Les textes de la Bible qui fonctionnent le mieux avec les élèves en 6e?

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Re: Les textes de la Bible qui fonctionnent le mieux avec les élèves en 6e?

Message par llaima le Dim 22 Aoû 2010 - 8:28

Docteur OX a écrit:

Marrant ça, moi en Histoire en 5ème, je dois faire étudier l'Islam, lire des extraits du Coran, des Hadiths, de la Sunna et faire apprendre les 5 piliers de l'Islam. Mais là, pas grand monde ou peu de courageux pour s'offusquer de ce catéchisme oriental...Faut dire taper sur la Bible et sur les Cathos, c'est moins risqué.


Ah si je m'offusque qu'on lise des textes sacrés à tout bout de champ que ce soit Bible, Coran et autres Thoras... Je constate juste qu'il une entrée massive de la religion dans nos établissements par rapport à il y a 20ans*. Ca touche aujourd'hui les sciences humaines mais j'ai peur pour ma discipline (les SVT) pour les prochaines années... On commence à lire la genèse comme texte "litteraire" et on va nous le servir un jour comme histoire scientifique comme au USA. Le loup religieux est dans la bergerie de la laïcité. Laïcité négative me direz-vous, et benh oui la dite "positive" est en effet la négation de la laïcité vrai. La religion n'a qu'une place à l'école : la porte tout comme les préjugés racistes sexistes et autres sont la religion est le premier vehicule!

Il y a 20 ans où c'est vrai on servait déja des repas sans porc, les brèches étaient ouvertes dans l'administration pas dans le corps enseignant qui n'aurait jamais osé proposé de lire la bible.

Amen!

llaima
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Re: Les textes de la Bible qui fonctionnent le mieux avec les élèves en 6e?

Message par llaima le Dim 22 Aoû 2010 - 8:32

onizuka a écrit:
llaima a écrit:La seule chose intéressante dans la lecture de la bible c'est de montrer les incohérences totales de ces textes, de montrer qu'ils ne sont sont qu'une accumulation de mythes irrationnels écrits il y a plusieurs millénaires dans des civilisations barbares et dont les atrocités du texte ne servaient qu'à justifier les atrocités de l'époque en plus des inégalités sociales, raciales et sexistes.

... et tu trouves ta posture laïque ? heu


Laïque je sais pas, vrai oui! Les textes pseudo-sacrés s'ils sont utilisés ne doivent l'être qu'avec une infinie précaution mais pas comme ça brut de décoffrage!

llaima
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Re: Les textes de la Bible qui fonctionnent le mieux avec les élèves en 6e?

Message par Almalo le Dim 22 Aoû 2010 - 8:36

Pour moi, je vais regarder ça de plus près...Il y a, c'est vrai, des choses difficiles à "expliquer" dans la Bible, je le vois avec mon fils qui va au caté. Moi qui suis dans un collège privé, il faut bien faire attention lorsqu'on aborde la religion en cours : nous avons aussi des musulmans, des témoins de Jéovah...Bref, ce ne doit pas être du catéchisme, ils en ont dans les presbytères pour ça, le collège n'en est pas le lieu, même dans le privé. Pour ce qui est de l'histoire religieuse, ils en ont aussi, donc le cours de français ne doit pas s'y substituer.
Je vais potasser ces textes, merci pour vos conseils !

Ilaima, attention quand tu dis "textes pseudo-sacrés", même si nous sommes d'accord dans le fait que ce sont des hommes qui l'ont écrit, ça reste quand même la Bible...Alors que l'on soit pour ou contre son enseignement, il faut quand même respecter ce texte, comme on respecte le Coran, la Torah et les autres textes.

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Re: Les textes de la Bible qui fonctionnent le mieux avec les élèves en 6e?

Message par Kiki le Dim 22 Aoû 2010 - 8:40

La parabole du bon Samaritain

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Re: Les textes de la Bible qui fonctionnent le mieux avec les élèves en 6e?

Message par Ruthven le Dim 22 Aoû 2010 - 8:50

Présentation (et discussion critique) du grand livre de Northrop Frye, Le Grand Code. Bible et littérature, ici :

http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=RSR_013_0403


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Re: Les textes de la Bible qui fonctionnent le mieux avec les élèves en 6e?

Message par Celeborn le Dim 22 Aoû 2010 - 8:53

Emma3529 a écrit:on vient à dénigrer des textes qui ont une importance fondamentale dans notre culture, au même titre que les textes de l'antiquité grecque, Gilgamesh, le Coran et autres...


Sans dénigrement aucun, entendons-nous bien, je ne vois pas en quoi Gilgamesh et le Coran ont une importance fondamentale dans notre culture.

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Re: Les textes de la Bible qui fonctionnent le mieux avec les élèves en 6e?

Message par Docteur OX le Dim 22 Aoû 2010 - 8:59

llaima a écrit:L'école en France n'est plus laïque non plus? La religion rerentre par la petite porte dans nos établissement? On pourra enseigner la genèse en philo après l'évolution darwinienne en SVT? C'est grave je trouve!

La seule chose intéressante dans la lecture de la bible c'est de montrer les incohérences totales de ces textes, de montrer qu'ils ne sont sont qu'une accumulation de mythes irrationnels écrits il y a plusieurs millénaires dans des civilisations barbares et dont les atrocités du texte ne servaient qu'à justifier les atrocités de l'époque en plus des inégalités sociales, raciales et sexistes.

Sinon à part ça je pense qu'on a mieux comme litérature depuis 2000 ans!


Hum, les plus grands systèmes totalitaires n'avaient pas de racines spirituelles et persécutaient les religions: Hitler, Lénine, Staline, Mao, PolPot n'avaient pas la Foi en Yahvé, Jésus-Christ ou Allah....

Et ce sont ces systèmes anti-religieux (comme le communisme) ou néo-païens (comme le nazisme) qui ont causé plus d'atrocités et de morts en un siècle qu'à toutes autres époques...

Attention à ne pas diaboliser les religions dans leur globalité.: des religieux comme François d'Assise, des soufis comme El Hallaj, des personnages comme Bouddha, Confucius, Lao Tseu sont plutôt sympathiques et mêmes...remarquables.

Vouloir éradiquer les religions comme le voulait Robespierre conduit au ridicule (on se souvient du calendrier républicain) et à d'autres atrocités. Psychanalytiquement, ce rejet de la religion ressemble un peu au meurtre du père...

Ne pas oublier aussi que la science au XIX°S a voulu se présenter comme une nouvelle religion (scientisme, positivisme...) et qu'elle a participé, elle aussi, au racisme scientifique dont se sont servis les théoriciens nazis.


Dernière édition par Docteur OX le Dim 22 Aoû 2010 - 9:12, édité 1 fois

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Re: Les textes de la Bible qui fonctionnent le mieux avec les élèves en 6e?

Message par onizuka le Dim 22 Aoû 2010 - 9:03

llaima a écrit:Laïque je sais pas, vrai oui! Les textes pseudo-sacrés s'ils sont utilisés ne doivent l'être qu'avec une infinie précaution mais pas comme ça brut de décoffrage!

"Les textes pseudo-sacrés" ... heu

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Re: Les textes de la Bible qui fonctionnent le mieux avec les élèves en 6e?

Message par Almalo le Dim 22 Aoû 2010 - 9:05

Comme toujours, ne soyons pas dans l'excès : il faut parler de ce qui constitue notre monde, notre civilisation, notre culture, et ce qui fait celle des autres (personnellement, j'aimerais mieux connaître le Coran et la Torah pour en parler avec les élèves)...Ne soyons pas dans l'excès, c'est ce qui fait le plus de mal, que ce soit en mieux ou en pire.

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Re: Les textes de la Bible qui fonctionnent le mieux avec les élèves en 6e?

Message par Gryphe le Dim 22 Aoû 2010 - 9:18

llaima a écrit:La religion n'a qu'une place à l'école : la porte

L'école étudie tout ce qui touche à l'homme, que ce soit dans des disciplines littéraires, scientifiques, techniques...
Le fait de se priver, délibérément, de l'étude de quelque chose, et de le renvoyer à l'extérieur, n'aide pas à le comprendre, à l'expliquer, à l'interpréter, à le saisir. La place de la religion à l'école est comme "objet d'étude", de même que les statistiques, les fougères, l'architecture et la musique.
"Objet d'étude" que l'on étudie avec neutralité, cela va sans dire, mais que l'on étudie quand même.

Étudier l'histoire de l'Antiquité à nos jours, les migrations internationales, les guerres, étudier la géographie, étudier la littérature, et même l'épistémologie des sciences, cela ne peut pas se faire en occultant les croyances des hommes (croyances en tant qu'"objet d'études"), sinon, des tas de phénomènes sont incompréhensibles.
Se priver délibérément d'un objet d'études me paraît dommage.

D'autre part, lorsqu'un thème est au programme officiel, c'est qu'il est à étudier avec les élèves, point. "Faire l'impasse" dessus n'est pas la bonne solution. Dans un domaine différent, je pense à une collègue de SVT qui fait traîner exprès son cours sur les volcans en 4ème car elle ne peut pas aborder la sexualité en cours (ça la gène) : c'est dommage, elle prive là les élèves d'un enseignement fondamental, qu'il iront chercher tout seuls sur des vidéos. Qu'est-ce qui est mieux, qu'ils apprennent les choses de manière guidée et distanciée avec un adulte mandaté pour cela, ou qu'ils apprennent tout seuls derrière un parking ?

Bref, cet exemple est pris pour dire que, même lorsqu'une partie de l'enseignement peut gêner certains, il a sa justification et il est à faire quoi qu'on en pense à titre personnel.


_________________
A l'attention des étudiants de Cergy-Pontoise qui passent le C2i2e, voici un lien important avec plein d'informations ab-so-lu-ment passionnantes : Travail sur les TICE et les arts pour le C2i2e : les indispensables.
Bonne chance à vous, et n'hésitez pas à rester parmi nous une fois votre C2i2e obtenu. Wink

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Re: Les textes de la Bible qui fonctionnent le mieux avec les élèves en 6e?

Message par Celeborn le Dim 22 Aoû 2010 - 9:22

Gryphe a écrit:
Bref, cet exemple est pris pour dire que, même lorsqu'une partie de l'enseignement peut gêner certains, il a sa justification et il est à faire quoi qu'on en pense à titre personnel.



Les progressions à thème constant et linéaire ? La situation d'énonciation ? Razz

On est tenu par nos programmes, mais on a quand même le droit de réfléchir dessus et de se dire que tout lier à la question du développement durable dans le programme de géographie de 5e, par exemple, c'est peut-être pas une très bonne idée.

Une fois cela dit, entièrement d'accord avec le fait que la religion, comme phénomène majeur de la civilisation qui s'est décliné de nombreuses manières (entre autres artistiques) est un objet d'étude qui mérite qu'on se penche dessus.

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Re: Les textes de la Bible qui fonctionnent le mieux avec les élèves en 6e?

Message par Docteur OX le Dim 22 Aoû 2010 - 9:23

Celeborn a écrit:
Emma3529 a écrit:on vient à dénigrer des textes qui ont une importance fondamentale dans notre culture, au même titre que les textes de l'antiquité grecque, Gilgamesh, le Coran et autres...


Sans dénigrement aucun, entendons-nous bien, je ne vois pas en quoi Gilgamesh et le Coran ont une importance fondamentale dans notre culture.


+1

Au nom du relativisme culturel et du communautarisme, il y a une pression à réécrire l'histoire de France et celle de l'Europe. (A quand les codex mayas comme base fondamentale de notre culture ?)
Nos racines sont gréco-romaine d'un côté et judéo-chrétienne de l'autre. Même les Lumières ont leurs origines dans ces deux racines. Ce qui ne veut pas dire qu'on méprise les autres cultures ou leurs apports au cours de l'Histoire.

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Re: Les textes de la Bible qui fonctionnent le mieux avec les élèves en 6e?

Message par Gryphe le Dim 22 Aoû 2010 - 9:27

Celeborn a écrit:On est tenu par nos programmes, mais on a quand même le droit de réfléchir dessus

Voilà, c'est exactement ça !

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Re: Les textes de la Bible qui fonctionnent le mieux avec les élèves en 6e?

Message par Ruthven le Dim 22 Aoû 2010 - 9:28

Gryphe a écrit:
Qu'est-ce qui est mieux, qu'ils apprennent les choses de manière guidée et distanciée avec un adulte mandaté pour cela, ou qu'ils apprennent tout seuls derrière un parking ?



Gryphe, partisan de la Philosophie dans le boudoir au collège ... Very Happy lol!

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Re: Les textes de la Bible qui fonctionnent le mieux avec les élèves en 6e?

Message par Ruthven le Dim 22 Aoû 2010 - 9:41

Celeborn a écrit:
Emma3529 a écrit:on vient à dénigrer des textes qui ont une importance fondamentale dans notre culture, au même titre que les textes de l'antiquité grecque, Gilgamesh, le Coran et autres...


Sans dénigrement aucun, entendons-nous bien, je ne vois pas en quoi Gilgamesh et le Coran ont une importance fondamentale dans notre culture.


La question est de savoir s'il faut exclusivement enseigner notre culture ou la culture. En effet, Gilgamesh comme premier texte littéraire écrit de l'humanité, ce n'est quand même pas rien ; pour le Coran, sans tomber dans le politiquement correct d'une égale dignité des communautés religieuses, il y a deux aspects qui en rendent la connaissance nécessaire, d'une part la diffusion autour du bassin méditerrannéen et les interactions permanentes entre les cultures (mais peut-être est-ce parce que je suis méditerranéen et antiquisant que j'ai toujours tendance à étendre la culture occidentale autour de la Méditerranée et jusqu'en Asie mineure), d'autre part, si on trouve qu'il ne fait pas partie des sources de notre culture, il en fait aujourd'hui de facto partie, l'Islam étant la deuxième religion de France. Reste à savoir la légitimité dans un cours de français.

Quant au relativisme culturel, il est aussi le moyen de mieux cerner les enjeux de notre propre culture en nous permettant de prendre de la distance à son égard.

J'aime bien ce texte de Lévi-Strauss sur les trois humanismes :


LES TROIS HUMANISMES [Anthropologie structurale deux de C. Lévi-Strauss, p.319-322]

A la plupart d'entre nous, l'ethnologie apparaît comme une science nouvelle, un raffinement et une curiosité de l'homme moderne. Les objets primitifs ont pris rang dans notre esthétique il y a moins de cinquante ans. Et si l'intérêt pour les coutumes et croyances des sauvages est un peu plus ancien, les premiers travaux qui leur ont été systéma¬tiquement consacrés ne remontent guère au delà de 1860, c'est-à-dire à l'époque où Darwin posait le problème de l'évolutionnisme biologique auquel répondait, dans l'esprit de ses contemporains, celui de l'évolution sociale et intellec¬tuelle de l'homme.
Pourtant, il y a là une illusion dangereuse, dans la mesure où elle trompe sur la place réelle qu'occupe, dans notre vision du monde, la connaissance des peuples lointains. L'ethnologie n'est ni une science à part, ni une science neuve : c'est la forme la plus ancienne et la plus générale de ce que nous désignons du nom d'humanisme.
Quand les hommes de la fin du Moyen-Age et de la Renais¬sance ont redécouvert l'antiquité gréco-romaine, et quand les Jésuites ont fait du grec et du latin la base de la formation intellectuelle, n'était-ce pas une première forme d'ethnolo¬gie ? On reconnaissait qu'aucune civilisation ne peut se penser elle-même, si elle ne dispose pas de quelques autres pour servir de terme de comparaison. La Renaissance a retrouvé, dans la littérature ancienne, des notions et des méthodes oubliées ; mais plus encore, le moyen de mettre sa propre culture en perspective, en confrontant les conceptions contemporaines à celles d'autres temps et d'autres lieux.
Ceux qui critiquent l'enseignement classique auraient tort de s'y tromper : si l'apprentissage du grec et du latin se réduisait à l'acquisition éphémère des rudiments de langues mortes, il ne servirait pas à grand-chose. Mais — les pro¬fesseurs de l'enseignement secondaire le savent bien — à travers la langue et les textes, l'élève s'initie à une méthode intellectuelle qui est celle même de l'ethnographie, et que j'appellerais volontiers la technique du dépaysement.

La seule différence entre culture classique et culture ethnographique tient aux dimensions du monde connu à leurs époques respectives. Au début de la Renaissance, l'univers humain est circonscrit par les limites du bassin méditerranéen. Le reste, on ne fait qu'en soupçonner l'existence. Mais on sait déjà qu'aucune fraction de l'humanité ne peut aspirer à se comprendre, sinon par référence à toutes les autres.
Au XVIIIe et au XIXe siècle, l'humanisme s'élargit avec le progrès de l'exploration géographique. Rousseau, Diderot ne prennent encore qu'une hypothèque sur les civilisations les plus lointaines. Mais la Chine, l'Inde s'inscrivent déjà dans le tableau. Notre terminologie universitaire, qui désigne leur étude sous le nom de philologie non classique, confesse, par son inaptitude à créer un terme original, qu'il s'agit bien du même mouvement humaniste, envahissant seulement un territoire nouveau : comme, pour les anciens, la méta¬physique était ce qui venait après la physique. En s'intéres¬sant aujourd'hui aux dernières civilisations encore dédai¬gnées — les sociétés dites primitives — l'ethnologie fait parcourir à l'humanisme sa troisième étape. Sans doute sera-t-elle aussi la dernière, puisqu'après cela, l'homme n'aura plus rien à découvrir de lui-même, au moins en exten¬sion (car, il existe une autre recherche, celle-là en profondeur, dont nous ne sommes pas prêts d'atteindre le bout).
Mais le problème comporte un autre aspect. Les deux premiers humanismes — classique et non classique — voyaient leur extension limitée, non seulement en surface, mais aussi en qualité. Les civilisations antiques ayant disparu, on ne pouvait les atteindre qu'à travers les textes et les monuments. Quant à l'Orient et l'Extrême-Orient, où la difficulté n'existait pas, la méthode restait la même, parce que des civilisations si lointaines ne méritaient — croyait-on — l'intérêt que par leurs productions les plus savantes et les plus raffinées.
Le domaine de l'ethnologie consiste en civilisations nou¬velles, et qui posent aussi des problèmes nouveaux. Étant sans écriture, elles ne fournissent pas de documents écrits ; et comme leur niveau technique est généralement fort bas, la plupart n'ont pas laissé de monuments figurés. D'où la nécessité, pour l'ethnologie, de doter l'humanisme de nou¬veaux outils d'investigation.
Les modes de connaissance de l'ethnologie sont. à la fois plus extérieurs et plus intérieurs (on pourrait dire aussi : plus gros et plus fins) que ceux de ses devanciers : philologues et historiens. Pour pénétrer des sociétés d'accès particulière¬ment difficile, il est obligé de se placer très en dehors (anthro¬pologie physique, préhistoire, technologie) et aussi très en dedans, par l'identification de l'ethnologue au groupe dont il partage l'existence, et l'extrême importance qu'il doit attacher — à défaut d'autres éléments d'information — aux moindres nuances de la vie psychique des indigènes.
Toujours en deçà et au delà de l'humanisme traditionnel, l'ethnologie le déborde dans tous les sens. Son terrain englobe la totalité de la terre habitée, tandis que sa méthode assemble des procédés qui relèvent de toutes les formes du savoir
sciences humaines et sciences naturelles.

En se succédant, les trois humanismes s'intègrent donc, et font progresser la connaissance de l'homme dans trois directions : en surface sans doute, mais c'est l'aspect le plus « superficiel », au sens propre comme au sens figuré. En richesse des moyens d'investigation, puisque nous nous apercevons peu à peu que si l'ethnologie a été obligée de forger de nou¬veaux modes de connaissance en fonction des caractères particuliers des sociétés « résiduelles » qui lui étaient laissées en partage, ces modes de connaissance peuvent être appliqués avec fruit à l'étude de toutes les autres sociétés, y compris la nôtre.
Mais il y a plus : l'humanisme classique n'était pas seulement restreint quant à son objet, mais quant aux bénéficiaires qui formaient la classe privilégiée. L'humanisme exotique du XIXe siècle s'est trouvé lui-même lié aux intérêts industriels et commerciaux qui lui servaient de support et auxquels il devait d'exister. Après l'humanisme aristocratique de la Renaissance et l'humanisme bourgeois du XIXe siècle, l'ethnologie marque donc l'avènement, pour le monde fini qu'est devenue notre planète, d'un humanisme doublement universel.
En cherchant son inspiration au sein des sociétés les plus humbles et les plus méprisées, elle proclame que rien d'humain ne saurait être étranger à l'homme, et fonde ainsi un humanisme démocratique qui s'oppose à ceux qui le précédèrent : créés pour des privilégiés, à partir de civilisations privilégiées. Et en mobilisant des méthodes et des techniques empruntées à toutes les sciences pour les faire servir à la connaissance de l'homme, elle appelle à la réconciliation de l'homme et de la nature, dans un humanisme généralisé.

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Re: Les textes de la Bible qui fonctionnent le mieux avec les élèves en 6e?

Message par Celeborn le Dim 22 Aoû 2010 - 9:46

Ruthven a écrit:
reste à savoir la légitimité dans un cours de français.


Aucune. Autant ça me semble une évidence d'étudier le monde musulman en histoire pour les raisons que tu exposes fort pertinemment, autant le Coran en cours de français (ou le Mahâbhârata, hein, à ce niveau), je ne vois pas.

Gilgamesh, honnêtement, on a + urgent question culturelle, que ce soit dans "notre" culture comme dans "la" culture. Si ça doit se faire au détriment des mythes grecs, c'est une absurdité, par exemple. Et on n'a pas le temps de tout faire correctement, de toute façon.

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