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nlm76
Esprit éclairé

La maladie de la surinterprétation

par nlm76 le Dim 17 Déc 2017 - 22:34
je suis assez étonné par l'épidémie qui a frappé mes élèves de 1re S, à qui j'ai demandé de commenter «L'homme et la mer» de Baudelaire, et dont une majorité s'est livrée à des exégèses aventureuses du type la mer = la mère, la mer = l'amante. Vous avez ça aussi, des élèves qui croient qu'il s'agit de faire dire au texte autre chose que ce qu'il dit ?

_________________
Sites du grip et des gripiens :
http://instruire.fr
http://slecc.fr/GRIP.htm
http://doublecasquette3.eklablog.com/
http://pedagoj.eklablog.com/
www.lettresclassiques.fr
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Iphigénie
Bon génie

Re: La maladie de la surinterprétation

par Iphigénie le Dim 17 Déc 2017 - 23:19
@nlm76 a écrit:je suis assez étonné par l'épidémie qui a frappé mes élèves de 1re S, à qui j'ai demandé de commenter «L'homme et la mer» de Baudelaire, et dont une majorité s'est livrée à des exégèses aventureuses  du type la mer = la mère, la mer = l'amante. Vous avez ça aussi, des élèves qui croient qu'il s'agit de faire dire au texte autre chose que ce qu'il dit ?
Ils pensent décoder. C'est une manie, comme dirait Brassens. Razz
Plus serieusement, je crois que c'est pzrce que l'exégèse est plus facile que la lecture, c'est tout le problème : ils sont formés  à  une technicité gratuite qui prend le pas dangereusement sur la simple et necessaire sensibilité. Je me souviens d'un élève qui pensait avoir atteint le graal en me disant que " mon nom" dans un texte, était un palindrome. Certes. Very Happy Cela dit, je doute qu'il l'ait trouvé tout seul...
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nlm76
Esprit éclairé

Re: La maladie de la surinterprétation

par nlm76 le Dim 17 Déc 2017 - 23:28
Et ? Cette mode est-elle nouvelle, est-elle encouragée par tel ou tel type d'enseignement ?

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Sites du grip et des gripiens :
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Iphigénie
Bon génie

Re: La maladie de la surinterprétation

par Iphigénie le Dim 17 Déc 2017 - 23:33
Je pense que ça  depend de leur formation antérieure. Après, ils ont peut-être étudié un texte qui s'y prêtait reellement, et voulu répéter avec un texte qui ne s'y prête pas ...
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JPhMM
Demi-dieu

Re: La maladie de la surinterprétation

par JPhMM le Lun 18 Déc 2017 - 0:09
@nlm76 a écrit:je suis assez étonné par l'épidémie qui a frappé mes élèves de 1re S, à qui j'ai demandé de commenter «L'homme et la mer» de Baudelaire, et dont une majorité s'est livrée à des exégèses aventureuses  du type la mer = la mère, la mer = l'amante. Vous avez ça aussi, des élèves qui croient qu'il s'agit de faire dire au texte autre chose que ce qu'il dit ?
Tant que les élèves ne m’interprètent pas le nombre pair = le père...

Hum... moui d'accord...

_________________
Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

Je crois que je ne crois en rien. Mais j'ai des doutes. — Jacques Goimard
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Babarette
Grand sage

Re: La maladie de la surinterprétation

par Babarette le Lun 18 Déc 2017 - 0:43
@JPhMM a écrit:
@nlm76 a écrit:je suis assez étonné par l'épidémie qui a frappé mes élèves de 1re S, à qui j'ai demandé de commenter «L'homme et la mer» de Baudelaire, et dont une majorité s'est livrée à des exégèses aventureuses  du type la mer = la mère, la mer = l'amante. Vous avez ça aussi, des élèves qui croient qu'il s'agit de faire dire au texte autre chose que ce qu'il dit ?
Tant que les élèves ne m’interprètent pas le nombre pair = le père...

Hum... moui d'accord...

S'il le font, on pourra dire que tout se perd. 

Spoiler:
:labas:
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JPhMM
Demi-dieu

Re: La maladie de la surinterprétation

par JPhMM le Lun 18 Déc 2017 - 0:47
La parité n'est plus ce qu'elle était.

105 contre 100, il paraît. Difficile d'appareiller dans ces conditions.

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Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

Je crois que je ne crois en rien. Mais j'ai des doutes. — Jacques Goimard
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micaschiste
Vénérable

Re: La maladie de la surinterprétation

par micaschiste le Lun 18 Déc 2017 - 9:21
En TS, j'ai lu dans mon dernier paquet de copies de 2017 ''la hausse du niveau de la mère''...

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"Il ne sert à rien à l'homme de gagner la Lune s'il vient à perdre la Terre". François Mauriac
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Iphigénie
Bon génie

Re: La maladie de la surinterprétation

par Iphigénie le Lun 18 Déc 2017 - 9:38
La Mère Méditerranée sans doute? tes élèves sont de grands lecteurs. Wink
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VinZT
Grand sage

Re: La maladie de la surinterprétation

par VinZT le Lun 18 Déc 2017 - 11:33
La maladie touche aussi les parents.

Sur le groupe WhatsApp de la classe de mon fils (CE1), les parents se sont monté le bourrichon à propos du petit poème suivant.
L'armoire à culottes:
Il y a dans mon armoire plein de culottes

Elles attendent,  elles sont toutes sottes



Il y a mes culottes d’hiver

Pour ne pas avoir le derrière découvert



Il y a mes culottes de printemps

Pour ne pas avoir le derrière au vent



Il y a mes culottes d’été

Pour ne pas avoir le derrière tout bronzé



Mais où sont mes culottes d’automne ?

À la place, il y a des caleçons monotones…


M. Pontfort

C'est tout juste si l'on ne l'a pas accusé d'arrières-pensées pédophiles.
L'école est privée sous contrat, catholique. Ça explique peut-être les réactions que j'ai jugées bien disproportionnées (mais tout est bon pour tomber sur ce collègue qui a certes quelques défauts mais fait quand même progresser les enfants, le mien en tout cas).

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« Il ne faut pas croire tout ce qu'on voit sur Internet » Victor Hugo.
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« Un économiste est un expert qui saura demain pourquoi ce qu'il avait prédit hier ne s'est pas produit aujourd'hui. » Laurence J. Peter
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William Foster
Neoprof expérimenté

Re: La maladie de la surinterprétation

par William Foster le Lun 18 Déc 2017 - 12:20
Culotté, mais certes pas excessif.
Pis faut pas non plus exagérer à parler de pédophilie : prof dans une école privée catholique, c'est pas prêtre...

_________________
Tout le monde me dit que je ne peux pas faire l'unanimité.
"Il ne faut pas voir le mal partout où il est." Marie-Martine Schyns, ministre belge de l'enseignement obligatoire
Vérificateur de miroir est un métier que je me verrais bien faire, un jour.
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Delia
Fidèle du forum

Re: La maladie de la surinterprétation

par Delia le Lun 18 Déc 2017 - 12:30
Il est mignon ce poème !
« Loup y es-tu ? que fais-tu ?
— Je mets ma culotte... »

La culotte du loup n'est pas un string !

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Un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle.
Amadou Hampaté Ba
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Dimka
Grand Maître

Re: La maladie de la surinterprétation

par Dimka le Lun 18 Déc 2017 - 13:05
@nlm76 a écrit:je suis assez étonné par l'épidémie qui a frappé mes élèves de 1re S, à qui j'ai demandé de commenter «L'homme et la mer» de Baudelaire, et dont une majorité s'est livrée à des exégèses aventureuses du type la mer = la mère, la mer = l'amante. Vous avez ça aussi, des élèves qui croient qu'il s'agit de faire dire au texte autre chose que ce qu'il dit ?
J'ai eu la même impression… de la part de profs de fac, en licence et master. Je me souviens d'un cours sur Thoreau, où le prof a expliqué que la maison pouvait être vue comme le ventre maternel, et que si le narrateur était assis par terre, c'était une position fœtale (etc.). C'est un des aspects qui m'ont convaincu que les lettres manquaient d'épistémologie rigoureuse et qui m'ont poussé à ne poursuivre qu'en histoire. Laughing

Du coup, peut-être que les élèves font ce qu'on leur a enseigné. On n'est jamais à l'abri d'un prof qui se fasse un peu mousser avec des discours qui en apprennent plus sur lui que sur l'œuvre.

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Re: La maladie de la surinterprétation

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