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jaybe
Niveau 7

L'apprentissage de la conduite : état des lieux

par jaybe le Ven 17 Nov 2017 - 10:07
Petit billet d'humeur (morose...). Note avant lecture : il n'est pas impossible de croiser quelques pincées de mauvaise foi dans ce texte ; c'est parfaitement assumé !

Mathieu et Jean, amis d'enfance, se retrouvent après de longues années sans se croiser.

- Mathieu ! Cela me fait plaisir de te voir ! Que deviens-tu ?
- Bonjour Jean, tu as raison, cela fait bien longtemps ! Je suis devenu instructeur de conduite.
- Beurk, la conduite... quelle horreur ! Tiens, tu ne connais pas ma petite dernière... Léa, viens dire bonjour ! Justement, elle est en plein dedans en ce moment. Léa, tu dis à Mathieu ce que tu as appris la semaine dernière sur la conduite ?
- ...
- Mais si, tu sais bien, les pédales !
- Ah oui ! Il y a le frein, euh...
- L'a... L'accé...
- L'accélérateur !
- Et ?
- Bin c'est tout, il y a deux pédales !
- Ah bon ? Et l'embrayage ?
- Le braillage, la maitresse a dit que c'est trop compliqué et même qu'on verra ça l'année prochaine !

Mathieu émet de gros doutes sur ce que Léa vient d'avancer. C'est improbable, bien que pas totalement impossible...
Léa repart aussitôt vers d'autres occupations.

- Avec elle, ça va encore, mais le grand, en ce moment, il apprend la direction. Avec sa mère, on n'y comprend rien ! On fait venir un apprenti pilote à la maison pour lui donner quelques cours.
- Bon courage alors, avec ce qu'on enseigne en conduite, maintenant...
- Ouh, tu m'inquiètes ! C'est si grave que ça ?
- On trouve de moins en moins de personnes pour enseigner la conduite. Les étudiants trouvent que la conduite, c'est vraiment trop difficile. Ceux qui sont vraiment doués en conduite partent dans des boîtes privées, ils gagnent très bien leur vie... mais ce n'est pas du tout dans leur intérêt d'enseigner la conduite.
- A ce point ?
- Oh oui ! Chaque année, il manque des centaines d'enseignants à la conduite. Pour te dire, on en est au point où l'on essaie par tous les moyens de récupérer à droite à gauche des gens qui savent à peu près conduire. Et qui ne se sont jamais posés la question de savoir comment l'enseigner d'ailleurs.
- Et pourquoi c'est comme ça, alors ?
- C'est mal payé et très mal considéré. A peu près tout le monde leur répète à longueur de temps qu'ils sont payés à ne rien faire, ou alors que ça ne sert à rien. Et puis, on les envoie n'importe où en France. Dans certains endroits, c'est le parcours du combattant dans une maison de fous. A Trifouillis-les-Oies, on leur fait apprendre pendant des heures la théorie de l'apprentissage de la conduite, la konducté, qui vise la maîtrise de la conduite du point de vue du paradigme de co-conductivité, qui dit qu'un conducteur est conducteur de lui-même en constante réflexivité sur sa construction de l'outil de socio-conductivité...
- Hein ?
-... bon, ce n'est pas partout pareil parce que chaque académie de conduite en France fait comme bon lui semble, et il y a des différences énormes ! Dans les témoignages, certains stagiaires disent qu'ils ne font que regarder des vidéos de courses automobiles, ou alors chacun raconte comment il conduit et ça ne va guère plus loin. Certains disent qu'ils font des séances de méditation. On leur dit de s'imaginer qu'ils sont la voiture qui doit se préparer psychologiquement à accueillir le conducteur et a l'accompagner mentalement dans sa conduite. Plus simplement, il y a aussi les instructeurs qui sont intimement persuadés de connaître la seule vraie façon de conduire, qui n'acceptent pas qu'on puisse conduire autrement.
- Non, tu me fais marcher !
- Si, si ! Et il ne faut pas oublier que bien des élèves sont insupportables. C'est mission impossible pour virer ceux qui ne veulent pas apprendre à conduire. Ils viennent jusqu'à ce qu'ils obtiennent leur permis. Et il n'est pas si rare que cela qu'un instructeur reproche à un stagiaire que si les élèves ne veulent pas conduire, c'est uniquement de sa faute, c'est parce qu'il ne rend pas la conduite intéressante.
- Mais, dis-moi : si les élèves n'étudient pas la conduite, ils n'auront pas leur permis ?
- Que tu crois ! Tu sais ce qu'on leur demande maintenant ? De s'arrêter à un feu rouge et de laisser passer un piéton. C'est la partie difficile de l'examen.
- Ah ! Bon, y'a peut-être pas besoin d'en savoir beaucoup plus, non ?

Mathieu hausse les épaules devant une provocation déjà entendue mille fois.

- De toutes façons, cela ne risque pas de changer. Les parents veulent que leurs enfants aient le permis, et les syndicats d'élèves veulent qu'on leur donne le permis. Ils estiment que par leur seule présence, ou parce qu'ils paient, ils ont le droit d'avoir le permis. Ils s'en fichent s'ils savent conduire ou pas.
- C'est pas possible ce que tu me dis, ils n'en parlent jamais dans les médias !
- Ce n'est pas surprenant. Les journalistes n'ont pas à apprendre la conduite dans leurs études. La plupart d'entre eux ne connaissent rien à la conduite. Ils sont incapables de distinguer un bon conducteur d'un chauffard. Sur internet, tu trouves des gens qui se vantent d'avoir réalisé Paris-Tokyo en voiture, ou qui prétendent avoir trouvé une technique pour conduire sans utiliser les roues, ça se retrouve tel quel dans les articles des journaux.
- A ce point ? Et les politiques ?
- La plupart d'entre eux sont aussi complètement largués sur la conduite. Ce n'est pas dans leur culture, ni dans leur formation. Alors de temps en temps, il y a bien une personnalité pour sortir publiquement qu'il est très important de savoir conduire, que cela contribue à émanciper les citoyens, que cela les rend plus autonomes... sauf que c'est juste de la com'. Ou alors, la personne croit vraiment en l'utilité de la conduite pour tous, mais le sujet devient rapidement trop technique pour elle et elle n'est pas en mesure de comprendre tout ce qui ne va pas et comment essayer d'arranger les choses. En plus, je vais te dire, chez les politiques, voici ce que tu vas trouver : il y a ceux qui pensent que l'accès à la conduite est profondément injuste car tout le monde ne pourra pas s'offrir la même voiture, et leurs efforts visent essentiellement à réduire cette inégalité. C'est bien joli, mais en pratique, cela a toujours favorisé à faire en sorte que tout le monde ait le modèle le moins bon. Après, tu as ceux qui trouvent que la conduite est stressante, que les apprentis conducteurs vivent mal leur apprentissage de la conduite, et qui veulent juste que l'apprentissage de la conduite soit vidée de tout ce qui pose problème pour que tout le monde apprenne dans le bonheur et la joie. Tu as aussi ceux qui estiment que la société n'a pas à enseigner à tout le monde à conduire gratuitement, qu'il faut qu'il y ait une libre mise en concurrence afin que ceux qui en ont les moyens sachent mieux conduire que les autres. Enfin, tu as ceux qui disent qu'il y a beaucoup trop de conducteurs étrangers, et que tout est de leur faute si on conduit aussi mal de nos jours. Cela serait drôle si ce n'était pas aussi catastrophique : pour des raisons complètement différentes, des gens qui passent leur temps à s'écharper causent tous beaucoup de dégâts pour l'apprentissage de la conduite !
- Même le ministre de la conduite, il s'en fiche ?
- Les ministres de la conduite, ils arrivent, ils partent, la plupart n'ont aucune idée de ce que c'est de conduire ou d'enseigner à conduire. Il y en a même un qui a sorti il y a quelques années de cela que ça ne servait plus à rien d'apprendre à conduire avec les GPS, les voitures automatiques que tout le monde aura bientôt... plus récemment, une ministre a fait une lecture publique d'un examen de conduite, sauf qu'elle ne comprenait rien à ce qu'elle lisait : comme elle oubliait des mots, cela ne voulait rien dire, et presque personne ne s'en est rendu compte. Bref, il n'y a rien à attendre de ce côté.
- C'est pas très encourageant tout ça...
- Attends, c'est pas tout ! Depuis des années, tu as des gens bien placés qui défendent l'idée que chacun doit apprendre son propre style de conduite. Qu'il ne faut plus apprendre à effectuer des démarrages en côte, des créneaux, tu le fais à la limite juste une fois ou deux et l'apprenant conducteur - c'est comme ça qu'on dit maintenant - a bien le temps de maîtriser cela, plus tard... résultat, tu as des apprentis conducteurs qui sont très en-dessous de la maîtrise de conduite attendue. Cela atteint des niveaux qu'on n'aurait même pas imaginé en cauchemar ! Tiens, l'autre jour, j'essayais de parler de la méthode du dosage de glycol pour le liquide de refroidissement avec un enseignant en conduite avancée, on en parlait toujours dans le temps avec les élèves parce qu'il y en avait toujours un ou deux qui vidait toute la bouteille dans le réservoir. Le collègue m'a envoyé bouler, comme quoi j'étais complètement déconnecté de la réalité, parce qu'il passait une demi-heure par séance à rappeler de retirer le frein à main et à devoir montrer encore et encore comment on passe les vitesses, ce que les élèves devraient tous savoir faire depuis au moins quatre ou cinq ans...
- Eh bé !
- Attends, je t'ai pas dit : on encourage même pendant l'enseignement de la conduite à faire choisir le parfum d'intérieur du véhicule, à mettre des housses sur les sièges, pour que la conduite soit moins stressante, pour susciter chez l'apprenant conducteur du plaisir à conduire. J'ai même vu un projet "véhicule de Cendrillon". Le prof a pris une énorme citrouille ; avec les élèves ils l'ont vidée, ils ont mis 4 roues, un volant en bois et ils ont fait des photos en train de "conduire".
- Et c'est pas bien, ça ?
- Mais enfin, c'est pas du tout ça, savoir conduire ! C'est des charlots, les gens qui laissent faire ça !
- Et y'a pas des experts qui se révoltent, qui disent que c'est n'importe quoi ?
- Bin, c'est pas facile. Y'a des gens qui disent qu'on est beaucoup trop laxiste, qu'on devrait juste entraîner les élèves à faire des créneaux, des démarrages en côte, en boucle. Sur le fait que les élèves d'aujourd'hui ne savent plus rien faire, ils ont très largement raison. Mais il faut aussi comprendre que ça ne résoudra pas tous les problèmes. Tu peux pas dire que tu sais conduire si tu ne maîtrises pas les gestes techniques élémentaires, mais conduire, ça ne se réduit pas à ça non plus. Moi, quand je parle de la conduite, j'ai les yeux qui brillent, et je ne rêve pas de passer des heures à faire des créneaux ; conduire, je veux dire bien conduire, c'est un tout, tu as besoin de tant de choses ! Et comme chacun a son avis sur le bon équilibre à trouver, et que dès que deux spécialistes de la conduite ne sont pas d'accord, ils ont vite tendance à s'engueuler, ça n'aide pas ! Et je t'ai pas encore parlé de tous ceux qui ne jurent plus que par l'ordinateur de bord, qui s'imaginent que ça règle tout et qu'on ne peut plus rien apprendre en conduite sans s'en passer...
- Mais que peut-on faire, alors ?
- Actuellement, il y a un champion du monde des rallyes dans la commission de réflexion sur l'enseignement de la conduite. En soi, c'est une bonne chose. Mais est-ce qu'il croise souvent des apprentis conducteurs qui ne savent même pas comment passer la marche arrière ? Est-ce qu'il croise souvent des enseignants de conduite qui doivent se débrouiller avec des classes entières de ces apprentis conducteurs ? Je ne sais pas, j'espère que oui... tu sais, je dis pas que c'est forcément son cas, mais on sait que parmi les meilleurs pilotes, y'en a qui prennent les professeurs de conduite élémentaire de haut... selon avec qui tu parles, tout le monde ne met pas la même chose derrière le mot conduite. Y'a ceux pour qui c'est les rallyes, la conduite en milieu difficile ; ceux qui sont pour la conduite pratique en ville qui sert à tout le monde, et y'a aussi ceux qui enseignent tout ça, et tous ces gens ont beaucoup de mal à se parler. Derrière cela, il y a aussi la question de savoir si l'on veut que tout le monde sache conduire un minimum, ou que l'on réussisse à former de très bons conducteurs. Ce n'est pas la même chose, et parfois, cela donne des objectifs qui sont contradictoires.
- Et y'a pas de solution ?
- J'ai pas la solution parfaite et je crois pas qu'elle existe. Mais je vais te dire, il y a quand même des choses de bon sens qu'on pourrait faire, qu'on devrait faire le plus vite possible ! On ne peut pas continuer à laisser de moins en moins de temps pour apprendre à conduire, c'est irresponsable ! Et sur le temps disponible, il faudrait vraiment travailler tout ce qui contribue à s'approprier ce qui constitue la conduite, la vraie. Il faudrait que les gens qui indiquent ce qu'est la conduite et comment l'enseigner, ce soit un savant mélange de gens qui conduisent et de gens qui ont des élèves qui apprennent à conduire, voire qui font les deux, qui sont ouverts, qui acceptent de se remettre en question... Les futurs instructeurs de conduite élémentaire, pour certains cela fait des années qu'ils n'ont pas touché un volant, ils n'ont pas aimé conduire quand ils étaient plus jeunes et ils font le minimum de conduite possible. Parfois ils prennent des manuels de conduite qu'ils suivent page par page sans avoir de recul critique, ce n'est plus possible... Pour les élèves, il faut qu'on redevienne intransigeant sur des minima qu'un apprenti conducteur est obligé d'acquérir avant d'apprendre une conduite à un niveau supérieur, avec un examen qui ne soit pas trop facile ; il ne faut plus laisser penser aux élèves qu'ils savent conduire alors que ce n'est pas vrai : tout le monde est perdant avec ce système ! Et puis, très important, il faut valoriser les élèves qui essaient de bien conduire, il faut leur offrir des perspectives, il faut autant se soucier de leurs conditions de conduite que de ceux qui ont du mal avec la conduite, et pour ceux-là, il faut trouver le juste équilibre entre les encouragements et les exigences. Bien entendu, dans l'idéal, il faudrait aussi mieux reconnaître les gens qui s'investissent dans l'enseignement de la conduite et qui oeuvrent pour le bien de la conduite et des gens qui veulent l'enseigner...

Mathieu, exalté depuis quelques minutes, se rend soudainement compte que Jean a décroché et qu'il doit chercher le bon moment pour mettre fin à cette conversation qui l'ennuie.

- ... euh, désolé, il est tard, je dois y aller ! On se dit à bientôt ?
-  j'espère... salut Jean !

Mathieu a vidé son sac. Sur le coup, cela lui a fait du bien, mais il se doute que cela n'a pas servi à grand-chose. Pourtant, grâce à cette rencontre, Jean inscrira Léa à l'institution privée du Patron Saint-Christophe dès la rentrée prochaine, on lui en a dit beaucoup de bien. Cela va lui coûter un bras !

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lisa81
Niveau 3

Re: L'apprentissage de la conduite : état des lieux

par lisa81 le Ven 17 Nov 2017 - 10:30
Bonjour,
@jaybe a écrit:Petit billet d'humeur (morose...). Note avant lecture : il n'est pas impossible de croiser quelques pincées de mauvaise foi dans ce texte ; c'est parfaitement assumé !
- Mais, dis-moi : si les élèves n'étudient pas la conduite, ils n'auront pas leur permis ?
- Que tu crois ! Tu sais ce qu'on leur demande maintenant ? De s'arrêter à un feu rouge et de laisser passer un piéton. C'est la partie difficile de l'examen.
- Ah ! Bon, y'a peut-être pas besoin d'en savoir beaucoup plus, non ?

Je comprends ce que tu as voulu exprimer. Mais le parallèle avec la conduite est de mon point de vue mal venu. Il suffit pour s'en convaincre de consulter les taux de réussite au permis de conduire, particulièrement dans les grandes villes.
https://www.francebleu.fr/infos/transports/permis-de-conduire-dans-quel-departement-le-passer-plus-facilement-1476473407

Le permis de conduire est l'exemple même d'épreuve où la résultat est aléatoire pour la majorité des candidats. Il n'en va pas de même heureusement pour les examens auxquels nous préparons nos élèves. Ce serait d'ailleurs un tollé général si c'était le cas.
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William Foster
Neoprof expérimenté

Re: L'apprentissage de la conduite : état des lieux

par William Foster le Ven 17 Nov 2017 - 12:46
@lisa81 a écrit:(...) Le permis de conduire est l'exemple même d'épreuve où la résultat est aléatoire pour la majorité des candidats. Il n'en va pas de même heureusement pour les examens auxquels nous préparons nos élèves. (...)
Oui et non... Il y a encore peu, on arrivait à deviner quels élèves auraient leur diplôme (les "D") et quels élèves seraient recalés (les "R"). La frange (les "P" comme "pitêt") pour laquelle on n'était pas sûr a priori était du coup bien repérée.
Depuis quelques temps, les "D" ont leur diplôme, avec mention. Les "P" ont quasiment tous leur diplôme, parfois avec mention. Les "R" ont parfois leur diplôme.
On pourrait penser à une mauvaise évaluation du niveau des élèves, au manque de recul qu'imposent de nouvelles façons de noter... Sans en disconvenir, je n'y crois guère.
Ce que je crois, c'est que le pourcentage de reçus à un diplôme* est fixé à l'avance (c'est d'ailleurs à cela qu'on le distingue d'un concours* comme celui de recrutement des enseignants où seul le pourcentage maximal de reçus est connu à l'avance) et ce faisant, une part importante de hasard, d'aléa, entre en jeu. Pour les élèves "P" ou "R", il suffit de ne pas être dans le pourcentage de recalés, mais il y a une part d'inconnu :
- combien de camarades n'ont pas le niveau attendu ?
- jusqu'où les autorités compétentes sont prêtes à abaisser le niveau attendu ?
- combien de camarades sont en train de tenir ce raisonnement ?
La proportion de la population "P et R" qui va être tout de même diplômée n'est pas vraiment déterminable a priori par ces élèves. Il leur reste le travail pour changer de catégorie, ou le pari. Et je crois que nos jeunes sont très joueurs.


* ces mots n'ayant plus leur sens originel, il faudrait les changer.

_________________
Tout le monde me dit que je ne peux pas faire l'unanimité.
"Il ne faut pas voir le mal partout où il est." Marie-Martine Schyns, ministre belge de l'enseignement obligatoire
Vérificateur de miroir est un métier que je me verrais bien faire, un jour.
lisa81
Niveau 3

Re: L'apprentissage de la conduite : état des lieux

par lisa81 le Ven 17 Nov 2017 - 15:37
Bonjour,
@William Foster a écrit:
@lisa81 a écrit:(...) Le permis de conduire est l'exemple même d'épreuve où la résultat est aléatoire pour la majorité des candidats. Il n'en va pas de même heureusement pour les examens auxquels nous préparons nos élèves. (...)
Oui et non... Il y a encore peu, on arrivait à deviner quels élèves auraient leur diplôme (les "D") et quels élèves seraient recalés (les "R"). La frange (les "P" comme "pitêt") pour laquelle on n'était pas sûr a priori était du coup bien repérée.
Depuis quelques temps, les "D" ont leur diplôme, avec mention. Les "P" ont quasiment tous leur diplôme, parfois avec mention. Les "R" ont parfois leur diplôme.

J'insiste sur le "aléatoire pour la majorité des candidats"
Pour le permis, les Auto-Écoles ne présentent que les candidats qu'elles jugent prêts ( donc capables de prendre seuls le volant ). Et malgré cela, beaucoup échouent, le résultat  semblant dans la plupart des cas aléatoires, le facteur chance intervenant de façon certaine.
Pour le bac, le résultat est connu à l'avance pour la majorité de nos élèves. Le facteur chance n'intervenant que sur la minorité ( les "R" ) et bien sûr pour l'obtention d'une mention.
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Prezbo
Niveau 9

Re: L'apprentissage de la conduite : état des lieux

par Prezbo le Ven 17 Nov 2017 - 21:23
@lisa81 a écrit:

Je comprends ce que tu as voulu exprimer. Mais le parallèle avec la conduite est de mon point de vue mal venu. Il suffit pour s'en convaincre de consulter les taux de réussite au permis de conduire, particulièrement dans les grandes villes.

Je ne suis pas sûr que le but d'une fable soit d'être réaliste. Après tout, on n'a sans doute jamais vu un corbeau parler à un renard.

(Il est très bien, ce texte. Il faudrait l'envoyer à la mission VIllani-Torossian.)
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TFS
Niveau 5

Re: L'apprentissage de la conduite : état des lieux

par TFS le Sam 18 Nov 2017 - 12:46
Magnifique texte Jaybe;
On peut le partager et le diffusé autour de nos collègues et de nos proches ?
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jaybe
Niveau 7

Re: L'apprentissage de la conduite : état des lieux

par jaybe le Sam 18 Nov 2017 - 19:20
Merci pour vos commentaires !

@TFS a écrit:On peut le partager et le diffusé autour de nos collègues et de nos proches ?

Oui, sans problème !

_________________
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Finrod
Expert spécialisé

Re: L'apprentissage de la conduite : état des lieux

par Finrod le Dim 19 Nov 2017 - 7:13
J'adore.
archeboc
Esprit éclairé

Re: L'apprentissage de la conduite : état des lieux

par archeboc le Dim 19 Nov 2017 - 9:08

Il manque un petit paragraphe sur l'explosion du nombre de morts sur les routes.

_________________
Pour des raisons de commodité nous utilisons dans nos analyses un classement des élèves en « bons », « moyens » et « faibles » qui n'est valable qu'à l'intérieur de chaque classe ou dans des classes de même type. En fait, les élèves que nous appelons « bons » sont plutôt des élèves moyens, les « moyens » des élèves plutôt faibles et les « faibles » des élèves en grande difficulté.
van Zanten Agnès. Le quartier ou l'école ? Déviance et sociabilité adolescente dans un collège de banlieue . In: Déviance et société. 2000 - Vol. 24 - N°4. Les désordres urbains : regards sociologiques. pp. 377-401. note 3


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Re: L'apprentissage de la conduite : état des lieux

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