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Lefteris
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Rapport "gestion qualitative des enseignants" : le retour des lubies

par Lefteris le Sam 2 Fév 2019 - 12:49
Tout y est pour finir d'assécher les recrutements : gestion locale, carrière au "mérite" , pouvoir des CDE, obligation de formation pendant les congés,

https://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/194000094.pdf

Bonne lecture.

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"La réforme [...] c'est un ensemble de décrets qui s'emboîtent les uns dans les autres, qui ne prennent leur sens que quand on les voit tous ensemble". La stratégie du puzzle, expliquée sans détours par F. Robine.

« Tant qu’il y aura des hommes qui n’obéiront pas à leur raison seule, le genre humain restera partagé en deux classes : celle des hommes qui raisonnent et celles des hommes qui croient, celle des maîtres et celle des esclaves ».Condorcet
Mathador
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Re: Rapport "gestion qualitative des enseignants" : le retour des lubies

par Mathador le Sam 2 Fév 2019 - 12:55
Et si l'on s'occupait plutôt de faire une gestion qualitative des élèves ?

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« Se qualche notte tu sogni che,
Sei tra le braccia di un Mathador,
Non indagare la colpa è del flamenco » (Dalida, Flamenco)
gauvain31
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Re: Rapport "gestion qualitative des enseignants" : le retour des lubies

par gauvain31 le Sam 2 Fév 2019 - 12:56
@Mathador a écrit:Et si l'on s'occupait plutôt de faire une gestion qualitative des élèves ?

Cet adjectif va disparaître définitivement de l'EN. Tout y sera question de quantitatif
Balthazaard
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Re: Rapport "gestion qualitative des enseignants" : le retour des lubies

par Balthazaard le Sam 2 Fév 2019 - 13:05
"Les décrets précités d’août 2014 ont permis une clarification statutaire des obligations de service et des missions  des  personnels  enseignants  exerçant  dans  les  établissements  publics  locaux  d’enseignement (EPLE),  ce  qui contribue  à  assouplir  la  gestion
S’ils  ont  bien  réaffirmé  des  maxima  de  service hebdomadaire  devant  élèves  inchangés,  ils  ont  assuré  la  reconnaissance  règlementaire  d’activités complémentaires  à l’activité d’enseignement  au  sens strict.  Désormais  les  temps  de  recherche  et  de préparation  nécessaire  à  la  réalisation  des  heures d’enseignement,  les  activités  de  suivi,  d’évaluation et d’aide  à  l’orientation  des élèves,  le  travail en  équipe  pédagogique ou  pluri-professionnelle,  les relations avec les familles, sont désormais reconnues règlementairement et associées au service que les enseignants sont tenus d’assurer sur l’ensemble de l’année scolaire.
C’est,  par  exemple,  sur  cette  base  qu’il  a  été  demandé  aux  professeurs  principaux  de  terminale d’accompagner  les  élèves,  dans  le  cadre  de  la  mise en  place  de  la  loi39 « orientation  et  réussite  des étudiants », sollicitation à laquelle les enseignants ont répondu bien au-delà de ce qui est habituellement demandé à des professeurs principaux. La qualité de leur travail a été soulignée par la mission de l’IGAENR 37 Citons par exemple : Devenir professeur des écoles (2000), ou Enseigner en collège et lycée en 2008 (2009) 38
/../
C’est  également  ces  textes  qui  font  que,  par  exemple,  les enseignants doivent assister au conseil école / collège institué par l’article L. 401-4 du code de l’éducation, s’ils  sont  sollicités par  leur  chef  d’établissement Toute  une  série  d’activités  diversifiées,  liées  à l’enseignement, mais hors présence d’élèves dans une classe, peuvent donc être mises en place par les chefs d’établissement et entrer en considération lors de l’évaluation des professeurs"

Je souligne quelques passages en rappelant que ces décrets ont été vantés pas une grande majorité de syndicats représentés ici comme une avancée qui en aucun cas n'alourdirait les taches des professeurs..bien au contraire.
En tous cas la haute administration ne s'y trompe pas elle!
Au passage j'adore la formulation "reconnaissance administrative" au lieu de "obligation".
Mathador
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Re: Rapport "gestion qualitative des enseignants" : le retour des lubies

par Mathador le Sam 2 Fév 2019 - 13:17
Dans le rapport:
La plupart des pays de l’OCDE connaissent des difficultés à attirer et à garder les meilleurs profils, et les pays ayant opté pour un système de gestion accordant plus de marges d’autonomie aux établissements, comme les Pays-Bas ou la Grande-Bretagne, connaissent des difficultés encore plus grandes pour attirer et surtout conserver les enseignants.
Et ensuite on recommande d'augmenter cette marge d'autonomie…

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Cath
Bon génie

Re: Rapport "gestion qualitative des enseignants" : le retour des lubies

par Cath le Sam 2 Fév 2019 - 13:19
Ah oui mais nous on veut être vraiment sûr que ça ne marche pas...
Ponocrates
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Re: Rapport "gestion qualitative des enseignants" : le retour des lubies

par Ponocrates le Sam 2 Fév 2019 - 13:28
le directeur d’école n’est pas le supérieur hiérarchique de l’enseignant et que, dans le second degré, le chef d’établissement n’a pas de
pouvoir disciplinaire. Cette distance, souvent regrettée, est également conçue par certains enseignants comme une garantie contre un possible arbitraire local.
"souvent regrettée": par qui ? Quand ?
"Certains": seulement "certains", vous êtes sûrs ?

Parfois quelques aveux intéressants et à ressortir à l'occasion
La plupart des pays de l’OCDE connaissent des difficultés à attirer et à garder les meilleurs profils, et les pays ayant opté pour un système de gestion accordant plus de marges d’autonomie aux établissements, comme les Pays-Bas ou la Grande-Bretagne, connaissent des difficultés encore plus grandes pour attirer et surtout conserver les enseignants.
Suivis de conclusions dont la logique m'échappe
il n’en reste pas moins vrai que les académies ne sont pas placées en position d’égalité en matière de recrutement et d’affectation, ce qui doit les amener à adapter leur fonctionnement par des approches plus qualitatives, plus individualisées.
Un scoop sans précédent
Les responsables académiques voudraient pouvoir disposer de plus de temps et de plus de collaborateurs pour mieux identifier et reconnaître les compétences des personnels, pour valoriser les enseignants qui s’investissent, pour accompagner les professeurs en vue de répondre à leurs besoins spécifiques et pour améliorer les
conditions de travail en fonction des lieux d’exercice,
malgré tout le travail opéré en la matière par les différents corps d’inspection et les chefs d’établi
ssement.
Donc les responsables académiques veulent faire le boulot qui, quand même en bonne logique est plutôt un travail de terrain- donc pour le chefs d'établissements- mais ne veulent plus s'occuper de la gestion globale chronophage qui permet quand même de limiter le nombre d'agents dévolus à la gestion du personnel enseignant qu'ils veulent refiler au chef d'établissement. Vous avez dit Shadok ? Ou comment mettre à bas le truc qui fonctionne quand même encore à peu près - le rapport reconnaissant que, d'un point de vue quantitatif le système actuel fonctionne, et présente le coeur du problème comme le quantitatif -mauvais ratio candidat/poste- sans jamais poser la question de savoir pourquoi il y a si peu de candidats à Créteil pour devenir PE ou en maths. Chapeau !
Je me suis arrêtée à la moitié. Mais jusque là, à aucun moment la question du cadre n'a été posée. Les enseignants sont présentés comme des ouvriers aux rendements divers, dont il faut optimiser la gestion, parce que vous comprenez nos résultats à Pisa baissent.
On dirait qu'ils agissent seuls, sans instructions contradictoires au fil des programmes, sans diminution des horaires disciplinaires depuis plus de 30 ans, sans diminution des exigences de l'institution tant du point de vue du travail que du comportement. La question des rapports de plus en plus difficile des enseignants avec les familles ? Le fait que l'élève au centre du système est plus vu comme ayant des droits que des devoirs vis-à-vis, non de l'enseignant, mais de l'Institution scolaire et que c'est aux enseignants de gérer, souvent, la dichotomie entre le discours officiel de bienveillance et la réalité du diagnostic professionnel ? Rien, nada, le désert de Gobi. On prétend s'occuper du "qualitatif" et à aucun moment n'est décrite la réalité du métier.

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"If you think education is too expensive, try ignorance ! "/ "As-tu donc oublié que ton libérateur,
C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur;
Il luit; parce qu'il brille et qu'il les illumine,
Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine
Il parle, plus d'esclave et plus de paria"
Lefteris
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Re: Rapport "gestion qualitative des enseignants" : le retour des lubies

par Lefteris le Sam 2 Fév 2019 - 13:53
@Mathador a écrit:Et si l'on s'occupait plutôt de faire une gestion qualitative des élèves ?
Le préambule de ce rapport est que la faute en incombe aux enseignants, en raison de la gestion quantitative. Si les enseignants étaient recrutés de manière "qualitative", les élèves deviendraient travailleurs, silencieux, polis, et leurs résultats monteraient. Le docteur Pangloss, doit être l'inspirateur de ce rapport, raisonnant des effets et des causes.

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Re: Rapport "gestion qualitative des enseignants" : le retour des lubies

par Fenrir le Sam 2 Fév 2019 - 17:18
J'ai pas fini, mais dans tout ce bourbier pas mal de choses honnêtes sont dites sur ce que pensent les enseignants, les perdirs et les Inspecteurs (dans le constat en tout ca. Maintenant, le ton global de l'analyse n'est pas très encourageant.

d’offrir à tous ceux qui remplissent les conditions statutaires et de compétences des perspectives de titularisation après cinq années d’exercice

Soit c'est une bonne nouvelle pour eux, soit plus aucun contractuel ne dépassera les 4 ans. Ou alors ils prévoient d'économiser sur le capes interne.

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Re: Rapport "gestion qualitative des enseignants" : le retour des lubies

par henriette le Sam 2 Fév 2019 - 17:32
Après 5 ans, les contractuels seraient titularisables. Très bien.
Mais qu'en serait-il de leur mode d'affectation ? Je connais plusieurs personnes pour qui une titularisation, synonyme de mutation forcée possiblement dans une autre académie, serait une catastrophe.

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Re: Rapport "gestion qualitative des enseignants" : le retour des lubies

par Fenrir le Sam 2 Fév 2019 - 18:58
Mon regard sur ce point est biaisé par le fait que je suis en idf.

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Re: Rapport "gestion qualitative des enseignants" : le retour des lubies

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