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Violet
Esprit sacré

doute sur l'incipit du Cahier Aimé Césaire

par Violet le Mer 30 Mai 2018 - 21:47
Comment comprenez-vous le tout début de l'incipit du Cahier ?
Mes doutes portent sur les destinataires des premières lignes : "Va-t’en, lui disais-je, gueule de flic, gueule de vache, va-t’en je déteste les larbins de l’ordre et les hannetons de l’espérance. Va-t’en mauvais gris-gris, punaise de moinillon. Puis je me tournais vers des paradis pour lui et les siens perdus, plus calme que la face d’une femme qui ment, et là, bercé par les effluves d’une pensée jamais lasse je nourrissais le vent, je délaçais les montres et j’entendais monter de l’autre côté du désastre, un fleuve de tourterelles et de trèfles de la savane que je porte toujours dans mes profondeurs à hauteur inverse du vingtième étage des maisons les plus insolentes et par précaution contre la force putréfiante des ambiances crépusculaires, arpentée nuit et jour d’un sacré soleil vénérien."

Pour vous le poète s'adresse-t-il aux antillais complices des colons ? Aux colons ?
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cléo
Niveau 9

Re: doute sur l'incipit du Cahier Aimé Césaire

par cléo le Mer 30 Mai 2018 - 22:32
Je le comprends comme une adresse aux complices. Mais les deux lectures ne sont pas incompatibles, car le lecteur métropolitain se trouve congédié d’emblée, violemment, par le « va t’en » et aussi par des référents qu’il ne comprend pas.
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Violet
Esprit sacré

Re: doute sur l'incipit du Cahier Aimé Césaire

par Violet le Mer 30 Mai 2018 - 22:37
Merci.

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Violet
Esprit sacré

Re: doute sur l'incipit du Cahier Aimé Césaire

par Violet le Jeu 31 Mai 2018 - 9:15
95 lectures du post et une réponse.
Cela me rassure, la réponse ne doit pas être si évidente. 🤣
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ysabel
Devin

Re: doute sur l'incipit du Cahier Aimé Césaire

par ysabel le Jeu 31 Mai 2018 - 10:46
Je te recopie, en gros, ce que j'ai dans une critique sur son recueil :
"la Martinique lui apparaît sous une forme policière évoquée par "flic" et "vache" qui désignent le policier  de manière péjorative dans le parler populaire et argotique. Le "flic" est le "larbin" de l'"ordre" colonial. Il est le "hanneton de l'espérance" (que symbolise la couleur verte, celle des feuilles que dévore le hanneton). En effet l'ordre colonial est toujours prometteur d'amélioration des conditions de vie (hygiène, santé, nourriture etc.) pour les peuples colonisés : c'est sa justification officielle.
Au gendarme colonisateur, au hanneton bourdonnant et parasite, Césaire associe le "gris-gris" (censé faire des miracles) inefficace et le prêtre (dérision du diminutif "moinillon"). Ce dernier aussi est un parasite ("punaise") : entretenant l'illusion du colonisé, il est l'allié immédiat du colonisateur.
Dans ce premier mouvement, le poète repousse cet univers ambiant symbolisé par le policier et le prêtre qui sont des parasites et défenseurs du système politico-culturel dominant"

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« vous qui entrez, laissez toute espérance ». Dante

« Il vaut mieux n’avoir rien promis que promettre sans accomplir » (L’Ecclésiaste)
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Violet
Esprit sacré

Re: doute sur l'incipit du Cahier Aimé Césaire

par Violet le Jeu 31 Mai 2018 - 13:24
Merci beaucoup Ysabel. veneration
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Re: doute sur l'incipit du Cahier Aimé Césaire

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