Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par Babarette le Ven 14 Juil 2017 - 16:51

Il faut avoir foi en son travail, c'est pour ça, donc on garde la vocation religieuse.
Ceci dit, je n'ai pas résolu le problème de la reproduction si on n'a pas de conjoint, donc il faudra travailler jusqu'à notre mort parce que nos enfants n'existeront pas et ne pourront payer nos retraites. Bon, et après, notre espèce va s'éteindre, mais ça, je ne sais pas si c'est très grave. :p

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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par William Foster le Ven 14 Juil 2017 - 17:00

@jérémiemarseille a écrit:Il n'y a pas de vérité universelle...
Et tout le monde est d'accord pour dire que cette phrase est vraie.

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Tout le monde me dit que je ne peux pas faire l'unanimité.
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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par VinZT le Ven 14 Juil 2017 - 17:12

Et tout cela est parfaitement cohérent :

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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par Ascagne le Ven 14 Juil 2017 - 17:21

@e-Wanderer : Oui, tu fais allusion dans tes messages à des points qu'il faudrait considérer, les contraintes chronophages (et parfois simplement bêtes) tout comme les excès de prudence excessifs, parfois sur des points vraiment secondaires... alors qu'on pourrait d'un même mouvement faire plus confiance aux professionnels concernés, économiser, et gagner du temps et de l'argent pour ce qui le mérite. D'ailleurs, c'est ce que d'aucuns préconisaient aux échéances électorales précédentes (avant la folie de 2017).

Sinon, concernant Macron et les chercheurs étrangers, oui, ça m'a agacé dès son premier appel pendant la campagne... Mais c'est typique des façons de penser d'une partie de la base de ses soutiens.
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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par Socioéconomicus le Ven 14 Juil 2017 - 17:43

Les résultats de l'enquête de l'association Sauvons La Recherche sur les conditions de recherche des personnels précaires ne sont pas très réjouissants. Le plan d'économie de 331 millions va sans doute amplifier ce malaise et réduire l'attractivité et la motivation du champs scientifique.

http://sauvonslarecherche.fr/spip.php?article4268


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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par jérémiemarseille le Ven 14 Juil 2017 - 17:45

Déjà que les normaliens ne s'orientent plus dans la recherche, c'est le signe d'un malaise...

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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par Schéhérazade le Ven 14 Juil 2017 - 18:21

@jérémiemarseille a écrit:Déjà que les normaliens ne s'orientent plus dans la recherche, c'est le signe d'un malaise...

C'est dramatique: on ne peut pas espérer redresser un pays, ni même éviter de le couler, en sacrifiant la recherche, c'est-à-dire, à long terme, la capacité d'innovation.
En effet qu'on commence déjà par les économies suggérées par e-Wanderer.
Et si l'euro est effectivement un obstacle au développement qu'il était censé favoriser, qu'on s'en débarrasse sans états d'âme.
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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par Tristana le Lun 17 Juil 2017 - 20:54

@jérémiemarseille a écrit:Je ne juge pas j'observe c'est tout... Les français ont voté pour un président pro européen, ils rejettent les partis anti-européens (FN, France Insoumise).

On ne peut pas parler de rejet quand l'un de ces deux partis est arrivé au second tour et que l'autre a failli y être également.
Il est suffisamment rare que quatre candidats aussi différents se retrouvent au coude-à-coude dans une élection présidentielle pour ne pas jeter ça par-dessus bord en osant prétendre que les Français ont rejeté les candidats qui n'étaient pas favorables à l'UE telle qu'elle existe. Bien au contraire, c'est la première fois depuis bien longtemps qu'une aussi grosse partie des Français exprime sa volonté de voir les choses bouger.

@jérémiemarseille a écrit:Oui le professeur a un objectif de service public et il a un certain  niveau académique et d'étude. Mais le secrétariat est amené à disparaître avec les mails etc et le statut ne se justifie pas nécessairement avec un métier à vie. Les secrétaires et personnels d'encadrement devraient être plus mobiles d'une administration à l'autre et en contrepartie de cette mobilité, ils recevraient un salaire un peu plus élevé. Je connais une amie secrétaire qui n'a plus de travail dans son service et qui s'ennuie toute la journée. Mais ces fonctionnaires ne bougent pas de service. Il faut changer les mentalités. Les jeunes, on bouge plus facilement d'une ville à l'autre ou entre régions, mais certains dès qu'on leur demande de bouger, c'est la fin du monde...

Les secrétaires sont amenés à disparaître ? C'est une blague ? Ce sont les enseignants qui vont répondre aux demandes des étudiants, qui vont les renseigner, qui vont les aiguiller, qui vont leur donner leurs notes, qui vont planifier leurs salles de cours, qui vont organiser les examens ?
Au-delà de leur utilité évidente, je trouve assez scandaleux qu'on ose proposer que ceux qui ne sont pas enseignants devraient perdre le statut de fonctionnaires. Les administratifs font partie de l'ESR, quand bien même ils sont bien souvent mal considérés et notamment par leurs collègues enseignants, et en ce sens ils ne volent certainement pas leur statut si l'on considère leur implication pour la garantie d'un service public de qualité.

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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par Celadon le Lun 17 Juil 2017 - 21:06

Réorganiser le système, dit-elle.
http://blog.causeur.fr/bonnetdane/
où l'on trouve quelques suggestions dont certaines déjà proposées il y a plus de 10 ans...
Ce ne sont là que des pistes — on peut en imaginer bien d’autres, et multiplier les facs à dérogation type Dauphine. Mais je crains fort que comme le suggère in fine Pierre Dubois (qui prédit l’échec de Frédérique Vidal), tout cela ne serve qu’à promouvoir de nouveaux instituts d’enseignement supérieur, à statut plus ou moins privés et donc à fonctionnement à définir, chargés d’expérimenter de sélections tout à fait nouvelles et inédites — le partenariat avec les entreprises, que Frédérique Vidal a fortement sollicitées quand elle était Président d’Université, ou la sélection par l’argent, par exemple. C’est déjà le cas, mais personne n’ose le dire : jamais Bourdieu n’a eu autant raison, jamais la « reproduction » n’a autant joué à plein. Les classes au pouvoir se protègent comme elles peuvent — au mépris même des compétences et des talents. J’en parlerai bientôt.
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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par jérémiemarseille le Lun 17 Juil 2017 - 21:33

Tristana: je suis pour le service public de qualité mais on doit reconnaître qu'on croule sous les dettes. On peut se voiler la face comme les anciennes générations mais moi je le refuse pour mes enfants. Je dis juste qu'être dans l'Europe nous oblige à faire des sacrifices (on est 27 à choisir notre destin). On refuse l'Europe actuelle à juste titre mais on aura jamais l'Europe de nos rêves!

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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par Dr Raynal le Lun 17 Juil 2017 - 22:11

330 millions de moins pour la recherche, mais 30000 millions (oui) pour les JO de Pâââââris. On voit la priorité.
La république n'a pas besoin de savants.
Je me félicite d'autant d'orienter mes meilleurs élèves vers des universités étrangères.
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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par Armance le Mar 18 Juil 2017 - 0:45

Il n'y plus d'argent, il n'y a plus d'argent...c'est rigolo, cela fait 20 ans que je l'entends et rien ne vient. Surtout, l'autorité réussit si bien aux autres pays qu'on doit se l'appliquer à nous-même.
De même, l'Etat adore les privatisations ou comment se priver de recettes sur le long terme au profit des ogres.
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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par Condorcet le Mar 18 Juil 2017 - 0:46

@jérémiemarseille a écrit:Tristana: je suis pour le service public de qualité mais on doit reconnaître qu'on croule sous les dettes. On peut se voiler la face comme les anciennes générations mais moi je le refuse pour mes enfants. Je dis juste qu'être dans l'Europe nous oblige à faire des sacrifices (on est 27 à choisir notre destin). On refuse l'Europe actuelle à juste titre mais on aura jamais l'Europe de nos rêves!

Quand un pays ou une entité territoriale supranationale fait le sacrifice de sa population et prend des écritures comptables pour des vérités primant toute autre considération, il est logique que les secteurs essentiels à sa pérennité soient ceux qu'ils délaissent.

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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par VinZT le Mar 18 Juil 2017 - 2:25

Tous les milliardaires disent qu'il n'y a plus d'argent, et comme ils sont de plus en plus nombreux, cela doit être vrai …

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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par Zagara le Mar 18 Juil 2017 - 7:33

La France n'a jamais eu autant d'argent qu'aujourd'hui : notre PIB est au plus haut de toute notre histoire. Faut bien se rendre compte que pendant les 30 glorieuses on était en dessous de 200 milliards de PIB par an et qu'aujourd'hui on est à 2000 milliards. La France est 10 fois plus riche que pendant la grande période de volontarisme politique et étatique.

Cette évidence factuelle est battue en brèche par une idéologie creuse qui prétend qu'il n'y a "plus d'argent" parce que ses propres membres se sont efforcés pendant 30 ans de dilapider la part du PIB donnée à l’État en dépenses fiscales et cadeaux inutiles aux déjà riches et puissants, ainsi que d'organiser volontairement l'inefficacité de l'Etat, en lui faisant tout payer plus cher (bonjour les PPP) et en lui retirant tous ses outils qui lui permettaient d'agir sur l'économie (bonjour les privatisations).

Si il n'y a "plus d'argent", c'est seulement parce qu'on ne veut pas aller le chercher et qu'on a tout fait pour ne plus en avoir. Alors même qu'il y en a partout. Cet argent a été renvoyé dans les poches des puissants et non de l'Etat, c'est tout. Et c'est un processus organisé, politique, volontaire.

Mais bon, cette mécanique on la connait bien.

1. Starve the Beast : faire de la dépense fiscale au profit de ses potos
2. "Halala madame Michu il n'y a plus d'argent regardez, et puis c'est la crise hein. Va falloir couper votre pension et vos services publics" : faire des économies "structurelles" (suppression de services publics, privatisations, etc)
3. Utiliser les excédents dégagés par les économies structurelles pour refaire de la dépense fiscale au profit de ses potos.
4. Répéter.

C'est une mécanique très puissante car elle recrée la crise qui lui sert de moteur : en dilapidant l'argent récupéré par les réformes structurelles, elle refabrique l'argument qui lui permet "d'aller plus loin". C'est pourquoi on nous dit qu'on est "en crise" depuis 30 ans sans interruption (ce qui masque les vrais moments de crise et les moments d'expansion). Ce qui m'étonne c'est que bien qu'elle ait été théorisée et revendiquée par les néolibéraux il y a 30 ans, cette mécanique ne semble toujours pas évidente aux gens : on trouve toujours une Madame Michu prête à faire des "sacrifices" pour financer la dépense fiscale faite au profit des riches.

L'observation empirique amène à la conclusion que la politique néolibérale ne peut mener qu'à des déficits permanents et à l'effondrement de la société. Des déficits parce qu'elle réinvestie sans cesse les excédents en dépense fiscale (dernier en date : le cadeau de Macron aux traders) ; l’effondrement de la société car la France moderne s'est construite depuis la fin du XVème siècle autour de son État centralisé. Contrairement à d'autres pays il s'agit d'un processus plus qu'ancien et plus que tutélaire. Sa destruction aura donc des conséquences bien pires que dans des pays fédéraux aux États jeunes (USA, Allemagne).
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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par jérémiemarseille le Mar 18 Juil 2017 - 8:47

Oui je comprends ce que tu dis. Il y a du vrai. Mais on est dans l'europe. En maintenant un État trop important par rapport aux autres on part automatiquement avec un handicap. Une hausse d'impôts fera automatiquement partir le système productif à l'étranger. Il est indéniable qu'il y a une concurrence fiscale intra zone! Tu es alors pour sortir de l'euro et de l'europe.

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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par Zagara le Mar 18 Juil 2017 - 8:53

T'as bien intégré les dichotomies complètement simplistes qu'on t'a fait manger.
"Tu critiques le néolibéralisme donc tu es pour sortir de l'UE" (sortir de l'Europe n'est pas possible à moins de cisailler la croûte terrestre et de mettre des petites voiles et des petits moteurs un peu partout en France...).
Serait-ce possible de développer des pensées médianes et complexes ?

Le manichéisme "néolibéral béat OU sortie-de-l'ue" est la configuration mentale qui empêche toute réflexion ne serait-ce que basique sur les politiques économiques menées en France. Présenter la sortie de l'UE comme la seule alternative au modèle néolibéral n'est jamais qu'une autre déclinaison du TINA : on présente comme la seule alternative possible quelque chose d'inacceptable pour 80% des gens et de très imprévisible, comme ça on renforce l'idée que le modèle néolibéral n'a aucune alternative crédible.

Par ailleurs mettre dans le même sac l'euro et l'UE n'a pas de sens : l'UE a existé sans l'euro, elle peut à nouveau exister sans.
Même "l'UE" est un concept à définir. Quelle UE ? Celle d'après le traité de Lisbonne qui a intégré des règles refusées par les 2 référendums faits en 2005 et qui a donc bafoué un des fondements de l'Union ? (Pays-Bas et France, deux fois "non") Celle de l'Acte unique ? Celle d'avant l'Acte unique ? Laquelle représente le mieux la "paix et la démocratie" du continent ? M'est avis que ce n'est pas la machine technocratique et non démocratique de 2017.


Dernière édition par Zagara le Mar 18 Juil 2017 - 9:02, édité 1 fois
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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par jérémiemarseille le Mar 18 Juil 2017 - 8:58

Que proposes-tu?

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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par Zagara le Mar 18 Juil 2017 - 9:02

A propos de quoi (précisément) ?


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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par jérémiemarseille le Mar 18 Juil 2017 - 9:06

Dis-nous ta solution puisque pour toi on est dans du néolibéralisme abominable. Que fais-tu pour arranger la situation compte tenu des traités et des envies des autres pays?

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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par Zagara le Mar 18 Juil 2017 - 9:10

Si on parle de l'UE, le premier pas serait évidemment que le Conseil de l'Union européenne reconnaisse officiellement que la structure actuelle a peu à peu dévié vers un système non-démocratique posant problème pour la confiance des peuples envers l'UE et étant lui-même la source du blocage de la construction européenne. C'est déjà la position de nombre d'énarques et de dirigeants (qui parlent sans cesse de "crise de confiance"), sauf qu'ils ne le reconnaissent pas encore officiellement.

Une fois cette reconnaissance posée, il est urgent de réduire le pouvoir de la Commission, organe le plus anti-démocratique de l'UE et qui relève bien plus de l'idéal soviétique que de l'idéal démocratique dans son fonctionnement. Au contraire, le Parlement européen doit être doté d'une capacité d'initiative, d'un pouvoir d'amendement et d'un pouvoir de décision, voire de véto contre les deux Conseils.

Ça c'est vraiment le minimum du minimum si on veut que l'UE ressemble, ne serait-ce que de loin, à une structure démocratique.

Ensuite je n'ai pas d'autre solution que de respecter le principe démocratique : la majorité l'emporte.
Mais pour pouvoir respecter le principe démocratique, encore faut-il avoir des institutions démocratiques. Or, aujourd'hui, l'UE n'en a pas (la France non plus d'ailleurs).

Par ailleurs, je n'ai jamais dit que le néolibéralisme était "abominable". Il sert les intérêts de ceux qui le déploient et est cohérent. Il est positif pour eux. Il n'est pas positif pour moi, ni pour toi. Mais savoir si il serait "bon" ou "mauvais" en général, ça n'a aucun sens, puisque tout projet politique est relatif, selon sa place dans la société. L'effondrement de la société française sera positif pour pas mal de gens, à vrai dire : une société fondée uniquement sur des rapports marchands et sans État profiterait à nombre de gens déjà fortunés. Toute la question est de savoir identifier ses intérêts et de les défendre, plutôt que de servir la soupe aux intérêts d'autrui.
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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par jérémiemarseille le Mar 18 Juil 2017 - 9:40

Sur le principe de démocratie dans l'Europe on est totalement d'accord. Quand tu dis que le libéralisme n'est pas positif, je trouve que tu fais de la pure idéologie. C'est bien grâce au libéralisme qu'on peut entreprendre librement, que la liberté morale existe. Parfois un Etat trop centralisateur se coupe de la réalité du terrain et franchement on ne peut pas dire que ce soit le bien être. Ca peut entrainer des rentes, une dégradation du service, etc. Parfois libéraliser permet de rapprocher l'entreprise de la réalité du terrain et répondre mieux aux besoins.
Moi je ne suis pas ultra libéral, je considère qu'il faut aussi encadrer et surveiller le marché. Parfois l'Etat doit se substituer au marché car il est plus performant. Je suis pour un Etat social juste et efficace mais je crois au marché comme mode de coordination entre les agents.
Enfin, on parle beaucoup d'impôts mais on n'a pas parlé du problème de l'offre en France qui explique aussi le fort taux de chômage.

L'Etat qui régule tout et met son nez dans la vie privée des gens pour leur dire ce qui est bon ou mauvais, très peu pour moi. Je préfère subir les défauts du libéralisme.

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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par Zagara le Mar 18 Juil 2017 - 9:52

1. Je n'ai pas dit que "le libéralisme n'est pas positif".
2. Tu confonds libéralisme et néolibéralisme.
3. Tu as l'air de croire que c'est binaire, comme au temps de la guerre froide : soit on accepte tous les excès de toutes les formes de libéralisme, soit on a un État totalitaire qui vient regarder "dans la vie privée des gens". Mais ce n'est pas vraiment ce qu'il se passe. Je note en passant que notre État actuel, gouverné par des libéraux depuis bien longtemps, est aussi le plus invasif contre les libertés des citoyens, depuis l’état d'urgence. Comme quoi, des libéraux à la sauce Hollande peuvent détruire les libertés. Ce n'est pas parce qu'il y a "liberté" dans le nom de cette idéologie qu'elle ne peut pas être liberticide. Wink Comme toute idéologie, sa forme fanatisée est néfaste pour les libertés des citoyens.

Je crois que je suis une des personnes les plus libérales que tu pourrais trouver. Sauf que je suis très critique du néolibéralisme et lui préfère une forme plus administrée du libéralisme, au sein d'une économie mixte (c'est-à-dire qui laisse sa place à l'Etat pour tous les biens communs). Je suis aussi pour l'intégration des faits et la capacité à apprendre de ses erreurs dans les politiques libérales. Or le néolibéralisme a démontré son dogmatisme et sa capacité à se taper 200 fois la tête contre le même mur.

Typiquement, je ne peux pas adhérer à cette phrase : "du problème de l'offre en France qui explique aussi le fort taux de chômage". Depuis 2008, on est confronté à un excès d'épargne et à une crise de la demande. Ça c'est une observation empirique. Faire des politiques "de l'offre", c'est-à-dire dans les faits d'austérité, alors même qu'on était au milieu d'une crise de la demande, a prolongé et renforcé la crise de 2008. Mais on continue de mener exactement les mêmes politiques, et face aux mêmes conséquences la réaction est toujours "on n'est pas allés assez loin dans l'erreur".

Encore une fois, je vais me répéter avec ce que j'ai pu dire ailleurs, mais les USA ont été moins dogmatiques que nous. Ils ont identifié le problème de demande et d'excès d'épargne, ils ont relancé en faisant du 8% de déficit au bon moment et en investissant dans des secteurs de reprise (bon, le schiste c'est sale, mais d'un point de vue économique ça a fonctionné) et ils ont pu sortir de la crise plus rapidement grâce à ces méthodes contra-cycliques. Pendant ce temps, de notre côté de l'Atlantique, on avait des grands prêtres qui brandissaient les Tables de la Loi du déficit à 3% et des politiques d'austérité. Au lieu de partir des faits et de construire une politique adéquate, on a eu des sortes de chamans inflexibles qui invoquaient "La Croissance" et "La Confiance" comme si il s'agissait d'esprits de la nature et qui ont rudement puni ceux qui ne suivaient pas leur foi.

Tu auras compris que le néolibéralisme se définit comme une forme fanatique du libéralisme, uniquement fondée sur des croyances et des dogmes et non sur l'observation empirique des faits. Parfois des gens qui ont été néolibéraux toute leur vie ont un moment d'éveil de la conscience et abandonnent leurs dogmes idiots pour redevenir des libéraux ayant les pieds sur terre. On n'en est pas encore là avec nos néolibéraux locaux, qui me font plus penser à la secte du temple solaire qu'à des politiques responsables.
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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par jérémiemarseille le Mar 18 Juil 2017 - 10:15

Et bien écoute, il n'est pas facile d'échanger sur un forum car il est long de développer un pensée mais j'adhère à tout ce que tu as dit. Donc on est pareil :yes22

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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par archeboc le Mar 18 Juil 2017 - 11:01


@Zagara a écrit:Typiquement, je ne peux pas adhérer à cette phrase : "du problème de l'offre en France qui explique aussi le fort taux de chômage". Depuis 2008, on est confronté à un excès d'épargne et à une crise de la demande. Ça c'est une observation empirique. Faire des politiques "de l'offre", c'est-à-dire dans les faits d'austérité, alors même qu'on était au milieu d'une crise de la demande, a prolongé et renforcé la crise de 2008. Mais on continue de mener exactement les mêmes politiques, et face aux mêmes conséquences la réaction est toujours "on n'est pas allés assez loin dans l'erreur".

Quand a-t-on fait une politique de l'offre en France ? Quand la balance des paiement a-t-elle été franchement positive ? On a affaibli la politique de la demande, mais un certain nombre de leviers structurels de la politique de la demande sont restés en position haute. Par exemple si les retraites ont effectivement été décrochées de la croissance, le salaire minimum, lui, est resté en croissance, comme l'indique son nom.
La mandature Hollande a mis en place quelques mesures simulacres d'une politique de l'offre (le CICE). Mais il y en a tout autant, voire bien plus, qui signent une politique de la demande : encadrement des loyers, emplois avenir, augmentation des minima sociaux, augmentation du nombre de fonctionnaires. Les PPP eux-mêmes, ou encore les cadeaux aux fermiers généraux des autoroutes, sont eux-mêmes les contre-parties d'une politique de la demande.

_________________
Pour des raisons de commodité nous utilisons dans nos analyses un classement des élèves en « bons », « moyens » et « faibles » qui n'est valable qu'à l'intérieur de chaque classe ou dans des classes de même type. En fait, les élèves que nous appelons « bons » sont plutôt des élèves moyens, les « moyens » des élèves plutôt faibles et les « faibles » des élèves en grande difficulté.
van Zanten Agnès. Le quartier ou l'école ? Déviance et sociabilité adolescente dans un collège de banlieue . In: Déviance et société. 2000 - Vol. 24 - N°4. Les désordres urbains : regards sociologiques. pp. 377-401. note 3

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Re: Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche

Message par archeboc le Mar 18 Juil 2017 - 11:07

@Zagara a écrit:La France n'a jamais eu autant d'argent qu'aujourd'hui : notre PIB est au plus haut de toute notre histoire. Faut bien se rendre compte que pendant les 30 glorieuses on était en dessous de 200 milliards de PIB par an et qu'aujourd'hui on est à 2000 milliards. La France est 10 fois plus riche que pendant la grande période de volontarisme politique et étatique.

Dans ce cas, où est le problème ? La part de l'éducation nationale dans le PIB est la même aujourd'hui que sous les trente glorieuses, et le gâteau a décuplé : la part de l'éducation nationale a décuplé, et tout va bien pour les enseignants.

Il doit y avoir un problème dans votre argument.


@Zagara a écrit:Mais bon, cette mécanique on la connait bien.

1. Starve the Beast : faire de la dépense fiscale au profit de ses potos

Vous décrivez un joli cercle vicieux, mais il y a quand même un problème : si la République Française était si généreuse avec les nantis, ce sont les nantis qui devraient, en foule, venir en France pour bénéficier de son beau climat fiscal. Or les riches ont tendance à quitter la France, et ce sont plutôt des pauvres qui s'installent chez nous. Manifestement, votre théorie est en contradiction avec la réalité.

Pour le reste de ce que vous dites (en particulier la honte des PPP) je suis globalement d'accord avec vous.


@Zagara a écrit:[...] l’effondrement de la société car la France moderne s'est construite depuis la fin du XVème siècle autour de son État centralisé. Contrairement à d'autres pays il s'agit d'un processus plus qu'ancien et plus que tutélaire. Sa destruction aura donc des conséquences bien pires que dans des pays fédéraux aux États jeunes (USA, Allemagne).

Ce n'est pas seulement un processus économique. La protection du loup, par exemple, vient briser l'image du louvetier qui est l'une des premières par laquelle l'idée de l'Etat s'est implantée dans les campagnes. Cela rejoint l'idée que l'Etat organise sa propre faillite, et pas seulement financière.

Seulement cette faillite est à nos portes, et ce n'est pas avec les recettes de relance, qui ont fait la preuve de leur nocivité, que vous allez relancer la machine.


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Pour des raisons de commodité nous utilisons dans nos analyses un classement des élèves en « bons », « moyens » et « faibles » qui n'est valable qu'à l'intérieur de chaque classe ou dans des classes de même type. En fait, les élèves que nous appelons « bons » sont plutôt des élèves moyens, les « moyens » des élèves plutôt faibles et les « faibles » des élèves en grande difficulté.
van Zanten Agnès. Le quartier ou l'école ? Déviance et sociabilité adolescente dans un collège de banlieue . In: Déviance et société. 2000 - Vol. 24 - N°4. Les désordres urbains : regards sociologiques. pp. 377-401. note 3

archeboc
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