Bagarre au Parc Astérix
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Re: Bagarre au Parc Astérix
et vous avez vu l'histoire des deux tués, l'un pour un accrochage sur une bretelle d'autoroute, l'autre parce qu'il avait refusé de donner du feu (ou une cigarette je ne sais plus)?
encore pire...
encore pire...
Reine Margot- Oracle
Re: Bagarre au Parc Astérix
Le monde est de plus en plus brutal. Nous sommes restés des sauvages...

scoeurs- Niveau 8
Re: Bagarre au Parc Astérix
marquisedemerteuil a écrit:et vous avez vu l'histoire des deux tués, l'un pour un accrochage sur une bretelle d'autoroute, l'autre parce qu'il avait refusé de donner du feu (ou une cigarette je ne sais plus)?
encore pire...
Oui, roué de coups devant sa famille! Quelle horreur!
J'y ai repensé pas plus tard qu'hier lorsque des jeunes cons m'ont refusé la priorité sur un rond point....

cristal- Expert spécialisé
Re: Bagarre au Parc Astérix
Continuons dans la déshumanisation et la barbarie:
http://www.20minutes.fr/article/585049/Nantes-Appel-a-temoins-apres-l-agression-mortelle-d-un-handicape.php
bon, c'est quoi la prochaine étape ?
http://www.20minutes.fr/article/585049/Nantes-Appel-a-temoins-apres-l-agression-mortelle-d-un-handicape.php
bon, c'est quoi la prochaine étape ?


Docteur OX- Fidèle du forum
Re: Bagarre au Parc Astérix
Ah non ça suffit maintenant !!! Je ne lis plus les journaux parce que ça me minait le moral, alors pas sur néo, pitié !

lene75- Grand sage
Re: Bagarre au Parc Astérix
Ah ben sinon y a ça, l'affaire est un peu ancienne mais le verdict vient de tomber : http://www.tetu.com/actualites/france/prison-ferme-pour-la-nuit-de-cauchemar-infligee-a-un-jeune-gay-17368 , http://www.tetu.com/actualites/france/Seine-et-Marne-trois-hommes-mis-en-examen-pour-avoir-sequestre-un-homosexuel-12713
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John- Admin
Re: Bagarre au Parc Astérix
Pour Lene75 :
http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Un-adolescent-en-garde-a-vue-soupconne-d-avoir-tue-son-pere-avec-un-sabre-japonais-_6346-1445357-fils-tous_filDMA.Htm
http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Un-adolescent-en-garde-a-vue-soupconne-d-avoir-tue-son-pere-avec-un-sabre-japonais-_6346-1445357-fils-tous_filDMA.Htm
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John- Admin
Re: Bagarre au Parc Astérix
John a écrit:Pour Lene75 :
http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Un-adolescent-en-garde-a-vue-soupconne-d-avoir-tue-son-pere-avec-un-sabre-japonais-_6346-1445357-fils-tous_filDMA.Htm
John, quel sadique tu fais !

Frisouille- Empereur
Re: Bagarre au Parc Astérix
Et je n'ai pas mis le bizutage chez les pompiers.
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John- Admin
Re: Bagarre au Parc Astérix
John a écrit:Et je n'ai pas mis le bizutage chez les pompiers.
Ah tiens, info qui m'a échappé...

Frisouille- Empereur
Re: Bagarre au Parc Astérix
Pourquoi la barbarie?
Par Natacha Polony le 5 juillet 2010 10h43
La photo montre un jeune marié souriant, qui met en avant cet anneau d’or à sa
main gauche. Un beau garçon, raie au milieu et cravate blanche. Il a la
vie devant lui. Et pourtant il est mort. Devant sa femme et sa mère,
dans le décor sordide d’une bretelle d’autoroute, ponctué au loin par
les barres d’immeubles de la cité des Mureaux. Lynché, frappé, massacré.
Simplement parce qu’il exigeait un constat pour un banal accrochage.
Il appartient aux enquêteurs de déterminer les circonstances
exactes qui ont conduit deux jeunes gens à appeler en renfort
des amis de la cité, de démêler l’écheveau des mensonges que chacun
tissera pour démontrer qu’il ne fut pas un des rouages de cet abominable
engrenage. Il appartient aux enquêteurs d’établir des faits. Mais ces
faits ne répondront sans doute jamais à l’angoissante question que se
posent aujourd’hui tous ceux qui ont vu ce visage de jeune homme
heureux, et qui ont entendu l’histoire : comment peut-on mourir à trente
ans pour un peu de tôle froissée, en France, en 2010 ? Cette
question-là tourne dans les têtes, obsédante et douloureuse ; dans les
têtes de ceux qui pensent : cela peut m’arriver, puisque ça lui arrive, à
lui, à qui cela ne pouvait pas arriver ; dans les têtes de toutes les
mères, qui ont mis au monde un enfant et savent désormais qu’il peut
être un jour massacré sous leurs yeux, si tranquille que soit sa vie.
Il a fallu des siècles, en France, pour que ce genre de chose
n’arrive plus. Pour que disparaissent les Grandes Compagnies,
ces troupes qui faisaient régner la terreur dans les campagnes,
pillaient les fermes et massacraient les paysans. Pour que les rues des
villes ne soient plus des coupe-gorge et que le Bois de Troussechemise
ne soit plus qu’un nom pittoresque. Pour que l’éducation, dans les
familles comme à l’école, développe chez chacun le minimum d’empathie
qui lui permette de considérer que la vie de l’autre a une valeur
sacrée, et qu’elle dépasse de beaucoup les quelques sous qu’il pourra
lui voler.
Cela s’appelle la civilisation, et c’est ce qui
garantit à chaque citoyen qu’il peut circuler partout sur le territoire
de la République, et que partout celle-ci fait régner la loi que nul
n’ignore. Ce qui signifie d’ailleurs que la loi seule ne suffit pas. Car
celui qui l’enfreint, au moment où il le fait, se moque absolument de
la sanction. La loi ne suffit pas si elle n’est pas assortie de la
conscience que cette loi délibérée en commun est le frein que nous
acceptons d’imposer à nos pulsions en échange de la possibilité de vivre
en paix, les uns à côté des autres. Il y aura toujours des voleurs, des
tricheurs ou des assassins, qui choisissent sciemment d’enfreindre la
loi. Au moins peut-on se dire qu’ils mesurent les risques et savent ce
qu’ils font. Il y aura toujours des fous et des meurtriers, relevant de
la psychiatrie, plus que de la prison. Et l’on peut déplorer que ceux-là
ne soient pas pris en charge comme ils le devraient.
Mais tout cela n’est pas la barbarie. Quand, en
revanche, des individus sont mus par des pulsions incontrôlées, par des
instincts, celui du territoire ou celui du clan, que ne vient pas
réfréner la conscience de l’humanité de l’autre, quand ces individus ne
trouvent pour explication de leur geste que des expressions toutes
faites, «j’ai pété les plombs», «j’avais la haine …, on peut parler de
barbarie. Quand un père de famille est frappé à mort devant les siens
parce qu’il photographiait un lampadaire, et que des petits trafiquants y
ont vu une atteinte à leur tranquillité, quand un homme est cogné à
coups de barre de fer jusqu’à en rester handicapé à vie, parce qu’on
veut lui voler sa voiture, on peut parler de barbarie. Car ces
comportements impliquent que ceux qui les développent ne se sentent pas
appartenir à la civilisation, qu’ils ne se trouvent rien de commun avec
leur victime, qui n’est plus qu’un autre, anonyme et ennemi.
Et bien sûr, se pose la question cruciale : comment en est-on
arrivé là ? Les spécialistes de la dénégation répondront que
la violence a toujours existé, que les médias montent en épingle des
faits divers malheureux pour de sordides intérêts électoralistes. Mais
les récupérations politiques n’inventent pas les faits, elles se
contentent de les exploiter. Et si la violence a toujours existé, du
moins peut-on dire qu’en Europe, depuis les temps barbares qui
marquèrent la chute de l’Empire romain, et si l’on excepte la violence
spécifique des guerres, grandes boucheries militaires ou guerres
civiles, la violence ordinaire tendait à régresser. Sans doute peut-on
même émettre l’hypothèse que la deuxième moitié du vingtième siècle a
représenté, en Europe occidentale, un moment où le pacte social avait
atteint son plus haut degré d’achèvement. La conjonction d’une éducation
généralisée, d’une morale – chrétienne ou laïque – qui imprégnait
encore les discours familiaux, et de l’adhésion du plus grand nombre à
un modèle social et politique fait d’équilibre entre les contributions
de chacun et le degré de protection qui lui était accordé, explique
qu’il y eut là, en cet endroit et en cette période, une suspension de
cette loi de la jungle qui fut le lot de la majeure partie de l’humanité
depuis la nuit des temps.
Et si les Français peuvent sembler coupablement nostalgiques
aux yeux des idéologues de la modernité, c’est tout simplement
parce qu’ils ont le regret de ce temps où l’on pouvait entrer en conflit
avec un inconnu sans craindre qu’il ne sorte un couteau ou qu’il
n’appelle sa bande de copains, de ce temps où la République ne comptait
pas de «territoires perdus». Ils ne sont pas naïfs, bien sûr, ils savent
que l’âge d’or n’existe pas et que ce temps n’était pas exempt de
dureté et d’injustices. Mais qu’on leur laisse au moins le droit de
penser qu’il est intolérable qu’un jeune homme meure sur une bretelle
d’autoroute. Comme il est intolérable pour des citoyens d’une
démocratie, c’est-à-dire des individus souverains censés décider
librement de leur destin, de se sentir ravalés à la condition de paysans
du IXème siècle tremblant à l’idée d’une prochaine razzia viking.
Il n’est sans doute rien de plus dangereux politiquement que
d’humilier un peuple. Et vivre dans la peur, se sentir
impuissant devant des petits caïds que l’absence totale de conscience
rend prêts à tout et invincibles, est une humiliation quotidienne que
connaît une part de la population française, la même, d’ailleurs, qui se
sent également humiliée quand des décideurs se moquent absolument des
résultats des référendums. Nous aurions tort de ne voir dans le destin
brisé de Mohamed, dans cette vie ravagée sous les yeux d’une mère et
d’une femme, que la malheureuse récurrence d’une violence humaine
toujours ressurgissant. Car cette mort est une entaille de plus dans le
pacte républicain qui devait faire de notre société un monde vivable.
Elle est une preuve de plus que notre société détruit chez certains ce
qu’elle devrait au contraire développer, cette humanité, en chacun de
nous, qui nous structure et nous fait nous reconnaître en l’autre.
La faute à la famille, à la télévision, à l’école, au chômage
ou la mondialisation ? Un peu de tout cela, sans doute. La
famille, où des parents sont persuadés que leur chère progéniture doit
apprendre la loi de la jungle parce que, voyez-vous, les autres le font
bien, et parce que c’est le moyen le plus efficace de tirer son épingle
du jeu ; la télévision, qui abreuve les enfants d’images rutilantes de
tout ce qu’ils n’ont pas mais qu’il faut posséder pour se sentir exister
; l’école, qui a renoncé a transmettre des savoirs et des valeurs et à
demeurer le lieu de la confrontation première avec la loi et la sanction
; le chômage et la mondialisation, parce que les écarts de richesse
sont incommensurables, par rapport à ce qu’ils étaient dans les années
1950-1960, et parce que d’avoir décidé que cette Europe qui devait
protéger les peuples n’adopterait aucune barrière, on a trahi sa
vocation originelle. Mais on peut y ajouter la responsabilité de
ceux qui, depuis des années, ont minimisé cette dérive vers la
barbarie, les promoteurs de «la révolte politique» cachée derrière ces
voitures brûlées et ces «émeutes», les apôtres de la «prévention» qui
exclut toute sanction, les censeurs prêts à dénoncer la «stigmatisation
d’une population» (et la famille du jeune Mohamed doit être
bien aise que de belles âmes aient empêché sa stigmatisation…), et tous
ceux, plus largement, que se pincent le nez et se bouchent les oreilles
quand ils entendent le mot «morale». Car la République fut
conçue pour des individus doués de sens moral. Ceux-là seuls peuvent la
faire vivre. Les barbares ne peuvent que la faire mourir.
Par Natacha Polony le 5 juillet 2010 10h43
La photo montre un jeune marié souriant, qui met en avant cet anneau d’or à sa
main gauche. Un beau garçon, raie au milieu et cravate blanche. Il a la
vie devant lui. Et pourtant il est mort. Devant sa femme et sa mère,
dans le décor sordide d’une bretelle d’autoroute, ponctué au loin par
les barres d’immeubles de la cité des Mureaux. Lynché, frappé, massacré.
Simplement parce qu’il exigeait un constat pour un banal accrochage.
Il appartient aux enquêteurs de déterminer les circonstances
exactes qui ont conduit deux jeunes gens à appeler en renfort
des amis de la cité, de démêler l’écheveau des mensonges que chacun
tissera pour démontrer qu’il ne fut pas un des rouages de cet abominable
engrenage. Il appartient aux enquêteurs d’établir des faits. Mais ces
faits ne répondront sans doute jamais à l’angoissante question que se
posent aujourd’hui tous ceux qui ont vu ce visage de jeune homme
heureux, et qui ont entendu l’histoire : comment peut-on mourir à trente
ans pour un peu de tôle froissée, en France, en 2010 ? Cette
question-là tourne dans les têtes, obsédante et douloureuse ; dans les
têtes de ceux qui pensent : cela peut m’arriver, puisque ça lui arrive, à
lui, à qui cela ne pouvait pas arriver ; dans les têtes de toutes les
mères, qui ont mis au monde un enfant et savent désormais qu’il peut
être un jour massacré sous leurs yeux, si tranquille que soit sa vie.
Il a fallu des siècles, en France, pour que ce genre de chose
n’arrive plus. Pour que disparaissent les Grandes Compagnies,
ces troupes qui faisaient régner la terreur dans les campagnes,
pillaient les fermes et massacraient les paysans. Pour que les rues des
villes ne soient plus des coupe-gorge et que le Bois de Troussechemise
ne soit plus qu’un nom pittoresque. Pour que l’éducation, dans les
familles comme à l’école, développe chez chacun le minimum d’empathie
qui lui permette de considérer que la vie de l’autre a une valeur
sacrée, et qu’elle dépasse de beaucoup les quelques sous qu’il pourra
lui voler.
Cela s’appelle la civilisation, et c’est ce qui
garantit à chaque citoyen qu’il peut circuler partout sur le territoire
de la République, et que partout celle-ci fait régner la loi que nul
n’ignore. Ce qui signifie d’ailleurs que la loi seule ne suffit pas. Car
celui qui l’enfreint, au moment où il le fait, se moque absolument de
la sanction. La loi ne suffit pas si elle n’est pas assortie de la
conscience que cette loi délibérée en commun est le frein que nous
acceptons d’imposer à nos pulsions en échange de la possibilité de vivre
en paix, les uns à côté des autres. Il y aura toujours des voleurs, des
tricheurs ou des assassins, qui choisissent sciemment d’enfreindre la
loi. Au moins peut-on se dire qu’ils mesurent les risques et savent ce
qu’ils font. Il y aura toujours des fous et des meurtriers, relevant de
la psychiatrie, plus que de la prison. Et l’on peut déplorer que ceux-là
ne soient pas pris en charge comme ils le devraient.
Mais tout cela n’est pas la barbarie. Quand, en
revanche, des individus sont mus par des pulsions incontrôlées, par des
instincts, celui du territoire ou celui du clan, que ne vient pas
réfréner la conscience de l’humanité de l’autre, quand ces individus ne
trouvent pour explication de leur geste que des expressions toutes
faites, «j’ai pété les plombs», «j’avais la haine …, on peut parler de
barbarie. Quand un père de famille est frappé à mort devant les siens
parce qu’il photographiait un lampadaire, et que des petits trafiquants y
ont vu une atteinte à leur tranquillité, quand un homme est cogné à
coups de barre de fer jusqu’à en rester handicapé à vie, parce qu’on
veut lui voler sa voiture, on peut parler de barbarie. Car ces
comportements impliquent que ceux qui les développent ne se sentent pas
appartenir à la civilisation, qu’ils ne se trouvent rien de commun avec
leur victime, qui n’est plus qu’un autre, anonyme et ennemi.
Et bien sûr, se pose la question cruciale : comment en est-on
arrivé là ? Les spécialistes de la dénégation répondront que
la violence a toujours existé, que les médias montent en épingle des
faits divers malheureux pour de sordides intérêts électoralistes. Mais
les récupérations politiques n’inventent pas les faits, elles se
contentent de les exploiter. Et si la violence a toujours existé, du
moins peut-on dire qu’en Europe, depuis les temps barbares qui
marquèrent la chute de l’Empire romain, et si l’on excepte la violence
spécifique des guerres, grandes boucheries militaires ou guerres
civiles, la violence ordinaire tendait à régresser. Sans doute peut-on
même émettre l’hypothèse que la deuxième moitié du vingtième siècle a
représenté, en Europe occidentale, un moment où le pacte social avait
atteint son plus haut degré d’achèvement. La conjonction d’une éducation
généralisée, d’une morale – chrétienne ou laïque – qui imprégnait
encore les discours familiaux, et de l’adhésion du plus grand nombre à
un modèle social et politique fait d’équilibre entre les contributions
de chacun et le degré de protection qui lui était accordé, explique
qu’il y eut là, en cet endroit et en cette période, une suspension de
cette loi de la jungle qui fut le lot de la majeure partie de l’humanité
depuis la nuit des temps.
Et si les Français peuvent sembler coupablement nostalgiques
aux yeux des idéologues de la modernité, c’est tout simplement
parce qu’ils ont le regret de ce temps où l’on pouvait entrer en conflit
avec un inconnu sans craindre qu’il ne sorte un couteau ou qu’il
n’appelle sa bande de copains, de ce temps où la République ne comptait
pas de «territoires perdus». Ils ne sont pas naïfs, bien sûr, ils savent
que l’âge d’or n’existe pas et que ce temps n’était pas exempt de
dureté et d’injustices. Mais qu’on leur laisse au moins le droit de
penser qu’il est intolérable qu’un jeune homme meure sur une bretelle
d’autoroute. Comme il est intolérable pour des citoyens d’une
démocratie, c’est-à-dire des individus souverains censés décider
librement de leur destin, de se sentir ravalés à la condition de paysans
du IXème siècle tremblant à l’idée d’une prochaine razzia viking.
Il n’est sans doute rien de plus dangereux politiquement que
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impuissant devant des petits caïds que l’absence totale de conscience
rend prêts à tout et invincibles, est une humiliation quotidienne que
connaît une part de la population française, la même, d’ailleurs, qui se
sent également humiliée quand des décideurs se moquent absolument des
résultats des référendums. Nous aurions tort de ne voir dans le destin
brisé de Mohamed, dans cette vie ravagée sous les yeux d’une mère et
d’une femme, que la malheureuse récurrence d’une violence humaine
toujours ressurgissant. Car cette mort est une entaille de plus dans le
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qu’elle devrait au contraire développer, cette humanité, en chacun de
nous, qui nous structure et nous fait nous reconnaître en l’autre.
La faute à la famille, à la télévision, à l’école, au chômage
ou la mondialisation ? Un peu de tout cela, sans doute. La
famille, où des parents sont persuadés que leur chère progéniture doit
apprendre la loi de la jungle parce que, voyez-vous, les autres le font
bien, et parce que c’est le moyen le plus efficace de tirer son épingle
du jeu ; la télévision, qui abreuve les enfants d’images rutilantes de
tout ce qu’ils n’ont pas mais qu’il faut posséder pour se sentir exister
; l’école, qui a renoncé a transmettre des savoirs et des valeurs et à
demeurer le lieu de la confrontation première avec la loi et la sanction
; le chômage et la mondialisation, parce que les écarts de richesse
sont incommensurables, par rapport à ce qu’ils étaient dans les années
1950-1960, et parce que d’avoir décidé que cette Europe qui devait
protéger les peuples n’adopterait aucune barrière, on a trahi sa
vocation originelle. Mais on peut y ajouter la responsabilité de
ceux qui, depuis des années, ont minimisé cette dérive vers la
barbarie, les promoteurs de «la révolte politique» cachée derrière ces
voitures brûlées et ces «émeutes», les apôtres de la «prévention» qui
exclut toute sanction, les censeurs prêts à dénoncer la «stigmatisation
d’une population» (et la famille du jeune Mohamed doit être
bien aise que de belles âmes aient empêché sa stigmatisation…), et tous
ceux, plus largement, que se pincent le nez et se bouchent les oreilles
quand ils entendent le mot «morale». Car la République fut
conçue pour des individus doués de sens moral. Ceux-là seuls peuvent la
faire vivre. Les barbares ne peuvent que la faire mourir.
Dernière édition par Thalie le Jeu 15 Juil 2010 - 18:32, édité 1 fois

Thalie- Sage
Re: Bagarre au Parc Astérix
L'autre visage - complémentaire - de la barbarie et de l'anti-civilisation, c'est : "La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail ne le serait-il pas ?"
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John- Admin
Re: Bagarre au Parc Astérix
John a écrit:L'autre visage - complémentaire - de la barbarie et de l'anti-civilisation, c'est : "La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail ne le serait-il pas ?"
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Reine Margot- Oracle
Re: Bagarre au Parc Astérix
John a écrit:L'autre visage - complémentaire - de la barbarie et de l'anti-civilisation, c'est : "La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail ne le serait-il pas ?"
Et qui, s'il te plait, est le fabuleux auteur de cette saillie ?

Frisouille- Empereur
Re: Bagarre au Parc Astérix
Thalie a écrit:La patronne du Medef il me semble Laurence Parisot.
Merci.
Tssss....

Frisouille- Empereur
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