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Chabichette
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SOS d'une stagiaire en détresse

par Chabichette le Mer 28 Mar 2018 - 20:03
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Dernière édition par Chabichette le Ven 20 Avr 2018 - 20:16, édité 1 fois
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Zenxya
Grand sage

Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par Zenxya le Mer 28 Mar 2018 - 20:17
Juste un petit message de soutien pour te donner un peu de baume au cœur fleurs2 fleurs2
Préserve-toi

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Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres - La Boétie
La folie c’est faire toujours la même chose et s’attendre à un résultat différent - Albert Einstein
L'École est le lieu où l'on va s'instruire de ce que l'on ignore ou de ce que l'on sait mal pour pouvoir, le moment venu, se passer de maître - Jacques Muglioni
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Dalva
Doyen

Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par Dalva le Mer 28 Mar 2018 - 20:19
Chabichette, on lit tout ton épuisement dans ton message, et l'exaspération liée à l'accumulation.
D'abord, il est normal de ne pas être au top pour la préparation des cours lors de la première année. Les tuteurs et formateurs devraient être des conseils et non des critiques toujours négatifs.
Pour ton interrogation finale, je te dirai que, de mon temps, il était possible de faire son stage dans une académie différente de celle dans laquelle on avait passé le concours. Cela arrivait d'ailleurs même quand on ne le voulait pas, en fonction des besoins des académies.
En cas de renouvellement (ce qui n'est pas encore fait), c'est peut-être un bon moyen pour ne pas retomber dans le même ESPE. Penses-tu avoir une chance de faire ton stage dans l'académie où vit ta mère ?
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cube
Niveau 7

Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par cube le Mer 28 Mar 2018 - 20:46
Tout d'abord : fleurs2 . Sans avoir été dans une situation comme la tienne, je ne me suis jamais sentie soutenue par mon tuteur quand j'étais stagiaire. Je sais que c'est lourd, mais ne prends surtout pas de décision sur un coup de tête concernant une éventuelle deuxième année de stage. Le statut de contractuelle, c'est quand même précaire. N'y a t'il personne dans ton lycée qui pourrait t'aider ou servir de médiateur entre ta tutrice et toi ? Un collègue solidement installé (le prof principal de ta classe ?), un délégué syndical, ou même le proviseur, pourquoi pas, si c'est quelqu'un avec qui tu as de bonnes relations. Après tout, il n'a pas intérêt à ce que tu sois en burn out. Ne reste pas seule, protége toi et accorde toi aussi du temps pour toi. Ce n'est qu'un boulot, après tout, on l'oublie trop souvent parce qu'on s'implique beaucoup. Courage !
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Tengu
Niveau 2

Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par Tengu le Mer 28 Mar 2018 - 20:57
Bonjour Chabichette,

C'est toujours difficile de lire des expériences telles que la tienne, qui reflètent une partie de la violence institutionnelle à laquelle sont exposés des collègues stagiaires. Je suis moi-même stagiaire, en collège REP, mais j'ai un profil très différent du tien et j'espère pouvoir te communiquer quelques bribes d'énergie positive par ce message.
Cet épuisement que tu subis est passager, cet épisode à rallonge d'une relation professionnelle néfaste avec ta tutrice est passager aussi : si renouvellement de stage il y a, il faut que tu puisses le saisir comme une remise à zéro. Je sais, c'est facile à dire... Mais la passion et la vocation que tu évoques sont des fondations solides, des piliers autour desquels il te faudra malheureusement parfois bâtir des remparts.

Je vais insister sur un point régulièrement évoqué dans les différents fils concernant les stagiaires ici : personne n'est capable d'élaborer un panel de séquences solides sur toute la durée de l'année, avec suffisamment d'avance pour être à l'aise à chaque cours. C'est simplement que certains font mieux illusion que d'autres.

La part pernicieuse de cette partie du parcours d'enseignant est qu'il est toujours risqué d'évoquer ses difficultés, même avec les personnes qui sont sensées nous accompagner pour les surmonter : nos tuteurs ESPE et EPLE, et dans une proportion moindre nos collègues dans les établissements.
C'est un risque calculé qu'il faut prendre pour bénéficier des apports (normalement positifs, bienveillants, tout du moins constructifs) de ces interlocuteurs qui sont en position de force par rapport à nous.

Valide ce qu'il y a à valider à l'ESPE, tu n'y remettras pas beaucoup les pieds l'an prochain. Cette année, aussi fatigante et démoralisante soit-elle, n'est pas perdue.
Pour finir, ce trac que tu évoques est derrière toi, tu as déjà commencé à le déliter pour le surmonter. Ce qui a été salvateur dans mon cas, ce sont plusieurs années d'expérience en tant qu'assistant d'éducation, et un passage dans l'enseignement supérieur qui m'ont permis de vaincre ma timidité maladive.

Prends du temps pour toi, je veux parler de vraies coupures, des heures successives au-dehors de la pédagogie, de la gestion de classe, de la didactique. Des livres, des films, une saison entière d'une série, du chocolat, du thé, que sais-je.

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God sends the meat, and the devil cooks.
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Babarette
Esprit éclairé

Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par Babarette le Mer 28 Mar 2018 - 21:21
Bonsoir Charbichette,

Tout d'abord : fleurs2

Je te comprends très bien, j'ai vécu la même chose. Ce genre de tuteur ne devrait pas exister.

Si je peux me permettre quelques conseils: lâche du lest. On ne peut pas faire de séquences parfaites, personne ne le peut, et c'est normal de trabucher quand on débute. Combien de fois es-tu tombée avant de savoir marcher?
Maintenant, pour tenir sur les mois qui restent, je te conseille de lever le pied. Va à l'ESPE pour ne pas perdre de journées de salaire, mais ne te casse plus les pieds à rendre de travaux sur lesquels tu auras passé des heures. Fais le minimum syndical, quitte à n'avoir aucune reconnaissance, autant ne pas se pourrir la vie. Reprends une vie sociale, vois tes amis, tu en as grand besoin. Fais de même au collège: ne t'empoisonne pas l'existence, fais des cours basiques.
Tu devrais aussi aller voir un médecin, à te lire, je sens que tu as besoin d'une pause. A ton médecin de décider de combien de temps.

Courage Charbichette, je t'envoie toutes mes pensées !

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“Google peut vous donner 100 000 réponses, un bibliothécaire vous donne la bonne.” Neil Gaiman.

elephantrose lecteur
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Fanchette
Niveau 5

Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par Fanchette le Mer 28 Mar 2018 - 21:48
Bonjour Chabichette,
Comme tout le monde ici, d'abord, plein de fleurs2 fleurs2 fleurs2 de soutien.

Lire tes mésaventures avec tes élèves de seconde m'a renvoyée 16 ans en arrière lors de ma propre année de stage, au cours de laquelle je me suis fait très joyeusement b*****iser par la classe que j'avais en responsabilité pendant deux trimestres trois quarts (j'ai dû réussir à faire illusion pendant les trois premières semaines, et encore).
J'ai eu infiniment plus de chance que toi en revanche, car c'était une époque où une classe suffisait à faire un service de stagiaire en français au lycée (et c'était déjà assez épuisant comme ça, je me rappelle avoir passé mes après-midi entières à dormir pour récupérer) et surtout, surtout, mon entourage (tutrice, formateurs IUFM) n'ont jamais au grand jamais adopté une attitude aussi toxique (même si on ne peut pas dire qu'ils aient été très présents ou aient eu les pieds vraiment sur terre, mais au final ça faisait plutôt mon affaire).
Je ne peux donc que rejoindre et répéter les conseils et encouragements qui t'ont été donnés :
- essaye de prendre de la distance avec l'ESPE autant que possible. J'ai l'impression que tu as eu le malheur d'être sélectionnée pour être la victime de l'année, celle dont on a besoin pour montrer qu'on a le pouvoir de faire refaire une année de stage et qu'on a eu raison de le faire (auquel cas il pourra se passer n'importe quoi au cours de la 2e année, ils s'en contreficheront à l'ESPE, l'important était de faire un exemple) ; peut-être que t'être démarquée du rang en prenant déjà le temps de faire un Master et d'approfondir tes connaissances disciplinaires a même joué en ta défaveur (non mais celle-là avec son Master, on va lui montrer un peu).
- je comprends ton envie de ne pas rempiler pour une année, mais ne serait-ce pas, d'un sens, donner ces gens-là ce qu'ils ont envie d'avoir ? La preuve qu'ils peuvent démolir quelqu'un qui a l'envie d'enseigner chevillée au corps parce qu'il ne fait pas tout à la perfection du premier coup (contrairement, certainement, aux formateurs ESPE, dont on se demande pourquoi ils sont allés là-bas s'ils étaient des professeurs aussi merveilleux).
Courage !

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Thalie
Doyen

Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par Thalie le Mer 28 Mar 2018 - 21:59
Tout mon soutien et un seul conseil : très, très mauvaise idée de démissionner ! Vous avez passé un concours que vous avez eu, vous avez foi dans votre passion, vous restez ! Vous leur donneriez raison en partant et vous n'allez pas vous laisser impressionner par deux personnes qui ne montrent guère la bienveillance dont on ne cesse de nous parler pour nos élèves ?!
Une année de renouvellement peut être une très bonne chose si on sait prendre de la distance. Moins d'heures, un salaire, pas de souci de mut. En effet, cela serait une très bonne idée de le faire dans une autre ESPE.
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LemmyK
Niveau 7

Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par LemmyK le Mer 28 Mar 2018 - 22:36
C'est quand même terrible ce genre de témoignages que l'on entend si souvent sur certaines ESPE et certains tuteurs. Quand cela changera-t-il, bon sang?
   
Je ne sais trop quoi te conseiller chabichette, mais ne démissionne pas, essaie de te reposer et de prendre un peu de recul(plus facile à dire qu'à faire). fleurs
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Cortezz
Niveau 1

Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par Cortezz le Mer 28 Mar 2018 - 22:51
J'ai souffert pendant mon année de stage (classes, direction et ESPE infectes mais tutrice géniale), pendant mon année de renouvellement c'était mieux, mais à peine (tout à jeter !). Puis j'ai été titularisé. Je suis T2, deuxième année consécutive dans le même collège, j'adore l'établissement, les élèves et les collègues, qu’est ce que c'est bon de ne plus avoir de pression !!

Quand je lis ces témoignages de stagiaires en difficultés, j'ai TELLEMENT envie de devenir tuteur un jour. Parce que mon stagiaire je le chouchouterai, et que si je vois qu'il tient à ce métier, je l’encouragerai quoique qu'il arrive. Cette année de stage ne révèle en rien le futur proche génial qu'on peut devenir par la suite.
Flo44
Niveau 2

Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par Flo44 le Jeu 29 Mar 2018 - 11:04
Bonjour,

Vu ton message, je pense que tu a vraiment besoin de refaire une pause... Si tu peux, retourne chez ton médecin, montre-lui ce message, explique-lui où tu en es.
Après, c'est sûr que l'année de stage est dure... As-tu besoin de valider un M2? Est-ce que dans ton académie beaucoup de stagiaires refont une année, ou sont licenciés directement? Cela pourra peut-être t'aider à relativiser.
Je comprends que le français avec des seconde, ça ne doit pas être évident (j'ai eu le même genre de problème en maths l'an dernier)
Après, si tu refais une année, ce n'est pas si terrible. Moins de cours à l'ESPE normalement. Et puis tu peux tomber dans un bien meilleur environnement. Personnellement, je suis passée de lycée en collège, et j'apprécie! Et mon tuteur est très sympa, et sait bien m'expliquer comment faire un cours comme les inspecteurs le souhaitent.
Cette année, je comprends des remarques que me faisait mon tuteur l'an dernier... J'ai aussi retrouvé du plaisir à préparer mes cours depuis janvier, et je recommence à trouver aussi du plaisir à enseigner avec les adolescents (des quatrièmes). Avec les 6ème le problème ne s'est pas posé, ils sont super.
La fatigue empêche tout : l'efficacité dans les préparations, le recul en classe face aux difficultés des élèves, la réflexion a posteriori... Je t'assure, cette année je travaille moins et j'ai l'impression d'avoir retrouvé mon cerveau, et le plaisir de ma matière aussi.
Pour la violence de ta tutrice : c'est nul de te parler comme cela. Il se peut par contre qu'il y ait un fond de vérité (j'avais  les mêmes reproches que je ne comprenais pas, mais maintenant beaucoup mieux), mais la méthode.... Ce que je veux dire par là, c'est que l'autorité c'est à la fois ta posture (où tu te mets, le ton de ta voix, tes gestes, les punitions...) mais aussi ce que tu enseigne. L'an dernier j'ai réussi à "tenir" à peu près une de mes classes à la fin de l'année, mais c'était très dur car mes cours étaient peu vivants, et j'avais du mal à comprendre les problèmes des élèves. Mais tu ne seras pas capable de prendre du recul et de bien travailler dans l'état où tu sembles être.
Enfin, comme les autres je te conseille, quand tu iras mieux, de faire juste ce qu'il faut pour l'ESPE, et en classe, essaie juste de faire une séance par semaine (ou deux mais pas plus) bien comme il faut, bien préparée, en essayant vraiment de te mettre à la place des élèves ("débranche" ton cerveau, essaie de penser comme un des élèves les moins bons de tes classes, disons un élève peut-être pas le plus nul, mais dans le dernier quart). Analyse bien ses difficultés, essaie de prévoir comment tu vas l'aider. En faisant ce travail, tu les comprendras de mieux en mieux... et ils le verront. Ils s'agiteront moins (pour la majorité, après tu auras toujours des "vraiment pénibles" à cadrer).
Pour la reprise, essaie de trouver un thème qui te plaît, travaille bien sur la première séance (bien, mais pas trop... il faut laisser une marge à l'improvisation et être en forme). Essaie de trouver quelque chose qui te permette d'entrer vraiment détendue en classe (un carré de chocolat, 5 minutes de méditation, un peu de lecture.... enfin ce qui marche pour toi).
Pour l'autorité, demande conseil aux collègues qui connaissent la classe, ils ont peut-être des astuces pour gérer les élèves pénibles. Et le professeur principal peut leur passer un savon en vie de classe au besoin. Après, l'autorité ce n'est pas simple... essaie d'être convaincue de ce que tu demandes, reste calme, accepte peut-être un ou deux cours où tu vas devoir tout leur réexpliquer (à quel moment tu exiges le silence, pourquoi, à quel moment tu acceptes du bruit, comment, etc...). et il faut faire des piqûres de rappel de temps en temps (comme : "maintenant c'est du travail individuel, on s'entraîne seul, on s'évalue", ou "vous êtes par deux, on ne parle qu'à son voisin d'à côté, on chuchote", etc...) Ça a ramené un peu de calme avec mes quatrième, très remuants, surtout que j'ai essayé que ce soient eux qui formulent les explications. Je suppose que tu as vu des collègues en classe? Y a-t-il des postures, des manières de faire qui pourraient te convenir? D'autre que tu ne "sens" pas du tout? Les vidéos de l'IFE m'ont aidée aussi à comprendre certaines choses :
c'est ici : http://neo.ens-lyon.fr/neo/themes/theme-1
Et en classe, n'hésite pas à demander de l'aide aux meilleurs élèves (une sorte de tutorat), en expliquant bien aux élèves ce que tu attends d'eux.
Bises et bon courage! Et repose-toi surtout... mieux vaut prolonger le stage que d'échouer, mieux vaut refaire une bonne année. Au pire tu peux repasser le concours en fin d'année prochaine, et changer d'académie (certaines sont paraît-il plus bienveillantes envers les stagiaires).
Mais beaucoup de stagiaires galèrent pendant un an, voire deux (ou plus s'ils sont prolongés) et ça se termine quand même par une validation.
Prends soin de toi, entoure-toi de gens qui t'apprécient.



Flo
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Sphinx
Modérateur

Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par Sphinx le Jeu 29 Mar 2018 - 11:28
Tu dis que tes collègues te soutiennent et ont été horrifiés par ton rapport, c'est déjà une bonne chose. Ils peuvent t'aider de deux façons :
- venir assister à tes cours et te laisser assister aux leurs, de façon à ce que tu reçoives les conseils que ta tutrice ne te donne pas (tu peux aussi montrer tes séquences aux collègues de la même matière pour avoir des avis) ;
- après avoir vu tes cours, qu'ils aillent rendre compte au chef d'établissement, afin qu'il calme un peu les ardeurs de ta tutrice. Elle ne sera sans doute pas contente, mais bon, au point où tu en es avec elle...

Bon courage.

_________________
An education was a bit like a communicable sexual disease. It made you unsuitable for a lot of jobs and then you had the urge to pass it on. - Terry Pratchett, Hogfather

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cube
Niveau 7

Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par cube le Jeu 29 Mar 2018 - 18:11
@Sphinx a écrit:Tu dis que tes collègues te soutiennent et ont été horrifiés par ton rapport, c'est déjà une bonne chose. Ils peuvent t'aider de deux façons :
- venir assister à tes cours et te laisser assister aux leurs, de façon à ce que tu reçoives les conseils que ta tutrice ne te donne pas (tu peux aussi montrer tes séquences aux collègues de la même matière pour avoir des avis) ;
- après avoir vu tes cours, qu'ils aillent rendre compte au chef d'établissement, afin qu'il calme un peu les ardeurs de ta tutrice. Elle ne sera sans doute pas contente, mais bon, au point où tu en es avec elle...

Bon courage.
Oui, c'est ça ! Il faudrait que le CDE rappelle à ta tutrice que, même si elle n'a pas une haute opinion de sa stagiaire, elle est quand même payée pour l'aider et pas pour lui maintenir la tête sous l'eau. Le proviseur n'a aucun intérêt à laisser la situation pourrir encore tout un trimestre, et encore moins à ce que tu te mettes en arrêt par épuisement. Mais il faut trouver une bonne âme parmi tes collègues qui aille lui souffler à l'oreille qu'un petit coup de main de sa part ne serait pas du luxe. D'après ce que tu décris, ça devrait pouvoir se trouver.
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APLAnnelouise
Niveau 1

Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par APLAnnelouise le Ven 30 Mar 2018 - 15:57
Bonjour Chabichette et courage.

Je comprends tout à fait ta souffrance. Ta tutrice a semble-t-il des tendances sadiques; c'est courant dans l'EN.

Par ailleurs, la "gestion humaine" n'est pas le fort de la maison...

Tu te sens débordée, et c'est normal. Je suis d'accord (pour le pragmatisme) avec Sphinx: invite un collègue dans ton cours et va dans ceux de tes collègues du lycée. Tu trouveras des références qui te permettront de voir les choses avec plus de "normalité" et moins de sentiment de dévalorisation.

Pour ma part, quand j'ai fait mon stage (il y a très très longtemps), j'avais fait dessaisir ma tutrice qui était toujours ailleurs et qui me demandait de faire cours à sa place...

P-S: gaffe au burn-out. Parle à un psy qui te rassurera si tu n'as pas assez d'appui dans ton entourage immédiat. Sans le dire bien sûr.
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Inhumaine
Niveau 6

Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par Inhumaine le Ven 30 Mar 2018 - 16:54
Tu as tout mon soutien.

Juste pour préciser : je connais un peu l'ESPE du Mans à travers le témoignage d'une bonne amie, qui y est considérée comme la "chouchoute" (et peut-être penses-tu à elle quand tu mentionnes cela...). Et pourtant, elle aussi a eu et a encore envie de démissionner à cause de l'ESPE. Le travail qui est donné, même à ceux qui ont déjà un master, est apparemment très lourd ! Et les formateurs sont peu professionnels !
Alors, comme je le lui ai dit, mon conseil est de ne pas se mettre la pression pour l'espe, de rendre un "écrit réflexif" correct mais sans plus, de ne pas perdre trop de temps là-dedans. Cela t'enlèverait au moins une petite charge...
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mimielaclasse
Niveau 7

Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par mimielaclasse le Ven 30 Mar 2018 - 17:58
Bonjour Chabichette

Même si cette année est difficile, je te déconseille de démissionner.
Si tu es renouvelé, tout peut être différent l'année prochaine. Les élèves, les collègues, et surtout le tuteur. Et tu auras davantage d'expérience.

Bon courage en tout cas jusqu'à la fin de l'année


Mathador
Niveau 7

Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par Mathador le Sam 31 Mar 2018 - 22:33
@mimielaclasse a écrit:Bonjour Chabichette

Même si cette année est difficile, je te déconseille de démissionner.
Si tu es renouvelé, tout peut être différent l'année prochaine. Les élèves, les collègues, et surtout le tuteur. Et tu auras davantage d'expérience.

Bon courage en tout cas jusqu'à la fin de l'année

J'y rajouterai un argument bassement matériel: le stage, s'il se termine par un licenciement, donne droit à l'ARE sous les mêmes conditions qu'un contrat de travail dans le secteur privé. Si l'on fait un calcul basé sur 1 an d'ARE et la paye des grandes vacances, la démission coûte facilement plus de 10 000 euros…

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« Que dites-vous ?… C’est inutile ?… Je le sais !
Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès !
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Paul Dedalus
Neoprof expérimenté

Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par Paul Dedalus le Sam 31 Mar 2018 - 23:03
@Dalva a écrit:
Pour ton interrogation finale, je te dirai que, de mon temps, il était possible de faire son stage dans une académie différente de celle dans laquelle on avait passé le concours. Cela arrivait d'ailleurs même quand on ne le voulait pas, en fonction des besoins des académies.

Je signale que c'est toujours le cas en philo et que c'est un aspect souvent méconnu des concernés avant que ça ne leur arrive!
Ce phénomène est lié au fait que 60% des admis (voire plus) sont de région parisienne et qu'il faut ensuite les dispatcher sur l'ensemble du territoire.

Seuls les premiers ou ceux qui ont des bonifications vont en région parisienne l'année de stage.

C'est l'un des gros inconvénients de notre discipline d'ailleurs.


Sinon bon courage Chabichette. Ne vas pas au-delà de tes limites.

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«Primus ego in patriam mecum, modo uita supersit. »

Virgile  Georgiques.

« Ma science ne peut être qu’une science de pointillés. Je n’ai ni le temps ni les moyens de tracer une ligne continue. »

Marcel Jousse
Mouflette
Niveau 1

Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par Mouflette le Dim 1 Avr 2018 - 14:47
Bonjour Chabichette,

Je suis professeur des écoles stagiaire dans une autre académie que la tienne, et en école primaire.
Je savais que j'allais devoir travailler sur mon caractère en exerçant ce métier : je suis de nature assez effacée, et je n'ai pas beaucoup confiance en moi. Par ailleurs, j'ai un élève dont le comportement était énormément difficile à gérer : même ma binôme, qui est en fin de carrière, a eu du mal à le gérer elle aussi, et il déstabilisait les autres classes quand on décloisonnait. Depuis début décembre, il est scolarisé à temps partiel.
Cela m'a valu une grosse fatigue, un énorme stress, et des périodes de découragement et de remise en question, en plus de ne pas arriver à me concentrer sur les autres points que je devais améliorer.
Mon autorité d'enseignant n'est du coup pas assise dans la classe, surtout que même si la plupart de mes élèves sont volontaire, ils sont peu porté à s'écouter lors des mises en commun, et prennent souvent la parole de façon désordonnée : ça veut dire rappel à l'ordre permanent pour les prises de paroles, bavardages à recadrer, ... En plus d'un ou deux autres élèves qui sont un peu difficile à gérer.
Ma binôme est peu présente pour m'épauler même quant au suivi des élèves, mais j'ai la chance d'avoir de supers tuteurs.
Tout ça pour te dire que je comprends ta détresse. J'ai était 2 semaines en arrêt juste après les vacances de février, et cela m'a fait énormément de bien.
Je serai renouvelée, au mieux : j'espère juste ne pas être licenciée.
Pour ma part, je vois le renouvellement comme une 2ème chance et une opportunité de mettre à profit ce que j'aurais appris cette année.

Je commence aussi dès le 14 avril une thérapie cognitivo-comportementale avec une psychologue pour travailler sur l'affirmation de soi, et en parallèle sur la confiance en soi (c'est très lié). C'est ma solution pour démarrer sur de bonnes bases dans ma gestion de classe l'année prochaine.

Nous sommes déjà au mois d'avril, tu as encore 2 semaines de vacances qui arrivent, et pas mal de jours fériés en cette fin d'année : tu as fait le plus long de l'année.
Vois et parle avec des personnes bienveillantes (parents, amis, anciens maîtres de stage, ...), et garde en tête ta volonté de faire le métier d'enseignante.
Tiens bon jusqu'à la fin de l'année, et ne démissionne pas.
Attends de voir comment cela se passe l'année prochaine pour toi : si tu es renouvelée, il y a de fortes chances pour que cette nouvelle année se déroule mieux.
Dans le cas contraire, tu pourras envisager de démissionner si tu le souhaite, mais tu le fera en ayant le sentiment d'avoir fais de ton mieux.

Des bises et courage !
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Thucydide
Niveau 1

Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par Thucydide le Dim 1 Avr 2018 - 23:55
Salut,

être débordé pour son année de stage... en gros, c'est la norme... Encore plus en lycée. Si tu penses vraiment que c'est cramé pour cette année, et vu la relation que tu as avec ta tutrice, ne t'épuise pas... Quant à l'ESPE... comment dire... A l'époque ça s'appelait IUFM, et les formateurs prenaient des pauses plus longues que nous (et pourtant on abusait), et se contentaient la plupart du temps de nous raconter leur vie en classe, ou de nous faire bosser en groupe en autonomie.
Ce que je pourrais te conseiller, si tu n'es pas titularisée, c'est de ne pas jeter ton CAPES aux oubliettes tout de suite, mais de demander à repiquer non pas en lycée, mais en collège, et si possible en ayant des petites classes. Tu te sentiras plus à l'aise dans ton autorité avec des 6è ou des 5è, les temps de correction seront moins longs, et cela te permettra d'être moins dans le jus. Je pense que tu peux t'en ouvrir à l'IPR qui viendra t'inspecter.
Ce que je te conseille également, c'est d'échanger avec l'ensemble de l'équipe sur les pratiques d'autorité, et avec les collègues de Lettres en général sur tes cours et tes progressions (et pas seulement avec ta tutrice).
Bon courage à toi !
madigoù
Niveau 5

Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par madigoù le Lun 2 Avr 2018 - 12:23
@Chabichette a écrit:  



   J'étais désespérée. Et là, je suis désillusionnée. Compte tenu de ce que j'ai subi cette année, de ce harcèlement de ma tutrice et de l'ESPE, des conséquences sur ma santé, et des menaces qui planent sur ma titularisation, j'en viens à me dire qu'en cas de non-titularisation et de redoublement de mon année de stage, je préfère démissionner et ensuite postuler comme contractuelle. Je préfèrerai encore ça plutôt que de refaire une deuxième année à l'ESPE, je ne supporterai pas de refaire une année aussi infernale, dans cet univers de faux-culs et d'incompétents qu'est l'ESPE, c'est au-dessus de mes forces. Et je ne veux pas y laisser la santé. Contractuelle, c'est plus précaire comme poste, mais au moins on est débarrassés de l'ESPE et des tuteurs.
 
Bonjour Chabichette,
Je connais trop bien ta situation pour l'avoir vécue, notamment mes relations en tant que stagiaire avec une tutrice toxique et un harcèlement qui est allé crescendo. J'ai témoigné à diverses reprises sur ce fil et ailleurs. Avec du recul (à l'époque je n'en avais pas suffisamment, et c'est normal, quand on est épuisée, humiliée, harcelée, difficile de garder la tête froide pour se défendre au mieux), il y a plusieurs choses que je ne referai pas, et surtout le premier conseil que je peux te donner c'est : te protéger. Bien sûr, cela veut dire, prendre de la distance (et c'est compliqué), retourner voir ton médecin, mais surtout ne pas rester isolée. Et pour cela, entoure-toi de tes amis, de tes proches, mais aussi prends contact avec des associations capables de t'épauler. C'est d'ailleurs ce que tout le monde conseille aux personnes harcelées : en parler et se faire aider, mais hors de l'EN, ne compte pas trop sur tes collègues même s'ils sont très sympas, ni sur les syndicats, le CDE j'en doute fortement... J'avais une collègue qui a essayé de m'aider, mais elle ne voulait pas trop se "mouiller", elle avait trop peur, c'est en tout cas ce qu'elle m'a avoué. Quant au CDE tu peux tomber sur quelqu'un de tout à fait correct d'un point de vue humain (moi la mienne était d'une lâcheté et d'une mauvaise foi à vomir), mais le risque est grand qu'il n'ait lui non plus aucune envie de se mouiller pour une stagiaire. Et comme le mot d'ordre c'est le plus souvent "ne pas faire de vagues", en parler peut se retourner contre toi (je ne sais pas si la loi Sapin sur les lanceurs d'alerte est vraiment en vigueur au sein de l'EN) tu peux te retrouver laminée comme je l'ai été. En revanche, si tu délègues à des professionnels (associatifs ou autres) qui connaissent bien ces questions d'un point de vue juridique et qui n'ont pas peur des représailles, ils pourront peut-être t'aider à faire cesser ce harcèlement. Et en effet, n'hésite pas à te faire arrêter de nouveau le temps qu'il faut si tu n'as plus la force de continuer. J'ai une amie stagiaire qui a fait une grave dépression, et si elle ne s'était pas arrêtée, les conséquences auraient pu être tragiques. C'est important.
En tout cas, bon courage, et quelle que soit ta décision, prends soin de toi. fleurs2
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Chabichette
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Re: SOS d'une stagiaire en détresse

par Chabichette le Mer 4 Avr 2018 - 20:10
Bonjour bonjour,

Je ne vais pas prendre le temps de répondre individuellement à chaque message (pas le temps, je suis débordée, histoire de changer...), et je n'ai pas réagi plus tôt parce que j'avais des soucis de connexion ces derniers jours, mais j'ai bien sûr lu tous vos messages de soutien et pris acte de vos conseils éclairés. Ma réponse globale tient en un mot comme en cent: MERCI, tout simplement.... coeurs

Chabichette, reconnaissante
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