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Violet
Esprit sacré

la lettre LXXXI des Liaisons

par Violet le Mar 27 Avr 2010 - 18:10
Quel choix faites-vous pour une LA en première ?
je pensais commencer à "mais moi qu'ai-je de commun avec ces femmes inconsidérées ..." Mais où puis-je couper ? Car cette lettre est tellement fondamentale...mais elle est très longue...
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nuages
Doyen

Re: la lettre LXXXI des Liaisons

par nuages le Mar 27 Avr 2010 - 18:30
J'arrêterais après ces deux phrases essentielles: " Alors je commençais à déployer sur le grand Théâtre les talents que je m'étais donnés. Mon premier soin fut d'acquérir le renom d'invincible". Toutefois cela fait encore trop long pour une LA donc je te conseille de couper un (ou des) passage(s) à l'intérieur de cet extrait
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Violet
Esprit sacré

Re: la lettre LXXXI des Liaisons

par Violet le Mar 27 Avr 2010 - 18:41
On peut couper des passages à l'intérieur de l'extrait ?
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nuages
Doyen

Re: la lettre LXXXI des Liaisons

par nuages le Mar 27 Avr 2010 - 18:51
oui
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Audrey
Oracle

Re: la lettre LXXXI des Liaisons

par Audrey le Mar 27 Avr 2010 - 18:57
Beh euh, je n'ai jamais eu de classes à exam en lycée, mais dans mon souvenir d'élève, il me semble bien que j'avais eu des textes coupés en partie à l'intérieur sur ma liste d'oral de français. Je pense que oui, tu peux Violet.

_________________
B.V., aka Beuglato Vociferature,
Irae Laudatrix pour les cérémonies en son honneur,
Divinité Tarpéienne dont le culte subsiste en Bresse.
Elle protège les orateurs et les sophistes pro-Bayrou.
On peut invoquer sa fureur en lui sacrifiant des laitues vierges.
Identifiée à Boudicca, elle est représentée sur un char Clio orné de noeuds rouges en tulle.

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Audrey
Oracle

Re: la lettre LXXXI des Liaisons

par Audrey le Mar 27 Avr 2010 - 18:58
bon, ben super alors! :aau:

_________________
B.V., aka Beuglato Vociferature,
Irae Laudatrix pour les cérémonies en son honneur,
Divinité Tarpéienne dont le culte subsiste en Bresse.
Elle protège les orateurs et les sophistes pro-Bayrou.
On peut invoquer sa fureur en lui sacrifiant des laitues vierges.
Identifiée à Boudicca, elle est représentée sur un char Clio orné de noeuds rouges en tulle.

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Violet
Esprit sacré

Re: la lettre LXXXI des Liaisons

par Violet le Mar 27 Avr 2010 - 19:14
merci.

Pendant que j'y suis, je pensais enchaîner avec une synthèse sur la question de l'éducation des femmes au XVIII. Personne n'aurait un extrait court et éclairant de Rousseau, un extrait du livre V de l'Emile ? j'ai déjà un extrait de Voltaire (femmes soyez soumises) et le début du discours de Laclos.
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nuages
Doyen

Re: la lettre LXXXI des Liaisons

par nuages le Mar 27 Avr 2010 - 19:18
Cela se fait très fréquemment de couper un texte . Evidemment ne coupe pas plus de deux passages (et indique entre crochets qu'ils sont coupés , par respect pour le texte, mais ça tu le sais bien! Tu peux même mettre en italique une phrase les résumant du genre " Merteuil évoque alors ..." ) . Au bac - écrit ou liste de textes- le monologue de Figaro est toujours donné en partie coupé, voire haché menu .
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Violet
Esprit sacré

Re: la lettre LXXXI des Liaisons

par Violet le Mar 27 Avr 2010 - 19:20
Merci Nuages ! (C'est dur de le couper ...)
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Tremere
Niveau 9

Re: la lettre LXXXI des Liaisons

par Tremere le Mar 27 Avr 2010 - 19:51
@violet a écrit:merci.

Pendant que j'y suis, je pensais enchaîner avec une synthèse sur la question de l'éducation des femmes au XVIII. Personne n'aurait un extrait court et éclairant de Rousseau, un extrait du livre V de l'Emile ? j'ai déjà un extrait de Voltaire (femmes soyez soumises) et le début du discours de Laclos.

J'ai pas Rousseau mais je pense à un extrait de L'éducation des filles de Fénelon (chapitre XI)






Venons maintenant au détail des choses dont une femme doit être
instruite. Quels sont ses emplois? Elle est chargée de l'éducation de ses
enfants; des garçons jusqu'à un certain âge, des filles jusqu'à ce qu'elles se
marient, ou se fassent religieuses; de la conduite des domestiques, de leurs
moeurs, de leur service; du détail de la dépense, des moyens de faire tout avec
économie et honorablement: d'ordinaire même, de faire les fermes, et de
recevoir les revenus.


La science des femmes, comme celle
des hommes, doit se borner à s'instruire par rapport à leurs fonctions; la
différence de leurs emplois doit faire celle de leurs études. Il faut donc
borner l'instruction des femmes aux choses que nous venons de dire. Mais une
femme curieuse trouvera que c'est donner des bornes bien étroites à sa
curiosité: elle se trompe; c'est qu'elle ne connaît pas l'importance et
l'étendue des choses dont je lui propose de s'instruire.


Quel discernement lui faut-il pour
connaître le naturel et le génie de chacun de ses enfants, pour trouver la
manière de se conduire avec eux la plus propre à découvrir leur humeur, leur
pente, leur talent, à prévenir les passions naissantes, à leur persuader les
bonnes maximes, et à guérir leurs erreurs! Quelle prudence doit-elle avoir pour
acquérir et conserver sur eux l'autorité, sans perdre l'amitié et la confiance!
Mais n'a-t-elle pas besoin d'observer et de connaître à fond les gens qu'elle
met auprès d'eux? Sans doute. Une mère de famille doit donc être pleinement
instruite de la religion, et avoir un esprit mûr, ferme, appliqué, et
expérimenté pour le gouvernement.


Peut-on douter que les femmes ne
soient chargées de tous ces soins, puisqu'ils tombent naturellement sur elles
pendant la vie même de leurs maris occupés au dehors? Ils les regardent encore
de plus près si elles deviennent veuves. Enfin saint Paul attache tellement en
général leur salut à l'éducation de leurs enfants qu'il assure que c'est par
eux qu'elles se sauveront.


Je n'explique point ici tout ce que
les femmes doivent savoir pour l'éducation de leurs enfants, parce que ce
mémoire leur fera assez sentir l'étendue des connaissances qu'il faudrait
qu'elles eussent.


Joignez à ce gouvernement
l'économie. La plupart des femmes la négligent comme un emploi bas, qui ne
convient qu'à des paysans ou à des fermiers, tout au plus à un maître-d'hôtel,
ou à quelque femme de charge: surtout les femmes nourries dans la mollesse,
l'abondance et l'oisiveté, sont indolentes et dédaigneuses pour tout ce détail;
elles ne font pas grande différence entre la vie champêtre et celle des
sauvages du Canada. Si vous leur parlez de vente de blé, de culture des terres,
des différentes natures des revenus, de la levée des rentes et des autres
droits seigneuriaux, de la meilleure manière de faire des fermes, ou d'établir
des receveurs, elles croient que vous voulez les réduire à des occupations
indignes d'elles.


Ce n'est pourtant que
par ignorance qu'on méprise cette science de l'économie. Les anciens Grecs et
les Romains, si habiles et si polis, s'en instruisaient avec un grand soin: les
plus grands esprits d'entre eux en ont fait, sur leurs propres expériences, des
livres que nous avons encore, et où ils ont marqué, même le dernier détail de
l'agriculture. On sait que leurs conquérants ne dédaignaient pas de labourer,
et de retourner à la charrue en sortant du triomphe. Cela est si éloigné de nos
moeurs, qu'on ne pourrait le croire, si peu qu'il y eût dans l'histoire quelque
prétexte pour en douter. Mais n'est-il pas naturel qu'on ne songe à défendre ou
à augmenter son pays, que pour le cultiver paisiblement? A quoi sert la
victoire, sinon à cueillir les fruits de la paix? Après tout, la solidité de
l'esprit consiste à vouloir s'instruire exactement de la manière dont se font
les choses qui sont les fondements de la vie humaine; toutes les plus grandes
affaires roulent là-dessus. La force et le bonheur d'un Etat consiste, non à
avoir beaucoup de provinces mal cultivées, mais à tirer de la terre qu'on
possède tout ce qu'il faut pour nourrir aisément un peuple nombreux.


Il faut sans doute un génie bien
plus élevé et plus étendu pour s'instruire de tous les arts qui ont rapport à
l'économie, et pour être en état de bien policer toute une famille, qui est une
petite république, que pour jouer, discourir sur des modes, et s'exercer à de
petites gentillesses de conversations. C'est une sorte d'esprit bien
méprisable, que celui qui ne va qu'à bien parler: on voit de tous côtés des
femmes dont la conversation est pleine de maximes solides, et qui, faute
d'avoir été appliquées de bonne heure, n'ont rien que de frivole dans la
conduite.


Mais prenez garde au défaut opposé:
les femmes courent risque d'être extrêmes en tout. Il est bon de les accoutumer
dès l'enfance à gouverner quelque chose, à faire des comptes, à voir la manière
de faire les marchés de tout ce qu'on achète, et à savoir comment il faut que
chaque chose soit faite pour être d'un bon usage. Mais craignez aussi que
l'économie n'aille en elles jusqu'à l'avarice; montrez-leur en détail tous les
ridicules de cette passion. Dites-leur ensuite: Prenez garde que l'avarice
gagne peu, et qu'elle se déshonore beaucoup. Un esprit raisonnable ne doit
chercher, dans une vie frugale et laborieuse, qu'à éviter la honte et
l'injustice attachées à une conduite prodigue et ruineuse. Il ne faut
retrancher les dépenses superflues, que pour être en état de faire plus
libéralement celles que la bienséance, ou l'amitié, ou la charité inspirent.
Souvent c'est faire un grand gain, que de savoir perdre à propos: c'est le bon
ordre, et non certaines épargnes sordides, qui fait les grands profits. Ne
manquez pas de représenter l'erreur grossière de ces femmes qui se savent bon
gré d'épargner une bougie, pendant qu'elles se laissent tromper par un
intendant sur le gros de toutes leurs affaires.


Faites pour la propreté comme pour
l'économie. Accoutumez les filles à ne souffrir rien de sale ni de dérangé;
qu'elles remarquent le moindre désordre dans une maison. Faites-leur même
observer que rien ne contribue plus à l'économie et à la propreté, que de tenir
toujours chaque chose en sa place. Cette règle ne paraît presque rien;
cependant elle irait loin, si elle était exactement gardée. Avez-vous besoin
d'une chose? Vous ne perdez jamais un moment à la chercher; il n'y a ni
trouble, ni dispute, ni embarras, quand on en a besoin; vous mettez d'abord la
main dessus; et quand vous vous en êtes servi, vous la remettez sur-le-champ
dans la place où vous l'avez prise. Ce bel ordre fait une des plus grandes
parties de la propreté; c'est ce qui frappe le plus les yeux, que de voir cet
arrangement si exact. D'ailleurs, la place qu'on donne à chaque chose étant
celle qui lui convient davantage, non seulement pour la bonne grâce et le
plaisir des yeux, mais encore pour sa conservation, elle s'y use moins
qu'ailleurs; elle ne s'y gâte d'ordinaire par aucun accident; elle y est même
entretenue proprement: car, par exemple, un vase ne sera ni poudreux, ni en
danger de se briser, lorsqu'on le mettra dans sa place immédiatement après s'en
être servi. L'esprit d'exactitude, qui fait ranger, fait aussi nettoyer. Joignez
à ces avantages celui d'ôter, par cette habitude, aux domestiques, l'esprit de
paresse et de confusion. De plus, c'est beaucoup que de leur rendre le service
prompt et facile, et de s'ôter à soi-même la tentation de s'impatienter souvent
par les retardements qui viennent des choses dérangées qu'on à peine à trouver.
Mais en même temps évitez l'excès de la politesse et de la propreté. La
propreté, quand elle est modérée, est une vertu; mais quand on y suit trop son
goût, on la tourne en petitesse d'esprit. Le bon goût rejette la délicatesse
excessive; il traite les petites choses de petites, et n'en est point blessé.
Moquez-vous donc, devant les enfants, des colifichets dont certaines femmes
sont si passionnées, et qui leur font faire insensiblement des dépenses si
indiscrètes. Accoutumez-les à une propreté simple et facile à pratiquer:
montrez-leur la meilleure manière de faire les choses; mais montrez-leur encore
davantage à s'en passer. Dites-leur combien il y a de petitesse d'esprit et de
bassesse à gronder pour un potage mal assaisonné, pour un rideau mal plissé,
pour une chaise trop haute ou trop basse.


Il est sans doute d'un bien meilleur
esprit d'être volontairement grossier, que d'être délicat sur des choses si peu
importantes. Cette mauvaise délicatesse, si on ne la réprime dans les femmes
qui ont de l'esprit, est encore plus dangereuse pour les conversations que pour
tout le reste: la plupart des gens leur sont fades et ennuyeux; le moindre
défaut de politesse leur paraît un monstre; elles sont toujours moqueuses et
dégoûtées. Il faut leur faire entendre de bonne heure qu'il n'est rien de si
peu judicieux que de juger superficiellement d'une personne par ses manières,
au lieu d'examiner le fond de son esprit, de ses sentiments, et de ses qualités
utiles. Faites voir, par diverses expériences, combien un provincial d'un air
grossier, ou, si vous voulez, ridicule, avec ses compliments importuns, s'il a
le coeur bon et l'esprit réglé, est plus estimable qu'un courtisan, qui, sous
une politesse accomplie, cache un coeur ingrat, injuste, capable de toutes
sortes de dissimulations et de bassesses. Ajoutez qu'il y a toujours de la
faiblesse dans les esprits qui ont une grande pente à l'ennui et au dégoût. Il
n'y a point de gens dont la conversation soit si mauvaise, qu'on n'en puisse
tirer quelque chose de bon: quoiqu'on en doive choisir de meilleures quand on
est libre de choisir, on a de quoi se consoler quand on y est réduit, puisqu'on
peut les faire parler de ce qu'ils savent, et que les personnes d'esprits
peuvent toujours tirer quelque instruction des gens les moins éclairés. Mais
revenons aux choses dont il faut instruire une fille.
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Garance
Neoprof expérimenté

Re: la lettre LXXXI des Liaisons

par Garance le Mar 27 Avr 2010 - 19:52
Mais moi, qu'ai-je de commun avec ces femmes inconsidérées ? Quand m'avez-vous vue m'écarter des règles que je me suis prescrites et manquer à mes principes ? je dis mes principes, et je le dis à dessein: car ils ne sont pas, comme ceux des autres femmes, donnés au hasard, reçus sans examen et suivis par habitude ; ils sont le fruit de mes profondes réflexions; je les ai créés, et je puis dire que je suis mon ouvrage.
Entrée dans le monde dans le temps où, fille encore, j'étais vouée par état au silence et à l'inaction, j'ai su en profiter pour observer et réfléchir. Tandis qu'on me croyait étourdie ou distraite, écoutant peu à la vérité les discours qu'on s'empressait de me tenir, je recueillais avec soin ceux qu'on cherchait à me cacher.
Cette utile curiosité, en servant à m'instruire, m'apprit encore à dissimuler: forcée souvent de cacher les objets de mon attention aux yeux qui m'entouraient, j'essayai de guider les miens à mon gré ; j'obtins dès lors de prendre à volonté ce regard distrait que depuis vous avez loué si souvent. Encouragée par ce premier succès, je tâchai de régler de même les divers mouvements de ma figure. Ressentais-je quelque chagrin, je m'étudiais à prendre l'air de la sécurité, même celui de la joie ; j'ai porté le zèle jusqu'à me causer des douleurs volontaires, pour chercher pendant ce temps l'expression du plaisir. Je me suis travaillée avec le même soin et plus de peine pour réprimer les symptômes d'une joie inattendue. C'est ainsi que j'ai su prendre sur ma physionomie cette puissance dont je vous ai vu quelquefois si étonné.
J'étais bien jeune encore, et presque sans intérêt: mais je n'avais à moi que ma pensée, et je m'indignais qu'on pût me la ravir ou me la surprendre contre ma volonté. Munie de ces premières armes, j'en essayai l'usage : non contente de ne plus me laisser pénétrer, je m'amusais à me montrer sous des formes différentes ; sûre de mes gestes, j'observais mes discours ; je réglais les uns et les autres, suivant les circonstances, ou même seulement suivant mes fantaisies : dès ce moment, ma façon de penser fut pour moi seule, et je ne montrai plus que celle qu'il m'était utile de laisser voir.
Ce travail sur moi-même avait fixé mon attention sur l'expression des figures et le caractère des physionomies ; et j'y gagnai ce coup d'oeil pénétrant, auquel l'expérience m'a pourtant appris à ne pas me fier entièrement; mais qui, en tout, m'a rarement trompée.
Je n'avais pas quinze ans, je possédais déjà les talents auxquels la plus grande partie de nos politiques doivent leur réputation, et je ne me trouvais encore qu'aux premiers éléments de la science que je voulais acquérir.
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Violet
Esprit sacré

Re: la lettre LXXXI des Liaisons

par Violet le Mar 27 Avr 2010 - 19:57
Merci Garance, c 'est pile l'extrait que je voulais donner au départ mais ensuite, j'ai hésité car la suite est aussi intéressante...
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Violet
Esprit sacré

Re: la lettre LXXXI des Liaisons

par Violet le Mar 27 Avr 2010 - 19:59
Merci Tremere mais je crois que je préfère rester dans le XVIII.
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Violet
Esprit sacré

Re: la lettre LXXXI des Liaisons

par Violet le Mar 27 Avr 2010 - 21:46
Bon, je crois que je vais laisser tomber Rousseau et garder le discours de Laclos et le texte de Voltaire.
Contenu sponsorisé

Re: la lettre LXXXI des Liaisons

par Contenu sponsorisé
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