Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

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Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par René Chiche le Mer 30 Aoû 2017 - 15:55

Lorsque j’écoute des dirigeants syndicaux qui prétendent représenter les professeurs sur les plateaux tv et radio, je ne puis me défendre d’une certaine humeur. Je ne suis même pas loin de penser que la misère du syndicalisme enseignant est pour beaucoup dans la crise de l’école.

Un syndicat qui se borne à réclamer toujours plus de postes et davantage de formation continue des professeurs n'est pas digne de les représenter, car loin de les défendre, il les précipite dans la misère, une misère matérielle mais aussi une misère intellectuelle.
Les professeurs d'ailleurs le savent bien : l'immense majorité d'entre eux ne sont pas syndiqués, et les syndicats dits majoritaires ne les représentent pas du tout. Ils ne sont qualifiés de majoritaires qu'à la faveur de leurs résultats aux élections professionnelles, dont dépendent les moyens qui leur sont octroyés.

Il est temps que cesse ce jeu de dupes ! La prolifération de « collectifs » au cours des vingt dernière années est le signe irrécusable que les directions syndicales ne représentent plus qu’elles-mêmes, et parmi la moitié des collègues que je connais et qui sont encore adhérents au syndicat majoritaire du second degré, tous me disent que c’est uniquement pour la mutation ou l’accès à la hors-classe, et tous ceux auxquels je viens de faire allusion sont sans illusion sur les « mots d’ordre » et la doctrine de « leur » syndicat.

C’est d’ailleurs pourquoi ils suivent rarement leurs appels à la grève. Et je comprends parfaitement cela. Si un professeur suivait les appels à la grève de certains apparatchiks hors-sol qui sont obsédés par la « préparation de la mobilisation », comme ils disent, de septembre à juin, il perdrait environ 1500 euros par an, en pure perte.

Non, décidément, c’est dans sa classe, et non dans la rue, qu’un professeur doit défendre son métier. Et pour ma part, j’appelle de mes vœux un syndicat enseignant qui soit, à l’instar des professeurs eux-mêmes, une force tranquille, et non un histrion !


René Chiche
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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par laMiss le Mer 30 Aoû 2017 - 16:01

1) Quel est l'objectif de ce message ?
Promouvoir un autre syndicat ? A&D ?

2) Que proposez-vous ?

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par René Chiche le Mer 30 Aoû 2017 - 16:07

L'objectif de ce message est dans son titre : partager une réflexion.

Le fait que j'ai accepté de produire quelques textes pour A&D ne signifie pas que dès que je m'exprime, je parle en son nom. Disons que je tiens à conserver ma liberté de parole.

Avez-vous des objections à faire sur le fond ?

René Chiche
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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par nitescence le Mer 30 Aoû 2017 - 16:13

René Chiche a écrit:C’est d’ailleurs pourquoi ils suivent rarement leurs appels à la grève. Et je comprends parfaitement cela. Si un professeur suivait les appels à la grève de certains apparatchiks hors-sol qui sont obsédés par la « préparation de la mobilisation », comme ils disent, de septembre à juin, il perdrait environ 1500 euros par an, en pure perte.

Tout en finesse et en nuance, pas de cliché, pas d'affirmation justifiée par des exemples précis. Un bel appel à la réflexion, à la place du réflexe...

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par pseudo-intello le Mer 30 Aoû 2017 - 16:30

Bonjour René,

Bonne nouvelle, il n'existe pas UN syndicat mais près d'une dizaine, je pense. Tous n'ont pas les mêmes mots d'ordres, les mêmes visions, les priorités, même si bien souvent, il est possible de égager une position commune sur un sujet entre trois ou quatre d'entre eux.
Par exemple, syndiquée (mais pas au SNES, puisque c'est celui dont tu parles), si effectivement j'ai entendu les arguments que tu pointes dans ton discours quand j'étais stagiaire ("va là, ce sont les plus gros, c'est bon pour ta mutation"), le processus qui m'a fait choisir mon syndicat est en définitive n'est pas très éloigné de celui qui me fait choisir le bulletin de vote aux élections diverses et variées : la teneur de leurs prises de positions, les lignes défendues, auxquelles j'ajoute leur efficacité sur le terrai, quand il s'agit de défendre tel collègue dans une situation anormale, voire illégale. Et je n'ai pas été déçue.

Je ne peux m'empêcher de constater que ton message contient quelques poncifs savamment relayés par les médias sur l'inutilité des syndicats, et suffisamment appuyé pour parvenir au but escompté par les puissants : discréditer les syndicats, désyndiquer les travailleurs.

Oh, certes, toutes tes accusations ne sont pas dénuées de foncements ; il y a eu des abus regrettables, parfois, chez certains pontes qui s'octroyaient un confort supérieur à l'éthique et/ou à la réglementation, il y a parfois des trahisons des travailleurs émanant de la tête de certains syndicats que pour ma part j'ai bien du mal à qualifier de syndicats, étant donné tout le mal qu'il peuvent faire (mais ce n'est que mon avis), et j'entends effectivement parfois (très rarement, en réalité) dire que dans un établissement, les guéguerres entre syndicats pour le leadership du bahut détourne les syndicalistes de leur objectif supposé premier, qui est la défense des intérêts matériels et moraux de tous les travailleurs et a fortiori de leurs syndiqués.

Mais dans l'ensemble, les syndicalistes que je connais se démènent pour effectuer un travail d'information, aider les collègues qui le leur demande (l'information est donnée à tous, même aux non-syndiqués, mais si tu demandes au syndicat de t'aider plus directement, on te demandera sans doute de prendre ta carte), se tiennent au courant des changements de statuts, de législations, de jurisprudences pour être en mesure d'apporter l'aide la pus efficace possible, veillent à la bonne marche et à la légalité des mutations et autres, et oui, appellent à la grève, mais tu reconnaîtras (à moins d'être très pro compétences, salaire gelé, carence, autonomie, EPIs, 1607 heures et compagnie) qu'il y a de quoi.
Là encore, la classe politique et médiatique (les deux sont extrêmement liées car la majorité de leurs ressortissants, en tous cas de leurs ressortissants influents copinent au mêmes clubs d'entre soi parisien, par exemple le club du siècle - si vous ne savez pas ce que c'est, ça vaut le coup d'interroger les moteurs de recherche) que "faites grève si vous voulez, ça sert à rien". Ouiouibon, c'est vrai que ça ne fonctionne pas toujours, loin de là, mais ça reste malgré tout ce qui fonctionne le mieux, et dans mon collège, nous avons d'ailleurs remarqué que nos grèves de 2016 n'ont jamais été décomptées sur nos fiches de paie, ce qui signifie (dans une administration et à une époque ou la moindre économie sur le dos des fonctionnaires et des autres est activement recherchée) qu'à un certain niveau de la hiérarchie (et pas à celui de notre CDE, en tout cas), il y a des gens qui, pour faire passer ces ***autocensure***, a "omis" des grévistes afin de faire volontairement baisser les stats. Les grévistes gêneraient donc plus qu'on ne veut bien le dire.

J'ajoute que depuis mon entrée en fonction, j'ai été de la plupart des grèves, et je n'ai jamais perdu 1500 euros à l'année, bien loin de là (pour retrouver ces chiffres, il faudrait remonter au moins à 2003, je pense).

Et je continuerai à les faire, en tout cas à chaque fois que je serai d'accord avec le mot d'ordre (donc bien souvent), qu'il émane de mon syndicat ou d'un autre (oui, même quand on se syndique, on garde un cerveau et une liberté de penser), tout simplement parce que c'est un de mes rares moyens d'action, et que j'en ai jusque là que des incapables qui prétendent servir l'éducation nationale (c'est littéralement le sens du mot ministre), à l'aide de leurs sbires cyniques ou vendus à divers lobbies quand ce n'est pas juste à leur carrière et au court-termisme, accouchent à répétition de monstruosités qui bouffent notre métier, et plus grave encore, la formation intellectuelle et culturelle de toute une nation.


Dernière édition par pseudo-intello le Mer 30 Aoû 2017 - 16:46, édité 1 fois

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par henriette le Mer 30 Aoû 2017 - 16:34

nitescence a écrit:
René Chiche a écrit:C’est d’ailleurs pourquoi ils suivent rarement leurs appels à la grève. Et je comprends parfaitement cela. Si un professeur suivait les appels à la grève de certains apparatchiks hors-sol qui sont obsédés par la « préparation de la mobilisation », comme ils disent, de septembre à juin, il perdrait environ 1500 euros par an, en pure perte.

Tout en finesse et en nuance, pas de cliché, pas d'affirmation justifiée par des exemples précis. Un bel appel à la réflexion, à la place du réflexe...
Tout à fait d'accord avec toi.

Si c'est pour faire de la pub pour ton syndicat, René Chiche, il y a un fil à son sujet sur lequel nous étions plusieurs à être très étonnés d'un mail reçu par mailing liste académique : ton éclairage y sera le bienvenu.

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par laMiss le Mer 30 Aoû 2017 - 16:45

René Chiche a écrit: Le fait que j'ai accepté de produire quelques textes pour A&D ne signifie pas que dès que je m'exprime, je parle en son nom. Disons que je tiens à conserver ma liberté de parole.

Ok.

René Chiche a écrit: Avez-vous des objections à faire sur le fond ?

Quelques unes. Je relis et vous réponds.
Mais je tenais d'abord à vous faire savoir que je me demandais d'où vous parliez. Je voulais aussi vous amener à nous préciser si vous parliez ou non au nom d'un syndicat. C'est un préalable à la discussion je crois (en partant du principe qu'on se dit la vérité).

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par pseudo-intello le Mer 30 Aoû 2017 - 16:54

(c'est quoi, A&D ?)

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par Whypee le Mer 30 Aoû 2017 - 17:08

pseudo-intello a écrit:(c'est quoi, A&D ?)
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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par Pierre-Henri le Mer 30 Aoû 2017 - 17:15

J'ai adhéré au SNALC lorsque j'étais dans le public, grâce aux interventions de Jean-Rémy Girard, qui représente correctement ma conception du métier. Je suis passé ensuite dans le privé, mais je suis resté au SNALC -- aussi minoritaire que soit ce syndicat dans le privé -- pour la même raison. Même si le syndicat n'est pas parfait (en particulier à cause de l'entrisme de l'extrême-droite qui lui nuit), je ne me sens pas trahi par les déclarations de ses dirigeants. Il me semble que c'est un syndicat constructif, de proposition, qui ne se contente pas de hurler à la grève.

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par laMiss le Mer 30 Aoû 2017 - 17:22

René Chiche a écrit:Lorsque j’écoute des dirigeants syndicaux qui prétendent représenter les professeurs sur les plateaux tv et radio, je ne puis me défendre d’une certaine humeur.
Vous imaginez la solidité que cela requiert, de s'exposer ainsi médiatiquement ? Rien que cela, cela mérite un tout petit peu de reconnaissance.

Ensuite, il ne faut pas en faire une affaire de "dirigeants syndicaux" en général, mais plutôt une affaire de personnes en particulier. Les cases, les étiquettes et les systèmes ont bon dos. A un moment donné, il y a aussi des gens qui font les choses bien ou pas. Il y a des personnes qui pourrissent un groupe. Il y a des personnes qui pourrissent un syndicat. Il y a des personnes qui pourrissent un pays. Il y a des personnes qui pourrissent le monde. Peut-être que l'espèce humaine n'est pas assez évoluée pour l'instant.

Ceci étant dit, et pour en revenir aux reproches formulés à l'encontre des dirigeants syndicaux, je pense qu'un représentant syndical qui irait "trop loin" dans ses propos (trop loin pour ce que les médias et les politiques veulent bien entendre), ne serait pas souvent invité. J'imagine que les représentants, même les plus investis et les plus sincères, doivent composer avec une forme de retenue. Peut-être que je me trompe.

René Chiche a écrit: Je ne suis même pas loin de penser que la misère du syndicalisme enseignant est pour beaucoup dans la crise de l’école.
Vous le dites vous même : on peut s'organiser hors syndicats. Ce n'est peut-être donc pas le syndicalisme le problème, mais plutôt :
1) L'"incapacité" de la plupart des médias à informer les citoyens,
2) Sachant cela : notre incapacité à informer plus efficacement,
3) Notre incapacité à définir de grands objectifs communs (au dessus des chapelles, bien entendu), dans des termes clairs et simples et à organiser un mouvement de grande ampleur.

René Chiche a écrit: Un syndicat qui se borne à réclamer toujours plus de postes et davantage de formation continue des professeurs n'est pas digne de les représenter, car loin de les défendre, il les précipite dans la misère, une misère matérielle mais aussi une misère intellectuelle.
Des postes, c'est mieux que rien quand même.
Mais oui, il y a d'autres axes.
Quant à la misère intellectuelle, encore faudrait-il que les enseignants soient informés. On en revient aux points précédents...
A partir de quoi voulez-vous que les gens réfléchissent s'ils ne sont au courant de rien ?

René Chiche a écrit:  La prolifération de « collectifs » au cours des vingt dernière années est le signe irrécusable que les directions syndicales ne représentent plus qu’elles-mêmes, et parmi la moitié des collègues que je connais et qui sont encore adhérents au syndicat majoritaire du second degré, tous me disent que c’est uniquement pour la mutation ou l’accès à la hors-classe, et tous ceux auxquels je viens de faire allusion sont sans illusion sur les « mots d’ordre » et la doctrine de « leur » syndicat.
C'est une réalité indéniable. C'est pour cette raison que je disais (facile à dire, certes) que les syndicats eux-mêmes avaient tout intérêt à améliorer le fonctionnement de l'intersyndicale, sa communication, l'information faite aux profs (on en revient toujours au même point) et à proposer des actions plus marquantes. Ils auraient prouvé aux sceptiques qu'ils ne défendaient pas que leur chapelle. Gagnant gagnant sur le long terme.
Attention : je ne dis pas qu'ils ne défendent que leur chapelle; je dis que c'est l'image qu'on a souvent d'eux, que c'est contre cela qu'il fallait se battre pour redorer l'image du syndicalisme et que l'occasion était belle en 2015.

René Chiche a écrit: Non, décidément, c’est dans sa classe, et non dans la rue, qu’un professeur doit défendre son métier.  
Oui enfin cela n'empêchera pas Macron de passer ses textes.
Et puis d'abord, pourquoi opposer les deux ?

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par René Chiche le Jeu 31 Aoû 2017 - 9:51

pseudo-intello a écrit:Je ne peux m'empêcher de constater que ton message contient quelques poncifs savamment relayés par les médias sur l'inutilité des syndicats, et suffisamment appuyé pour parvenir au but escompté par les puissants : discréditer les syndicats, désyndiquer les travailleurs.

Bonjour,

J'avais fait une réponse, qui s'est perdue dans les limbes du net... Je n'ai pas du tout l'intention de soutenir l'inutilité des syndicats, c'est même tout le contraire. J'estime que les professeurs ne sont pas correctement représentés par leurs syndicats de manière générale, et ce pour un tas de raisons dont ce message donne la principale, tant il est révélateur d'employer le mot "travailleurs" ici. Les professeurs ne sont pas des travailleurs, mais ils ont été et ont vocation à être aux côtés des travailleurs (comme le manifeste du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes le dit si bien dans son adresse "Aux travailleurs" signée par Rivet, Alain et Langevin). Je plaide pour un syndicat de professeurs, dont on ne peut restreindre et caricaturer les revendications à ce qui devient en effet des poncifs, pour ne pas dire des absurdités.

Réclamer toujours plus de postes ? Et quid des difficultés de recrutement ? Veut-on recruter des profs à 03/20 ? Ou transformer petit à petit le corps enseignant en main d'oeuvre docile, recrutée par contrat, et déqualifiée ? Non, soyons sérieux, cette revendication abstraite n'a guère de sens et il faut tout mettre à plat, à commencer par la massification.

Réclamer de la formation continue ? Mais quelle misère ! Je me souviens encore de ce co-dirigeant du SNES en janvier 2015 qui déplorait, voire pleurnichait, parce que les professeurs n'étaient pas suffisamment formés pour faire face à Charlie et l'après-Charlie ! Mais quelle honte ! La formation d'un professeur est permanente et elle est auto-formation. C'est dans son statut : s'il a un service de 15 ou 18h, ce n'est pas seulement pour corriger ses copies et préparer ses cours (ce qu'on ne sait qu'en vue de l'enseigner, on ne le sait pas vraiment), c'est aussi et même surtout pour lire, s'instruire, aller dans les librairies, au théâtre etc. Un professeur qui aurait besoin d'une formation sur la laïcité par exemple (comme je l'ai vu en 2015-2016 mise en oeuvre par Bidar), n'est-ce pas une honte ? Non, décidément, un syndicat de professeurs doit oser défendre l'identité d'intellectuel de ce dernier !

Quant aux grèves, je dis ce que chacun sait et dit : elles sont inutiles, trop fréquentes, et nous font grand tort. Est-il sérieux d'appeler les professeurs à se mettre en grève et à manifester pour n'obtenir qu'1.20mn aux JT du soir et permettre à des dirigeants d'y entonner leur refrain et nous ridiculiser encore un peu plus ? Tous les collègues savent que nous ne sommes pas comme les routiers ou les conducteurs de train, et que si nous voulons bloquer quelque chose, c'est en faisant la seule grève efficace, celle des notes et des examens, celle à laquelle justement les syndicats n'osent pas appeler !

Alors, je comprends que l'on trouve ma charge sévère. Mais qu'on ne me dise pas que je véhicule les "poncifs" dont se rassasient les médias pour taper sur les syndicats : ces derniers sont aptes à le faire eux-mêmes, hélas !

Cordialement
RC

René Chiche
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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par René Chiche le Jeu 31 Aoû 2017 - 9:53

henriette a écrit:
nitescence a écrit:
René Chiche a écrit:C’est d’ailleurs pourquoi ils suivent rarement leurs appels à la grève. Et je comprends parfaitement cela. Si un professeur suivait les appels à la grève de certains apparatchiks hors-sol qui sont obsédés par la « préparation de la mobilisation », comme ils disent, de septembre à juin, il perdrait environ 1500 euros par an, en pure perte.

Tout en finesse et en nuance, pas de cliché, pas d'affirmation justifiée par des exemples précis. Un bel appel à la réflexion, à la place du réflexe...
Tout à fait d'accord avec toi.

Si c'est pour faire de la pub pour ton syndicat, René Chiche, il y a un fil à son sujet sur lequel nous étions plusieurs à être très étonnés d'un mail reçu par mailing liste académique : ton éclairage y sera le bienvenu.

Bonjour,

J'ignorais l'existence de ce fil. Et ne le trouve pas ? Un lien ? Un titre ?

René Chiche
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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par Fesseur Pro le Jeu 31 Aoû 2017 - 10:00

nitescence a écrit:
René Chiche a écrit:C’est d’ailleurs pourquoi ils suivent rarement leurs appels à la grève. Et je comprends parfaitement cela. Si un professeur suivait les appels à la grève de certains apparatchiks hors-sol qui sont obsédés par la « préparation de la mobilisation », comme ils disent, de septembre à juin, il perdrait environ 1500 euros par an, en pure perte.

Tout en finesse et en nuance,
De là à dire qu'il est lourd, qu'il a du poids Chiche...

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par Fesseur Pro le Jeu 31 Aoû 2017 - 10:03

René Chiche a écrit:
Bonjour,

J'ignorais l'existence de ce fil. Et ne le trouve pas ? Un lien ? Un titre ?
C'est ici : www.neoprofs.org/t111700-syndicat-action-et-democratie-quelqu-un-connait?

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par nitescence le Jeu 31 Aoû 2017 - 10:13

Cela dit, je reconnais que les modalités d'action des syndicats traditionnels sont un peu dépassés : je ne rejette pas la grève par principe comme toi, mais je trouve ça insuffisant. Le problème, c'est que nous avons perdu la bataille des idées.
C'est la raison pour laquelle j'ai adhéré à la Société des agrégés qui pratique du lobbying : ça me semble être plus intelligent comme façon de procéder.

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par Celeborn le Jeu 31 Aoû 2017 - 10:30

Pierre-Henri a écrit:Même si le syndicat n'est pas parfait (en particulier à cause de l'entrisme de l'extrême-droite qui lui nuit)

Depuis que j'y exerce des responsabilités, je n'ai vu aucun « entrisme de l'extrême-droite » au SNALC, donc tu peux être rassuré.

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par nitescence le Jeu 31 Aoû 2017 - 10:33

Celeborn a écrit:
Pierre-Henri a écrit:Même si le syndicat n'est pas parfait (en particulier à cause de l'entrisme de l'extrême-droite qui lui nuit)

Depuis que j'y exerce des responsabilités, je n'ai vu aucun « entrisme de l'extrême-droite » au SNALC, donc tu peux être rassuré.

Celeborn, il y a eu des prises de position homophobes de la part de responsables de ton syndicat dont tu t'es toi-même ému, tout en expliquant que ça n'était pas représentatif et que ça n'impliquait pas le syndicat en tant que tel. Bien sûr, je ne dis pas que adhérents sont tous homophobes, mais ça fait tâche quand même de garder de tels personnages...

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par William Foster le Jeu 31 Aoû 2017 - 10:37

Celeborn a écrit:
Pierre-Henri a écrit:Même si le syndicat n'est pas parfait (en particulier à cause de l'entrisme de l'extrême-droite qui lui nuit)

Depuis que j'y exerce des responsabilités, je n'ai vu aucun « entrisme de l'extrême-droite » au SNALC, donc tu peux être rassuré.

La rumeur prétend pourtant que Donald Trump et Rodrigo Duterte sont syndicalistes au SNALC... Tu démens l'info, Celeborn ?

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par Daphné le Jeu 31 Aoû 2017 - 10:58

Celeborn a écrit:
Pierre-Henri a écrit:Même si le syndicat n'est pas parfait (en particulier à cause de l'entrisme de l'extrême-droite qui lui nuit)

Depuis que j'y exerce des responsabilités, je n'ai vu aucun « entrisme de l'extrême-droite » au SNALC, donc tu peux être rassuré.

Je confirme : j'y suis depuis trente cinq ans, y ai exercé des responsabilités académiques et nationales et moi non plus n'y ai jamais vu le moindre entrisme de l'extrême droite. Au contraire. Il suffit de lire nos positions et notre presse, tout est consultable sur notre site national www.snalc.fr
C'est plus intelligent que de colporter des fantasmes infondés.
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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par Reine Margot le Jeu 31 Aoû 2017 - 11:05

L'idée que le SNALC est d'extrême-droite est de l'intox du camp "progressiste" ou "pédagogiste", simplement parce que le SNALC défend les connaissances et les disciplines au lieu de demander à faire passer automatiquement tous les élèves d'une classe à l'autre et donner les diplômes dans une pochette-surprise.

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par Daphné le Jeu 31 Aoû 2017 - 11:12

Reine Margot a écrit:L'idée que le SNALC est d'extrême-droite est de l'intox du camp "progressiste" ou "pédagogiste", simplement parce que le SNALC défend les connaissances et les disciplines au lieu de demander à faire passer automatiquement tous les élèves d'une classe à l'autre et donner les diplômes dans une pochette-surprise.

Exactement !
L'argumentaire est tellement facile qu'il en est ridicule ! Mais ça marche devant ceux qui ne se donnent pas la peine de se renseigner, colportent n'importe quoi, votent comme des moutons sans même connaître les positions de leur syndicat - j'en connais - ou ne votent pas tout court, la majorité.
Et après on s'étonne que la situation empire année après année...
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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par henriette le Jeu 31 Aoû 2017 - 11:24

William Foster a écrit:
Celeborn a écrit:
Pierre-Henri a écrit:Même si le syndicat n'est pas parfait (en particulier à cause de l'entrisme de l'extrême-droite qui lui nuit)

Depuis que j'y exerce des responsabilités, je n'ai vu aucun « entrisme de l'extrême-droite » au SNALC, donc tu peux être rassuré.

La rumeur prétend pourtant que Donald Trump et Rodrigo Duterte sont syndicalistes au SNALC... Tu démens l'info, Celeborn ?
William Foster a écrit:
Celeborn a écrit:
Pierre-Henri a écrit:Même si le syndicat n'est pas parfait (en particulier à cause de l'entrisme de l'extrême-droite qui lui nuit)

Depuis que j'y exerce des responsabilités, je n'ai vu aucun « entrisme de l'extrême-droite » au SNALC, donc tu peux être rassuré.

La rumeur prétend pourtant que Donald Trump et Rodrigo Duterte sont syndicalistes au SNALC... Tu démens l'info, Celeborn ?
Tiens, moi j'avais entendu dire que David Duke en était membre honoraire.

Daphné a écrit:
Reine Margot a écrit:L'idée que le SNALC est d'extrême-droite est de l'intox du camp "progressiste" ou "pédagogiste", simplement parce que le SNALC défend les connaissances et les disciplines au lieu de demander à faire passer automatiquement tous les élèves d'une classe à l'autre et donner les diplômes dans une pochette-surprise.

Exactement !
L'argumentaire est tellement facile qu'il en est ridicule ! Mais ça marche devant ceux qui ne se donnent pas la peine de se renseigner, colportent n'importe quoi, votent comme des moutons sans même connaître les positions de leur syndicat - j'en connais - ou ne votent pas tout court, la majorité.
Et après on s'étonne que la situation empire année après année...
Oui, c'est un vrai problème.

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par Celeborn le Jeu 31 Aoû 2017 - 13:15

nitescence a écrit:
Celeborn, il y a eu des prises de position homophobes de la part de responsables de ton syndicat dont tu t'es toi-même ému, tout en expliquant que ça n'était pas représentatif et que ça n'impliquait pas le syndicat en tant que tel. Bien sûr, je ne dis pas que adhérents sont tous homophobes, mais ça fait tâche quand même de garder de tels personnages...

Il y a (hélas) des gens homophobes qui ne sont pas d'extrême-droite (y'avait même un sondage tout à fait intéressant dans La Croix (si ^^) à ce sujet).

Mais quand bien même, tu remarqueras que depuis, je suis vice-président, et que la personne concernée (je ne suis pas sûr de bien comprendre d'où vient ton pluriel : ce à quoi tu me sembles faire référence me paraît nécessiter un singulier) n'est plus responsable de rien du tout. Il y a un mot pour le contraire de l'entrisme ?

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par pseudo-intello le Jeu 31 Aoû 2017 - 13:17

René Chiche a écrit:Les professeurs ne sont pas des travailleurs
Les professeurs sont des travailleurs. Leur métier connaît des spécificités, mais tous les métiers en connaissent.
J'appartiens d’ailleurs à un syndicat confédéré, qui est évidemment organisé en "sous-groupe" selon le corps de métier, mais on ne peut dénier que si certaines de nos revendications sont propres à notre métier (ou à l(éducation nationale, car il y a des points communs entre certaines de nos revendications et celle des CDE, par exemple), d'autre revendications sont finalement à peu près les mêmes que celle des autres corps de métiers : moins de dérégulation, moins d'économies sur le dos des travailleurs, profs ou pas, sous prétexte de la "dette" ou de la compétitivité selon qu'on se trouve dans le public ou dans le privé) quand l'Etat se permet de filer des milliards en baisses de charge, CICE et ce sans aucune contrepartie, etc.
Nous sommes nombreux à avoir fait grève contre la loi travail, qui pourtant ne nous "concernait pas" (sauf que finalement, toujorus plus de dérégulation, moins de protection, c'est aussi ce contre quoi on proteste dans la fonction publique).
Tout comme nous avons été invitées à nous rendre à la manif des hospitaliers il y a peu), car leurs conditions de travail ont forcément des répercussions sur notre santé (et en dit long sur le respect que portent nos décideurs politiques à l'égard de ses citoyens).

A ce propos, dans on syndicat, il y a (une fois toutes les quelques années) des journées confédération, ou chaque métier expose ses problèmes, ses revendications, ce qui permet de comprendre bien plus de choses que ce que les médias veulent bien relayer (mais à qui appartient 90% des médias e quels sont les intérêts de ces gens ?)

René Chiche a écrit:Réclamer toujours plus de postes ? Et quid des difficultés de recrutement ? Veut-on recruter des profs à 03/20 ? Ou transformer petit à petit le corps enseignant en main d'oeuvre docile, recrutée par contrat, et déqualifiée ? Non, soyons sérieux, cette revendication abstraite n'a guère de sens

Ce n'est que partiellement vrai. Dans le 1er degré, cela dépend des académies. Il y a un vivier, c'est juste qu'il est mal réparti sur le territoire. IL y a une raison à cela : les PE ayant le droit de rester dans leur acad ( voir le devoir, si personne ne veut "échanger" avec eux), à salaire égal, les académies où on sait qu'on va en ch**r niveau discipline et compagnie sont nettement moins demandées que les académies "cool".
Ce qui confirme que pour recruter, il faut assurer des conditions de travail normale aux gens que 'on a besoin d'embaucher.

Dans le second degré, cela dépend des disciplines. La mienne est sinistrée, et il y en a d'autres, bien sûr (dans une moindre mesure). Ceci dit, il y a encore des disciplines pour lesquelles les candidats se battent (sport, philo, peut-être histoire-géo), pour finir, notamment en philo, par essayer d'apprendre la philo en un an à des classes de 36 élèves.
On manque de bons candidats et "juste" ouvrir  la vanne des concours serait délétère dans certaines disciplines (2nd degré)et certaines académie (1er), mais c'est un ensemble, et si les conditions de travail étaient décentes partout sur le territoire (confiance accordée au professeur, soutien en cas de problème avec les élèves et les parents, sanction systématique et plus sévère de toute insolence afin de ne pas favoriser la bordellisation terrifiante que connaissent bien souvent nos récentes recrues), avec un salaire moins minable (on revient aux "plus de moyens"), les jeunes un peu brillants hésiteraient bien moins à l'idée de s'inscrire au concours.

Quant au nombre de postes, je me souviens de classes de 21 élèves et de classes de 27, et jeu peux t'assurer que quand il s'agit de transmettre, d'inerroger le plus d'élèves possible  pendant les exercices pour savoir s'ils ont compris (voire de les scinder pour certaines activités avec un TZR surnuméraire, bienfait que je n'ai connu que 3 mois en tout et pour tout dans ma carrière), cela change bien des choses.

René Chiche a écrit:Réclamer de la formation continue ? Mais quelle misère ! Je me souviens encore de ce co-dirigeant du SNES en janvier 2015 qui déplorait, voire pleurnichait, parce que les professeurs n'étaient pas suffisamment formés pour faire face à Charlie et l'après-Charlie !

Formation continue ne veut pas dire "après Charlie", forcément. Il y a pas mal d'années, maintenant, le PAF proposait pas mal de formations pas forcément en rapport direct avec les programmes scolaires du moment, mais qui favorisaient l'ouverture culturelle des collègues, surtout d'ailleurs de ceux fraîchement arrivés dans une académie, quand c'était orienté patrimoine. Cela pouvait être un apport historique, littéraire, artistique, etc, enfin bien des choses, ce qui finalement n'était pas si éloigné de la manière où nous nous "formons" l'air de rien pendant les vacances (quand on visite un musée ou un château, qu'on prend une photo en se disant "tiens, ça, je vais pouvoir l'utiliser avec mes élèves !"). Maintenant, les formations proposées, c'est des trucs techniques du programme, et généralement le mercredi après-midi, et tu peux te brosser, le plus souvent, pour tes frais de déplacements, alors ça ne tente personne.



René Chiche a écrit: Quant aux grèves, je dis ce que chacun sait et dit : elles sont inutiles, trop fréquentes, et nous font grand tort.

Qu'on puisse réfléchir à davantage de communication avec les parents d'élèves, c'est bien possible (c'est d'ailleurs ce que dans mon collège, et en respectant les limites de la légalité, nous tentons de faire de plus en plus, même si cela demande du boulot).

La dernière fois que nous avons obtenu quelque chose de substantiel, nous avons fait grève le tout premier jour de classe. C'était la rentrée, donc cela jouait en notre faveur, car les journaux locaux avaient envie de parler d'école.
nous obtenons de moins en moins souvent gain de cause quand nous faisons grève, c'est vrai. Néanmoins, mes toutes premières grèves (j'étais en stage) ont "fonctionné", et ont permis, en faisant reculer de Robien sur des changements de statut, d'améliorer grandement mes conditions de travail jusqu'à) ce que Benoît Hamon passe par là 6 ans plus tard. Mais, en dehors de cette anecdote moietmalife, ok, je t'écoute. La grève est inefficace et tout, trop fréquentes (en même temps, c'est au rythme des missiles que balancent les gouvernements successifs, qui ne nous laissent pas de répit), etc, alors que proposes-tu, pour faire capoter les casses de statu, les refontes d'usines à gaz, les reculs de pouvoirs d'achat ? C'est une vraie question.


René Chiche a écrit: Est-il sérieux d'appeler les professeurs à se mettre en grève et à manifester pour n'obtenir qu'1.20mn aux JT du soir et permettre à des dirigeants d'y entonner leur refrain et nous ridiculiser encore un peu plus ?
C'est frustrant, je le conçois. Cela nous renvoie, à nouveau, à la question de la mainmise des médias sur l'entresoi politico-médiatico-financier (d'ailleurs, j'ignorais jusqu'à peu que le MEDEF siège dans les instances de l'Education au ministère pour valider joyeusement la mise en place des compétences et autres joyeusetés), je ne sais plus si c'est sur de fil ou un autre que j'ai évoqué les clubs tels le Siècle, si peu connu du grand public. Les inégalités ne cessent de se creuser, c'est un fait, ce qui, d'années en année, nous laisse tous plus démunis face à ceux qui ont fric, influence et carnets d'adresse, car ce sont les mêmes personnes, mais soit on continue au risque d'y laisser des plumes, soit on retourne au XIXe siècle, ou au moins au début du XXe (et les gens qui se sont battus pour obtenir les droits que nous sommes en train de nous laisser reprendre ont perdu plus de plumes que nous au fil de leurs batailles).

René Chiche a écrit:Tous les collègues savent que nous ne sommes pas comme les routiers ou les conducteurs de train, et que si nous voulons bloquer quelque chose, c'est en faisant la seule grève efficace, celle des notes et des examens, celle à laquelle justement les syndicats n'osent pas appeler !


Je croyais que tu reprochais aux grèves de nous faire du tort en raison de leur impopularité.
J'ai fait grève de correction de brevet en 2016, et je referais s'il y avait d'autres appels, mais je conçois que les syndicats sont frileux, et plus encore pour la grève de la tenue des examens, parce que là, ce serait impopularité maximale, et les "élèves et leurs familles pris en otage", et on aurait le pays entier contre nous.

René Chiche a écrit:Mais qu'on ne me dise pas que je véhicule les "poncifs" dont se rassasient les médias pour taper sur les syndicats : ces derniers sont aptes à le faire eux-mêmes, hélas !

Les grèves inutiles (la classe politique assène ça pour décourager les gens de les faire, c'est bien pratique), les syndicats qui ne servent à rien et qui desservent plutôt les syndiqués, les grèves trop nombreuses (pas tant que ça quand on regarde d'autres pays, apparemment, ceci dit, cela dépend beaucoup d'un pays à l'autre car les cultures ne sont pas les mêmes), ce sont des poncifs que les médias relaient souvent, en effet.


Dernière édition par pseudo-intello le Jeu 31 Aoû 2017 - 16:00, édité 1 fois

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