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Loreleii
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 4 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Loreleii le Jeu 17 Jan 2019 - 0:10
Et on fait quoi ? On ne se révolte pas ?
Il y a un truc que je ne comprends pas sur notre forum. J'ai cru comprendre qu'il n'était pas autorisé de parler des stylos rouges. Pourtant, il y a eu des sujets sur les grèves, sur les syndicats, sur la politique ...
Je dois être naïve, mais 65 000 collègues en colère qui se regroupent pour demander à être correctement payés et vivre décemment de leur travail, ça me donne de l'espoir.
On est sur un forum de profs et on ne parle presque pas de ce mouvement et ça me désole ...
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Bouboule
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par Bouboule le Jeu 17 Jan 2019 - 0:11
@Loreleii a écrit:Et on fait quoi ? On ne se révolte pas ?
Il y a un truc que je ne comprends pas sur notre forum. J'ai cru comprendre qu'il n'était pas autorisé de parler des stylos rouges. Pourtant, il y a eu des sujets sur les grèves, sur les syndicats, sur la politique ...
Je dois être naïve, mais 65 000 collègues en colère qui se regroupent pour demander à être correctement payés et vivre décemment de leur travail, ça me donne de l'espoir.
On est sur un forum de profs et on ne parle presque pas de ce mouvement et ça me désole ...

Tu n'as pas bien lu ce que la modération a expliqué ;-)
Loreleii
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par Loreleii le Jeu 17 Jan 2019 - 0:12
Non, je n'ai pas vu. Tu peux m'en dire plus ?
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Bouboule
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 4 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Bouboule le Jeu 17 Jan 2019 - 0:19
@Loreleii a écrit:Non, je n'ai pas vu. Tu peux m'en dire plus ?


Ouh la la, moi je suis comme nos élèves, je lis un truc et ne suis pas capable de le réécrire avec précision donc je préfère ne pas déformer.
Il y a plein de fils en plus alors je ne sais plus dans lequel. En tapant "stylos rouges" dans le moteur de recherche, on a ceux-là et d'autres :

http://www.neoprofs.org/t121648-discussion-autour-de-la-mediatisation-des-stylos-rouges?highlight=stylos

http://www.neoprofs.org/t121405-apres-les-gilets-jaunes-et-les-gyros-bleus-les-stylos-rouges?highlight=stylos
Loreleii
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par Loreleii le Jeu 17 Jan 2019 - 0:23
Merci. J'irai voir demain. Là, c'est l'heure d'aller dormir, demain y a collège !
henriette
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 4 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par henriette le Jeu 17 Jan 2019 - 0:28
Moralité, avant de protester, c'est pas plus mal de se renseigner...
Merci à Bouboule d'avoir donné les liens, et donc de poursuivre la discussion sur les stylos rouges sur le fil ad hoc, après avoir pris connaissance des demandes de la modération à ce sujet.

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pseudo-intello
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 4 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par pseudo-intello le Jeu 17 Jan 2019 - 1:15
On peut parler des stylos rouges, à condition de rester dans le cadre de la charte. Wink

Un fil est ouvert (un autre est verrouillé, mais je pense qu'on peut encore le consulter).
Ascagne
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par Ascagne le Jeu 17 Jan 2019 - 1:21
@cassiopella a écrit:D'après mon expérience, les seuls studios en IdF qui sont autours de 600 sont dans la 5ième zone. Chouette, 2h-4h de transport par jour...
À part si l'on travaille dans cette même zone. C'est mon cas. J'ai un appartement très vaste pour plus de 600 €, et je suis à moins de 15 minutes à pieds du lycée où je travaille. Je suis donc objectivement chanceux par rapport à bien des collègues ici, allez-vous dire.
Évidemment, en retour, le cadre n'est, disons, pas adapté à quelqu'un qui n'a pas le permis (flemme, mais aussi peur du volant, ce qui est autre chose) et sans voiture, faire les courses n'est pas pratique (un Carrefour City où les prix sont chers à 2km, zone commerciale en périphérie, certes, mais pas de liaison sûre à pied, en vélo ou en transport en commun régulier jusque là). Étant pas mal introverti, je n'ai pas de vie sociale stable en dehors du travail, mes perspectives sont "en pause" à part durant les vacances, quand je retourne voir les proches (ce qui m'est indispensable - mais les prix des billets sont chers).

Étant agrégé, je suis favorisé en termes de salaire par rapport aux collègues certifiés... mais on évalue souvent les choses d'après sa propre situation, n'est-ce pas. Ce qui me pèse, c'est avant tout la perte de sens complète par rapport au métier, face à des classes et à des situations difficiles. Je ne suis pas sûr qu'un meilleur salaire la compenserait. Je suis sorti de beaucoup de "cours" en me demandant "Mais qu'est-ce que je fais là". Pour l'instant, mon expérience du secondaire est concurrente d'une dépression qui a été lourde l'an dernier, et d'une déprime continue qui me pèse encore : j'aurais déjà arrêté si je n'étais pas par ailleurs doctorant.
Il me semble clair qu'il faudrait, évidemment, améliorer la rémunération, avant tout des professeurs des écoles et des certifiés et équivalents, mais ça ne règle pas ces autres sortes de problèmes.
Pourquoi 3,14159
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par Pourquoi 3,14159 le Jeu 17 Jan 2019 - 7:54
Tous les ans aux mois de janvier et juillet, au moins, nous avons le droit aux augmentations traditionnelles (péages, électricité, gaz, cigarette, taxe carburant, consultation médicale, timbre, etc...) mais jamais de nos traitements. Pourquoi monter un observatoire ? A part jouer la montre !

J'attends avec impatience ma fiche de paye de janvier avec notre nouvelle diminution noyée dans le prélèvement de l'impôt à la source. Notre budget loisirs/vacances est quasi inexistant depuis bien des années, sur quoi vais-je devoir encore rogner ? Professeur, je suis presque toujours à la limite du découvert à la fin du mois... je n'aurais jamais imaginé cela en passant le concours Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 4 2950807625

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par Elaïna le Jeu 17 Jan 2019 - 8:27
@Lisak35 a écrit:Par ailleurs cela fait plusieurs fois que je remarque sur ce forum que tu n'as pas l'air de comprendre que ta situation est particulière : agrégée, domiciliée ailleurs qu'en IDF, un conjoint qui gagne bien sa vie (et tant mieux !); comment ne peux-tu pas conprendre que ta situation ne reflète absolument pas celle de tous les profs en début de carrière célibataires dont j'ai parlé plus haut. Dans un de mes anciens établissements un perdir est marié à une personne qui se trouve à la tête d'une des plus grosses boites françaises (on parle de salaire mensuel à 5 chiffres là), donc évidemment ce perdir n'est pas vraiment concerné par les problèmes financiers des néotits, pour autant, d'après les anciens collègues elle est très compréhensive et n'exprime aucun mépris comme tu le fais souvent selon moi sur ce forum... Moi aussi en tant que néo-tit', je vis pas trop mal car je suis encore aidée par ma famille, n'empêche que lorsque je dois payer mes factures médicales, c'est souvent très tendu jusqu'au remboursement (je pioche dans un héritage reçu il y a plusieurs années, sinon ce serait le gros découvert assuré).
Concernant les établissments difficiles, tu en connais beaucoup des néo-tit affectés par exemple à HIV (pour ceux qui sont dans l'académie de Paris) parce que moi ce que j'ai vu c'est plutôt la Goutte d'or et cie, hein...

- je suis agrégée mais j'ai été élève fonctionnaire puis allocataire monitrice puis demi-ATER. ça veut dire, en d'autres termes, que j'ai vécu de 20 à 28 ans avec 1150 euros par mois à quelques euros près. Et même un enfant, pendant ce temps. Et un conjoint qui a été bien longtemps stagiaire ou en CDD très mal payé. Wouhou trop de richesse. Donc oui la situation du jeune prof en IdF je connais, merci (à te lire on croirait que j'ai hérité d'une grosse fortune : spoiler alert : NON : mes parents sont encore en vie et pour longtemps j'espère).
- pour la question des thunes : ben écoute on fait 50/50 avec mon mari sur tous les frais, des vacances à la garde des enfants en passant par le crédit pour la baraque. On a toujours fait comme ça. Alors oui on a une maison convenable dans un endroit qui nous convient, mais qui, quand on a acheté, était réputé "banlieue pourrie", sauf qu'on a eu l'idée d'aller contre les préjugés et qu'on s'est rendu compte qu'en fait c'était tout à fait vivable et que l'image de banlieue pourrie que notre ville se traîne en raison des émeutes de 1991 est bien un mythe. Ah, c'est sûr que si on avait absolument voulu continuer à habiter à Paris ou dans la petite couronne comme pas mal de Parisiens qui frémissent d'horreur à entendre parler de banlieue, on n'aurait pas le même espace. Maison achetée grâce à l'héritage qu'a reçu mon mari. Si on n'avait pas eu cet héritage, on aurait plus petit, oui, bien sûr, mais on aurait quelque chose de tout à fait correct qui dépasse le 20m2. Donc là encore les clichés sur la vie francilienne ça va bien au bout d'un moment.
- sur les établissements, je maintiens qu'on peut très bien avoir en Ile de France quelque chose de tout à fait correct. Personnellement j'ai eu mon premier poste fixe du premier coup dans un lycée tout à fait convenable avec quelques dizaines de points. Le niveau était assez nul, tout le monde le reconnaissait, mais dans l'ensemble on avait des élèves courtois, une ambiance sereine, on arrivait à faire le job dans l'ensemble. Non, j'ai pas eu Louis le Grand. Mais c'était pas non plus la mine. Il n'y a pas d'un côté les lycées élitistes et de l'autre les poubelles. J'ai un certain nombre d'amis profs, forcément, et il y a autant de situations que de personnes. Il y a des TZR contents de leur condition, des titulaires qui galèrent dans leur bahut pourri, des titulaires ravis, des TZR qui n'en peuvent plus des trajets, des titulaires qui ont 2h30 de trajet mais aiment leur lycée ou leur collège et veulent y rester malgré tout, etc.

Encore une fois, faire la course au misérabilisme (nous sommes misérables, les conditions de boulot sont un enfer), c'est vraiment décrédibiliser la parole des enseignants. Sur Facebook je suis dans un groupe qui parle de gestion budgétaire et de minimalisme, et LA, on voit des gens qui font des horaires pourris de nuit le tout pour même pas un smic (et parmi ces genss-là, il y en a aussi qui ont fait des études hein), avec deux ou trois enfants, un conjoint qui se retrouve brutalement au chômage, et qui plongent dans la misère. Dire qu'avec un salaire de prof fonctionnaire on est misérable, c'est vraiment se foutre de ces gens-là. On passe pour des privilégiés qui se plaignent pour pas grand chose. Pointer des problèmes, oui. Enfiler des clichés façon Zola, faut pas charrier non plus.



Mais maintenant si on est là pour enfiler les clichés sur la région parisienne, je vous laisse continuer.

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par Elaïna le Jeu 17 Jan 2019 - 8:34
@ycombe a écrit:Il y a quelques années, il y avait eu un rapport ou une mission sur les rémunérations des enseignants qui disait en gros que la plupart des enseignants étaient des enseignantes, que leur mari gagnait en général plus qu'elles et que donc il n'y avait pas de raison d'augmenter les rémunérations des enseignants.

(Si quelqu'un se souvient de ça, je ne retrouve pas la source).

Je m'en souviens aussi. Le type qui avait fait son enquête avait dû rester dans la petite couronne de Paris et des grandes villes. Dès qu'on quitte les grandes villes et leurs banlieues immédiates, le salaire du prof c'est souvent le gros salaire de la famille.

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par Celadon le Jeu 17 Jan 2019 - 8:45
Non mais c'est incroyable ! Ils se gênent pour s'augmenter même si leur conjoint gagne bien sa vie ? Quel rapport ?? De toute façon le couple paiera des impôts en conséquence. Mais c'est dingue de rendre des conclusions aussi partiales et peu documentées, qui entraînent des décisions multidécennales !!!
Luigi_B
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par Luigi_B le Jeu 17 Jan 2019 - 9:06
@Elaïna a écrit:- sur les établissements, je maintiens qu'on peut très bien avoir en Ile de France quelque chose de tout à fait correct. Personnellement j'ai eu mon premier poste fixe du premier coup dans un lycée tout à fait convenable avec quelques dizaines de points. Le niveau était assez nul, tout le monde le reconnaissait, mais dans l'ensemble on avait des élèves courtois, une ambiance sereine, on arrivait à faire le job dans l'ensemble. Non, j'ai pas eu Louis le Grand. Mais c'était pas non plus la mine. Il n'y a pas d'un côté les lycées élitistes et de l'autre les poubelles.
Agrégée et premier poste fixe et en lycée, qui plus est tranquille. Ajoutons que tu vis en couple et que tu as eu la chance de pouvoir hériter : je ne sais pas si tu mesures à quel point ton cas est atypique.

On connaît tous, et pas seulement sur Facebook, des non-enseignants qui sont dans des situations pires. Mais constater la dégradation significative du pouvoir d'achat des enseignants n'est pas du "misérabilisme" : ce discours culpabilisant, malgré l'évidence pourtant criante, explique d'ailleurs beaucoup de notre consentement depuis des décennies.
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 4 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Fires of Pompeii le Jeu 17 Jan 2019 - 9:10
Je pense qu'il ne faut pas aller dans les clichés, c'est clair. Mais dire qu'on est mal payés n'en est pas un. Et moi, certes mon conjoint gagne sa vie mieux que moi, mais en réalité si je fais le compte voici la réalité : avec mon salaire d'agrégée, dans la ville dans laquelle je vis et que j'adore, je ne pourrais avoir qu'un studio (si je regarde le prix des locations et que je divise mon salaire par trois). Et on n'est pas à Paris. Je trouve ça grave, oui, par rapport à notre formation universitaire, et à l'importance ne serait-ce que symbolique de notre métier. Et si on rajoute le fait que c'est un métier difficile - même quand l'établissement est bien, il faut avoir les nerfs, être maître de l'arène -, voire affreux pour certains collègues, alors le salaire est minable.

Quand j'ai commencé, je gagnais 1500 nets. Bien sûr, c'est mieux que le salaire de mes parents même en fin de carrière. Mais je ne compare pas avec ce qui n'est pas comparable. Eux, pour qui devenir professeur est un marqueur d'ascension sociale, sont tombés de hauts quand je leur ai dit ça. Bon ils ont dit ensuite "ce n'est pas si mal pour commencer, tu vas gagner plus bientôt", mais tout de même. Avec ce salaire, et si j'avais été seule, je ne pouvais pas me loger où je le voulais et décemment.

Je n'arrête pas de penser aussi à l'indépendance qui est pour moi quelque chose de fondamental. Or, avec les prix en IDF, je sais bien que je "dépends" de mon conjoint, dans la mesure où je ne pourrais pas assumer toutes les charges sans lui. Alors bien sûr, ça va parce qu'il est là, que tout va bien, qu'on peut toujours revendre notre appart, que s'il arrive un truc l'assurance du crédit est là. D'accord. On a fait tout ça aussi parce qu'on est deux. Mais voilà. La femme libre au fond de moi reste perplexe.

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par William Foster le Jeu 17 Jan 2019 - 9:13
@Luigi_B a écrit:On connaît tous, et pas seulement sur Facebook, des non-enseignants qui sont dans des situations pires. Mais constater la dégradation significative du pouvoir d'achat des enseignants n'est pas du "misérabilisme" : ce discours culpabilisant, malgré l'évidence pourtant criante, explique d'ailleurs beaucoup de notre consentement depuis des décennies.

Cela a même été un argument employé lors de la réforme du collège, et qui sera vraisemblablement utilisé pour celle du lycée : le "y'a pire ailleurs". Le pire se mesurant sur des critères différents d'un endroit à l'autre afin de s'assurer de l'éternelle présence d'un pire.

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Tout le monde me dit que je ne peux pas faire l'unanimité.
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par Marcelle Duchamp le Jeu 17 Jan 2019 - 9:44
Juste à titre de comparaison: 
Dans les années 1990, j’étais tres amie avec une fille de profs. Ses parents enseignaient en lycée mais seule sa maman était agrégée. Ils se sont installées dans le quartier de mes parents et ont acheté une jolie maison avec de mémoire 3 chambres, une salle de bain, un jardin qui était suffisamment grand pour que mon amie ait une balançoire et un toboggan. Ils partaient en vacances toutes les semaines: le ski à Noël ou février, à l’etranger pendant les grandee vacances. Les 2 enfants étaient habillés de marque dans une boutique très chère de ma ville. 
Aujourd’hui, je me demande quel  couple de profs peut avoir la même vie presque 30 ans plus tard...
celitian
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par celitian le Jeu 17 Jan 2019 - 9:48
+1 toujours pour comparer
Je n'ai qu'à regarder mon cas, enseignante depuis 25 ans, début certifiée en IDF j'avais pu, avec mon seul salaire, acheter un appart sans conjoint/héritage de plus de 40m² à 5 stations de Montparnasse, maintenant je ne sais même pas si une location serait possible dans le même coin.
Lorsque l'on voit que les débutants peuvent prétendre à la prime d'activité, la dégradation de nos salaires est évidente.
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par Orlanda le Jeu 17 Jan 2019 - 9:49
@Marcelle Duchamp a écrit:Juste à titre de comparaison: 
Dans les années 1990, j’étais tres amie avec une fille de profs. Ses parents enseignaient en lycée mais seule sa maman était agrégée. Ils se sont installées dans le quartier de mes parents et ont acheté une jolie maison avec de mémoire 3 chambres, une salle de bain, un jardin qui était suffisamment grand pour que mon amie ait une balançoire et un toboggan. Ils partaient en vacances toutes les semaines: le ski à Noël ou février, à l’etranger pendant les grandee vacances. Les 2 enfants étaient habillés de marque dans une boutique très chère de ma ville. 
Aujourd’hui, je me demande quel  couple de profs peut avoir la même vie presque 30 ans plus tard...

Mais tu ignores de quel patrimoine les parents ont pu hériter. L’achat d’une jolie maison ne repose pas souvent sur les seuls salaires.

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par Bouboule le Jeu 17 Jan 2019 - 9:58
@Marcelle Duchamp a écrit:Juste à titre de comparaison: 
Dans les années 1990, j’étais tres amie avec une fille de profs. Ses parents enseignaient en lycée mais seule sa maman était agrégée. Ils se sont installées dans le quartier de mes parents et ont acheté une jolie maison avec de mémoire 3 chambres, une salle de bain, un jardin qui était suffisamment grand pour que mon amie ait une balançoire et un toboggan. Ils partaient en vacances toutes les semaines: le ski à Noël ou février, à l’etranger pendant les grandee vacances. Les 2 enfants étaient habillés de marque dans une boutique très chère de ma ville. 
Aujourd’hui, je me demande quel  couple de profs peut avoir la même vie presque 30 ans plus tard...

J'imagine que les couples d'agrégés doivent pouvoir y arriver ?
Mathador
Mathador
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 4 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Mathador le Jeu 17 Jan 2019 - 10:16
@Luigi_B a écrit:
@Elaïna a écrit:- sur les établissements, je maintiens qu'on peut très bien avoir en Ile de France quelque chose de tout à fait correct. Personnellement j'ai eu mon premier poste fixe du premier coup dans un lycée tout à fait convenable avec quelques dizaines de points. Le niveau était assez nul, tout le monde le reconnaissait, mais dans l'ensemble on avait des élèves courtois, une ambiance sereine, on arrivait à faire le job dans l'ensemble. Non, j'ai pas eu Louis le Grand. Mais c'était pas non plus la mine. Il n'y a pas d'un côté les lycées élitistes et de l'autre les poubelles.
Agrégée et premier poste fixe et en lycée, qui plus est tranquille. Ajoutons que tu vis en couple et que tu as eu la chance de pouvoir hériter : je ne sais pas si tu mesures à quel point ton cas est atypique.

On connaît tous, et pas seulement sur Facebook, des non-enseignants qui sont dans des situations pires. Mais constater la dégradation significative du pouvoir d'achat des enseignants n'est pas du "misérabilisme" : ce discours culpabilisant, malgré l'évidence pourtant criante, explique d'ailleurs beaucoup de notre consentement depuis des décennies.
C'est de toute façon hors sujet, car on ne rémunère pas les gens selon leurs besoins mais selon leur travail (excepté pour le SFT). Et là-dessus, il est clair que la rémunération de tous les enseignants, agrégés et maîtres de conférences inclus, est indigne de la catégorie A à laquelle ils appartiennent à juste titre (tâches d'encadrement, même s'il ne s'agit pas d'adultes comme dans d'autres administrations, et fortes exigences en termes d'organisation et de planification). Et qu'elle est insuffisante non seulement sur le principe mais aussi dans la pratique (difficultés de recrutement). Tout cela est une conséquence d'une prolongation des parcours d'études des jeunes qui dépasse ce que les gouvernements sont prêts à financer ainsi que, pour certains de ces jeunes, la durée d'études dont ils sont en mesure de tirer profit.


Dernière édition par Mathador le Jeu 17 Jan 2019 - 10:18, édité 1 fois

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par Pourquoi 3,14159 le Jeu 17 Jan 2019 - 10:17
Il y a trente ans, entre collègues anciens et débutants, nous décidions sans réfléchir une seconde de faire une soirée resto/bowling et tout le monde était partant. Aujourd'hui, les débutants calculent pour savoir s'ils peuvent, ceux avec des enfants calculent le coût de la garde d'enfants, les anciens n'ont pas fini de payer la maison et calculent aussi... est la soirée ne se fait pas !

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par Orlanda le Jeu 17 Jan 2019 - 10:49
@Fires of Pompeii a écrit:Je pense qu'il ne faut pas aller dans les clichés, c'est clair. Mais dire qu'on est mal payés n'en est pas un. Et moi, certes mon conjoint gagne sa vie mieux que moi, mais en réalité si je fais le compte voici la réalité : avec mon salaire d'agrégée, dans la ville dans laquelle je vis et que j'adore, je ne pourrais avoir qu'un studio (si je regarde le prix des locations et que je divise mon salaire par trois). Et on n'est pas à Paris. Je trouve ça grave, oui, par rapport à notre formation universitaire, et à l'importance ne serait-ce que symbolique de notre métier. Et si on rajoute le fait que c'est un métier difficile - même quand l'établissement est bien, il faut avoir les nerfs, être maître de l'arène -, voire affreux pour certains collègues, alors le salaire est minable.

Quand j'ai commencé, je gagnais 1500 nets. Bien sûr, c'est mieux que le salaire de mes parents même en fin de carrière. Mais je ne compare pas avec ce qui n'est pas comparable. Eux, pour qui devenir professeur est un marqueur d'ascension sociale, sont tombés de hauts quand je leur ai dit ça. Bon ils ont dit ensuite "ce n'est pas si mal pour commencer, tu vas gagner plus bientôt", mais tout de même. Avec ce salaire, et si j'avais été seule, je ne pouvais pas me loger où je le voulais et décemment.

Je n'arrête pas de penser aussi à l'indépendance qui est pour moi quelque chose de fondamental. Or, avec les prix en IDF, je sais bien que je "dépends" de mon conjoint, dans la mesure où je ne pourrais pas assumer toutes les charges sans lui. Alors bien sûr, ça va parce qu'il est là, que tout va bien, qu'on peut toujours revendre notre appart, que s'il arrive un truc l'assurance du crédit est là. D'accord. On a fait tout ça aussi parce qu'on est deux. Mais voilà. La femme libre au fond de moi reste perplexe.

Comme je comprends. Il y a un an nous sommes passés d'un appartement que je louais seule avant que mon conjoint ne me rejoigne, et que je me savais donc capable d'assumer, à l'achat à deux d'un appartement dont les frais à soutenir seule me priveraient de tout ce que fait par ailleurs le sel de la vie - voyage, loisirs...-. J'ai déprimé un peu les premiers temps, sans trop lui en parler, lui est très heureux de construire pour nous deux. Mais cela m'angoisse tout de même: je ne suis pas actuellement une femme indépendante, je n'ai pas une "chambre à moi". Remarquez, lui n'est pas un homme indépendant non plus. Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 4 558662839
J'ai commencé ma pauvre carrière en 2012, avec le stage à temps plein devant les classes. Mon salaire de stagiaire agrégée était de 1900 euros. Du jamais revu depuis...
Comme je ne payais pas encore d'impôts, et que j'étais dans une petite ville de province dont la frénésie de l'année de stage m'a épargné de voir le côté ennuyeux, j'ai vécu très largement, et cela reste mon expérience d'insouciance financière la plus marquante.
Avec la réforme du lycée, je crains bientôt de gagner la base à mon échelon - 2360 euros- pour une service qui était jusque là celui des années où je prenais des heures sup - 4 classes -. Je vais perdre donc environ 300 euros par mois. Formidable!


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par Illiane le Jeu 17 Jan 2019 - 11:04
@Bouboule a écrit:
@Marcelle Duchamp a écrit:Juste à titre de comparaison: 
Dans les années 1990, j’étais tres amie avec une fille de profs. Ses parents enseignaient en lycée mais seule sa maman était agrégée. Ils se sont installées dans le quartier de mes parents et ont acheté une jolie maison avec de mémoire 3 chambres, une salle de bain, un jardin qui était suffisamment grand pour que mon amie ait une balançoire et un toboggan. Ils partaient en vacances toutes les semaines: le ski à Noël ou février, à l’etranger pendant les grandee vacances. Les 2 enfants étaient habillés de marque dans une boutique très chère de ma ville. 
Aujourd’hui, je me demande quel  couple de profs peut avoir la même vie presque 30 ans plus tard...

J'imagine que les couples d'agrégés doivent pouvoir y arriver ?

Non, ils n'y arrivent pas Razz  (ou plutôt Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 4 395477654 ).
Ponocrates
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par Ponocrates le Jeu 17 Jan 2019 - 11:44
Il me semble qu'il y a deux choses: notre pouvoir d'achat - qui est en effet bien moindre que celui de nos aînés en 84- et la question de l'immobilier. Ce dernier point concerne tous les Français: l'Insee pour le calcul de l'inflation prend en compte les loyers mais à hauteur de 7% seulement -alors qu'un loyer, c'est souvent le tiers des dépenses- et surtout ne prend pas du tout en compte les remboursements de prêts.
Le résultat est que l'inflation, telle qu'on nous la présente, ne tient aucun compte de l'explosion des prix de l'immobilier depuis la fin des années 90, d'une part parce que les loyers ont augmenté mais un peu moins vite que les prix de vente, d'autre part parce que ceux qui louent depuis longtemps sont "protégés" parce que leurs loyers augmentent mais peu d'une année sur l'autre, et surtout parce qu'acheter est devenu, dans certaines zones, un luxe.
Un enseignant débutant, lui, est touché de plein fouet: obligé de se loger dans un nouvel endroit - loyer au maximum pour le nouvel entrant- voire amené à muter -on commence souvent TZR et on se fixe -plus ou moins- ensuite. Et comme, le plus souvent, il sait qu'il va muter avant 7 ans, il n'a pas intérêt à acheter sur une période trop courte - à cause des frais de mutations, du coup il n'achète pas et doit compter sur son apport et sa capacité de remboursement, seulement- à moins d'un héritage.
Le problème concerne tous les salariés, mais, pour les cadres du privé - comparons ce qui est comparable- en fonction de leur branche, il y a des bassins d'emploi privilégiés - en particulier l'IdF mais pas seulement. Ils savent qu'ils peuvent, raisonnablement tabler qu'ils resteront un temps suffisant pour absorber les frais de notaire et que leur achat les mettra, un peu, à l'abri de la hausse des prix s'ils ont acheté dans une zone tendue.Les accidents de la vie existent, bien sûr, mais pour la plupart c'est un calcul gagnant qu'en tant que fonctionnaires, souvent déracinés, nous pouvons difficilement faire.
Mais je vous rassure, dans certaines branches, quand les salaires restent faibles -petites mains dans l'informatique par exemple- certaines entreprises peinent à recruter en IdF précisément parce que certains préfèrent vivre en Région - là où ils se logent pas cher- plutôt que de venir faire l'esclave en RP.
Juste un aparté: rappelez-moi l'origine des GJ ? L'augmentation des prix de l'essence qui met aux abois ceux qui se sont éloignés pour pouvoir acheter un logement décent. La boucle est bouclée...

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"If you think education is too expensive, try ignorance ! "/ "As-tu donc oublié que ton libérateur,
C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur;
Il luit; parce qu'il brille et qu'il les illumine,
Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine
Il parle, plus d'esclave et plus de paria"
Marcelle Duchamp
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par Marcelle Duchamp le Jeu 17 Jan 2019 - 11:46
Pour répondre aux diverses questions, à l’epoque les maisons du quartier de mes parents se vendaient une bouchée de pain  et aujourd’hui, elles valent une petite fortune car ma ville est devenue la 3e ville la plus chère de France. Est ce qu’ils avaient un héritage? Non. 
Mes parents connaissaient assez bien les siens et ils avaient juste vendus leur maison de Lille. Ils étaient trentenaires fraîchement débarqués dans le Sud Ouest. On était en 1990/1991. 

Quelqu’un a dit qu’il ne fallait pas verser dans le misérabilisme, je trouve ça très dur. 
Mon salaire de prof certifiée est le plus important de mon foyer. Nous vivons avec moins de 3000€ par mois avec un loyer qui bouffe 1/3 du budget. 
Nous n’allons pas au restau, nous ne partons pas en vacances, nous ne faisons pas de folies comme achat. Nous comptons chaque sous pour gérer notre budget mensuel au mieux. Le seul truc sur lequel je me lache, ce sont les achats pour mon fils. 
Je n’ai absolument pas la même vie qu’un prof des années 1990 qui vivait dans la même commune que moi.
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JayKew
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par JayKew le Jeu 17 Jan 2019 - 11:52
Quand j'ai commencé comme prof certifié en 1990, je gagnais 7000 francs par mois (soit 1067 euros). A l'époque, c'était Byzance. Les salaires venaient tout juste d'être revalorisés (en 1989, sous Jospin) et on vivait confortablement à Paris.

Aujourd'hui, avec un salaire de certifié débutant à Paris, on est pauvre et on ne peut quasiment rien louer à Paris, hormis la boîte à chaussure ou la co-loc.

Un certifié 1er échelon gagne aujourd'hui 1415,57€ net, soit à peine 348€ de plus qu'il y a 30 ans. Et on parle de "misérabilisme"?

Non, ce n'est pas du misérabilisme. Juste un simple constat. Si certains s'en contentent, ma foi...
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