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Cathy
Fidèle du forum

Texte critique religieuse 18ème

par Cathy le Ven 27 Nov 2009 - 21:02
Bonjour,

Je cherche un texte pour compléter l'analyse de l'épisode de l'autodafé dans Candide. J'ai bien pensé à l'article "Fanatisme" de Voltaire dans Le Dictionnaire philosophique mais je le trouve un peu dur...Je voudrais un texte qui permette de montrer que la question religieuse est centrale pour les philosophes des Lumières...Si vous avez des idées, je suis preneuse!

Merci!
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Tremere
Niveau 9

Re: Texte critique religieuse 18ème

par Tremere le Ven 27 Nov 2009 - 21:30
Un extrait du Traité sur la tolérance, la prière à Dieu, non ?
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V.Marchais
Enchanteur

Re: Texte critique religieuse 18ème

par V.Marchais le Ven 27 Nov 2009 - 21:32
quelques idées en vrac :
- article superstition de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert ;
- Zadig : le dîner où l'on cause religion et où Zadig met tout le monde d'accord ;
- les extraits des Lettres persanes qui disent le désarroi de l'auteur (les uns veulent que je prie à genoux, les autres prosterné sur un tapis...) ou font la critique du pape ;
- voir aussi l'entretien avec Mme la Maréchale de *** de Diderot.
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retraitée
Vénérable

Re: Texte critique religieuse 18ème

par retraitée le Sam 28 Nov 2009 - 17:36
Bayle

Commentaire philosophique
1686

Il n’y a pas, dit-on, de plus dangereuse peste dans un État que la multiplicités de Religions, parce que cela met en dissension les voisins avec les voisins, les pères avec les enfants, les maris avec les femmes, le Prince avec ses Sujets. Je réponds que bien loin que cela fasse contre moi, c’est une très forte preuve pour la tolérance ; car si la multiplicité de Religions nuit à un État, c’est uniquement parce que l’une ne veut pas tolérer l’autre, mais l’engloutir par la voie des persécutions, [...] c’est là l’origine du mal. Si chacun avait la tolérance que je soutiens, il y aurait la même concorde dans un État divisé en dix Religions que dans une ville où diverses espèces d’artisans s’entre-supportent mutuellement. Tout ce qu’il pourrait y avoir, ce serait une honnête émulation à qui plus se signalerait en piété, en bonne mœurs, en science ; chacune se piquerait de prouver qu’elle est la plus amie de Dieu, en témoignant un plus fort attachement à la pratique des bonnes œuvres ; elles se piqueraient même de plus d’affection pour la patrie si le Souverain les protégeait toutes et les tenait en équilibre par son équité. Or il est manifeste qu’une si belle émulation serait cause d’une infinité de biens ; et par conséquent, la tolérance est la chose du monde la plus propre à ramener le siècle d’or et à faire un concert et une harmonie de plusieurs voix et instruments de différents tons et notes, aussi agréable pour le moins que l’uniformité d’une seule voix. Qu’est-ce donc qui empêche ce beau concert formé de voix et de tons si différents l’un de l’autre ? C’est que l’une des deux Religions veut exercer une tyrannie cruelle sur les esprits et forcer les autres à lui sacrifier leur conscience ;c’est que les Rois fomentent cette injuste partialité et livrent le bras séculier aux désirs furieux et tumultueux d’une populace de Moines et de Clercs ; en un mot tout le désordre vient non pas de la tolérance, mais de la non-tolérance.
BAYLE, Commentaire philosophique, II, chapitre VI. 1686.


Montesquieu, Lettres persanes


USBEK A MIRZA
A Ispahan.

Tu sais, Mirza, que quelques ministres de Cha-Soliman avaient formé le dessein d’obliger tous les Arméniens de Perse de quitter le royaume ou de se faire mahométans, dans la pensée que notre Empire serait toujours pollué, tandis qu’il garderait dans son sein ces infidèles.
C’était fait de la grandeur persane si, dans cette occasion, l’aveugle dévotion avait été écoutée.
On ne sait comment la chose manqua : ni ceux qui firent la proposition, ni ceux qui la rejetèrent, n’en connurent les conséquences ; le hasard fit l’office de la raison et de la politique et sauva l’Empire d’un péril plus grand que celui qu’il aurait pu courir de la perte d’une bataille et de la prise de deux villes.
En proscrivant les Arméniens, on pensa détruire en un jour tous les négociants et presque tous les artisans du Royaume. Je suis sûr que le grand Cha-Abas aurait mieux aimé se faire couper les deux bras que de signer un ordre pareil, et qu’en envoyant au Mogol et aux autres rois des Indes ses sujets les plus industrieux il aurait cru leur donner la moitié de ses États.
Les persécutions que nos Mahométans zélés ont faites aux Guèbres les ont obligés de passer en foule dans les Indes et ont privé la Perse de cette nation, si appliquée au labourage et qui seule, par son travail, était en état de vaincre la stérilité de nos terres.
Il ne restait à la dévotion qu’un second coup à faire : c’était de ruiner l’industrie ; moyen quoi l’Empire tombait de lui-même, et, avec lui, par une suite nécessaire, cette même religion qu’on voulait rendre si florissante.
S’il faut raisonner sans prévention, je ne sais, Mirza, s’il n’est pas bon que dans un État il y ait plusieurs religions.
On remarque que ceux qui vivent dans des religions tolérées se rendent ordinairement plus utiles à leur patrie que ceux qui vivent dans la religion dominante ; parce que, éloignés des honneurs, ne pouvant se distinguer que par leur opulence et leurs richesses, ils sont portés à en acquérir par leur travail et à embrasser les emplois de la Société les plus pénibles.
D’ailleurs, comme toutes les religions contiennent des préceptes utiles à la Société, ils est bon qu’elles soient observées avec zèle. Or qu’y a-t-il de plus capable d’animer ce zèle que leur multiplicité ?
Ce sont des rivales qui ne se pardonnent rien. La jalousie descend jusqu’aux particuliers : chacun se tient sur ses gardes et craint de faire des choses qui déshonoreraient son parti et l’exposeraient aux mépris et aux censures impardonnables du parti contraire.`
Aussi a-t-on toujours remarqué qu’une secte nouvelle introduite dans un État était le moyen le plus sûr pour corriger les abus de l’ancienne.
On a beau dire qu’il n’est pas de l’intérêt du Prince de souffrir plusieurs religions dans son État. Quand toutes les sectes du monde viendraient s’y rassembler, cela ne lui porterait aucun préjudice, parce qu’il n’y en a aucune qui ne prescrive l’obéissance et ne prêche la soumission.
J’avoue que les histoires sont remplies de guerre de religion. mais, qu’on y prenne bien garde : ce n’est point la multiplicité des religions qui a produit ces guerres, c’est l’esprit d’intolérance qui animait celle qui se croyait la dominante ; c’est cet esprit de prosélytisme que les Juifs ont pris des Égyptiens, et qui, d’eux, est passé, comme une maladie épidémique et populaire, aux Mahométans et aux Chrétiens ; c’est, enfin, cet esprit de vertige dont les progrès ne peuvent être regardés que comme une éclipse entière de la raison humaine.
Car, enfin, quand il n’y aurait pas de l’inhumanité à affliger la conscience des autres ; quand il n’en résulterait aucun des mauvais effets qui en germent à milliers : il faudrait être fou pour s’en aviser. Celui qui veut me faire changer de religion ne le fait sans doute que parce qu’il ne changerait pas la sienne, quand on voudrait l’y forcer ; il trouve donc étrange que je ne fasse pas un chose qu’il ne ferait pas lui-même, peut)être pour l’empire du monde.


De Paris, le 26 de la lune de Gemmadi, I, 1715.


MONTESQUIEU, Lettres persanes

Questions :

1) Vous définirez la situation d’énonciation. Vous vous bornerez à relever les indices concernant l’émetteur, le récepteur, les relations qui les unissent, ainsi que les indices de temps et de lieu.

2) Relevez, dans les lignes 1 à 32, des termes et expressions révélant un jugement dépréciatif. Qui en est la cible ?

3) On peut diviser ce texte en deux grandes parties. Précisez-en les limites, et indiquez brièvement ce qui les différencie. Quel rôle joue la première partie par rapport à la seconde ?

4) Quelle est la thèse défendue par l’émetteur ?

5) Reformulez les arguments qu’il utilise à l’appui de cette thèse, et étudiez leur enchaînement.

6) Vous étudierez les principaux procédés stylistiques mis en œuvre dans les deux derniers alinéas


1) Étude de l’énonciation.

Ce texte, extrait des Lettres persanes, roman épistolaire publié en 1721, et dont l’auteur est Montesquieu, est celui d’une lettre.
L’émetteur en est Usbek, qui écrit de Paris à Mirza, résidant à Ispahan, ville de Perse. Sa lettre est datée de l’année 1715, selon un calendrier lunaire, musulman : le 26 de la lune de Gemmadi,I.
Les noms des deux personnages, et nombre d’indices du texte, ainsi que cette date, nous révèlent qu’il s’agit d’une lettre écrite par un Persan qui réside en France pour un Persan resté au pays. D’ailleurs, le royaume de Perse est désigné par l’expression “notre empire”, l’adjectif possessif nos englobe émetteur et récepteur. On trouve également “nos terres” dans le texte.
Usbek et Mirza sont amis, Usbek tutoie Mirza et l’appelle par son prénom, utilisé à deux reprises, au début de chaque grande partie du texte : “Tu sais, Mirza”, “ je ne sais, Mirza”. En outre, Usbek a suffisamment confiance en Mirza pour lui écrire une lettre dénigrant le fanatisme et prônant la tolérance religieuse.
Tous deux sont Mahométans, utilisent le calendrier lunaire, et ne sont pas de “ces infidèles”, ni Guèbres, ni Arméniens, désignés dans le texte à la troisième personne. S’ils sont musulmans, ils ne sont pas du nombre des intolérants et l’expression “nos mahométans zélés” se lit de façon ironique. Ils vivent certainement sous le règne de Cha-Soliman., ou, sinon, peu après sa mort ( Soliman II a régné de 1666 à 1694. La Révocation de l’Édit de Nantes par Louis XIV a eu lieu en 1685, et le roi est mort en 1715 )
Ce sont des esprits éclairés, puisque tous deux connaissent l’histoire de leur pays, et sont au courant des projets politiques et des suites qu’ils ont eues. “Tu sais”écrit Usbek. Celui-ci, en outre, est soucieux de “raisonner sans prévention”, c’est-à-dire sans préjugés, sans idée préconçue, et s’appuie sur l’observation : “on remarque”, “on a toujours remarqué”. Les indéfinis on renvoient, ici, à un groupe dans lequel s’englobe l’émetteur, celui des observateurs ouverts, lucides, s’intéressant aux phénomènes sociologiques et historiques. Usbek n’affirme pas catégoriquement, c’est un esprit prudent, qui utilise la litote : “je ne sais s’il n’est pas bon”. Il concède également “j’avoue que “les histoires sont pleines de guerres de religion.”
Dans les lignes 1 à 32, Usbek s’implique personnellement, ce qui se traduit par les nombreuses occurences d’indices de 1ère personne. On relève des présents d’énonciation tu sais, je suis sûr . Les événements passés sont au passé composé, les persécutions qu’ils ont faites aux Guèbres les ont obligés à passer et ont privé la Perse. Les projets des fanatiques, antérieurs à leur échec, sont au plus-que-parfait “avaient formé le dessein”. Les événements qui ont suivi sont au passé simple : “La chose manqua. ils firent, ils rejetèrent, le hasard fit, sauva.”
Usbek utilise des termes mélioratifs, s’appliquant à un monarque éclairé, le grand Cha-Abas, ( à propos duquel Usbek déclare “ je suis sûr qu’il aurait préféré se couper les deux bras plutôt que de signer un ordre pareil”) ainsi qu’aux minorités persécutées, dont il reconnaît les qualités de “sujets les plus industrieux” ou “de “nation si appliquée au labourage, qui seule par son travail était en état de vaincre la stérilité de nos terres”.
Dans les lignes 33 à la fin, les marques de la présence se font plus discrètes, mais les termes évaluatifs sont nombreux, et le fanatisme est discrédité. En outre, Usbek utilise, à la fin la première personne qui a valeur généralisante, et qui vise à permettre l’identification du lecteur. “celui qui veut me faire changer” “il trouve étrange que je ne fasse pas une chose”.Le récepteur est interpellé par une interrogation oratoire aux lignes45 46.
A travers Usbek, c’est bien entendu l’opinion de Montesquieu qui se fait entendre, et au-delà de Mirza, les récepteurs sont les lecteurs du roman.

2) Les termes dévalorisants et ceux qu’ils visent.

Usbek utilise également de nombreux termes visant à discréditer les adversaires qu’il combat. Ceux -ci sont les fanatiques, au nombre desquels on compte des conseillers du Prince, “quelques ministres”. Ils sont en proie à “l’aveugle dévotion” et en font plus que la religion ne leur en demande, “mahométans zélés”, voulant rendre la religion florissante. Leur intolérance leur fait percevoir les minorités religieuses” comme une souillure “polluant l’empire”. Ils sont incapables de mesurer les conséquences de leurs décisions, sont dépourvus de raison et de sens politique, ainsi d’ailleurs que ceux qui ont rejeté leur proposition. Celle-ci est également disqualifiée par les expressions “la chose” “un ordre pareil, “un coup à faire”, ce qui signifie “mauvais coup”.
En outre, le fanatisme utilise la violence, obligeant à se convertir ou à quitter le royaume. Les Guèbres ont été persécutés, et ils ont été obligés de passer en foule dans les Indes. Cet exil a été une mauvaise chose, et celui des Arméniens, s’il avait eu lieu, aurait achevé le désastre. Le projet est, en effet, désastreux. “C’était fait de la grandeur persane”, “l’Empire a été sauvé d’un péril plus grand que celui qu’il aurait subi en perdant une bataille ou deux villes. La Perse a déjà été privée des Guèbres, et les fanatiques ont failli détruire tous les négociants et presque tous les artisans, ruiner l’industrie, et faire tomber de lui-même l’Empire, et avec lui, la religion d’Etat. Ainsi, en voulant rendre plus forte cette dernière, on aurait, par obscurantisme, obtenu l’effet inverse.

3) Structure du texte.
Il se divise nettement en deux parties :
Dans les lignes 1 à 32, l’émetteur évoque, en utilisant pour l’essentiel les temps du récit, deux faits historiques , empruntés à l’histoire perse : l’exil des Guèbres, et l’échec du même projet visant les Arméniens . A partir de cet exemple, Usbek se livre ensuite à une généralisation, et nous avons donc un raisonnement inductif.
Cette généralisation se caractérise par le passage à des présents de vérité générale. Il n’est plus question de la Perse, mais d’un État, quel qu’il soit, ou de la patrie, de la société. Aux mahométans, l’émetteur substitue “ceux qui vivent dans la religion dominante” ; aux Arméniens et aux Guèbres “ceux qui vivent dans des religions tolérées”, “une secte nouvelle”. Le Prince remplace Cha-Soliman, et à ses ministres fanatiques, l’émetteur substitue un “on”(on a beau dire). Ainsi, en utilisant le cas particulier de la Perse, Montesquieu, non seulement, se protège de la censure, mais invite ses lecteurs à procéder eux aussi à une généralisation, valable pour les persécutions des protestants par les catholiques, mais aussi pour toute persécution religieuse.

4) La thèse.
La thèse d’Usbek est clairement exposée dans les lignes 33 à 35, avec une litote : Dans un État, la multiplicité des religions est une bonne chose.

4) Les arguments sont les suivants.
Le premier, économique, se fonde sur l’observation des faits.
Les membres des minorités religieuses sont en général, plus utiles à leur patrie. Il est justifié par un enchaînement de causes et de conséquences, marqués par des subordonnées causales, des participes passés ou présents apposés, ou des et à valeur de donc. Les membres de ces minorités ne se voient pas confier des postes honorifiques, et, par conséquent, leur seul moyen de se distinguer est la richesse. Ils doivent travailler pour s’enrichir, et acceptent les emplois les plus pénibles. Ils sont donc extrêmement utiles.

Le second argument s’ajoute au premier, et est puisé dans un autre domaine, le domaine moral. Le terme de liaison est “d’ailleurs”. La multiplicité des religions entraîne de meilleures mœurs.
Il se justifie ainsi toutes les religions contiennent des préceptes utiles à la société. Il faut donc qu’elles soient bien observées. Le meilleur moyen d’y parvenir, c’est de faire jouer l’émulation entre diverses religions. Chaque fidèle voudra montrer que sa religion est la meilleure, et fera en sorte de se comporter de façon exemplaire, pour que sa mauvaise conduite ne déshonore pas sa religion. Usbek justifie cet argument par une preuve, amenée par ainsi : il suffit, pour qu’une religion corrige ses abus, qu’on introduise dans l’État une religion nouvelle.( cf. La Réforme a suscité la Contre-Réforme)

Le troisième argument consiste à réfuter un contre- argument, prêté à l’adversaire,qui préconise une seule religion d’Etat. Cet adversaire dit que le Prince agit contre son intérêt en tolérant plusieurs religions. Usbek détruit cette objection, en affirmant que toutes les religions prescrivent l’obéissance et la soumission au pouvoir. Cet argument est de nature politique : le pouvoir du prince n’est pas menacé par la multiplicité des religions.

Ensuite, Usbek fait une concession “j’avoue”: Les histoires sont pleines de guerres de religion. Il la réfute par un mais d’opposition, et il invite ceux qui ne seraient pas ralliés à sa cause à réfléchir : “qu’on y prenne bien garde”.
Il s’agit de chercher la cause de ces guerres. Une cause est niée, c’est celle que donne l’adversaire, “ce n’est point la multiplicité des religions qui est la cause des guerres.
Ensuite, Usbek donne les véritables causes : c’est l’intolérance de la religion qui se croyait dominante, c’est le désir de convertir autrui, le prosélytisme, c’est une perte de toute raison. Ce jugement est explicitée dans le dernier alinéa, par un lien de cause, marqué par la conjonction car: en admettant, ce qui n’est pas le cas, qu’il ne soit pas inhumain de forcer les consciences, en admettant que les conversions forcées n’aient aucune conséquence désastreuse, ce qui n’est pas non plus le cas, vouloir obliger autrui à se convertir est illogique, car le “convertisseur” ne se convertirait pour rien au monde. Pourquoi autrui agirait-il autrement ?

5) Les procédés stylistiques.
Dans les deux derniers alinéas, on peut relever nombre de figures de rhétorique destinées à souligner les arguments d’Usbek.
On relève déjà une transformation emphatique, visant à mettre en relief cause niée, “ce n’est pas ....qui” ou causes avancées “c’est ...qui”. Il y a, de plus, antithèse, par opposition des formes négative et positive ”Ce n’est pas ≠ “c’est”, et anaphore, visant à souligner le poids du fanatisme : c’est l’esprit d’intolérance qui..., c’est cet esprit de prosélytisme que .. et qui.. , c’est enfin cet esprit de vertige dont ....
Deux comparaisons soulignent le caractère pernicieux du fanatisme : il est comparé à un maladie contagieuse, qui se répand comme une épidémie, l’intolérance suscitant à son tour l’intolérance. La contagion part des Egyptiens aux Juifs, et se transmet aux Mahométans et aux Chrétiens.
Le fanatisme est aussi comme une folie, un vertige, qui s’assimile à une éclipse de la raison. On retrouve ici l’image de la raison associée à la lumière, qui rend lucide, permet de voir clair, qui guide, éclaire, comme les philosophes des Lumières, raison opposée aux ténèbres, à l’obscurantisme, à la cécité, ( l’aveugle dévotion ), cécité qui empêche de savoir ce qu’on fait, d’agir avec mesure.
On retrouve dans le dernier alinéa une anaphore de quand, suivi du conditionnel, et signifiant même si. Usbek feint de ne pas prendre en compte certains méfaits de l’intolérance, en supposant qu’il n’existent pas, mais c’est un moyen de les souligner.
Des antithèses et des parallélismes soulignent l’illogisme du convertisseur. :me faire changer/ne changerait pas:/que je ne fasse pas:/il ne ferait pas. Il veut/on voudrait. La vigueur de la foi est marquée par des hyperboles : pour l’empire du monde.
De même ,on retrouve des métaphores dépréciatives associées à l’intolérance : les conséquences négatives du viol des consciences sont assimilés à des mauvaises graines, où à des facteurs de maladie, “ils germent à milliers”. A vouloir semer la bonne parole, “le bon grain,” de force, on sème aussi “l’ivraie”, la zizanie.
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Cathy
Fidèle du forum

Re: Texte critique religieuse 18ème

par Cathy le Sam 28 Nov 2009 - 17:57
Waouh, Retraitée, je peux aller me coucher, mon boulot est fait! Very Happy
Merci pour toutes ces idées, je vais aller me plonger dans les textes et voir ce qui est abordable pour mes 1ères!
Merci encore!
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henriette
Médiateur

Re: Texte critique religieuse 18ème

par henriette le Sam 28 Nov 2009 - 18:34
Tu peux compléter par un extrait du Supplément au voyage de Bougainville qui critique la religion par rapport à la liberté sexuelle. Les élèves sont en général absolument sciés qu'un "vieux" texte parle de "ça" !
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Re: Texte critique religieuse 18ème

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