Harcèlement dans l'Education ?
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Harcèlement dans l'Education ?
Un article récent sur Agora Vox revient sur le thème du harcèlement dans l'Education. Qu'en pensez-vous ?
"Un totalitarisme dans la République
Alors qu’il est question des suicides chez France Télécom, il est courant d’associer les phénomènes de stress et de harcèlement moral au travail à certaines méthodes de management. Pourtant, certaines administrations n’ont pas besoin d’être privatisées pour voir l’univers professionnel de leurs salariés se dégrader... Dans un régime totalitaire, le pouvoir vise le contrôle de tous les aspects de la vie de l’individu. Il s’agit de le maintenir dans un moule, et de réprimer tout comportement « déviant ». Or, si la République garantit en principe les libertés individuelles, il se pourrait que ses institutions en viennent paradoxalement à les réduire. Parce que c’est comme ça : une institution, quelle qu’elle soit, tend à s’assigner comme objectif sa propre conservation, au travers d’une image qu’elle veut aseptisée. Peut-être par esprit de corps, elle ne s’interdit alors aucun moyen pour écarter, voire éliminer, un agent susceptible de mettre au jour ses dysfonctionnements.
L’Education nationale est un cas d’école, si j’ose dire. Officiellement, nous disposons de l’un des meilleurs systèmes éducatifs du Monde ; 80 % d’une classe d’âge parvient à un niveau Bac ; et lorsqu’un enseignant est agressé par un élève, ce n’est qu’« un incident isolé ». Mais nous savons que tout cela n’est pas vrai, et qu’il ne s’agit-là que du discours bien lisse d’une administration soucieuse de « ne pas faire de vagues ». Des ouvrages comme ceux de Maurice T. Maschino (L’Ecole de la lâcheté, chez Jean-Claude Gawsewitch) ou Véronique Bouzou (Ces profs qu’on assassine, également chez Jean-Claude Gawsewitch) permettent d’aller de l’autre côté du miroir et de mesurer l’ampleur du désastre : baisse du niveau, conditions d’enseignement dégradées, incivilités et violences quotidiennes, y compris dans des zones réputées « tranquilles ». Et surtout, le poids d’une hiérarchie déterminée à écraser les professeurs qui s’obstinent à refuser la folie du système.
Ce point est essentiel, et nous nous empressons de l’illustrer par un exemple.
Le relativisme des opinions et le dogme du « tout se vaut » ont fait de tels ravages que, dans certains établissements scolaires (parfois très calmes en apparence, notamment en milieu rural), une classe entière peut tenir régulièrement des propos racistes ou xénophobes. « C’est notre liberté d’expression ! », s’exclament en chœur des enfants qui ne font alors que reprendre les propos de leurs parents. Comme la parole du maître s’est trouvée constamment rabaissée par le pédagogisme depuis une bonne trentaine d’années, l’enseignant qui voudrait expliquer à ses élèves que « sale Arabe » n’est pas une opinion mais un délit (les textes officiels l’y obligent d’ailleurs) ne manquerait pas d’entrer en conflit avec trente énergumènes véhéments, surexcités en voyant leurs préjugés mis à mal.
L’enseignant en question ne rencontrerait probablement que peu de soutien auprès de ses collègues : « Pfff ! Evite les sujets brûlants, fais tes heures et te pose pas trop de questions... ». De même concernant son chef d’établissement : « Allons, allons ! Du racisme ? De la xénophobie ? N’exagérez pas, et puis ne jetez pas d’huile sur le feu ! Ce ne sont que des provocations, et n’allons pas trop loin dans le raisonnement ! ».
Il insiste néanmoins pour faire son travail, puisque, répétons-le, les textes officiels (qu’ils émanent du ministère de l’Education nationale ou de l’Assemblée nationale) l’obligent pourtant dans ce genre de situation à entreprendre un travail d’éducation à la citoyenneté en collaboration avec les autres membres de la communauté éducative. Aussi commence-t-il à faire figure d’« empêcheur de tourner en rond », de « professeur à problèmes » et, en quelque sorte, d’« homme à abattre ».
Voilà qui dégénère en processus de harcèlement moral au travail. Ses collègues se désolidarisent de lui et le décrédibilisent éventuellement devant les classes qu’ils ont en commun. Avec les élèves, c’est de plus en plus difficile. Ses supérieurs en profitent pour monter un dossier destiné à le casser. C’est très facile à faire. Un principal ou un proviseur a la possibilité d’envoyer des rapports au rectorat à l’insu de l’intéressé, sans mentionner qu’il réagissait comme il le devait devant les propos de ses élèves, et en tournant les choses comme ça l’arrange au moment où ça l’arrange :
« X. perturbe la bonne marche de l’établissement. Il se montre incapable d’instaurer un dialogue avec ses élèves et ses collègues. Il ne se remet pas en question et se refuse à tout changement de comportement. Rigide et paranoïaque. »
Et oui, on psychiatrise beaucoup dans l’Education nationale… Très efficace pour enfermer un individu dans une version falsifiée de la réalité. Inspecteurs et responsables académiques, au nom de ce fameux esprit de corps, se borneront à suivre l’avis de la direction. Ils ignorent la version des faits de l’enseignant incriminé et ne chercheront pas à la connaître puisque, de toute façon, eux non plus ne veulent « pas de vagues ». Au final, l’institution trouvera un prétexte pour engager une « procédure disciplinaire » à l’encontre de la cible, lui donner un blâme (ce qui signifie « Couché ! »), la muter, voire la révoquer.
Inimaginable ? Kafkaïen ? Totalitaire ? En effet.
Roberto Saviano, l’auteur de Gomorra, soutient que la mafia napolitaine, pour réprimer les récalcitrants, utilise trois moyens de rétorsion : d’abord la diffamation, puis l’isolement, enfin l’exécution. Un tel schéma se retrouve dans tout système à dérive fascisante, ce qui est actuellement le cas de l’Education nationale. La mort de Sonia Bergerac (Isabelle Adjani) dans La Journée de la jupe (diffusé sur Arte l’année dernière) possède à cet égard une charge symbolique énorme. Il ne faut du reste jamais perdre de vue que nous nous trouvons en présence d’une organisation de masse, avec une multitude d’intervenants entre le sommet (le ministre) et la base (les enseignants devant les élèves). L’agent, et cela même si les intentions ministérielles et les textes officiels vont dans le bon sens, demeure dès lors tributaire de la qualité et de l’arbitraire des intermédiaires : recteurs, inspecteurs, chefs d’établissements…
« Du fond de l’espace on ne vous entendra pas crier », avertissaient les producteurs d’Alien en 1979. Aujourd’hui, la réalité (de la classe) a dépassé la (science-) fiction.
Daniel Arnaud
Auteur de : Dernières nouvelles du front, choses vues dans un système éducatif à la dérive, L’Harmattan, 2008, 224 pp.
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/un-totalitarisme-dans-la-62171
"Un totalitarisme dans la République
Alors qu’il est question des suicides chez France Télécom, il est courant d’associer les phénomènes de stress et de harcèlement moral au travail à certaines méthodes de management. Pourtant, certaines administrations n’ont pas besoin d’être privatisées pour voir l’univers professionnel de leurs salariés se dégrader... Dans un régime totalitaire, le pouvoir vise le contrôle de tous les aspects de la vie de l’individu. Il s’agit de le maintenir dans un moule, et de réprimer tout comportement « déviant ». Or, si la République garantit en principe les libertés individuelles, il se pourrait que ses institutions en viennent paradoxalement à les réduire. Parce que c’est comme ça : une institution, quelle qu’elle soit, tend à s’assigner comme objectif sa propre conservation, au travers d’une image qu’elle veut aseptisée. Peut-être par esprit de corps, elle ne s’interdit alors aucun moyen pour écarter, voire éliminer, un agent susceptible de mettre au jour ses dysfonctionnements.
L’Education nationale est un cas d’école, si j’ose dire. Officiellement, nous disposons de l’un des meilleurs systèmes éducatifs du Monde ; 80 % d’une classe d’âge parvient à un niveau Bac ; et lorsqu’un enseignant est agressé par un élève, ce n’est qu’« un incident isolé ». Mais nous savons que tout cela n’est pas vrai, et qu’il ne s’agit-là que du discours bien lisse d’une administration soucieuse de « ne pas faire de vagues ». Des ouvrages comme ceux de Maurice T. Maschino (L’Ecole de la lâcheté, chez Jean-Claude Gawsewitch) ou Véronique Bouzou (Ces profs qu’on assassine, également chez Jean-Claude Gawsewitch) permettent d’aller de l’autre côté du miroir et de mesurer l’ampleur du désastre : baisse du niveau, conditions d’enseignement dégradées, incivilités et violences quotidiennes, y compris dans des zones réputées « tranquilles ». Et surtout, le poids d’une hiérarchie déterminée à écraser les professeurs qui s’obstinent à refuser la folie du système.
Ce point est essentiel, et nous nous empressons de l’illustrer par un exemple.
Le relativisme des opinions et le dogme du « tout se vaut » ont fait de tels ravages que, dans certains établissements scolaires (parfois très calmes en apparence, notamment en milieu rural), une classe entière peut tenir régulièrement des propos racistes ou xénophobes. « C’est notre liberté d’expression ! », s’exclament en chœur des enfants qui ne font alors que reprendre les propos de leurs parents. Comme la parole du maître s’est trouvée constamment rabaissée par le pédagogisme depuis une bonne trentaine d’années, l’enseignant qui voudrait expliquer à ses élèves que « sale Arabe » n’est pas une opinion mais un délit (les textes officiels l’y obligent d’ailleurs) ne manquerait pas d’entrer en conflit avec trente énergumènes véhéments, surexcités en voyant leurs préjugés mis à mal.
L’enseignant en question ne rencontrerait probablement que peu de soutien auprès de ses collègues : « Pfff ! Evite les sujets brûlants, fais tes heures et te pose pas trop de questions... ». De même concernant son chef d’établissement : « Allons, allons ! Du racisme ? De la xénophobie ? N’exagérez pas, et puis ne jetez pas d’huile sur le feu ! Ce ne sont que des provocations, et n’allons pas trop loin dans le raisonnement ! ».
Il insiste néanmoins pour faire son travail, puisque, répétons-le, les textes officiels (qu’ils émanent du ministère de l’Education nationale ou de l’Assemblée nationale) l’obligent pourtant dans ce genre de situation à entreprendre un travail d’éducation à la citoyenneté en collaboration avec les autres membres de la communauté éducative. Aussi commence-t-il à faire figure d’« empêcheur de tourner en rond », de « professeur à problèmes » et, en quelque sorte, d’« homme à abattre ».
Voilà qui dégénère en processus de harcèlement moral au travail. Ses collègues se désolidarisent de lui et le décrédibilisent éventuellement devant les classes qu’ils ont en commun. Avec les élèves, c’est de plus en plus difficile. Ses supérieurs en profitent pour monter un dossier destiné à le casser. C’est très facile à faire. Un principal ou un proviseur a la possibilité d’envoyer des rapports au rectorat à l’insu de l’intéressé, sans mentionner qu’il réagissait comme il le devait devant les propos de ses élèves, et en tournant les choses comme ça l’arrange au moment où ça l’arrange :
« X. perturbe la bonne marche de l’établissement. Il se montre incapable d’instaurer un dialogue avec ses élèves et ses collègues. Il ne se remet pas en question et se refuse à tout changement de comportement. Rigide et paranoïaque. »
Et oui, on psychiatrise beaucoup dans l’Education nationale… Très efficace pour enfermer un individu dans une version falsifiée de la réalité. Inspecteurs et responsables académiques, au nom de ce fameux esprit de corps, se borneront à suivre l’avis de la direction. Ils ignorent la version des faits de l’enseignant incriminé et ne chercheront pas à la connaître puisque, de toute façon, eux non plus ne veulent « pas de vagues ». Au final, l’institution trouvera un prétexte pour engager une « procédure disciplinaire » à l’encontre de la cible, lui donner un blâme (ce qui signifie « Couché ! »), la muter, voire la révoquer.
Inimaginable ? Kafkaïen ? Totalitaire ? En effet.
Roberto Saviano, l’auteur de Gomorra, soutient que la mafia napolitaine, pour réprimer les récalcitrants, utilise trois moyens de rétorsion : d’abord la diffamation, puis l’isolement, enfin l’exécution. Un tel schéma se retrouve dans tout système à dérive fascisante, ce qui est actuellement le cas de l’Education nationale. La mort de Sonia Bergerac (Isabelle Adjani) dans La Journée de la jupe (diffusé sur Arte l’année dernière) possède à cet égard une charge symbolique énorme. Il ne faut du reste jamais perdre de vue que nous nous trouvons en présence d’une organisation de masse, avec une multitude d’intervenants entre le sommet (le ministre) et la base (les enseignants devant les élèves). L’agent, et cela même si les intentions ministérielles et les textes officiels vont dans le bon sens, demeure dès lors tributaire de la qualité et de l’arbitraire des intermédiaires : recteurs, inspecteurs, chefs d’établissements…
« Du fond de l’espace on ne vous entendra pas crier », avertissaient les producteurs d’Alien en 1979. Aujourd’hui, la réalité (de la classe) a dépassé la (science-) fiction.
Daniel Arnaud
Auteur de : Dernières nouvelles du front, choses vues dans un système éducatif à la dérive, L’Harmattan, 2008, 224 pp.
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/un-totalitarisme-dans-la-62171
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"Quand on reconnaît une liberté, il faut en faire un droit." (F. de Closets)
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John- Admin
Re: Harcèlement dans l'Education ?
Personnellement, j'ai été victime de "crises" de harcèlement moral de la part d'un ancien principal... pour en avoir discuté avec mon médecin à l'époque, qui est aussi médecin du travail et expert auprès des tribunaux, ce phénomène est très courant, de plus en plus en même, et comme elle le constatait elle-même, l'absence de médecine du travail pour les enseignants crée une impunité dans ce domaine...
De plus, pour m'être renseignée auprès de la mutuelle de solidarité, si un prof met en cause un principal, même si ce dernier a été déplacé par la hiérarchie, est alcoolique et tyran notoire, jamais ce pauvre malheureux n'obtiendra gain de cause, bien au contraire même: sa carrière est quasi assurée d'être sabordée, à coup d'affectations minables, d'inspections foireuses, j'en passe et des meilleures...on m'avait même expliqué que le principal aussi pouvait joindre l'autonome de solidarité, hein...alors bon, on pouvait pas trop réagir...
Le harcèlement, dans l'EN, il peut être partout. Comme dans l'entreprise.
De plus, pour m'être renseignée auprès de la mutuelle de solidarité, si un prof met en cause un principal, même si ce dernier a été déplacé par la hiérarchie, est alcoolique et tyran notoire, jamais ce pauvre malheureux n'obtiendra gain de cause, bien au contraire même: sa carrière est quasi assurée d'être sabordée, à coup d'affectations minables, d'inspections foireuses, j'en passe et des meilleures...on m'avait même expliqué que le principal aussi pouvait joindre l'autonome de solidarité, hein...alors bon, on pouvait pas trop réagir...
Le harcèlement, dans l'EN, il peut être partout. Comme dans l'entreprise.

Audrey- Bon génie
Re: Harcèlement dans l'Education ?
Sans compter qu'avec les promotions au mérite, CE et IPR ont obtenu un pouvoir exhorbitant !!

Daphné- Devin
Re: Harcèlement dans l'Education ?
J'ai témoigné pour l'un des deux livres cités, par contre je n'ai pas lu l'ouvrage en question et j'ignore si mon témoignage a été retenu. Je vais le commander de ce pas en passant par la bannière du forum si j'ai bien compris 
Alors j'ai subi lors de ma première affectation en tant que titulaire académique à la sortie de l'IUFM les foudres d'un principal et de son adjoint dans un collège rural de la RP.
Ils m'ont totalement anéantie psychologiquement alors que je vivais un moment difficile (grossesse+problèmes de couples avec mon mari de l'époque). Ils ont flingué ma carrière en baissant ma note administrative de trois points.
Mon tort ? avoir des problèmes de discipline.. mais au lieu de m'aider , on m'a enfoncée.
Le principal m'accueillait tous les matins devant ma salle de classe et n'hésitait pas à me faire des réflexions désobligeantes devant les élèves. Puis, il m'a obligée à faire cours dans une salle qui servait de salle de jeux aux élèves pendant la récré...donc état lamentable, tableau noir inutilisable... mais gros avantage elle était près de son bureau. Quand je renvoyais un élève c'était des remarques ignobles à mon sujet devant lui.
Bon, je dois dire que son comportement s'est durci quand j'ai osé porter plainte pour un vol .On m'a dérobée 300 francs , tout le monde savait qui était le coupable, mais personne ne faisait rien. Le principal ne voulait pas que je porte plainte et je l'ai fait... total : il est devenu pire....
Ensuite il y a eu la baisse de la note,puis les inspections.. et enfin n'ayant toujours pas obtenu mon départ, il a fait appel au comité médical prétextant que j'avais des problèmes psys...bien entendu , lui même devant moi (mais sans témoin) a reconnu que c'était un faux prétexte mais qu'il n'avait pas le choix pour me "faire dégager" (sic).
J'ai été donc arrêtée d'office sinon monsieur menaçait d'appeler la police si je venais au collège....
C'est une histoire à peine croyable et souvent on ne me croit pas quand je la raconte tellement ça parait énorme.
Je regrette de n'avoir pas su me défendre à l'époque...il avait réussi à se mettre des parents influents dans la poche (parents éducateurs , parents enseignants), du coup les enfants de ses personnes se croyaient tout permis et me remettaient à ma place sans arrêt....j'ai été traumatisée par cette expérience...
Un jour, je l'ai revu à une commission d'appel (heureusement pas la mienne), je me suis sentie mal, j'étais à la limite du malaise.
Les conséquences d'une telle expérience : la perte totale de confiance en soi, le stress devant l'autorité... j'ai une angoisse insurmontable quand je dois parler à un CDE. J'ai été brisée de suite et je peux dire que 16 ans après je ne m'en suis jamais remise, d'autant que mon expérience de l'enseignement a souvent été difficile.
J'ai aussi été lâchement abandonnée par mes collègues qui ne "voulaient pas d'histoires" (sic)... je suis partie de cet établissement comme une voleuse dans l'indifférence générale
Alors j'ai subi lors de ma première affectation en tant que titulaire académique à la sortie de l'IUFM les foudres d'un principal et de son adjoint dans un collège rural de la RP.
Ils m'ont totalement anéantie psychologiquement alors que je vivais un moment difficile (grossesse+problèmes de couples avec mon mari de l'époque). Ils ont flingué ma carrière en baissant ma note administrative de trois points.
Mon tort ? avoir des problèmes de discipline.. mais au lieu de m'aider , on m'a enfoncée.
Le principal m'accueillait tous les matins devant ma salle de classe et n'hésitait pas à me faire des réflexions désobligeantes devant les élèves. Puis, il m'a obligée à faire cours dans une salle qui servait de salle de jeux aux élèves pendant la récré...donc état lamentable, tableau noir inutilisable... mais gros avantage elle était près de son bureau. Quand je renvoyais un élève c'était des remarques ignobles à mon sujet devant lui.
Bon, je dois dire que son comportement s'est durci quand j'ai osé porter plainte pour un vol .On m'a dérobée 300 francs , tout le monde savait qui était le coupable, mais personne ne faisait rien. Le principal ne voulait pas que je porte plainte et je l'ai fait... total : il est devenu pire....
Ensuite il y a eu la baisse de la note,puis les inspections.. et enfin n'ayant toujours pas obtenu mon départ, il a fait appel au comité médical prétextant que j'avais des problèmes psys...bien entendu , lui même devant moi (mais sans témoin) a reconnu que c'était un faux prétexte mais qu'il n'avait pas le choix pour me "faire dégager" (sic).
J'ai été donc arrêtée d'office sinon monsieur menaçait d'appeler la police si je venais au collège....
C'est une histoire à peine croyable et souvent on ne me croit pas quand je la raconte tellement ça parait énorme.
Je regrette de n'avoir pas su me défendre à l'époque...il avait réussi à se mettre des parents influents dans la poche (parents éducateurs , parents enseignants), du coup les enfants de ses personnes se croyaient tout permis et me remettaient à ma place sans arrêt....j'ai été traumatisée par cette expérience...
Un jour, je l'ai revu à une commission d'appel (heureusement pas la mienne), je me suis sentie mal, j'étais à la limite du malaise.
Les conséquences d'une telle expérience : la perte totale de confiance en soi, le stress devant l'autorité... j'ai une angoisse insurmontable quand je dois parler à un CDE. J'ai été brisée de suite et je peux dire que 16 ans après je ne m'en suis jamais remise, d'autant que mon expérience de l'enseignement a souvent été difficile.
J'ai aussi été lâchement abandonnée par mes collègues qui ne "voulaient pas d'histoires" (sic)... je suis partie de cet établissement comme une voleuse dans l'indifférence générale
Invité- Invité
Re: Harcèlement dans l'Education ?
Ton histoire est effectivement incroyable. Je ne comprends même pas comment tu as pu trouver la force de rester dans l'EN avec un tel départ...
Il ne s'en prenait qu'à toi ?
Aucun collègue ne s'en est ému ?
Les syndicats n'ont rien pu faire ?
Il ne s'en prenait qu'à toi ?
Aucun collègue ne s'en est ému ?
Les syndicats n'ont rien pu faire ?

Violet- Empereur
Re: Harcèlement dans l'Education ?
violet a écrit:Ton histoire est effectivement incroyable. Je ne comprends même pas comment tu as pu trouver la force de rester dans l'EN avec un tel départ...
Il ne s'en prenait qu'à toi ?
Aucun collègue ne s'en est ému ?
Les syndicats n'ont rien pu faire ?
Il s'en prenait aussi dans une moindre mesure à un maître auxiliaire qui enseignait l'anglais je crois.
Je n'ai eu de soutien d'aucun collègue, mais l'ambiance était assez mauvaise dans cet établissement.
Pour les syndicats... j'avoue que j'étais totalement dépassée (j'avais aussi des problèmes personnels terribles) et que je n'ai pas fait appel à eux, mais ils ont empêché une baisse encore plus importante de ma note administrative (le principal voulait une diminution de 3,5 points). J'ai su cela car ils m'ont envoyé une lettre en se félicitant de leur action à ce sujet (je n'avais rien demandé).
Invité- Invité
Re: Harcèlement dans l'Education ?
L'histoire que tu racontes me fait frémir...mais j'ai moi aussi deux ou trois anecdotes arrivées à des collègues qui dépassent l'entendement, la question que je me pose dans ce cas: au niveau juridique, quels sont nos droits et nos possibilités d'agir devant de tels agissements ?Tout de même, on n'est pas sous Staline!

thrasybule- Esprit sacré
Re: Harcèlement dans l'Education ?
Thrasybule, je ne vois malheureusement que les syndicats. J'ai eu aussi des problèmes avec un principal, le syndicat a obtenu que ma note soit révisée en CAPA.

heather- Expert
Re: Harcèlement dans l'Education ?
Les élus des personnels siègent aux différentes CAPA dont celle de révision de notation administrative et interviennent sur tous les cas évoqués, que les personnels les ai sollicités ou pas.
Bien sûr si on connait un dossier on peut mieux le défendre mais on peut intervenir sur tous les cas.
D'où le fait Morgane 9513 qu'ils aient pu limiter les dégats te concernant et ils auraient certainement pu mieux faire si tu leur avait signalé ta situation : elle aurait été soulevée de manière plus pointue en CAPA.
Bien sûr si on connait un dossier on peut mieux le défendre mais on peut intervenir sur tous les cas.
D'où le fait Morgane 9513 qu'ils aient pu limiter les dégats te concernant et ils auraient certainement pu mieux faire si tu leur avait signalé ta situation : elle aurait été soulevée de manière plus pointue en CAPA.

Daphné- Devin
Re: Harcèlement dans l'Education ?
Daphné a écrit:Les élus des personnels siègent aux différentes CAPA dont celle de révision de notation administrative et interviennent sur tous les cas évoqués, que les personnels les ai sollicités ou pas.
Bien sûr si on connait un dossier on peut mieux le défendre mais on peut intervenir sur tous les cas.
D'où le fait Morgane 9513 qu'ils aient pu limiter les dégats te concernant et ils auraient certainement pu mieux faire si tu leur avait signalé ta situation : elle aurait été soulevée de manière plus pointue en CAPA.
Oui, je pense aussi. C'est bien pour cela que j'ai insisté sur mon absence de réaction. Avec le recul, je m'en veux énormément d'avoir pu ainsi me laisser malmener.
Invité- Invité
Re: Harcèlement dans l'Education ?
Je ne suis (hélas!) pas très étonnée pour cela... à cause de mon année calamiteuse d'IUFM.
Sans doute la pire année de ma vie, sur le plan professionnel/étudiant (j'ai eu l'impression de désapprendre tout ce que je savais), et personnel, où on m'a reproché ce que j'étais sans s'attacher à ce que je faisais. Bref, un conflit de personne a bien failli me coûter cette année, et je sais que je ne suis pas la seule dont c'est le cas, mais je trouve que c'est très représentatif des abus de pouvoir possible. Et de cette volonté de contrôler l'individu, voulant à tout prix le caser dans un moule.
Mes quelques années de TZRiat me montrent aussi à quel point le traitement des CE peut varier d'un ets à l'autre...
Certes, il y a du harcèlement dans tous les milieux et donc pas de raison que l'EN y échappe, mais j'ai l'impression que l'impunité et la toute-puissance des postes de "cadres" y sont encore plus importantes que dans le privé.
Sans doute la pire année de ma vie, sur le plan professionnel/étudiant (j'ai eu l'impression de désapprendre tout ce que je savais), et personnel, où on m'a reproché ce que j'étais sans s'attacher à ce que je faisais. Bref, un conflit de personne a bien failli me coûter cette année, et je sais que je ne suis pas la seule dont c'est le cas, mais je trouve que c'est très représentatif des abus de pouvoir possible. Et de cette volonté de contrôler l'individu, voulant à tout prix le caser dans un moule.
Mes quelques années de TZRiat me montrent aussi à quel point le traitement des CE peut varier d'un ets à l'autre...
Certes, il y a du harcèlement dans tous les milieux et donc pas de raison que l'EN y échappe, mais j'ai l'impression que l'impunité et la toute-puissance des postes de "cadres" y sont encore plus importantes que dans le privé.

Angua- Doyen
Re: Harcèlement dans l'Education ?
J'ai connu un proviseur très problématique, et j'ai rencontré plusieurs collègues qui ont eu des soucis très précis avec lui (et toujours le même genre de soucis).
Je sais où il est aujourd'hui, j'imagine qu'il y sévit de la même manière, et évidemment il y a été promu pour la gestion de son ancien établissement !
Je sais où il est aujourd'hui, j'imagine qu'il y sévit de la même manière, et évidemment il y a été promu pour la gestion de son ancien établissement !
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John- Admin
Re: Harcèlement dans l'Education ?
J'ai eu un principal du genre quand j'étais TZR, ma deuxième année. D'ailleurs il m'a clairement dit qu'il aimait harceler les nouveaux de passage car pas d'appuis dans l'établissement.
Il a passé son année à faire des courriers au rectorat pour tout et rien (par exemple que j'étais abs à une réunion alors que j'étais en AM etc. - d'ailleurs ma pro actuelle, quand elle m'a reçu à mon arrivée était scotchée par mon dossier ; elle m'a carrément dit qu'il avait fait très très fort et qu'elle n'en tiendrait pas compte - ça c'est qqn de bien) il me convoquait dans son bureau pour un oui ou un non jusqu'au jour où je lui ai envoyé un recommandé pour dire que je refusais d'aller dorénavant dans son bureau - alors il venait en fin de cours dans ma salle jusqu'au jour où j'ai cru que j'allais le claquer, alors je suis partie en le plantant au milieu de sa tirade, il n'est plus venu. Un sale c... à genoux devant les parents. Finalement il a fait venir la vieille peau d'IPR pour essayer de m'achever (en plus je faisais 200 KM par jour - pas de transport en commun -, seule avec fiston qui était en CE1, et je n'avais jamais enseigné en collège et j'étais épuisée physiquement et moralement, pas vraiment l'envie et la force de se battre sinon cela se serait passé différemment)
Mais le pauvre... grâce à lui et à son inspection télécommandée (le jour des vacances de février dans la pire classe de 4ème du collège) catastrophique je fus convoquée au rectorat (DRH) puis envoyée chez le médecin du rectorat qui me fit aussi sec un dossier médical pour les mutations et en arrêt jusqu'aux grandes vacances...
J'ai toujours eu une envie folle de lui envoyer un mail pour le remercier chaleureusement de m'avoir pistonné pour ma place en lycée près de chez moi
mais je n'ai plus aucun souvenir de son nom... je sais juste que les années qui ont suivi l'effectif du collège baissait, baissait... et il ne doit plus y être maintenant.
Quand à l'IPR je me suis vengée en lui faisant l'affront de refuser des remonter mes notes de copies de bac devant tous les collègues présents. C'est resté dans les annales pour les présents... et elle a beau venir tous les ans dans mon lycée, elle ne vient pas me voir...
Il a passé son année à faire des courriers au rectorat pour tout et rien (par exemple que j'étais abs à une réunion alors que j'étais en AM etc. - d'ailleurs ma pro actuelle, quand elle m'a reçu à mon arrivée était scotchée par mon dossier ; elle m'a carrément dit qu'il avait fait très très fort et qu'elle n'en tiendrait pas compte - ça c'est qqn de bien) il me convoquait dans son bureau pour un oui ou un non jusqu'au jour où je lui ai envoyé un recommandé pour dire que je refusais d'aller dorénavant dans son bureau - alors il venait en fin de cours dans ma salle jusqu'au jour où j'ai cru que j'allais le claquer, alors je suis partie en le plantant au milieu de sa tirade, il n'est plus venu. Un sale c... à genoux devant les parents. Finalement il a fait venir la vieille peau d'IPR pour essayer de m'achever (en plus je faisais 200 KM par jour - pas de transport en commun -, seule avec fiston qui était en CE1, et je n'avais jamais enseigné en collège et j'étais épuisée physiquement et moralement, pas vraiment l'envie et la force de se battre sinon cela se serait passé différemment)
Mais le pauvre... grâce à lui et à son inspection télécommandée (le jour des vacances de février dans la pire classe de 4ème du collège) catastrophique je fus convoquée au rectorat (DRH) puis envoyée chez le médecin du rectorat qui me fit aussi sec un dossier médical pour les mutations et en arrêt jusqu'aux grandes vacances...
J'ai toujours eu une envie folle de lui envoyer un mail pour le remercier chaleureusement de m'avoir pistonné pour ma place en lycée près de chez moi
Quand à l'IPR je me suis vengée en lui faisant l'affront de refuser des remonter mes notes de copies de bac devant tous les collègues présents. C'est resté dans les annales pour les présents... et elle a beau venir tous les ans dans mon lycée, elle ne vient pas me voir...

ysabel- Guide spirituel
Re: Harcèlement dans l'Education ?
il me convoquait dans son bureau pour un oui ou un non jusqu'au jour où je lui ai envoyé un recommandé pour dire que je refusais d'aller dorénavant dans son bureau
D'ailleurs, il faut recommander de ne jamais aller seul dans le bureau du proviseur.
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John- Admin
Re: Harcèlement dans l'Education ?
Ben après ça dépend du pro... celle de mon lycée, aucun risque.

ysabel- Guide spirituel
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