Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par pseudo-intello le Jeu 31 Aoû 2017 - 13:17

René Chiche a écrit:Les professeurs ne sont pas des travailleurs
Les professeurs sont des travailleurs. Leur métier connaît des spécificités, mais tous les métiers en connaissent.
J'appartiens d’ailleurs à un syndicat confédéré, qui est évidemment organisé en "sous-groupe" selon le corps de métier, mais on ne peut dénier que si certaines de nos revendications sont propres à notre métier (ou à l(éducation nationale, car il y a des points communs entre certaines de nos revendications et celle des CDE, par exemple), d'autre revendications sont finalement à peu près les mêmes que celle des autres corps de métiers : moins de dérégulation, moins d'économies sur le dos des travailleurs, profs ou pas, sous prétexte de la "dette" ou de la compétitivité selon qu'on se trouve dans le public ou dans le privé) quand l'Etat se permet de filer des milliards en baisses de charge, CICE et ce sans aucune contrepartie, etc.
Nous sommes nombreux à avoir fait grève contre la loi travail, qui pourtant ne nous "concernait pas" (sauf que finalement, toujorus plus de dérégulation, moins de protection, c'est aussi ce contre quoi on proteste dans la fonction publique).
Tout comme nous avons été invitées à nous rendre à la manif des hospitaliers il y a peu), car leurs conditions de travail ont forcément des répercussions sur notre santé (et en dit long sur le respect que portent nos décideurs politiques à l'égard de ses citoyens).

A ce propos, dans on syndicat, il y a (une fois toutes les quelques années) des journées confédération, ou chaque métier expose ses problèmes, ses revendications, ce qui permet de comprendre bien plus de choses que ce que les médias veulent bien relayer (mais à qui appartient 90% des médias e quels sont les intérêts de ces gens ?)

René Chiche a écrit:Réclamer toujours plus de postes ? Et quid des difficultés de recrutement ? Veut-on recruter des profs à 03/20 ? Ou transformer petit à petit le corps enseignant en main d'oeuvre docile, recrutée par contrat, et déqualifiée ? Non, soyons sérieux, cette revendication abstraite n'a guère de sens

Ce n'est que partiellement vrai. Dans le 1er degré, cela dépend des académies. Il y a un vivier, c'est juste qu'il est mal réparti sur le territoire. IL y a une raison à cela : les PE ayant le droit de rester dans leur acad ( voir le devoir, si personne ne veut "échanger" avec eux), à salaire égal, les académies où on sait qu'on va en ch**r niveau discipline et compagnie sont nettement moins demandées que les académies "cool".
Ce qui confirme que pour recruter, il faut assurer des conditions de travail normale aux gens que 'on a besoin d'embaucher.

Dans le second degré, cela dépend des disciplines. La mienne est sinistrée, et il y en a d'autres, bien sûr (dans une moindre mesure). Ceci dit, il y a encore des disciplines pour lesquelles les candidats se battent (sport, philo, peut-être histoire-géo), pour finir, notamment en philo, par essayer d'apprendre la philo en un an à des classes de 36 élèves.
On manque de bons candidats et "juste" ouvrir  la vanne des concours serait délétère dans certaines disciplines (2nd degré)et certaines académie (1er), mais c'est un ensemble, et si les conditions de travail étaient décentes partout sur le territoire (confiance accordée au professeur, soutien en cas de problème avec les élèves et les parents, sanction systématique et plus sévère de toute insolence afin de ne pas favoriser la bordellisation terrifiante que connaissent bien souvent nos récentes recrues), avec un salaire moins minable (on revient aux "plus de moyens"), les jeunes un peu brillants hésiteraient bien moins à l'idée de s'inscrire au concours.

Quant au nombre de postes, je me souviens de classes de 21 élèves et de classes de 27, et jeu peux t'assurer que quand il s'agit de transmettre, d'inerroger le plus d'élèves possible  pendant les exercices pour savoir s'ils ont compris (voire de les scinder pour certaines activités avec un TZR surnuméraire, bienfait que je n'ai connu que 3 mois en tout et pour tout dans ma carrière), cela change bien des choses.

René Chiche a écrit:Réclamer de la formation continue ? Mais quelle misère ! Je me souviens encore de ce co-dirigeant du SNES en janvier 2015 qui déplorait, voire pleurnichait, parce que les professeurs n'étaient pas suffisamment formés pour faire face à Charlie et l'après-Charlie !

Formation continue ne veut pas dire "après Charlie", forcément. Il y a pas mal d'années, maintenant, le PAF proposait pas mal de formations pas forcément en rapport direct avec les programmes scolaires du moment, mais qui favorisaient l'ouverture culturelle des collègues, surtout d'ailleurs de ceux fraîchement arrivés dans une académie, quand c'était orienté patrimoine. Cela pouvait être un apport historique, littéraire, artistique, etc, enfin bien des choses, ce qui finalement n'était pas si éloigné de la manière où nous nous "formons" l'air de rien pendant les vacances (quand on visite un musée ou un château, qu'on prend une photo en se disant "tiens, ça, je vais pouvoir l'utiliser avec mes élèves !"). Maintenant, les formations proposées, c'est des trucs techniques du programme, et généralement le mercredi après-midi, et tu peux te brosser, le plus souvent, pour tes frais de déplacements, alors ça ne tente personne.



René Chiche a écrit: Quant aux grèves, je dis ce que chacun sait et dit : elles sont inutiles, trop fréquentes, et nous font grand tort.

Qu'on puisse réfléchir à davantage de communication avec les parents d'élèves, c'est bien possible (c'est d'ailleurs ce que dans mon collège, et en respectant les limites de la légalité, nous tentons de faire de plus en plus, même si cela demande du boulot).

La dernière fois que nous avons obtenu quelque chose de substantiel, nous avons fait grève le tout premier jour de classe. C'était la rentrée, donc cela jouait en notre faveur, car les journaux locaux avaient envie de parler d'école.
nous obtenons de moins en moins souvent gain de cause quand nous faisons grève, c'est vrai. Néanmoins, mes toutes premières grèves (j'étais en stage) ont "fonctionné", et ont permis, en faisant reculer de Robien sur des changements de statut, d'améliorer grandement mes conditions de travail jusqu'à) ce que Benoît Hamon passe par là 6 ans plus tard. Mais, en dehors de cette anecdote moietmalife, ok, je t'écoute. La grève est inefficace et tout, trop fréquentes (en même temps, c'est au rythme des missiles que balancent les gouvernements successifs, qui ne nous laissent pas de répit), etc, alors que proposes-tu, pour faire capoter les casses de statu, les refontes d'usines à gaz, les reculs de pouvoirs d'achat ? C'est une vraie question.


René Chiche a écrit: Est-il sérieux d'appeler les professeurs à se mettre en grève et à manifester pour n'obtenir qu'1.20mn aux JT du soir et permettre à des dirigeants d'y entonner leur refrain et nous ridiculiser encore un peu plus ?
C'est frustrant, je le conçois. Cela nous renvoie, à nouveau, à la question de la mainmise des médias sur l'entresoi politico-médiatico-financier (d'ailleurs, j'ignorais jusqu'à peu que le MEDEF siège dans les instances de l'Education au ministère pour valider joyeusement la mise en place des compétences et autres joyeusetés), je ne sais plus si c'est sur de fil ou un autre que j'ai évoqué les clubs tels le Siècle, si peu connu du grand public. Les inégalités ne cessent de se creuser, c'est un fait, ce qui, d'années en année, nous laisse tous plus démunis face à ceux qui ont fric, influence et carnets d'adresse, car ce sont les mêmes personnes, mais soit on continue au risque d'y laisser des plumes, soit on retourne au XIXe siècle, ou au moins au début du XXe (et les gens qui se sont battus pour obtenir les droits que nous sommes en train de nous laisser reprendre ont perdu plus de plumes que nous au fil de leurs batailles).

René Chiche a écrit:Tous les collègues savent que nous ne sommes pas comme les routiers ou les conducteurs de train, et que si nous voulons bloquer quelque chose, c'est en faisant la seule grève efficace, celle des notes et des examens, celle à laquelle justement les syndicats n'osent pas appeler !


Je croyais que tu reprochais aux grèves de nous faire du tort en raison de leur impopularité.
J'ai fait grève de correction de brevet en 2016, et je referais s'il y avait d'autres appels, mais je conçois que les syndicats sont frileux, et plus encore pour la grève de la tenue des examens, parce que là, ce serait impopularité maximale, et les "élèves et leurs familles pris en otage", et on aurait le pays entier contre nous.

René Chiche a écrit:Mais qu'on ne me dise pas que je véhicule les "poncifs" dont se rassasient les médias pour taper sur les syndicats : ces derniers sont aptes à le faire eux-mêmes, hélas !

Les grèves inutiles (la classe politique assène ça pour décourager les gens de les faire, c'est bien pratique), les syndicats qui ne servent à rien et qui desservent plutôt les syndiqués, les grèves trop nombreuses (pas tant que ça quand on regarde d'autres pays, apparemment, ceci dit, cela dépend beaucoup d'un pays à l'autre car les cultures ne sont pas les mêmes), ce sont des poncifs que les médias relaient souvent, en effet.


Dernière édition par pseudo-intello le Jeu 31 Aoû 2017 - 16:00, édité 1 fois

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par nitescence le Jeu 31 Aoû 2017 - 13:26

Celeborn a écrit:
nitescence a écrit:
Celeborn, il y a eu des prises de position homophobes de la part de responsables de ton syndicat dont tu t'es toi-même ému, tout en expliquant que ça n'était pas représentatif et que ça n'impliquait pas le syndicat en tant que tel. Bien sûr, je ne dis pas que adhérents sont tous homophobes, mais ça fait tâche quand même de garder de tels personnages...

Il y a (hélas) des gens homophobes qui ne sont pas d'extrême-droite (y'avait même un sondage tout à fait intéressant dans La Croix (si ^^) à ce sujet).

Mais quand bien même, tu remarqueras que depuis, je suis vice-président, et que la personne concernée (je ne suis pas sûr de bien comprendre d'où vient ton pluriel : ce à quoi tu me sembles faire référence me paraît nécessiter un singulier) n'est plus responsable de rien du tout. Il y a un mot pour le contraire de l'entrisme ?

Je suis heureux de l'apprendre
Le contraire de l'entrisme, je crois que c'est le dégagisme (un mot très à la mode).

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par Delia le Jeu 31 Aoû 2017 - 14:41

pseudo-intello a écrit:
René Chiche a écrit:Les professeurs ne sont pas des travailleurs
Les professeurs sont des travailleurs. Leur métier connaît des spécificités, mais tous les métiers en connaissent.
J'appartiens d’ailleurs à un syndicat confédéré, qui est évidemment organisé en "sous-groupe" selon le corps de métier, mais on ne peut dédier que si certaines de nos revendications sont propres à notre métier (ou à l(éducation nationale, car il y a des points communs entre certaines de nos revendications et celle des CDE, par exemple), d'autre revendications sont finalement à peu près les mêmes que celle des autres corps de métiers : moins de dérégulation, moins d'économies sur le dos des travailleurs, profs ou pas, sous prétexte de la "dette" ou de la compétitivité selon qu'on se trouve dans le public ou dans le privé) quand l'Etat se permet de filer des milliards en baisses de charge, CICE et ce sans aucune contrepartie, etc.
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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par Secure le Jeu 31 Aoû 2017 - 19:47

Contractuel mais qui défend ses droits si nécessaire (rarerement cela dit) seuls la CGT et FO m'ont proposé d'intervenir. Le principal syndicat me demande de passer le Capes un point c'est tout...Ce que j'en pense ? J'aime beaucoup la phrase reprise haut et fort par la CGT : À salaire égal, travail égal ! Surtout après 20 ans...Et ben non la révalorisation est, en ce qui me concerne un flop.

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Re: Réflexions décousues et intempestives sur le syndicalisme enseignant

Message par pseudo-intello le Jeu 31 Aoû 2017 - 20:14

Pour les compléments de service hors commune, quand ils étaient encore illégaux (merci Hamon), le principal syndicat n'intervenait pas (dans mon département, en tout cas), en prétextant que si les profs allaient au TA contre les compléments de service illégaux, le ministère finirait par changer les règles du jeu et les rendre légaux.

C'est ce qui s'est passé, certes (merci benoît Benoît, et danlku tes 6% à l’élection présidentielle et ton éviction aux législatives, bien fait pour toi), mais en attendant, d'autres syndicats accompagnaient au TA, et efficacement, et ça en sert à rien d'avoir un droit s'il ne faut pas l'utiliser.

Pour le contractuels, il y a des aberrations, effectivement... on prend des gens pendant des années, on en est donc bien content, mais on ne veut ni les CDIser, ni les titulariser, il y a définitivement des choses qui m'échappent...

pseudo-intello
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