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JayKew
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 5 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par JayKew le Jeu 17 Jan 2019 - 11:52
Quand j'ai commencé comme prof certifié en 1990, je gagnais 7000 francs par mois (soit 1067 euros). A l'époque, c'était Byzance. Les salaires venaient tout juste d'être revalorisés (en 1989, sous Jospin) et on vivait confortablement à Paris.

Aujourd'hui, avec un salaire de certifié débutant à Paris, on est pauvre et on ne peut quasiment rien louer à Paris, hormis la boîte à chaussure ou la co-loc.

Un certifié 1er échelon gagne aujourd'hui 1415,57€ net, soit à peine 348€ de plus qu'il y a 30 ans. Et on parle de "misérabilisme"?

Non, ce n'est pas du misérabilisme. Juste un simple constat. Si certains s'en contentent, ma foi...
William Foster
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 5 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par William Foster le Jeu 17 Jan 2019 - 12:03
La focalisation sur les salaires des néotits' est une erreur. Non pas que leur cas ne soit pas inquiétant, mais on tend la perche à ceux qui nous diront qu'il n'y a pas à payer mieux les "anciens" pisque c'est pire pour les néo.

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JayKew
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 5 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par JayKew le Jeu 17 Jan 2019 - 12:05
Il y a à payer mieux tout le monde, non?
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 5 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par RogerMartin le Jeu 17 Jan 2019 - 13:12
@Elaïna a écrit:- je suis agrégée mais j'ai été élève fonctionnaire puis allocataire monitrice puis demi-ATER.
L'ancienneté à l'agrégation est extrêmement bien préservée dans ce cas. Je ne pense pas que tu aies jamais touché le 1er échelon de l'agrégation lorsque tu as travaillé dans le secondaire, mais contredis-moi si c'est le cas. Et lors de ces années de vaches maigres (que tu n'es pas la seule à avoir connaître, je dirais que c'est le cas de tous les doctorants littéraires que je connais lorsqu'ils ne font pas leur doctorat en plus d'un temps plein dans le secondaire, autre parcours du combattant) tu avais un statut de fonctionnaire "apparent" - si tu as constitué un dossier de locataire durant cette période, tu n'es pas sans savoir que cela te faisait préférer à d'autres candidats au logement.
Je m'estime très privilégiée, grâce à mon parcours et mon âge, par rapport aux collègues qui commencent aujourd'hui au bas de l'échelle, que ce soit dans le secondaire ou le supérieur : ils reçoivent des salaires tout à fait minables par rapport à leur niveau d'étude, en tout cas lorsqu'ils sont titulaires d'un M à contenu autre que MEEF.
En anglais, où il est tout à fait possible de gagner sa vie autrement que dans l'EN, très peu d'enseignants-chercheurs conseillent cette voie aux meilleurs étudiants -- qui d'ailleurs souvent nous abordent en nous disant "tout plutôt que le secondaire".

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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 5 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Elaïna le Jeu 17 Jan 2019 - 13:12
@Luigi_B a écrit:
@Elaïna a écrit:- sur les établissements, je maintiens qu'on peut très bien avoir en Ile de France quelque chose de tout à fait correct. Personnellement j'ai eu mon premier poste fixe du premier coup dans un lycée tout à fait convenable avec quelques dizaines de points. Le niveau était assez nul, tout le monde le reconnaissait, mais dans l'ensemble on avait des élèves courtois, une ambiance sereine, on arrivait à faire le job dans l'ensemble. Non, j'ai pas eu Louis le Grand. Mais c'était pas non plus la mine. Il n'y a pas d'un côté les lycées élitistes et de l'autre les poubelles.
Agrégée et premier poste fixe et en lycée, qui plus est tranquille. Ajoutons que tu vis en couple et que tu as eu la chance de pouvoir hériter : je ne sais pas si tu mesures à quel point ton cas est atypique.

On connaît tous, et pas seulement sur Facebook, des non-enseignants qui sont dans des situations pires. Mais constater la dégradation significative du pouvoir d'achat des enseignants n'est pas du "misérabilisme" : ce discours culpabilisant, malgré l'évidence pourtant criante, explique d'ailleurs beaucoup de notre consentement depuis des décennies.

Non. Mon mari a hérité. La maison lui appartient a 80 % et pour le reste on fait 50 50.

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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 5 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par RogerMartin le Jeu 17 Jan 2019 - 13:15
Le souci du logement est la première angoisse des stagiaires et néo-tit. C'est certain que lorsqu'on hérite à 80% d'un bien que l'on peut occuper, on n'a pas la même vision des factures.
Je me souviens très bien de ce qui s'est passé quand je suis devenue MCF et que j'ai bénéficié du rattrapage d'ancienneté de l'agrégation (que j'avais juste passée, mon stage a été validé dans le supérieur) : du jour au lendemain, je n'angoissais plus quand je recevais ma facture EDF. Alors que j'habitais un 28 m2 avec juste un frigo et quelques radiateurs à huile, donc avec une consommation minimale. J'en voudrai toujours aux collègues universitaires de l'époque qui expliquaient avec suffisance "ah oui, ATER on ne gagne pas beaucoup, mais on ne paie pas d'impôts". Si, célibataire, on en paie, merci, même ATER à mi-temps...

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Cath
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 5 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Cath le Jeu 17 Jan 2019 - 13:36
@JayKew a écrit:Quand j'ai commencé comme prof certifié en 1990, je gagnais 7000 francs par mois (soit 1067 euros). A l'époque, c'était Byzance. Les salaires venaient tout juste d'être revalorisés (en 1989, sous Jospin) et on vivait confortablement à Paris.

Aujourd'hui, avec un salaire de certifié débutant à Paris, on est pauvre et on ne peut quasiment rien louer à Paris, hormis la boîte à chaussure ou la co-loc.

Un certifié 1er échelon gagne aujourd'hui 1415,57€ net, soit à peine 348€ de plus qu'il y a 30 ans. Et on parle de "misérabilisme"?

Non, ce n'est pas du misérabilisme. Juste un simple constat. Si certains s'en contentent, ma foi...

Je confirme, j'ai commencé au même moment.
Je me souviens avoir fait un chèque pour un AR New York en avion (en plein été forcément) sans me soucier du solde de mon compte : je savais que la somme y était.
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Cath
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 5 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Cath le Jeu 17 Jan 2019 - 13:43
@Elaïna a écrit:
@Luigi_B a écrit:
@Elaïna a écrit:- sur les établissements, je maintiens qu'on peut très bien avoir en Ile de France quelque chose de tout à fait correct. Personnellement j'ai eu mon premier poste fixe du premier coup dans un lycée tout à fait convenable avec quelques dizaines de points. Le niveau était assez nul, tout le monde le reconnaissait, mais dans l'ensemble on avait des élèves courtois, une ambiance sereine, on arrivait à faire le job dans l'ensemble. Non, j'ai pas eu Louis le Grand. Mais c'était pas non plus la mine. Il n'y a pas d'un côté les lycées élitistes et de l'autre les poubelles.
Agrégée et premier poste fixe et en lycée, qui plus est tranquille. Ajoutons que tu vis en couple et que tu as eu la chance de pouvoir hériter : je ne sais pas si tu mesures à quel point ton cas est atypique.

On connaît tous, et pas seulement sur Facebook, des non-enseignants qui sont dans des situations pires. Mais constater la dégradation significative du pouvoir d'achat des enseignants n'est pas du "misérabilisme" : ce discours culpabilisant, malgré l'évidence pourtant criante, explique d'ailleurs beaucoup de notre consentement depuis des décennies.

Non. Mon mari a hérité. La maison lui appartient a 80 % et pour le reste on fait 50 50.

Faire 50/50, cela signifie que si votre crédit immobilier est par exemple de 1500 € par mois, tu participes à hauteur de 750. Aurais-tu le même logement si tu devais acheter quelque chose pour lequel ton crédit immobilier ne dépasserait pas les 750 € par mois ?
celitian
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 5 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par celitian le Jeu 17 Jan 2019 - 13:55
Ce qui est dingue, c'est aussi de ne pas être choqués par le fait qu'un célibataire ne peut plus vivre correctement avec son salaire de prof.


Elaïna
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 5 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Elaïna le Jeu 17 Jan 2019 - 13:57
@RogerMartin a écrit:
@Elaïna a écrit:- je suis agrégée mais j'ai été élève fonctionnaire puis allocataire monitrice puis demi-ATER.
L'ancienneté à l'agrégation est extrêmement bien préservée dans ce cas. Je ne pense pas que tu aies jamais touché le 1er échelon de l'agrégation lorsque tu as travaillé dans le secondaire, mais contredis-moi si c'est le cas. Et lors de ces années de vaches maigres (que tu n'es pas la seule à avoir connaître, je dirais que c'est le cas de tous les doctorants littéraires que je connais lorsqu'ils ne font pas leur doctorat en plus d'un temps plein dans le secondaire, autre parcours du combattant) tu avais un statut de fonctionnaire "apparent" - si tu as constitué un dossier de locataire durant cette période, tu n'es pas sans savoir que cela te faisait préférer à d'autres candidats au logement.
Ben, plus ou moins. Par rapport à des copines qui ont eu l'agreg en même temps que moi et ont enseigné tout de suite dans le secondaire, j'ai un échelon de retard (ce qui ne me paraît pas scandaleux en soi). Ah et un gros retard dans la notation (qui n'a été compensé que lors de la 2e année d'enseignement en lycée).
3 ans pour être titularisée, aussi. Et oui ça pèse quand on fait des demandes de location : "vous êtes agrégée mais pas titularisée, donc ça compte pas". (oui oui).
J'ai eu moins de mal à louer quand j'ai eu la titularisation (mais bon avec 1150 euros on ne va pas loin non plus).

Encore une fois ma situation n'est pas si exceptionnelle que ça. J'ai connu comme tout le monde la galère du jeune fonctionnaire (qui a corrigé des copies pour le CNED, fait Acadomia et tout le reste). Mais par rapport à certains camarades de lycée ou de fac qui n'ont pas eu (ou pas passé, pour diverses raisons), les concours, je considère qu'en tant que prof on ne s'en sort pas si mal.
Mais après on peut continuer à présenter la vie de prof comme forcément l'enfer sur terre. Je ne suis pas bien persuadée que ça fasse avancer le schmilblick.

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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 5 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Elaïna le Jeu 17 Jan 2019 - 13:59
@Cath a écrit:

Faire 50/50, cela signifie que si votre crédit immobilier est par exemple de 1500 € par mois, tu participes à hauteur de 750. Aurais-tu  le même logement si tu devais acheter quelque chose pour lequel ton crédit immobilier ne dépasserait pas les 750 € par mois ?

Nous avons un crédit de 500 euros chacun. C'était déjà le cas quand nous avons acheté notre appartement, à l'époque où j'étais demi-ATER, donc à 1150 euros par mois. On a fait en sorte d'acheter quelque chose qui nous permettait justement d'avoir un reste à vivre convenable.
Par contre nous on ne rénovait pas de "maison bourgeoise" hein...  A nous la résidence années 60 en banlieue.

Si j'étais seule je n'aurais évidemment pas le même logement. Mais je n'aurais peut-être pas les mêmes besoins non plus.

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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 5 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par RogerMartin le Jeu 17 Jan 2019 - 14:08
Merci de confirmer ce que j'écrivais : comme moi, tu n'as jamais touché le premier échelon sur ton premier poste d'enseignante, sur lequel tu as été titularisée d'emblée.
C'est très compliqué de se loger pour 500 euros en IdF -- ne parlons pas d'envisager un achat avec un revenu de 1150 euros. Les collègues célibataires qui débutent sont évidemment dans une situation catastrophique.


Dernière édition par RogerMartin le Jeu 17 Jan 2019 - 14:10, édité 1 fois

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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 5 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Fires of Pompeii le Jeu 17 Jan 2019 - 14:09
@Elaïna a écrit:
@RogerMartin a écrit:
@Elaïna a écrit:- je suis agrégée mais j'ai été élève fonctionnaire puis allocataire monitrice puis demi-ATER.
L'ancienneté à l'agrégation est extrêmement bien préservée dans ce cas. Je ne pense pas que tu aies jamais touché le 1er échelon de l'agrégation lorsque tu as travaillé dans le secondaire, mais contredis-moi si c'est le cas. Et lors de ces années de vaches maigres (que tu n'es pas la seule à avoir connaître, je dirais que c'est le cas de tous les doctorants littéraires que je connais lorsqu'ils ne font pas leur doctorat en plus d'un temps plein dans le secondaire, autre parcours du combattant) tu avais un statut de fonctionnaire "apparent" - si tu as constitué un dossier de locataire durant cette période, tu n'es pas sans savoir que cela te faisait préférer à d'autres candidats au logement.
Ben, plus ou moins. Par rapport à des copines qui ont eu l'agreg en même temps que moi et ont enseigné tout de suite dans le secondaire, j'ai un échelon de retard (ce qui ne me paraît pas scandaleux en soi). Ah et un gros retard dans la notation (qui n'a été compensé que lors de la 2e année d'enseignement en lycée).
3 ans pour être titularisée, aussi. Et oui ça pèse quand on fait des demandes de location : "vous êtes agrégée mais pas titularisée, donc ça compte pas". (oui oui).
J'ai eu moins de mal à louer quand j'ai eu la titularisation (mais bon avec 1150 euros on ne va pas loin non plus).

Encore une fois ma situation n'est pas si exceptionnelle que ça. J'ai connu comme tout le monde la galère du jeune fonctionnaire (qui a corrigé des copies pour le CNED, fait Acadomia et tout le reste). Mais par rapport à certains camarades de lycée ou de fac qui n'ont pas eu (ou pas passé, pour diverses raisons), les concours, je considère qu'en tant que prof on ne s'en sort pas si mal.
Mais après on peut continuer à présenter la vie de prof comme forcément l'enfer sur terre. Je ne suis pas bien persuadée que ça fasse avancer le schmilblick.

Justement, Elaïna, je crois que c'est là ton erreur - pardonne-moi de le dire ainsi -, puisque si on veut avancer, on ne peut pas comparer le salaire des professeurs avec autre chose que les autres catégories A de la Fp, et de manière générale, les autres personnes qui ont un master et un tel niveau de qualification.

Se dire "bon on s'en sort quand même", c'est niveler par le bas. On ne devrait pas "s'en sortir quand même", on devrait être largement à l'aise pour vivre, vu le métier que l'on fait, vues les études que l'on a faites. Tu trouves que, chartiste, docteur et agrégée, tu es bien payée (je veux dire en enlevant tout le reste, mari et compagnie) ? Moi non. Tu n'as pas l'impression que par rapport à ce que tu fais et as fait, on se fout de toi en termes de salaire ? Moi si. Et c'est pareil pour tous les enseignants, quel que soit leur grade.

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par Fires of Pompeii le Jeu 17 Jan 2019 - 14:11
@Elaïna a écrit:
@Cath a écrit:

Faire 50/50, cela signifie que si votre crédit immobilier est par exemple de 1500 € par mois, tu participes à hauteur de 750. Aurais-tu  le même logement si tu devais acheter quelque chose pour lequel ton crédit immobilier ne dépasserait pas les 750 € par mois ?

Nous avons un crédit de 500 euros chacun. C'était déjà le cas quand nous avons acheté notre appartement, à l'époque où j'étais demi-ATER, donc à 1150 euros par mois. On a fait en sorte d'acheter quelque chose qui nous permettait justement d'avoir un reste à vivre convenable.
Par contre nous on ne rénovait pas de "maison bourgeoise" hein...  A nous la résidence années 60 en banlieue.

Si j'étais seule je n'aurais évidemment pas le même logement. Mais je n'aurais peut-être pas les mêmes besoins non plus.

Je trouve que cette remarque est un peu perfide, et n'a pas grand rapport avec le problème Wink (je dis ça en toute gentillesse)
Certes tu n'aurais pas les mêmes besoins, mais ce que dit RM est très vrai. Se loger avec 500 euros, même dans ta ville, bon courage quoi !

@RogerMartin a écrit:C'est très compliqué de se loger pour 500 euros en IdF -- ne parlons pas d'envisager un achat avec un revenu de 1150 euros. Les collègues célibataires qui débutent sont évidemment dans une situation catastrophique.
Voilà, catastrophique. C'est le mot.

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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 5 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par JayKew le Jeu 17 Jan 2019 - 14:15
Il ne s’agit pas de parler de « l’enfer sur terre », mais bien d’expliquer en quoi le pouvoir d’achat a considérablement diminué (chiffres à l’appui) depuis 30 ans pour les profs en général, et pour les profs certifiés en particulier.

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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 5 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Elaïna le Jeu 17 Jan 2019 - 14:30
@Fires of Pompeii a écrit:
Se dire "bon on s'en sort quand même", c'est niveler par le bas. On ne devrait pas "s'en sortir quand même", on devrait être largement à l'aise pour vivre, vu le métier que l'on fait, vues les études que l'on a faites. Tu trouves que, chartiste, docteur et agrégée, tu es bien payée (je veux dire en enlevant tout le reste, mari et compagnie) ? Moi non.  Tu n'as pas l'impression que par rapport à ce que tu fais et as fait, on se fout de toi en termes de salaire ? Moi si. Et c'est pareil pour tous les enseignants, quel que soit leur grade.

Bon, je crois qu'on est d'accord sur le principe : si on me file une augmentation, je vais pas cracher dessus (soit dit en passant, si les diverses institutions du supérieur pouvaient ne serait-ce que me payer tout court les centaines d'euros qu'elles me doivent depuis septembre, je serais déjà bien contente).
Mais je maintiens que lire le post de Lisak par exemple me consterne par l'accumulation de clichés, en particulier sur la région parisienne.

(soit dit en passant, oui dans ma ville on a du mal à se loger pour 500 euros. Mais bon à l'époque je ne pouvais pas mettre plus dans un loyer. Maintenant, je gagne un peu plus que quand j'étais demi-ATER quand même ! - le double, en fait).

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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 5 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Fires of Pompeii le Jeu 17 Jan 2019 - 14:59
@Elaïna a écrit:
@Fires of Pompeii a écrit:
Se dire "bon on s'en sort quand même", c'est niveler par le bas. On ne devrait pas "s'en sortir quand même", on devrait être largement à l'aise pour vivre, vu le métier que l'on fait, vues les études que l'on a faites. Tu trouves que, chartiste, docteur et agrégée, tu es bien payée (je veux dire en enlevant tout le reste, mari et compagnie) ? Moi non.  Tu n'as pas l'impression que par rapport à ce que tu fais et as fait, on se fout de toi en termes de salaire ? Moi si. Et c'est pareil pour tous les enseignants, quel que soit leur grade.

Bon, je crois qu'on est d'accord sur le principe : si on me file une augmentation, je vais pas cracher dessus (soit dit en passant, si les diverses institutions du supérieur pouvaient ne serait-ce que me payer tout court les centaines d'euros qu'elles me doivent depuis septembre, je serais déjà bien contente).
Mais je maintiens que lire le post de Lisak par exemple me consterne par l'accumulation de clichés, en particulier sur la région parisienne.

(soit dit en passant, oui dans ma ville on a du mal à se loger pour 500 euros. Mais bon à l'époque je ne pouvais pas mettre plus dans un loyer. Maintenant, je gagne un peu plus que quand j'étais demi-ATER quand même ! - le double, en fait).

Oui mais les jeunes collègues n'en sont pas là. Et quand tu gagnes 1400 ou 1500 nets, ben si tu divises par 3, ça fait maximum 500 euros de loyer. Alors on se loge où ?
Moi je pense qu'il ne faut pas juste "ne pas cracher sur une augmentation", mais la réclamer, elle nous est due. Quel que soit le salaire du conjoint, quelle que soit la région où nous vivons. La région parisienne avec ses soucis (le prix du logement en est un, on ne dira pas le contraire) est en fait un catalyseur : beaucoup de jeunes y sont envoyés, sans un rond en poche, c'est inacceptable.
Même quand on n'est pas en tout début de carrière, devoir toujours faire attention comme on le fait (globalement), ce n'est pas normal pour la CSP que nous sommes censés être.
Le post de Lisak en particulier ne me semble pas plein de clichés, en fait. Ici, il faut se ruiner en loyer, ou avoir du temps de transport, ou vivre en lointaine banlieue (et se ruiner en essence), bref, je ne sache pas que ce soit complètement faux...


Dernière édition par Fires of Pompeii le Jeu 17 Jan 2019 - 15:37, édité 1 fois

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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 5 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Patience et raison le Jeu 17 Jan 2019 - 15:15
Personnellement, avec mon BAC+5, si je compare avec le niveau de vie de mes parents au même âge, je suis toujours perdante. Surtout en RP.
Concrètement, comme Elaïna, mon pavillon en banlieue, je ne pourrais pas le payer seule. Si aujourd'hui je devais vivre avec mes enfants sans leur père (et sans aide de sa part), je serai vraiment en galère: mais oui, "je m'en sortirai". Alors que la même situation en province serait beaucoup plus "simple".
Et encore, je suis A dans la filière administrative.

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"Alors n’oubliez pas : si vous voulez vraiment être productifs, apprenez à travailler avec des outils qui font gagner du temps au lieu de tout refaire à la main. Mais si votre passion, c’est de ne surtout pas utiliser de livres déjà complets, et de réécrire votre propre truc à chaque fois parce que « Je préfère utiliser mes propres outils et je n’arrive pas à utiliser ceux des autres« , alors félicitations :
Vous êtes bons pour rejoindre l’Éducation Nationale française." Odieux ***.
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par musa le Jeu 17 Jan 2019 - 15:20
@Luigi_B a écrit:
@Elaïna a écrit:- sur les établissements, je maintiens qu'on peut très bien avoir en Ile de France quelque chose de tout à fait correct. Personnellement j'ai eu mon premier poste fixe du premier coup dans un lycée tout à fait convenable avec quelques dizaines de points. Le niveau était assez nul, tout le monde le reconnaissait, mais dans l'ensemble on avait des élèves courtois, une ambiance sereine, on arrivait à faire le job dans l'ensemble. Non, j'ai pas eu Louis le Grand. Mais c'était pas non plus la mine. Il n'y a pas d'un côté les lycées élitistes et de l'autre les poubelles.
Agrégée et premier poste fixe et en lycée, qui plus est tranquille. Ajoutons que tu vis en couple et que tu as eu la chance de pouvoir hériter : je ne sais pas si tu mesures à quel point ton cas est atypique.

On connaît tous, et pas seulement sur Facebook, des non-enseignants qui sont dans des situations pires. Mais constater la dégradation significative du pouvoir d'achat des enseignants n'est pas du "misérabilisme" : ce discours culpabilisant, malgré l'évidence pourtant criante, explique d'ailleurs beaucoup de notre consentement depuis des décennies.


+1000. J'ajoute que personne sur ce fil n'a évoqué de situation à la Zola mais simplement des données objectives et la description sans pathos de conditions quotidiennes dont on ne voit pas comment elles pourraient attirer des personnes très qualifiées.
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 5 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Fenrir le Jeu 17 Jan 2019 - 15:44
Eh oh, ne vous plaignez pas on a une indemnité de résidence en idf.

Spoiler:
On me signale dans l'oreillette qu'elle est autour de 20€, rien que cette dernière pourrait déjà commencer à être revalorisée.

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par Fires of Pompeii le Jeu 17 Jan 2019 - 15:46
Elle est de 75 euros je crois. Mais elle ne compense absolument rien...

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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 5 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par JayKew le Jeu 17 Jan 2019 - 16:04
L'indemnité de résidence dépend de la zone et de l'indice.

A titre d'exemple, je suis Chaire sup' 5ème échelon (ce qui équivaut à agrégé HC, échelon 3). J'habite à Marseille et mon indemnité de résidence et de 115€ par mois: elle est identique à celle que je touchais à Paris, où j'ai habité 30 ans, alors que les loyers à Marseille sont bien moins élevés que ceux de Paris.

Ce n'est pas avec cette maigre indemnité de résidence qu'un jeune prof (qui touchera aux alentours de 75-80€) peut espérer se loger décemment à Paris.

Il faudrait recomposer les zones d'indemnités de résidence de manière plus cohérente, et faire en sorte que cette indemnité atteigne au moins 300€ à Paris et proche banlieue. Ou alors prévoir une prise en charge partielle de l'état pour les logements de ses agents... Ahem...

Des fois, je rêve. I have a dream that one day...
GaliNéo
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par GaliNéo le Jeu 17 Jan 2019 - 16:12
Donc +300€ pour les parisiens pour qu'ils puissent se loger et rien pour les autres ?

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JayKew
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par JayKew le Jeu 17 Jan 2019 - 16:36
@GaliNéo a écrit:Donc +300€ pour les parisiens pour qu'ils puissent se loger et rien pour les autres ?

Je n'ai pas dit ça. J'ai dit qu'en IdF il faudrait au moins ça. Plus ailleurs aussi, bien évidemment.
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par GaliNéo le Jeu 17 Jan 2019 - 16:47
Je suis le seul à estimer que les salaires des profs devraient au minimum doubler ? Dès que je quitte la France, je me rends compte à quel point nos collègues dans les autres pays sont nettement mieux payés. Et à chaque fois que je leur révèle mon salaire, ils pensent que je plaisante.

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pseudo-intello
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par pseudo-intello le Jeu 17 Jan 2019 - 17:13
J'irais pas jusqu'à dire "doubler" ; contrairement à mes collègues de certains autres pays, je suis absolument libre d'organiser mon temps hors-cours, et cet avantage (je peux blinder une semaine à mort, je peux, si je m'organise, ne rien faire hors cours pendant 10 jours, je peux être à la sortie de l'école, et si j'ai deux heures de travail à abattre un dimanche pour finir de préparer ma semaine, je peux choisir de faire coïncider tout ça avec la sieste des enfants).

Un copain anglais est plus ou moins d'astreinte, une bonne partie de la semaine, quand il n'est pas en cours. Ça ne justifie évidemment pas l'écart entre nos salaires, mais ça pourrait en justifier un plus petit.

Ce 'n’est que mon opinion, et je la partage. Very Happy
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