillon (sur l'école du moins), et se taper le ministre qu'il avait choisi, c'est quand même cocasse Laughing

En revanche, voir en Blanquer un "barrage aux pédagogistes", c'est mignon tout plein, mais il faut le dire vite (et bourré).

La plupart des "pédagogistes" de la Rue de Grenelle doivent leur poste à Blanquer. Donc, oui, lire que des gens pensent que Blanquer va remettre à sa place les personnes qu'il a placées, c'est tristement drôle.

Ensuite, n'oublions pas que des "expérimentations" sortant totalement des cadres ont été mises en place sous sa direction. Un exemple : Céline Alvarez. Il manie actuellement des expressions qui devraient terrifier tout le monde : neurosciences / expérimentations / pragmatisme / validation scientifique. Quand on sait la définition de ces expressions à la DGESCO, on ne peut que trembler.

Si par neurosciences, il entend neurosciences cognitives, je dis peut-être une bêtise mais c'est une branche où il me semble que le mot science n'est pas galvaudé (respect des procédures scientifiques à proprement parler). C'est sûr que s'il estime que les sciences de l'éducation sont une véritable science, là c'est plus la même, et validation scientifique ne devient qu'un emballage.

Pour expérimentations et pragmatisme, étant donné le CV du monsieur, terrorisé en effet je suis.

Il est toujours amusant de noter que les psychologues faisant des neurosciences ont réussi un double assez surprenant :
- les débats ultra-violent sur l'interprétation des données ne sortent pas de leurs cercles et le public n'a droit qu'aux gens les plus médiatiques et qui ont le plus gros réseau (comme Stanislas Dehaene qui est violemment critiqué par pas mal de ses pairs mais personne dans les médias ne fait l'écho de ces critiques). Il y a donc une illusion d'un consensus scientifique et d'une validation des hypothèses médiatiques ce qui n'est pas nécessairement le cas.
- le fait qu'on considère que cette science jeune dit le vrai alors que les consensus scientifiques à l'intérieur ne sont pas nombreux.

Les neurosciences qui influencent actuellement l'EN sont du fait des psychologues, par des biologistes. Dès que tu sais ça et que tu te rappelles des neuromythes, tu te prépares à avoir dans 20 ans des retournements de veste assez fort.

Il faut, en la matière, rester prudent. Des choses très intéressantes émergent mais tout est si jeune et les interprétations profuses qu'il faut arrêter. Les neurosciences sont la nouvelle religion à la mode de la DGESCO. As-tu déjà vu une classe de lycée "neuroscience" ? Oui, ça existe.
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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par laMiss le Sam 20 Mai 2017 - 19:01

Oh !!!
L'interview que je citais sur le topic concernant Blanquet a été remplacée par autre chose !!!

http://www.lesinrocks.com/2017/05/19/actualite/en-cachette-la-sulfureuse-association-sos-education-efface-tous-ses-liens-avec-le-nouveau-ministre-de-leducation-nationale-11946572/

_________________
aai Faut lui laisser sa chance ! Jusque là tout va bien ! aai

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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par Jacq le Sam 20 Mai 2017 - 19:09

Même info sur France Info :

http://www.francetvinfo.fr/societe/education/la-mysterieuse-disparition-d-une-interview-du-ministre-de-l-education-nationale_2199518.html

Extrait :
"Est-ce un premier couac pour le nouveau locataire de la rue de Grenelle ? Une interview donnée par Jean-Michel Blanquer à l'association SOS Education a mystérieusement disparu deux jours après sa nomination comme ministre de l'Education nationale, rapportent vendredi 19 mai Les Inrocks et Le Figaro. Dans cet entretien, "le ministre donnait sa vision de l'éducation et les grandes lignes de son projet pour le ministère", note également 20 Minutes.

"Sans aller vers des logiques de privatisation, on peut aller vers des logiques de délégation, qui permettent d'accomplir mieux le service public en responsabilisant davantage les acteurs", y expliquait notamment le ministre. "

Certains pensent que c'est rassurant ?
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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par Jacq le Sam 20 Mai 2017 - 19:15

@Sibylle a écrit:
@Mamino a écrit: Nous allons valoriser le latin et le grec, qui sont au cœur de notre civilisation et de notre langage. Arrêtons de considérer que ces disciplines rigidifient les différences sociales ; ce sont des outils de promotion pour tous.

Je fais de la publicité vers le topic que j'ai ouvert : http://www.neoprofs.org/t111124-projet-de-petition-pour-les-langues-anciennes#4088332[/quote] [EDIT : mauvaise manip dans la "citation" de Sibylle ]

Inquiétez-vous les amis et collègues, chaque fois que les gouvernements de droite comme de gauche prétendent valoriser l'enseignement professionnel ils creusent en réalité sa tombe !
Voir à ce sujet la politique à laquelle a justement contribué notre nouveau ministre durant le funeste ministère de L.Chatel.


Dernière édition par Jacq le Sam 20 Mai 2017 - 19:23, édité 2 fois
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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par laMiss le Sam 20 Mai 2017 - 19:20

@Jacq : je l'avais lue en entier et franchement, rien de rassurant, on est d'accord...

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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par ZeSandman le Sam 20 Mai 2017 - 19:24

@Elyas a écrit:
@ZeSandman a écrit:
@Elyas a écrit:
@Rendash a écrit:

C'est parce qu'il y a Bayrou yesyes


Bon, après, on a le droit d'être de droite et de soutenir le choix de Fillon et Macron, c'est évident, et honorable. Mais voir des gens voter Macron pour faire barrage à Fillon (sur l'école du moins), et se taper le ministre qu'il avait choisi, c'est quand même cocasse Laughing

En revanche, voir en Blanquer un "barrage aux pédagogistes", c'est mignon tout plein, mais il faut le dire vite (et bourré).

La plupart des "pédagogistes" de la Rue de Grenelle doivent leur poste à Blanquer. Donc, oui, lire que des gens pensent que Blanquer va remettre à sa place les personnes qu'il a placées, c'est tristement drôle.

Ensuite, n'oublions pas que des "expérimentations" sortant totalement des cadres ont été mises en place sous sa direction. Un exemple : Céline Alvarez. Il manie actuellement des expressions qui devraient terrifier tout le monde : neurosciences / expérimentations / pragmatisme / validation scientifique. Quand on sait la définition de ces expressions à la DGESCO, on ne peut que trembler.

Si par neurosciences, il entend neurosciences cognitives, je dis peut-être une bêtise mais c'est une branche où il me semble que le mot science n'est pas galvaudé (respect des procédures scientifiques à proprement parler). C'est sûr que s'il estime que les sciences de l'éducation sont une véritable science, là c'est plus la même, et validation scientifique ne devient qu'un emballage.

Pour expérimentations et pragmatisme, étant donné le CV du monsieur, terrorisé en effet je suis.

Il est toujours amusant de noter que les psychologues faisant des neurosciences ont réussi un double assez surprenant :
- les débats ultra-violent sur l'interprétation des données ne sortent pas de leurs cercles et le public n'a droit qu'aux gens les plus médiatiques et qui ont le plus gros réseau (comme Stanislas Dehaene qui est violemment critiqué par pas mal de ses pairs mais personne dans les médias ne fait l'écho de ces critiques). Il y a donc une illusion d'un consensus scientifique et d'une validation des hypothèses médiatiques ce qui n'est pas nécessairement le cas.
- le fait qu'on considère que cette science jeune dit le vrai alors que les consensus scientifiques à l'intérieur ne sont pas nombreux.

Les neurosciences qui influencent actuellement l'EN sont du fait des psychologues, par des biologistes. Dès que tu sais ça et que tu te rappelles des neuromythes, tu te prépares à avoir dans 20 ans des retournements de veste assez fort.

Il faut, en la matière, rester prudent. Des choses très intéressantes émergent mais tout est si jeune et les interprétations profuses qu'il faut arrêter. Les neurosciences sont la nouvelle religion à la mode de la DGESCO. As-tu déjà vu une classe de lycée "neuroscience" ? Oui, ça existe.

Merci Elyas (je sentais bien que je disais une bêtise ! Razz )
J'ai gardé l'image des références citées par Christodoulou dans "7 Myths", qui étaient plutôt des études de biologistes il me semble.

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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par Jacq le Sam 20 Mai 2017 - 19:27

@laMiss a écrit:Oh !!!
L'interview que je citais sur le topic concernant Blanquet a été remplacée par autre chose !!!

http://www.lesinrocks.com/2017/05/19/actualite/en-cachette-la-sulfureuse-association-sos-education-efface-tous-ses-liens-avec-le-nouveau-ministre-de-leducation-nationale-11946572/

Les Inrocks qui indiquent que l'on peut retrouver l'interview en question ici :

http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:blog.soseducation.org/il-faut-avoir-une-vision-systemique/
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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par Gryphe le Sam 20 Mai 2017 - 19:30

Tiens, je viens de me rendre compte que M. Blanquer a plein de points communs dans son parcours avec Mme Robine...
- Recteur de Guyane
- Recteur de Créteil
- DGESCO.

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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par Jacq le Sam 20 Mai 2017 - 19:33

@lisette83 a écrit:Au moins, comme dit plus haut, il a une vision réaliste de la situation.
Vu comment les syndicats ont mis du temps à réagir lors de la réforme, il faudra de toute façon encore beaucoup plus de temps pour la détricoter.


Les syndicats ont réagi : certains s'y sont opposés (une majorité) et d'autres l'ont soutenu.
Ce qui est certain c'est qu'en dénigrant systématiquement l'action des syndicats ont augmente l'abstention aux élections et on favorise la montée des syndicats que nous connaissons et qui nous flinguent dans le dos. Alors allez donc voter et empêcher ces syndicats de monter.
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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par Rendash le Sam 20 Mai 2017 - 19:33

@Serge a écrit:
Nous allons rétablir les classes bilangues. Nous allons valoriser le latin et le grec, qui sont au cœur de notre civilisation et de notre langage.

   Pourquoi ne dit-il pas : Nous allons rétablir les classes bilangues et le latin et le grec. 

Rétablir les classes bilangues, c'est clair.
Mais pourquoi juste dire "valoriser" le latin, au lieu de dire "rétablir" l'option comme avant.  scratch

Il doit y avoir une subtilité qu'on risque de découvrir bien assez tôt.  Suspect

Les langues anciennes agoniseront quelque temps, tant qu'il restera un vivier de professeurs, puis elles mourront. Le certificat de décès est déjà signé : plus encore que leur suppression en tant que discipline au collège, c'est la fin du CAPES de lettres classiques à part entière qui tuera le vivier. Il restera l'agreg', pour le supérieur, et encore : plus de véritables LC au collège (sauf dévouement et courage des dinosaurae qui continuent à se battre contre tout et tout le monde, mais ne pourront plus faire grand-chose) veut dire plus de vivier de recrutement au lycée, donc en fac. Tout ce qui a été maintes fois décrit par les collègues, donc.

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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par trompettemarine le Sam 20 Mai 2017 - 20:09

@Celadon a écrit:
@trompettemarine a écrit:Question sérieuse : était-il à la manoeuvre lors de la réforme Châtel ?
Réponse dans l'article :
http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/05/17/jean-michel-blanquer-un-specialiste-marque-a-droite-a-l-education-nationale_5129208_823448.html
: Jean-Michel Blanquer, 52 ans, est à l’hôtel de Rochechouart en terrain connu. Il y a été le « numéro 2 » sous la droite, entre 2009 et 2012, au poste de directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco). Un « ministre bis » aux côtés de Luc Chatel, que l’on disait alors peu au fait des réalités scolaires. Il y a conservé des soutiens, des fidèles. Bref, des repères.

Bien, tout est dit. Nihil nove... (impossible de parler de soleil...)
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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par trompettemarine le Sam 20 Mai 2017 - 20:12

@Rendash a écrit:
@Serge a écrit:
Nous allons rétablir les classes bilangues. Nous allons valoriser le latin et le grec, qui sont au cœur de notre civilisation et de notre langage.

   Pourquoi ne dit-il pas : Nous allons rétablir les classes bilangues et le latin et le grec. 

Rétablir les classes bilangues, c'est clair.
Mais pourquoi juste dire "valoriser" le latin, au lieu de dire "rétablir" l'option comme avant.  scratch

Il doit y avoir une subtilité qu'on risque de découvrir bien assez tôt.  Suspect

Les langues anciennes agoniseront quelque temps, tant qu'il restera un vivier de professeurs, puis elles mourront. Le certificat de décès est déjà signé : plus encore que leur suppression en tant que discipline au collège, c'est la fin du CAPES de lettres classiques à part entière qui tuera le vivier. Il restera l'agreg', pour le supérieur, et encore : plus de véritables LC au collège (sauf dévouement et courage des dinosaurae qui continuent à se battre contre tout et tout le monde, mais ne pourront plus faire grand-chose) veut dire plus de vivier de recrutement au lycée, donc en fac. Tout ce qui a été maintes fois décrit par les collègues, donc.

Je changerais le temps : "a tué".
Les humanités sont finies. Rabelais est mort, Vive Zuckerberg. Attendons quelques centaines d'années la prochaine Renaissance ! En attendant, tâchons de survivre à Nabilla, Uber, et autres siècles obscurs !
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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par Celadon le Sam 20 Mai 2017 - 20:17

Parvenir en si peu de temps à nous couper de l'origine de notre langue et de nos racines sans plus de réaction que ça pour qu'on se livre nous-mêmes pieds et poings liés à quelqu'un qui ne voit pas de culture française, seulement un territoire et encore, sans frontières, et ne jure que par une Europe antisociale, il faut avouer que c'est fort. Très fort.
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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par Daphné le Sam 20 Mai 2017 - 20:25

@Celadon a écrit:Parvenir en si peu de temps à nous couper de l'origine de notre langue et de nos racines sans plus de réaction que ça pour qu'on se livre nous-mêmes pieds et poings liés à quelqu'un qui ne voit pas de culture française, seulement un territoire et encore, sans frontières, et ne jure que par une Europe antisociale, il faut avouer que c'est fort. Très fort.

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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par Gryphe le Sam 20 Mai 2017 - 20:37

@Celadon a écrit:Parvenir en si peu de temps à nous couper de l'origine de notre langue et de nos racines sans plus de réaction que ça pour qu'on se livre nous-mêmes pieds et poings liés à quelqu'un qui ne voit pas de culture française, seulement un territoire et encore, sans frontières, et ne jure que par une Europe antisociale, il faut avouer que c'est fort. Très fort.
Oui mais il a l'air tout gentil comme ça et c'est nous qui passons pour des méchants, inconséquents, qui avons perdu la tête à nous détourner de ce qu'il est obligatoire de voter. C'est insupportable. Et en plus on s'en prend plein la figure. M'énerve.

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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par Tem-to le Sam 20 Mai 2017 - 20:46

@trompettemarine a écrit:
Je changerais le temps : "a tué".
Les humanités sont finies. Rabelais est mort, Vive Zuckerberg. Attendons quelques centaines d'années la prochaine Renaissance ! En attendant, tâchons de survivre à Nabilla, Uber, et autres siècles obscurs !
Les jeunes et même une bonne partie des vingtenaires voire trentenaires, auront du mal à passer à quelque Renaissance que ce soit avec pour guide spirituel Cyril Hanouna, leader de générations par le biais de la TV et le buzz sur internet ainsi que sur les réseaux. Dans les villes dans les campagnes, ça gagne...

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Il nous faut donner des gages de vanité : la société n'accepte pas qu'on en soit dénué.
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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par Balthazaard le Sam 20 Mai 2017 - 20:47

@VanGogh59 a écrit:
@henriette a écrit:
@Balthazaard a écrit:Question subsidiaire:  quel est le syndicat qui s'est "réjouit de voir un pédagogue à la tête de l'éducation" quand Peillon a été nommé?
(amusant pour ceux qui connaissaient un peu le bonhomme et ses déclarations, pour info la video de royal sur les 35h pour les enseignants est de 2006, Peillon étant alors son mentor sur ces sujets, leur brouille est venue en 2009)?
Histoire de dire que la perception d'un ministre et de ses propos n'est pas indifférente de sa couleur politique.
@Balthazaard a écrit:Cela finit par "c"
Pour être très précis - et autant l'être - voici le texte complet du dit-communiqué de presse, histoire de remettre dans son contexte le propos évoqué par Balthazaard :

Communiqué de presse du 17 Mai 2012
Le SNALC-FGAF salue positivement la nomination de M. Vincent Peillon comme Ministre de l'Education nationale

Avec cette nomination le SNALC-FGAF se réjouit du retour à la tête du Ministère de l'Education nationale d'un praticien de la pédagogie qui, contrairement à son prédécesseur, en tant que professeur de philosophie, sait ce qu' « enseigner sur le terrain » signifie.

Par ailleurs, le syndicat a pu apprécier le sens de l'écoute et du dialogue dont le nouveau ministre et toute son équipe ont su faire preuve lors des rencontres bilatérales auxquelles le SNALC-FGAF a participé.

Dès à présent, le SNALC-FGAF tient à attirer l'attention du nouveau ministre sur quatre nécessités urgentes à ses yeux:
- l'abrogation du tout récent et scélérat décret sur l'évaluation des professeurs ;
- la remise en cause du dispositif ECLAIR ;
- la nécessité de consignes claires pour les nouvelles épreuves anticipées d'histoire-géographie en première S, qui déstabilisent élèves et professeurs à quelques semaines du bac ;
- la réintégration d'urgence dans le mouvement intra des postes à temps plein indûment réservés pour les stagiaires à la rentrée 2012.

Prenant acte du contexte positif initié le 15 mai dernier par le discours du nouveau Président, le SNALC-FGAF entend donc participer activement à la refondation de l'Ecole de la République que le nouveau gouvernement souhaite mener à bien en concertation avec toutes les organisations syndicales du secteur éducatif.
Tiens c'est drôle. Sur un autre post, il traite mes propos de "caricaturistes". Visiblement, il s'y connaît en caricature  Very Happy

Eh bien ne t'en déplaise mes propos (cités de mémoire après 5 ans ) figurent sous une forme équivalente dans le texte d'henriette. Je n'y vois aucune caricature, quant au texte original, qui ne tempère quoi que ce soit, et dont il serait facile de se moquer après coup de certains propos "optimistes", je ne l'ai pas retrouvé dans les archives du snalc, cela ne m'aurait pas gênè de le citer.
D'ailleurs je ne suis même pas sur que ce soit celui que j'ai lu car j'avais souvenir de quelque chose de beaucoup plus court, cela dit ça date de 5 ans, je ne suis pas certain de ma mémoire mais je me souviens très bien que le ton, disons, chaleureux m'avait beaucoup choqué. L'avenir a confirmé mes craintes.
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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par KinetteKinette le Sam 20 Mai 2017 - 21:40

@Elyas a écrit:
Il est toujours amusant de noter que les psychologues faisant des neurosciences ont réussi un double assez surprenant :
- les débats ultra-violent sur l'interprétation des données ne sortent pas de leurs cercles et le public n'a droit qu'aux gens les plus médiatiques et qui ont le plus gros réseau (comme Stanislas Dehaene qui est violemment critiqué par pas mal de ses pairs mais personne dans les médias ne fait l'écho de ces critiques). Il y a donc une illusion d'un consensus scientifique et d'une validation des hypothèses médiatiques ce qui n'est pas nécessairement le cas.
- le fait qu'on considère que cette science jeune dit le vrai alors que les consensus scientifiques à l'intérieur ne sont pas nombreux.

Les neurosciences qui influencent actuellement l'EN sont du fait des psychologues, par des biologistes. Dès que tu sais ça et que tu te rappelles des neuromythes, tu te prépares à avoir dans 20 ans des retournements de veste assez fort.

Il faut, en la matière, rester prudent. Des choses très intéressantes émergent mais tout est si jeune et les interprétations profuses qu'il faut arrêter. Les neurosciences sont la nouvelle religion à la mode de la DGESCO. As-tu déjà vu une classe de lycée "neuroscience" ? Oui, ça existe.
Je suis d'accord avec ce qui a été dit sur les neurosciences: en ce qui concerne l'être humain, et particulièrement l'apprentissage, on progresse doucement, et certains ont tendance à conclure rapidement des choses à partir de quelques études, et évidemment celles qui vont dans leur sens (on en voit un bon exemple avec les histoires de "cerveau droit/gauche" complètement déformées et caricaturées par les médias et les psy à la noix: pour preuve, j'ai eu une formatrice qui a commencé à nous sortir des salades sur ce thème. Avec quelques collègues, nous avons eu la joie de lui expliquer que c'était nettement plus compliqué que ça... bon, elle était sympa, et ne l'a pas mal pris ; un autre exemple classique est celui des différences hommes/femmes au niveau du cerveau).

On a eu un mail il y a quelques temps qui demandait des volontaires pour une formation en neurosciences : sur le coup, je me suis dit que ça pouvait être chouette. Quand j'ai lu dans le détail, j'ai compris que c'était pour devenir soi-même évangélisateur formateur, et là, je me suis dit que ça sentait le roussi.

K
PS: ça m'étonnerait que les recherches montrant que l'on apprend bien par la répétition d'exercices similaires soit prise comme base pour de la pédagogie à la mode, par exemple (ou alors ça servira à justifier le spiralaire, sans aucun lien réel avec le mode opératoire de ces expériences).

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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par Rendash le Sam 20 Mai 2017 - 22:03

@KinetteKinette a écrit:
@Elyas a écrit:
Il est toujours amusant de noter que les psychologues faisant des neurosciences ont réussi un double assez surprenant :
- les débats ultra-violent sur l'interprétation des données ne sortent pas de leurs cercles et le public n'a droit qu'aux gens les plus médiatiques et qui ont le plus gros réseau (comme Stanislas Dehaene qui est violemment critiqué par pas mal de ses pairs mais personne dans les médias ne fait l'écho de ces critiques). Il y a donc une illusion d'un consensus scientifique et d'une validation des hypothèses médiatiques ce qui n'est pas nécessairement le cas.
- le fait qu'on considère que cette science jeune dit le vrai alors que les consensus scientifiques à l'intérieur ne sont pas nombreux.

Les neurosciences qui influencent actuellement l'EN sont du fait des psychologues, par des biologistes. Dès que tu sais ça et que tu te rappelles des neuromythes, tu te prépares à avoir dans 20 ans des retournements de veste assez fort.

Il faut, en la matière, rester prudent. Des choses très intéressantes émergent mais tout est si jeune et les interprétations profuses qu'il faut arrêter. Les neurosciences sont la nouvelle religion à la mode de la DGESCO. As-tu déjà vu une classe de lycée "neuroscience" ? Oui, ça existe.
Je suis d'accord avec ce qui a été dit sur les neurosciences: en ce qui concerne l'être humain, et particulièrement l'apprentissage, on progresse doucement, et certains ont tendance à conclure rapidement des choses à partir de quelques études, et évidemment celles qui vont dans leur sens (on en voit un bon exemple avec les histoires de "cerveau droit/gauche" complètement déformées et caricaturées par les médias et les psy à la noix: pour preuve, j'ai eu une formatrice qui a commencé à nous sortir des salades sur ce thème. Avec quelques collègues, nous avons eu la joie de lui expliquer que c'était nettement plus compliqué que ça... bon, elle était sympa, et ne l'a pas mal pris ; un autre exemple classique est celui des différences hommes/femmes au niveau du cerveau).

On a eu un mail il y a quelques temps qui demandait des volontaires pour une formation en neurosciences : sur le coup, je me suis dit que ça pouvait être chouette. Quand j'ai lu dans le détail, j'ai compris que c'était pour devenir soi-même évangélisateur formateur, et là, je me suis dit que ça sentait le roussi.

K
PS: ça m'étonnerait que les recherches montrant que l'on apprend bien par la répétition d'exercices similaires soit prise comme base pour de la pédagogie à la mode, par exemple (ou alors ça servira à justifier le spiralaire, sans aucun lien réel avec le mode opératoire de ces expériences).

Avec en plus la dimension de caution intellectuelle que ces recherches érigées en vérité absolue et présentée comme un consensus de la "communauté scientifique" donnent aux "sciences de l'éducation", et qui sert d'alibi à certains pour imposer leurs lubies, et permettent à d'autres de se prendre au sérieux. Pardon, en "professionnels de l'éducation", comme si les autres ne l'étaient pas au moins autant.

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Mais pourtant y'avait Bayrou Sad
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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par Balthamos le Dim 21 Mai 2017 - 11:26

Ce ministre ne me rassure pas.

- son pedigree. Il a servi sous des ministres de droite qui n'ont pas laissé une très bonne image de l'EN. D'après Barouin, il était sûr d'être le ministre de l'EN si Sarko était élu

- sa carrière. Il a mis en place les évaluations Blanquer qui avaient comme objectifs d'évaluer les enseignants en fonction du résultat. Une évaluation des enseignants et des établissements en fonction des résultats des élèves.

- ses idées. Au lieu de parler d'autonomie d'établissement, on devrait écrire autonomie du chef d'établissement, dans ses choix. Et connaissant un certain nombre de chefs, je n'ai pas envie de leur laisser plus grande autonomie. Au contraire.
Il veut donner plus de liberté aux enseignants pour les EPI.... mais qu'est ce que ca veut dire ?
Son idée de donner une place au local, de favoriser les expérimentations veut aussi dire la fin d'une éducation nationale (en tout cas dans l'idée) et une concurrence au local. Dans cette vision, quelle place occupe le privé et les entreprises ?
Pour le programme d'histoire, il veut "renforcer cette dimension chronologique" (le monde), c'est beau mais comment renforcer la "dimension chronologique" dans un programme qui l'est déjà ? Soit en revenant à l'histoire événementielle dans mise en perspective et compréhension de l'événement, soit en exprimant une phrase creuse pour rassurer les gens de droites qui s'offusquaient à tord de la disparition de la chronologie au collège. Sans oublier cette phrase "Le fait de connaître les rois de France, ce n’est pas du passéisme". Pour moi, le fait de la formuler montre bien quelle vision il a de ma discipline (et son ignorance par ailleurs).

Bref, il ne me rassure pas, et j'ai même peur qu'il rassure l'opinion publique à notre détriment. Par exemple, en rétablissant les bilangues (opinion publique ravie) mais dans le choix de l'établissement (autonomie) et dans l'enveloppe attribuée (rigueur, qui va perdre des heures pour la bilangue ? Quels groupes vont disparaitre ?) (et là l'opinion publique ne suit plus, c'est peu compréhensible et elle est déjà ravie).


Dernière édition par Balthamos le Dim 21 Mai 2017 - 11:28, édité 1 fois
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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par Balthazaard le Dim 21 Mai 2017 - 11:26

@Elyas a écrit:
@ZeSandman a écrit:
@Elyas a écrit:
@Rendash a écrit:

C'est parce qu'il y a Bayrou yesyes


Bon, après, on a le droit d'être de droite et de soutenir le choix de Fillon et Macron, c'est évident, et honorable. Mais voir des gens voter Macron pour faire barrage à Fillon (sur l'école du moins), et se taper le ministre qu'il avait choisi, c'est quand même cocasse Laughing

En revanche, voir en Blanquer un "barrage aux pédagogistes", c'est mignon tout plein, mais il faut le dire vite (et bourré).

La plupart des "pédagogistes" de la Rue de Grenelle doivent leur poste à Blanquer. Donc, oui, lire que des gens pensent que Blanquer va remettre à sa place les personnes qu'il a placées, c'est tristement drôle.

Ensuite, n'oublions pas que des "expérimentations" sortant totalement des cadres ont été mises en place sous sa direction. Un exemple : Céline Alvarez. Il manie actuellement des expressions qui devraient terrifier tout le monde : neurosciences / expérimentations / pragmatisme / validation scientifique. Quand on sait la définition de ces expressions à la DGESCO, on ne peut que trembler.

Si par neurosciences, il entend neurosciences cognitives, je dis peut-être une bêtise mais c'est une branche où il me semble que le mot science n'est pas galvaudé (respect des procédures scientifiques à proprement parler). C'est sûr que s'il estime que les sciences de l'éducation sont une véritable science, là c'est plus la même, et validation scientifique ne devient qu'un emballage.

Pour expérimentations et pragmatisme, étant donné le CV du monsieur, terrorisé en effet je suis.

Il est toujours amusant de noter que les psychologues faisant des neurosciences ont réussi un double assez surprenant :
- les débats ultra-violent sur l'interprétation des données ne sortent pas de leurs cercles et le public n'a droit qu'aux gens les plus médiatiques et qui ont le plus gros réseau (comme Stanislas Dehaene qui est violemment critiqué par pas mal de ses pairs mais personne dans les médias ne fait l'écho de ces critiques). Il y a donc une illusion d'un consensus scientifique et d'une validation des hypothèses médiatiques ce qui n'est pas nécessairement le cas.
- le fait qu'on considère que cette science jeune dit le vrai alors que les consensus scientifiques à l'intérieur ne sont pas nombreux.

Les neurosciences qui influencent actuellement l'EN sont du fait des psychologues, pas des biologistes. Dès que tu sais ça et que tu te rappelles des neuromythes, tu te prépares à avoir dans 20 ans des retournements de veste assez fort.

Il faut, en la matière, rester prudent. Des choses très intéressantes émergent mais tout est si jeune et les interprétations profuses qu'il faut arrêter. Les neurosciences sont la nouvelle religion à la mode de la DGESCO. As-tu déjà vu une classe de lycée "neuroscience" ? Oui, ça existe.

Elyas, pour une fois d'accord avec toi sans réserve. Neurosciences est trop vague entre neurobiologie et neuropsychologie. Quasiment aucun article de neuropsychologie dans les revues scientifiques reconnues, la neuropsychologie tourne dans un monde clos. Je suppose que tous les spécialistes des sciences de l'éducation sont en recyclage en neuropsychologie.
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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par Jacq le Dim 21 Mai 2017 - 11:50

@Balthamos a écrit:Ce ministre ne me rassure pas.

[...]

- ses idées. Au lieu de parler d'autonomie d'établissement, on devrait écrire autonomie du chef d'établissement, dans ses choix. Et connaissant un certain nombre de chefs, je n'ai pas envie de leur laisser plus grande autonomie. Au contraire.
[...]

C'est exactement cela. Et c'est pourquoi beaucoup de personnes que je connais pensent que c'est une bonne chose, et de me dire, dernièrement, "cela fonctionnera mieux, comme dans le privé". Sauf que dans le "privé" (enseignement) ce n'est pas comme cela que ça fonctionne, et surtout ce n'est pas ce qui fait le succès du privé. Ce qui fait son succès c'est la discipline vis à vis des élèves et le sentiment de sécurité. Ce qui fait aussi son succès c'est qu'ils n'ont pas de petits moutons de l'EN comme nous. En plus, nous l'avons vu, ce sont essentiellement les chefs des établissements publics qui se sont déclarés hostiles à la réforme du collège alors que nous n'avons pas (ou presque pas) entendu nos représentants des établissements publics s'y opposer (ah non, pas bon pour leur carrière). Cet élément de langage "d'autonomie des établissements" a une entente positive car elle évoque pour le public autre chose que la réalité de ce qu'elle implique pour l'école. Finalement l'autonomie des établissements sera la perte de toute autonomie pour ceux qui enseignent. Mais ça, le MEN va bien se garder de le mettre en avant.
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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par celitian le Dim 21 Mai 2017 - 12:02

@KinetteKinette a écrit:
@Elyas a écrit:
Il est toujours amusant de noter que les psychologues faisant des neurosciences ont réussi un double assez surprenant :
- les débats ultra-violent sur l'interprétation des données ne sortent pas de leurs cercles et le public n'a droit qu'aux gens les plus médiatiques et qui ont le plus gros réseau (comme Stanislas Dehaene qui est violemment critiqué par pas mal de ses pairs mais personne dans les médias ne fait l'écho de ces critiques). Il y a donc une illusion d'un consensus scientifique et d'une validation des hypothèses médiatiques ce qui n'est pas nécessairement le cas.
- le fait qu'on considère que cette science jeune dit le vrai alors que les consensus scientifiques à l'intérieur ne sont pas nombreux.

Les neurosciences qui influencent actuellement l'EN sont du fait des psychologues, par des biologistes. Dès que tu sais ça et que tu te rappelles des neuromythes, tu te prépares à avoir dans 20 ans des retournements de veste assez fort.

Il faut, en la matière, rester prudent. Des choses très intéressantes émergent mais tout est si jeune et les interprétations profuses qu'il faut arrêter. Les neurosciences sont la nouvelle religion à la mode de la DGESCO. As-tu déjà vu une classe de lycée "neuroscience" ? Oui, ça existe.
Je suis d'accord avec ce qui a été dit sur les neurosciences: en ce qui concerne l'être humain, et particulièrement l'apprentissage, on progresse doucement, et certains ont tendance à conclure rapidement des choses à partir de quelques études, et évidemment celles qui vont dans leur sens (on en voit un bon exemple avec les histoires de "cerveau droit/gauche" complètement déformées et caricaturées par les médias et les psy à la noix: pour preuve, j'ai eu une formatrice qui a commencé à nous sortir des salades sur ce thème. Avec quelques collègues, nous avons eu la joie de lui expliquer que c'était nettement plus compliqué que ça... bon, elle était sympa, et ne l'a pas mal pris ; un autre exemple classique est celui des différences hommes/femmes au niveau du cerveau).

On a eu un mail il y a quelques temps qui demandait des volontaires pour une formation en neurosciences : sur le coup, je me suis dit que ça pouvait être chouette. Quand j'ai lu dans le détail, j'ai compris que c'était pour devenir soi-même évangélisateur formateur, et là, je me suis dit que ça sentait le roussi.

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PS: ça m'étonnerait que les recherches montrant que l'on apprend bien par la répétition d'exercices similaires soit prise comme base pour de la pédagogie à la mode, par exemple (ou alors ça servira à justifier le spiralaire, sans aucun lien réel avec le mode opératoire de ces expériences).
Une question sûrement simpliste mais est-ce que les neurosciences = sciences cognitives ?

@Elyas lorsque tu parles de classse neuroscience, c'est la même chose que les cogni classes ?

Je n'arrive pas à m'y retrouver dans tous ces termes. Merci.
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Re: Première interview du nouveau ministre

Message par Elyas le Dim 21 Mai 2017 - 12:13

@Balthazaard a écrit:
@Elyas a écrit:
@ZeSandman a écrit:
@Elyas a écrit:

La plupart des "pédagogistes" de la Rue de Grenelle doivent leur poste à Blanquer. Donc, oui, lire que des gens pensent que Blanquer va remettre à sa place les personnes qu'il a placées, c'est tristement drôle.

Ensuite, n'oublions pas que des "expérimentations" sortant totalement des cadres ont été mises en place sous sa direction. Un exemple : Céline Alvarez. Il manie actuellement des expressions qui devraient terrifier tout le monde : neurosciences / expérimentations / pragmatisme / validation scientifique. Quand on sait la définition de ces expressions à la DGESCO, on ne peut que trembler.

Si par neurosciences, il entend neurosciences cognitives, je dis peut-être une bêtise mais c'est une branche où il me semble que le mot science n'est pas galvaudé (respect des procédures scientifiques à proprement parler). C'est sûr que s'il estime que les sciences de l'éducation sont une véritable science, là c'est plus la même, et validation scientifique ne devient qu'un emballage.

Pour expérimentations et pragmatisme, étant donné le CV du monsieur, terrorisé en effet je suis.

Il est toujours amusant de noter que les psychologues faisant des neurosciences ont réussi un double assez surprenant :
- les débats ultra-violent sur l'interprétation des données ne sortent pas de leurs cercles et le public n'a droit qu'aux gens les plus médiatiques et qui ont le plus gros réseau (comme Stanislas Dehaene qui est violemment critiqué par pas mal de ses pairs mais personne dans les médias ne fait l'écho de ces critiques). Il y a donc une illusion d'un consensus scientifique et d'une validation des hypothèses médiatiques ce qui n'est pas nécessairement le cas.
- le fait qu'on considère que cette science jeune dit le vrai alors que les consensus scientifiques à l'intérieur ne sont pas nombreux.

Les neurosciences qui influencent actuellement l'EN sont du fait des psychologues, pas des biologistes. Dès que tu sais ça et que tu te rappelles des neuromythes, tu te prépares à avoir dans 20 ans des retournements de veste assez fort.

Il faut, en la matière, rester prudent. Des choses très intéressantes émergent mais tout est si jeune et les interprétations profuses qu'il faut arrêter. Les neurosciences sont la nouvelle religion à la mode de la DGESCO. As-tu déjà vu une classe de lycée "neuroscience" ? Oui, ça existe.

Elyas, pour une fois d'accord avec toi sans réserve.  Neurosciences est trop vague entre neurobiologie et neuropsychologie. Quasiment aucun article de neuropsychologie dans les revues scientifiques reconnues, la neuropsychologie tourne dans un monde clos. Je suppose que tous les spécialistes des sciences de l'éducation sont en recyclage en neuropsychologie.

Pas à ma connaissance. Stanislas Dehaene, par exemple, est parti en recyclage dans les neurosciences. Il est adulé, au collège de France, a soutenu Céline Alvarez et compagnie. Il est très médiatique et médiatisé alors que sa science est toute jeune et en pleine mutation.
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