Partagez
Voir le sujet précédentAller en basVoir le sujet suivant
egomet
egomet
Doyen

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par egomet le Jeu 13 Déc 2018 - 2:41
Au détour d'un projet de loi, si seulement on pouvait espérer un mieux dans les ESPE...

Assemblée Nationale a écrit:La formation initiale des professeurs du premier et du second degrés, portée au niveau master en 200958, est organisée depuis 201359 par les Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation, composantes universitaires, au sein de masters dédiés (mentions MEEF : Métiers de l’Enseignement, de l’Education et de la Formation).

Cette formation est régie par les dispositions applicables à tout diplôme de master précisées par l’arrêté du 22 janvier 2014 fixant le cadre national des formations conduisant à la délivrance des diplômes nationaux de licence, de licence professionnelle et de master et par un arrêté spécifique aux mentions MEEF en date du 27 août 2013 ainsi que par un arrêté spécifique aux « parcours adaptés » pour les fonctionnaires stagiaires dans des situations spécifiques (i.e. disposant déjà d’un master 2 ou issus du troisième concours, par exemple). L’arrêté du 27 août 2013 s’appuie sur le référentiel des compétences professionnelles des métiers du professorat et de l’éducation du 1er juillet 2013.  

Au terme de cinq années d’exercice, en dépit d’améliorations récentes, les analyses convergent pour constater que la formation dispensée en Ecole supérieure du professorat et de l’éducation n’adosse pas suffisamment ses formations à la recherche universitaire, est dispensée par des équipes qui ne sont pas assez plurielles (manque d’intégration des enseignants-chercheurs des autres composantes de l’université), et ne s’appuie pas suffisamment sur l’expérience des professeurs de terrain. Il en résulte que la formation dispensée en Ecole supérieure du professorat et de l’éducation ne répond pas suffisamment aux attentes du futur employeur des diplômés.

Donc mauvais en théorie et en pratique.  aai  

On s'en doutait un peu.

A part ça, que dire? Peut-on espérer une formation qui réponde aux attentes des futurs employés?

http://www.assemblee-nationale.fr/15/projets/pl1481-ei.asp


Dernière édition par egomet le Jeu 13 Déc 2018 - 6:50, édité 1 fois

_________________
Primum non nocere.
Sapientia vero ubi invenitur et quis est locus intellegentiae? Non est in me, non est mecum.


Mes livres, mes poèmes, quelques réflexions pédagogiques assez terre-à-terre: http://egomet.sanqualis.com/
JEMS
JEMS
Modérateur

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par JEMS le Jeu 13 Déc 2018 - 6:03
Les postes en ESPE sont "squattés" depuis fort longtemps et le CAFA en rebute plus d'un (moi y compris). La formation des formateurs est un formatage en règle.
Pour les postes de formateurs académiques "ponctuels" vive la cooptation. C'est désolant car il y a vraiment du travail à faire avec les MEEF, les T1 et les contractuels. Sur le terrain, il y a d'excellents professeurs qui sont prêts (mais là encore, il faut donner des moyens (décharges... lieux de formation décentralisés...).
Thalia de G
Thalia de G
Médiateur

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par Thalia de G le Jeu 13 Déc 2018 - 6:32
egomet, peux-tu éditer ton titre pour le préciser ? Merci d'avance.

_________________
Le printemps a le parfum poignant de la nostalgie, et l'été un goût de cendres.
Soleil noir de mes mélancolies.
piesco
piesco
Grand sage

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par piesco le Jeu 13 Déc 2018 - 6:41
@egomet a écrit:Au détour d'un projet de loi, si seulement on pouvait espérer un mieux dans les ESPE...

Assemblée Nationale a écrit:La formation initiale des professeurs du premier et du second degrés, portée au niveau master en 200958, est organisée depuis 201359 par les Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation, composantes universitaires, au sein de masters dédiés (mentions MEEF : Métiers de l’Enseignement, de l’Education et de la Formation).

Cette formation est régie par les dispositions applicables à tout diplôme de master précisées par l’arrêté du 22 janvier 2014 fixant le cadre national des formations conduisant à la délivrance des diplômes nationaux de licence, de licence professionnelle et de master et par un arrêté spécifique aux mentions MEEF en date du 27 août 2013 ainsi que par un arrêté spécifique aux « parcours adaptés » pour les fonctionnaires stagiaires dans des situations spécifiques (i.e. disposant déjà d’un master 2 ou issus du troisième concours, par exemple). L’arrêté du 27 août 2013 s’appuie sur le référentiel des compétences professionnelles des métiers du professorat et de l’éducation du 1er juillet 2013.  

Au terme de cinq années d’exercice, en dépit d’améliorations récentes, les analyses convergent pour constater que la formation dispensée en Ecole supérieure du professorat et de l’éducation n’adosse pas suffisamment ses formations à la recherche universitaire, est dispensée par des équipes qui ne sont pas assez plurielles (manque d’intégration des enseignants-chercheurs des autres composantes de l’université), et ne s’appuie pas suffisamment sur l’expérience des professeurs de terrain. Il en résulte que la formation dispensée en Ecole supérieure du professorat et de l’éducation ne répond pas suffisamment aux attentes du futur employeur des diplômés.

Donc mauvais en théorie et en pratique.  aai  

On s'en doutait un peu.

A part ça, que dire? Peut-on espérer une formation qui réponde aux attentes des futurs employés?

http://www.assemblee-nationale.fr/15/projets/pl1481-ei.asp


Pardon, mais Un bel aveu d'échec pour les ESPE 346737548
egomet
egomet
Doyen

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par egomet le Jeu 13 Déc 2018 - 6:50
@piesco a écrit:
@egomet a écrit:Au détour d'un projet de loi, si seulement on pouvait espérer un mieux dans les ESPE...

Assemblée Nationale a écrit:La formation initiale des professeurs du premier et du second degrés, portée au niveau master en 200958, est organisée depuis 201359 par les Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation, composantes universitaires, au sein de masters dédiés (mentions MEEF : Métiers de l’Enseignement, de l’Education et de la Formation).

Cette formation est régie par les dispositions applicables à tout diplôme de master précisées par l’arrêté du 22 janvier 2014 fixant le cadre national des formations conduisant à la délivrance des diplômes nationaux de licence, de licence professionnelle et de master et par un arrêté spécifique aux mentions MEEF en date du 27 août 2013 ainsi que par un arrêté spécifique aux « parcours adaptés » pour les fonctionnaires stagiaires dans des situations spécifiques (i.e. disposant déjà d’un master 2 ou issus du troisième concours, par exemple). L’arrêté du 27 août 2013 s’appuie sur le référentiel des compétences professionnelles des métiers du professorat et de l’éducation du 1er juillet 2013.  

Au terme de cinq années d’exercice, en dépit d’améliorations récentes, les analyses convergent pour constater que la formation dispensée en Ecole supérieure du professorat et de l’éducation n’adosse pas suffisamment ses formations à la recherche universitaire, est dispensée par des équipes qui ne sont pas assez plurielles (manque d’intégration des enseignants-chercheurs des autres composantes de l’université), et ne s’appuie pas suffisamment sur l’expérience des professeurs de terrain. Il en résulte que la formation dispensée en Ecole supérieure du professorat et de l’éducation ne répond pas suffisamment aux attentes du futur employeur des diplômés.

Donc mauvais en théorie et en pratique.  aai  

On s'en doutait un peu.

A part ça, que dire? Peut-on espérer une formation qui réponde aux attentes des futurs employés?

http://www.assemblee-nationale.fr/15/projets/pl1481-ei.asp


Pardon, mais Un bel aveu d'échec pour les ESPE 346737548

Razz
Juste les appels des notes de bas de page. Je n'ai pas fait attention en copiant le texte.


_________________
Primum non nocere.
Sapientia vero ubi invenitur et quis est locus intellegentiae? Non est in me, non est mecum.


Mes livres, mes poèmes, quelques réflexions pédagogiques assez terre-à-terre: http://egomet.sanqualis.com/
egomet
egomet
Doyen

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par egomet le Jeu 13 Déc 2018 - 6:55
@JEMS a écrit:Les postes en ESPE sont "squattés" depuis fort longtemps et le CAFA en rebute plus d'un (moi y compris). La formation des formateurs est un formatage en règle.
Pour les postes de formateurs académiques "ponctuels" vive la cooptation. C'est désolant car il y a vraiment du travail à faire avec les MEEF, les T1 et les contractuels. Sur le terrain, il y a d'excellents professeurs qui sont prêts (mais là encore, il faut donner des moyens (décharges... lieux de formation décentralisés...).

En effet, j'étais tombé sur un des premiers bilans, qui soulignait qu'une grosse majorité du volume d'enseignement était assuré par les anciens des IUFM et que ces derniers ne voyaient pas la différence. Ils considéraient les IUFM, si je me rappelle bien la formule, comme un "chantier inachevé".

Et ce, malgré les deux réformes qui ont perturbé la structure administrative et plusieurs années de décalage.
Bref, l'Education Nationale, championne du recyclage.

_________________
Primum non nocere.
Sapientia vero ubi invenitur et quis est locus intellegentiae? Non est in me, non est mecum.


Mes livres, mes poèmes, quelques réflexions pédagogiques assez terre-à-terre: http://egomet.sanqualis.com/
piesco
piesco
Grand sage

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par piesco le Jeu 13 Déc 2018 - 6:58
@egomet c'est mignon tout plein, je trouve.

Sinon, effectivement: un bel constat d'échec. Quand on pense à tous ceux qui ont essuyé les plâtres, cela fait froid dans le dos.
Poupoutch
Poupoutch
Expert

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par Poupoutch le Jeu 13 Déc 2018 - 8:39
C'est malheureusement sans doute le premier pas vers la réforme profonde du système de formation et, surtout, de recrutement des enseignants. Le projet qui était dans les tuyaux, de faire un programme national pour les ESPE, ne me semble pas aller dans le sens d'une plus grande inclusion des enseignants-chercheurs, donc vers une plus grande qualité de la formation. Or, croire naïvement que ce qu'il manque à la plupart des stagiaires, ce ne sont que les clés pour construire une séquence et apprendre à poser deux doigts sur la tables, cela ne va pas aider.
Bref, si on peut se réjouir de voir les ESPE pointées du doigts, je ne pense pas qu'il y ait à se réjouir pour l'avenir...

_________________
Es ist nicht deine Schuld, dass die Welt ist wie sie ist. Es wär nur deine Schuld wenn sie so bleibt...
Cleroli
Cleroli
Neoprof expérimenté

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par Cleroli le Jeu 13 Déc 2018 - 9:20
@Poupoutch a écrit:C'est malheureusement sans doute le premier pas vers la réforme profonde du système de formation et, surtout, de recrutement des enseignants. Le projet qui était dans les tuyaux, de faire un programme national pour les ESPE, ne me semble pas aller dans le sens d'une plus grande inclusion des enseignants-chercheurs, donc vers une plus grande qualité de la formation. Or, croire naïvement que ce qu'il manque à la plupart des stagiaires, ce ne sont que les clés pour construire une séquence et apprendre à poser deux doigts sur la tables, cela ne va pas aider.
Bref, si on peut se réjouir de voir les ESPE pointées du doigts, je ne pense pas qu'il y ait à se réjouir pour l'avenir...
+ 1
egomet
egomet
Doyen

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par egomet le Jeu 13 Déc 2018 - 9:23
@Poupoutch a écrit:C'est malheureusement sans doute le premier pas vers la réforme profonde du système de formation et, surtout, de recrutement des enseignants. Le projet qui était dans les tuyaux, de faire un programme national pour les ESPE, ne me semble pas aller dans le sens d'une plus grande inclusion des enseignants-chercheurs, donc vers une plus grande qualité de la formation. Or, croire naïvement que ce qu'il manque à la plupart des stagiaires, ce ne sont que les clés pour construire une séquence et apprendre à poser deux doigts sur la tables, cela ne va pas aider.
Bref, si on peut se réjouir de voir les ESPE pointées du doigts, je ne pense pas qu'il y ait à se réjouir pour l'avenir...


Il est vrai que l'Education Nationale a des réflexes bien ancrés.

Quand quelque chose va mal, on rajoute une dose de bureaucratie et quelques indicateurs statistiques pour fliquer les fonctionnaires. Ca va bien se passer.

_________________
Primum non nocere.
Sapientia vero ubi invenitur et quis est locus intellegentiae? Non est in me, non est mecum.


Mes livres, mes poèmes, quelques réflexions pédagogiques assez terre-à-terre: http://egomet.sanqualis.com/
Balthazaard
Balthazaard
Sage

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par Balthazaard le Jeu 13 Déc 2018 - 13:03
@Poupoutch a écrit:C'est malheureusement sans doute le premier pas vers la réforme profonde du système de formation et, surtout, de recrutement des enseignants. Le projet qui était dans les tuyaux, de faire un programme national pour les ESPE, ne me semble pas aller dans le sens d'une plus grande inclusion des enseignants-chercheurs, donc vers une plus grande qualité de la formation. Or, croire naïvement que ce qu'il manque à la plupart des stagiaires, ce ne sont que les clés pour construire une séquence et apprendre à poser deux doigts sur la tables, cela ne va pas aider.
Bref, si on peut se réjouir de voir les ESPE pointées du doigts, je ne pense pas qu'il y ait à se réjouir pour l'avenir...

Vous parlez d'enseignants-chercheurs en "sciences" de l'éducation? Si c'est ça......
Poupoutch
Poupoutch
Expert

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par Poupoutch le Ven 14 Déc 2018 - 0:40
Non, je parlais plutôt des enseignants-chercheurs dans les différentes disciplines enseignées dans le secondaire. A L'ESPE, une partie des cours était assurée par des MCF (la didactique) et, du moins dans celle que j'ai fréquentée, c'étaient les seuls cours intéressants. Justement, le projet de l'état semble de séparer plus radicalement pédagogie, didactique et recherche disciplinaire afin de créer des fonctionnaires qui ne fassent que fonctionner (selon la savoureuse formule entendue à L'ESPE il y a 4 ans...)

_________________
Es ist nicht deine Schuld, dass die Welt ist wie sie ist. Es wär nur deine Schuld wenn sie so bleibt...
Balthazaard
Balthazaard
Sage

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par Balthazaard le Ven 14 Déc 2018 - 0:53
Mais êtes vous sur que dans le texte de l'assemblée, ce soit à ces gens-là qu'il est fait allusion?
Poupoutch
Poupoutch
Expert

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par Poupoutch le Ven 14 Déc 2018 - 2:24
Je rappelle qu'un projet de réforme du recrutement à été proposé aux syndicats il y a quelque temps qui propose entre autre insanités la mise sous tutelle du ministère de toutes les ESPE, avec programme national. Comment dès lors envisager, dans chaque ESPE, des interventions de MCF parlant de leurs travaux ? Ce même projet comme le texte cité ici met également l'accent sur les profs missionnés en contact avec le terrain ; ces collègues-la adosseront-ils leur enseignement à l'actualité de la recherche ? Seront-ils sélectionnés sur leur savoir disciplinaire ou sur leur capacité à appliquer la dernière lubie pédagogique ? (attention, hein, parmi toutes les ESPE, il doit bien y avoir des profs missionnés compétents et sérieux)

_________________
Es ist nicht deine Schuld, dass die Welt ist wie sie ist. Es wär nur deine Schuld wenn sie so bleibt...
Verdurette
Verdurette
Modérateur

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par Verdurette le Ven 14 Déc 2018 - 5:39
Je n'ai jamais mis les pieds à l'ESPE, donc je ne vais pas parler de ce que je ne connais pas.
Cette année, dans le cadre de la liaison CM2-collège, je fais un échange de service avec une néotit de français, charmante au demeurant, mais qui me laisse parfois rêveuse. Aucun des écrits des élèves, dans ma classe, n'est corrigé. J'ai proposé de le faire, mais elle m'a dit que ce n'était pas utile. heu
Et chaque fois que nous correspondons par sms pour un détail matériel, elle termine par " A toute à l'heure".
Je sais, ce petit "e" est une goutte d'eau dans l'océan de l'échec des ESPE, mais pour un prof de français, tout de même , ça m'ennuie.
Carrie7
Carrie7
Niveau 9

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par Carrie7 le Ven 14 Déc 2018 - 7:46
Vous avez vraiment envie d'un rôle accru des chercheurs en didactique dans la formation des profs, vous ? Personnellement, je ne me rappelle pas avoir utilisé grand chose de ce que j'ai appris en didactique pendant ma formation de prof. Ce que je trouvais utile (enfin... parfois), c'était les séances avec des formateurs qui enseignaient en parallèle. Eux nous apportaient un éclairage concret, leurs cours n'étaient pas déconnectés de la réalité et ils nous aidaient à réfléchir à ce qui se passait dans nos classes.
Poupoutch
Poupoutch
Expert

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par Poupoutch le Ven 14 Déc 2018 - 8:12
La didactique, à mon sens, ne saurait être déconnectée de la discipline et il n'est dès lors pas question de chercheurs "en didactique" mais de chercheurs "en lettres" , "en économie" , "en histoire" ou "en maths". Qui s'appuient, pour faire cours, sur leurs recherches ou sur l'état actuelle de la recherche disciplinaire pour construire des cours de didactique (où il ne sera pas question de construire des séquences, mais de constituer une base de travail d'œuvres, textes critiques etc. à même d'enrichir une réflexion personnelle sur la didactique).

_________________
Es ist nicht deine Schuld, dass die Welt ist wie sie ist. Es wär nur deine Schuld wenn sie so bleibt...
LemmyK
LemmyK
Niveau 8

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par LemmyK le Ven 14 Déc 2018 - 8:50
@Carrie7 a écrit:Vous avez vraiment envie d'un rôle accru des chercheurs en didactique dans la formation des profs, vous ? Personnellement, je ne me rappelle pas avoir utilisé grand chose de ce que j'ai appris en didactique pendant ma formation de prof. Ce que je trouvais utile (enfin... parfois), c'était les séances avec des formateurs qui enseignaient en parallèle. Eux nous apportaient un éclairage concret, leurs cours n'étaient pas déconnectés de la réalité et ils nous aidaient à réfléchir à ce qui se passait dans nos classes.
Euh, non merci, vraiment, sans façon. Un bel aveu d'échec pour les ESPE 1665347707
Cicyle
Cicyle
Grand sage

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par Cicyle le Ven 14 Déc 2018 - 9:42
@Verdurette a écrit:Je n'ai jamais mis les pieds à l'ESPE, donc je ne vais pas parler de ce que je ne connais pas.
Cette année, dans le cadre de la liaison CM2-collège, je fais un échange de service avec une néotit de français, charmante au demeurant, mais qui me laisse parfois rêveuse. Aucun des écrits des élèves, dans ma classe, n'est corrigé. J'ai proposé de le faire, mais elle m'a dit que ce n'était pas utile. heu
Et chaque fois que nous correspondons par sms pour un détail matériel, elle termine par " A toute à l'heure".
Je sais, ce petit  "e" est une goutte d'eau dans l'océan de l'échec des ESPE, mais pour un prof de français, tout de même , ça m'ennuie.
Dans les ESPE 1er degré, les écrits doivent TOUS être corrigés. Je suis étonnée qu'un autre discours soit tenu dans les formations second degré (mais tout est possible). En tous cas, dans mon master MEEF Second degré, la formatrice nous disait de corriger les erreurs d'orthographe.
Sinon, il me semble que dans un premier temps, on a besoin d'apports concrets, de "trucs" venant d'enseignants du terrain, pour se dépatouiller avec sa classe. Ensuite, après un an ou deux, on a le temps de se poser et là, des apports de recherche peuvent être pertinents. Toute formation avant de prendre une classe me semble vaine (à part quelques bases sur le système éducatif) : je vois les collègues de l'ESPE en M2 mais sans classe (ceux qui ont raté le concours), ils ont plein de théories mais hallucinent quand ils voient un élève en vrai… Leurs théories ne leur servent à rien. Certaines sont venues dans ma classe pour un projet : elles n'ont pas pris la classe, trop impressionnées par mes élèves… Mais elles font plein de raisonnements à base de recherches en didactique, pour expliquer comment il faudrait faire. cafe
Pat B
Pat B
Habitué du forum

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par Pat B le Ven 14 Déc 2018 - 9:48
Moi, en didactique, j'ai eu des gens qui avaient enseigné, tout de même, voire qui enseignaient encore à temps partiel. Et les cours étaient plutôt intéressants, on apprenait à faire un plan de cours cohérent, à réinvestir sans cesse les connaissances antérieures, à donner du rythme au cours, à analyser des erreurs d'élèves et à y remédier, à la façon de leur faire prendre conscience de telle ou telle difficulté ; on réfléchissait à équilibrer les évaluations entre les questions difficiles et les questions basiques (pour jauger le niveau réel sans pour autant trop décourager). Honnêtement, c'était pas mal (et c'était en parallèle avec nos 6h hebdomadaire en responsabilité de classe).
Mais ce n'étaient pas des chercheurs en didactique... Et c'était il y a 20 ans, en IUFM (et les collègues d'autres matières, anglais et français notamment, avaient apparemment un contenu de formation déjà totalement à côté de la plaque).
LaMaisonQuiRendFou
LaMaisonQuiRendFou
Fidèle du forum

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par LaMaisonQuiRendFou le Ven 14 Déc 2018 - 9:59
@Balthazaard a écrit:
@Poupoutch a écrit:C'est malheureusement sans doute le premier pas vers la réforme profonde du système de formation et, surtout, de recrutement des enseignants. Le projet qui était dans les tuyaux, de faire un programme national pour les ESPE, ne me semble pas aller dans le sens d'une plus grande inclusion des enseignants-chercheurs, donc vers une plus grande qualité de la formation. Or, croire naïvement que ce qu'il manque à la plupart des stagiaires, ce ne sont que les clés pour construire une séquence et apprendre à poser deux doigts sur la tables, cela ne va pas aider.
Bref, si on peut se réjouir de voir les ESPE pointées du doigts, je ne pense pas qu'il y ait à se réjouir pour l'avenir...

Vous parlez d'enseignants-chercheurs en "sciences" de l'éducation? Si c'est ça......

  Un bel aveu d'échec pour les ESPE 122941311
gauvain31
gauvain31
Guide spirituel

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par gauvain31 le Ven 14 Déc 2018 - 10:52
@Cicyle a écrit:
@Verdurette a écrit:Je n'ai jamais mis les pieds à l'ESPE, donc je ne vais pas parler de ce que je ne connais pas.
Cette année, dans le cadre de la liaison CM2-collège, je fais un échange de service avec une néotit de français, charmante au demeurant, mais qui me laisse parfois rêveuse. Aucun des écrits des élèves, dans ma classe, n'est corrigé. J'ai proposé de le faire, mais elle m'a dit que ce n'était pas utile. heu
Et chaque fois que nous correspondons par sms pour un détail matériel, elle termine par " A toute à l'heure".
Je sais, ce petit  "e" est une goutte d'eau dans l'océan de l'échec des ESPE, mais pour un prof de français, tout de même , ça m'ennuie.
Dans les ESPE 1er degré, les écrits doivent TOUS être corrigés. Je suis étonnée qu'un autre discours soit tenu dans les formations second degré (mais tout est possible). En tous cas, dans mon master MEEF Second degré, la formatrice nous disait de corriger les erreurs d'orthographe.
Sinon, il me semble que dans un premier temps, on a besoin d'apports concrets, de "trucs" venant d'enseignants du terrain, pour se dépatouiller avec sa classe. Ensuite, après un an ou deux, on a le temps de se poser et là, des apports de recherche peuvent être pertinents. Toute formation avant de prendre une classe me semble vaine (à part quelques bases sur le système éducatif) : je vois les collègues de l'ESPE en M2 mais sans classe (ceux qui ont raté le concours), ils ont plein de théories mais hallucinent quand ils voient un élève en vrai… Leurs théories ne leur servent à rien. Certaines sont venues dans ma classe pour un projet : elles n'ont pas pris la classe, trop impressionnées par mes élèves… Mais elles font plein de raisonnements à base de recherches en didactique, pour expliquer comment il faudrait faire. cafe

Tu as bien résumé le sentiment que j'ai: on entre dans le métier par le mauvais bout. Dans l'idéal il faudrait une entrée très progressive où pendant les 1ère semaine le stagiaire regarde ce que fait une collègue plus chevronné et échange avec elle; puis commencer à l'ESPE par quelques cours disciplinaires et didactique, puis préparer avec la tutrice une séance, puis une séquence, puis deux, etc. IL faudrait que ce soit quelque chose de plus en plus progressif. Dans l'idéal en 2 ans (aussi bien dans le primaire que dans le secondaire). La théorie doit seulement venir plus tard pour prendre du recul sur ce que l'on a vu et vécu en tant que stagiaire. Cela me fait penser à cette étudiante en master MEEF qui nous a contacté pour savoir quelle discipline enseigner, elle qui n'a fait que des "sciences" de l'éducation

Quand j'étais élève , mes professeures d'Espagnol ou de Français accueillaient des stagiaires à l'année: ils restaient au fond de la classe sans parler.Ils n'avaient donc pas de classes à charge. Puis ils faisaient une séance d'une heure. Quelques semaines après une séance de plusieurs heures.... C'est pour moi l'apprentissage d'un métier qui se faisait le plus naturellement du monde. On procède de la même façon avec les stagiaires qui enseignent dans les lycées agricoles. Même les chimpanzés font comme ça: ils observent faire les plus anciens avant de se lancer. C'est à croire qu'on est plus bête qu'eux dans l’Éducation Nationale Française
Honchamp
Honchamp
Expert

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par Honchamp le Ven 14 Déc 2018 - 11:43
Certaines personnes à l'ESPE sont vraiment stupides.

Du vécu de ces dernières semaines : un stagiaire, une certaine matière.
Dans son collège, un voyage d'une semaine, où sa matière est impliquée.
5 profs partent : idée des collègues, emmener le stagiaire, pour sa formation : comment on encadre, comment on apprend à vivre avec des élèves pendant une semaine, comment on gère le groupe, les repas, les nuits, les aléas...
Comment sa matière travaille avec les 3 autres matières engagées dans le projet.

Appui très fort de son chef d'établissement, accord de l'IPR.

Refus de le lâcher de l'ESPE : il raterait une journée de formation.
S'il rate cette journée, menace de ne pas valider son année.

Il a renoncé, trop peur que cela se retourne contre lui... Ne veut pas de vagues.

Autour de lui, tout le monde pense que cette semaine de voyage pédagogique lui aurait été tout aussi utile qu'une journée théorique.

Et hier encore encore, en papotant avec une autre stagiaire, elle m'a décrit la journée de formation à pleurer qu'elle vient d'avoir sur la laïcité. Aucune mise en situation, aucune étude de cas. Alors que les stagiaires attendaient cela à un moment de la journée. Que de la conférence théorique.

Ce qui m'énerve est que les formateurs ESPE sont polymorphes et comme des moules sur leur bâton : accrochés. Je prends le pari qu'ils survivront au changement et qu'on les retrouvera pour la plupart dans le système Blanquer.

_________________
"Tu verras bien qu'il n'y aura pas que moi, assise par terre comme ça.."
Balthazaard
Balthazaard
Sage

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par Balthazaard le Ven 14 Déc 2018 - 11:55
@gauvain31 a écrit:
@Cicyle a écrit:
@Verdurette a écrit:Je n'ai jamais mis les pieds à l'ESPE, donc je ne vais pas parler de ce que je ne connais pas.
Cette année, dans le cadre de la liaison CM2-collège, je fais un échange de service avec une néotit de français, charmante au demeurant, mais qui me laisse parfois rêveuse. Aucun des écrits des élèves, dans ma classe, n'est corrigé. J'ai proposé de le faire, mais elle m'a dit que ce n'était pas utile. heu
Et chaque fois que nous correspondons par sms pour un détail matériel, elle termine par " A toute à l'heure".
Je sais, ce petit  "e" est une goutte d'eau dans l'océan de l'échec des ESPE, mais pour un prof de français, tout de même , ça m'ennuie.
Dans les ESPE 1er degré, les écrits doivent TOUS être corrigés. Je suis étonnée qu'un autre discours soit tenu dans les formations second degré (mais tout est possible). En tous cas, dans mon master MEEF Second degré, la formatrice nous disait de corriger les erreurs d'orthographe.
Sinon, il me semble que dans un premier temps, on a besoin d'apports concrets, de "trucs" venant d'enseignants du terrain, pour se dépatouiller avec sa classe. Ensuite, après un an ou deux, on a le temps de se poser et là, des apports de recherche peuvent être pertinents. Toute formation avant de prendre une classe me semble vaine (à part quelques bases sur le système éducatif) : je vois les collègues de l'ESPE en M2 mais sans classe (ceux qui ont raté le concours), ils ont plein de théories mais hallucinent quand ils voient un élève en vrai… Leurs théories ne leur servent à rien. Certaines sont venues dans ma classe pour un projet : elles n'ont pas pris la classe, trop impressionnées par mes élèves… Mais elles font plein de raisonnements à base de recherches en didactique, pour expliquer comment il faudrait faire. cafe

Tu as bien résumé le sentiment que j'ai: on entre dans le métier par le mauvais bout. Dans l'idéal il faudrait une entrée très progressive où pendant les 1ère semaine le stagiaire regarde ce que fait une collègue plus chevronné et échange avec elle; puis commencer à l'ESPE par quelques cours disciplinaires et didactique, puis préparer avec la tutrice une séance, puis une séquence, puis deux, etc. IL faudrait que ce soit quelque chose de plus en plus progressif. Dans l'idéal en 2 ans (aussi bien dans le primaire que dans le secondaire). La théorie doit seulement venir plus tard pour prendre du recul sur ce que l'on a vu et vécu en tant que stagiaire. Cela me fait penser à cette étudiante en master MEEF qui nous a contacté pour savoir quelle discipline enseigner, elle qui n'a fait que des "sciences" de l'éducation

Quand j'étais élève , mes professeures d'Espagnol ou de Français accueillaient des stagiaires à l'année: ils restaient au fond de la classe sans parler.Ils n'avaient donc pas de classes à charge. Puis ils faisaient une séance d'une heure. Quelques semaines après une séance de plusieurs heures.... C'est pour moi l'apprentissage d'un métier qui se faisait le plus naturellement du monde. On procède de la même façon avec les stagiaires qui enseignent dans les lycées agricoles. Même les chimpanzés font comme ça: ils observent faire les plus anciens avant de se lancer. C'est à croire qu'on est plus bête qu'eux dans l’Éducation Nationale Française

Si jamais un ministre avisé propose cela vous allez voir le tollé syndical!!! si de plus il est de droite alors là...."Comment lâcher les profs sans "formation"...!!!" je l'ai déjà entendu quand on aborde le sujet des ESPE/IUFM
Delia
Delia
Érudit

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par Delia le Ven 14 Déc 2018 - 12:05
@gauvain31 a écrit:


Quand j'étais élève , mes professeures d'Espagnol ou de Français accueillaient des stagiaires à l'année: ils restaient au fond de la classe sans parler.Ils n'avaient donc pas de classes à charge. Puis ils faisaient une séance d'une heure. Quelques semaines après une séance de plusieurs heures.... C'est pour moi l'apprentissage d'un métier qui se faisait le plus naturellement du monde. On procède de la même façon avec les stagiaires qui enseignent dans les lycées agricoles. Même les chimpanzés font comme ça: ils observent faire les plus anciens avant de se lancer. C'est à croire qu'on est plus bête qu'eux dans l’Éducation Nationale Française

Cela s'appelait le C.P.R. : Centre Pédagogique Régional. Trois stages d'un trimestre, donc trois tuteurs (deux seulement en Région Parisienne où les volontaires ne se bousculaient pas...), équipe de trois stagiaires. Ecoute, d'abord, puis séance, chaque séance suivie d'un compte rendu, nombreuses discussions entre stagiaires.
Le tout couronné par une inspection de titularisation.
Nous nous plaignions de n'être pas assez formés !

_________________
Un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle.
Amadou Hampaté Ba
Contenu sponsorisé

Un bel aveu d'échec pour les ESPE Empty Re: Un bel aveu d'échec pour les ESPE

par Contenu sponsorisé
Voir le sujet précédentRevenir en hautVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum