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Galadriel29
Neoprof expérimenté

Re: La lecture analytique, vous et vos élèves

par Galadriel29 le Jeu 7 Oct 2010 - 15:12
moi aussi je rame. surtout qu'un collègue m'a dit qu'il ne fallait pas faire dure une LA plus de 2h en 1ere!
je n'en suis qu'à ma 2eme LA! titanic
pour la 1ere LA, un sonnet, je suis partie du questionnaire du manuel, puis analyse vers par vers, puis problématique et plan.
Pour le 2eme texte, un poème en prose, 1eres questions de repérage: thème, impressions, genre,.., puis je les ai laissé 15min plancher sur le texte, mise en commun, problématiques, et là je leur ai donné un poly avec un plan et des cases à remplir, je verrai ce que ca va donner.
mais je trouve cela compliqué car pour bcp ils ne voient rien, quand je donne une interprétation ils contestent (mais comment on sait que c'est ça qu'il a voulu dire?).
Et puis comment varier les approches?
Est il souhaitable de faire une partie du commentaire de manière "magistrale"?: les laisser chercher un peu, puis donner le reste.
bref, je rame!
Gilscudder
Je viens de m'inscrire !

Re: La lecture analytique, vous et vos élèves

par Gilscudder le Jeu 7 Oct 2010 - 17:41
En vrac, je suis d'accord avec les derniers mess (Botticcelli, Saramea, Mymi, LNSAG, Nectarine, mim29,etc... pcq je pense qu'il vaut mieux VARIER les démarches... La question a 100 balles c'est " Mais l'auteur a-t-il vraiment voulu dire ça?" A mon avis, rien à "f..."/faire": ce qui compte, c'est " le monde du texte", et là, désolé, il faut relire Ricoeur ( pas tout, heureusement!)... Rappelons bien que la Rhétorique a "entubé" ( mis en éprouvettes) Rimbaud, Baudelaire et Musset ( pas Char : il ne rentrait pas ds le tube!), et qu'il s'agit donc, comme l'écrit Eco : l'oeuvre ouverte!!!, de confronter divers degrés de lecture, donc d'interprétation, du texte!!! C'est ça qui donne envie de se lever à 6h du matin... To 'rat(à bientôt), comme on dit chez nous... Gil.
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Artémis
Fidèle du forum

Re: La lecture analytique, vous et vos élèves

par Artémis le Jeu 7 Oct 2010 - 18:15
J'essaie de varier au maximum les approches pour qu'ils puissent apprendre à analyser de la manière la plus autonome possible.
Soit je donne la problématique et le plan, soit seulement la problématique, soit on fait une analyse linéaire et ils font le plan ensuite, soit on définit des axes ensemble en fonction de leurs premières impressions et je donne un axe par groupe à préparer puis on met en commun... Dans tous les cas, j'essaie systématiquement de donner plusieurs problématiques pour qu'ils voient ce qui les attend le jour du bac, et je tâche de leur faire bâtir un plan personnel pour chaque texte.
C'est très long, mais je pense que le but est qu'ils travaillent, et non qu'ils copient une analyse toute faite qu'ils recracheront ensuite.
Mymi
Niveau 5

Re: La lecture analytique, vous et vos élèves

par Mymi le Ven 8 Oct 2010 - 2:09
Merci à tous pour vos réponses Smile

En ce moment, c'est encore plus difficile, car en plus de mes propres doutes, j'ai une 1èES avec qui ça ne marche pas du tout. J'ai vraiment honte de le dire, mais ma LA sur le "Des coches" de Montaigne a pris 4h No
La langue est difficile, mais je rejoins mim29, elles ne savent pas repérer les procédés. Il a fallu plusieurs questions de "relevé" dans le texte (opposition des pronoms personnels "ils"/"nous") pour qu'on en arrive au sujet --> l'opposition Indiens/Occidentaux !!!

Dites moi sincèrement, c'est normal ???


Artémis, j'essaie justement de me convaincre qu'il ne s'agit surtout pas de leur dicter le plan complètement rédigé ... mais malheureusement c'est ce qu'ils croient et même le plan détaillé les panique comme si ce n'était pas un "cours". D'ailleurs, ça fait 2 fois qu'elles me font comprendre qu'elles ne voient pas où est la "leçon" ...

Enfin, je comprends donc que je distinguais trop de choses dans mon approche du texte : je faisais lecture+compréhension --> la problématique puis recherche des procédés (pour les pronoms, il a fallu que je dicte tout) et enfin réalisation du plan dans lequel on place les procédés ... c'est trop long.
InvitéeHr
Expert

Re: La lecture analytique, vous et vos élèves

par InvitéeHr le Ven 8 Oct 2010 - 16:25
@Artémis a écrit:C'est très long, mais je pense que le but est qu'ils travaillent, et non qu'ils copient une analyse toute faite qu'ils recracheront ensuite.

Le jour du BAC, les candidats avaient tous appris par coeur leur problématique et l'ont recrachée comme des perroquets, je peux dire que c'est lassant à la fin, j'ai même eu le degré zéro de la problématique "nous verrons en quoi ce texte est un poème" :shock:
Je me souviens avoir valorisé deux filles qui ne recrachaient pas et s'étaient risquées à chercher une problématique personnelle.
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Artémis
Fidèle du forum

Re: La lecture analytique, vous et vos élèves

par Artémis le Ven 8 Oct 2010 - 17:09
heather a écrit:
@Artémis a écrit:C'est très long, mais je pense que le but est qu'ils travaillent, et non qu'ils copient une analyse toute faite qu'ils recracheront ensuite.

Le jour du BAC, les candidats avaient tous appris par coeur leur problématique et l'ont recrachée comme des perroquets, je peux dire que c'est lassant à la fin, j'ai même eu le degré zéro de la problématique "nous verrons en quoi ce texte est un poème" :shock:
Je me souviens avoir valorisé deux filles qui ne recrachaient pas et s'étaient risquées à chercher une problématique personnelle.
J'ai fait le même constat et valorisé de la même façon. C'est pour cela que j'aimerais que mes élèves puissent se débrouiller seuls le jour J.
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Abraxas
Doyen

Re: La lecture analytique, vous et vos élèves

par Abraxas le Ven 8 Oct 2010 - 17:15
@violet a écrit:Et comment faites-vous pour leur faire trouver la problématique ? et les axes...
C'est toujours ça mon problème...
Si je les donne, après je m'en sors grosso modo pour leur faire trouver les idées avec des questions mais j'ai du mal à les rendre autonomes.

Chère, je me bats, en HKH, avec les "axes" auxquels mes élèves croient bon de réduire les textes…

Cela dit, pour trouver une problématique (je préfère "enjeu", mais bon…), je leur ai conseillé d'analyser le type de la scène, l'horizon d'attente du lecteur en fonction du topos qui gît toujours plus ou moins derrière, et le type de "déception" que l'auteur inflige au lecteur — en biaisant, en transformant, en démantibulant le topos, bref, en brouillant l'attente.
Dernier exemple en date, le début du chapitre VI du Rouge et le Noir — la rencontre Mme de Rênal / Julien. Mais ça marche aussi bien sur la scène sous le tilleul, ou l'ascension de Julien à la fenêtre de Mathilde, ou…
Evidemment, ça suppose qu'ils sachent qu'une rencontre, c'est un topos usé jusqu'à la corde — eux qui croient que leur rencontre de la dernière cagole de leur cœur était un événement inédit…
Mais dans l'ensemble, ça marche.
Par exemple, le Lac, c'est l'adéquation totale de l'horizon d'attente et des moyens d'expression — une sorte de topos sur-accentué. La rencontre dans l'Ecume des jours, idem (jazz en plus). Mais la rencontre dans l'Education, justement, passe sur le flanc du topos, si je puis dire…
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NLM76
Esprit éclairé

Re: La lecture analytique, vous et vos élèves

par NLM76 le Jeu 14 Oct 2010 - 22:52
Bonjour,

en voilà un sujet intéressant. Alors, pour commencer, je leur apprends à "présenter le texte"... Cela prend beaucoup de temps et c'est très utile. Parce que c'est le moins difficile, et on peut commencer à apprendre à s'exprimer correctement... sans commencer son exposé par "Euh bah donc alors je vais vous parler de Molière", par exemple. Parce qu'il n'est pas mauvais de leur rappeler que les détails croustillants sur la vie privée de l'auteur, on s'en tamponne. Parce que cela prend du temps de comprendre ce qu'il faut dire pour situer correctement le texte dans l'oeuvre.
Ensuite, je leur apprends, un peu, à lire à haute voix. Quand je dis un peu, cela veut dire que j'y passe beaucoup de temps, mais que je suis quand même content quand il reste beaucoup de défauts, mais qu'ils ont appris à dire par groupe de souffle, à mettre un peu d'énergie et de sens dans la lecture. Et d'ailleurs eux aussi sont contents. En revanche, qu'est-ce que c'est ennuyeux, ces myriades d'élèves qu'on voit défiler le jour du bac et vous annonnent le texte comme des CE1 ou des CE2...
Oui, vous savez déchiffrer le français... On le sait. Mais on est en 1re, c'est un texte littéraire : il faut produire une lecture expressive, il faut défendre le texte !
Ensuite (enfin... en même temps), j'explique le sens littéral du texte... en long, en large et en travers. Souvent, cela ne suffit pas. Beaucoup continuent à ne pas comprendre, par manque de connaissance de la langue, quelquefois, par manque de culture et d'expérience de la vie, souvent, par refus d'être vraiment là, présent en personne, presque toujours en début d'année... Alors, on en remet une couche, on relit le texte... Ils le relisent, je le relis, j'en fais des tonnes, quelquefois un peu trop.
Après, nous établissons, systématiquement, le plan du texte... Toujours pour le comprendre. (Bien souvent, c'est un travail qu'ils ont à préparer à la maison) (Bien souvent aussi, vers ce moment-là, je leur demande d'apprendre par coeur le texte ou son plan avec des extraits : là je suis sûr de faire mon métier ; je leur transmets la littérature, et non mon discours sur la littérature).
Une fois que nous avons établi ce plan, on a commencé à comprendre ce que disait ce texte... Au fait, à mesure qu'on avançait, quand on a rencontré quelque chose de frappant, parce que c'était difficile à comprendre, parce que c'était quelque chose qu'on n'aurait pas dit comme ça, on l'a relevé en disant "ça ce sera intéressant pour le commentaire"
Maintenant, on a le texte, et on a plein d'éléments de paraphrase autour (explication littérale, plan-résumé et autres reformulations). On s'attaque au commentaire. Et on cherche ce qu'il y a de frappant, on cherche ce "merveilleux dans le discours, qui fait qu'un ouvrage ravit, transporte, enlève..." On le cherche en cherchant ce qu'on n'aurait pas dit, ce qu'on n'aurait pas dit comme ça. On cherche en s'étonnant de ce qu'on trouve dans notre paraphrase, on cherche surtout en regardant surtout ce que le texte, dans son exacte expression ajoute à la paraphrase.
Pour ce faire, nul besoin de théories littéraires compliquées : la grammaire la plus fondamentale suffit. On observe les lettres et les sons, les rapports entre noms et adjectifs, entre sujets et verbes, la nature des mots utilisés, etc.
Evidemment, je rame et je m'acharne pour faire cesser "il a voulu dire"et pour faire entendre que l'auteur ne cause pas seul, ne s'adresse pas à de purs esprits au-dessus des leurs, mais au lecteur, c'est à dire à eux. Et on finit par obtenir un début de commentaire quand ils commencent à accepter que le texte peut trouver son chemin jusqu'à eux, ils commencent à comprendre que le commentaire a quelque chose à voir avec le dévoilement de ce chemin.
Après, pour le "plan" du commentaire (ou de la "lecture analytique" ou de la "lecture méthodique" ou de "l'explication de texte", ou du "schpountz à rayures", si vous voulez), on commence par accepter de suivre le plan du texte, en choisissant un ou deux points remarquables dans chacune de ses parties, qu'on s'efforce de commenter avec soin.
Et puis pour ce qui est de la "problématique" (mot barbare auquel je préfèrerais "problème" ou "question"), on finit bien par trouver. En tout cas, c'est toujours une variante de "Pourquoi ce texte vaut-il qu'on le lise"... Et ce n'est jamais une variante de "En quoi ce texte est-il exactement comme les autres... en quoi vaut-il pour plaquer une batterie de termes jargonneux plus ou moins à la mode ?", comme "En quoi ce texte est-il un incipit, une scène d'exposition..."
Bien à vous,
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Re: La lecture analytique, vous et vos élèves

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