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ddalcatel
Niveau 8

Re: Les profs, ces feignants...

par ddalcatel le Jeu 31 Aoû 2017 - 9:50
@Carabas a écrit:Cela dit, les "vrais" catégories A bossent aussi bien plus que les 35h réglementaires, s'ils font leur boulot correctement. Et encadrer des adultes peut être aussi pénible qu'encadrer des gosses.

Et dans les métiers des bibliothèques, les cadres A ne gagnent pas 30% de plus que les profs. Ce sont des salaires équivalents.
Vous connaissez beaucoup de profs qui bossent moins de 35 heures ? Sans parler des vacances qui n'en sont pas vraiment vu le travail à y faire.
C'est bien, on a trouvé ici une autre profession (statistiquement inexistante en nombre je suppose) qui touche aussi peu que nous. A force de chercher...
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Carabas
Vénérable

Re: Les profs, ces feignants...

par Carabas le Jeu 31 Aoû 2017 - 9:52
Mais non, je n'ai pas dit le contraire. D'où l'emploi de "aussi".
Ensuite, je rétablis juste un fait, parce qu'il est faux de dire que seuls les profs sont les plus mal payés des catégories A.

Merci pour l'agressivité dès le matin, ça manquait.

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Les chances uniques sur un million se réalisent neuf fois sur dix.

Terry Pratchett
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Daphné
Dieu de l'Olympe

Re: Les profs, ces feignants...

par Daphné le Jeu 31 Aoû 2017 - 10:32
@Philomène87 a écrit:
@Wahlou a écrit:
Ce métier n'attire quasiment plus personne (au risque de me répéter, il suffit juste de prendre une discussion au hasard et de lire les réactions pour s'en rendre compte)

Prenez la discussion sur le suicide lié à notre profession, si ce métier était si attrayant, vous pensez vraiment qu'on aurait besoin d'ouvrir de telles discussions ? Les conditions de travail se sont tellement dégradées, que le métier en est devenu exécrable.

Bref, il faudrait vraiment être naïf pour croire que c'est la jalousie qui anime les critiques.


Je côtoie un milieu où la jalousie vis-à-vis de notre métier est vraiment perceptible. C'était déjà le cas quand j'étais élève : mes profs s'en prenaient plein la tronche par les membres de ma famille, "avec leurs 18h, leurs 4 mois de vacances, et leur super salaire" (sic).
N'ayant pas d'amis, je ne risque pas de côtoyer des gens qui gagnent plus que moi et qui crachent de toute leur âme sur la profession, et franchement, dieu m'en préserve. Je préfère rester dans ma grotte avec mes chats que de côtoyer ce genre de personnes. La misanthropie a de bons côtés parfois  aai
Mais je plains franchement les collègues qui se les tapent à chaque repas de Noël parce qu'ils ont la "chance" d'avoir ces spécimens dans leur famille et de ne pouvoir guère y échapper.

Personne n'est obligé de se fader des repas de famille désagréables, Noël ou pas Noël : si ça en convient pas on n'y va pas épicétou.
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egomet
Grand sage

Re: Les profs, ces feignants...

par egomet le Jeu 31 Aoû 2017 - 10:35
@CatherineDeneuve a écrit:
@Finrod a écrit:CatherineDeneuve, tu parles de métier alimentaire si je suis ton raisonnement.

Tu dis que tes études littéraires et artistiques ne valent rien mais le marché de l'emploi n'est pas un référentiel absolu pour en juger, il a ses propres biais, qui sont discutables.  Il est regrettable que l'expression d'un point de vue se voulant pragmatique consistent de nos jour à affirmer qu'une connaissance noble ne vaut rien, cela en dit long sur notre société.

Tu te trouves assez bien payé...   Logique si on prend en compte l'amélioration de poste, de zone géographique et le fait que le monde du travail t'as donné une piètre opinion de ton niveau de diplôme, mais cela mérite tout de même encore réflexion de ta part.

Tu conclues par le fait que tout métier est ennuyeux et qu'au moins les profs ont du temps libre.  Il y a un malentendu qq part, un prof fait plus de 35 heures, si il fait son travail...  

J'envient beaucoup les personnes de l'administration qui font 35h au boulot et ont l'esprit libre en rentrant chez eux, rien à corriger, rien à préparer.  Si je compte les heures où je pense au boulot et celles où je bosse, je dépase presque toujours 60h, même quand j'étais prof au collège, sans compter d'éventuels projets, dans lesquels je ne m'implique pas non plus.  


Effectivement, j'ai sûrement intégré que mes diplômes ne valaient rien, puisque c'est ce qu'on entend partout. Pourtant, je suis tout de même fière d'en avoir et d'avoir acquis des connaissances qui m'enrichissent sur le plan personnel. Mais avoir des connaissances littéraires et artistiques, des qualités rédactionnelles, je ne vois pas ce que ça me permet de faire d'autre que prof.
Perso, j'enseigne les arts et je fais tout pour faire mon travail à la maison très rapidement pour me dégager du temps libre. Du coup, j'arrive à avoir du temps pour moi. Mais j'imagine que la charge de travail dans certaines matières est bien plus lourde, ça je le vois bien...

Les qualités rédactionnelles servent dans tous les postes à responsabilité et dans les postes administratifs. Il faut souvent les compléter par autre chose, mais on ne peut pas dire que ce soit négligeable.


Dernière édition par egomet le Jeu 31 Aoû 2017 - 10:36, édité 1 fois

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Daphné
Dieu de l'Olympe

Re: Les profs, ces feignants...

par Daphné le Jeu 31 Aoû 2017 - 10:35
@freche a écrit:
@Isis39 a écrit:Il faut répondre : " C'est comme le présentateur du JT qui ne bosse d'une demi-heure par jour !"

C'est toujours ça que je dis aussi.

C'est ce que je dis aussi, en précisant qu'il est autrement mieux payé que nous !
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Reine Margot
Demi-dieu

Re: Les profs, ces feignants...

par Reine Margot le Jeu 31 Aoû 2017 - 10:37
Les compétences des profs sont recherchées (qualités rédactionnelles, management, organisation du travail, autonomie...) mais c'est l'idée qu'un prof quitte son statut qui est suspect. Les recruteurs craignent un prof qui fuit les classes (ce qui est compréhensible), et quand c'est le cas il faut bétonner l'argumentation.

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egomet
Grand sage

Re: Les profs, ces feignants...

par egomet le Jeu 31 Aoû 2017 - 10:49
@Reine Margot a écrit:Les compétences des profs sont recherchées (qualités rédactionnelles, management, organisation du travail, autonomie...) mais c'est l'idée qu'un prof quitte son statut qui est suspect. Les recruteurs craignent un prof qui fuit les classes (ce qui est compréhensible), et quand c'est le cas il faut bétonner l'argumentation.

Exactement. L'avantage, c'est que tu sais d'avance sur quel point il faut te préparer, même si ça peut être très difficile émotionnellement de faire face à cette accusation de fuite (surtout si c'est vrai et même si cette fuite est légitime).

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Reine Margot
Demi-dieu

Re: Les profs, ces feignants...

par Reine Margot le Jeu 31 Aoû 2017 - 10:54
Je me demande si je n'ai pas intérêt à dire la vérité, en disant que je n'étais pas faite pour l'éducatif mais que le management d'adultes me convient parfaitement, et que j'ai reçu les félicitations de mes supérieurs pour ça d'ailleurs.

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Zagara
Vénérable

Re: Les profs, ces feignants...

par Zagara le Jeu 31 Aoû 2017 - 10:57
Encadrer des enfants et des adultes n'est pas le même métier ; on peut très bien réussir dans l'un et rater dans l'autre. Il n'y a aucune honte à le rappeler.
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egomet
Grand sage

Re: Les profs, ces feignants...

par egomet le Jeu 31 Aoû 2017 - 11:14
@Reine Margot a écrit:Je me demande si je n'ai pas intérêt à dire la vérité, en disant que je n'étais pas faite pour l'éducatif mais que le management d'adultes me convient parfaitement, et que j'ai reçu les félicitations de mes supérieurs pour ça d'ailleurs.

Généralement dire la vérité est un bon point de départ, surtout si cette vérité permet de souligner quelque chose de positif. Smile
Et puis avouer une faiblesse dit aussi ton honnêteté, ton discernement et ta capacité à rebondir.

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Lefteris
Empereur

Re: Les profs, ces feignants...

par Lefteris le Jeu 31 Aoû 2017 - 11:33
@Marc Smith a écrit:
@Lefteris a écrit:Il se trouve que beaucoup partent, plus qu'on ne veut le dire.


Beaucoup passent des concours administratifs de "vraie" catégorie A, et ainsi ils ne perdent pas tout ce qu'ils ont fait, ni  leur ancienneté.

Alors là j'aimerai les chiffres !

C'est quoi un "vrai" catégorie A ? C'est quoi "perdre son ancienneté" ? En quoi perd-on ce que l'on a fait ? Un cadre qui passe d'une boîte A à une boîte B perd-il sa "catégorie" ou son "ancienneté" ???

Les chiffres exacts des départs, je n'en ai pas, et l'EN se gardera bien de les publier, mais je  m'y intéresse de près car je viens moi-même d'une autre administration et je suis des gens qui partent, et il y a du monde, j'ai un ordre d'idée. Il y a les  dossiers par centaines dans chaque académie chez le Conseiller Mobilité carrière, des gens qui cherchent autre chose et qui ne partiront pas forcément (comment "éponger "des dizaines de milliers d'enseignants dans la FP ?) .  Il y a des forums consacrés aux changements d'administration , au départ de l'EN.   Ceux qui ne sont pas trop âgés et ont le temps de se "refaire" partent même en catégorie B.
Il y a les chiffres de concours qui eux sont publiés et très clairs : l'E.N. n'arrive pas à pourvoir  autour de 20 % des postes offerts aux concours (en moyenne), et encore les jurys remontent une partie des candidats. les candidats manquent, alors que les chiffres publiés par les rapports des jurys des autres administrations sont effarants : des milliers de candidats pour quelques centaines, voir dizaines de places.

Un vrai catégorie A, c'est comme le dit DDalcatel quelqu'un qui gagne au moins 30 % de plus, qui a une ouverture naturelle vers des postes d'encadrement variés et une perspective éventuelle de carrière hors-échelle. Voir les cadres A du ministère des finances, des préfectures, de la police, des travaux publics, etc.

Quant au système de l'ancienneté, il n'a rien à voir avec le privé. L'ancienneté administrative (rien à voir avec l'ancienneté comme salarié, qui intervient pour la retraite) est matérialisée par l'échelon, qui correspond à un indice majoré. En changeant de corps au sein de la FP, on garde son indice, ou l'on passe à l'indice immédiatement supérieur s'il n'y a pas correspondance exacte, mais sans les indemnités (rémunérations annexes statutaires liées au corps et au grade) ni les primes (rémunérations occasionnelles).  On ne perd donc pas intégralement ce qu'on a fait, comme si l'on démissionnait pour repartir à zéro dans le privé par exemple. On continue sa carrière d'agent public ailleurs.

Exemples : une amie est partie récemment dans un ministère de la FP, elle conserve son indice de certifiée qui la met à un échelon relativement avancé dans son nouveau corps. A cela s'ajoutent environ 30%-35%  de rémunérations annexes fixes.
C'était également mon cas avant de changer. J'étais catégorie A sur l'échelle de certifié, mais je percevais 30 à 35 % de plus. Je ne suis parti que suite à des problèmes très particuliers et insolubles, mais j'ai essayé jusqu'au bout de réintégrer mon poste. Une fois titulaire, terminé, chemin de retour fermé...

@Carabas a écrit:Cela dit, les "vrais" catégories A bossent aussi bien plus que les 35h réglementaires, s'ils font leur boulot correctement. Et encadrer des adultes peut être aussi pénible qu'encadrer des gosses.

Et dans les métiers des bibliothèques, les cadres A ne gagnent pas 30% de plus que les profs. Ce sont des salaires équivalents.
Je ne sais pas exactement pour les bibliothèques, qui dépendent de la FPT, mais  dans la FPE,  aucun cadre A ne gagne comme un enseignant. Outre les indemnités, les progressions de carrière sont aussi différentes.
Pour travail, ce que tu dis est un peu schématique : on ne travaille pas plus en volume, on est souvent plus disponible, on déborde sur les heures théoriques; il peut y avoir des permanences. Mais on peut aussi s'absenter, gérer son temps, et une heure de bureau n'est pas une heure de cours. Et les RTT prévoient ces cas selon les règlements d'emploi, administration par administration. On arrive, avec les jours fériés et les jours "de fractionnement" entre 50 et 60 jours de congés selon les années et les emplois  contre 75 à 80 dans l'EN (sujet déjà abordé ici , notamment avec Oloc) . Pour ma part, je n'ai jamais eu moins de 11-12 semaines par an de congés, avec les récupérations car j'avais des permanences et des astreintes.
La différence, c'est qu'on ne peut pas prendre plus de 31 jours consécutifs, donc jamais plus d'un mois l'été, et il faut partager avec les autres. Il faut prendre ses vacances hors saison, poser des jours en semaine. C'est en fait une autre mode de vie.
En outre la catégorie A n'a pas que des métiers d'encadrement, ou de gros encadrement. Il y a beaucoup de métiers où c'est le degré d'expertise qui justifie cette catégorie , et où le travail se fait en petites équipes, voire quasiment seul.

@Reine Margot a écrit:Les compétences des profs sont recherchées (qualités rédactionnelles, management, organisation du travail, autonomie...) mais c'est l'idée qu'un prof quitte son statut qui est suspect. Les recruteurs craignent un prof qui fuit les classes (ce qui est compréhensible), et quand c'est le cas il faut bétonner l'argumentation.
C'est une attitude totalement irrationnelle et de parti-pris, au contraire. Un recruteur se méfierait donc de quelqu'un qui a été enseignant et pas de quelqu'un qui aurait pu l'être mais a évité de l'être ? Pourquoi "fuir" les classes serait-il pire que "fuir" autre chose qui déplaît, fuir un travail de bureau, fuir la chaîne, fuir la précarité ? Ca part de l'idée qu'on devrait être prisonnier d'un premier choix, fut-il malheureux. On peut d'ailleurs partir sans "fuir" : ennui, désintérêt, désir de faire une bonne carrière, ou tout simplement de varier.

_________________
"La réforme [...] c'est un ensemble de décrets qui s'emboîtent les uns dans les autres, qui ne prennent leur sens que quand on les voit tous ensemble"
(F. Robine , penseure moderne,  dans son cours sur sa réforme, expliquant comment le piège s'est progressivement mis en place depuis 2013).

"Ce troisième grade [celui du PPCR] , c’est un peu l’agrégation pour tous: elle (sic)  donne la possibilité d’atteindre un niveau de rémunération proche de celui d’un agrégé en fin de carrière, soit 4.500 euros nets par mois" Frédéric Sève,SGEN-CFDT (penseur   très moderne,à l'école de la précédente).

« Tant qu’il y aura des hommes qui n’obéiront pas à leur raison seule, le genre humain restera partagé en deux classes : celles des hommes qui raisonnent et celles des hommes qui croient, celle des maîtres et celle des esclaves ».Condorcet (autre penseur, mais ancien et périmé)
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gnafron2004
Sage

Re: Les profs, ces feignants...

par gnafron2004 le Jeu 31 Aoû 2017 - 11:44
@Lefteris a écrit:

@Carabas a écrit:Cela dit, les "vrais" catégories A bossent aussi bien plus que les 35h réglementaires, s'ils font leur boulot correctement. Et encadrer des adultes peut être aussi pénible qu'encadrer des gosses.

Et dans les métiers des bibliothèques, les cadres A ne gagnent pas 30% de plus que les profs. Ce sont des salaires équivalents.
Je ne sais pas exactement pour les bibliothèques, qui dépendent de la FPT, mais  dans la FPE,  aucun cadre A ne gagne comme un enseignant. Outre les indemnités, les progressions de carrière sont aussi différentes.
Pour travail, ce que tu dis est un peu schématique : on ne travaille pas plus en volume, on est souvent plus disponible, on déborde sur les heures théoriques; il peut y avoir des permanences. Mais on peut aussi s'absenter, gérer son temps, et une heure de bureau n'est pas une heure de cours. Et les RTT prévoient ces cas selon les règlements d'emploi, administration par administration. On arrive, avec les jours fériés et les jours "de fractionnement" entre 50 et 60 jours de congés selon les années et les emplois  contre 75 à 80 dans l'EN (sujet déjà abordé ici , notamment avec Oloc) . Pour ma part, je n'ai jamais eu moins de 11-12 semaines par an de congés, avec les récupérations car j'avais des permanences et des astreintes.
La différence, c'est qu'on ne peut pas prendre plus de 31 jours consécutifs, donc jamais plus d'un mois l'été, et il faut partager avec les autres. Il faut prendre ses vacances hors saison, poser des jours en semaine. C'est en fait une autre mode de vie.
En outre la catégorie A n'a pas que des métiers d'encadrement, ou de gros encadrement. Il y a beaucoup de métiers où c'est le degré d'expertise qui justifie cette catégorie , et où le travail se fait en petites équipes, voire quasiment seul.

Je voulais juste relever ce point qui est, à mon avis, largement méconnu et sous-estimé: une heure de cours, c'est épuisant. Bien plus que la plupart des boulots; je choisis mes habits soigneusement car je transpire énormément en faisant cours, et au bout de 6 heures de cours , je suis totalement rincée et il me faut deux heures pour me remettre. Alors peut être que j'en fais trop, sûrement, même, et sûrement aussi que ça dépend de l'âge des élèves et de la matière, mais justement, c'est un fait qui n'est absolument pas reconnu...
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Reine Margot
Demi-dieu

Re: Les profs, ces feignants...

par Reine Margot le Jeu 31 Aoû 2017 - 11:52
@Lefteris a écrit:

@Reine Margot a écrit:Les compétences des profs sont recherchées (qualités rédactionnelles, management, organisation du travail, autonomie...) mais c'est l'idée qu'un prof quitte son statut qui est suspect. Les recruteurs craignent un prof qui fuit les classes (ce qui est compréhensible), et quand c'est le cas il faut bétonner l'argumentation.
C'est une attitude totalement irrationnelle et de parti-pris, au contraire. Un recruteur se méfierait donc  de quelqu'un qui a été enseignant et pas de quelqu'un qui aurait pu l'être mais a évité de l'être ? Pourquoi "fuir" les classes serait-il pire que "fuir" autre chose qui déplaît,  fuir un travail de bureau, fuir la chaîne, fuir la précarité ? Ca part de l'idée qu'on devrait être prisonnier d'un premier choix, fut-il malheureux. On peut d'ailleurs partir sans "fuir" : ennui, désintérêt, désir de faire une  bonne carrière, ou tout simplement de varier.

Je crois plutôt qu'ils craignent que la personne se présente par défaut, et que sa candidature ne soit pas un véritable choix.
Ils veulent des raisons "positives" de postuler.

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Rendash
Esprit sacré

Re: Les profs, ces feignants...

par Rendash le Jeu 31 Aoû 2017 - 12:03
@Reine Margot a écrit:
@Lefteris a écrit:

@Reine Margot a écrit:Les compétences des profs sont recherchées (qualités rédactionnelles, management, organisation du travail, autonomie...) mais c'est l'idée qu'un prof quitte son statut qui est suspect. Les recruteurs craignent un prof qui fuit les classes (ce qui est compréhensible), et quand c'est le cas il faut bétonner l'argumentation.
C'est une attitude totalement irrationnelle et de parti-pris, au contraire. Un recruteur se méfierait donc  de quelqu'un qui a été enseignant et pas de quelqu'un qui aurait pu l'être mais a évité de l'être ? Pourquoi "fuir" les classes serait-il pire que "fuir" autre chose qui déplaît,  fuir un travail de bureau, fuir la chaîne, fuir la précarité ? Ca part de l'idée qu'on devrait être prisonnier d'un premier choix, fut-il malheureux. On peut d'ailleurs partir sans "fuir" : ennui, désintérêt, désir de faire une  bonne carrière, ou tout simplement de varier.

Je crois plutôt qu'ils craignent que la personne se présente par défaut, et que sa candidature ne soit pas un véritable choix.
Ils veulent des raisons "positives" de postuler.

Quoi de plus positif que "faut bien bouffer", pourtant ? Laughing

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"Ce serait un bien bel homme s’il n’était pas laid ; il est grand, bâti en Hercule, mais a un teint africain ; des yeux vifs, pleins d’esprit à la vérité, mais qui annoncent toujours la susceptibilité, l’inquiétude ou la rancune, lui donnent un peu l’air féroce, plus facile à être mis en colère qu’en gaieté. Il rit peu, mais il fait rire. [...] Il est sensible et reconnaissant ; mais pour peu qu’on lui déplaise, il est méchant, hargneux et détestable."
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Lefteris
Empereur

Re: Les profs, ces feignants...

par Lefteris le Jeu 31 Aoû 2017 - 12:06
@Reine Margot a écrit:
@Lefteris a écrit:

@Reine Margot a écrit:Les compétences des profs sont recherchées (qualités rédactionnelles, management, organisation du travail, autonomie...) mais c'est l'idée qu'un prof quitte son statut qui est suspect. Les recruteurs craignent un prof qui fuit les classes (ce qui est compréhensible), et quand c'est le cas il faut bétonner l'argumentation.
C'est une attitude totalement irrationnelle et de parti-pris, au contraire. Un recruteur se méfierait donc  de quelqu'un qui a été enseignant et pas de quelqu'un qui aurait pu l'être mais a évité de l'être ? Pourquoi "fuir" les classes serait-il pire que "fuir" autre chose qui déplaît,  fuir un travail de bureau, fuir la chaîne, fuir la précarité ? Ca part de l'idée qu'on devrait être prisonnier d'un premier choix, fut-il malheureux. On peut d'ailleurs partir sans "fuir" : ennui, désintérêt, désir de faire une  bonne carrière, ou tout simplement de varier.

Je crois plutôt qu'ils craignent que la personne se présente par défaut, et que sa candidature ne soit pas un véritable choix.
Ils veulent des raisons "positives" de postuler.
Vaste hypocrisie, on ait très bien que dans 99% des cas, on travaille pour manger, et l'essentiel est que le travail soit fait, que le candidat remplisse les conditions. Décidément le blabla managérial fait des dégâts partout, les concours se devraient de revenir à des considérations plus objectives.   Il y a d'ailleurs des tas d'enseignants qui sont dans cet état d'esprit, et qui font leur métier, et l'E.N le sait tellement bien qu'elle va jusuq'à bloquer leurs demandes de dispo voir leur démission.

EDIt: grillé par Rendash

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"Ce troisième grade [celui du PPCR] , c’est un peu l’agrégation pour tous: elle (sic)  donne la possibilité d’atteindre un niveau de rémunération proche de celui d’un agrégé en fin de carrière, soit 4.500 euros nets par mois" Frédéric Sève,SGEN-CFDT (penseur   très moderne,à l'école de la précédente).

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Reine Margot
Demi-dieu

Re: Les profs, ces feignants...

par Reine Margot le Jeu 31 Aoû 2017 - 12:07
Koa, moi je croyais qu'il fallait dire intérédésenfan, servicepublik, toussa... abi

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Zagara
Vénérable

Re: Les profs, ces feignants...

par Zagara le Jeu 31 Aoû 2017 - 12:12
Dans le capitalisme post-1990, bien faire son travail n'est plus suffisant : il faut adhérer au projet d'entreprise, il faut aimer sa boîte, il faut avoir des motivations internes au travail et transpirer la bonne humeur, la joie et le volontarisme.

Les entretiens d'embauche en deviennent des lieux assez rigolos, car comme tout candidat a intégré le fait qu'il fallait des raisons positives et internes à son embauche, ça vire à qui dira qu'il adore le plus faire du C/C toute la journée ou remplir des fiches de paie. C'est mon hobby vous savez. Et les rouages de l'URSSAF, ça me passionne depuis que j'ai 3 ans.
Patience et raison
Niveau 6

Re: Les profs, ces feignants...

par Patience et raison le Jeu 31 Aoû 2017 - 12:13
Il y a parfois un retour de bâton: des candidats à des recrutements publics qui arrivent avec un discours bien formaté mais qui n'ont absolument pas compris concrètement ce qu'on leur demandait.
Et une hiérarchie qui, parfois, a du mal à exprimer clairement ce qu'elle veut.
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KrilinXV3
Neoprof expérimenté

Re: Les profs, ces feignants...

par KrilinXV3 le Jeu 31 Aoû 2017 - 12:16
@Rendash a écrit:

Quoi de plus positif que "faut bien bouffer", pourtant ? Laughing

Une déclinaison des motivations ? Ok... Qu'est-ce que vous dites de : "J'ai over besoin de thunes sinon j'suis dans la merde grave ?". Allez, schüss !

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Asinus asinum fricat
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Zagara
Vénérable

Re: Les profs, ces feignants...

par Zagara le Jeu 31 Aoû 2017 - 12:18
C'était tout le propos du bouquin de Lordon Capitalisme, désir et servitude d'expliquer que le nouveau capitalisme tendait à chercher/créer des motivations internes et émotionnelles chez les employés, alors que c'était le propre du fordisme de fonctionner sur des motivations externes (l'argent, la consommation, etc).

L'adhésion de l'individu à son entreprise, le fait qu'il doit s'y "épanouir", "y grandir", la joie, l'amour, et tous ces affects positifs, sont à la base des développements récents du management privé.

Inversement, un cadre sup cherchera une entreprise prête à lui apporter cet "épanouissement" promis ; ça marche dans les 2 sens et tout le monde croit que l'enceinte de l'entreprise est devenue le lieu d'illumination de la condition humaine.

Un bel exemple de cette évolution, regardez les catch phrases de PwC : https://carrieres.pwc.fr/
"Rejoindre un environnement qui favorise votre développement"
"Venez grandir chez PwC"
Essayez aussi de trouver 1 personne "normale" dans ce site, c'est-à-dire qui ne fasse pas un sourire de serial killer censé représenter la joie éternelle de bosser chez PwC... 8D 8D 8D 8D 8D 8D
L'entreprise, c'est la joie ; la joie, c'est l'entreprise. Alors le discours "je viens là pour bouffer" ne peux juste pas passer. Smile
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Reine Margot
Demi-dieu

Re: Les profs, ces feignants...

par Reine Margot le Jeu 31 Aoû 2017 - 12:32

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Graisse-Boulons
Niveau 7

Re: Les profs, ces feignants...

par Graisse-Boulons le Jeu 31 Aoû 2017 - 13:19
@Reine Margot a écrit:Les compétences des profs sont recherchées (qualités rédactionnelles, management, organisation du travail, autonomie...) mais c'est l'idée qu'un prof quitte son statut qui est suspect. Les recruteurs craignent un prof qui fuit les classes (ce qui est compréhensible), et quand c'est le cas il faut bétonner l'argumentation.

hummm, il y a autre chose a mon avis : plus ou moins consciemment on ne VEUX PAS que les profs quittent leur fonction, c'est l'idée même que cela puisse arriver qui est redoutée pour ce qu'elle démontre. C'est particulièrement vrai lorsqu'il s'agit de migrer vers d'autres fonctions publiques ou les "camarades" ne souhaitent pas que l'on fasse la démonstration que l'on puisse préférer les rejoindre plutôt que de rester prof...
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zeprof
Vénérable

Re: Les profs, ces feignants...

par zeprof le Jeu 31 Aoû 2017 - 13:24
d'accord avec Graisse-Boulons...
Laisser les profs quitter leur emploi pour se reconvertir c'est :
- risquer de se heurter à un problème d'effectifs alors qu'on peine déjà à recruter
- mais surtout je pense que c'est avaliser et rendre public le fait que le métier ne plaît plus (ça commence à se voir puisque le nombre de candidats au concours s'amenuise), pire qu'il est devenu tellement désagréable/difficile/mal vu (rayer les mentions inutiles... ou pas) qu'on serait prêt à le quitter pour autre chose.

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"La peur est le chemin vers le côté obscur: la peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine… mène à la souffrance."
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Reine Margot
Demi-dieu

Re: Les profs, ces feignants...

par Reine Margot le Jeu 31 Aoû 2017 - 13:26
Je crois que les recruteurs savent très bien que le métier est dur et peu attractif, ils veulent juste éviter quelqu'un qui est prêt à faire n'importe quoi et ne sera pas forcément motivé/compétent pour le poste. L'idée est qu'une personne qui quitte un boulot avec plein de vacances parce qu'il en a marre de se faire bordéliser est vraiment nulle...

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Que le cul leur pèle, et que les bras leur raccourcissent!
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Zagara
Vénérable

Re: Les profs, ces feignants...

par Zagara le Jeu 31 Aoû 2017 - 13:31
Quitte l'EN à cause de la baisse des conditions de travail c'est justement prouver qu'on n'est pas prêt à "faire n'importe quoi" à n'importe quel prix. Razz
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Lefteris
Empereur

Re: Les profs, ces feignants...

par Lefteris le Jeu 31 Aoû 2017 - 14:05
@Reine Margot a écrit:Koa, moi je croyais qu'il fallait dire intérédésenfan, servicepublik, toussa... abi
L'un n'empêche pas l'autre. On va au boulot pour manger, on choisit si l'on peut le moindre mal pour ce faire, c'est un compromis, mais ça n'empêche nullement de faire son travail. Il va de soi que si je n'étais pas obligé d'aller travailler, je n'irais pas, comme l'immense majorité des gens, mais une fois que j'y suis, je n'enseigne pas n'importe quoi pour ce motif. De même, on peut très bien vouloir partir parce qu'on préfère autre chose, et l'on peut même avoir des vues dans des domaines très différents qui ne s'excluent pas les uns des autres, et donc postuler pour plusieurs postes n'ayant rien à voir non seulement avec le métier d'origine, mais même entre eux.

@Zagara a écrit:Dans le capitalisme post-1990, bien faire son travail n'est plus suffisant : il faut adhérer au projet d'entreprise, il faut aimer sa boîte, il faut avoir des motivations internes au travail et transpirer la bonne humeur, la joie et le volontarisme.

Les entretiens d'embauche en deviennent des lieux assez rigolos, car comme tout candidat a intégré le fait qu'il fallait des raisons positives et internes à son embauche, ça vire à qui dira qu'il adore le plus faire du C/C toute la journée ou remplir des fiches de paie. C'est mon hobby vous savez. Et les rouages de l'URSSAF, ça me passionne depuis que j'ai 3 ans.
Pas faux, et complètement hypocrite. Anecdote illustrative : il y a quelques années, la femme d'un ami cherchait un travail de base, car étrangère, pas de diplômes français, et avait trouvé une annonce pour être employée au rayon des jouets d'un hypermarché.Emploi évidemment au smic, même pas à temps complet, pour faire de la manutention, ranger... On demandait une lettre de motivation !
Ca la rendait dingue. Qu'est-ce qui est attendu , hormis "je veux arrondir les fins de mois", et sans que cela ne sonne faux ? "J'aime le travail d'équipe", "la grande distribution me fascine", "j'adore les nenfants", "j'aime bien ranger et voir tout en ordre" ?

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"La réforme [...] c'est un ensemble de décrets qui s'emboîtent les uns dans les autres, qui ne prennent leur sens que quand on les voit tous ensemble"
(F. Robine , penseure moderne,  dans son cours sur sa réforme, expliquant comment le piège s'est progressivement mis en place depuis 2013).

"Ce troisième grade [celui du PPCR] , c’est un peu l’agrégation pour tous: elle (sic)  donne la possibilité d’atteindre un niveau de rémunération proche de celui d’un agrégé en fin de carrière, soit 4.500 euros nets par mois" Frédéric Sève,SGEN-CFDT (penseur   très moderne,à l'école de la précédente).

« Tant qu’il y aura des hommes qui n’obéiront pas à leur raison seule, le genre humain restera partagé en deux classes : celles des hommes qui raisonnent et celles des hommes qui croient, celle des maîtres et celle des esclaves ».Condorcet (autre penseur, mais ancien et périmé)
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