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Hirondelle
Niveau 5

Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

par Hirondelle le Mer 31 Jan 2018 - 7:05
Bonjour

Je ne sais pas si je suis au bon endroit. Encore un témoignage vindicatif sur l'école :
www.lemonde.fr/campus/article/2018/01/29/jusqu-a-la-fac-on-m-a-toujours-dit-que-j-etais-nulle_5248715_4401467.html

"Sur mes copies de DS, j’ai le droit à des commentaires acérés : « La méthode n’est encore pas respectée », alors que je ne faisais que ça, appliquer à la lettre sa méthode aussi rigide qu’elle. Ou d’autres conseils très avisés : « Choisis les épreuves composées plutôt que la dissert’ si tu veux avoir ton bac. » Un vrai calvaire. Et je crois bien que ça a réussi à me faire couler : je n’ai pas eu mon bac."

Pauvre chérie ...

Est-ce cela le vrai malentendu scolaire ?


Dernière édition par Thalia de G le Mer 31 Jan 2018 - 7:08, édité 1 fois (Raison : Lien rendu cliquable + mise en forme de la citation)
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amalricu
Habitué du forum

Re: Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

par amalricu le Mer 31 Jan 2018 - 7:16
J'ai eu un professeur d'HG qui n'a jamais noté au-dessus de 10 sur son année de première : on s'en foutait à la longue. Un adepte de la constante macabre surtout pour le dernier tiers ++++. Ce genre de zozo ne se rendait même pas compte de sa nullité pédagogique car les notes à la fin de l'année lui incombaient en partie. Le professeur stérile parce que cassant : ca existe, mais c'est rare.

Par contre, rien de bien méchant. Les commentaires des copies ne me choquent pas : on y voit des conseils avisés et non des critiques acérées. C'est une "fragile" comme disent les mioches.

Mais ce genre de remarques sont déplacées : "Mais à nouveau, mon année de première a été un calvaire… Cette fois, j’ai eu trois profs sur le dos ! Ça a été le retour des remarques qui rabaissent : « Moi, à ta place, je me sentirais nulle d’avoir toujours des mauvaises notes », « T’y arrives pas, pourquoi t’es allée en général ? »… Les profs ont encore voulu me réorienter, mais cette fois-ci pour être… garde forestier ou… jardinière. Je suis finalement arrivée au bout de mon année… mais pas au bout de mes peines"




Dernière édition par amalricu le Mer 31 Jan 2018 - 7:24, édité 1 fois
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roxanne
Devin

Re: Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

par roxanne le Mer 31 Jan 2018 - 7:17
Pourquoi s'obstiner pour absolument avoir un bac général sur le fil avec deux ans de retard et faire une année de rattrapage avant de' commencer des études supérieures qui ne seront sans doute pas sans embûche? Résultat: de la souffrance, de la frustration, de la rancœur. Et derrière, a priori même pas un projet solide. Alors la question est surtout pourquoi ce rejet absolu du professionnel? Et la place des parents là dedans?
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Verdurette
Modérateur

Re: Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

par Verdurette le Mer 31 Jan 2018 - 8:34
Je crois qu'il y a un grand malentendu sur l'inclusion scolaire. Et encore, là, on parle de "dys".

Nous avons regardé un jour un documentaire sur une petite fille non-voyante, incluse dans une école "ordinaire". Franchement, avec l''arrivée de l'ordinateur équipé d'une revue d'écran, de la synthèse vocale et de la dictée vocale + une plage braille, aucun problème. L'enfant avait des prothèses oculaires qui lui permettait aussi d'avoir "des yeux comme tout le monde", à défaut d'un regard.

Mais la maman lui demandait des choses surprenantes, comme aller à l'école sans la canne, pour "être comme tout le monde"; Et là, c'est idiot. Bien sûr, le trajet est toujours le même, mais un jour il y aura un obstacle, que seule la canne peut détecter. Et surtout, elle ne pouvait pas jouer dans la cour, et cela l rendait beaucoup plus dépendante des autres.

Mon compagnon est aveugle, et il déteste qu'on le réduise à ça, qu'on le traite différemment de façon trop ostensible. Il adore passer "inaperçu". Mais il est bien conscient que seul, sans sa canne et son chien, rien n'est possible. Faire comme si de rien n'était n'est pas la solution.

Pour le handicap ou le (vrai) dys à l'école, c'est pareil : dans les deux cas, ça ne se "soigne" pas, ça se surmonte ou ça se contourne, et une partie du travail consiste à déterminer ce qu'on peut contourner et ce qu'il faut accepter. Mon compagnon ne sera jamais peintre, et n'aura jamais de plaisir à se balader au Louvre. Mais il adore aller au théâtre, en concert. Il aime les balades en raquettes parce qu'il peut se déplacer en totale liberté, sans risques, au son. On se promène aussi en tandem où il peut pédaler tout son saoul autrement que sur son vélo fixe, mais il sait qu'il ne le dirigera jamais.

L'inclusion à l'école a ses limites, et le danger majeur est précisément que les parents pensent, comme les enfants dans leurs jeux : "On dirait que tout va bien". Ben non, tout ne va pas bien, et il faut en tenir compte.

Mais cela doit se faire dans les deux sens , et là je le dis aussi en tant que mère d'une fille sourde et dysphasique, qui ai parfois galéré à l'école dans les années 90 : le discours "c'est un prétexte", "ça n'existe pas", alors qu'on présente un potentiel évoqué auditif et un bilan orthophonique en bonne et due forme, c'est tout aussi inacceptable.







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Rabelais
Grand Maître

Re: Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

par Rabelais le Mer 31 Jan 2018 - 10:00
+1000

Mais il y a quand même quelques points qui m'interpellent dans ce témoignage et le principal est le dénigrement de la voie professionnelle.
À partir de quel moment est-ce un échec de devenir " palefrenier " ? Ou de faire un bac technologique ou agricole ?
Et surtout, où est le problème de se voir proposer des métiers qui permettent de vivre comme les autres, où le handicap s'exprime moins et où l'adulte peut s'épanouir ?
Non, Melle veut faire " S " parce ce que "S" lui permet d'être comme sa soeur et de nier son handicap, et ça, aucune orientation ne le permettra.

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Le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est c., on est c.
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nitescence
Érudit

Re: Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

par nitescence le Mer 31 Jan 2018 - 11:07
@Verdurette a écrit:
Mais cela doit se faire dans les deux sens , et là je le dis aussi en tant que mère d'une fille sourde et dysphasique, qui ai parfois galéré à l'école dans les années 90 : le discours "c'est un prétexte", "ça n'existe pas", alors qu'on présente un potentiel évoqué auditif et un bilan orthophonique en bonne et due forme, c'est tout aussi inacceptable.

Je suis d'accord avec toi. Attention toutefois à ceux qui se servent de leurs difficultés comme d'un alibi pour moins travailler. Quand on a des difficultés, on doit précisément travailler encore plus que les autres pour les surmonter ou du moins les compenser. Le discours : "le pauvre, il n'y peut rien", ça ne rend pas service aux handicapés.

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Mordre. Mordre d'abord. Mordre ensuite. Mordre en souriant et sourire en mordant. (avec l'aimable autorisation de Cripure, notre dieu à tous)
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Verdurette
Modérateur

Re: Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

par Verdurette le Mer 31 Jan 2018 - 11:17
Tu remarqueras que mon discours n'est pas misérabiliste, et ne prêche pas en faveur de l'immobilisme. Etre handicapé, ça demande du boulot en plus ... la petite, elle doit apprendre le braille, faire des séances de locomotion ... Mon homme dont la famille habitait la campagne profonde s'est retrouvé en école spécialisée, en internat, à six ans !

Pendant des années, ma fille a fait des heures et des heures d'orthophonie, que je relayais à la maison. Elle a passé un bac agricole, un BTS Anabiotec...  et elle a soutenu sa thèse de doctorat en biologie en octobre dernier.  

Le problème vient d'un système ancien et général qui ne connait qu'une seule "Vraie Voie" d'études, la voie royale, la voie classique, n'estime que la filière S et méprise les autres, dans lesquelles on va rarement par choix, plutôt par relégation, et donc presque toujours  avec un sentiment d'échec, de déclassement. Combien de fois ai-je lu ici même que seuls les élèves de S sont sérieux, brillants, travailleurs, que les autres sont des "feignasses" (je cite). Ce n'est pas nouveau, on disait la même chose de C à mon époque ...

C'est tout un état d'esprit qu'il faut revoir, et ça ne se décrète pas au Journal Officiel. Par certains côtés le monde de l'enseignement a besoin de dépoussiérage, de sang frais, d'oxygène. C'est la raison pour laquelle c'est plutôt une bonne chose, à mes yeux, que le monde de l'entreprise reprenne la main sur certaines formations. J'imagine que je vas prendre des tomates en disant cela, mais j'assume.
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nitescence
Érudit

Re: Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

par nitescence le Mer 31 Jan 2018 - 11:24
@Verdurette a écrit:Par certains côtés le monde de l'enseignement a besoin de dépoussiérage, de sang frais, d'oxygène. C'est la raison pour laquelle c'est plutôt une bonne chose, à mes yeux, que le monde de l'entreprise reprenne la main sur certaines formations. J'imagine que je vas prendre des tomates en disant cela, mais j'assume.

L'école n'est pas là pour former des travailleurs, mais pour former des citoyens capables d'un vote éclairé (Condorcet).
La formation à un métier relève du post bac ou de la voie professionnelle. L'entreprise n'a donc rien à faire dans l'Education nationale et c'est d'ailleurs assez naïf d'imaginer qu'elle puisse amener un renouveau : le privé n'est pas par nature plus performant que le public !

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Verdurette
Modérateur

Re: Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

par Verdurette le Mer 31 Jan 2018 - 11:32
@nitescence a écrit:L'école n'est pas là pour former des travailleurs, mais pour former des citoyens capables d'un vote éclairé (Condorcet).
La formation à un métier relève du post bac ou de la voie professionnelle. L'entreprise n'a donc rien à faire dans l'Education nationale et c'est d'ailleurs assez naïf d'imaginer qu'elle puisse amener un renouveau : le privé n'est pas par nature plus performant que le public !

Et c'est reparti pour le mantra citoyen ... L'école n'a peut-être pas vocation à "former des travailleurs", mais bien à donner aux jeunes les moyens d'en devenir !! Etre citoyen suppose aussi d'être capable de participer à la vie économique de son pays et à sa subsistance personnelle ... donc de travailler ... et d'avoir pour cela les connaissances nécessaires.
Certes l'école n'est concernée que par la transmission des bases (lire, comprendre, écrire, compter) et l'enseignement des gestes du métier se fait plus tard, mais l'un ne peut aller sans l'autre. Donc refuser cette ouverture me semble archaïque et contre-productif.

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Lord Steven
Habitué du forum

Re: Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

par Lord Steven le Mer 31 Jan 2018 - 11:32
Je l'ai trouvée vulgaire (*** deux fois) et condescendante (palefrenier ou jardinier, quelle honte). Donc en un mot, bel et bien nulle.

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Philomène87
Érudit

Re: Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

par Philomène87 le Mer 31 Jan 2018 - 11:41
Les propos de ses professeurs, s'ils ont vraiment été formulés ainsi, ne sont pas dignes d'un professionnel de l'Education nationale. Après, il n'y a pas de fumée sans feu, et ce genre de propos, si peu professionnels soient-ils, peuvent venir d'enseignants découragés par le manque de travail de l'élève qu'ils ont en face. Je ne pense pas que ça viendrait à l'idée de quiconque ici de parler ainsi à un élève faible mais volontaire dans son travail.
Le handicap n'est pas une fatalité. Comme dit Nitescence, il faut travailler plus que les autres, même parfois beaucoup plus, si l'on veut suivre une voie générale. Je connais un gamin fortement dyslexique qui, grâce à ses parents, ses professeurs et d'autres professionnels (orthophoniste par exemple), qui l'ont vraiment fait bosser, est maintenant en école d'ingé.
J'ai aussi un élève en 3e, que j'avais déjà en 4e, dyslexique, pour qui on envisageait une voie pro, et voulant absolument aller en général, s'est vraiment mis à bosser, et aujourd'hui il me rend des copies (de type mini-dissertation, ou "développement construit"), qui valent 18 (pour une moyenne de classe qui tourne autour de 10,5 dans ma matière). Ok je ne lui compte pas l'orthographe ni la ponctuation, mais le reste est juste excellent.
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Yazilikaya
Neoprof expérimenté

Re: Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

par Yazilikaya le Mer 31 Jan 2018 - 12:20
Rien que le chapeau:
« Jusqu’à la fac, on m’a toujours dit que j’étais nulle »
Le toujours me semble abusif. Cela signifie-t-il que TOUS ses professeurs l'ont dénigrée?
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Hirondelle
Niveau 5

Re: Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

par Hirondelle le Mer 31 Jan 2018 - 13:41
A propose du dénigrement de la voie professionnelle par nos élèves, un autre exemple :
https://www.la-zep.fr/education/de-lechec-scolaire-au-metier-de-cpe/

"J’ai redoublé ma Troisième, et puis tant qu’à faire, ma Seconde. Personne ne croyait véritablement en moi et l’équipe éducative voulait tout simplement me ré-orienter en lycée professionnel. Pour moi, il en était hors de question car cela signifiait être reléguée au rang de “nulle”. "
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Caspar
Bon génie

Re: Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

par Caspar le Mer 31 Jan 2018 - 13:57
@Hirondelle a écrit:A propose du dénigrement de la voie professionnelle par nos élèves, un autre exemple :
https://www.la-zep.fr/education/de-lechec-scolaire-au-metier-de-cpe/

"J’ai redoublé ma Troisième, et puis tant qu’à faire, ma Seconde. Personne ne croyait véritablement en moi et l’équipe éducative voulait tout simplement me ré-orienter en lycée professionnel. Pour moi, il en était hors de question car cela signifiait être reléguée au rang de “nulle”. "

Titre trompeur de toute façon puisque son échec scolaire a été très relatif: elle a eu son bac quand même (avant d'aller dans une école privée très chère, était-ce la seule solution ?) et elle n'exerce pas encore le métier de CPE, elle prépare le concours, une nuance de taille. Et comme tu le dis: être orientée en LP = être reléguée au rang de "nulle". Tout ça pour rencontrer des formateurs très sympas et bienveillants et se lasser au bout de cinq ans d'un métier qu'elle trouve "vide" ou "creux" je ne sais plus...mais l'article n'en est pas à une contradiction près.
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Fesseur Pro
Grand Maître

Re: Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

par Fesseur Pro le Mer 31 Jan 2018 - 14:28
Sinon pour le titre de ce fil, c'est le témoignage qui est à charge, pas l'élève.

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Pourvu que ça dure... professeur
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VicomteDeValmont
Esprit éclairé

Re: Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

par VicomteDeValmont le Mer 31 Jan 2018 - 19:58
Je ne connais personnellement pas de collègues qui diraient ça à leurs élèves (même si ce sont des choses qu'on peut se dire entre nous quand on parles des élèves):
« Pourquoi tu n’es pas allée dans la voie professionnelle ? », « Pourquoi t’arrives à rien ? », « Moi, à ta place, je me sentirais nulle d’avoir toujours des mauvaises notes », « T’y arrives pas, pourquoi t’es allée en général ? »

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Cette insigne faveur que votre coeur réclame
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Sphinx
Modérateur

Re: Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

par Sphinx le Mer 31 Jan 2018 - 20:13
Moi non plus. En revanche, "La méthode n'est encore pas appliquée", je l'écris régulièrement et je ne vois pas ce que ça a d'"acéré" heu Elle est appliquée, la méthode, ou pas ? Si le prof dit que non, c'est que c'est non, il me semble qu'il est davantage à même d'en juger que l'élève. En revanche, si on ne comprend pas où ça ne va pas, rien n'empêche d'aller demander au prof plutôt que de décréter qu'il est cro méchant. J'ai des élèves qui viennent régulièrement me montrer leur copie pour savoir ce qui ne va pas au juste dans la méthode, ils n'ont pas l'air traumatisé.

Par ailleurs, j'ai un ancien élève - autiste et trèèès dyslexique, du genre presque illisible avec des moitiés de mots aux lettres dans le désordre qui partent dans tous les sens - qui voulait devenir jardinier (je ne sais pas si c'est ce qu'il a choisi finalement, mais il est parti en pro). Un garçon hyper brillant en sciences, très cultivé et qui se passionnait pour la civilisation latine, mais voilà, l'écrit, ce n'était pas possible. Jardinier, c'était son choix. Et je trouve que c'est un très chouette métier, et que c'est celle qui trouve ça "nul" qui n'a pas les idées bien en place.

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An education was a bit like a communicable sexual disease. It made you unsuitable for a lot of jobs and then you had the urge to pass it on. - Terry Pratchett, Hogfather

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Rabelais
Grand Maître

Re: Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

par Rabelais le Mer 31 Jan 2018 - 20:18
@VicomteDeValmont a écrit:Je ne connais personnellement pas de collègues qui diraient ça à leurs élèves (même si ce sont des choses qu'on peut se dire entre nous quand on parles des élèves):
« Pourquoi tu n’es pas allée dans la voie professionnelle ? », « Pourquoi t’arrives à rien ? », « Moi, à ta place, je me sentirais nulle d’avoir toujours des mauvaises notes », « T’y arrives pas, pourquoi t’es allée en général ? »
Elle exagère certainement et se souvient de ce qu'elle a ressenti, pas des mots.
Je me demande si on ne lui a pas dit qu'elle risquait d'être perdue en général et je trouve assez normal et adapté qu'on lui ait proposé d'aller en professionnel.
C'est elle qui, dénigrant cette voie, transforme des interrogations tout à fait légitimes de nos collègues.
Les " pourquoi tu n'arrives à rien, moi à ta place, blabla ", là, je ne vois pas, je ne connais aucun collègue de ce genre non plus.


Dernière édition par Rabelais le Mer 31 Jan 2018 - 20:44, édité 1 fois

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amalricu
Habitué du forum

Re: Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

par amalricu le Mer 31 Jan 2018 - 20:25
Sur 800 000 professeurs, on doit bien trouver du dossier. Une collègue de ma femme a sa fille en 1ère S dans le privé et elle hallucine devant les propos d'une jeune collègue qui balance : "avec mes diplômes, je devrais pas être là mais à l'université, vous êtes trop nuls...(sic)". Ca promet pour le reste de la carrière...A la place du cde, ce serait recadrage direct aux petits oignons. Comment créer l'émulation pédagogique en suintant de mépris par de tels propos ?

Sinon cette jeune fille a obtenu son bac laborieusement soit. Et alors ? La société peut bien financer des années lycéennes quand on voit la gabegie par ailleurs.
Pourquoi ses années d'études post bac seraient-elles vouées à l'échec par principe ? On laisse bien sa chance à nos collègues stagiaires : pourquoi refuser aux enfants ce qu'on accorde aux jeunes adultes ?Le temps est nécessaire pour grandir.

La voie professionnelle n'est pas adaptée à tout le monde : au moins 20 % des CAP en alternance ne vont pas à terme. L'échec est donc possible aussi dans cette voie.

Le lycée professionnel est mal connoté pour cette jeune fille : à qui la faute ? Des gamines de ma classe repoussent une éventuelle orientation dans tel ou tel LP non par désintérêt des filières mais par crainte du climat scolaire ("on peut pas travailler"), y compris avec le soutien de leurs parents anciens élèves de ces LP....
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Rabelais
Grand Maître

Re: Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

par Rabelais le Mer 31 Jan 2018 - 20:49
Oui, alors, j'ai bien peur qu'avec tous ces "pu..." ponctuant son écrit, il ne s'agisse pas d'une pauvre enfant brisée par ses professeurs. Mais je peux me tromper.
Néanmoins, elle n'a toujours pas assimilé les codes de notre societe et du français ( les niveaux de langage : CM2, 6e, 5e).
Donc, le climat scolaire étant lui-même créé par les élèves ( et l'absence d'autorité et de reconnaissance des professeurs ),'études supérieures ou non, il n'est pas vraiment question ici d'un besoin de grandir.

Ps: dans le cas d'un enfant en difficulté et travailleur, je suis assez d'accord avec toi, la notion de temps etant bien relative et n'étant pas du tout opposée au redoublement, bien au contraire.

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Re: Le Monde Témoignage d'une élève à charge contre l'école

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