Philosopher en maternelle

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Re: Philosopher en maternelle

Message par Thalia de G le Mar 4 Oct - 5:02

Moi je suis d'accord avec la philosophie à l'école maternelle, si on y applique la maïeutique : les petits apprenants sont plus proches de leur naissance que leurs aînés.

Ok, je sors

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Re: Philosopher en maternelle

Message par Maieu le Sam 11 Fév - 19:38

Question : pourquoi la philosophie n'est-elle enseignée qu'en classe terminale? Quelle que soit la définition que l'on en donne (pour moi : apprendre à construire des problématiques), est-ce que des élèves de première ne pourraient pas avoir des cours de philo ? De seconde ? Est-ce que c'est une hypothèse farfelue ? Non ? Alors, qui dispose de l'instrument qui permette de définir l'âge exact à partir duquel on peut commencer à se poser des questions sur soi et le monde extérieur ?

Maieu
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Re: Philosopher en maternelle

Message par Thalia de G le Dim 12 Fév - 6:44

Maieu, tu ne t'es toujours pas présenté(e), ce qui est l'usage dans un forum.
Il est plus simple de discuter avec un intervenant dont on sait qui il est.

Thalia de G
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Re: Philosopher en maternelle

Message par Maieu le Dim 12 Fév - 8:17

A mon corps défendant, si j'ose dire ! Je me suis inscrit sous mon nom - Jean-Pierre Peyrard - il y a déjà quelque temps, et, pour des raisons que j'ignore, je n'ai pas réussi à me reconnecter avec mon mot de passe. J'ai donc procédé à une nouvelle inscription avec un pseudo et un nouveau mot de passe, en signalant le problème rencontré et en disant que je préférerais retrouver mon nom... Pas de réponse jusqu'à présent.
J'ai quelque part précisé que j'ai enseigné les lettres classiques et que je suis en retraite, mais cela n'apparaît pas.
Cela dit, Thalia de G, comment puis-je savoir qui tu es ? Où puis-je prendre connaissance de ta présentation ? Les indications que je lis sous la photo du chat, ou quand je clique dessus, ne sont pas très explicites.

Maieu
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Re: Philosopher en maternelle

Message par Thalia de G le Dim 12 Fév - 8:24

Jean-Pierre Peyrard, cela me dit effectivement quelque chose.

Je me suis présentée ici et je ne souhaite pas être plus explicite, je suis encore en fonction.

Thalia de G
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Re: Philosopher en maternelle

Message par lene75 le Lun 13 Fév - 20:17

Maieu a écrit:Question : pourquoi la philosophie n'est-elle enseignée qu'en classe terminale? Quelle que soit la définition que l'on en donne (pour moi : apprendre à construire des problématiques), est-ce que des élèves de première ne pourraient pas avoir des cours de philo ? De seconde ? Est-ce que c'est une hypothèse farfelue ? Non ? Alors, qui dispose de l'instrument qui permette de définir l'âge exact à partir duquel on peut commencer à se poser des questions sur soi et le monde extérieur ?


Argument sorite ?

1) On a déjà un mal de chien à faire de la philo avec des élèves de terminale qui n'ont pas les prérequis pour une pensée autonome (et risquent de ne jamais les avoir...).
2) De toute manière il n'y a pas de sous pour envisager un enseignement sérieux avant la terminale, les seuls voies envisagées sont du soupoudrage et/ou de prendre sur les moyens de terminale, ce qui reviendrait de fait à supprimer l'enseignement de la philo en terminale aussi...

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Re: Philosopher en maternelle

Message par Maieu le Mar 14 Fév - 8:13

Quels sont les prérequis d'une pensée autonome ? Sont-ils "donnés" ou bien les produits d'un processus ?
Quant au budget et aux choix qui le déterminent...
Bref, tout vous semble figé, non ?

Maieu
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Re: Philosopher en maternelle

Message par Mowgli le Mar 14 Fév - 8:53

Maieu a écrit:Question : pourquoi la philosophie n'est-elle enseignée qu'en classe terminale? Quelle que soit la définition que l'on en donne (pour moi : apprendre à construire des problématiques), est-ce que des élèves de première ne pourraient pas avoir des cours de philo ? De seconde ? Est-ce que c'est une hypothèse farfelue ? Non ? Alors, qui dispose de l'instrument qui permette de définir l'âge exact à partir duquel on peut commencer à se poser des questions sur soi et le monde extérieur ?


Je me pose la même question depuis... bien longtemps !

Quand j'étais au lycée, je n'ai jamais compris en vertu de quelle logique nous nous retrouvions subitement, en terminale, avec huit heures par semaine de philo, tombées d'on ne sait où et affectées du plus fort coefficient au bac !

Ingurgiter jusqu'à la nausée des définitions et des termes jargonneux sans quasiment jamais avoir l'occasion de réfléchir... Etait-ce donc cela, la philosophie ? Heureusement qu'il existait le français, le latin, l'histoire... pour se former à une réflexion rigoureuse !

Je me suis toujours demandé quel était l'intérêt de balancer ainsi, telle un deus ex machina, la "philosophie" en dernière année, en lui attribuant qui plus est un coefficient démesuré. Soit, en effet, l'on considérait que cette discipline devait être enseignée au lycée, auquel cas il eut été plus judicieux d'en commencer l'enseignement dès la seconde ou, du moins, la première. Soit on considérait que des lycéens n'avaient pas la maturité pour aborder plus tôt cette discipline, auquel cas il eut été plus cohérent d'en reporter la découverte aux études supérieures.

Bref, cela reste un mystère et j'aimerais bien connaître l'avis sur cette question des Néos qui enseignent la philosophie. Very Happy


Mowgli
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Re: Philosopher en maternelle

Message par Maieu le Mar 14 Fév - 9:43

Je ne sais si cela vous aidera : je viens de publier dans "nouveaux sujets", un texte intitulé "l'ultime révolution" qui répond peut-être à votre interrogation. Il apparaît aussi dans ce forum.


Dernière édition par Maieu le Mar 14 Fév - 10:39, édité 1 fois

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Re: Philosopher en maternelle

Message par Libellune le Mar 14 Fév - 10:38

J'enseigne la philo en Term' .. et en 1ère (ES / S et STG).

Comme j'ai les élèves de 1ère à la fois en français et en philo, on travaille donc sur comment poser une problématique, comment organiser une réflexion cohérente, comment exprimer des idées de la façon la plus juste possible en prenant conscience du sens des mots...L'an dernier, j'étais partie de mythes grecs, pour montrer en quoi ils avaient encore du sens pour nous aujourd'hui...

Ces mêmes anciens élèves, je les retrouve en Term' cette année ; dès la première semaine, ils sont "au taquet", participent, rebondissent sur les mots, essaient d'argumenter. Quand je leur demande "qu'est-ce que la philosophie ?", ils ne me répondent pas "l'amour de la sagesse", mais "la recherche vers la connaissance".

Mais je ne suis pas une vraie prof de philo...

Niveau du Lycée, je vais proposer une "boîte à toutes les questions du monde" où les élèves de 2nde, 1ere et Term' pourront glisser une question, et chaque mois, j'en choisirai une qui sera "la question du mois" ffichée au CDI, où les élèves pourront inscrire sur une affiche leurs réfleions autour de cette question... bon, évidemment, ça peut tourner au grand n'importe quoi... mais je tente quand même l'expérience !

Libellune
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Re: Philosopher en maternelle

Message par Maieu le Mar 14 Fév - 10:55

Vous pourriez leur diffuser des extraits de l'"abécédaire" de Gilles Deleuze (paru en DVD) : interview sur divers sujets... notamment sur la philosophie.

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Re: Philosopher en maternelle

Message par Libellune le Mar 14 Fév - 11:00

Maieu a écrit:Vous pourriez leur diffuser des extraits de l'"abécédaire" de Gilles Deleuze (paru en DVD) : interview sur divers sujets... notamment sur la philosophie.
Sans doute... si on trouvait des DVD par ici... Déjà les douaniers ont fait la tronche devant mon colis de DVD de pièces de Molière et mel'ont gardé au chaud quelques jours avant de bien vouloir me le donner... Suspect

Ah, ce n'est pas inutile de faire de la philo ici, quand on voit les élèves commencer à flipper vraiment quand vous prononcez les mots "magie" ou "sorcier"... " 'faut pas plaisanter avec ça, madame, c'est sérieux, ça tue, un sorcier, c'est black magic !" Rolling Eyes

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Re: Philosopher en maternelle

Message par fugue le Mar 14 Fév - 11:56

Rikki a écrit:Donc, en gros, on réinvente le fil à couper le beurre, et on l'appelle "sabre laser"... ça fait plus fun.


Rikki, tu as l'art de la formule. veneration Celle est est géniale, je la ressortirai. Pas de droit d'auteur j'espère?

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Re: Philosopher en maternelle

Message par lene75 le Mar 14 Fév - 14:58

Maieu a écrit:Quels sont les prérequis d'une pensée autonome ? Sont-ils "donnés" ou bien les produits d'un processus ?


Autrefois (j'étais en terminale il y a une dizaine d'années), ça s'apprenait à l'école, maintenant il y a ceux qui ont acquis ça dans leurs familles ou dans des établissements privilégiés (Libellune, d'après ce que j'ai compris de nos discussions, tu as un public privilégié, probablement assez semblable à celui que j'ai eu en lycée inter) et les autres :
- le prérequis prioritaire est la maîtrise de la langue pour pouvoir clarifier sa pensée pour soi-même, la faire comprendre aux autres et comprendre celle des autres, aussi bien à l'oral qu'à l'écrit. On en est très très loin : bon nombre d'élèves de terminale ne savent pas lire (lire = comprendre ce qu'on lit et pouvoir le restituer, pas seulement déchiffrer, ce qu'ils font d'ailleurs assez mal aussi).
- Ensuite avoir acquis une culture minimale pour avoir matière à réflexion au lieu de parler dans le vide : la réflexion philosophique se nourrit des autres disciplines.
- Enfin il serait souhaitable qu'ils aient appris progressivement à construire une argumentation. La philo n'ayant pas du tout le monopole de l'argumentation. Je me souviens avoir commencé à rédiger des textes argumentatifs simples en français en classe de 4e, dans le même temps la prof d'histoire commençait à nous initier à la dissertation, à l'explication de texte et à la prise de notes.
Croire qu'introduire une heure de temps en temps durant laquelle un prof de philo pourra intervenir auprès d'élèves de seconde qu'il ne connaît pas pourra changer les choses est un leurre.


En maternelle et en primaire, qu'on apprenne aux enfants à parler, à lire et à écrire : ce sera rendre un grand service à la philo. Qu'ai-je à faire d'élèves qui ont "disserté" (= dit tout ce qui leur passait par la tête) sur l'amitié, le bonheur ou que sais-je encore à 3 ans et qui à 17 ans ne savent pas construire une phrase correcte et ont un vocabulaire tellement pauvre qu'il leur interdit l'accès à toute pensée abstraite ? Je ne vois pas l'intérêt de mettre la charrue avant les boeufs.


Maieu a écrit:Bref, tout vous semble figé, non ?


Non, les choses évoluent très vite : l'histoire est supprimée en TS à la rentrée (c'est un gros handicap pour nous), dans le même temps les élèves de TS perdent une heure de philo, nous perdons nos dédoublements dans les séries technos, etc. Je crois au contraire qu'il y a une politique extrêmement cohérente là-dessous, aux antipodes de la mise en place d'un enseignement progressif et rigoureux de la philosophie au lycée (mise en place réclamée depuis des années par notre inspection). Et en parallèle à cela, nos élèves n'ont plus d'espoir, plus de rêves, plus d'esprit critique, confondent le fait et le droit ("la preuve que la société ne peut pas être juste, c'est qu'aujourd'hui on vit dans une société injuste", "la preuve que le travail est un obstacle à la liberté, c'est que la plupart des gens ne sont pas épanouis dans leur travail", etc.) et pensent en termes purement utilitaires ("C'est au programme, ça ? Ça peut tomber au bac ? Parce que si ça ne peut pas tomber au bac, ça ne sert à rien que je le note" ; - "De toute manière, la philo ne sert à rien quand on veut être médecin", - Moi : affraid , - "Bah oui, en 1re année de médecine, y a pas de philo, on est sélectionné sur les maths, alors la philo ça sert à rien pour un médecin parce que c'est les maths qui vont décider si on peut être médecin ou pas, donc c'est pas la peine de faire de la philo quand on veut faire médecine" No ). Ce discours, ils ne l'inventent pas, c'est celui que tiennent ceux qui président à la destinée de l'EN : il faut chercher la rentabilité maximale. C'est aussi malheureusement celui que tiennent beaucoup de collègues.

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Re: Philosopher en maternelle

Message par lene75 le Mar 14 Fév - 15:26

Mowgli a écrit:Ingurgiter jusqu'à la nausée des définitions et des termes jargonneux sans quasiment jamais avoir l'occasion de réfléchir... Etait-ce donc cela, la philosophie ?


affraid

Pour faire taire les rumeurs sur ma matière, voici des extraits de mails que je reçois de mes élèves en fin d'année (les deux premiers montrent bien ce qu'on met dans la tête des élèves avant qu'ils n'abordent le cours de philo) :

- "Merci pour cette année, la philosophie n'a pas été aussi dure que ce que je craignais!"

- "(...) je vous remercie en tout cas pour avoir essayé ( et souvent réussi!) de rendre intéressante une matière qui à mes yeux ne l'était pas à la base."

- "C'est ainsi que se clôture l'année de philosophie, bien que je suis assez
convaincu qu'une telle matière perdure dans l'esprit de chacun, du moins,
dans le mien au fil des années.

Et naturellement, je saisi l'occasion pour vous remercier encore une fois
pour le plaisir d'avoir assisté à vos cours de philosophie dont je garderai
un bon souvenir."

- "Je tiens tout d'abord à vous remercier pour cette année de philosophie qui
m'a vraiment permis de mieux développer mes réflexions ainsi que de gagner
en maturité
. Vos cours m'ont toujours intéressés (même si je ne parlais que
très peu) et m'ont vraiment appris à voir le monde autrement."

-"Quant a moi, j'ai trouve la Philo passionante (je cache pas que c'est plus vrai pour certains themes que d'autres, mais en general c'est vrai) qui permet d'apprendre a reflechir et construire une argumentation. Je crois que tous ceux qui "detestent la philo" se rendront compte a quel point c'est interessant et utile, peut-etre juste plus tard dans la vie!"

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Re: Philosopher en maternelle

Message par Maieu le Mar 14 Fév - 17:22

Iene écrivait :
1) On a déjà un mal de chien à faire de la philo avec des élèves de terminale qui n'ont pas les prérequis pour une pensée autonome (et risquent de ne jamais les avoir...).
2) De toute manière il n'y a pas de sous pour envisager un enseignement sérieux avant la terminale, les seuls voies envisagées sont du soupoudrage et/ou de prendre sur les moyens de terminale, ce qui reviendrait de fait à supprimer l'enseignement de la philo en terminale aussi...
----
Entre cette double réflexion et les explications suivantes qu'elle donne, je ne retrouve pas vraiment la même démarche. Mais c'est aussi une question de contexte et de lecture.
Quand j'étais au lycée, notamment en "philo" - c'est ainsi qu'on nommait la classe terminale A à l'époque - le questionnement était prédéterminé par le discours global de l'institution qui était en adéquation avec la population scolaire lycéenne (une infime minorité d'une classe d'âge) ; le questionnement philosophique qu'on nous apprenait en terminale était circonscrit dans le cercle de la pensée dominante ; en d'autres termes, on avait les réponses avant les questions. On avait à peu près une maîtrise correcte du langage, un certaine culture littéraire, mais je ne suis pas certain d'avoir appris alors à "réfléchir", à "voir le monde autrement", comme vous le disent vos élèves en remerciement de votre enseignement - et c'est une réussite précieuse.
Ce qui a volé en éclats à la fin du 20ème siècle, c'est la dialectique que créaient les deux systèmes irréductiblement antagonistes : capitalisme et socialisme/communisme. J'essaie d'expliquer dans le même forum ce que peut être "L'ultime révolution" qui confronte l'individu à la question majeure de son existence et que la disparition de la dialectique évoquée lui envoie en pleine figure. On parle beaucoup d'une époque où dominerait l'égoïsme. Je ne partage pas ce qui ne me semble être qu'une opinion connotée de morale. Je pense plutôt que nous sommes dans une période "tragique".



Maieu
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