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Luigi_B
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"A l’école du « grand écart » : le niveau des élèves français est-il si mauvais ?" (Le Monde) Empty "A l’école du « grand écart » : le niveau des élèves français est-il si mauvais ?" (Le Monde)

par Luigi_B le Sam 30 Nov - 9:25
Dans "Le Monde" et dans l'attente des résultats de PISA 2018, cet article atterrant, malheureusement réservé aux abonnés. Sont convoqués Stéphane Crochet, Pierre Merle, Claude Lelièvre et tout y passe pour relativiser le constat que nous faisons tous : "A l’école du « grand écart » : le niveau des élèves français est-il si mauvais ?"

Exemple avec cet extrait :

On se focalise sur le lire-écrire-compter, souligne un professeur de collège à Lyon. Sans contester leur importance, n’est-il pas temps de requestionner les compétences au XXIe siècle ? Certains de mes élèves, même à 14 ans, peinent encore sur les divisions, reconnaît-il. Mais ils peuvent me surprendre dans les liens qu’ils tissent entre les disciplines ou dans leur prise de parole.

En résumé, le niveau scolaire ne monte pas, bien au contraire... mais finalement tout va bien. Analyse dans "La vie moderne" des invariants de ce discours scolaire qui interdit toute lucidité sur l'école : http://www.laviemoderne.net/forum/les-grands-indicateurs/6451-l-anti-declinisme-chroniques-d-hier-et-d-aujourd-hui/22516#22516

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XIII
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par XIII le Sam 30 Nov - 9:33
C'est marrant les évals nationales de 6ème sont une réussite dans mon REP...

Evaluer au travers de tests standardisés n'a qu'un seul et unique objectif : tuer l'école publique et privatiser. Regardons du côté des USA et l'arrivée des tests standardisés et "charters schools" dans la foulée.
Iphigénie
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par Iphigénie le Sam 30 Nov - 10:33
En demandant à tous ceux qui ont soutenus les méthodes utilisées depuis trente ans à la louche, on arrive forcément sur le déni: comment reconnaître qu'on s'est gouré à ce point? et en plus comment maintenant y remédier?
Alors, fuite en avant.
L'épouvantail du "déclinisme" est un commode cache-misère pour tout un tas de thuriféraires de la modernité, depuis ces trente ans, et qui en réalité sont bien ceux qui s'enferrent dans cette tradition d'erreurs et le refus de se réformer...
Thermo
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par Thermo le Sam 30 Nov - 10:46
Ils sont en train de préparer le terrain des excuses avant que PISA n'arrive.
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Dernière édition par Thermo le Sam 30 Nov - 11:12, édité 1 fois

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par Zagara le Sam 30 Nov - 10:56
@XIII a écrit:C'est marrant les évals nationales de 6ème sont une réussite dans mon REP...

Evaluer au travers de tests standardisés n'a qu'un seul et unique objectif : tuer l'école publique et privatiser. Regardons du côté des USA et l'arrivée des tests standardisés et "charters schools" dans la foulée.

Normal : quand on veut instaurer un marché, le premier pas est de créer une échelle de valeurs qui vont permettre de fixer des prix différents selon la "qualité" des produits. Il ne peut en effet pas y avoir de marchés sans signalétique des prix. Cela étant, tous les systèmes unifiés de valeurs ne conduisent pas à l'émergence d'un marché. Mais c'est effectivement le premier acte à poser si on veut en créer un.
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par Thermo le Sam 30 Nov - 11:16
@Zagara a écrit:
@XIII a écrit:C'est marrant les évals nationales de 6ème sont une réussite dans mon REP...

Evaluer au travers de tests standardisés n'a qu'un seul et unique objectif : tuer l'école publique et privatiser. Regardons du côté des USA et l'arrivée des tests standardisés et "charters schools" dans la foulée.

Normal : quand on veut instaurer un marché, le premier pas est de créer une échelle de valeurs qui vont permettre de fixer des prix différents selon la "qualité" des produits. Il ne peut en effet pas y avoir de marchés sans signalétique des prix. Cela étant, tous les systèmes unifiés de valeurs ne conduisent pas à l'émergence d'un marché. Mais c'est effectivement le premier acte à poser si on veut en créer un.
Si ils suppriment les notes dans l'éducation nationale (collège seul ou avec lycée) et qu'ils laissent tout le privé continuer à noter : BINGO!

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par Zagara le Sam 30 Nov - 11:21
Mon impression c'est quand même que les réformes du MEN sont très incohérentes, comme une hydre dont les têtes passeraient leur temps à se chamailler. Ça ne donne pas l'impression, comme pour les hôpitaux par exemple, que toutes les réformes vont dans un sens bien précis, tendu vers la privatisation de l'ensemble. Je crois que ça vient du fait que y'a au MEN des pédagos qui croient vraiment à leurs trucs de compétences etc, à côté des énarques cherchant à faire des économies ou privatiser des bouts. On doit être, comme le ministère de la défense, un "ministère mixte", où des gens très différents pilotent bon an mal an l'ensemble.

Par exemple, si je voulais privatiser l'école, j'aurais déjà rendu les CDE non seulement parfaitement autonomes, mais autorisés à contracter par eux-mêmes des dettes sur les marchés financiers afin de compléter une dotation de l'Etat réduite à sa plus simple expression. C'est ce qui s'est fait de longue date pour les hôpitaux. Asservir une institution par la dette est le moyen le plus rapide de l'étouffer et de la pousser à se vendre à des acteurs privés. L'avantage de cette méthode est qu'il n'y a pas besoin de privatiser officiellement : l'institution s'auto-privatise peu à peu par le jeu de son introduction dans le  marché capitaliste ordinaire.
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par Thermo le Sam 30 Nov - 11:33
Je trouve au contraire que les réformes ont une cohérence ces dernières décennies, ce sont toujours les mêmes idéologues qui sont les inspirateurs, c'est toujours le même "délire"....et cette constance dans l'erreur a abouti non seulement à un niveau en baisse, des incivilités en hausse (France parmi les champions des cours perturbés par les élèves) mais aussi et surtout à un système de plus en plus inégalitaire (France Champion de l'OCDE si je me souviens correctement).


Dernière édition par Thermo le Sam 30 Nov - 16:21, édité 2 fois

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par Zagara le Sam 30 Nov - 11:39
Oui la dégradation est linéaire, mais pourtant, même idéologiquement, il y avait une forte différence entre par exemple les discours de NVB et ceux de Blanquer (à tel point que Blanquer emportait au début l'adhésion de pas mal de gens sur ce forum). Et leurs réformes pédagogiques ne sont pas orientées vers le même but je trouve. Sous NVB, c'était pédagolol en roue libre, avec tous les buzzwords qui allaient bien. Sous Blanquer, les réformes vont plutôt vers l'idée néolibérale de l'individu-se-construisant-tout-seul-par-ses-libres-choix, le petit entrepreneur de lui-même qui fabrique son capital humain et peut se tromper.
Les deux conduisent à une hausse des inégalités, mais pas pour les mêmes raisons et pas en allant, à l'origine, dans le même sens. Donc les effets vont dans le même sens mais pas les causes/projets, je crois. Ou peut-être que je me trompe ?


Dernière édition par Zagara le Sam 30 Nov - 11:40, édité 1 fois
Monsieur_Tesla
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par Monsieur_Tesla le Sam 30 Nov - 11:40
@Thermo a écrit:
@Zagara a écrit:
@XIII a écrit:C'est marrant les évals nationales de 6ème sont une réussite dans mon REP...

Evaluer au travers de tests standardisés n'a qu'un seul et unique objectif : tuer l'école publique et privatiser. Regardons du côté des USA et l'arrivée des tests standardisés et "charters schools" dans la foulée.

Normal : quand on veut instaurer un marché, le premier pas est de créer une échelle de valeurs qui vont permettre de fixer des prix différents selon la "qualité" des produits. Il ne peut en effet pas y avoir de marchés sans signalétique des prix. Cela étant, tous les systèmes unifiés de valeurs ne conduisent pas à l'émergence d'un marché. Mais c'est effectivement le premier acte à poser si on veut en créer un.
Si ils suppriment les notes dans l'éducation nationale (collège seul ou avec lycée) et qu'ils laissent tout le privé continuer à noter : BINGO!

Je suis dans le privé, on note et on évalue par compétence ... extrêmement chronophage !

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par Thermo le Sam 30 Nov - 11:42
je m'exprimais sur l'avant Blanquer, c'est sur qu'il y a un vrai changement avec lui, il n'a pas laissé Robine poursuivre sur sa lancée notament.
Mais les conditions budgétaires sont mauvaises je ne crois pas qu'il pourra rattraper le désastre.

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par Celadon le Sam 30 Nov - 11:47
Il paraît que chez acadomia, il y a des séminaires obligatoires par video conférence, même pour les profs qui donnent 2 h par ci par là. Quelqu'un pour confirmer ? "A l’école du « grand écart » : le niveau des élèves français est-il si mauvais ?" (Le Monde) 3007565502
Monsieur_Tesla
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par Monsieur_Tesla le Sam 30 Nov - 11:50
@Zagara a écrit:Oui la dégradation est linéaire, mais pourtant, même idéologiquement, il y avait une forte différence entre par exemple les discours de NVB et ceux de Blanquer (à tel point que Blanquer emportait au début l'adhésion de pas mal de gens sur ce forum). Et leurs réformes pédagogiques ne sont pas orientées vers le même but je trouve. Sous NVB, c'était pédagolol en roue libre, avec tous les buzzwords qui allaient bien. Sous Blanquer, les réformes vont plutôt vers l'idée néolibérale de l'individu-se-construisant-tout-seul-par-ses-libres-choix, le petit entrepreneur de lui-même qui fabrique son capital humain et peut se tromper.
Les deux conduisent à une hausse des inégalités, mais pas pour les mêmes raisons et pas en allant, à l'origine, dans le même sens. Donc les effets vont dans le même sens mais pas les causes/projets, je crois. Ou peut-être que je me trompe ?

Idéologie différente pour arriver au même résultat, juste une petite remarque au sujet du privé/public : j'ai beaucoup d'élèves en grande difficultés, au moins un autiste par classe (souvent sans AVS)

Nous prenons "presque" tous les élèves, jamais un élève n'a été "viré" pour ses résultats scolaires. 6 élèves n'ont pas eu le DNB l'année dernière.

abi abi

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par lirox le Sam 30 Nov - 11:57
Idem ici, lycée privé pro et techno, des élèves en difficulté, pas d'exclusion pour mauvais résultats et comme presque partout une grande "bienveillance" envers les pénibles. Les familles contribuent financièrement à hauteur de leurs moyens. Nous avons des élèves sans-papiers, réfugiés, allophones, mères de familles ne parlant pas français...
Il y a bien sûr des établissements privés élitistes mais ce n'est pas le cas de tous, loin de là.
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par Iphigénie le Sam 30 Nov - 11:59
@Zagara a écrit:Oui la dégradation est linéaire, mais pourtant, même idéologiquement, il y avait une forte différence entre par exemple les discours de NVB et ceux de Blanquer (à tel point que Blanquer emportait au début l'adhésion de pas mal de gens sur ce forum). Et leurs réformes pédagogiques ne sont pas orientées vers le même but je trouve. Sous NVB, c'était pédagolol en roue libre, avec tous les buzzwords qui allaient bien. Sous Blanquer, les réformes vont plutôt vers l'idée néolibérale de l'individu-se-construisant-tout-seul-par-ses-libres-choix, le petit entrepreneur de lui-même qui fabrique son capital humain et peut se tromper.
Les deux conduisent à une hausse des inégalités, mais pas pour les mêmes raisons et pas en allant, à l'origine, dans le même sens. Donc les effets vont dans le même sens mais pas les causes/projets, je crois. Ou peut-être que je me trompe ?
Moi je crois que la réforme continue du système est faite en amont par des techniciens qui appliquent la recette de la meilleure rentabilité du mammouth et qu’à la frange, les politiques habillent cela selon leur chapelle: seuls les discours changent et vive l’école alsacienne - et les universités étrangères et le carnet d’adresse de papa maman pour leurs mômes: comme cela ils sont sincèrement convaincus d’agir pour les masses laborieuses et pas pour le happy few qui de toute façon n’est plus concerné par l’école publique ni même privée « ordinaire »
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par Bouboule le Sam 30 Nov - 12:02
Toute cette idéologie a pu aussi se développer car elle quand même couplée avec une certaine nullité globale de ceux qui occupent les rouages et l'apathie de gens sensés et raisonnés qui enseignent mais qui préfèrent s'occuper de leur jardin (ce qui est certes compréhensible au bout d'un moment quand tu te retrouves seul à chahuter les porteurs de bonnes paroles).
Monsieur_Tesla
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par Monsieur_Tesla le Sam 30 Nov - 12:09
@lirox a écrit:Idem ici, lycée privé pro et techno, des élèves en difficulté, pas d'exclusion pour mauvais résultats et comme presque partout une grande "bienveillance" envers les pénibles. Les familles contribuent financièrement à hauteur de leurs moyens. Nous avons des élèves sans-papiers, réfugiés, allophones, mères de familles ne parlant pas français...
Il y a bien sûr des établissements privés élitistes mais ce n'est pas le cas de tous, loin de là.

Merci du soutien, idem dans mon collège. C'est souvent difficile, voir très difficile !

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par pseudo-intello le Sam 30 Nov - 12:22
@Zagara a écrit:Mon impression c'est quand même que les réformes du MEN sont très incohérentes, comme une hydre dont les têtes passeraient leur temps à se chamailler.

Ajouter des épreuves pour le DNB pendant qu'on en enlève au bac ? "A l’école du « grand écart » : le niveau des élèves français est-il si mauvais ?" (Le Monde) 267639959
Padre P. Lucas
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par Padre P. Lucas le Sam 30 Nov - 12:46
@XIII a écrit:
Evaluer au travers de tests standardisés n'a qu'un seul et unique objectif : tuer l'école publique et privatiser. Regardons du côté des USA et l'arrivée des tests standardisés et "charters schools" dans la foulée.
Mauvaise nouvelle :
La gangrène progresse avec presque la même vitesse dans l'école privée. Ce n'est donc pas seulement un combat pour la privatisation mais aussi un combat contre l'instruction.
Bonne nouvelle :
Les poches de résistance se développent aussi bien au sein de l'école publique que dans l'école privée ou dans les familles.
Page de Pub : L'école des collines bleues.
Moonchild
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Esprit éclairé

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par Moonchild le Sam 30 Nov - 13:55
@Iphigénie a écrit:
@Zagara a écrit:Oui la dégradation est linéaire, mais pourtant, même idéologiquement, il y avait une forte différence entre par exemple les discours de NVB et ceux de Blanquer (à tel point que Blanquer emportait au début l'adhésion de pas mal de gens sur ce forum). Et leurs réformes pédagogiques ne sont pas orientées vers le même but je trouve. Sous NVB, c'était pédagolol en roue libre, avec tous les buzzwords qui allaient bien. Sous Blanquer, les réformes vont plutôt vers l'idée néolibérale de l'individu-se-construisant-tout-seul-par-ses-libres-choix, le petit entrepreneur de lui-même qui fabrique son capital humain et peut se tromper.
Les deux conduisent à une hausse des inégalités, mais pas pour les mêmes raisons et pas en allant, à l'origine, dans le même sens. Donc les effets vont dans le même sens mais pas les causes/projets, je crois. Ou peut-être que je me trompe ?
Moi je crois que la réforme continue du système est faite en amont par des techniciens qui appliquent la recette de la meilleure rentabilité du mammouth et qu’à la frange, les politiques habillent cela selon leur chapelle: seuls les discours changent et vive l’école alsacienne - et les universités étrangères et le carnet d’adresse de papa maman pour leurs mômes: comme cela ils sont sincèrement convaincus d’agir pour les masses laborieuses et pas pour le happy few qui de toute façon n’est plus concerné par l’école publique ni même privée « ordinaire »

J'aurais aussi tendance à croire que les discours des ministres successifs, en dépit de colorations parfois très diverses, restent de l'ordre du packaging et que les réformes sont avant tout écrites par la technostructure du ministère à laquelle on peut aussi adjoindre des consultants plus ou moins extérieurs - il me semble par exemple que des personnages influents évoluant dans la sphère de Sciences Po Paris ont tiré quelques manettes lors des réformes récentes.

Cependant, je ne suis pas sûr que la rentabilité ait été l'unique ni même le principal critère qui les motive. L'hypothèse de la cohabitation entre gestionnaires et pédagos dogmatiques est assez plausible et je me demande même si, pendant longtemps, l'emprise des seconds n'a pas été prépondérante - tout en sachant qu'avec leurs méthodes "magiques" qui promettaient de meilleurs résultats en réduisant les heures de cours et en décloisonnant des disciplines, ils étaient les parfaits idiots utiles des premiers.

J'ai toutefois quelques interrogations sur la réforme Blanquer du lycée qui, bien qu'entachée de multiples incohérences, voit le pédagogisme céder du terrain au niveau de l'écriture des programmes. En revanche, la nouvelle structure avec un cycle terminal - partiellement - modulaire était dans les tuyaux depuis longtemps (Darcos avait renoncé à franchir le pas) et semble constituer un point de convergence car elle peut être défendue non seulement pour ses vertus budgétaires mais aussi par conviction idéologico-pédagogiques (en finir avec les anciennes filières forcément mauvaises par nature, rendre l'élève acteur de la construction de son parcours).
Kimberlite
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Érudit

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par Kimberlite le Sam 30 Nov - 14:12
Privé hors contrat...
Les frais mensuels varient, selon le revenu des parents, de 125 à 250 euros par mois. Pour la grille détaillée, nous contacter.

Le privé sous contrat (bien moins cher que ça!) fait ce qu'il peut, je pense, avec des moyens très réduits (dans l'école de mon fils, les travaux sont faits par les parents, y a pas les moyens, sinon, surtout qu'on ne sait pas si elle va perdurer) et une volonté d'ouverture réelle (la majorité sont tout de même catholiques...).

Le privé hors contrat, et toutes les boîtes à bac, de soutien scolaire, de certifications variées, c'est ça, l'avenir (économique...).
https://actualites.ecoledeslettres.fr/education/marche-du-soutien-scolaire-une-progression-inquietante/
http://www.leparisien.fr/economie/acadomia-notre-principal-concurrent-le-marche-noir-04-06-2018-7752081.php
Acadomia est côté en bourse...



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Spoiler:
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Rendash
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Enchanteur

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par Rendash le Sam 30 Nov - 15:41
@Zagara a écrit:Oui la dégradation est linéaire, mais pourtant, même idéologiquement, il y avait une forte différence entre par exemple les discours de NVB et ceux de Blanquer (à tel point que Blanquer emportait au début l'adhésion de pas mal de gens sur ce forum). Et leurs réformes pédagogiques ne sont pas orientées vers le même but je trouve. Sous NVB, c'était pédagolol en roue libre, avec tous les buzzwords qui allaient bien. Sous Blanquer, les réformes vont plutôt vers l'idée néolibérale de l'individu-se-construisant-tout-seul-par-ses-libres-choix, le petit entrepreneur de lui-même qui fabrique son capital humain et peut se tromper.
Les deux conduisent à une hausse des inégalités, mais pas pour les mêmes raisons et pas en allant, à l'origine, dans le même sens. Donc les effets vont dans le même sens mais pas les causes/projets, je crois. Ou peut-être que je me trompe ?

L'emballage change, mais le contenu du paquet reste le même. Logique : ce sont toujours les mêmes personnes qui sont aux manettes rue de Grenelle.
Si tu envoies le recteur de Lyon à Strasbourg, le recteur de Strasbourg à Bordeaux, et le recteur de Bordeaux à Lyon, ça fait bien trois changements, mais en réalité ...

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"Ce serait un bien bel homme s’il n’était pas laid ; il est grand, bâti en Hercule, mais a un teint africain ; des yeux vifs, pleins d’esprit à la vérité, mais qui annoncent toujours la susceptibilité, l’inquiétude ou la rancune, lui donnent un peu l’air féroce, plus facile à être mis en colère qu’en gaieté. Il rit peu, mais il fait rire. [...] Il est sensible et reconnaissant ; mais pour peu qu’on lui déplaise, il est méchant, hargneux et détestable."
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