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Lefteris
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Est-ce que ça vaut toujours le coup d'être enseignant aujourd'hui ? - Page 11 Empty Re: Est-ce que ça vaut toujours le coup d'être enseignant aujourd'hui ?

par Lefteris le Ven 14 Déc 2018 - 20:36
@Niht a écrit:Pour répondre à la question posée par ce sujet :
- Professeur, mon salaire avant de quitter l'EN : 2200 €/mois
- Cadre A à indice équivalent dans ma nouvelle administration : 3500 €/mois
Voilà.
Même constat à peu de choses près quand j'ai fait le chemin inverse : je parle en annuel (je touchais des indemnités semestrielles) 40 000€ => 26 000 comme certifié (à échelon égal donc par reclassement) . Des années après, agrégé, je ne suis pas revenu à ce niveau hors rime REP et HS .
Pour les vacances : 5 semaines + 24 jours de RTT + jours fériés non décomptés + éventuellement jours de fractionnement. Minimum 11 semaines, plus les récupérations-épargne temps. Rarement sous les 13 semaines/an (en revanche je ne posais pas toujours quand je voulais).

@klaus2 a écrit:On ne peut pas couper en petits morceaux les avantages et les inconvénients, c'est un tout. Et l'essentiel me semble bien être d'aimer ce que l'on fait, d'être bien avec des jeunes,  d'être maître de son travail. Si ça doit être une corvée de mettre un cours à jour, ou de se cultiver, autant faire autre chose. Reste, certes, ces maudites copies !
Sans couper tout en morceaux, il y a des inconvénients qui peuvent l'emporter sur tout le reste. On prend un lot, certes, mais ce lot est inégal selon les situations. Etre avec certains jeunes, par exemple, être sur plusieurs postes, trop travailler entre copies et cours sans intérêt (rien à voir avec se cultiver) etc. lise non limitative.

@ddalcatel a écrit:Pour moi la réponse est claire : non.
D'ailleurs on ne trouve plus vraiment de candidats aux concours. On est donc beaucoup à penser la même chose.
Pour moi également plutôt non sauf si l'on n'a en vue que manutentionnaire, caissier, chômeur , et dans ma discipline, absolument saccagée (ou d'autres) catégoriquement non. Il faut envisager aussi une destruction encore plus rapide de la profession dans les années à venir, ça a commencé (réformes lycées et collège, statut, management brutal, obligations de service et congés remis en cause et j'en passe).
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par Mathador le Ven 14 Déc 2018 - 20:51
@Lefteris a écrit:Pour les vacances : 5 semaines + 24 jours de RTT + jours fériés non décomptés + éventuellement jours de fractionnement. Minimum 11 semaines, plus les récupérations-épargne temps.  Rarement sous les 13 semaines/an (en revanche je ne posais pas toujours quand je voulais).

Quand on est enseignant, ce n'est pas « pas toujours » que l'on choisit les dates des congés, mais jamais. Lorsque l'on a des enfants, c'est pratique, mais dans mon cas je crois que je choisirais une répartition assez différente.

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par Lefteris le Ven 14 Déc 2018 - 20:55
@Mathador a écrit:
@Lefteris a écrit:Pour les vacances : 5 semaines + 24 jours de RTT + jours fériés non décomptés + éventuellement jours de fractionnement. Minimum 11 semaines, plus les récupérations-épargne temps.  Rarement sous les 13 semaines/an (en revanche je ne posais pas toujours quand je voulais).

Quand on est enseignant, ce n'est pas « pas toujours » que l'on choisit les dates des congés, mais jamais. Lorsque l'on a des enfants, c'est pratique, mais dans mon cas je crois que je choisirais une répartition assez différente.
En fait, c'était assez facile hors période scolaire. En période scolaire, bien plus délicat... Ceci dit je pouvais facilement partir à l'étranger, avec les billets trois fois moins chers.

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"La réforme [...] c'est un ensemble de décrets qui s'emboîtent les uns dans les autres, qui ne prennent leur sens que quand on les voit tous ensemble". La stratégie du puzzle, expliquée sans détours par F. Robine.

« Tant qu’il y aura des hommes qui n’obéiront pas à leur raison seule, le genre humain restera partagé en deux classes : celle des hommes qui raisonnent et celles des hommes qui croient, celle des maîtres et celle des esclaves ».Condorcet

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par Leclochard le Ven 14 Déc 2018 - 21:23
@ddalcatel a écrit:Pour moi la réponse est claire : non.
D'ailleurs on ne trouve plus vraiment de candidats aux concours. On est donc beaucoup à penser la même chose.

La raréfaction des candidats est l'indice objectif que ce métier n'attire plus. Chacun peut dire: "j'ai du temps libre; je gagne bien ma vie. Perso, je suis heureux." Il y a pour les potentiels lauréats quelque chose que n'offre plus le métier et que recherchent les étudiants. Quand j'ai eu le capes de lettres modernes, il y avait 8000 inscrits (6000 présents); il y a deux ans, on dépassait à peine les 2000 postulants. Où sont-ils passés ? A ce que je sache, d'autres professions qui ont pourtant tout pour repousser sur le papier : concours très difficiles, activités exigeantes intellectuellement, horaires démentiels etc ne souffrent pas d'un manque de candidats. Quelles compensations pécuniaires, matérielles ou symboliques les attirent ?

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par Leclochard le Ven 14 Déc 2018 - 21:29
@Niht a écrit:Pour répondre à la question posée par ce sujet :
- Professeur, mon salaire avant de quitter l'EN : 2200 €/mois
- Cadre A à indice équivalent dans ma nouvelle administration : 3500 €/mois
Voilà.

Le problème, c'est que les enseignants ne le savent pas. Ils se comparent entre eux: ainsi, l'agrégé se trouve pas trop mal payé et le certifié mal payé. La vérité, c'est que le premier est mal payé et le second terriblement sous-payé.

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par klaus2 le Ven 14 Déc 2018 - 21:33
concours très difficiles, activités exigeantes intellectuellement
Certes, mais les enfants de la bourgeoisie nantie et culturelle de haut niveau n'en ont pas peur, et le métier d'enseignant est très dévalorisé aux yeux du public (sauf les agrégés, mais encore faut-il y parvenir !). Je vois cela autour de moi : notre métier attire des "couches sociales" qui n'y avaient pas accès avant (bon côté de l'accès au bac à tous et une licence, c'est à la portée de n'importe qui), c'est donc une sorte de promotion (ce fut mon cas, je suis orphelin).

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par Elaïna le Ven 14 Déc 2018 - 22:04
@Leclochard a écrit:
@ddalcatel a écrit:Pour moi la réponse est claire : non.
D'ailleurs on ne trouve plus vraiment de candidats aux concours. On est donc beaucoup à penser la même chose.

La raréfaction des candidats est l'indice objectif que ce métier n'attire plus. Chacun peut dire: "j'ai du temps libre; je gagne bien ma vie. Perso, je suis heureux." Il y a pour les potentiels lauréats quelque chose que n'offre plus le métier et que recherchent les étudiants. Quand j'ai eu le capes de lettres modernes, il y avait 8000 inscrits (6000 présents); il y a deux ans, on dépassait à peine les 2000 postulants. Où sont-ils passés ? A ce que je sache, d'autres professions qui ont pourtant tout pour repousser sur le papier : concours très difficiles, activités exigeantes intellectuellement, horaires démentiels etc ne souffrent pas d'un manque de candidats. Quelles compensations pécuniaires, matérielles ou symboliques les attirent ?

Les sociologues mettent aussi en valeur que le "temps libre" n'est plus valorisé aujourd'hui. Si l'otium était un truc de riches dans l'ancien temps et jusqu'au XIXe siècle, aujourd'hui, le riche, c'est celui qui est débordé. Celui qui a du temps libre est un loser, un feignant. Il suffit de voir comment sont considérées les mères au foyer dans notre société actuelle, alors que pendant longtemps, ne pas être obligée de travailler, c'était signe de haut rang social pour une femme.
Pour les collègues de mon mari par exemple, j'ai un métier intéressant parce qu'en plus de mon boulot au lycée, je fais des colles, des interventions à la fac, je suis dans des jurys de concours etc. C'est très valorisé socialement parce que ça donne l'impression que je cours partout (alors qu'en fait, pas tellement, mais c'est une autre histoire). Courir partout, ça me fait entrer dans le club des riches.

Du coup, un prof, c'est quelqu'un qui a du temps libre, donc qui est un gros loser. Le prof, c'est celui qui aura un après-midi entier pour bouquiner : la lose quand même ! c'est tellement mieux vu d'être en train de s'exciter à courir partout pour signer un contrat !

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par Leclochard le Ven 14 Déc 2018 - 22:21
@Elaïna a écrit:
@Leclochard a écrit:
@ddalcatel a écrit:Pour moi la réponse est claire : non.
D'ailleurs on ne trouve plus vraiment de candidats aux concours. On est donc beaucoup à penser la même chose.

La raréfaction des candidats est l'indice objectif que ce métier n'attire plus. Chacun peut dire: "j'ai du temps libre; je gagne bien ma vie. Perso, je suis heureux." Il y a pour les potentiels lauréats quelque chose que n'offre plus le métier et que recherchent les étudiants. Quand j'ai eu le capes de lettres modernes, il y avait 8000 inscrits (6000 présents); il y a deux ans, on dépassait à peine les 2000 postulants. Où sont-ils passés ? A ce que je sache, d'autres professions qui ont pourtant tout pour repousser sur le papier : concours très difficiles, activités exigeantes intellectuellement, horaires démentiels etc ne souffrent pas d'un manque de candidats. Quelles compensations pécuniaires, matérielles ou symboliques les attirent ?

Les sociologues mettent aussi en valeur que le "temps libre" n'est plus valorisé aujourd'hui. Si l'otium était un truc de riches dans l'ancien temps et jusqu'au XIXe siècle, aujourd'hui, le riche, c'est celui qui est débordé. Celui qui a du temps libre est un loser, un feignant. Il suffit de voir comment sont considérées les mères au foyer dans notre société actuelle, alors que pendant longtemps, ne pas être obligée de travailler, c'était signe de haut rang social pour une femme.
Pour les collègues de mon mari par exemple, j'ai un métier intéressant parce qu'en plus de mon boulot au lycée, je fais des colles, des interventions à la fac, je suis dans des jurys de concours etc. C'est très valorisé socialement parce que ça donne l'impression que je cours partout (alors qu'en fait, pas tellement, mais c'est une autre histoire). Courir partout, ça me fait entrer dans le club des riches.

Du coup, un prof, c'est quelqu'un qui a du temps libre, donc qui est un gros loser. Le prof, c'est celui qui aura un après-midi entier pour bouquiner : la lose quand même ! c'est tellement mieux vu d'être en train de s'exciter à courir partout pour signer un contrat !

En même temps (copyright Macron), c'est peut-être ce dernier avantage que les gens nous envient: le temps libre -ou supposé "temps libre", parce qu'en ce qui me concerne, hors vacances, ça dépend vraiment des semaines. Entre les enfants, les activités domestiques, les cours et les copies, il est parfois réduit à une heure ou deux par jour. Il est vrai que je fais 20h de cours, pas 15h non plus.

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par New Zealand le Ven 14 Déc 2018 - 22:27
@Elaïna a écrit:
Les sociologues mettent aussi en valeur que le "temps libre" n'est plus valorisé aujourd'hui. Si l'otium était un truc de riches dans l'ancien temps et jusqu'au XIXe siècle, aujourd'hui, le riche, c'est celui qui est débordé. Celui qui a du temps libre est un loser, un feignant. Il suffit de voir comment sont considérées les mères au foyer dans notre société actuelle, alors que pendant longtemps, ne pas être obligée de travailler, c'était signe de haut rang social pour une femme.
Pour les collègues de mon mari par exemple, j'ai un métier intéressant parce qu'en plus de mon boulot au lycée, je fais des colles, des interventions à la fac, je suis dans des jurys de concours etc. C'est très valorisé socialement parce que ça donne l'impression que je cours partout (alors qu'en fait, pas tellement, mais c'est une autre histoire). Courir partout, ça me fait entrer dans le club des riches.

Du coup, un prof, c'est quelqu'un qui a du temps libre, donc qui est un gros loser. Le prof, c'est celui qui aura un après-midi entier pour bouquiner : la lose quand même ! c'est tellement mieux vu d'être en train de s'exciter à courir partout pour signer un contrat !

Je n'avais jamais pensé à ça, c'est vraiment très intéressant et, quand j'y pense, probablement vrai. C'est terrible car c'est en partie ce qui caractérisait la société française : notre capacité à apprécier notre temps libre, y compris à Paris. Si ce constat est réel, alors nous sommes réellement en train de perdre un élément essentiel de notre culture. Prendre son temps plutôt que courir après le temps. C'est terrible.
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par LaMaisonQuiRendFou le Ven 14 Déc 2018 - 22:34
@Elaïna a écrit:
@Leclochard a écrit:
@ddalcatel a écrit:Pour moi la réponse est claire : non.
D'ailleurs on ne trouve plus vraiment de candidats aux concours. On est donc beaucoup à penser la même chose.

La raréfaction des candidats est l'indice objectif que ce métier n'attire plus. Chacun peut dire: "j'ai du temps libre; je gagne bien ma vie. Perso, je suis heureux." Il y a pour les potentiels lauréats quelque chose que n'offre plus le métier et que recherchent les étudiants. Quand j'ai eu le capes de lettres modernes, il y avait 8000 inscrits (6000 présents); il y a deux ans, on dépassait à peine les 2000 postulants. Où sont-ils passés ? A ce que je sache, d'autres professions qui ont pourtant tout pour repousser sur le papier : concours très difficiles, activités exigeantes intellectuellement, horaires démentiels etc ne souffrent pas d'un manque de candidats. Quelles compensations pécuniaires, matérielles ou symboliques les attirent ?

Les sociologues mettent aussi en valeur que le "temps libre" n'est plus valorisé aujourd'hui. Si l'otium était un truc de riches dans l'ancien temps et jusqu'au XIXe siècle, aujourd'hui, le riche, c'est celui qui est débordé. Celui qui a du temps libre est un loser, un feignant. Il suffit de voir comment sont considérées les mères au foyer dans notre société actuelle, alors que pendant longtemps, ne pas être obligée de travailler, c'était signe de haut rang social pour une femme.
Pour les collègues de mon mari par exemple, j'ai un métier intéressant parce qu'en plus de mon boulot au lycée, je fais des colles, des interventions à la fac, je suis dans des jurys de concours etc. C'est très valorisé socialement parce que ça donne l'impression que je cours partout (alors qu'en fait, pas tellement, mais c'est une autre histoire). Courir partout, ça me fait entrer dans le club des riches.

Du coup, un prof, c'est quelqu'un qui a du temps libre, donc qui est un gros loser. Le prof, c'est celui qui aura un après-midi entier pour bouquiner : la lose quand même ! c'est tellement mieux vu d'être en train de s'exciter à courir partout pour signer un contrat !

C'est tout à fait juste.

Le loisir était un luxe réservé à la noblesse ou à la très haute bourgeoisie. C'était d'ailleurs l'idée centrale du suffrage censitaire : seul celui qui contribue suffisamment au financement de la collectivité et qui par sa richesse a manifestement le temps de se cultiver peut voter (car celui qui est riche peut se passer de travailler).
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User7570
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par User7570 le Ven 14 Déc 2018 - 22:40
@Elaïna a écrit:Pour les collègues de mon mari par exemple, j'ai un métier intéressant parce qu'en plus de mon boulot au lycée, je fais des colles, des interventions à la fac, je suis dans des jurys de concours etc. C'est très valorisé socialement parce que ça donne l'impression que je cours partout (alors qu'en fait, pas tellement, mais c'est une autre histoire). Courir partout, ça me fait entrer dans le club des riches.

Du coup, un prof, c'est quelqu'un qui a du temps libre, donc qui est un gros loser. Le prof, c'est celui qui aura un après-midi entier pour bouquiner : la lose quand même ! c'est tellement mieux vu d'être en train de s'exciter à courir partout pour signer un contrat !

Elaïana, j'apprécie toujours la pertinence de tes interventions, mais je n'ai pas la même interprétation concernant la réaction de ces personnes. Plus que le temps, je pense que c'est l'université (et plus largement le monde du supérieur qui est extrêmement valorisé). C'est le lien entre la prépa, la participation aux jurys, les interventions à la fac. En tout cas, quand j'étais doctorant contractuel, j'avais beaucoup de temps libre et j'ai senti que j'étais très valorisé dans la société. Depuis que je suis dans le secondaire, le regard des gens a changé du tout au tout. Je trouve cela fort pénible, et du coup... je fréquente le moins possible les gens...

Je pense aussi qu'un chercheur au CNRS est valorisé alors qu'il a un certain temps libre, ainsi qu'un professeur d'université. Quoique tous deux puissent être occupés par ailleurs, je crois surtout que c'est leur position (en haut de la "hiérarchie" des profs, si on peut dire) qui fait leur prestige. Donc on est dans une société où les places "supérieures" sont très valorisées, ce qui correspond à la compétition permanente qui règne aujourd'hui... Car il y a des certifiés très occupés, et ils ne sont pas pour autant valorisés...

Du moins, c'est mon analyse personnelle. Désolé si mon message est écrit à la va-vite. Je dois filer et n'ai pas le temps de me relire.
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Est-ce que ça vaut toujours le coup d'être enseignant aujourd'hui ? - Page 11 Empty Re: Est-ce que ça vaut toujours le coup d'être enseignant aujourd'hui ?

par Elaïna le Ven 14 Déc 2018 - 22:49
swurm a écrit:

Elaïana, j'apprécie toujours la pertinence de tes interventions, mais je n'ai pas la même interprétation concernant la réaction de ces personnes. Plus que le temps, je pense que c'est l'université (et plus largement le monde du supérieur qui est extrêmement valorisé). C'est le lien entre la prépa, la participation aux jurys, les interventions à la fac. En tout cas, quand j'étais doctorant contractuel, j'avais beaucoup de temps libre et j'ai senti que j'étais très valorisé dans la société. Depuis que je suis dans le secondaire, le regard des gens a changé du tout au tout. Je trouve cela fort pénible, et du coup... je fréquente le moins possible les gens...

Je pense aussi qu'un chercheur au CNRS est valorisé alors qu'il a un certain temps libre, ainsi qu'un professeur d'université. Quoique tous deux puissent être occupés par ailleurs, je crois surtout que c'est leur position (en haut de la "hiérarchie" des profs, si on peut dire) qui fait leur prestige. Donc on est dans une société où les places "supérieures" sont très valorisées, ce qui correspond à la compétition permanente qui règne aujourd'hui... Car il y a des certifiés très occupés, et ils ne sont pas pour autant valorisés...

Honnêtement, je pense que c'est plus complexe que ça. Un prof de fac sera plus valorisé qu'un prof du secondaire, car il est globalement entendu qu'il est "meilleur" (je sais, c'est discutable, et surtout pas comparable, mais bon) et surtout justement qu'il fait plein de trucs : de l'administration, de l'encadrement de thèse, des livres, des recherches, et... un peu d'enseignement à un public que bien des gens croient trié (alors que bon, avant la L3, comment dire).
Pour le CNRS, c'est très variable : un chercheur en sciences "dures" apparaît comme quelqu'un d'utile, mais en sciences humaines, en gros, les chercheurs sont souvent considérés comme des parasites feignants.

Quand j'étais allocataire monitrice (en histoire, donc) puis ATER, ma position sociale, au yeux des gens qui n'étaient pas dans l'enseignement ou la recherche, était du coup assez ambiguë : la réaction des gens c'était souvent "Ah, tu enseignes ? à la fac ? Classe !!! Tu fais une thèse ? Classe !!! En quoi, en histoire ? Et on te PAYE pour ça ??? Eh ben, quand je pense que mes impôts financent des trucs comme ça..."

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par Elaïna le Ven 14 Déc 2018 - 22:52
Petit article de Slate donne déjà quelques pistes http://www.slate.fr/story/106719/travail-debordes

Edit : le gros article en anglais https://academic.oup.com/jcr/article/44/1/118/2736404


Dernière édition par Elaïna le Ven 14 Déc 2018 - 22:59, édité 1 fois

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Philomène87
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par Philomène87 le Ven 14 Déc 2018 - 22:53
@Elaïna a écrit:Et on te PAYE pour ça ??? Eh ben, quand je pense que mes impôts financent des trucs comme ça..."

Très élégant.
On te le disait vraiment en face ?

Sinon, réponse possible : tes impôts à toi, ils ont financé les allocations familiales pour élever quelqu'un d'aussi mal éduqué, quel gâchis.
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par Lefteris le Ven 14 Déc 2018 - 22:56
@Leclochard a écrit:

Le problème, c'est que les enseignants ne le savent pas. Ils se comparent entre eux: ainsi, l'agrégé se trouve pas trop mal payé et le certifié mal payé. La vérité, c'est que le premier est mal payé et le second terriblement sous-payé.
Résumé laconique mais efficace. Parce que les enseignants, comme je le dis souvent, vivent en dehors de la FP. Le syndrome du "métier pas comme les autres".  Un agrégé est un petit cadre A, un certifié un cadre B .

@klaus2 a écrit:
concours très difficiles, activités exigeantes intellectuellement
Certes, mais les enfants de la bourgeoisie nantie et culturelle de haut niveau n'en ont pas peur, et le métier d'enseignant est très dévalorisé aux yeux du public (sauf les agrégés, mais encore faut-il y parvenir !). Je vois cela autour de moi : notre métier attire des "couches sociales" qui n'y avaient pas accès avant (bon côté de l'accès au bac à tous et une licence, c'est à la portée de n'importe qui), c'est donc une sorte de promotion (ce fut mon cas, je suis orphelin).
C'est ambigu  : les agrégés  sont respectés pour leur savoir et dévalués comme des super fainéants qui gagnent plus en faisant moins. Le discours officiel, relayé par les médias, les "managers" de l'EN, et le ressentiment d'une partie des non agrégés a fait son oeuvre. Le concours est moins déserté que le Capes, certes, mais ceux qui le passent tentent leur chance pour éviter le second degré justement. Et comme ça n'arrive pas  toujours, ils évitent ou se barrent très tôt. Même le Figaro le reconnaissait (c'st tout dire) , en disant que 50% des normaliens ne passent même plus l'agreg.

swurm a écrit:[
Je pense aussi qu'un chercheur au CNRS est valorisé alors qu'il a un certain temps libre, ainsi qu'un professeur d'université. Quoique tous deux puissent être occupés par ailleurs, je crois surtout que c'est leur position (en haut de la "hiérarchie" des profs, si on peut dire) qui fait leur prestige. Donc on est dans une société où les places "supérieures" sont très valorisées, ce qui correspond à la compétition permanente qui règne aujourd'hui... Car il y a des certifiés très occupés, et ils ne sont pas pour autant valorisés...
Oui sans doute, la place sociale compte. Mais le certifié est  doublement méprisé car il est en bas de l'échelle, qu'il vivote étant en catégorie A fictive mais catégorie B de fait, et on croit qu'il est aussi un fainéant. Mais un fainéant sans talent en plus. Il n'y a que lui qui sait qu'il a du boulot.

@Philomène87 a écrit:On te le disait vraiment en face ?
Moi on me l'a dit en face, et dans de la famille par alliance. Etre payé parce qu'on sait le grec et le latin, choses inutiles, un vrai scandale. Il est vrai qu'on était en plein sarkozysme. Mais je ne crois pas que les choses ont changé.


Dernière édition par Lefteris le Ven 14 Déc 2018 - 23:02, édité 1 fois

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par Elaïna le Ven 14 Déc 2018 - 23:02
@Philomène87 a écrit:
@Elaïna a écrit:Et on te PAYE pour ça ??? Eh ben, quand je pense que mes impôts financent des trucs comme ça..."

Très élégant.
On te le disait vraiment en face ?

Sinon, réponse possible : tes impôts à toi, ils ont financé les allocations familiales pour élever quelqu'un d'aussi mal éduqué, quel gâchis.

Bien sûr. Et pas qu'une fois.
ça a commencé quand un ami de mon mari a appris que j'étais élève-fonctionnaire-stagiaire. "Ah, il y a des étudiants qui sont payés ? pour faire de l'histoire et du latin ? Ben mon vieux, y'en a qui s'emmerdent pas..."
(Je te rassure tout de suite : non, on ne le voit plus, et depuis longtemps).

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par Mathador le Ven 14 Déc 2018 - 23:07
@Lefteris a écrit:Même le Figaro le reconnaissait (c'st tout dire) , en disant que 50% des normaliens ne passent même plus l'agreg.

Pour les normaliens, il faut aussi prendre en compte les pratiques du monde universitaire. Il me semble que normalien ou pas, dans certaines disciplines littéraires il est encore plus ou moins nécessaire d'obtenir l'agreg pour espérer une carrière dans l'enseignement supérieur et la recherche. En sciences, ce n'est plus le cas.
Je ne suis pas informé des pratiques actuelles des ENS, mais il n'y a pas si longtemps on embêtait encore les littéraires qui ne voulaient pas passer l'agreg. Un changement de politique sur ce point peut alors avoir une influence sur le taux de présentation à l'agreg sans que ce soit significatif sur l'attractivité réelle du concours pour les normaliens.

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par Balthazaard le Sam 15 Déc 2018 - 0:22
@Elaïna a écrit:
@Philomène87 a écrit:
@Elaïna a écrit:Et on te PAYE pour ça ??? Eh ben, quand je pense que mes impôts financent des trucs comme ça..."

Très élégant.
On te le disait vraiment en face ?

Sinon, réponse possible : tes impôts à toi, ils ont financé les allocations familiales pour élever quelqu'un d'aussi mal éduqué, quel gâchis.

Bien sûr. Et pas qu'une fois.
ça a commencé quand un ami de mon mari a appris que j'étais élève-fonctionnaire-stagiaire. "Ah, il y a des étudiants qui sont payés ? pour faire de l'histoire et du latin ? Ben mon vieux, y'en a qui s'emmerdent pas..."
(Je te rassure tout de suite : non, on ne le voit plus, et depuis longtemps).

On est payé à Polytechnique il me semble et dans d'autres écoles d'ingé liées à l'état, en tous cas c'était comme ça de mon temps
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par Elaïna le Sam 15 Déc 2018 - 0:25
Bien sûr. Polytechnique, Saint-Cyr, l'ENS, l'Ecole des chartes... Mais pour ce personnage (qui ne connaissait rien aux prépas ni à la fac, mais était bien persuadé que c'était un repaire de snobinards fils à papa) c'était une honte.
Bon, il y avait une grosse part de jalousie.

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par Balthazaard le Sam 15 Déc 2018 - 0:26
Comme toujours quand il est question de salaire il me semble....
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par Elaïna le Sam 15 Déc 2018 - 0:38
@Balthazaard a écrit:Comme toujours quand il est question de salaire il me semble....

Oui. Et puis c'était quand même quelqu'un qui n'avait pas eu la vie super facile (je considère avoir pour ma part été ultra favorisée de ce point de vue, mes parents profs ayant tout fait pour nous pousser le plus loin/haut possible dans nos études sans que nous ayons eu à travailler, mes soeurs et moi). Je pense qu'il regrettait surtout son choix d'études courtes qui certes lui avaient permis de gagner sa vie plus tôt que nous (mon mari et moi qui avons respectivement bac + 5 et + 8) mais dont les perspectives d'évolution salariales étaient déjà assez maigres contrairement aux nôtres à l'époque. Bon, il m'a toujours prise pour une fille à papa snob et condescendante, accessoirement.

Bon. Accessoirement derechef, vous savez la meilleure ? Celle qui vit le plus mal que je ne sois "que" prof en lycée "avec ton niveau blabla", c'est ma mère, qui ne cache pas sa déception quand chaque année mon dossier est refoulé de partout pour des postes dans le supérieur. Moi, ça me saoule un peu (sans blague, qui aime se prendre des râteaux ?), mais je le vis mieux qu'elle... Pour ma mère, c'est un échec, car pour elle, les enfants devraient naturellement être "plus hauts placés" que leurs enfants. Elle était prof en lycée, j'aurais dû être depuis longtemps à la fac selon elle. Pour ma mère, être prof, clairement, ça ne vaut plus le coup...

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par User26836 le Sam 15 Déc 2018 - 8:20
@Leclochard a écrit:
@Niht a écrit:Pour répondre à la question posée par ce sujet :
- Professeur, mon salaire avant de quitter l'EN : 2200 €/mois
- Cadre A à indice équivalent dans ma nouvelle administration : 3500 €/mois
Voilà.

Le problème, c'est que les enseignants ne le savent pas. Ils se comparent entre eux: ainsi, l'agrégé se trouve pas trop mal payé et le certifié mal payé. La vérité, c'est que le premier est mal payé et le second terriblement sous-payé.
Exactement ! C'est pour cela qu'après avoir envisagé l'agrégation quelque temps (que je ne pense de toutes les façons pas être capable d'obtenir), je pense plutôt à me reconvertir dans une toute autre administration (je ne sais pas quel concours, ni si je suis également en mesure de l'obtenir -j'ai le temps d'y penser car je débute dans la profession), car financièrement, je ne vois aucun intérêt à l'agrégation, et même si on fait moins d'heures c'est quand même plus ou moins le même métier (on peut être agrégé et en collège rep +)...
Bref oui ce boulot vaut le coup si on le compare à équipier Mac Do, vendeur, caissier, manutentionnaire, etc. En aucun cas si on compare avec des personnes de notre âge à diplôme et expérience équivalents, voire dans la simple fonction publique.


Dernière édition par Lisak35 le Sam 15 Déc 2018 - 10:33, édité 1 fois
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par Stanislas R le Sam 15 Déc 2018 - 9:47
@Lefteris a écrit:
@Mathador a écrit:
@Lefteris a écrit:Pour les vacances : 5 semaines + 24 jours de RTT + jours fériés non décomptés + éventuellement jours de fractionnement. Minimum 11 semaines, plus les récupérations-épargne temps.  Rarement sous les 13 semaines/an (en revanche je ne posais pas toujours quand je voulais).

Quand on est enseignant, ce n'est pas « pas toujours » que l'on choisit les dates des congés, mais jamais. Lorsque l'on a des enfants, c'est pratique, mais dans mon cas je crois que je choisirais une répartition assez différente.
En fait, c'était assez facile hors période scolaire. En période scolaire, bien plus délicat... Ceci dit je pouvais facilement partir à l'étranger, avec les billets trois fois moins chers.

Pouvoir voyager sans se faire voler comme au coin d'un bois.  abi Je sais: je ne dirais plus cela quand j'aurai des enfants, quoique...qui n'a jamais eu d'élèves qui partaient un mois avant la fin des cours?

@Leclochard a écrit:
@Niht a écrit:Pour répondre à la question posée par ce sujet :
- Professeur, mon salaire avant de quitter l'EN : 2200 €/mois
- Cadre A à indice équivalent dans ma nouvelle administration : 3500 €/mois
Voilà.

Le problème, c'est que les enseignants ne le savent pas. Ils se comparent entre eux: ainsi, l'agrégé se trouve pas trop mal payé et le certifié mal payé. La vérité, c'est que le premier est mal payé et le second terriblement sous-payé.

C'est bien le problème, nous vivons dans nos tours d'ivoire, nous votons très peu et nous nous étonnons quand le monde nous tombe dessus.

@Elaïna a écrit:Les sociologues mettent aussi en valeur que le "temps libre" n'est plus valorisé aujourd'hui. Si l'otium était un truc de riches dans l'ancien temps et jusqu'au XIXe siècle, aujourd'hui, le riche, c'est celui qui est débordé. Celui qui a du temps libre est un loser, un feignant. Il suffit de voir comment sont considérées les mères au foyer dans notre société actuelle, alors que pendant longtemps, ne pas être obligée de travailler, c'était signe de haut rang social pour une femme.
Pour les collègues de mon mari par exemple, j'ai un métier intéressant parce qu'en plus de mon boulot au lycée, je fais des colles, des interventions à la fac, je suis dans des jurys de concours etc. C'est très valorisé socialement parce que ça donne l'impression que je cours partout (alors qu'en fait, pas tellement, mais c'est une autre histoire). Courir partout, ça me fait entrer dans le club des riches.

Du coup, un prof, c'est quelqu'un qui a du temps libre, donc qui est un gros loser. Le prof, c'est celui qui aura un après-midi entier pour bouquiner : la lose quand même ! c'est tellement mieux vu d'être en train de s'exciter à courir partout pour signer un contrat !

Je veux du vrai temps libre, un temps qui m'appartient après mes 38h30 dues à l'administration. Je dépasse constamment cette durée.
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par Leclochard le Sam 15 Déc 2018 - 10:31
Lisak35 a écrit:
@Leclochard a écrit:
@Niht a écrit:Pour répondre à la question posée par ce sujet :
- Professeur, mon salaire avant de quitter l'EN : 2200 €/mois
- Cadre A à indice équivalent dans ma nouvelle administration : 3500 €/mois
Voilà.

Le problème, c'est que les enseignants ne le savent pas. Ils se comparent entre eux: ainsi, l'agrégé se trouve pas trop mal payé et le certifié mal payé. La vérité, c'est que le premier est mal payé et le second terriblement sous-payé.
Exactement ! C'est pour cela qu'après avoir envisagé l'agrégation quelque temps (que je ne pense de toutes les façons être capable d'obtenir), je pense plutôt à me reconvertir dans une toute autre administration (je ne sais pas quel concours, ni si je suis également en mesure de l'obtenir -j'ai le temps d'y penser car je débute dans la profession), car financièrement, je ne vois aucun intérêt à l'agrégation, et même si on fait moins d'heures c'est quand même plus ou moins le même métier (on peut être agrégé et en collège rep +)...
Bref oui ce boulot vaut le coup si on le compare à équipier Mac Do, vendeur, caissier, manutentionnaire, etc. En aucun cas si on compare avec des personnes de notre âge à diplôme et expérience équivalents, voire dans la simple fonction publique.

En quelque sorte, l'agrégé est payé en temps libre. S'il fait trois, quatre ou cinq heures supp (selon le cas), il obtient -plus ou moins- le revenu qu'il aurait eu en travaillant dans une autre administration -inspecteur des finances par ex. C'est donc intéressant si c'est ce qu'on cherche en priorité et/ou si on peut se le permettre (grâce à un conjoint aisé, parce qu'on vit dans un endroit pas cher ou qu'on est peu dépensier..), car sinon mieux vaut viser directement le poste qui paye correctement et qui permet même parfois d'évoluer professionnellement, vu les efforts que réclame un concours de ce niveau.

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par User26836 le Sam 15 Déc 2018 - 10:36
@Leclochard Tout à fait !
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Est-ce que ça vaut toujours le coup d'être enseignant aujourd'hui ? - Page 11 Empty Re: Est-ce que ça vaut toujours le coup d'être enseignant aujourd'hui ?

par Balthazaard le Sam 15 Déc 2018 - 10:50
@Leclochard a écrit:
Lisak35 a écrit:
@Leclochard a écrit:
@Niht a écrit:Pour répondre à la question posée par ce sujet :
- Professeur, mon salaire avant de quitter l'EN : 2200 €/mois
- Cadre A à indice équivalent dans ma nouvelle administration : 3500 €/mois
Voilà.

Le problème, c'est que les enseignants ne le savent pas. Ils se comparent entre eux: ainsi, l'agrégé se trouve pas trop mal payé et le certifié mal payé. La vérité, c'est que le premier est mal payé et le second terriblement sous-payé.
Exactement ! C'est pour cela qu'après avoir envisagé l'agrégation quelque temps (que je ne pense de toutes les façons être capable d'obtenir), je pense plutôt à me reconvertir dans une toute autre administration (je ne sais pas quel concours, ni si je suis également en mesure de l'obtenir -j'ai le temps d'y penser car je débute dans la profession), car financièrement, je ne vois aucun intérêt à l'agrégation, et même si on fait moins d'heures c'est quand même plus ou moins le même métier (on peut être agrégé et en collège rep +)...
Bref oui ce boulot vaut le coup si on le compare à équipier Mac Do, vendeur, caissier, manutentionnaire, etc. En aucun cas si on compare avec des personnes de notre âge à diplôme et expérience équivalents, voire dans la simple fonction publique.

En quelque sorte, l'agrégé est payé en temps libre. S'il fait trois, quatre ou cinq heures supp (selon le cas), il obtient -plus ou moins- le revenu qu'il aurait eu en travaillant dans une autre administration -inspecteur des finances par ex. C'est donc intéressant si c'est ce qu'on cherche en priorité et/ou si on peut se le permettre (grâce à un conjoint aisé, parce qu'on vit dans un endroit pas cher ou qu'on est peu dépensier..), car sinon mieux vaut viser directement le poste qui paye correctement et qui permet même parfois d'évoluer professionnellement, vu les efforts que réclame un concours de ce niveau.

C'est exactement comme cela que je vois les choses...et je dis aux "petits jeunes"(affectueusement) ici que jusqu'à 45 ans je préférais peut-être le salaire mais que maintenant, je ne dis pas que "j'apprécie" mais que le temps libre (de repos) est "vital" (au vrai sens du terme) pour moi.
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