ce que vous dites (et pensez) des classes prépa littéraires
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ce que vous dites (et pensez) des classes prépa littéraires
Bonjour,
En gros, conseillez-vous cette orientation aux élèves ? Pour ma part, en tant qu'élève, j'avais pris le parti de ne pas faire de demande (je trouvais que c'était un monde de fous), je ne regrette pas car ça ne m'a pas empêché de réussir mon concours. On m'avait vanté que les élèves de prépa étaient très en avance quand ils intégraient la Licence, ma foi, je n'ai pas été ébloui...
Mais qu'en dire face aux élèves ? Un élève me demande conseille et je ne sais quoi dire tout en étant objectif...
Par ailleurs, je me demandais si la prépa littéraire pouvait emmener ailleurs que vers les concours de l'enseignement.
Merci.
En gros, conseillez-vous cette orientation aux élèves ? Pour ma part, en tant qu'élève, j'avais pris le parti de ne pas faire de demande (je trouvais que c'était un monde de fous), je ne regrette pas car ça ne m'a pas empêché de réussir mon concours. On m'avait vanté que les élèves de prépa étaient très en avance quand ils intégraient la Licence, ma foi, je n'ai pas été ébloui...
Mais qu'en dire face aux élèves ? Un élève me demande conseille et je ne sais quoi dire tout en étant objectif...
Par ailleurs, je me demandais si la prépa littéraire pouvait emmener ailleurs que vers les concours de l'enseignement.
Merci.
Dernière édition par Eole le Ven 1 Jan - 11:47, édité 1 fois

Eole- Niveau 9
Re: ce que vous dites (et pensez) des classes prépa littéraires
Eole a écrit:Bonjour,
En gros, conseillez-vous cette orientation aux élèves ? Pour ma part, en tant qu'élève, j'avais pris le parti de ne pas faire de demande (je trouvais que c'était un monde de fous), je ne regrette pas car ça ne m'a pas empêché de réussir mon concours. On m'avait vanté que les élèves de prépa étaient très en avance quand ils intégraient la Licence, ma foi, je n'ai pas été ébloui...
Même parcours et même réflexion que toi, Eole.
Pourtant, si c'était à refaire, je pense que je tenterais, ne serait-ce que pour voir mes limites et tester ma capacité de travail (à la fac je n'ai jamais été un bourreau de travail, j'ai un naturel plutôt paresseux et je le regrette ! Peut-être que la prépa aurait changé cela !)
Mon conseil dépendra de l'élève en question parce que pour la prépa il faut le niveau ET le mental (je n'enverrais pas la petite gamine toute flippée de chacune de ses notes par exemple.)

lulucastagnette- Empereur
Re: ce que vous dites (et pensez) des classes prépa littéraires
Il y a plusieurs sortes de prépas : les très sélectives, de type Henri IV, mais il y en a d'autres de niveau plus abordable pour les bons élèves sérieux mais pas forcément brillantissimes.
Sur leur avance supposée : vu que les prépas sélectionnent les meilleurs, il est normal qu'ils arrivent en licence avec un excellent niveau. Mais pour ma part, j'ai eu du mal et ai décroché ma licence ric rac, parce que j'avais des lacunes en grammaire/ancien français. J'ai eu du mal aussi à me faire à ces types d'épreuves (type capes). Donc en effet, rien de révolutionnaire. Toutefois, je sais que ça m'a donné de bonnes méthodes de travail (je m'en suis rendu compte en préparant le capes) et la méthode de la dissert et de l'explication de texte était acquise. Quand on fait une douzaine de disserts par an et autant de commentaires composés, ça aide... De plus, ça m'a permis d'acquérir une bonne culture littéraire, avec un bon aperçu de toutes les époques, ce qui aurait été plus difficile pour moi en fac. Et puis j'étais contente de ne pas m'enfermer dans la littérature, de faire encore de la philo et de l'histoire. (La géo, beurk!!!)
Tout dépend des élèves, de leurs attentes, de leurs objectifs et de leur état d'esprit. S'ils envisagent l'enseignement ou une école de journalisme, c'est une bonne formation, mais ce n'est pas la seule possible.
Sur leur avance supposée : vu que les prépas sélectionnent les meilleurs, il est normal qu'ils arrivent en licence avec un excellent niveau. Mais pour ma part, j'ai eu du mal et ai décroché ma licence ric rac, parce que j'avais des lacunes en grammaire/ancien français. J'ai eu du mal aussi à me faire à ces types d'épreuves (type capes). Donc en effet, rien de révolutionnaire. Toutefois, je sais que ça m'a donné de bonnes méthodes de travail (je m'en suis rendu compte en préparant le capes) et la méthode de la dissert et de l'explication de texte était acquise. Quand on fait une douzaine de disserts par an et autant de commentaires composés, ça aide... De plus, ça m'a permis d'acquérir une bonne culture littéraire, avec un bon aperçu de toutes les époques, ce qui aurait été plus difficile pour moi en fac. Et puis j'étais contente de ne pas m'enfermer dans la littérature, de faire encore de la philo et de l'histoire. (La géo, beurk!!!)
Tout dépend des élèves, de leurs attentes, de leurs objectifs et de leur état d'esprit. S'ils envisagent l'enseignement ou une école de journalisme, c'est une bonne formation, mais ce n'est pas la seule possible.

Carabas- Grand sage
Re: ce que vous dites (et pensez) des classes prépa littéraires
Tout dépend de l'élève. S'il n'est pas très brillant, très volontaire et/ou très fort psychologiquement, il ne faut pas lui conseiller une grande ou une moyenne prépa, même.
Je ne regrette pas de l'avoir fait maintenant pour la culture et le savoir-faire acquis, mais cela a été des années éreintantes et dures et noires psychologiquement et mentalement.(et physiquement aussi). J'ai failli y laisser ma santé.
Je ne regrette pas de l'avoir fait maintenant pour la culture et le savoir-faire acquis, mais cela a été des années éreintantes et dures et noires psychologiquement et mentalement.(et physiquement aussi). J'ai failli y laisser ma santé.

Kilmeny- Sage
Re: ce que vous dites (et pensez) des classes prépa littéraires
J'ai fait une année de prépa dans un grand lycée parisien et j'en garde un très mauvais souvenir en raison de l'excès de travail : si on veut avoir le niveau il ne faut que travailler , travailler tout le temps sans la moindre faille...et à 19 ans quand on a déjà été encadrée toute sa scolarité, on en a assez ! De plus les professeurs privilégiaient les élèves très brillants et étaient très méprisants envers les autres , la mentalité entre élèves entretenait une rivalité impitoyable . J'ai eu du mal à finir mon année puis j'ai continué en fac , où j'ai enfin soufflé et travaillé plus intelligemment, j'y ai noué des amitiés sincères...et j'y ai facilement réussi mes études car la préparation était excellente . Je déconseille donc à mes élèves les classes prépa, ce qui fait hurler d'indignation mes collègues pour qui c'est la voie royale, et , en effet, ni les parents ni les bons élèves n' écoutent mes mises en garde... puis, au bout du compte, suivent exactement le même itinéraire que moi: un an de prépa, puis fuite libératrice à l'université . Mais c'est peut-être justement le parcours à conseiller!

nuages- Expert
Re: ce que vous dites (et pensez) des classes prépa littéraires
Eole a écrit:Bonjour,
En gros, conseillez-vous cette orientation aux élèves ? Pour ma part, en tant qu'élève, j'avais pris le parti de ne pas faire de demande (je trouvais que c'était un monde de fous), je ne regrette pas car ça ne m'a pas empêché de réussir mon concours. On m'avait vanté que les élèves de prépa étaient très en avance quand ils intégraient la Licence, ma foi, je n'ai pas été ébloui...
Mais qu'en dire face aux élèves ? Un élève me demande conseille et je ne sais quoi dire tout en étant objectif...
Par ailleurs, je me demandais si la prépa littéraire pouvait emmener ailleurs que vers les concours de l'enseignement.
Merci.
à titre personnel, j'ai trouvé que la prépa, c'était du bachotage m'empêchant de m'intéresser à l'Histoire, mais je n'ai pas eu le courage de partir en cours d'année, j'ai donc attendu sagement la fin de l'année scolaire pour obtenir mon équivalence et m'épanouir à la fac

Karine B.- Doyen
Re: ce que vous dites (et pensez) des classes prépa littéraires
Ah oui, la prépa m'a complétement dégoutée de l'histoire. En revanche, pour le latin et le grec, c'était le bonheur.

Kilmeny- Sage
Re: ce que vous dites (et pensez) des classes prépa littéraires
Comme Lulu, tout dépend du mental de l'élève, mais aussi de la prépa qu'il choisit.
Pour ma part, je ne le regrette vraiment pas : venant d'un lycée très médiocre (sur 24 élèves de ma TL, 16 n'ont pas eu leur bac, ça situe...), ma première année a été une révélation. Des étudiants qui lisaient, qui aimaient étudier, des professeurs qui nous ont permis de découvrir beaucoup : une étude enfin approfondie de l'histoire, des méthodes solides de dissert, de version / thème et d'oral, un réel suivi que je n'aurais pas eu en fac. De belles rencontres, avec des gens et avec les études. J'ai été passionnée par les versions et par l'analyse de texte. J'ai continué à apprendre dans toutes les matières littéraires et même celles qui ne m'ont pas plu (géo, philo) m'ont beaucoup apporté.
Deuxième année beaucoup moins agréable : le concours, les recalés d'H4 et de Louis le Grand qu'on récupérait et qui n'avaient pas la même mentalité que nous (et les copies de douze pages qui disparaissent du casier des profs ou des sacs, merci, tout comme les biblio qui ne sont plus accessibles ou autres joyeusetés).
Néanmoins, je recommanderais la prépa pour l'ouverture culturelle et les méthodes qu'elle apporte.
Pour ma part, je ne le regrette vraiment pas : venant d'un lycée très médiocre (sur 24 élèves de ma TL, 16 n'ont pas eu leur bac, ça situe...), ma première année a été une révélation. Des étudiants qui lisaient, qui aimaient étudier, des professeurs qui nous ont permis de découvrir beaucoup : une étude enfin approfondie de l'histoire, des méthodes solides de dissert, de version / thème et d'oral, un réel suivi que je n'aurais pas eu en fac. De belles rencontres, avec des gens et avec les études. J'ai été passionnée par les versions et par l'analyse de texte. J'ai continué à apprendre dans toutes les matières littéraires et même celles qui ne m'ont pas plu (géo, philo) m'ont beaucoup apporté.
Deuxième année beaucoup moins agréable : le concours, les recalés d'H4 et de Louis le Grand qu'on récupérait et qui n'avaient pas la même mentalité que nous (et les copies de douze pages qui disparaissent du casier des profs ou des sacs, merci, tout comme les biblio qui ne sont plus accessibles ou autres joyeusetés).
Néanmoins, je recommanderais la prépa pour l'ouverture culturelle et les méthodes qu'elle apporte.

Stered- Expert
Re: ce que vous dites (et pensez) des classes prépa littéraires
D'un point de vue statistique, les étudiants sortant de prépa ont quand même un très bon taux de réussite au CAPES ou à l'agrég ; certes, ce sont déjà de bons élèves "à la base" puisqu'ils ont été sélectionnés. Mais en prépa, la somme de travail, la méthodologie de la dissert, du commentaire, les colles (oraux) régulières, c'est très formateur pour la suite, je trouve. L'avantage aussi, c'est de continuer à étudier beaucoup de matières à un niveau élevé, donc ça aide à avoir une bonne culture générale et à ne pas être trop spécialisé, du coup c'est un plus pour passer des concours autres que l'enseignement (concours administratifs catégorie A ou B), voire pour se réorienter.
En ce qui me concerne, j'ai fait au départ un cursus en philo, jusqu'à la maîtrise puis les concours (pendant 3 ans), mais le nombre de postes en philo s'étant subitement effondré à partir de Claude Allègre (plus de normaliens candidats au CAPES que de postes au CAPES quand je le passais...), je me suis réorienté en anglais, et le fait d'avoir fait une prépa m'a beaucoup servi, je pense (en fait j'avais longuement hésité entre anglais et philo dès le départ, et j'avais passé les deux équivalences de DEUG pendant la prépa). Pas mal d'anciens élèves de prépa en philo se sont réorientés vers le CAPES de lettres modernes (ou aussi vers le CRPE) et ont très bien réussi.
Dernière chose : il y a une énorme différence entre une petite prépa "de province" et une grande prépa parisienne ; j'ai testé les deux, et mes deux premières années en province ne m'ont pas paru de nature à être traumatisantes (au contraire, ça a été deux ans de débauche
).
Donc oui, c'est une voie que je conseillerais fortement à un bon élève de terminale, qu'il veuille être prof ou non.
Au fait, welcome back, Karine !
En ce qui me concerne, j'ai fait au départ un cursus en philo, jusqu'à la maîtrise puis les concours (pendant 3 ans), mais le nombre de postes en philo s'étant subitement effondré à partir de Claude Allègre (plus de normaliens candidats au CAPES que de postes au CAPES quand je le passais...), je me suis réorienté en anglais, et le fait d'avoir fait une prépa m'a beaucoup servi, je pense (en fait j'avais longuement hésité entre anglais et philo dès le départ, et j'avais passé les deux équivalences de DEUG pendant la prépa). Pas mal d'anciens élèves de prépa en philo se sont réorientés vers le CAPES de lettres modernes (ou aussi vers le CRPE) et ont très bien réussi.
Dernière chose : il y a une énorme différence entre une petite prépa "de province" et une grande prépa parisienne ; j'ai testé les deux, et mes deux premières années en province ne m'ont pas paru de nature à être traumatisantes (au contraire, ça a été deux ans de débauche
Donc oui, c'est une voie que je conseillerais fortement à un bon élève de terminale, qu'il veuille être prof ou non.
Au fait, welcome back, Karine !


neo- Expert spécialisé
Re: ce que vous dites (et pensez) des classes prépa littéraires
J'ai moi aussi testé la prépa de province et je la recommande à mes élèves, je suis arrivée en fac' avec de vraies méthodes de travail et je savais faire une dissert'. Après, tout dépend du profil de l'élève, c'est vrai que j'ai quand même passé deux ans à ne faire que travailler, mais je ne le regrette vraiment pas.
Julianne- Fidèle du forum
Re: ce que vous dites (et pensez) des classes prépa littéraires
Merci pour ces réponses variées.
Il s'agit d'un élève très curieux, ouvert d'esprit, enthousiaste, sérieux et méthodique. Je gardais l'image de la prépa comme quelque chose d'un peu trop... séquestrant, carnivore, quoi.
Il s'agit d'un élève très curieux, ouvert d'esprit, enthousiaste, sérieux et méthodique. Je gardais l'image de la prépa comme quelque chose d'un peu trop... séquestrant, carnivore, quoi.

Eole- Niveau 9
Re: ce que vous dites (et pensez) des classes prépa littéraires
Aucun regret de mes deux années de prépa!
Des profs géniaux, et pas du tout "cassants" comme on peut l'entendre, et beaucoup d'émulation, j'ai rencontré des gens très intéressants, certains sont devenus mes meilleurs amis. Je garde le souvenir de deux années très riches, très intenses, et même si j'ai énormément travaillé, été souvent stressée, je ne regrette pour rien au monde ce passage en prépa. J'ai eu l'impression d'être une éponge et d'absorber tout ce que je découvrais (même si 12 ans après, j'ai oublié pas mal de trucs...). J'ai vraiment eu l'impression de me découvrir (à la fois humainement et intellectuellement). Je pense qu'entre les grandes prépas parisiennes, et d'autres plus modestes, chacun peut trouver celle qui lui correspond le mieux.
Des profs géniaux, et pas du tout "cassants" comme on peut l'entendre, et beaucoup d'émulation, j'ai rencontré des gens très intéressants, certains sont devenus mes meilleurs amis. Je garde le souvenir de deux années très riches, très intenses, et même si j'ai énormément travaillé, été souvent stressée, je ne regrette pour rien au monde ce passage en prépa. J'ai eu l'impression d'être une éponge et d'absorber tout ce que je découvrais (même si 12 ans après, j'ai oublié pas mal de trucs...). J'ai vraiment eu l'impression de me découvrir (à la fois humainement et intellectuellement). Je pense qu'entre les grandes prépas parisiennes, et d'autres plus modestes, chacun peut trouver celle qui lui correspond le mieux.
Mina- Niveau 7
Re: ce que vous dites (et pensez) des classes prépa littéraires
Je ne garde pas un bon souvenir de mes années de prépa, mais je considère que c'est ce qui m'a permis d'avoir l'agreg. Alors je ne regrette rien...

papillonbleu- Doyen
Re: ce que vous dites (et pensez) des classes prépa littéraires
Tout dépend des objectifs de ton élève: pourquoi envisage-t-il de faire une prépa?
Je n'ai pas fait de prépa. Je n'aime pas ceux qui font une prépa sans avoir aucune idée de ce qu'ils veulent faire de leur avenir. Ainsi, on en voit qui font des prépas juste pour intégrer ensuite les meilleurs écoles. Meilleurs écoles de quoi, ils n'en savent rien.
Si j'étais prof de lycée, je dirais aux élèves qui doutent de travailler leurs objectifs pour l'avenir; ainsi, la question de faire une prépa ou non trouvera sa réponse.
Je n'ai pas fait de prépa. Je n'aime pas ceux qui font une prépa sans avoir aucune idée de ce qu'ils veulent faire de leur avenir. Ainsi, on en voit qui font des prépas juste pour intégrer ensuite les meilleurs écoles. Meilleurs écoles de quoi, ils n'en savent rien.
Si j'étais prof de lycée, je dirais aux élèves qui doutent de travailler leurs objectifs pour l'avenir; ainsi, la question de faire une prépa ou non trouvera sa réponse.

Patate- Fidèle du forum
Re: ce que vous dites (et pensez) des classes prépa littéraires
L'avantage de la prépa, Patate, quand on n'a pas de projet bien défini encore, c'est d'être généraliste, contrairement à la fac et de pouvoir donc laisser le temps de trouver sa voie 

Stered- Expert
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