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JPhMM
Demi-dieu

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par JPhMM le Mer 26 Sep 2018 - 18:37
@RogerMartin a écrit:
@Caspar a écrit:Ce qui est un peu effrayant en effet c'est que pour moi 1984 n'est pas un roman difficile à lire du tout.
Oui, c'est dingue d'imaginer des personnes de 16 ans qui ne comprennent pas ce récit. On n'est pas sortis des ronces.
Faudrait leur mettre de l'Alexandre Kojève entre les mains.
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Esméralda
Doyen

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par Esméralda le Mer 26 Sep 2018 - 18:50
Eh bien je trouve aussi que ce n'est pas un roman si facile à lire et à comprendre pour un élève de 16 ans actuel. Peut-être qu'en les guidant un peu, ils arriveraient à entrer dans l'histoire.
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Catalunya
Expert

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par Catalunya le Mer 26 Sep 2018 - 18:53
@Esméralda a écrit:Eh bien je trouve aussi que ce n'est pas un roman si facile à lire et à comprendre pour un élève de 16 ans actuel.  Peut-être qu'en les guidant un peu, ils arriveraient à entrer dans l'histoire.
Qu'on ne saisisse pas tous les enjeux derrière, soit, mais l'histoire est hyper simple à comprendre.
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ben2510
Érudit

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par ben2510 le Mer 26 Sep 2018 - 18:54
Je l'ai lu en seconde à 14 ans, il m'a semblé parfaitement lumineux.

_________________
On fait la science avec des faits, comme on fait une maison avec des pierres : mais une accumulation de faits n'est pas plus une science qu'un tas de pierres n'est une maison. Henri Poincaré  La notion d'équation différentielle est le pivot de la conception scientifique du monde. Vladimir Arnold
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Esméralda
Doyen

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par Esméralda le Mer 26 Sep 2018 - 19:00
@Catalunya a écrit:
@Esméralda a écrit:Eh bien je trouve aussi que ce n'est pas un roman si facile à lire et à comprendre pour un élève de 16 ans actuel.  Peut-être qu'en les guidant un peu, ils arriveraient à entrer dans l'histoire.
Qu'on ne saisisse pas tous les enjeux derrière, soit, mais l'histoire est hyper simple à comprendre.

Bien sûr, mais quand je vois les lacunes des collégiens en vocabulaire, ça ne me surprend pas plus que ça. Et les élèves deviennent ultra paresseux et déclarent qu'ils ne comprennent rien avant s'ils ne comprennent pas tout les mots, ou ne font même pas l'effort de lire. Ils s'en tiennent au " combien y a de pages", et ils sont paniqués comme une souris en bas de la montagne...
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Salsepareille
Neoprof expérimenté

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par Salsepareille le Mer 26 Sep 2018 - 19:02
En fait, il y a quinze ans, on faisait La Gloire de mon père en 6ème (à la rentrée) et 1984 en 3ème. Aujourd'hui, on fait la Gloire de mon père en 3ème (autobiographie) et 1984 au lycée, pour une très bonne classe de seconde, ou en première.

Mais je ne sais pas s'il y a une nostalgie ou de l'inquiétude à avoir. Il y a quinze ans, les profs nous disaient que de leur temps...
La société évolue, c'est tout. En mal, en bien... très difficile de savoir.
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Sei
Monarque

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par Sei le Mer 26 Sep 2018 - 19:05
J'ai souvenir d'une 2e partie assez théorique, dans 1984, avec l'action qui passe au 2d plan (mais mon souvenir est flou, je dois dire). N'est-ce pas elle qui peut dérouter les élèves ?
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Caspar
Bon génie

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par Caspar le Mer 26 Sep 2018 - 19:18
@Sei a écrit:J'ai souvenir d'une 2e partie assez théorique, dans 1984, avec l'action qui passe au 2d plan (mais mon souvenir est flou, je dois dire). N'est-ce pas elle qui peut dérouter les élèves ?

Visiblement les élèves en question ne sont pas arrivés jusque là. Bon, je ne leur jette pas forcément la pierre puisque je constate que je lis beaucoup moins depuis l'avènement des smartphones et autres tablettes...
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Nadejda
Monarque

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par Nadejda le Mer 26 Sep 2018 - 20:05
@Sei a écrit:J'ai souvenir d'une 2e partie assez théorique, dans 1984, avec l'action qui passe au 2d plan (mais mon souvenir est flou, je dois dire). N'est-ce pas elle qui peut dérouter les élèves ?

On y trouve, en effet, les dizaines pages du manifeste politique que lit Winston Smith.
Ce ne sont certes pas des élèves de première mais, de manière générale, mes troisièmes ne comprennent pas grand-chose à l'idée d'état policier et totalitaire. Pire, ils sont peu sensibles à ses conséquences dramatiques, ils n'en sont pas révoltés.
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lene75
Empereur

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par lene75 le Mer 26 Sep 2018 - 21:40
@Salsepareille a écrit:En fait, il y a quinze ans, on faisait La Gloire de mon père en 6ème (à la rentrée) et 1984 en 3ème. Aujourd'hui, on fait la Gloire de mon père en 3ème (autobiographie) et 1984 au lycée, pour une très bonne classe de seconde, ou en première.

Mais je ne sais pas s'il y a une nostalgie ou de l'inquiétude à avoir. Il y a quinze ans, les profs nous disaient que de leur temps...
La société évolue, c'est tout. En mal, en bien... très difficile de savoir.

Et les élèves ne trouvent pas ça ch* à mourir ? Parce que bon, en 6e, c'est gentillet (j'avais adoré en 6e), mais en 3e...

J'ai récemment parlé de 1984 à mes élèves. À ma grande surprise, sur 35 TS, une seule élève l'avait lu. Quelques autres avaient quand même un peu vaguement entendu parler de Big Brother mais ne savaient pas trop de quoi il retournait.

Pour ma part je l'avais lu en 4e pour le cours de français. Je n'avais pas trouvé ça franchement difficile et j'avais beaucoup aimé. D'ailleurs je ne l'ai pas relu depuis : je m'en souviens assez bien, ce qui est relativement rare avec ma mémoire de poisson rouge.

Cela dit plus rien ne m'étonne depuis que je me suis aperçue que mes TL ne me mentaient pas quand ils me disaient qu'ils avaient lu l'Apologie de Socrate mais n'avaient rien compris (à l'histoire, pas au sens philosophique du truc). Il faut dire que ce sont les mêmes TL qui me disent, quand je leur demande quel est le sujet de la phrase "Je vois une table", que le sujet est "une table". Dans ces conditions, ça ne doit pas être très facile de comprendre ce qu'on lit. Et moi je débarque avec mes histoires d'objectivation de la conscience...

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Fenrir
Niveau 9

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par Fenrir le Mer 26 Sep 2018 - 22:15
@capucine42 a écrit:Mes premières S sont en train de me dire qu'ils n'arrivent pas à lire La princesse de Clèves. L'année va être compliquée...

Alors là franchement, autant je suis navré par la constat de base, autant je ne peux pas leur jeter la pierre pour la princesse de Clèves. Je l'ai subie au lycée il y a une vingtaine d'année et j'en garde le souvenir d'un roman indigeste qui m'avais littéralement fait souffrir à sa lecture. Et je me suis enquillé le Silmarillon de Tolkien qui n'est pas mal dans le genre aussi.


Dernière édition par Fenrir le Jeu 27 Sep 2018 - 6:40, édité 1 fois

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Tecamac
Niveau 6

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par Tecamac le Mer 26 Sep 2018 - 22:23
@Salsepareille a écrit:En fait, il y a quinze ans, on faisait La Gloire de mon père en 6ème (à la rentrée) et 1984 en 3ème. Aujourd'hui, on fait la Gloire de mon père en 3ème (autobiographie) et 1984 au lycée, pour une très bonne classe de seconde, ou en première.

Mais je ne sais pas s'il y a une nostalgie ou de l'inquiétude à avoir. Il y a quinze ans, les profs nous disaient que de leur temps...
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De mon temps, il y a... Ouille... 25 ans, on faisait La Gloire de mon père en CM2....
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RogerMartin
Empereur

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par RogerMartin le Mer 26 Sep 2018 - 22:24
Je l'ai lu en CM2, en lecture demandée à la maison. Il y a à peine plus de vingt-cinq ans.

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Zagara
Grand Maître

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par Zagara le Mer 26 Sep 2018 - 22:33
Au début du post je me disais "bon 1984 c'est un livre bien chiant je comprends qu'ils n'accrochent pas, je ne l'ai pas fini tant il me saoulait", mais en fait ce n'est pas une question de rythme ou d'accroche... mais de compréhension ? La lecture linéaire ne passe pas ? Ça me paraît invraisemblable tant c'est flippant.
Par contre si un élève me disait "je ne l'ai pas lu en entier parce qu'il m'ennuyait" je trouverais ça normal ; c'est un jugement de goût comme un autre (lynchez-moi pour ne pas être en adulation automatique face à un chef d’œuvre Razz ). Mais ne pas le comprendre...? Incrédule je suis.
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gauvain31
Monarque

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par gauvain31 le Mer 26 Sep 2018 - 22:40
@Tecamac a écrit:
@Salsepareille a écrit:En fait, il y a quinze ans, on faisait La Gloire de mon père en 6ème (à la rentrée) et 1984 en 3ème. Aujourd'hui, on fait la Gloire de mon père en 3ème (autobiographie) et 1984 au lycée, pour une très bonne classe de seconde, ou en première.

Mais je ne sais pas s'il y a une nostalgie ou de l'inquiétude à avoir. Il y a quinze ans, les profs nous disaient que de leur temps...
La société évolue, c'est tout. En mal, en bien... très difficile de savoir.

De mon temps, il y a... Ouille... 25 ans, on faisait La Gloire de mon père en CM2....

J'ai fait en 6ème la Gloire de mon père (et le Château de ma mère) + le Malade Imaginaire . Bizarrement la 6ème est l'année du collège durant laquelle je me souviens très bien des œuvres que nous avons étudiées. Peu/pas de souvenirs de 5ème, ni de 4ème. Juste Le Horla et Quo Vadis ? en 3ème
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Mrs Hobie
Érudit

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par Mrs Hobie le Mer 26 Sep 2018 - 22:46
1984 je l'ai lu au collège je crois, de ma propre initiative j'avais adoré ... Je n'ai pas lu la Princesse de Clèves, mais de ce que je trouve ici et là, j'aurais eu du mal à le lire au lycée, même encore maintenant, ce n'est clairement pas dans mes goûts ... D'après les discussions que j'entends au CDI, les élèves lisent encore des gros bouquins, mais plus dans les thèmes fantastiques, Heroïc fantasy etc ...
En lecture forcée au collège/ lycée, je me souviens de ce que je n'ai pas aimé (Eugénie Grandet, le Père Goriot ... L'iliade, l'Odyssée .../ L'Ensorcelée de Barbey d'Aurévilly)

@Leclochard a écrit:Merci de la précision. Bizarre que les PE soient distincts.

ce n'est pas "bizarre" c'est la logique de l'OCDE à partir du salaire annuel : les PE gagnent moins que les certifiés (et donc encore moins que les agrégés) et de ce fait ne rentrent plus dans la même case. Ce sont les revenus, pas le niveau de recrutement qui compte ...

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    Plus tu pédales moins vite, moins t'avances plus vite.
Et même que la marmotte, elle met les stylos-plumes dans les jolis rouleaux
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Leclochard
Empereur

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par Leclochard le Jeu 27 Sep 2018 - 9:50
@Zagara a écrit:Au début du post je me disais "bon 1984 c'est un livre bien chiant je comprends qu'ils n'accrochent pas, je ne l'ai pas fini tant il me saoulait", mais en fait ce n'est pas une question de rythme ou d'accroche... mais de compréhension ? La lecture linéaire ne passe pas ? Ça me paraît invraisemblable tant c'est flippant.
Par contre si un élève me disait "je ne l'ai pas lu en entier parce qu'il m'ennuyait" je trouverais ça normal ; c'est un jugement de goût comme un autre (lynchez-moi pour ne pas être en adulation automatique face à un chef d’œuvre Razz ). Mais ne pas le comprendre...? Incrédule je suis.

Il y a plusieurs années, j'ai donné un recueil de nouvelles fantastiques faciles (Horowitz). Lorsque j'ai demandé aux élèves ce qu'ils en pensaient, ils m'ont répondu que c'était trop difficile à comprendre. J'étais surpris. En les sondant que leur façon de lire, j'ai découvert qu'ils pratiquaient la lecture "à la découpe": cinq minutes par ci, cinq minutes par là... Dans ces conditions, il est très compliqué de trouver de l'intérêt à une histoire et d'en comprendre le sens global. C'est ainsi que le développement du temps consacré aux écrans nuit à la lecture d'oeuvres qu'on juge accessibles.
Quand j'étais collégien (3ème), je n'ai jamais fini Germinal car je trouvais le bouquin trop ch... Sans avoir de problème particulier, il faut reconnaître que certains livres ne donnent pas envie. Lorsqu'on propose la Princesse de Clèves, c'est à peu près évident qu'on ne va pas à la facilité. Je ne dis pas que ce n'est pas à faire mais il ne faut pas s'étonner que les élèves rencontrent des difficultés et soient peu motivés.

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Leclochard
Empereur

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par Leclochard le Jeu 27 Sep 2018 - 10:05
@Ajonc35 a écrit:
@Leclochard a écrit:
@Cleroli a écrit:
@Leclochard a écrit:Juste une précision: les enseignants ne sont pas classés dans les CSP+, mais les professions intermédiaires (sauf les professeurs d'université).
Les professeurs du secondaire sont classés parmi les cadres (les PE sont en revanche rattachés aux professions intermédiaires).
INSEE, nomenclature niveau 3 a écrit:
341a Professeurs agrégés et certifiés de l'enseignement secondaire
la source est ici

Merci de la précision. Bizarre que les PE soient distincts.

On avait eu la discussion:
http://www.neoprofs.org/t14882-enseignant-cadre-sup-moyen-profession-intermediaire

Manu7: c'était une autre époque.

Sinon, j'ai trouvé ça sur les nouveaux arrivants dans le Morbihan: sur dix personnes qui s'installent dans le département une seule est CSP+... Les postes et les opportunités sont rares. Il y a les retraités mais surtout des ouvriers, des employés et des professions intermédiaires.


https://csem.morbihan.fr/dossiers/atlas_env/etat/occupation_territoire.php
J'ai de nombreux neveux et nièces, des amis de mes enfants qui n'ont jamais quitté la Bretagne et plus largement le grand ouest et sont médecin, ingénieur ( informatique, chimie), ostéopathe, architecte, avocat, chef d'entreprise, etc... Ils ne peuvent pas arrivés puisqu'ils ne sont pas partis! Par contre oui, mes enfants et nombre d'autres neveux et nièces ont quitté la région ( grand ouest) et piaffent d'y revenir, surtout les enseignants du secondaire.

En libéral, ce n'est pas un problème, mais en tant que salarié, accroche-toi pour trouver un poste hautement qualifié (dans les RH, l'informatique..) hors de Rennes, Brest ou Nantes (qui ne fait pas partie de la Bretagne). C'est une région rurale. Dès qu'on quitte la bande côtière, on se retrouve dans des communes petites ou moyennes avec de grandes zones peu denses. Aussi ces villes et leur agglomération parfois aisée (Saint-Grégoire par ex) ne sont pas à mon sens représentative de la répartition professionnelle de la population.
2- Il y a longtemps que je ne fais plus de lien entre professions des parents et réussite scolaire. L'an dernier encore, j'ai eu des enfants de médecin (dermatologue, généraliste) qui étaient en échec. C'est un facteur favorable statistiquement, bien sûr mais dans les faits, on ne rencontre que des cas particuliers avec leurs histoires perso (divorce, mauvaises rencontres, parents largués en matière d'éducation, excès matérialiste...). En une formule, on pourrait dire que la réussite des parents ne fait pas celle des enfants, étant donné que l'argent n'achète pas tout.


Dernière édition par Leclochard le Jeu 27 Sep 2018 - 10:11, édité 1 fois

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Danska
Modérateur

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par Danska le Jeu 27 Sep 2018 - 10:10
Alors là, en revanche, c'est faux : primo, ce n'est pas tellement une question d'argent que de capital culturel ; secundo, il y a des exceptions, évidemment, mais l'origine sociale influe quand même fortement sur la réussite scolaire. Combien de fils d'ouvriers ou d'employés parmi les titulaires d'un master, les étudiants à Sciences po ou à l'ENS, les étudiants dans les prépas ou les grandes écoles, etc., par rapport aux fils de cadres ?
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Leclochard
Empereur

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par Leclochard le Jeu 27 Sep 2018 - 10:16
@Danska a écrit:Alors là, en revanche, c'est faux : primo, ce n'est pas tellement une question d'argent que de capital culturel ; secundo, il y a des exceptions, évidemment, mais l'origine sociale influe quand même fortement sur la réussite scolaire. Combien de fils d'ouvriers ou d'employés parmi les titulaires d'un master, les étudiants à Sciences po ou à l'ENS, les étudiants dans les prépas ou les grandes écoles, etc., par rapport aux fils de cadres ?

Je suis bien d'accord. L'origine sociale a une influence comme l'environnement au sens large.
Qu'appelles-tu "capital culturel" ?

_________________
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Ajonc35
Niveau 7

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par Ajonc35 le Jeu 27 Sep 2018 - 10:34
@Leclochard a écrit:
@Ajonc35 a écrit:
@Leclochard a écrit:
@Cleroli a écrit:
Les professeurs du secondaire sont classés parmi les cadres (les PE sont en revanche rattachés aux professions intermédiaires).

la source est ici

Merci de la précision. Bizarre que les PE soient distincts.

On avait eu la discussion:
http://www.neoprofs.org/t14882-enseignant-cadre-sup-moyen-profession-intermediaire

Manu7: c'était une autre époque.

Sinon, j'ai trouvé ça sur les nouveaux arrivants dans le Morbihan: sur dix personnes qui s'installent dans le département une seule est CSP+... Les postes et les opportunités sont rares. Il y a les retraités mais surtout des ouvriers, des employés et des professions intermédiaires.


https://csem.morbihan.fr/dossiers/atlas_env/etat/occupation_territoire.php
J'ai de nombreux neveux et nièces, des amis de mes enfants qui n'ont jamais quitté la Bretagne et plus largement le grand ouest et sont médecin, ingénieur ( informatique, chimie), ostéopathe, architecte, avocat, chef d'entreprise, etc... Ils ne peuvent pas arrivés puisqu'ils ne sont pas partis! Par contre oui, mes enfants et nombre d'autres neveux et nièces ont quitté la région ( grand ouest) et piaffent d'y revenir, surtout les enseignants du secondaire.

En libéral, ce n'est pas un problème, mais en tant que salarié, accroche-toi pour trouver un poste hautement qualifié (dans les RH, l'informatique..) hors de Rennes, Brest ou Nantes (qui ne fait pas partie de la Bretagne). C'est une région rurale. Dès qu'on quitte la bande côtière, on se retrouve dans des communes petites ou moyennes avec de grandes zones peu denses. Aussi ces villes et leur agglomération parfois aisée (Saint-Grégoire par ex) ne sont pas à mon sens représentative de la répartition professionnelle de la population.
2- Il y a longtemps que je ne fais plus de lien entre professions des parents et réussite scolaire. L'an dernier encore, j'ai eu des enfants de médecin (dermatologue, généraliste) qui étaient en échec. C'est un facteur favorable statistiquement, bien sûr mais dans les faits, on ne rencontre que des cas particuliers avec leurs histoires perso (divorce, mauvaises rencontres, parents largués en matière d'éducation, excès matérialiste...). En une formule, on pourrait dire que la réussite des parents ne fait pas celle des enfants, étant donné que l'argent n'achète pas tout.
C'est aussi ce que j'ai écrit précédemment. Bien sur que l'argent ne fait pas tout, mais il y contribue. Il faut aussi d'autres conditions : un milieu éduqué, les réseaux, la proximité des services et tout ce qui peut être en nous. Je viens d'un milieu modeste, rural et il y a déjà longtemps: pas de cinéma, pas de bibliothèque, pas de réseau, pas de mobilité. J'ai fait de bonnes études grâce à mes institutrices, mes parents, l'internat. Mais si mes parents avaient eu un peu plus d'argent, ils m'auraient encore plus stimulé sans doute. Pour eux que leur enfant ait le bac, c'était déjà le Graal. Mes enfants ont eu plus de chance. Nous habitions en ville, avions des revenus satisfaisants ( merci à mon cher et tendre) et nous les avons stimulés, incités, accompagnés , car c'est notre culture pour qu'ils réussissent dans la voie qu'ils ont choisie.
J'enseigne en LEP et rares sont les élèves issus de classes supérieures ( J'ai eu des enfants : d'un sénateur, de médecins, d'un pilote de ligne, de "gros" chefs d'entreprises locales par exemple). Il y en a bien sur mais la plupart sont issus de professions intermédiaires au mieux. J'ai dit "au mieux"
Aujourd'hui les inégalités liées à l'argent se creusent et donc favorisent ceux qui en ont. Il ne faut pas nier le recrutement des grandes écoles : Sciences po Paris, ESSEC, ENM, Polytechnique et toutes les autres. Quelle est, en 2018, l'origine sociale des personnes qui sont passées par ces Ecoles et par l'ENA?
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Zagara
Grand Maître

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par Zagara le Jeu 27 Sep 2018 - 10:48
@Leclochard a écrit:
@Danska a écrit:Alors là, en revanche, c'est faux : primo, ce n'est pas tellement une question d'argent que de capital culturel ; secundo, il y a des exceptions, évidemment, mais l'origine sociale influe quand même fortement sur la réussite scolaire. Combien de fils d'ouvriers ou d'employés parmi les titulaires d'un master, les étudiants à Sciences po ou à l'ENS, les étudiants dans les prépas ou les grandes écoles, etc., par rapport aux fils de cadres ?

Je suis bien d'accord. L'origine sociale a une influence comme l'environnement au sens large.
Qu'appelles-tu "capital culturel" ?  

Concept sociologique. Le capital culturel désigne l'ensemble des ressources symboliques acquises par un individu qui sont jugées positives par ses contemporains et participent donc à sa réussite ou promotion sociale.
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Tem-to
Vénérable

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par Tem-to le Jeu 27 Sep 2018 - 11:09
A partir de la semaine prochaine, l'établissement "tout numérique", du collège à quelques filières supérieures, où je suis, a décidé d'imposer, deux fois par semaine, dix minutes de lecture obligatoires prises sur les cours à quiconque se trouve dans les murs avec, à disposition toute la journée, des meubles à bouquins sans enregistrement de ceux qui les prennent ça et là, un peu partout. J'attends les modalités définitives mais, peut-être m'avance-je un peu trop, ça me semble plutôt une fausse bonne idée. Je me demande ce qu'en pensent les deux profs du CDI pourtant assez bien achalandé.

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lene75
Empereur

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par lene75 le Jeu 27 Sep 2018 - 13:30
@Tem-to a écrit:A partir de la semaine prochaine, l'établissement "tout numérique", du collège à quelques filières supérieures, où je suis, a décidé d'imposer, deux fois par semaine, dix minutes de lecture obligatoires prises sur les cours

Mon IPR m'a suggéré de proposer la même chose dans mon établissement.

Autant je suis d'accord pour le capital culturel, autant pour l'argent non, pas encore, ça viendra quand il faudra payer du hors contrat à ses enfants pour avoir un enseignement correct. Certes, la grande misère est un frein aux études, mais l'immense majorité des gens ont les conditions matérielles suffisantes pour que leurs enfants puissent réussir à l'école. Il n'y a pas besoin de gagner des 1000 et des 100 pour ça. Non, il n'y a pas besoin d'une bibliothèque près de chez soi, à partir du moment où il y a un CDI dans l'établissement (ou qu'on peut emprunter les livres de la classe à l'école maternelle ou primaire), pas besoin d'activités diverses et variées. Je me demande même si ce n'est pas un frein : dans mon lycée, il y a pas mal d'élèves dont les parents gagnent bien leur vie, mais c'est souvent la misère culturelle, ce sont de nouveaux riches, qui peuvent profiter de tous les équipements que peut mettre à disposition une ville nouvelle, médiathèques incroyablement bien achalandées, terrains de sport, cinémas, base de loisirs, théâtre, etc., tous les équipement les plus modernes, et plein plein d'activités gratuites pour les jeunes. Résultat, ils croulent sous les sollicitations, n'ont jamais le temps de rien et sont totalement blasés. C'est comme le coup des gamins qui ne pourraient pas bosser parce qu'ils partagent leur chambre avec un frère ou une soeur... euh, j'ai fait ma scolarité avec des petits "bourges", dont les parents n'avaient pas de gros revenus pour entretenir leur famille nombreuse, et qui avaient en tout et pour tout deux chambres pour les enfants, une pour les filles et une pour les garçons, parfois pour 8 enfants dans la fratrie. Eh bien je peux vous dire que les gamins avaient intérêt à bosser à l'école. Le milieu social ne se réduit pas à l'argent, loin de là. C'est d'ailleurs pour ça que les enfants de profs sont considérés comme privilégiés.

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Prezbo
Habitué du forum

Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par Prezbo le Jeu 27 Sep 2018 - 13:42
@Salsepareille a écrit:En fait, il y a quinze ans, on faisait La Gloire de mon père en 6ème (à la rentrée) et 1984 en 3ème. Aujourd'hui, on fait la Gloire de mon père en 3ème (autobiographie) et 1984 au lycée, pour une très bonne classe de seconde, ou en première.

Mais je ne sais pas s'il y a une nostalgie ou de l'inquiétude à avoir. Il y a quinze ans, les profs nous disaient que de leur temps...
La société évolue, c'est tout. En mal, en bien... très difficile de savoir.

On peut discuter de savoir si la lecture est vraiment en déclin. Mais il y a quelque chose qui me semble assez difficile à contester : la lecture d'ouvrages longs est clairement en déclin, à part chez les gros lecteurs dont le nombre me semble aller en décroissant, même s'ils existent toujours. Et il est difficile de ne pas y voir une conséquence du temps passé devant les écrans, et de la perte de capacité de concentration qu'ils induisent. (Moi-même, je vois bien combien le temps passé sur internet réduit le temps que je consacre à la lecture papier d'ouvrages vraiment difficiles.)

Est-ce bien, est-ce mal...En tout cas, je dirais que c'est des capacités que nous perdont, et qui ne me semblent pas remplacées par autre chose. La lecture sur écran ne me semble pas du tout avoir les mêmes effet, sur la mémorisation, sur le repos de l'esprit, que la lecture sur papier.

(Pour 1984, je l'ai lu en troisième, avec quelques camarades, sur conseil du prof. C'était plutôt un livre destiné aux bons lecteurs, qui s'intéressaient à l'histoire et à la politique, mais pas forcément excellents élèves selon les normes de l'époque non plus. J'avais beaucoup aimé, mais pas classé ça dans la grande littérature ni les ouvrages difficiles.

Certes, le sujet est peut-être un peu moins actuel depuis la chute du mur de Berlin, mais si des lycéens ne peuvent pas lire cet ouvrage...Qu'est-ce qu'il reste.

Il est vrai que mes collègues de lettres, de philo ou d'HG me disent qu'il est de plus en plus fréquent que des élèves de 1èreL et TL leur avouent ne jamais avoir lu un livre en entier, et s'en sentir incapable.

Hors-sujet, mais j'ai vu qu'une nouvelle traduction de 1984 venait d'être éditée, écrite au présent de l'indicatif. Je suis a priori sceptique, mais est-ce que quelqu'un sait ce que ça vaut ?)
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William Foster
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Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

par William Foster le Jeu 27 Sep 2018 - 13:53
@Prezbo a écrit:
(Pour 1984, je l'ai lu en troisième, avec quelques camarades, sur conseil du prof. C'était plutôt un livre destiné aux bons lecteurs, qui s'intéressaient à l'histoire et à la politique, mais pas forcément excellents élèves selon les normes de l'époque non plus. J'avais beaucoup aimé, mais pas classé ça dans la grande littérature ni les ouvrages difficiles.

Certes, le sujet est peut-être un peu moins actuel depuis la chute du mur de Berlin, mais si des lycéens ne peuvent pas lire cet ouvrage...Qu'est-ce qu'il reste.

Je trouve au contraire que l'utilisation de la novlangue devient plus importante avec les "progrès" de la communication politique (Cf. la société apprenante) et que les futurs citoyens que sont les élèves devraient connaître quelques rouages machiavéliens qui sont à l’œuvre autour d'eux... Ne serait-ce que pour ne pas tomber dans des théories du complot qui seraient trop fantaisistes Razz

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Re: [lettres, lycée] Au secours ! Des élèves "CSP+" qui ne savent pas lire.

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