éviter l'écueil de l'affectif avec les classes

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éviter l'écueil de l'affectif avec les classes

Message par Passerose le Sam 12 Juin 2010 - 9:51

Je précise que je ne parle en aucun cas d'être copine avec les élèves ni de parler de leur vie personnelle. Je suis de nature peu curieuse et il est très rare que j'apprenne un souci personnel qu'a un élève (parce qu'il/elle est venu(e) se confier).
Mon post fait suite à celui de Tite prof dans la rubrique "lycée" ("je suis nulle ?") : comme elle, j'ai eu des retours désagréables (sans les avoir demandés, d'ailleurs) avec mes 4ème en fin d'année. Ils m'ont comparée à leur prof de l'an dernier et ont exprimé leur regret de ne plus l'avoir. J'ai été extrêmement déçue que cela me tombe dessus comme ça, en fin d'année. je croyais qu'avec une année de travail nous avions dépassé ça. Et moi, j'étais plutôt contente du travail fait ensemble. Quelle claque !
Je leur ai bien répondu, le problème ne se joue plus vraiment avec eux (sauf si les classes ne changent pas trop et que je les ai encore en 3ème), mais je me demande comment ne pas aimer mes classes.
La collègue en question, très appréciée par les élèves, m'a confié ne pas pouvoir s'empêcher d'avoir avec ses classes un lien affectif. Je ne sais pas trop réellement comment elle bosse - elle dit ne jamais donner de punition, je crois qu'elle "casse", je l'ai aussi entendue parler très fort pour couvrir le bruit.
Je ne sais plus tellement comment me situer, je crois que j'oscille entre différentes attitudes ou postures. Je pensais avoir trouvé ma place, j'avais ma part de bons retours, mais j'ai peur maintenant de "récolter" ses élèves, qu'ils me refassent le coup du "oh Mme Machin, qu'est-ce qu'on la regrette".
- Vous gardez-vous d'un lien affectif ?
- Comment vous protégez-vous de ces retours des élèves basés sur une appréciation affective et non pragmatique (ils ont progressé dans leurs résultats avec moi) ?
- Faut-il dans ces cas-là "se vendre" auprès des élèves ou laisser tomber, les laisser penser ?
- Enfin, quel rapport avez-vous à la punition ? Quand vous savez qu'un collègue très apprécié par les élèves (forcément, il est donc aussi étiqueté de "bon prof") ne donne pas de punition, vous continuez stoïquement ou vous vous remettez en question ?
Bref, merci de me donner vos avis, quels qu'ils soient.

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Re: éviter l'écueil de l'affectif avec les classes

Message par deroute le Sam 12 Juin 2010 - 10:17

Je ne sais pas quoi penser de ce genre de commentaires... L'année dernière j'ai fait un remplacement et j'avais une classe de quatrième et une classe de troisième. Les 4eme m'ont immédiatement adopté en me disant presque à chaque cours que j'étais "carrément mieux" que la prof que je remplaçais (bien sur je leur disais de ne pas dire ça, que ça ne m'interessais pas ce qu'il pensait et que Mme ... les avait bien fait progrésser). Par contre les 3eme trouvaient mon cours pénible et me le faisait bien sentir.

En fait, c'est juste que j' ai fait pas mal de la traduction avec mes troisième (en latin) comme le faisait la prof que je remplaçais d'ailleurs et c'est ça qu'ils n'appréciaient pas. Je faisais plus de civilisation avec mes 4eme et je traduisais moins de gros passages.
Tout ça pour dire que si j'avais été "super sympa" et que j'avais fait ce qu'ils voulaient faire et non pas ce qu'ils devaient faire, ils auraient surement trouvé que j'étais une prof "super". D'ailleurs les 3eme avait un bon niveau en latin justement parce que cette prof qu'ils n'aimaient vraiment pas les avait fait travaillé dur.

Alors je pense que ce n'est pas facile de sentir qu'on est pas aimé (ou plutôt qu'on ne nous trouve pas trop cool) mais il faut quand même continuer à enseigner à ta façon, celle sui te paraît efficace et qui semble l'être effectivement puisque tes elèves ont fait des progrès.

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Re: éviter l'écueil de l'affectif avec les classes

Message par deroute le Sam 12 Juin 2010 - 10:19

deroute a écrit:Je ne sais pas quoi penser de ce genre de commentaires...


Mais c'est vrai que ça fait toujours un peu mal au coeur quand on sait qu'on est pas apprécié (surtout moi qui suis sensible) et c'est aussi pour ça que je ne sais pas si je pourrai faire ce métier...

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Re: éviter l'écueil de l'affectif avec les classes

Message par MS le Sam 12 Juin 2010 - 10:28

Je ne donne que très rarement des punitions, je préfère sanctionner par une note de travail, cela me prend moins de temps. Je hausse aussi la voix quand il le faut et je sais être cassante.
Les élèves m'aiment-ils? Je ne sais pas et j'avoue que je m'en fiche un peu. Ils sont généralement contents quand ils apprennent que je les aurai l'année suivante et un peu paniqués à l'idée d'avoir mon collègue.
C'est vrai que cela me fait un peu plaisir mais je passe outre très vite car bien souvent l'année suivante où je ne les ai plus, rares sont ceux qui me disent bonjour lorsqu'ils me croisent.
Je n'ai jamais été confrontée à la situation que tu évoques: jamais on ne m'a dit qu'ils préféraient leur prof d'avant mais bon mes collègues n'ont rien d'exceptionnel non plus, aucun des deux n'a un charisme extraordinaire, pas plus que moi d'ailleurs. Je crois que j'ai simplement un truc en plus, c'est justement de ne pas trop mettre d'affectif à savoir que si un élève ne fait pas le travail demandé je ne vais pas le prendre pour moi comme ont tendance à le faire mes collègues qui se mettent alors très facilement en colère et poussent des coups de gueule qui font plutôt rire les élèves.

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Re: éviter l'écueil de l'affectif avec les classes

Message par marininha le Sam 12 Juin 2010 - 10:35

Je suis partisane du "filez vite je ne veux plus vous voir allez hop hop hop le cours est fini dehors !" mais mes 6e me collent aux basques et racontent leurs vies. Pourtant, je punis, je hurle, et je fais des tonnes de grammaire . Mais rien à faire; sur le bilan de l'année, c'était "trop bien", y'a "rien à changer"... Ah, l'enthousiasme des 6e. En revanche avec les 4e, bilan plus mitigé, mais je sais qui "m'apprécie", l'une m'a dit qu'elle avait bien progressé avec moi, et ça, ça fait plaisir. je sais bien par contre que certains prient pour ne plus me voir (trop de travail, trop de poésie, trop de grammaire...). mais honnêtement, je m'en fiche. Si je sais que j'ai fait de mon mieux pour les faire progresser, mon boulot est fait, et peut être que plus tard, ils viendront me dire bonjour ou merci... La seule chose que je leur demande c'est "que modifier pour que le cours passe mieux?" et tout ce qu'ils trouvent à répondre c'est "faut faire plus de jeux et sorties" donc c'est que ça va...

Courage ! Ils le savent quand un prof se donne du mal pour eux, et l'année prochaine, ils diront à Mme machin "c'était mieux l'année dernière, au moins on travaillait plus..."

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Re: éviter l'écueil de l'affectif avec les classes

Message par wilt le Sam 12 Juin 2010 - 11:06

Lors de ma première année d'enseignement en tant que titulaire, un élève de 4ème m'a dit à la fin d'un cours : "on ne vous aime pas" (il parlait au nom de la classe). Il savait très bien ce qu'il faisait ; il savait qu'il allait m'atteindre.

Mon expérience et ma réflexion sur mon métier m'ont permis de savoir quelles étaient mes priorités et m'ont permis de prendre du recul avec ce côté affectif de nos relations professeur-élèves.

Je ne suis pas là pour être aimée par mes élèves, je ne suis pas là pour être gentille ou méchante : je suis là pour ENSEIGNER et ce, dans les meilleures conditions possibles afin que les élèves qui ont envie de travailler le puissent et afin que ceux qui n'en ont pas envie ne dérangent pas les autres.
Alors oui, je peux être très désagréable (c'est un doux euphémisme...) en cours, histoire de recadrer ceux qui n'ont pas une attitude digne d'un élève "normal". Et je n'ai absolument AUCUN remord à l'être sachant qu'ensuite, je valorise, j'encourage lorsque tout se passe bien.

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Re: éviter l'écueil de l'affectif avec les classes

Message par lilith888 le Sam 12 Juin 2010 - 11:09

Personnellement, je considère TOUS mes élèves comme mes enfants pendant l'année. Je m'intéresse à eux, je suis attentive à ce qu'ils peuvent vivre. Et ce lien, ils le ressentent très bien.
PAR CONTRE, cela ne m'empêche en aucune façon de punir, coller, pousser une gueulante quand ils dépassent les bornes : normal, ce sont des ados.

Je fais chaque année le fameux "sondage" : j'ai des retours positifs dans l'ensemble et quelques remarques plus mitigées (jamais personnelles) sur ma pédagogie. Mais je m'aperçois bien souvent que ces remarques sont vraies. J'essaie alors de rectifier le tir pour l'année suivante.

Il faut dire aussi que dans mon collège, nous adoptons la pédagogie salésienne, dont les piliers sont : sans confiance et sans affection, pas d'éducation. Tout est dit je crois.
Et chez nous, le collège est considéré comme une "maison" (pédagogie salésienne)

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Re: éviter l'écueil de l'affectif avec les classes

Message par yasyas le Sam 12 Juin 2010 - 11:26

Pareil, je ne peux pas m'empêcher de m'attacher à mes élèves, de m'inquiéter ou me réjouir pour eux... MAIS les "acheter" en étant "trop cool" ou en surnotant, pas question...
D'ailleurs (j'ai toujours été au lycée ça doit jouer aussi) ils finissent toujours par être reconnaissants quand on les a fait bien travailler... Et puis j'aime rire en cours et être détendue, mais ils savent très bien que ça se mérite, et que ça ne peut arriver que dans de bonnes conditions de travail.
Et sur le travail et l'attitude, je suis sans pitié Twisted Evil

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Re: éviter l'écueil de l'affectif avec les classes

Message par nateka le Sam 12 Juin 2010 - 11:26

C'est difficile la pédagogie salésienne ( je ne connaissais pas ) quand on est TZR et en plus sur des courts remplacements. On ne connaît jamais vraiment les élèves que l'on n'a pas suivis et ils ne nous font pas confiance ne nous considérant pas comme de vrais profs.

Mais sur le principe : non mes élèves ne sont pas mes enfants et je ne suis pas leur mère. Je participe à la construction de leur autonomie et même si je suis bienveillante et attentive ( dans la mesure du possible ) c'est leur métier d'élève que je leur apprends. L'école n'est pas la maison.

Peux tu m'en dire plus sur cette méthode salésienne ?

nateka
Doyen


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Re: éviter l'écueil de l'affectif avec les classes

Message par Lo le Sam 12 Juin 2010 - 11:40

lilith888 a écrit:Personnellement, je considère TOUS mes élèves comme mes enfants pendant l'année. Je m'intéresse à eux, je suis attentive à ce qu'ils peuvent vivre. Et ce lien, ils le ressentent très bien.
PAR CONTRE, cela ne m'empêche en aucune façon de punir, coller, pousser une gueulante quand ils dépassent les bornes : normal, ce sont des ados.

Je fais chaque année le fameux "sondage" : j'ai des retours positifs dans l'ensemble et quelques remarques plus mitigées (jamais personnelles) sur ma pédagogie. Mais je m'aperçois bien souvent que ces remarques sont vraies. J'essaie alors de rectifier le tir pour l'année suivante.

Il faut dire aussi que dans mon collège, nous adoptons la pédagogie salésienne, dont les piliers sont : sans confiance et sans affection, pas d'éducation. Tout est dit je crois.
Et chez nous, le collège est considéré comme une "maison" (pédagogie salésienne)


Moi c'est un peu pareil...cette année en tout cas.
Mais l'année prochaine, j'aurais des élèves plus difficiles, avec des situations personnelles plus lourdes. Je me demande donc si je ne vais pas essayer d'être plus distante, d'abord pour me protéger, et poue éviter de tomber dans un complet rapport d'éducateur avec les élèves, au détriment du rôle de prof!

Lo
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Re: éviter l'écueil de l'affectif avec les classes

Message par madame bonheur le Sam 12 Juin 2010 - 11:44

yasyas a écrit:Pareil, je ne peux pas m'empêcher de m'attacher à mes élèves, de m'inquiéter ou me réjouir pour eux... MAIS les "acheter" en étant "trop cool" ou en surnotant, pas question...
D'ailleurs (j'ai toujours été au lycée ça doit jouer aussi) ils finissent toujours par être reconnaissants quand on les a fait bien travailler... Et puis j'aime rire en cours et être détendue, mais ils savent très bien que ça se mérite, et que ça ne peut arriver que dans de bonnes conditions de travail.
Et sur le travail et l'attitude, je suis sans pitié Twisted Evil


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Re: éviter l'écueil de l'affectif avec les classes

Message par roxanne le Sam 12 Juin 2010 - 11:47

Une année j'ai remplacé en Janvier une collègue enceinte en lycée.Elle avait trois classes (agrégée) : une seconde qui était pénible avec tout le monde et pour qui ça n'a rien changé et deux premières : une ES qu'elle m'a présentée comme formidable , qui l'avait couverte de cadeaux à son départ et des S selon elle "pas très intéessants".En fait , il s'était établi une relation affective très forte avec les Es qui n'ont pas supporté son départ et qui ont critiqué ma "méthode" (comme si elle était différente de la sienne ) , n'ont pas du tout été sympas .J'ai su par la suite qu'ils avaient décidé de me faire payer le départ de leur prof chérie .A la fin , j'ai réussi à retourner la situation mais ce fut laborieux.A l'inverse les S m'ont considérée dès le premier jour comme leur prof (je l'ai senti en arrivant) et du coup ça s'est très bien passé et c'est une classe que j'aimais bien.Alors l'affectif , attention.C'est difficile de l'éviter (je vais regretter mes 3° bilangue) mais il faut savoir aussi garder les justes distances.

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Re: éviter l'écueil de l'affectif avec les classes

Message par Celeborn le Sam 12 Juin 2010 - 13:11

Je ne suis pas dans l'affectif. Ça me va très bien comme ça. Et les élèves m'aiment bien, je le sais.

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Re: éviter l'écueil de l'affectif avec les classes

Message par Emeraldia le Sam 12 Juin 2010 - 13:16

Bonjour,
Sans être démago, je pense qu'il faut que ça passe bien entre le prof et les élèves pour transmettre qqe chose. Je préfère essayer de la jouer "une main de fer dans un gant de velours". Ca n'est pas ds mon caractère d'être hyper autoritaire avec les élèves : s'ils sont aimables, je le suis aussi, j'aime bien plaisanter en cours mais s'ils me parlent mal, ça part au clash...

Après, je ne me gêne pas pour dire ce que j'ai à dire. On n'est pas là pour être aimés en premier lieu mais pas non plus pour être détestés et j'aime bien les ados. S'ils sont sympas, franchement, c'est mieux.

Du coup, souvent les classes m'aiment bien et me le disent, il n'y a q les classes difficiles, avec des têtes de lard, qui profitent de ça, vu que je prends un risque en étant aimable d'emblée...mais on enseigne avec son caractère...

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Re: éviter l'écueil de l'affectif avec les classes

Message par Celeborn le Sam 12 Juin 2010 - 13:20

je précise : quand je dis que je ne suis pas dans l'affectif, j'entends que je ne m'attache pas particulièrement à eux ou que je ne dis pas aux élèves, par exemple, qu'ils doivent faire telle chose pour me faire plaisir. En revanche, j'aime que l'ambiance soit bonne, ça va de soi, et je fais moultes plaisanteries.

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