Partagez
Voir le sujet précédentAller en basVoir le sujet suivant
Shere Khan
Niveau 10

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Shere Khan le Jeu 13 Déc 2018 - 20:41
Up !
fifi51
fifi51
Fidèle du forum

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par fifi51 le Jeu 13 Déc 2018 - 20:57
@JayKew a écrit:
@ZeSandman a écrit:
Enfin ça passe mieux depuis que je sais que derrière autant de haine se cache en fait aussi une demande d'amour.

Tu m’as ôté les mots de la bouche! Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 558662839

Le dessin du Canard est excellent.

Semi spoiler il n'y a pas le dessin

Spoiler:
Et si je t'aime ,prends garde à toi !




_________________
Oui, j'ai un clavier Fisher Price pour l'instant !
avatar
Cath
Bon génie

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Cath le Jeu 13 Déc 2018 - 21:04
@egomet a écrit:Pendant ce temps au Québec:


https://www.lapresse.ca/debats/chroniques/patrick-lagace/201812/11/01-5207617-cssmi-jouer-sur-les-mots.php?fbclid=IwAR2HqPMRZV0X9vfcVB9nSPeoo-0TOl_R-V0aNURS3-fiLjd3cPzJ2DA7tWE

La Presse a écrit:
Patrick Lagacé
La Presse

Mme Dufault est cette enseignante qui a raconté les difficultés de son métier dans les médias, le 25 octobre dernier. J'ai chroniqué sur les conséquences pour elle de cette prise de parole, hier matin.
Le communiqué publié après coup pour justifier le congédiement à venir est intitulé « La libre expression n'est pas un motif de congédiement à la CSSMI » et j'en cite un extrait : « Selon le chroniqueur (Patrick Lagacé), le congédiement de Mme Dufault est directement relié au fait que celle-ci a parlé de ses conditions de travail dans les médias. Cette affirmation est fausse. »
Pour affirmer que le congédiement de Mme Dufault est relié au fait que celle-ci a parlé de ses conditions de travail dans les médias, je me suis basé sur quoi, pensez-vous ?

Je me suis uniquement basé sur la lettre que la CSSMI a envoyée à Mme Dufault, le 6 décembre dernier pour lui signifier son congédiement à venir.


Bon, cette affaire ne change pas grand-chose pour l'intéressée qui de toute façon était en train de démissionner. Mais elle en dit long sur les limites de la liberté d'expression.

Cet exemple est effrayant.
Rendash
Rendash
Enchanteur

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Rendash le Jeu 13 Déc 2018 - 21:13
Super.

Ha, y'a pas à dire, ça valait vraiment le coup de voter Macron pour se taper le programme de Fillon, le ministre de Fillon, et le mépris de Vallaud-Belkacem sans le sourire.

M'enfin, si les agents de l'Education Nationale peuvent être condamnés pour "propos gravement mensongers", l'avantage, c'est qu'il y a un paquets d'infâmes ministricules (les douze, quinze derniers ? Depuis, quoi, Monory ?) qui pourraient, enfin, se retrouver derrière les barreaux.

_________________
Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 1498064902



"Ce serait un bien bel homme s’il n’était pas laid ; il est grand, bâti en Hercule, mais a un teint africain ; des yeux vifs, pleins d’esprit à la vérité, mais qui annoncent toujours la susceptibilité, l’inquiétude ou la rancune, lui donnent un peu l’air féroce, plus facile à être mis en colère qu’en gaieté. Il rit peu, mais il fait rire. [...] Il est sensible et reconnaissant ; mais pour peu qu’on lui déplaise, il est méchant, hargneux et détestable."
Ajonc35
Ajonc35
Niveau 10

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Ajonc35 le Jeu 13 Déc 2018 - 21:36
Les gendarmes n'ont pas le droit de manifester. Ils envoient leurs épouses ou compagnes. Que se passera-t-il si M Ajonc exprime sur les réseaux, forums ou autres le malaise qu'il voit chez moi au quotidien et pas que chez moi, un coup d'oeil sur mes copies et il est capable de comprendre et s'exprimer tout seul sur ce qu'il voit, non?
Et encore une loi pour rien. L'AN en a plein les archives Et la crise sociale messieurs et mesdames, tout le monde s'en moque à l'AN! Vous avez des dossiers bien plus sensibles et des lois à copier, pardon à voter.
avatar
René Chiche
Niveau 4

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par René Chiche le Lun 17 Déc 2018 - 22:30
@Celadon a écrit:
L'objectif c'est de verrouiller. Les relais officiels, ce sont les syndicats. J'espère qu'ils vont monter au créneau.

Déjà nous.

https://drive.google.com/file/d/1Xn5CNZ5NfMW6yPPjMQVQYJOGCEwaR1Hc/view?usp=sharing
Sibylle
Sibylle
Neoprof expérimenté

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Sibylle le Jeu 20 Déc 2018 - 0:44
Babarette
Babarette
Grand Maître

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Babarette le Jeu 20 Déc 2018 - 11:18
Que je sache, la diffamation est déjà interdite. A quoi sert donc cette loi à la noix?

_________________
“Google peut vous donner 100 000 réponses, un bibliothécaire vous donne la bonne.” Neil Gaiman.

elephantrose lecteur
Thalia de G
Thalia de G
Médiateur

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Thalia de G le Ven 25 Jan 2019 - 9:27
Du nouveau

Le Café pédagogique a écrit:Blanquer prêt à réécrire l'article 1
Le ministre était bien sur attendu sur l'article 1. Le 12 décembre le Café pédagogique a révélé que cet article ambitionne de museler l'expression des enseignants sur les réseaux sociaux. "Il serait important d'apporter des précisions", demande la députée socialiste G Pau-Langevin. Caroline Fiat (LFI) évoque "l'ironie des enseignants" devant le mot confiance inscrit dans cet article.

JM Blanquer explique que l'étude d'impact de la loi, fournie par ses services, a trahi ses intentions. "Je suis prêt à revenir (sur cet article) pour éviter un malentendu", affirme le ministre. "Il est très important d'avoir dans cet article l'affirmation de l'importance de la confiance".

Devant l'émoi suscité par cet article 1 auquel il est fait référence ici http://www.neoprofs.org/t121354-projet-de-loi-la-liberte-d-expression-des-enseignants-bientot-restreinte-sur-les-reseaux-sociaux#4597350, le ministre semble prêt à arrondir les angles.




_________________
Le printemps a le parfum poignant de la nostalgie, et l'été un goût de cendres.
Soleil noir de mes mélancolies.
Fenrir
Fenrir
Habitué du forum

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Fenrir le Ven 25 Jan 2019 - 9:47
Mais il n'y a pas d'angles à arrondir.

Cet article inique n'a pas à exister.

_________________
À quoi bon mettre son pédigrée, on est partis pour 40 ans
Celadon
Celadon
Demi-dieu

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Celadon le Ven 25 Jan 2019 - 11:09
@Babarette a écrit:Que je sache, la diffamation est déjà interdite. A quoi sert donc cette loi à la noix?
A impressionner ? menacer ?
egomet
egomet
Doyen

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par egomet le Ven 25 Jan 2019 - 11:50
@Celadon a écrit:
@Babarette a écrit:Que je sache, la diffamation est déjà interdite. A quoi sert donc cette loi à la noix?
A impressionner ? menacer ?

Hmm. Je ne suis pas expert, mais il y a des limites à la diffamation. Il est reconnu par exemple qu'une personnalité publique s'expose à la critique, y compris à des critiques mal informées, tandis qu'un inconnu peut facilement avancer la défense de sa vie privée. Ainsi une star du show-biz pourra plus difficilement accuser un journal qui expose une prétendue liaison extra-conjugale, si elle a donné par le passé l'exemple d'une conduite légère et s'est montrée publiquement aux côtés de l'amant supposé.

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32079


La personne mise en cause peut aussi arguer de sa bonne foi. La bonne foi suppose le cumul de 4 critères :

-La prudence et la mesure dans l'expression, sans exagération dans le propos
-L'absence de conflit personnel avec la victime
-La présence d'un but légitime : informer sur un scandale sanitaire, par exemple
- Le sérieux de l'enquête, distinct de la vérité des propos. Les accusations de l'auteur des propos, qu'il soit journaliste ou non, doivent êtres basées sur des faits solides, même s'il s'est trompé au final. Il doit prouver qu'il n'a pas lancé ces accusations au hasard ou menti délibérément.

Une institution comme l'Education Nationale est naturellement sous le feu de la critique. La critiquer entre dans le cadre de la liberté d'expression et du droit d'informer le public, comme pour toute activité à caractère politique.
Les professeurs eux-mêmes sont, dans le cadre de leur classe, des personnalités publiques. Il faudrait voir la jurisprudence pour vérifier mes interprétations, mais ce qu'un professeur fait dans le cadre professionnel peut à priori être critiqué. Informer les familles sur l'incompétence d'un professeur relève a priori d'un but légitime, même si on peut trouver méprisable le procédé qui consiste à parler dans son dos. Signaler les disfonctionnements d'un établissement est de toute évidence une oeuvre utile.

Les lois sur la diffamation ne permettent pas d'exiger une loyauté sans faille. En matière de loi, de subtils changements dans les définitions peuvent avoir des conséquences sérieuses. Le diable est dans les détails.

_________________
Primum non nocere.
Sapientia vero ubi invenitur et quis est locus intellegentiae? Non est in me, non est mecum.


Mes livres, mes poèmes, quelques réflexions pédagogiques assez terre-à-terre: http://egomet.sanqualis.com/
Halybel
Halybel
Niveau 9

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Halybel le Ven 25 Jan 2019 - 13:58
%%
@Rendash a écrit:Super.

Ha, y'a pas à dire, ça valait vraiment le coup de voter Macron pour se taper le programme de Fillon, le ministre de Fillon, et le mépris de Vallaud-Belkacem sans le sourire.

M'enfin, si les agents de l'Education Nationale peuvent être condamnés pour "propos gravement mensongers", l'avantage, c'est qu'il y a un paquets d'infâmes ministricules (les douze, quinze derniers ? Depuis, quoi, Monory ?) qui pourraient, enfin, se retrouver derrière les barreaux.

Du genre de Blanquer quand il dit "90% des profs sont derrière moi" Ou que "le salaire de Janvier a augmenté". Il va en prendre pas mal des condamnations lui.

_________________
Je soigne ma dyslexie pardon si elle ressort trop parfois.

On ne fait pas bouger les choses en dressant seulement des constats.
Subir ou agir, la vie est une question de choix.
Celadon
Celadon
Demi-dieu

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Celadon le Ven 25 Jan 2019 - 17:21
Question : le ministre est-il un "agent de l'EN" ?
Jacq
Jacq
Grand Maître

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Jacq le Sam 26 Jan 2019 - 11:35
Ma loyauté, mon dévouement, je les dois totalement à mes élèves.
En conséquence, ma loyauté et mon dévouement ne peuvent en aucun cas être en direction d'un ministre qui ment comme un arracheur de dents à chacune de ses interventions, qui ruine la formation de mes élèves, détruit leur capacité d'orientation ou d'insertion professionnelle. Ma défiance ne peut qu'aller contre ce ministre (pas le seul, mais le pire de tous sans doute), contre sa hiérarchie, contre tous ces assis qui polluent l'Education nationale du fond de leurs petits fauteuils confortables du rectorat au ministère. Ma défiance ne peut qu'aller contre des inspecteurs muselés qui comme des petits chiens sont obligés de remuer de la queue dans un sens sous un ministre puis dans un autre sous un autre ministre, quitte à défendre des  positions inverses à chaque réforme. Quelle loyauté pour un recteur qui n'est que  le rouage temporaire d'un pouvoir politique qui le nomme, qui n'est pas au service de ses élèves ou de ses personnels mais au service du pouvoir et de sa petite personne ? Où est la loyauté de ces gens là ? Ce n'est pas de la loyauté, c'est de la servilité honteuse, de la flagornerie méprisable au plus au point !
Nous nous faisons notre travail, ces hypocrites, eux, ils font carrière ! Le ministre en est le parfait exemple !
Loyauté, la question va se poser bientôt pour les portes ouvertes de mon établissement. A qui doit aller ma loyauté  ? Je vais devoir expliquer (comme le pense sans doute notre ministre) aux parents que c'est merveilleux et que grâce à la réforme professionnelle toutes les chances seront données à leurs enfants pour qu'ils réussissent mieux  ? Ah, ça c'est de la loyauté envers le ministre et le ministère. Sauf que tout cela ne serait que mensonges. Or mon métier ne m'oblige pas à mentir, à répéter les éléments de langage des communicants de l'EN  et à faire la propagande pour un pouvoir politique mensonger. Il faudrait que j'explique à de futurs élèves de CAP qu'ils seront mieux préparés à l'avenir avec 1.5h de français-histoire-géographie à l'avenir qu'avec en moyenne 4h actuellement ? Qui peut m'obliger à mentir ?  Qui peut m'obliger à dire que les élèves de terminale professionnelle seront mieux disposés à réussir en BTS car le ministère gaspille une heure élève en orientation par semaine (heure totalement inutile, le problème ne venant pas de là) pour prétendre dans les média préparer à l'orientation alors que dans le même temps les élèves de terminale pro auront 2h de français-histoire-géo-EMC au lieu de 4.5h actuellement ?
Si le ministre fait et raconte n'importe quoi, rien ne m'oblige à relayer ses mensonges, à mentir à sa place et à lui cirer les pompes.
Tout m'oblige à dire la vérité aux parents par contre. Ca c'est mon devoir de fonctionnaire et d'agent responsable non pas d'un Etat temporaire mais de l'éducation de nos élèves.
A ces gens-là je ne dois rien, aucune loyauté, aucun respect car ils ne  le  méritent pas.


Dernière édition par Jacq le Sam 26 Jan 2019 - 11:52, édité 4 fois
Babarette
Babarette
Grand Maître

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Babarette le Sam 26 Jan 2019 - 11:42
Bien d'accord avec Jacq.

_________________
“Google peut vous donner 100 000 réponses, un bibliothécaire vous donne la bonne.” Neil Gaiman.

elephantrose lecteur
Hervé Hervé
Hervé Hervé
Fidèle du forum

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Hervé Hervé le Sam 26 Jan 2019 - 12:17
Une interview de JR Girard (SNALC) et de Évelyne Bechtold-Rognon (FSU) dans L'Humanité:

JR GIrard a écrit:
flou, malsain et dangereux

Jean-Rémi Girard

Président du Snalc, professeur de français en lycée à Asnières-sur-Seine


Le « devoir de réserve » est une formule qu’on utilise beaucoup, et n’importe comment. Si l’on comprend à quoi le concept peut servir chez les hauts fonctionnaires dans des cas très particuliers, on ne voit pas très bien ce que les enseignants viennent faire dans cette histoire.

Tout part du projet de loi sur « l’école de la confiance », dont un article a priori anodin se retrouve au centre de toutes les attentions. Dans l’article 1er, il est question de l’« engagement » et de l’« exemplarité » des personnels de la communauté éducative. Simple blabla introductif ? Pas selon l’étude d’impact, qui indique que ces dispositions pourront être invoquées lors d’« affaires disciplinaires », y compris concernant des propos « gravement mensongers » sur l’institution scolaire. La référence mentionnée (un arrêt de Conseil d’État) n’a pourtant rien à voir, puisqu’il s’agit d’une affaire de pédophilie, sans commune mesure avec le fait de s’exprimer publiquement sur le système éducatif. C’est dans ce contexte plutôt malsain que le fameux devoir de réserve a fait un retour remarqué. Le problème du devoir de réserve, c’est que c’est une construction jurisprudentielle. La loi elle-même ne le mentionne pas, et n’en indique donc pas les limites.

C’est la porte ouverte à toutes les dérives. Ce n’est en effet pas tant ce qui se passe devant les tribunaux qui pose question, mais bien ce qui se passe dans l’administration ou encore dans la formation des collègues. Personne ne sachant très bien où placer la frontière entre liberté d’expression et réserve du fonctionnaire, beaucoup la situent n’importe où. Et c’est ainsi que des recommandations, des incitations, voire des interdictions sont formulées… sur du vent. C’est magique, le devoir de réserve, et ça peut servir à tout.

Pour le Snalc (1), il convient déjà de retirer l’article 1er du projet de loi. Nous l’avons clairement dit au ministre comme aux rapporteurs du texte : cet article est source de défiance. D’autant qu’il ne s’applique qu’à la seule Éducation nationale : les autres fonctionnaires sont-ils présupposés plus fiables, plus engagés et plus « exemplaires » ?

Mais, au-delà, c’est toute la question du devoir de réserve qu’il convient de mettre sur la table. Il n’est plus possible qu’un concept aussi mal maîtrisé et mal compris serve de réponse-réflexe pour remettre à sa place quelqu’un qui l’ouvrirait. Le Snalc conçoit que la fonction publique, ce n’est pas rien, et qu’être investi d’une parcelle de l’autorité de l’État, c’est une sacrée responsabilité. Toutefois, cela doit se limiter à l’exercice réel de notre fonction, et ne peut venir empiéter sur notre liberté d’expression en dehors. Un collègue critique ouvertement la politique de tel ou telle ministre ? Si la critique est injurieuse ou diffamatoire, il y a des lois pour ça. Si elle ne l’est pas, alors il a le droit de le faire, point barre.

Le mouvement #PasDeVague l’a montré : ce dont souffre l’Éducation nationale, ce n’est pas que les collègues l’ouvrent trop. C’est qu’ils ne l’ouvrent pas assez. Nous n’avons pas besoin d’un « devoir de réserve » ; nous avons en revanche cruellement besoin d’un réel droit de parole. C’est tout notre système éducatif qui en sortira gagnant.

E. Bechtold-Rognon a écrit:
une légende urbaine

Évelyne Bechtold-Rognon

Professeure de philosophie, présidente de l’Institut de recherches de la FSU

Le Figaro du 15 décembre 2018 titre : « Jean-Michel Blanquer rappelle aux enseignants leur devoir de réserve ». Et pourtant, le devoir de réserve n’existe pas ! Comme l’écrit Anicet Le Pors, « L’obligation de réserve ne figure pas dans le statut général ».

Contre une conception féodale d’un fonctionnaire-sujet, voué à obéir aveuglément, le statut de 1983 affirme avec limpidité dès l’article 6 : « La liberté d’opinion est garantie aux fonctionnaires. »

Cet introuvable devoir de réserve est souvent confondu avec deux principes bien différents : la discrétion et la neutralité. Or, l’article 26, qui traite du secret professionnel et de l’obligation de discrétion, vise exclusivement les informations dont les agent.e.s ont connaissance dans l’exercice de leurs fonctions. L’obligation de neutralité, quant à elle, interdit au fonctionnaire de faire du prosélytisme dans l’exercice de sa fonction.

Comme le précise l’article 28, le fonctionnaire doit rendre compte de l’accomplissement de sa tâche et exercer son jugement pour vérifier que les ordres qui lui sont donnés ne sont pas contraires au bien commun : « Tout fonctionnaire est responsable des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public. »

Le droit est donc clair : le fonctionnaire n’est pas un robot décérébré qui appliquerait lois et décrets sans réflexion ni réaction. Mais Jean-Michel Blanquer peine à l’admettre. L’article 1er du projet de loi cocassement intitulé « Pour une école de la confiance » demande d’insérer dans le Code de l’éducation ceci : « Par leur engagement et leur exemplarité, les personnels de la communauté éducative contribuent à l’établissement du lien de confiance qui doit unir les élèves et leur famille au service public de l’éducation. » Sous cette formulation anodine se cache une arme de guerre contre la liberté d’expression. L’étude d’impact du projet de loi fourni aux parlementaires précise : « Il en ira par exemple ainsi lorsque des personnels de la communauté éducative chercheront à dénigrer auprès du public par des propos gravement mensongers ou diffamatoires leurs collègues et de manière générale l’institution scolaire. » Cet article provoque une vive réaction, et une pétition vient d’être lancée pour s’y opposer (https ://liberte-expression. fsu.fr/).

Ce gouvernement a clairement un problème avec la liberté, et confond accomplissement responsable d’une mission et obéissance aveugle. Pourtant, sans liberté, pas d’éducation. L’enseignant.e est le concepteur de son métier et peut grâce à sa formation choisir les gestes professionnels pertinents en fonction de ses élèves.

L’enseignement est un métier de chair et de sang, d’esprit et de cœur. Croire qu’enseigner, aujourd’hui, c’est parler devant des élèves qui écoutent, c’est méconnaître gravement la réalité d’un métier où l’attention se conquiert. La relation éducative est une relation humaine incarnée, et les élèves interrogent leur professeur.e sur sa vie et ses convictions. Chacun.e répond alors avec mesure, sans fuir ni chercher à endoctriner. Dire qu’on a des enfants n’est pas du prosélytisme nataliste, dire qu’on a une responsabilité syndicale n’est pas de la propagande. Si la confiance a un sens, c’est celui-là : se fier à la capacité de discernement des jeunes et au respect viscéral de la liberté des élèves qui meut les enseignant.e.s.

Sources: dhttps://www.humanite.fr/obligation-de-neutralite-et-liberte-dexpression-devoir-de-reserve-pour-les-enseignants-une-nouvelle

_________________
« Et je demande aux économistes politiques, aux moralistes, s’ils ont déjà calculé le nombre d’individus qu’il est nécessaire de condamner à la misère, à un travail disproportionné, au découragement, à l’infantilisation, à une ignorance crapuleuse, à une détresse invincible, à la pénurie absolue, pour produire un riche ? » (Almeida Garrett cité parJosé Saramago).
Ajonc35
Ajonc35
Niveau 10

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Ajonc35 le Sam 26 Jan 2019 - 12:23
@Jacq a écrit:Ma loyauté, mon dévouement, je les dois totalement à mes élèves.
En conséquence, ma loyauté et mon dévouement ne peuvent en aucun cas être en direction d'un ministre qui ment comme un arracheur de dents à chacune de ses interventions, qui ruine la formation de mes élèves, détruit leur capacité d'orientation ou d'insertion professionnelle. Ma défiance ne peut qu'aller contre ce ministre (pas le seul, mais le pire de tous sans doute), contre sa hiérarchie, contre tous ces assis qui polluent l'Education nationale du fond de leurs petits fauteuils confortables du rectorat au ministère. Ma défiance ne peut qu'aller contre des inspecteurs muselés qui comme des petits chiens sont obligés de remuer de la queue dans un sens sous un ministre puis dans un autre sous un autre ministre, quitte à défendre des  positions inverses à chaque réforme. Quelle loyauté pour un recteur qui n'est que  le rouage temporaire d'un pouvoir politique qui le nomme, qui n'est pas au service de ses élèves ou de ses personnels mais au service du pouvoir et de sa petite personne ? Où est la loyauté de ces gens là ? Ce n'est pas de la loyauté, c'est de la servilité honteuse, de la flagornerie méprisable au plus au point !
Nous nous faisons notre travail, ces hypocrites, eux, ils font carrière ! Le ministre en est le parfait exemple !
Loyauté, la question va se poser bientôt pour les portes ouvertes de mon établissement. A qui doit aller ma loyauté  ? Je vais devoir expliquer (comme le pense sans doute notre ministre) aux parents que c'est merveilleux et que grâce à la réforme professionnelle toutes les chances seront données à leurs enfants pour qu'ils réussissent mieux  ? Ah, ça c'est de la loyauté envers le ministre et le ministère. Sauf que tout cela ne serait que mensonges. Or mon métier ne m'oblige pas à mentir, à répéter les éléments de langage des communicants de l'EN  et à faire la propagande pour un pouvoir politique mensonger. Il faudrait que j'explique à de futurs élèves de CAP qu'ils seront mieux préparés à l'avenir avec 1.5h de français-histoire-géographie à l'avenir qu'avec en moyenne 4h actuellement ? Qui peut m'obliger à mentir ?  Qui peut m'obliger à dire que les élèves de terminale professionnelle seront mieux disposés à réussir en BTS car le ministère gaspille une heure élève en orientation par semaine (heure totalement inutile, le problème ne venant pas de là) pour prétendre dans les média préparer à l'orientation alors que dans le même temps les élèves de terminale pro auront 2h de français-histoire-géo-EMC au lieu de 4.5h actuellement ?
Si le ministre fait et raconte n'importe quoi, rien ne m'oblige à relayer ses mensonges, à mentir à sa place et à lui cirer les pompes.
Tout m'oblige à dire la vérité aux parents par contre. Ca c'est mon devoir de fonctionnaire et d'agent responsable non pas d'un Etat temporaire mais de l'éducation de nos élèves.
A ces gens-là je ne dois rien, aucune loyauté, aucun respect car ils ne  le  méritent pas.
Je suis encore d'accord avec toi du début à  la fin de ton post.
Oui j'ai du mal lors des portes ouvertes. Sans mentir, j'élude. En tant que prof d'hg je fais le parallèle avec les formations du lycée général,  j'informe. Les familles posent des questions, je n'elude rien, mais je ne  me flagelle pas non plus, car les familles qui viennent dans notre lycée sont à la recherche de réponse pour un jeune qui, n'importe comment, pour la plupart, n'iront pas en lycée général. Et que dire pour les cap, je n'y vais plus mais j'entends mes collègues. Ils ont besoin d'enormement de repères alors la co- intervention, ce sera comme si en cuisine, on mets tous les ingrédients en même temps et à la fin on ne sait même pas ce qu'on mange, une bouillie indigeste.
Mais j'ai , un peu, écouter Édouard  Philippe hier : nous avons un enseignement de qualité, grâce aux dédoublements de cp nous sommes dans la bonne voie. Et hop, la poussière sous le tapis. On communique, on communique et les médias reprennent en choeur. Pas de vague.


Dernière édition par Ajonc35 le Sam 26 Jan 2019 - 12:26, édité 1 fois
Jacq
Jacq
Grand Maître

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Jacq le Sam 26 Jan 2019 - 12:23
@Hervé Hervé a écrit:Une interview de JR Girard (SNALC) et de Évelyne Bechtold-Rognon (FSU) dans L'Humanité:
[...]
E. Bechtold-Rognon a écrit:
[...]
Comme le précise l’article 28, le fonctionnaire doit rendre compte de l’accomplissement de sa tâche et exercer son jugement pour vérifier que les ordres qui lui sont donnés ne sont pas contraires au bien commun : « Tout fonctionnaire est responsable des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public. »

Le droit est donc clair : le fonctionnaire n’est pas un robot décérébré qui appliquerait lois et décrets sans réflexion ni réaction.  [...]

Sources: dhttps://www.humanite.fr/obligation-de-neutralite-et-liberte-dexpression-devoir-de-reserve-pour-les-enseignants-une-nouvelle

+1000
Celadon
Celadon
Demi-dieu

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Celadon le Sam 26 Jan 2019 - 12:26
Parfait. Ils vont le retirer, l'article ?
Jacq
Jacq
Grand Maître

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Jacq le Sam 26 Jan 2019 - 12:32
@Ajonc35 a écrit:
@Jacq a écrit: [...]
Loyauté, la question va se poser bientôt pour les portes ouvertes de mon établissement. A qui doit aller ma loyauté  ? Je vais devoir expliquer (comme le pense sans doute notre ministre) aux parents que c'est merveilleux et que grâce à la réforme professionnelle toutes les chances seront données à leurs enfants pour qu'ils réussissent mieux  ? Ah, ça c'est de la loyauté envers le ministre et le ministère. Sauf que tout cela ne serait que mensonges. Or mon métier ne m'oblige pas à mentir, à répéter les éléments de langage des communicants de l'EN  et à faire la propagande pour un pouvoir politique mensonger. Il faudrait que j'explique à de futurs élèves de CAP qu'ils seront mieux préparés à l'avenir avec 1.5h de français-histoire-géographie à l'avenir qu'avec en moyenne 4h actuellement ? Qui peut m'obliger à mentir ?  Qui peut m'obliger à dire que les élèves de terminale professionnelle seront mieux disposés à réussir en BTS car le ministère gaspille une heure élève en orientation par semaine (heure totalement inutile, le problème ne venant pas de là) pour prétendre dans les média préparer à l'orientation alors que dans le même temps les élèves de terminale pro auront 2h de français-histoire-géo-EMC au lieu de 4.5h actuellement ?
Si le ministre fait et raconte n'importe quoi, rien ne m'oblige à relayer ses mensonges, à mentir à sa place et à lui cirer les pompes.
Tout m'oblige à dire la vérité aux parents par contre. Ca c'est mon devoir de fonctionnaire et d'agent responsable non pas d'un Etat temporaire mais de l'éducation de nos élèves.
A ces gens-là je ne dois rien, aucune loyauté, aucun respect car ils ne  le  méritent pas.
Je suis encore d'accord avec toi du début à  la fin de ton post.
Oui j'ai du mal lors des portes ouvertes. Sans mentir, j'élude. En tant que prof d'hg je fais le parallèle avec les formations du lycée général,  j'informe. Les familles posent des questions, je n'elude rien, mais je ne  me flagelle pas non plus, car les familles qui viennent dans notre lycée sont à la recherche de réponse pour un jeune qui, n'importe comment, pour la plupart, n'iront pas en lycée général. Et que dire pour les cap, je n'y vais plus mais j'entends mes collègues. Ils ont besoin d'enormement de repères alors la co- intervention, ce sera comme si en cuisine, on mets tous les ingrédients en même temps et à la fin on ne sait même pas ce qu'on mange, une bouillie indigeste.
Mais j'ai , un peu, écouté Édouard  Philippe hier : nous avons un enseignement de qualité, grâce aux dédoublements de cp nous sommes dans la bonne voie. Et hop, la poussière sous le tapis. On communique, on communique et les médias reprennent en choeur. Pas de vague.

En portes ouvertes nous présentons les sections, les horaires, le contenu des enseignements. Si j'entends mes collègues parler de co-animation, de trois  heures totalement gaspillées pour un "chef d'oeuvre", d'une heure d'orientation totalement inutile pour favoriser la poursuite d'études,  d'une heure de renforcement POUR TOUS (ce qui veut dire en classe entière), désolé, mais je ne peux pas laisser passer une telle propagande mensongère.
Ca va clairement être R'n'Roll.
Là encore, je ne dois aucune loyauté envers le ministère et ses réformes, par contre envers mes élèves, oui, et envers mon établissement (c'est là que je me pose des questions car l'intérêt est de servir les élèves, pas de les dégouter ; et je ne veux pas faire du tort à l'établissement, mais je ne peux ni mentir ni me taire).


Dernière édition par Jacq le Sam 26 Jan 2019 - 12:35, édité 1 fois
Jacq
Jacq
Grand Maître

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Jacq le Sam 26 Jan 2019 - 12:34
@Ajonc35 a écrit: [...]
Mais j'ai , un peu, écouté Édouard  Philippe hier : nous avons un enseignement de qualité, grâce aux dédoublements de cp nous sommes dans la bonne voie. Et hop, la poussière sous le tapis. On communique, on communique et les médias reprennent en choeur. Pas de vague.

Une fois de plus, qui ment ? Les ministres et toute leur administration servile !
Ajonc35
Ajonc35
Niveau 10

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Ajonc35 le Sam 26 Jan 2019 - 12:59
@Jacq a écrit:
@Ajonc35 a écrit:
@Jacq a écrit: [...]
Loyauté, la question va se poser bientôt pour les portes ouvertes de mon établissement. A qui doit aller ma loyauté  ? Je vais devoir expliquer (comme le pense sans doute notre ministre) aux parents que c'est merveilleux et que grâce à la réforme professionnelle toutes les chances seront données à leurs enfants pour qu'ils réussissent mieux  ? Ah, ça c'est de la loyauté envers le ministre et le ministère. Sauf que tout cela ne serait que mensonges. Or mon métier ne m'oblige pas à mentir, à répéter les éléments de langage des communicants de l'EN  et à faire la propagande pour un pouvoir politique mensonger. Il faudrait que j'explique à de futurs élèves de CAP qu'ils seront mieux préparés à l'avenir avec 1.5h de français-histoire-géographie à l'avenir qu'avec en moyenne 4h actuellement ? Qui peut m'obliger à mentir ?  Qui peut m'obliger à dire que les élèves de terminale professionnelle seront mieux disposés à réussir en BTS car le ministère gaspille une heure élève en orientation par semaine (heure totalement inutile, le problème ne venant pas de là) pour prétendre dans les média préparer à l'orientation alors que dans le même temps les élèves de terminale pro auront 2h de français-histoire-géo-EMC au lieu de 4.5h actuellement ?
Si le ministre fait et raconte n'importe quoi, rien ne m'oblige à relayer ses mensonges, à mentir à sa place et à lui cirer les pompes.
Tout m'oblige à dire la vérité aux parents par contre. Ca c'est mon devoir de fonctionnaire et d'agent responsable non pas d'un Etat temporaire mais de l'éducation de nos élèves.
A ces gens-là je ne dois rien, aucune loyauté, aucun respect car ils ne  le  méritent pas.
Je suis encore d'accord avec toi du début à  la fin de ton post.
Oui j'ai du mal lors des portes ouvertes. Sans mentir, j'élude. En tant que prof d'hg je fais le parallèle avec les formations du lycée général,  j'informe. Les familles posent des questions, je n'elude rien, mais je ne  me flagelle pas non plus, car les familles qui viennent dans notre lycée sont à la recherche de réponse pour un jeune qui, n'importe comment, pour la plupart, n'iront pas en lycée général. Et que dire pour les cap, je n'y vais plus mais j'entends mes collègues. Ils ont besoin d'enormement de repères alors la co- intervention, ce sera comme si en cuisine, on mets tous les ingrédients en même temps et à la fin on ne sait même pas ce qu'on mange, une bouillie indigeste.
Mais j'ai , un peu, écouté Édouard  Philippe hier : nous avons un enseignement de qualité, grâce aux dédoublements de cp nous sommes dans la bonne voie. Et hop, la poussière sous le tapis. On communique, on communique et les médias reprennent en choeur. Pas de vague.

En portes ouvertes nous présentons les sections, les horaires, le contenu des enseignements. Si j'entends mes collègues parler de co-animation, de trois  heures totalement gaspillées pour un "chef d'oeuvre", d'une heure d'orientation totalement inutile pour favoriser la poursuite d'études,  d'une heure de renforcement POUR TOUS (ce qui veut dire en classe entière), désolé, mais je ne peux pas laisser passer une telle propagande mensongère.
Ca va clairement être R'n'Roll.
Là encore, je ne dois aucune loyauté envers le ministère et ses réformes, par contre envers mes élèves, oui, et envers mon établissement (c'est là que je me pose des questions car l'intérêt est de servir les élèves, pas de les dégouter ; et je ne veux pas faire du tort à l'établissement, mais je ne peux ni mentir ni me taire).
Sous prétexte de nouveautés, beaucoup de gaspillages: d'énergie, d'heures pour les élèves, d'heures en réunion. Devons nous dire aussi que les heures d'ap en classe entière, c'est génial? Dans beaucoup de collèges, c'est une diminution des horaires pour les fondamentaux, pour les autres horaires l'AP est divisé par deux, et l'heure est attribuée au français ou au maths ou autre, mais chut!!
Et combien d'autres? Je pense qu'innover, c'est bien mais pas au détriment des fondamentaux, et surtout quand ils sont acquis. On est loin du compte, mais chut! Et mes jeunes collègues aiment bien!
Illiane
Illiane
Fidèle du forum

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Illiane le Sam 26 Jan 2019 - 13:12
@Jacq a écrit:
@Ajonc35 a écrit:
@Jacq a écrit: [...]
Loyauté, la question va se poser bientôt pour les portes ouvertes de mon établissement. A qui doit aller ma loyauté  ? Je vais devoir expliquer (comme le pense sans doute notre ministre) aux parents que c'est merveilleux et que grâce à la réforme professionnelle toutes les chances seront données à leurs enfants pour qu'ils réussissent mieux  ? Ah, ça c'est de la loyauté envers le ministre et le ministère. Sauf que tout cela ne serait que mensonges. Or mon métier ne m'oblige pas à mentir, à répéter les éléments de langage des communicants de l'EN  et à faire la propagande pour un pouvoir politique mensonger. Il faudrait que j'explique à de futurs élèves de CAP qu'ils seront mieux préparés à l'avenir avec 1.5h de français-histoire-géographie à l'avenir qu'avec en moyenne 4h actuellement ? Qui peut m'obliger à mentir ?  Qui peut m'obliger à dire que les élèves de terminale professionnelle seront mieux disposés à réussir en BTS car le ministère gaspille une heure élève en orientation par semaine (heure totalement inutile, le problème ne venant pas de là) pour prétendre dans les média préparer à l'orientation alors que dans le même temps les élèves de terminale pro auront 2h de français-histoire-géo-EMC au lieu de 4.5h actuellement ?
Si le ministre fait et raconte n'importe quoi, rien ne m'oblige à relayer ses mensonges, à mentir à sa place et à lui cirer les pompes.
Tout m'oblige à dire la vérité aux parents par contre. Ca c'est mon devoir de fonctionnaire et d'agent responsable non pas d'un Etat temporaire mais de l'éducation de nos élèves.
A ces gens-là je ne dois rien, aucune loyauté, aucun respect car ils ne  le  méritent pas.
Je suis encore d'accord avec toi du début à  la fin de ton post.
Oui j'ai du mal lors des portes ouvertes. Sans mentir, j'élude. En tant que prof d'hg je fais le parallèle avec les formations du lycée général,  j'informe. Les familles posent des questions, je n'elude rien, mais je ne  me flagelle pas non plus, car les familles qui viennent dans notre lycée sont à la recherche de réponse pour un jeune qui, n'importe comment, pour la plupart, n'iront pas en lycée général. Et que dire pour les cap, je n'y vais plus mais j'entends mes collègues. Ils ont besoin d'enormement de repères alors la co- intervention, ce sera comme si en cuisine, on mets tous les ingrédients en même temps et à la fin on ne sait même pas ce qu'on mange, une bouillie indigeste.
Mais j'ai , un peu, écouté Édouard  Philippe hier : nous avons un enseignement de qualité, grâce aux dédoublements de cp nous sommes dans la bonne voie. Et hop, la poussière sous le tapis. On communique, on communique et les médias reprennent en choeur. Pas de vague.

En portes ouvertes nous présentons les sections, les horaires, le contenu des enseignements. Si j'entends mes collègues parler de co-animation, de trois  heures totalement gaspillées pour un "chef d'oeuvre", d'une heure d'orientation totalement inutile pour favoriser la poursuite d'études,  d'une heure de renforcement POUR TOUS (ce qui veut dire en classe entière), désolé, mais je ne peux pas laisser passer une telle propagande mensongère.
Ca va clairement être R'n'Roll.
Là encore, je ne dois aucune loyauté envers le ministère et ses réformes, par contre envers mes élèves, oui, et envers mon établissement (c'est là que je me pose des questions car l'intérêt est de servir les élèves, pas de les dégouter ; et je ne veux pas faire du tort à l'établissement, mais je ne peux ni mentir ni me taire).

+1000 avec toi, Jacq. Lors de la réunion de présentation des spécialités, j'ai dit ce qu'il en était aux parents qui m'ont posé des questions (je n'ai donc pas abordé le sujet de moi-même et ne l'aurais pas fait si je n'avais pas été interrogée sur ces points-là) : l'un des premiers buts de cette réforme (certains collègues semblent s'aveugler sur la question et pensent apparemment qu'il s'agit vraiment de permettre une meilleure réussite dans le supérieur) est de faire des économies ; les DHG sont globalement en baisse alors qu'il y aura plus d'élèves ; il n'y aura pas forcément de dédoublements ou d'AP pour mieux préparer les élèves à ces nouvelles spécialités. Et si j'ai des problèmes, tant pis, mais quand des parents inquiets me posent des questions, je ne vais pas leur mentir, ma loyauté va effectivement à mes élèves et à leur réussite, pas à la réussite du plan d'économie du gouvernement.
avatar
Cath
Bon génie

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par Cath le Sam 26 Jan 2019 - 16:42
Je m'estime au service de l’État. Pas d'un gouvernement.
ar_angar
ar_angar
Niveau 9

Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ? - Page 2 Empty Re: Projet de loi : la liberté d'expression des enseignants bientôt restreinte sur les réseaux sociaux ?

par ar_angar le Sam 26 Jan 2019 - 17:03
Bon, si je comprends bien, cela veut dire qu'il ne nous restera plus qu'à donner des faits dans nos "communications" sans analyse et attendre qu'un planqué invoque cet article de loi pour lui demander où on "ment" et qu'il ne puisse que faire de la pub pour ce qu'il ne voulait pas voir en dehors du sérail. Parce que pour le coup, ça lui en fera, de la pub....


On m'a toujours dit que pour jouer au con, il faut être deux...
Voir le sujet précédentRevenir en hautVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum