Pédagogie, instruction et éducation : cas concret

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Pédagogie, instruction et éducation : cas concret

Message par John le Jeu 25 Mar 2010 - 1:15

Je ressors d'une réunion avec des membres du Planning familial et d'associations pour les droits des femmes.

Voici la question que j'ai posée : "Vous avez parlé d'interventions dans les collèges et lycées. J'aimerais savoir si ces interventions sont à votre initiative, ou s'il s'agit de demandes qui vous sont faites par les personnels des établissements. S'il s'agit de demandes des personnels, s'agit-il des enseignants, de la direction, ou d'autres personnels (infirmières, COP, assistante sociale, etc.) ? D'autre part, quelles sont les réactions des élèves et des personnels ? Vous savez sans doute qu'un certain nombre d'enseignants - et un syndicat en particulier - considèrent que ces actions sont du temps perdu pour l'élève, qu'il s'agit d'un inutile préchi-précha "bien pensant" et que les élèves perdent pendant ce temps-là un temps bien précieux pour étudier les maths ou le français."

Réponse :"Généralement, ces interventions sont à notre initiative car elles sont payantes. C'est donc nous qui proposons à l'établissement de venir. D'autre part, quand les établissements font appel à nous, c'est que l'établissement est marqué ou a été marqué des incidents liés aux problématiques que nous traitons (propos sexistes, élèves enceintes très jeunes, violence contre des jeunes filles, etc.). Il n'est pas facile pour les enseignants de nous voir arriver, car nos interventions durent une heure et demi. Ca prend donc l'espace de deux cours, ou d'un cours de deux heures. Mais je ne pense pas que ce soit du temps perdu. Ca me semble normal que l'on parle de ces problèmes aux jeunes. Nous intervenons du CM2 au lycée, et les violences verbales et physiques entre filles et garçons ne sont pas un mythe, notamment dans les collèges de quartiers défavorisés."

Question : quel est votre point de vue là-dessus ? Une intervention d'une heure trente par le planning familial, est-ce du "temps perdu" ?

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Re: Pédagogie, instruction et éducation : cas concret

Message par Invité31 le Jeu 25 Mar 2010 - 6:26

Pour moi ce n'est certes pas du temps perdu, mais ça ne doit pas se faire sur le temps scolaire. Ils n'ont qu'à intervenir après les cours. Ou alors faire quelque chose de plus court. Et tout cela ne pourrait-il d'ailleurs pas être traité en cours ? Le sexisme, ça fait partie de l'éducation civique, l'éducation sexuelle des SVT....
Moi ça commence à bien me gonfler. Chez nous: prévention tabac, prévention problèmes auditifs, prévention internet, sécurité routière et j'en passe. Tout cela sur le temps des cours. J'en ai marre. L'an dernier, j'ai perdu plus d'une semaine de cours ainsi par classe. Du coup je ne fais jamais de stage moi-même.


Dernière édition par Lynette le Jeu 25 Mar 2010 - 6:27, édité 1 fois

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Re: Pédagogie, instruction et éducation : cas concret

Message par Invité31 le Jeu 25 Mar 2010 - 6:27

Tout cela montre tout de même clairement que l'école s'est substituée aux parents sur certains points...

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Re: Pédagogie, instruction et éducation : cas concret

Message par yasyas le Jeu 25 Mar 2010 - 8:19

C'est du temps de perdu pour les cours, ok, mais selon les cas c'est nécessaire.
Ici à la Réunion, les grossesses précoces sont une vraie plaie (j'ai des élèves maman en seconde, et en moyenne une par classe enceinte en seconde toujours...) Il y a des élèves de terminale qui attendent leur deuxième...
Alors oui on se substitue, mais je pense qu'il y en a besoin, pour que ceux qui n'ont justement pas accès aux informations chez eux puissent être renseignés...
Et je trouve que c'est bien aussi que ce soit des intervenants extérieurs, plutôt que les profs de svt car les élèves sont plus à l'aise pour poser vraiment les questions (sur la sexualité par exemple, les MST, j'ai pu me rendre compte suite à un quizz le 1er décembre qu'ils étaient vraiment gravement ignorants)

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Re: Pédagogie, instruction et éducation : cas concret

Message par Invité le Jeu 25 Mar 2010 - 9:20

Enfin, "bien pensant" je trouve que ce n'est pas toujours le cas.
Ma fille en troisième ( et des élèves que j'avais en quatrième) ont eu des cours sur la meilleure façon de mettre une capote, sur la sodomie, le cunnilingus.Je ne suis pas une "mère la morale" et je me doute que la plupart des élèves savaient sans doute de quoi il s'agissait, mais je suis désolée pour moi ils sont trop jeunes .
Je n'imagine même pas ce qui se serait passé dans mon collège ZEP des BDR où une scène de baiser dans un film les choquait au plus haut point.

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Re: Pédagogie, instruction et éducation : cas concret

Message par Carabas le Jeu 25 Mar 2010 - 9:26

Franchement, quand je vois le nombre d'heures de cours "perdues" pour des interventions extérieures dans toute ma scolarité...

Ca devrait être en dehors des cours.
Je ne dis pas que ce soit inutile (surtout le planning familial), mais bon, je n'ai jamais vu de changement chez mes p'tits camarades après une intervention. Genre après une prévention tabac, hop, tout le monde dégaine sa clope à la récré. Après une prévention sida (que la moitié de la classe avait séchée), j'avais demandé à une copine si elle se sentait concernée. Réponse : non.

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Re: Pédagogie, instruction et éducation : cas concret

Message par Frisouille le Jeu 25 Mar 2010 - 11:34

@yasyas a écrit:C'est du temps de perdu pour les cours, ok, mais selon les cas c'est nécessaire.
Ici à la Réunion, les grossesses précoces sont une vraie plaie (j'ai des élèves maman en seconde, et en moyenne une par classe enceinte en seconde toujours...) Il y a des élèves de terminale qui attendent leur deuxième...
Alors oui on se substitue, mais je pense qu'il y en a besoin, pour que ceux qui n'ont justement pas accès aux informations chez eux puissent être renseignés...
Et je trouve que c'est bien aussi que ce soit des intervenants extérieurs, plutôt que les profs de svt car les élèves sont plus à l'aise pour poser vraiment les questions (sur la sexualité par exemple, les MST, j'ai pu me rendre compte suite à un quizz le 1er décembre qu'ils étaient vraiment gravement ignorants)

Le problème des grossesses précoces est-il résolu par les interventions de l'infirmière, de la sage-femme ou du Planning ?
Une gamine, dans mon collège, malgré les conversations avec l'infirmière, la médecin, les séances avec une sage-femme, tout cela censé la décourager d'avoir un enfant, n'a eu de cesse d'être enceinte, et ça y est, son bedon commence à s'arrondir.
Est-ce que le discours adulte peut être entendu par nos élèves ? Franchement, j'en doute.

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Re: Pédagogie, instruction et éducation : cas concret

Message par ysabel le Jeu 25 Mar 2010 - 11:55

Croire que des ado n'auront pas de comportements "à risque" grâce à un peu de blabla relève de l'utopie pure et simple.

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Re: Pédagogie, instruction et éducation : cas concret

Message par iconophile le Jeu 25 Mar 2010 - 13:02

@ysabel a écrit:Croire que des ado n'auront pas de comportements "à risque" grâce à un peu de blabla relève de l'utopie pure et simple.

Et cependant, il y en a quelques uns que ça fait réfléchir...

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Re: Pédagogie, instruction et éducation : cas concret

Message par harry james le Jeu 25 Mar 2010 - 13:34

@ysabel a écrit:Croire que des ado n'auront pas de comportements "à risque" grâce à un peu de blabla relève de l'utopie pure et simple.

croire que élèves ne feront plus de fautes d'orthographe grâce à notre blabla relève aussi de l'utopie et pourtant.....
je provoque, bien entendu, (pas taper), mais ces heures leur permettront pour le moins de savoir que là ils déconnent; puisque de toute façon, Ysabel, ils prendront des risques c'est évident oui.
Je ne crois pas qu'il s'agisse non plus d'une substitution aux parents, pas entièrement en tout cas. C'est aussi la possibilité donnée à ceux dont les parents ne peuvent, ne veulent pas ou mal (là encore à qui de juger? Suspect ) faire ce travail d'avoir des réponses aux questions qu'ils ne posent pas souvent. (et je n' ai pas écrit "qu'ils ne se posent pas " Wink ).

Il est vrai en revanche que cette information/éducation était faite (de mon temps Laughing ) en SVT ou bien ai-je eu un prof très bon en 4ème? (il nous avait effectivement montré comment mettre une capote....j'ose penser que cela a sauvé la vie ou la santé de plusieurs de mes camarades, la mienne?)

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Re: Pédagogie, instruction et éducation : cas concret

Message par Daphné le Jeu 25 Mar 2010 - 13:37

Lynette a écrit:Pour moi ce n'est certes pas du temps perdu, mais ça ne doit pas se faire sur le temps scolaire. Ils n'ont qu'à intervenir après les cours. Ou alors faire quelque chose de plus court. Et tout cela ne pourrait-il d'ailleurs pas être traité en cours ? Le sexisme, ça fait partie de l'éducation civique, l'éducation sexuelle des SVT....
Moi ça commence à bien me gonfler. Chez nous: prévention tabac, prévention problèmes auditifs, prévention internet, sécurité routière et j'en passe. Tout cela sur le temps des cours. J'en ai marre. L'an dernier, j'ai perdu plus d'une semaine de cours ainsi par classe. Du coup je ne fais jamais de stage moi-même.

Je n'aurais pas mieux dit.
Que ces mesures de préventions/informations soient faites OK mais pas sur les heures de cours.

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Re: Pédagogie, instruction et éducation : cas concret

Message par Invité le Jeu 25 Mar 2010 - 13:46

@harry james a écrit:
@ysabel a écrit:Croire que des ado n'auront pas de comportements "à risque" grâce à un peu de blabla relève de l'utopie pure et simple.

croire que élèves ne feront plus de fautes d'orthographe grâce à notre blabla relève aussi de l'utopie et pourtant.....
je provoque, bien entendu, (pas taper), mais ces heures leur permettront pour le moins de savoir que là ils déconnent; puisque de toute façon, Ysabel, ils prendront des risques c'est évident oui.
Je ne crois pas qu'il s'agisse non plus d'une substitution aux parents, pas entièrement en tout cas. C'est aussi la possibilité donnée à ceux dont les parents ne peuvent, ne veulent pas ou mal (là encore à qui de juger? Suspect ) faire ce travail d'avoir des réponses aux questions qu'ils ne posent pas souvent. (et je n' ai pas écrit "qu'ils ne se posent pas " Wink ).

Il est vrai en revanche que cette information/éducation était faite (de mon temps Laughing ) en SVT ou bien ai-je eu un prof très bon en 4ème? (il nous avait effectivement montré comment mettre une capote....j'ose penser que cela a sauvé la vie ou la santé de plusieurs de mes camarades, la mienne?)

Oui, il suffit de regarder la télé , je crois que c'est rabâcher et rerabâcher la capote...on prends les gens de plus en plus pour des cons, à moins qu'ils ne le soient vraiment....

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Re: Pédagogie, instruction et éducation : cas concret

Message par motherof3 le Jeu 25 Mar 2010 - 14:04

Il y a deux ans j'ai perdu plus de 15 heures de cours en seconde, entre la sécurité routière, l'info SIDA, l'info cannabis et addictions, info contraception et journées du développement durable (+ sorties théâtre que je ne mets pas au même niveau).

Je reste persuadée que la prévention est nécessaire, même si certains ados continueront à avoir des comportements à risque. Il y en aura forcément que le message atteindra.
Cependant ces séances ne devraient pas avoir lieu sur le temps scolaire parce que récupérer des élèves après deux ou trois cours qui ont sauté, c'est repartir à zéro!

Quant à la question de savoir si la prévention relève de la responsabilité des parents ou de l'école; en tant que parent j'informerai mes enfants mais je comprends que cela puisse être difficile pour certains parents (manque d'infos, problème de communication...). Un regard et une parole extérieurs peuvent avoir plus d'impact sur un ado.

Et toi John, quel est ton avis?

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Re: Pédagogie, instruction et éducation : cas concret

Message par Raph le Jeu 25 Mar 2010 - 14:15

L'éducation à la responsabilité, qu'elle concerne la santé, la sexualité, l'environnement, le développement durable, la sécurité ou le rapport aux autres, est inscrite dans le programme de SVT. A partir de là, je ne vois pas l'intérêt de faire venir des intervenants extérieurs, et encore moins sur d'autres heures de cours que les miennes.

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Re: Pédagogie, instruction et éducation : cas concret

Message par doctor who le Jeu 25 Mar 2010 - 14:26

Pour moi, OK pour les interventions extérieures, plutôt que faites par les profs (je peux parler d'amour, même de sexe, mais jusqu'à un certain point. Je me refuse à parler directement de leur vie amoureuse, et si j'en parle, c'est en rapport avec autre chose). Quant à la portée éducative de l'instruction, elle me semble assez relative, et doit en tout cas être complétée par des moments où l'on parle des choses directement.

Qu'on passe par l'école me semble logique. C'est le seul endroit où le public visé est captif. Mais par sur les cours ! On prévoit, des plages de temps, régulières ou non, pour cela.

Et surtout, on parle aussi aux parents. Il faut des campagnes de santé publique à destination des parents, comme il y en a pour la cigarette, l'alcool au volant... Et pourquoi pas des interventions auprès des parents.

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Re: Pédagogie, instruction et éducation : cas concret

Message par Frisouille le Jeu 25 Mar 2010 - 19:06

@doctor who a écrit:
Et surtout, on parle aussi aux parents. Il faut des campagnes de santé publique à destination des parents, comme il y en a pour la cigarette, l'alcool au volant... Et pourquoi pas des interventions auprès des parents.
De manière générale, il faut réussir à impliquer à nouveau les parents dans la scolarité (et l'éducation ) de leurs enfants.
Dans mon collège, il y a quelque informations données aux parents, faites par la brigade d'intervention juvénile, qui explique les conduites à risques aux gamins, et les peines qu'ils encourent. Pourquoi ne pas faire ces mêmes séances aux parents ? Pas facile à mettre en place, mais le jeu en vaut la chandelle...

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