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Luigi_B
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 7 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Luigi_B le Jeu 17 Jan - 20:35
C'est en dollars et en parité en pouvoir d'achat (PPA). Je suppose (j'espère) en effet qu'ils ont tenu compte des deux statuts.
Elaïna
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 7 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Elaïna le Jeu 17 Jan - 20:52
@Ascagne a écrit:@celitian : Je discutais avec des doctorants et de jeunes docteurs italiens en lettres à un colloque. La plupart me disaient qu'ils préféraient encore la précarité du supérieur, ou un métier sans rapport avec l'enseignement au collège ou au lycée, au secondaire.

Oui et ils s'en mordent les doigts quand ils passent les 30 ans, et qu'ils se rendent compte avec horreur que papa et maman ne peuvent pas tellement les financer (la crise en Europe du Sud, c'est pas un vain mot), qu'ils n'ont rien, ni situation stable, ni possibilité d'acheter un toit (ce qui n'est pas une fin, on est d'accord, mais aide bien quand on est vieux), pas de possibilité d'avoir des enfants ou de se marier (en Europe du Sud, on ne se marie pas si on n'a pas les moyens) (ce n'est pas une fin non plus, mais ça peut être sympa aussi). Je connais pas mal de jeunes chercheurs en Italie et en Espagne, et notamment pour les femmes, c'est une catastrophe humaine et professionnelle. Le gouvernement, lui, ça l'arrange bien : l'université peut continuer à sous-payer en surexploitant les jeunes chercheurs puisqu'il y en aura toujours pour croire que pour eux, ça ira, et que comme l'a promis le mandarin, ils auront le poste.
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 7 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Orlanda le Jeu 17 Jan - 20:52
@Ascagne a écrit:@celitian : Je discutais avec des doctorants et de jeunes docteurs italiens en lettres à un colloque. La plupart me disaient qu'ils préféraient encore la précarité du supérieur, ou un métier sans rapport avec l'enseignement au collège ou au lycée, au secondaire.

Eh bien je dois dire que je trouve ça un peu péteux.

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JayKew
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 7 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par JayKew le Jeu 17 Jan - 20:56
@Luigi_B a écrit:C'est en dollars et en parité en pouvoir d'achat (PPA). Je suppose (j'espère) en effet qu'ils ont tenu compte des deux statuts.

OK, d’accord, c’est plus clair, en effet. Merci pour cette précision.


Dernière édition par JayKew le Jeu 17 Jan - 21:33, édité 1 fois
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pseudo-intello
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 7 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par pseudo-intello le Jeu 17 Jan - 20:57
@Elaïna a écrit:
J'ai été, comme je l'ai dit, élève fonctionnaire stagiaire, à 1150 euros par mois. Sans aide parentale aucune, juste mes petits doigts et mon petit cerveau musclés grâce auxquels je faisais des extras de correction de copies et de cours de soutien. J'avais un loyer à payer (à Paris, donc). J'ai vécu dans des colocs plus ou moins confortables, plus ou moins à l'arrache, d'ailleurs (notamment en sous-louant de façon totalement informelle : oui, je sais ce que c'est de n'avoir aucune possibilité de louer un truc parce qu'on n'a pas le salaire suffisant). Et comme à l'époque mon cher et tendre vivait à l'autre bout de la France, les extras me payaient les allers-retours pour aller le voir. Même en 2004, 1150 euros par mois c'était pas non plus à se rouler par terre.

Mais encore une fois, par rapport à pas mal de mes camarades de lycée, je m'en sors mieux en tant que fonctionnaire que tous ceux qui ont fait des études en sciences humaines et ne sont pas profs. Ceux et celles qui n'ont pas passé le concours sont généralement dans une galère bien supérieure à la mienne et franchement j'aurais honte de me plaindre devant eux.
J'ai des copines qui vivent, au même âge que moi et avec un bac + 5 en lettres ou en histoire (ou psycho, ou socio...), en vendant des chaussures à temps partiel chez Gémo, ce genre de jobs.
Ceux qui s'en sortent plutôt bien niveau revenus ont souvent monté leur boîte et bossent comme des tarés. Je peux vous assurer que c'est une autre paire de manches que d'être fonctionnaire de l'EN.

Je pense, justement, que 'est indigne de voir des fonctionnaires réduits à faire de la coloc ou sous-louer pour habiter non loin de leur lieu de travail.

Quant aux camarades qui travaillent chez Gémo, ton témoignage m'incite surtout à penser que le salaire de prof est absolument indigne : le CAPES de lettres est super facile à obtenir (c'est plus un concours, c'est un examen...), celui d'histoire, moins, mais avec une formation solide, ça passe. Si malgré tout elles préfèrent bosser chez Gémo avec les horaires qui suivent, et le samedi, et moins de vacances, et le fond sonore de la radio à tubes pourris , c'est clairement que le métier de prof n'attire carrément pas. Augmente le traitement de 500 euros, et on verra bien si les difficultés de recrutement ne s’atténuent pas.
J'ajoute qu'on peut difficilement comparer salaires et conditions de vie des gens que tu cites en exemple et les nôtres, car si tes copines ont bien eu un bac + 4 ou 5, elles ont choisi un métier qui ne prend pas cette qualification en compte. Il faut comparer nos salaires et ceux des cadres A de la fonction publique, des cadres du privé, des postes où un niveau d'études comparable au nôtre est exigé. Certes, on trouvera quelques exemples, dans le privé, de métiers qualifiés où l'on ne gagne pas plus que chez nous, mais statistiquement, on est clairement perdants.

Quant aux copines qui ont fait psycho et socio, je ne sais pas comment les choses se passaient dans ton lycée, mais dans le mien, quand j'étais élève, tous les enseignants déconseillaient ces deux voies extrêmement vivement, arguant que le ratio entre le nombre d’étudiants et les débouchés à la sortie étaient horrifiques.
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 7 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Elaïna le Jeu 17 Jan - 20:57
@celitian a écrit:Ok mais préférer être vendeur à temps partiel plutôt que d'essayer les concours de l'EN, c'est vraiment révélateur de l'attrait de nos professions.

Dans le cas des copines auxquelles je pense, elles ont fait des stages, et se sont rendu compte que, maladivement timides (et ce depuis la plus tendre enfance), ça n'allait pas être possible d'enseigner. Elles s'en sont senties physiquement incapables, je pense.
Et après, une fois que vous avez un bac + 5 en lettres classiques dans le Sud de la France, eh bien, pour trouver du boulot, faut se lever tôt. Le temps passe, on enchaîne les trucs pourris où on se fait placardiser après une grossesse ou deux, et on finit vendeuse ou secrétaire dans une centrale d'appel (après avoir traversé la rue un certain nombre de fois...). Du coup oui je persiste à penser qu'en tant qu'ancienne étudiante en sciences humaines, je ne m'en sors pas trop mal. Personne ne m'a placardisée ou virée après mes grossesses. J'ai une situation stable, un salaire qui tombe, et en plus j'ai un poste fixe (cerise sur le gâteau). Et les vacances pour gérer mes propres mioches.
Donc oui, ça va.

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par Mathador le Jeu 17 Jan - 21:10
@William Foster a écrit:La focalisation sur les salaires des néotits' est une erreur. Non pas que leur cas ne soit pas inquiétant, mais on tend la perche à ceux qui nous diront qu'il n'y a pas à payer mieux les "anciens" pisque c'est pire pour les néo.

D'un autre côté, les grilles indiciaires déraisonnablement longues servent de vaseline pour mieux faire passer la réelle dévalorisation de la paye en la compensant pour ceux qui sont déjà dans le système.

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par pseudo-intello le Jeu 17 Jan - 21:11
@Elaïna a écrit:Dans le cas des copines auxquelles je pense, elles ont fait des stages, et se sont rendu compte que, maladivement timides (et ce depuis la plus tendre enfance), ça n'allait pas être possible d'enseigner. Elles s'en sont senties physiquement incapables, je pense.
Et après, une fois que vous avez un bac + 5 en lettres classiques dans le Sud de la France, eh bien, pour trouver du boulot, faut se lever tôt.

Préparer d'autres concours de la FP ? Repartir dans une formation autre ? Ou, si vraiment elles sont trop timides pour enseigner dans le second degré, du moment qu'on considère que les salaires dans l'EN sont viables, passer les concours du premier degré ?

Ceci étant, tu rappelles judicieusement que nous occupons des postes qui ne nécessitent pas seulement un niveau d'études élevé, mais également des (savoir-être Laughing ) aptitudes sociales (que ne possèdent apparemment pas tes copines), un sens de l'organisation et une rigueur (Paul Daedalus, si tu nous lis...), et qu'au vu de tout ce qu'on nous demande, la moindre des choses, ce serait d'n retirer des rémunérations d'un autre niveau.
celitian
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 7 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par celitian le Jeu 17 Jan - 21:13
Ouais enfin honnêtement elles n'ont peut être pas eu le courage de préparer les concours et d'être obligées de partir loin de chez elles pour des conditions de travail et un salaire pas top.
On fait tous des choix plus ou moins bons sur le long terme, je regrette d'avoir passer le concours parce que je m'ennuyais dans mon boulot.
Jenny
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 7 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Jenny le Jeu 17 Jan - 21:18
@GaliNéo a écrit:Donc +300€ pour les parisiens pour qu'ils puissent se loger et rien pour les autres ?

On n'a pas dit ça. Mais une revalorisation conséquente de l'indemnité de résidence ne serait pas du luxe. On vit quand même mieux avec un salaire de prof en province.

Elaïna : oui, enfin on peut aussi trouver du boulot avec un bac+5 en histoire. Certaines entreprises cherchent des candidats qui savent rédiger et ont du mal à en trouver. Il y'a d'autres concours accessibles quand on a fait des études d'histoire.
(J'ai fait complètement autre chose avant et pas mal d'anciens de ma promo de M2 ne sont pas devenus prof d'histoire-géo. C'est peut être plus simple en ayant fait de la contemporaine, je ne sais pas...)
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 7 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Elaïna le Jeu 17 Jan - 21:31
@pseudo-intello a écrit:
Je pense, justement, que 'est indigne de voir des fonctionnaires réduits à faire de la coloc ou sous-louer pour habiter non loin de leur lieu de travail.

Quant aux camarades qui travaillent chez Gémo, ton témoignage m'incite surtout à penser que le salaire de prof est absolument indigne : le CAPES de lettres est super facile à obtenir (c'est plus un concours, c'est un examen...), celui d'histoire, moins, mais avec une formation solide, ça passe. Si malgré tout elles préfèrent bosser chez Gémo avec les horaires qui suivent, et le samedi, et moins de vacances, et le fond sonore de la radio à tubes pourris , c'est clairement que le métier de prof n'attire carrément pas. Augmente le traitement de 500 euros, et on verra bien si les difficultés de recrutement ne s’atténuent pas.
J'ajoute qu'on peut difficilement comparer salaires et conditions de vie des gens que tu cites en exemple et les nôtres, car si tes copines ont bien eu un bac + 4 ou 5, elles ont choisi un métier qui ne prend pas cette qualification en compte. Il faut comparer nos salaires et ceux des cadres A de la fonction publique, des cadres du privé, des postes où un niveau d'études comparable au nôtre est exigé. Certes, on trouvera quelques exemples, dans le privé, de métiers qualifiés où l'on ne gagne pas plus que chez nous, mais statistiquement, on est clairement perdants.

Quant aux copines qui ont fait psycho et socio, je ne sais pas comment les choses se passaient dans ton lycée, mais dans le mien, quand j'étais élève, tous les enseignants déconseillaient ces deux voies extrêmement vivement, arguant que le ratio entre le nombre d’étudiants et les débouchés à la sortie étaient horrifiques.

Pour la première phrase : c'était en réponse à ceux qui semblaient penser que je me roulais dans la thune depuis ma plus tendre enfance. Oui, j'ai eu la chance de faire une prépa tous frais payés par papa et maman, et ensuite, ciao, j'ai été totalement indépendante. Avec 1150 euros. Je n'ai jamais touché un radis de mes parents depuis le jour où j'ai reçu mon premier salaire, pas d'aide pour acheter, pas d'avance sur héritage, pas de donation.

Ah mais je suis entièrement d'accord.
Après les cas que je connais de gens qui ont abandonné la carrière de prof avant ou juste après le concours, c'étaient des gens qui de toute façon auraient été (à ce qu'ils disent, et dans certains cas c'était une évidence depuis la 6e) très malheureux dans cette fonction. Cette copine incapable de parler devant plus de trois personnes, par exemple. Pour les autres filières, ces camarades le savaient très bien, que c'était bouché, mais on ne peut pas interdire à son gamin de tenter sa chance, hein ?
Après, la vie étant ce qu'elle est, ils ont fait un choix, parfois une série de mauvais choix aussi, ajoutés à des aléas personnels qui ont abouti à des situations professionnelles bien loin de ce à quoi ils auraient pu prétendre. Etre vendeuse de chaussures n'est pas forcément un rêve pour tout le monde, clairement.

Enfin, je ne suis pas certaine qu'il n'y ait que la thune qui attire les enseignants. Le discours anti-profs (ces petits bourgeois décalés, inadaptés, qui ne savent rien de la vie, qui ne font rien qu'à vouloir torturer les gamins avec un savoir inutile) est ancien et courant. Donc même à l'époque où les profs avaient un pouvoir d'achat plus élevé (si tant est qu'il ait vraiment été plus élevé qu'aujourd'hui : là encore, la figure du prof pauvre, c'est courant dans la littérature et ça n'est pas qu'une vue de l'esprit), avoir un enfant prof, ça pouvait être très mal vu, et le discours anti-prof s'est prolongé jusqu'à nos jours. Les gamins l'entendent chez eux, et "finir prof" c'est la honte pour pas mal d'entre eux.

J'enseigne dans un endroit où dans l'ensemble les élèves sont courtois et plutôt respectueux, mais j'en ai encore un qui m'a sorti il y a peu, alors qu'on parlait de l'URSS et du fait qu'avec la collectivisation, les paysans ne travaillaient pas pour leur profit personnel mais pour celui de l'Etat, ce qui n'incitait pas à bosser : "ah ouais, du coup ils faisaient leurs fonctionnaires quoi". Je lui ai demandé si je n'allais pas par hasard lui jeter sa copie dans la figure et le balancer, comme une fonctionnaire qui s'en fout, lui, sa chaise et ses affaires, dans le couloir pour ne plus avoir à le supporter, ça lui a fait tout drôle. Un gamin comme ça (pas bien méchant par ailleurs), il ne sort pas ce discours de nulle part. Plein de gens pensent que nous ne foutons rien à part mettre des sales notes aux élèves, et que nous n'en avons strictement rien à foutre de notre travail (tandis qu'eux, en tant que community research manager je ne sais quoi, ils ont un VRAI travail qui EPANOUIT et qui est UTILE). On nous doublerait notre salaire qu'ils penseraient pareil. Le savoir est méprisé, ceux qui le possèdent aussi.


Dernière édition par Elaïna le Jeu 17 Jan - 21:49, édité 2 fois

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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 7 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Elaïna le Jeu 17 Jan - 21:41
@pseudo-intello a écrit:
Préparer d'autres concours de la FP ? Repartir dans une formation autre ? Ou, si vraiment elles sont trop timides pour enseigner dans le second degré, du moment qu'on considère que les salaires dans l'EN sont viables, passer les concours du premier degré ?

Ceci étant, tu rappelles judicieusement que nous occupons des postes qui ne nécessitent pas seulement un niveau d'études élevé, mais également des (savoir-être Laughing ) aptitudes sociales (que ne possèdent apparemment pas tes copines), un sens de l'organisation et une rigueur (Paul Daedalus, si tu nous lis...), et qu'au vu de tout ce qu'on nous demande, la moindre des choses, ce serait d'n retirer des rémunérations d'un autre niveau.

(en réponse à Jenny également).
Evidemment, faire des études d'histoire ou de LC peut mener à autre chose qu'au métier d'enseignant. Mais c'est la galère, surtout en-dehors de la région parisienne où les sièges sociaux qui pourraient recruter des documentalistes, des chargés d'études ou ce genre de trucs, sont moins nombreux (et payent moins bien).
Encore une fois je ne dis pas que mes copines qui n'ont pas passé le concours ont toujours fait les meilleurs choix (mais bon je me vois un peu mal aller leur dire "ah bah moi j'ai réussi nanananère, tu vois c'était quand même pas si compliqué, fallait réfléchir"). Par contre je maintiens que la carrière de prof est quand même plutôt un bon plan par rapport à pas mal d'autres surtout en sciences humaines. En tout cas, en ce qui me concerne, je n'envie même pas mes confrères en poste à la BnF ou aux Archives nationales (ceux qui font les plus belles carrières en termes financiers le plus souvent). Mes 16h au lycée me suffisent amplement, le reste du temps travaillé passé chez moi me convient à merveille et passer 35h dans un bureau me serait extrêmement pénible.

(Et soit dit en passant, comme Orlanda, je trouve moi aussi un peu péteux de dire "tout plutôt que d'être prof dans le secondaire", comme si c'était la déchéance absolue pour Messieurs les Grands Chercheurs).

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Ascagne
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 7 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Ascagne le Jeu 17 Jan - 21:44
@Orlanda a écrit:Eh bien je dois dire que je trouve ça un peu péteux.
Ils ne disaient pas cela en considérant que le supérieur est... supérieur, si vous voyez ce que je veux dire. Je ne peux pas leur jeter la première pierre : j'ai passé l'agrégation parce qu'il le fallait pour la thèse, et je me rends bien compte de ce qu'évoquent @pseudo-intello et @Elaïna à propos des compétences sociales nécessaires dans le secondaire (c'est très difficile pour moi qui suis bien introverti). Il me reste encore à voir si, pour reprendre l'expression d'Elaïna, je serai de toute façon malheureux dans ce métier, notamment pour cette raison, ou si cela se passerait mieux dans d'autres conditions (meilleur cadre, établissement différent, etc.), mais j'ai des doutes sur le deuxième point.
@celitian a écrit:Ouais enfin honnêtement elles n'ont peut être pas eu le courage de préparer les concours et d'être obligées de partir loin de chez elles pour des conditions de travail et un salaire pas top.
Ou on peut tout simplement considérer la raison évoquée comme suffisante, non ?
@Elaïna a écrit:On nous doublerait notre salaire qu'ils penseraient pareil. Le savoir est méprisé, ceux qui le possèdent aussi.
C'est triste, mais plutôt vrai, et il n'y a pas eu autant de rejet des experts, des journalistes, et des détenteurs de savoir par extension, depuis bien longtemps. Mais les enseignants, c'est un cas particulier : tout le monde passe dans sa jeunesse devant toute une série d'enseignants, et ça semble laisser des traces. À part les politiques, je ne vois pas beaucoup d'autres activités où les non-professionnels, les parents d'élèves, se croient permis de nous dire "comment on devrait travailler". Ah, désormais, le métier de journaliste commence à être touché par le phénomène, mais ça n'atteindra sans doute pas ce niveau-là.

@Elaïna a écrit:(Et soit dit en passant, comme Orlanda, je trouve moi aussi un peu péteux de dire "tout plutôt que d'être prof dans le secondaire", comme si c'était la déchéance absolue pour Messieurs les Grands Chercheurs).
Donc je répète : ils ne disaient pas cela dans cette perspective-là du tout.
Je pense même qu'il est préférable de reconnaître qu'on ne veut pas faire ce métier / qu'on n'est pas fait pour cela plutôt que de se complaire dans l'idée qu'on peut "être enseignant dans le secondaire en attendant" quand bien même cela ne nous correspondrait pas... Bon, c'est mon complexe qui parle, sans doute.
Leclochard
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 7 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Leclochard le Jeu 17 Jan - 22:23
@Elaïna a écrit:
@pseudo-intello a écrit:
Je pense, justement, que 'est indigne de voir des fonctionnaires réduits à faire de la coloc ou sous-louer pour habiter non loin de leur lieu de travail.

Quant aux camarades qui travaillent chez Gémo, ton témoignage m'incite surtout à penser que le salaire de prof est absolument indigne : le CAPES de lettres est super facile à obtenir (c'est plus un concours, c'est un examen...), celui d'histoire, moins, mais avec une formation solide, ça passe. Si malgré tout elles préfèrent bosser chez Gémo avec les horaires qui suivent, et le samedi, et moins de vacances, et le fond sonore de la radio à tubes pourris , c'est clairement que le métier de prof n'attire carrément pas. Augmente le traitement de 500 euros, et on verra bien si les difficultés de recrutement ne s’atténuent pas.
J'ajoute qu'on peut difficilement comparer salaires et conditions de vie des gens que tu cites en exemple et les nôtres, car si tes copines ont bien eu un bac + 4 ou 5, elles ont choisi un métier qui ne prend pas cette qualification en compte. Il faut comparer nos salaires et ceux des cadres A de la fonction publique, des cadres du privé, des postes où un niveau d'études comparable au nôtre est exigé. Certes, on trouvera quelques exemples, dans le privé, de métiers qualifiés où l'on ne gagne pas plus que chez nous, mais statistiquement, on est clairement perdants.

Quant aux copines qui ont fait psycho et socio, je ne sais pas comment les choses se passaient dans ton lycée, mais dans le mien, quand j'étais élève, tous les enseignants déconseillaient ces deux voies extrêmement vivement, arguant que le ratio entre le nombre d’étudiants et les débouchés à la sortie étaient horrifiques.

Ah mais je suis entièrement d'accord.
Après les cas que je connais de gens qui ont abandonné la carrière de prof avant ou juste après le concours, c'étaient des gens qui de toute façon auraient été (à ce qu'ils disent, et dans certains cas c'était une évidence depuis la 6e) très malheureux dans cette fonction. Cette copine incapable de parler devant plus de trois personnes, par exemple. Pour les autres filières, ces camarades le savaient très bien, que c'était bouché, mais on ne peut pas interdire à son gamin de tenter sa chance, hein ?
Après, la vie étant ce qu'elle est, ils ont fait un choix, parfois une série de mauvais choix aussi, ajoutés à des aléas personnels qui ont abouti à des situations professionnelles bien loin de ce à quoi ils auraient pu prétendre. Etre vendeuse de chaussures n'est pas forcément un rêve pour tout le monde, clairement.

Oui. La situation de chacun dépend de bien des facteurs. Il suffit de pas grand'chose pour que nos conditions de vie changent et qu'on perçoive les choses autrement.
Ce qui me frappe dans le sujet, c'est la puissance de l'effet générationnel. Au début des années 2000, un couple d'enseignants devenaient propriétaires d'un logement correct sans se ruiner. Aujourd'hui, c'est un rêve (ou un cauchemar quand je pense à ce collègue qui rembourse 1500 euros pendant 20 ans pour s'offrir une maison d'ouvriers des années 30 à côté de Paris: j'ai imaginé le pavillon de la famille Henrouille quand il me l'a montré en photo !)
La paupérisation de la profession parallèlement au renchérissement de l'immobilier a crée des situations catastrophiques pour reprendre le mot de RogerMartin et pas seulement à Paris: Bordeaux ou Lyon sont des marchés aussi difficiles que la banlieue parisienne.

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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 7 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Mathador le Jeu 17 Jan - 22:43
@Ascagne a écrit:
@Orlanda a écrit:Eh bien je dois dire que je trouve ça un peu péteux.
Ils ne disaient pas cela en considérant que le supérieur est... supérieur, si vous voyez ce que je veux dire. Je ne peux pas leur jeter la première pierre : j'ai passé l'agrégation parce qu'il le fallait pour la thèse, et je me rends bien compte de ce qu'évoquent @pseudo-intello et @Elaïna à propos des compétences sociales nécessaires dans le secondaire (c'est très difficile pour moi qui suis bien introverti). Il me reste encore à voir si, pour reprendre l'expression d'Elaïna, je serai de toute façon malheureux dans ce métier, notamment pour cette raison, ou si cela se passerait mieux dans d'autres conditions (meilleur cadre, établissement différent, etc.), mais j'ai des doutes sur le deuxième point.
Je pense qu'il est intéressant de te demander si tu es prêt, dans des conditions convenables (celle que tu as connues comme élève , peut-être ?), à garder en permanence un minimum de vigilance et de réactivité sur les écarts de comportement des élèves. Si tu cèdes régulièrement à la tentation d'en passer sous le tapis, même un bon CDE aura du mal à t'aider.

@Ascagne a écrit:C'est triste, mais plutôt vrai, et il n'y a pas eu autant de rejet des experts, des journalistes, et des détenteurs de savoir par extension, depuis bien longtemps. Mais les enseignants, c'est un cas particulier : tout le monde passe dans sa jeunesse devant toute une série d'enseignants, et ça semble laisser des traces. À part les politiques, je ne vois pas beaucoup d'autres activités où les non-professionnels, les parents d'élèves, se croient permis de nous dire "comment on devrait travailler". Ah, désormais, le métier de journaliste commence à être touché par le phénomène, mais ça n'atteindra sans doute pas ce niveau-là.
Quand on voit certains « gilets jaunes », j'ai quelques doutes sur la dernière partie de la phrase.

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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 7 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Mathador le Jeu 17 Jan - 22:50
@Leclochard a écrit:La paupérisation de la profession parallèlement au renchérissement de l'immobilier a crée des situations catastrophiques pour reprendre le mot de RogerMartin et pas seulement à Paris: Bordeaux ou Lyon sont des marchés aussi difficiles que la banlieue parisienne.

À Vienne (Isère), à 20 min de train de Lyon (avec le choix entre Perrache, Part-Dieu et Jean-Macé), on trouve des 2 pièces à 50K-60K… on est loin de trouver ces prix à 20 minutes en RER de Paris.

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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 7 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Ascagne le Jeu 17 Jan - 22:56
@Mathador a écrit:Quand on voit certains « gilets jaunes », j'ai quelques doutes sur la dernière partie de la phrase.
On peut se rassurer en disant qu'il y a moins de journalistes que d'enseignants. Neutral

Pour revenir au sujet, je pense qu'en effet, le sujet du salaire des enseignants revient quand même de plus en plus fréquemment dans la presse, mais est-ce que cela fait bouger l'opinion ?
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 7 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Avatar des Abysses le Jeu 17 Jan - 23:01
@Yazilikaya a écrit:
@Ascagne a écrit:Regarder les salaires des pays équivalents, ou considérer la moyenne à partir de ces différents pays, donne une idée d'un salaire qui serait plus attractif. Néanmoins, on ne peut pas faire fi des différences de statut et d'organisation par rapport à ces autres pays. Par exemple, si je ne me trompe pas, les enseignants allemands gagnent plus... mais enseignent plus, surtout au primaire. Et les deux systèmes éducatifs sont bien différents, dans leur organisation, dans la formation des enseignants, qui me semblent bien plus nombreux à enseigner au moins deux disciplines.

raté: plus d'heures et moins bien payés.
Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 7 Heure10

Je trouve que le nombre d'heures travaillées en Finlande ainsi qu'en Corée ( 2 pays complètement inconnus au classement PISA ) est assez révélateur.

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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 7 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par e-Wanderer le Jeu 17 Jan - 23:27
@Elaïna a écrit:
(Et soit dit en passant, comme Orlanda, je trouve moi aussi un peu péteux de dire "tout plutôt que d'être prof dans le secondaire", comme si c'était la déchéance absolue pour Messieurs les Grands Chercheurs).
Je préfère être honnête et le dire tout de suite : personnellement, si je n'avais pas eu de poste à l'université, j'aurais bifurqué. Ce n'est pas du mépris ou de la condescendance, loin de là, car j'admire très sincèrement, sans le moindre soupçon d'ironie, les jeunes collègues qui se farcissent 10 ans de TZR à 500 km de chez eux. Simplement, j'ai choisi mon métier surtout pour la recherche : j'aime bien enseigner, mais ce n'est absolument pas une "vocation" et surtout j'aurais du mal à ne faire que ça. Donc si en plus c'est pour enseigner dans de mauvaises conditions, non merci (et c'est malheureusement le lot de la plupart des jeunes professeurs). J'apprécie aussi énormément dans le supérieur de ne pas avoir véritablement de chef et je pense que j'aurais eu du mal à supporter l'inspection, le CDE, les directives absurdes.

J'avais du reste commencé à regarder autour de moi à la fin de ma thèse et de mon monitorat : un de mes amis proches avait monté une boîte d'organisation de concerts et il cherchait un bras droit, c'est le genre de choses qui aurait pu me convenir. J'aurais aussi très bien pu rester à l'endroit où j'avais fait mon service militaire (c'était la fin du service national obligatoire et ils cherchaient de toute façon quelqu'un pour me remplacer) : des cours intéressants en formation continue la moitié de l'année auprès d'un public adulte et motivé (et le reste du temps une très grande liberté, la possibilité d'évoluer dans la carrière et d'avoir des postes intéressants à l'étranger, un salaire proche du double de celui d'un agrégé débutant dans l'EN : bref, beaucoup d'avantages). Autre possibilité encore : j'avais été contacté pendant mes études par l'Assemblée Nationale pour suivre une formation afin de devenir rédacteur des débats. J'imagine que ça ne doit pas être folichon tous les jours d'écouter les échanges enflammés sur le prix de la banane martiniquaise et de devoir retranscrire en langage diplomatique les noms d'oiseaux que s'envoient nos chers élus, mais bon, c'est (très) bien rémunéré et c'est un boulot qui ne prend que la moitié de l'année et qui laisse donc un temps libre considérable. En somme, voilà les pistes principales que j'envisageais à l'époque. J'espère que je ne choque personne…

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par pseudo-intello le Jeu 17 Jan - 23:44
Au contraire, merci pour toutes ces possibilités que je n'aurais même pas imaginées ! Si ça peut donner des idées à certains...
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par Elaïna le Ven 18 Jan - 0:21
Secrétaire des débats à l'assemblée, j'ai une amie qui l'est devenue. Le concours est très exigeant. C'est un boulot extrêmement pénible par ailleurs (bah oui parce que quand les débats ont lieu la nuit, on reste). Quand on a de petits enfants, c'est pas évident.

A titre personnel, ce que j'entends quand j'écoute les jeunes chercheurs me dire "tout sauf le secondaire", c'est surtout de la pitié, en fait. On voit des jeunes gens passionnés par la recherche et d'une grande naïveté. Parce que bien souvent, le discours qui est derrière, c'est que "pour moi, il y aura un poste". On a beau les prévenir (les postes sont rares, de plus en plus rares...), rien n'y fait. On leur demande pourquoi ils passent l'agreg. Ils ne comprennent pas que ce sont les lycéens qui les attendent. Mais il faudrait aussi questionner les discours fort condamnables de certains directeurs de recherche qui promettent beaucoup et laissent tomber ensuite leurs doctorants.

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par pseudo-intello le Ven 18 Jan - 0:30
@Elaïna a écrit:Secrétaire des débats à l'assemblée, j'ai une amie qui l'est devenue. Le concours est très exigeant. C'est un boulot extrêmement pénible par ailleurs (bah oui parce que quand les débats ont lieu la nuit, on reste). Quand on a de petits enfants, c'est pas évident.

Faut avoir un conjoint gagne-petit, prof du secondaire, qui sera toujours là à 18h pour les marmots. Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 7 437980826
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par Audrey le Ven 18 Jan - 1:29
@Ponocrates a écrit:
@Ascagne a écrit:@Kagome : Concernant l'enseignement de plusieurs matières, je fais la remarque que les professeurs de LC, censés être trivalents, sont utilisés la plupart du temps comme des bivalents (pas de grec) ou comme enseignants de français tout court.
La faute à qui ! Audrey n'a pas intérêt à passer par ici, elle risque d'avoir une attaque.

Je viens de passer... une attaque par rapport à quoi? Désolée, je n'ai pas bien compris...

Sinon, je trouve évidemment moi aussi que nous sommes minablement payés en regard de notre travail, de notre formation, de nos collègues des autres ministères, et de l'augmentation du coût de la vie/inflation...
Je disais justement à une collègue cet aprèm que je vivais mieux il y a 10 ans de ça bien qu'étant 2 voire 3 (je commence à perdre la mémoire...) échelons en dessous...

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B.V., aka Beuglato Vociferature,
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Divinité Tarpéienne dont le culte subsiste en Bresse.
Elle protège les orateurs et les sophistes pro-Bayrou.
On peut invoquer sa fureur en lui sacrifiant des laitues vierges.
Identifiée à Boudicca, elle est représentée sur un char Clio orné de noeuds rouges en tulle.
Audrey
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par Audrey le Ven 18 Jan - 1:35
@Une passante a écrit:
@ycombe a écrit:Il y a quelques années, il y avait eu un rapport ou une mission sur les rémunérations des enseignants qui disait en gros que la plupart des enseignants étaient des enseignantes, que leur mari gagnait en général plus qu'elles et que donc il n'y avait pas de raison d'augmenter les rémunérations des enseignants.

(Si quelqu'un se souvient de ça, je ne retrouve pas la source).

Il me semble que le rapport était de 2002 ou 2007, mais je n'arrive pas à trouver....

C'était bien dans le rapport Pochard.

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par Ascagne le Ven 18 Jan - 1:39
@Elaïna : Il n'y a pas que des naïfs, tout de même. On peut aussi passer l'agrégation en sachant pertinemment que le poste à l'Université, lui, c'est pour bien plus tard dans la carrière, ou jamais. Il suffit de regarder les CV de jeunes docteurs brillants et méritants (les normaliens, et ceux qui parviennent à être très productifs, malgré des statuts changeants) pour s'en rendre compte. D'autres professeurs et MCF peuvent, au contraire, montrer un excès de prudence face aux aspirants doctorants : il y a de tout. Je pense que le problème vient plutôt du fait de supposer que la voie du secondaire serait forcément adéquate à des personnes qui aiment avant tout la recherche ou l'enseignement dans sa dimension universitaire.
En tout cas, ma directrice de recherche (et d'autres) disaient plutôt 1) que l'agrégation est nécessaire pour espérer le contrat doctoral et en tout cas, plus tard, un poste de MCF une fois docteur ; 2) qu'il n'y a pas de garanties de postes universitaires (ensuite il suffit d'être lucide pour voir où on se place en matière de concurrence entre doctorants et docteurs) ; 3) qu'il faut avoir un gagne-pain ou une perspective de travail assuré pour se lancer dans le doctorat.
Reste que si on se rend compte que l'enseignement secondaire, cela ne fonctionne pas, on peut, comme tout autre enseignant, bifurquer, être détaché, se reconvertir, etc., même si c'est loin d'être facile. Que le doctorat en cours puis que le diplôme ne soient pas transmuables en un poste universitaire temporaire puis fixe comme par magie, il faut l'intégrer, nécessairement. Si on fait une bonne thèse, ce que le doctorat ouvre, c'est la possibilité d'être chercheur associé, d'avoir une activité de recherche... à côté d'un métier, donc sur son temps libre... et de faire des vacations. C'est à peu près ce que je disais aux étudiants qui me posaient parfois des questions à propos du doctorat : j'espère ne pas trop me tromper. Désolé pour le HS.

@Ponocrates : Je ne comprends pas moi non plus, il y avait quelque chose qui clochait dans ma phrase ? Je veux savoir ! Wink
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par Elaïna le Ven 18 Jan - 1:41
@pseudo-intello a écrit:
@Elaïna a écrit:Secrétaire des débats à l'assemblée, j'ai une amie qui l'est devenue. Le concours est très exigeant. C'est un boulot extrêmement pénible par ailleurs (bah oui parce que quand les débats ont lieu la nuit, on reste). Quand on a de petits enfants, c'est pas évident.

Faut avoir un conjoint gagne-petit, prof du secondaire, qui sera toujours là à 18h pour les marmots. Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 7 437980826

Ouais voilà ^^
(moins rigolo, je crois qu'elle avait aussi développé un grave trouble musculo squelettique à force de passer des heures crispée sur l'ordi).

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