Poème sur le sport

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Poème sur le sport

Message par Cacouette le Mer 16 Sep 2009 - 23:31

Je suis à la recherche d'un poème sur le sport pour compléter ma première séquence. Je ne trouve rien pour l'instant. Avez-vous des idées?
Ou bien alors du slam? une chanson?
Merci!
Cacouette

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Re: Poème sur le sport

Message par John le Jeu 17 Sep 2009 - 0:05

C'est pour quel niveau ?

J'ai ça :

Emile Moussat, L’ATHLETE BRISE

Qui dira la fatalité du jour néfaste ?
Aucun stade n’aurait dans son périple vaste
Etreint la foule de Paris ;
Les gradins de ciment craquaient comme une cosse :
C’est que la France allaient disputer à l’Ecosse
L’honneur, plus beau que tous les prix ;

Tous les regards criblaient des flèches convergentes
La pelouse, où le drame aux fortunes changeantes,
Loyal, allait se dérouler :
Tous les regards volaient vers la mouvante cible ;
Le temps, où le présent se mêlait au possible,
Soudain cessait de s’écouler.



Trente hommes devaient là, dans le vol de deux heures,
Dire et déterminer les volontés meilleures,
Les suprêmes ténacités ;
Ils allaient, dans le choc des biceps et des torses,
Affronter rudement leurs ruses et leurs forces
Et les âmes de leurs cités.

Tous, amants frémissants du beau jeu sans cabale,
Allaient dicter le sort varié de la balle
Et, muets, raidissant leur cœur,
Arrêtant tout à coup leur souffle qui halète,
N’être plus qu’un espoir d’être le pur athlète
Qui s’effondre, mais en vainqueur.

La balle au creux du bras, le corps en équilibre,
Feinter d’un crochet bref, voir l’espace enfin libre
Et sentir, vivant, le ballon
Palpiter comme un cœur sur la poitrine ouverte,
Avoir, dans l’élan sûr foulant l’arène verte,
Des ailes d’azur au talon ;



Et s’écrouler soudain, comme étant le plus digne,
S’écrouler, comme on meurt, sur l’impossible ligne,
Epouser de toute sa peau
Le sol qu’on a conquis de son âme superbe ;
Incruster le ballon victorieux dans l’herbe
Ainsi que l’on plante un drapeau !...

…Hymne royal et Marseillaise et puis silence…
Le coup d’envoi. Tendu, chaque quinze s’élance !
Départs brusques, soudain rompus
Par le sifflet, qui dit la discipline exacte ;
C’est l’ordre dans la fougue et l’inflexible pacte
Mâte l’élan des corps trapus

Un essai pour l’Ecosse ! Et la troupe rivale
S’aligne, part, arrête au vol la balle ovale,
Fonce, passe et marque à son tour.
Clameurs folles d’espoir ! Et le jeu recommence…
L’athlète, que l’on plaque aux jambes, semble immense,
Quand il croule comme une tour.



Mais bientôt, quand au choc des ardentes mélées
Les deux béliers de chairs vivantes assemblées
S’équilibraient en s’épaulant,
On comprit que la France avec tout son courage
Pliait quand même, allait trouver trop dur l’ouvrage !
Que manquait-il à son élan ?

Et sur la foule, ainsi qu’une brume mouillée
S’élève, d’épaissit, emplit l’âme endeuillée,
Un regret vague s’exhala.
Et tous, sachant déjà la victoire perdue,
Disaient, marquant la place au plus valeureux due :
« Ah ! si Du Manoir était là !... »

… Du Manoir, à cette heure, où planait la défaite,
Du Manoir, qui manquait à la splendide fête,
Du Manoir, demi-courageux,
Gisait déjà, cadavre blanc, face blêmie,
Et la Mort l’avait pris, déloyale ennemie,
Au plus tragique de ses jeux.



Héros pur de devoir et des plus nobles zèles,
Pauvre oiseau trop hardi dont les vaillantes ailes
Durent soudain se replier,
Il avait, dans l’air froid que son hélice troue,
Frôlé d’un peu trop près et heurté de sa roue
Le pylône d’un peuplier.

La mort rompit d’un coup cette robuste échine.
Rancune de moteur, vengeance de machine
Que l’homme dompta trop souvent ?
Férocité du sort qui fixe l’heure ultime ?
Némésis sans pitié qui marque sa victime
Ou caprice brutal du vent ?

Ou peut-être, qui sait ? la distraction brève,
L’âme oubliant soudain le péril, et qui rêve,
Regret de n’être pas là-bas
Au milieu des amis aux solides adresses,
Avec qui tant de fois, il connut les ivresses
Des matches et des beaux combats ?



Il est mort. Il vécut pour n’être qu’un exemple :
Son âme bien trempée était vaste, assez ample
Pour étreindre l’homme total ;
Equilibrant en lui le corps et la pensée,
Il savait tout le prix de l’ardeur dépensée
A purifier son métal.

Bien qu’ardemment épris des arides problèmes,
Il n’aimait pas les corps flasques ni les fronts blêmes,
Il avait compris les accords,
Les rythmes souverains de la nature entière :
Il savait que l’on doit dominer la matière
Par la pensée et le corps.

Il était bon, loyal, simple, noble et sincère !
Son âme de Breton et son corps de corsaire
Vivaient es rêves fraternels ;
Il ouvrait une voie ardente à notre race.
Et l’on pouvait, foulant sa périlleuse trace,
Courir aux chemins éternels.



Vaillance de marin qui jamais ne recule,
Mais cerveau qui toujours veille, ordonne et calcule,
Il découvrait un jeu nouveau :
Même quand il fonçait en fusée éclatante,
Il avait su prévoir l’instant de la détente !
Les muscles servaient le cerveau.

Il meurt en plein effort, en bravant la matière.
Qu’il dorme sans regrets dans le froid cimetière :
Il aimait l’étreinte du sol.
Sa vie est éphémère et nulle n’est plus pleine :
Saluons cette chute ardente dans la plaine,
Ce plaquage dur en plein vol.

Avion brisé, navire instable qui dérives,
Quand tu précipitas notre vaillant frère Yves
Dans cet abîme ultime et noir,
Nous t’avons pardonné ton injuste incartade
Et nous voulons dresser sur l’ovale du stade
Ce marbre antique : Du Manoir !



Qu’un autre aille pleurer cette mort triomphante !
Cette mort est splendide et féconde : elle enfante
De nobles cœurs occidentaux.
C’est le but achevant l’essai, c’est la victoire,
Un destin pur et beau comme la trajectoire
De la balle entre les poteaux !

Emile Moussat.

Paris, Janvier 1928.

Niort, Imprimerie Nicolas.

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Re: Poème sur le sport

Message par Cacouette le Jeu 17 Sep 2009 - 7:05

Merci John. C'est pour des 5èmes donc je crois que je vais choisir de courts passages. Ce serait juste pour faire un "écho du poète". J'essaye cette année de leur montrer un poème dans chaque séquence en rapport avec le thème. On ne l'étudie pas en détails.

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