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Proton
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Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?  - Page 8 Empty Re: Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?

par Proton le Mar 2 Juil - 11:43
Ok merci. Cela m'inquiète un peu car dans mon centre il y a quelques collègues qui vont faire de la rétention de notes.
Je ne suis pas favorable à cette méthode, même si les intentions sont louables. Je pense que cela va se retourner contre nous (que ce soit en retenue sur salaire ou en perte de temps pour tous) et le ministère sera au final gagnant ...
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lisa81
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Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?  - Page 8 Empty Re: Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?

par lisa81 le Mar 2 Juil - 12:46
Sur LCI ce matin:
https://www.lci.fr/replay/replay-l-heure-de-bachelot-du-mardi-2-juillet-2019-2125836.html

20 minutes après le début de l'émission
C'est sans surprise ( si ce n'est l'unanimité sans aucune réserve de l'ensemble des participants au "débat" ) mais violent
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Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?  - Page 8 Empty Re: Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?

par Seifer le Mar 2 Juil - 15:08
@Proton a écrit:Ok merci. Cela m'inquiète un peu car dans mon centre il y a quelques collègues qui vont faire de la rétention de notes.
Je ne suis pas favorable à cette méthode, même si les intentions sont louables. Je pense que cela va se retourner contre nous (que ce soit en retenue sur salaire ou en perte de temps pour tous) et le ministère sera au final gagnant ...  

C'est clair, vaut mieux ne rien faire, comme ça on sait d'avance qu'il sera gagnant.

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Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?  - Page 8 Empty Re: Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?

par Proton le Mar 2 Juil - 15:26
Parce que vous connaissez mes engagements peut-être ? Non je ne reste pas sans rien faire et juste critiquer tout ce que les gens entreprennent pour lutter, mais là, ce procédé est contre productif.
D'abord car les notes devront être données au bout d'un moment et qu'au final on aura seulement retardé la réunion d'harmonisation (temps perdu par tous). Ensuite si les candidats devaient recevoir plus tard leurs résultats, ça serait hyper impopulaire. On aurait encore le droit à toutes les insultes classiques sur les profs ...
Donc cette histoire de rétention des notes ne mènera à rien du tout. Car dans tous les cas, est-ce que Blanquer va trembler ? Non, il n'aura plus qu'à dire "on va sanctionner tous ces dissidents" dans les médias et hop 3 points de côte de popularité en plus.
Je vais m'arrêter là car il y a des gens un peu trop passionnés ici qui, je pense, ne vont pas comprendre mon point de vue.
Beniamino Massimo
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Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?  - Page 8 Empty Re: Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?

par Beniamino Massimo le Mar 2 Juil - 16:31
@lisa81 a écrit:Sur LCI ce matin:
https://www.lci.fr/replay/replay-l-heure-de-bachelot-du-mardi-2-juillet-2019-2125836.html

20 minutes après le début de l'émission
C'est sans surprise ( si ce n'est l'unanimité sans aucune réserve de l'ensemble des participants au "débat" ) mais violent
Au-delà de la rétention des notes, sujet sans intérêt, on admirera surtout les positions tout en finesse d'Érik Tegner (LR) et de Marie-Laure Harel (LREM, ex LR), qui font presque passer Nicolas Domenach pour quelqu'un de sensé sur le thème de l'éducation.

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Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?  - Page 8 Empty Re: Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?

par Mateo_13 le Mar 2 Juil - 16:35
Bonjour,

https://www.liberation.fr/france/2019/07/02/la-greve-des-notes-va-t-elle-retarder-la-publication-des-resultats-du-bac_1737473

Libération a écrit:La grève des notes va-t-elle retarder la publication des résultats du bac ? — 2 juillet 2019 à 15:10

Le ministère de l'Education a élaboré un plan B pour neutraliser les effets de la mobilisation des enseignants. A Bordeaux, une enseignante gréviste raconte le coup de pression de sa hiérarchie.

[...]

L’équation ressemble à celle précédant les épreuves du bac. D’un côté, des profs mobilisés contre la réforme du lycée qui, désespérés de crier dans le vide, menaçaient de la grève de la surveillance dans l’espoir que leurs revendications soient enfin prises en considération.

Et en face, le ministre Jean-Michel Blanquer, ne cillant pas, annonçant toute une panoplie de plans B, C et D, pour rendre invisibles les effets de la mobilisation.

Résultat de la manche 1 : les épreuves du bac se sont déroulées sans encombre. Les professeurs en sont ressortis avec un ressentiment encore plus fort de ne pas être entendus… La manche 2 va-t-elle connaître la même issue?

Amicalement,

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Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?  - Page 8 Empty Re: Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?

par Mateo_13 le Mer 3 Juil - 8:26
Bonjour,

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/07/03/notes-du-baccalaureat-les-enseignants-opposes-a-la-loi-blanquer-tentent-un-dernier-coup_5484565_3224.html

Le Monde a écrit:Notes du baccalauréat : les enseignants opposés à la loi Blanquer tentent un dernier coup.

Retenir les notes jusqu’à retarder, peut-être, les résultats : c’est ce qu’ont choisi certains correcteurs, opposés à la réforme de l’examen et du lycée.

[...]

Plus de 100 000 copies (sur 4 millions, soit 2,5 %) n’auraient pas été « rendues » selon le collectif « Bloquons Blanquer », qui tient un décompte sur les réseaux sociaux.

Amicalement,

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Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?  - Page 8 Empty Re: Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?

par Fenrir le Mer 3 Juil - 15:45
Europe 1 a écrit:]La pression monte sur ces correcteurs. Les rectorats les appellent pour leur demander instamment de rapporter ces copies, en leur indiquant qu'elles sont la propriété de l'État et qu'ils risquent d'être poursuivis pour vol s'ils les conservent.

Côté sanction, les grévistes risquent des sanctions financières assez importantes. Le ministre ne compte pas deux ou trois jours de grève, correspondant au retard des copies, mais 12 ou 13 jours de grève, c'est à dire depuis la date de retrait des copies pour la philosophie par exemple. Sans compter les sanctions disciplinaires envisagées. Pour les professeurs les plus acharnés, le ministère de l'Éducation envisage une exclusion temporaire de fonction, qui est de minimum deux mois, mais peut atteindre jusqu'à un an.

article ici

Du vol, mais jusqu'où iront ils ?

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Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?  - Page 8 Empty Re: Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?

par Paleoprof le Mer 3 Juil - 16:00
Je trouve que le niveau tellement exubérant des menaces pourrait nous apporter du crédit: si on risque vraiment cela (ce dont je doute) et que malgré tout , on maintient la rétention des notes, c'est qu'il y a vraiment un problème avec cette réforme du lycée.

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Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?  - Page 8 Empty Re: Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?

par mamieprof le Mer 3 Juil - 16:12
@Fenrir a écrit:
Europe 1 a écrit:]La pression monte sur ces correcteurs. Les rectorats les appellent pour leur demander instamment de rapporter ces copies, en leur indiquant qu'elles sont la propriété de l'État et qu'ils risquent d'être poursuivis pour vol s'ils les conservent.

Côté sanction, les grévistes risquent des sanctions financières assez importantes. Le ministre ne compte pas deux ou trois jours de grève, correspondant au retard des copies, mais 12 ou 13 jours de grève, c'est à dire depuis la date de retrait des copies pour la philosophie par exemple. Sans compter les sanctions disciplinaires envisagées. Pour les professeurs les plus acharnés, le ministère de l'Éducation envisage une exclusion temporaire de fonction, qui est de minimum deux mois, mais peut atteindre jusqu'à un an.

article ici

Du vol, mais jusqu'où iront ils ?

Visiblement un peu partout ce sont les inspecteurs qui passent les coups de fil...incroyable !
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Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?  - Page 8 Empty Re: Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?

par XIII le Mer 3 Juil - 16:14
Cela ne m'étonne pas...Lisez l'excellent bouquin de Marc Endeweld: "La face cachée du système Macron"...Cet homme est un nettoyeur!

https://www.youtube.com/watch?v=-FGHlHiFq8Y
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Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?  - Page 8 Empty Re: Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?

par Mateo_13 le Mer 3 Juil - 17:05
Bonjour,

https://www.liberation.fr/france/2019/07/03/six-questions-sur-la-greve-des-notes-du-bac_1737737

Libération a écrit:Six questions sur la grève des notes du bac

Le mouvement ne concernerait qu’environ 100 000 copies sur 4 millions, mais cela suffit à mettre le ministère de l'Education en mauvaise posture.

Cette situation est-elle inédite ?

Amicalement,

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par Madame_Prof le Mer 3 Juil - 17:21
Une collègue est sur BFM TV... Bon, elle ne s'exprime pas parfaitement, mais elle a du courage.

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2017-2020 - 10ème établissement, en poste fixe ! Et, militante (encore, malgré tout...) ! 
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par mamieprof le Mer 3 Juil - 18:13
néotit en plus ! Bravo !
J'ai vu la présidente de la FCPE à la télé qui dit que le problème c'est Blanquer qui refuse le dialogue depuis toujours  et qu'il faut qu'il fasse quelque chose. aai
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par Moonchild le Mer 3 Juil - 22:39
Je trouve insupportable d'entendre depuis hier la quasi totalité des chroniqueurs vanter le "bon sens" de JM Blanquer avec comme argument ses déclarations de début de mandat contre les "pédagogistes", alors que ce ministre n'a concrètement rien fait pour lutter contre leur influence.

Même les nouveaux programmes de lycée qui sont certes plus ambitieux - et souvent plus cohérents, il faut le reconnaître - vont, à cause d'un volume horaire insuffisant et de groupes trop hétérogènes, avoir l'effet paradoxal d'ouvrir la voie à toutes les dérives sous forme de "spiralage" et de "différenciation".
Et je ne parle même pas du rapport de Cyril Dehay sur le Grand Oral qui est digne de ce que les sciences de l'éduc' peuvent produire de pire.
Malheureusement, personne ne semble être capable de dévoiler publiquement cette (im)posture ministérielle.

Dans le fil consacré aux Stylos Rouges, j'avais évoqué il y a quelques mois la nécessité que nous revendiquions la fin des inepties pédagogiques qui ont joué un rôle majeur dans la destruction de l'école ; je crois vraiment que, même si cela divise la profession, nous avons manqué une occasion de nous faire entendre par le grand public et de regagner en crédibilité. En raison de cet angle mort dans nos revendications, les enseignants grévistes seront finalement perçus comme des pédagos extrémistes qui ne veulent pas se ranger au bon sens d'un ministre si compétent... J'enrage !
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par Lefteris le Mer 3 Juil - 22:48
@Moonchild a écrit:Je trouve insupportable d'entendre depuis hier la quasi totalité des chroniqueurs vanter le "bon sens" de JM Blanquer avec comme argument ses déclarations de début de mandat contre les "pédagogistes", alors que ce ministre n'a concrètement rien fait pour lutter contre leur influence.

Même les nouveaux programmes de lycée qui sont certes plus ambitieux - et souvent plus cohérents, il faut le reconnaître - vont, à cause d'un volume horaire insuffisant et de groupes trop hétérogènes, avoir l'effet paradoxal d'ouvrir la voie à toutes les dérives sous forme de "spiralage" et de "différenciation".
Et je ne parle même pas du rapport de Cyril Dehay sur le Grand Oral qui est digne de ce que les sciences de l'éduc' peuvent produire de pire.
Malheureusement, personne ne semble être capable de dévoiler publiquement cette (im)posture ministérielle.

Dans le fil consacré aux Stylos Rouges, j'avais évoqué il y a quelques mois la nécessité que nous revendiquions la fin des inepties pédagogiques qui ont joué un rôle majeur dans la destruction de l'école ; je crois vraiment que, même si cela divise la profession, nous avons manqué une occasion de nous faire entendre par le grand public et de regagner en crédibilité. En raison de cet angle mort dans nos revendications, les enseignants grévistes seront finalement perçus comme des pédagos extrémistes qui ne veulent pas se ranger au bon sens d'un ministre si compétent... J'enrage !
Ce qu'il faut arriver à faire passer, c'est l'idée que le pédagogisme est l'allié objectif de toutes les mesures les plus faisandées, les plus réactionnaires, les plus soumises aux économies d'échelle, à l'OCDE, même enduites de bienveillance; bienpensance etc. On peut même prendre comme exemple les réformes précédentes pour montrer la continuité, malgré les alternances politiques et quelques coups de peinture à la marge, qui ne sont que comme Mario et Pipo. Le pédagogisme a été un des meilleurs soutiens de la réforme du collège, qui a laminé les langues anciennes, les LV autres que l'anglais ou l'espagnol, réduit les horaires de français et de maths... Le pédagogisme servira à Blanquer à punir les enseignants et à réduire les vacances par de la formation. On change juste de décor et de personnage. La trame de l'intrigue est la même.

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"La réforme [...] c'est un ensemble de décrets qui s'emboîtent les uns dans les autres, qui ne prennent leur sens que quand on les voit tous ensemble". La stratégie du puzzle, expliquée sans détours par F. Robine.

« Tant qu’il y aura des hommes qui n’obéiront pas à leur raison seule, le genre humain restera partagé en deux classes : celle des hommes qui raisonnent et celles des hommes qui croient, celle des maîtres et celle des esclaves ».Condorcet
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par Anaxagore le Mer 3 Juil - 22:53
@Moonchild a écrit:Je trouve insupportable d'entendre depuis hier la quasi totalité des chroniqueurs vanter le "bon sens" de JM Blanquer avec comme argument ses déclarations de début de mandat contre les "pédagogistes", alors que ce ministre n'a concrètement rien fait pour lutter contre leur influence.

Même les nouveaux programmes de lycée qui sont certes plus ambitieux - et souvent plus cohérents, il faut le reconnaître - vont, à cause d'un volume horaire insuffisant et de groupes trop hétérogènes, avoir l'effet paradoxal d'ouvrir la voie à toutes les dérives sous forme de "spiralage" et de "différenciation".
Et je ne parle même pas du rapport de Cyril Dehay sur le Grand Oral qui est digne de ce que les sciences de l'éduc' peuvent produire de pire.
Malheureusement, personne ne semble être capable de dévoiler publiquement cette (im)posture ministérielle.

Dans le fil consacré aux Stylos Rouges, j'avais évoqué il y a quelques mois la nécessité que nous revendiquions la fin des inepties pédagogiques qui ont joué un rôle majeur dans la destruction de l'école ; je crois vraiment que, même si cela divise la profession, nous avons manqué une occasion de nous faire entendre par le grand public et de regagner en crédibilité. En raison de cet angle mort dans nos revendications, les enseignants grévistes seront finalement perçus comme des pédagos extrémistes qui ne veulent pas se ranger au bon sens d'un ministre si compétent... J'enrage !

Pareil.

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par Moonchild le Jeu 4 Juil - 1:22
@Lefteris a écrit:Ce qu'il faut arriver à  faire passer, c'est l'idée que le pédagogisme est l'allié objectif de toutes les mesures les plus faisandées, les plus réactionnaires, les plus soumises  aux économies d'échelle, à l'OCDE,  même enduites de bienveillance; bienpensance etc. On peut même prendre comme exemple les réformes précédentes pour montrer la continuité, malgré les alternances politiques et quelques coups de peinture à la marge, qui  ne sont que comme Mario et Pipo. Le pédagogisme a été un des meilleurs soutiens de la réforme du collège, qui a laminé les langues anciennes, les LV autres que l'anglais ou l'espagnol, réduit les horaires de français et de maths... Le pédagogisme servira à Blanquer à punir les enseignants et à réduire les vacances par de la formation. On change juste de décor et de personnage. La trame de l'intrigue est la même.

Sur le fond je suis parfaitement d'accord, cependant un tel discours présente l'inconvénient de ne s'adresser qu'à une part de la population qui a déjà une sensibilité déjà bien ancrée à gauche, mais hors du courant "réformiste" et avec suffisamment de recul pour ne pas se laisser éblouir par la doxa égalitariste et comprendre l'alliance objective entre pédagogisme et libéralisme économique (ce dont beaucoup de collègues sont incapables, même lorsqu'ils sont par ailleurs très compétents face à leurs classes) ; bref, ça ne fait vraiment pas grand monde et donc ce discours est sans doute trop marqué idéologiquement pour pouvoir réellement convaincre en dehors du cercle de ceux qui lui sont déjà acquis.

Si on veut en tant qu'enseignants espérer regagner les faveurs de l'opinion publique, je crois qu'il faudrait au contraire gommer la dimension politique de nos revendications - elle nous a déjà été suffisamment reprochée, et pas toujours à tort car notre profession s'est longtemps massivement fourvoyée du côté d'une gauche déconnectée du peuple et de la réalité - et se placer plutôt sur le plan de l'expertise pédagogique : émettre une critique sans concession des dérives des dernières décennies (et malheureusement encore bien actuelles) et réclamer le retour à des formes pédagogiques "classiques" plus cohérentes.

Pour résumer, je dirais que pour combattre les réformes de Blanquer, il faudrait aller plus loin que lui sur le terrain qui lui a permis de gagner une certaine popularité alors qu'il s'est simplement contenté de faire semblant de l'occuper.
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Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?  - Page 8 Empty Re: Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?

par Leroy86 le Jeu 4 Juil - 2:21
@Moonchild a écrit:Sur le fond je suis parfaitement d'accord, cependant un tel discours présente l'inconvénient de ne s'adresser qu'à une part de la population qui a déjà une sensibilité déjà bien ancrée à gauche, mais hors du courant "réformiste" et avec suffisamment de recul pour ne pas se laisser éblouir par la doxa égalitariste et comprendre l'alliance objective entre pédagogisme et libéralisme économique (ce dont beaucoup de collègues sont incapables, même lorsqu'ils sont par ailleurs très compétents face à leurs classes) ; bref, ça ne fait vraiment pas grand monde et donc ce discours est sans doute trop marqué idéologiquement pour pouvoir réellement convaincre en dehors du cercle de ceux qui lui sont déjà acquis.

Doxa comme hubris revient à la mode mais il suffit d'un dico pour se mettre à la page. Faisons preuve de tolérance et ayons confiance en l'intelligence de notre prochain.

@Moonchild a écrit:Si on veut en tant qu'enseignants espérer regagner les faveurs de l'opinion publique, je crois qu'il faudrait au contraire gommer la dimension politique de nos revendications - elle nous a déjà été suffisamment reprochée, et pas toujours à tort car notre profession s'est longtemps massivement fourvoyée du côté d'une gauche déconnectée du peuple et de la réalité - et se placer plutôt sur le plan de l'expertise pédagogique : émettre une critique sans concession des dérives des dernières décennies (et malheureusement encore bien actuelles) et réclamer le retour à des formes pédagogiques "classiques" plus cohérentes.

Régler ses comptes avec un parti qui a déçu est nécessaire pour le soi et même légitime mais ce n"est pas le lieu pour le faire; ici on évite de faire de la politique. De plus le message de Leftéris est loin de celui d'un affidé de l'Internationale.

@Moonchild a écrit:Pour résumer, je dirais que pour combattre les réformes de Blanquer, il faudrait aller plus loin que lui sur le terrain qui lui a permis de gagner une certaine popularité alors qu'il s'est simplement contenté de faire semblant de l'occuper.

Sa popularité est toute relative si on se réfère pour cela à des médias qui pour la plupart ont pour propriétaires des soutiens actifs du pouvoir en place et comme il a été dit sur un autre fil aujourd'hui: journaliste est un métier (pour gagner sa croûte. La situation et la dégradation sont inédites.  Les mouvements des hospitaliers et des enseignants ont plus d'échos que cela et le peuple, du moins sa partie agissante est bien au courant et n'est pas dupe. Les commentaires d'un journal que je garderais pour les toilettes (pas pour la lecture) ne sont pas l'opinion publique. Il faut continuer à agir ou à défaut soutenir l'action parce qu'en face ils ont perdu beaucoup de plumes, que d'anciens soutiens ont ouverts les yeux, que des administrations n'obéissent plus aveuglement (même si la notre semble capable de la plus grande veulerie). La défiance grandit et le storytelling ne bouchera pas éternellement les trous.

Et pour résumer, je dirais qu'un enseignant est d'abord un citoyen, que dire non et résister à des réformes ignobles et ignominieuses n'est pas de l'activisme mais un acte sain de résistance.
Bolzano
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par Bolzano le Jeu 4 Juil - 3:22
L'opinion est selon moi prête à entendre que le diplôme est dévalué par les politiques de faux-semblant menées depuis toujours. J'espère qu'elle écouterait avec bienveillance des enseignants (toujours suspects) qui défendraient un examen sérieux, qui attesterait d'un niveau.

Il faudrait lui faire comprendre qu'on en est au point où la qualité du recrutement, et par conséquent celle de l'enseignement dispensé, pas seulement le diplôme, est menacée.

On en arrive alors à l'idée d'une revalorisation urgente, nécessaire pour rendre de la sélectivité aux concours. Les salaires misérables sont l'autre face de notre déclassement (dans le déclassement, il y a aussi la casse des statuts, et le projet de recours massif à du personnel provisoire est un grand danger pour la qualité future de notre école, mais ne brouillons pas le message).

Je suis prêt à renoncer au soutien de l'opinion, mais raisonnablement, je me dis qu'il sera bien précieux pour faire aboutir le mouvement de protestation. Je comprends donc Moonchild qui voudrait casser quelques clichés sur les enseignants.
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par Moonchild le Jeu 4 Juil - 4:14
@Leroy86 a écrit:De plus le message de Leftéris est loin de celui d'un affidé de l'Internationale.

Pour avoir lu de nombreuses interventions de Lefteris sur ce forum, je sais que son propos est beaucoup plus personnel et nuancé que ça. Mais s'il se retrouvait présenté sous une forme simplifiée (ce qui est inévitable dans un mouvement de revendications, à moins, comme les Stylos Rouges par exemple, de rester illisible faute d'arriver à cibler les priorités) et, qui plus est, par des enseignants qui sont généralement catégorisés a priori en tant que gauchistes, alors c'est pourtant bien comme le bon vieux cliché de la dénonciation des "complices du Grand Capital" que ce message serait perçu... puis immédiatement rejeté par toute une frange de la population ontologiquement de droite (parmi les artisans, commerçants, petits patrons...) et par des classes populaires désormais viscéralement dégoûtées par tout ce qui leur rappelle trop cette gauche qui les a abandonnées, bref par des catégories qui auraient sans doute été dans une certaine mesure prêtes à adhérer à un discours plus rationnel sur l'Ecole à condition qu'on ne les prenne pas politiquement à rebrousse-poil...


@Leroy86 a écrit:
@Moonchild a écrit:Pour résumer, je dirais que pour combattre les réformes de Blanquer, il faudrait aller plus loin que lui sur le terrain qui lui a permis de gagner une certaine popularité alors qu'il s'est simplement contenté de faire semblant de l'occuper.

Sa popularité est toute relative si on se réfère pour cela à des médias qui pour la plupart ont pour propriétaires des soutiens actifs du pouvoir en place et comme il a été dit sur un autre fil aujourd'hui: journaliste est un métier (pour gagner sa croûte. La situation et la dégradation sont inédites.  Les mouvements des hospitaliers et des enseignants ont plus d'échos que cela et le peuple, du moins sa partie agissante est bien au courant et n'est pas dupe. Les commentaires d'un journal que je garderais pour les toilettes (pas pour la lecture) ne sont pas l'opinion publique. Il faut continuer à agir ou à défaut soutenir l'action parce qu'en face ils ont perdu beaucoup de plumes, que d'anciens soutiens ont ouverts les yeux, que des administrations n'obéissent plus aveuglement (même si la notre semble capable de la plus grande veulerie). La défiance grandit et le storytelling ne bouchera pas éternellement les trous.

Et pour résumer, je dirais qu'un enseignant est d'abord un citoyen, que dire non et résister à des réformes ignobles et ignominieuses n'est pas de l'activisme mais un acte sain de résistance.

Je crois qu'on aurait tort de sous-estimer l'image de "sérieux" et de "bon sens" que Blanquer a su se donner bien au-delà de la sphère médiatique. Le bonhomme est habile en communication, son allure austère joue en sa faveur et il a parfaitement su adapter à la politique la recette de l'émission de téléréalité "Le Pensionnat de Chavagnes" ; et ça continuera à marcher tant qu'il aura en face de lui des enseignants qui persisteront à se donner malgré eux l'image de doux-rêveurs incompétents ou d'idéologues exaltés et qui, vu de l'extérieur, paraîtront comme les premiers responsables de la débâcle du système éducatif aussi longtemps qu'ils se refuseront à briser publiquement leur silence gêné sur les errements pédagogiques des vingt trente dernières années.

Et puis, pour plagier le titre d'un livre récent, je dirais que l'opinion publique est totalement "archipélisée" et je suis persuadé que, sans une inflexion majeure de leur discours, les enseignants n'obtiendront pas plus le soutien spontané du peuple que les Gilets Jaunes n'ont eu initialement celui des enseignants.
JulieLH
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Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?  - Page 8 Empty Re: Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?

par JulieLH le Jeu 4 Juil - 7:21
@Fenrir a écrit:

Du vol, mais jusqu'où iront ils ?

Lundi 17 juin : comment la presse traite-t-elle de la grève des surveillances ?  - Page 8 D-il-d10
Lefteris
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Empereur

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par Lefteris le Jeu 4 Juil - 11:43
@Leroy86 a écrit: Régler ses comptes avec un parti qui a déçu est nécessaire pour le soi et même légitime mais ce n"est pas le lieu pour le faire; ici on évite de faire de la politique. De plus le message de Leftéris est loin de celui d'un affidé de l'Internationale.
Certes, mais je serais bien moins loin de la IVe internationale , dont j'apprécie souvent les analyses même si je diverge sur la vision d'un avenir radieux, que des pseudo-socialistes convertis au marché, à la régionalisation anti-républicaine, à l'européisme mercantile, à la transformation du citoyen en consommateur (y compris à l'école). Mais je demeure un "non aligné " Very Happy

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"La réforme [...] c'est un ensemble de décrets qui s'emboîtent les uns dans les autres, qui ne prennent leur sens que quand on les voit tous ensemble". La stratégie du puzzle, expliquée sans détours par F. Robine.

« Tant qu’il y aura des hommes qui n’obéiront pas à leur raison seule, le genre humain restera partagé en deux classes : celle des hommes qui raisonnent et celles des hommes qui croient, celle des maîtres et celle des esclaves ».Condorcet
Sylvain de Saint-Sylvain
Sylvain de Saint-Sylvain
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par Sylvain de Saint-Sylvain le Jeu 4 Juil - 11:55
@Moonchild a écrit:
Et puis, pour plagier le titre d'un livre récent, je dirais que l'opinion publique est totalement "archipélisée" et je suis persuadé que, sans une inflexion majeure de leur discours, les enseignants n'obtiendront pas plus le soutien spontané du peuple que les Gilets Jaunes n'ont eu initialement celui des enseignants.

Ne devrait-on pas mener une lutte plus offensive, et plus politique ? C'est-à-dire : non pas défendre la casse de tel ou tel truc à quoi plus personne ne croit, mais dépoussiérer les idéaux qu'il y a derrière l'école républicaine et le statut des fonctionnaires. Inscrire, par exemple, la lutte contre les réformes - la réforme, comme l'analyse Lefteris - dans une critique plus vaste du marché du travail comme unique horizon de l'enfance, et de la compétition généralisée. Inscrire la violence et l'échec scolaire dans le contexte d'une société où dès le plus jeune âge on nous fait bien comprendre qu'il faudra gagner sa place au soleil et qu'il y aura des gagnants et des perdants. Porter les idées qui permettraient de réaliser davantage le principe d'égalité (au lieu de seulement dénoncer ce qui accroît les inégalités). Et, globalement, tenter d'imposer nos termes et nos revendications, au lieu d'attendre le prochain projet de réforme pour parler de ce dont le ministre veut parler. Les seuls mouvements de lutte qui n'attendent pas sont locaux, à propos de problèmes locaux : pourquoi pas au niveau national ?

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« Les hommes en vinrent, pour qualifier les actes, à modifier arbitrairement le sens habituel des mots. » (Thucydide)
Zagara
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par Zagara le Jeu 4 Juil - 14:46
@Sylvain de Saint-Sylvain a écrit:
@Moonchild a écrit:
Et puis, pour plagier le titre d'un livre récent, je dirais que l'opinion publique est totalement "archipélisée" et je suis persuadé que, sans une inflexion majeure de leur discours, les enseignants n'obtiendront pas plus le soutien spontané du peuple que les Gilets Jaunes n'ont eu initialement celui des enseignants.

Ne devrait-on pas mener une lutte plus offensive, et plus politique ? C'est-à-dire : non pas défendre la casse de tel ou tel truc à quoi plus personne ne croit, mais dépoussiérer les idéaux qu'il y a derrière l'école républicaine et le statut des fonctionnaires. Inscrire, par exemple, la lutte contre les réformes - la réforme, comme l'analyse Lefteris - dans une critique plus vaste du marché du travail comme unique horizon de l'enfance, et de la compétition généralisée. Inscrire la violence et l'échec scolaire dans le contexte d'une société où dès le plus jeune âge on nous fait bien comprendre qu'il faudra gagner sa place au soleil et qu'il y aura des gagnants et des perdants. Porter les idées qui permettraient de réaliser davantage le principe d'égalité (au lieu de seulement dénoncer ce qui accroît les inégalités). Et, globalement, tenter d'imposer nos termes et nos revendications, au lieu d'attendre le prochain projet de réforme pour parler de ce dont le ministre veut parler. Les seuls mouvements de lutte qui n'attendent pas sont locaux, à propos de problèmes locaux : pourquoi pas au niveau national ?

Tout ça est bien gentil, mais si on regarde le monde en face, on arrive à la conclusion que la parenthèse historique des Lumières s'est refermée.
RogerMartin
RogerMartin
Esprit sacré

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par RogerMartin le Jeu 4 Juil - 15:20
Des idées de journalistes à contacter pour donner des nouvelles concrètes de ce qui se passe sur le terrain, et faire entendre une autre réalité que celle du MEN, avec ses 20 petits jurys perturbés ? J'ai écrit à la journaliste qui a invité Celeborn hier sur BFM, mais il doit bien y avoir d'autres relais.

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Strange how paranoia can link up with reality now and then.
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