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Carabas
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Le refus définitif - Page 3 Empty Re: Le refus définitif

par Carabas le Lun 1 Nov 2010 - 20:59
@Nasopi a écrit:Je me souviens aussi de l'ambiance de la salle des profs ; tout le monde se taisait dès que j'arrivais.
J'ai eu droit à un peu la même chose. Une fois, j'ai ouvert la porte et une prof a crié, en me voyant et en se marrant, en direction de ma tutrice : "La voilà!" Je suis peut-être parano, mais bon... j'ai du mal à croire qu'on ne parlait pas de moi. Et quand bien même, c'est super malpoli parce que ça laisse croire ce genre de choses... Et je sais que je nourrissais les conversations en SDP.

Ma tutrice était formatrice à l'IUFM, donc ma "réputation" m'avait suivie jusque là-bas.
Ce n'était pas ma tutrice qui était à l'IUFM. Mais une formatrice IUFM était bien dans mon établissement, donc évidemment, même si je l'avais voulu, je n'aurais pas pu cacher que j'avais le bordel.

j'ai été visitée par une inspectrice : je me souviens qu'elle m'a regonflé le moral à bloc, parce qu'elle était la première depuis un an à ne pas me considérer comme une moins que rien. Elle ne m'a pas validée, mais je me suis sentie enfin respectée comme un être humain.
Moi pas. Cette visite m'a achevée. Mes élèves avaient raison de me bordéliser parce qu'ils s'ennuyaient comme des rats morts, je ne connaissais pas le théâtre, bref, j'étais nulle. Sad Ma séance s'était bien sûr mal passée (en plus, comble de malchance, j'étais en conflit avec mes élèves : au cours précédent un gamin avait piqué une crise et la principale adjointe était intervenue en l'engueulant et en lui criant "et arrête de bégayer!" Or, il était bègue... les gosses m'en ont voulu et me l'ont fait payer le jour de mon inspection en sifflant et en me faisant ch...).

A l'époque, je disais que ce n'était pas les élèves qui me faisaient le plus souffrir, mais les collègues.
Il n'y aurait eu que les collègues, franchement, je m'en fichais. Ce qui comptait, pour moi, c'étaient les élèves. Et je n'y arrivais pas.

La deuxième année a été très différente, parce que je n'avais plus ce statut de bouc émissaire ; j'ai été une prof lamentable malgré tout, car je n'arrivais pas à apprendre avec les gens qui me suivaient. Ils n'avaient pas le "truc". J'ai été validée, c'est l'essentiel.
Mais je sais que tout ce que je sais aujourd'hui, je l'ai appris sur le tas, par moi-même, ou grâce à d'autres collègues plus doués que ceux qui m'ont été infligés lors de mes deux années de stage.
Mes collègues étaient mieux, ma tutrice était bien, mais ça n'a pas suffi.

@Nasopi a écrit:Tout-à-fait ! C'est dans cette optique que j'ai posté mon message, pour celles et ceux qui ont été refusés une ou deux fois, et se posent des questions... C'est vrai que beaucoup de gens disent qu'il n'y a que les déséquilibrés qui sont refusés (c'est ce que m'avait dit une collègue lors de ma deuxième année de stage ; elle ignorait que j'étais déjà stagiaire l'année d'avant. Sa réflexion m'avait bien sûr blessée, mais en plus je m'étais beaucoup remise en question : je m'étais demandé si je n'étais pas folle sans m'en apercevoir !!!).
Aujourd'hui j'adore mon métier, et même si je ne suis certainement pas parfaite je l'exerce du mieux que je peux !
Je souffre aussi parfois des réflexions faites sur les non-validés ou les profs bordélisés. Quand des gens parlent d'un prof bordélisé, on dirait qu'il le cherche, limite que c'est bien fait. Au mieux, ce n'est pas étonnant. Ca m'agace et me blesse.

C'est chouette de voir que ça peut s'améliorer.
Raoul Volfoni
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par Raoul Volfoni le Lun 1 Nov 2010 - 22:37
@Carabas a écrit:Je souffre aussi parfois des réflexions faites sur les non-validés

Oui... Les gens qui ont une expression genre "mais t'es quoi, une psychopathe, une pédophile, une négationniste, t'as cogné un élève ou ton chef d'établissement ?"
Même un formateur IUFM qui m'aidait (le seul à qui je garde mon estime) m'avait dit "allez, faudrait vraiment que tu sois dangereuse pour être licenciée"...
Ou alors je suis une dangereuse qui s'ignore Le refus définitif - Page 3 3795679266
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par Carabas le Lun 1 Nov 2010 - 22:43
Je peux te dire que hors EN aussi c'est mal vu. Je suis sûre que c'est une des raisons qui font que je n'ai pas trouvé de poste en bibli. On me demandait d'expliquer les raisons de ma démission. Et j'avais beau essayer de positiver le truc ("me convenait pas"... "préfère le conseil à la prescription"... "expérience qui a permis de me rendre compte que je préférais le milieu des bibliothèques"), ça n'a pas marché. Les profs ont trop mauvaise presse, et encore plus les profs qui s'en vont.

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par olivier-np30 le Mar 2 Nov 2010 - 7:56
C'est vrai qu'après on t'embêtera moins avec ça : quand on me pose une question là-dessus, je dis que j'étais jeune et que je n'avais pas assez réfléchi au métier (ce qui est vrai),

ensuite en maths je reconnais c'est plus facile, je peux dire, par exemple, que le programme de 2nde à mon époque était à chier, que les élèves s'ennuyaient et moi qui n'avais que 10 ans de plus que les élèves j'avais l'impression de refaire la même chose.

Ensuite je peux constater qu'il y a un léger mieux depuis avec la place faite à l'informatique et aux graphes.

ça me permet de terminer par une touche positive et d'enclencher sur l'info...

Je plaisante un peu mais c'est pour montrer qu'après il y a tellement de façon d'aborder les choses ...

Pour les questions en entretien là-dessus sois brève, je pense qu'on veut plus voir si tu ressasses en continu ou si tu as tourné la page.

Pour te donner une idée six mois après mon licenciement j'ai été admissible à contrôleur du trésor et inspecteur des impôts, mais c'était trop tôt je n'étais pas prêt, j'ai dit n'importe quoi à l'oral et ils m'ont mis des notes éliminatoires : plus tard j'ai réalisé que je n'aurais pas dû parler de l'enseignement, en tout cas pas autant que je l'avais fait : surtout que pour contrôleur du trésor tu dois gérer la misère humaine avec les problèmes de paiement ... etc ... Et puis j'avais réussi les écrits trop facilement (seulement 5 jours de travail), au-delà de 27 ans plus que réussir un concours c'était trouver un métier qui m'intéresse ! --- Je reconnais que jeune, je voulais réussir l'agreg, c'était surtout ça : j'avais peu réfléchi au métier.

Il est évident qu'à 6 mois c'était trop tôt pour moi, je ne savais plus où j'en étais: ce qui montre bien que ce n'était pas si clair. A cette époque je ne savais pas encore ce que je pouvais faire. ça m'a pris 5 ans pour vraiment comprendre.

Plus tard j'ai réalisé que certains ingénieurs ont le même pb.

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par Carabas le Mar 2 Nov 2010 - 16:07
Si j'ai les écrits (on peut toujours rêver), les oraux risquent effectivement d'être difficiles. Ca va être dur de leur faire comprendre que j'ai arrêté de chercher un poste en bibli, que je donne des cours particuliers, mais qu'en vrai, si, si, je veux être bibliothécaire et pas seulement pour la sécurité de l'emploi. humhum

Enfin, avant de réfléchir à ça, il faut que je travaille les écrits. Donc j'y retourne.

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par olivier-np30 le Mar 2 Nov 2010 - 18:43
Oui bon courage, de toute façon il ne faut pas se lancer dans des grandes tirades:

qd on dit "j'étais jeune, j'avais le nez dans le guidon, je voulais surtout réussir un concours mais je n'ai pas assez réfléchi au métier"... les gens comprennent.

On ne m'a jamais embêté là-dessus (en fait).

D'ailleurs au début la première année que je cherchais du boulot c'est plus moi qui y pensais, j'ai vite vu que les gens s'en fichent.

C'est vrai que pour bibliothécaire c'est peut-être un peu différent, mais bon si tu es bien dans ta peau et que tu passes rapidement aux centres d'intérêt, il n'y aucune raison que ça ne passe pas (bon bien sûr sans s'enfoncer en ne développant que des centres d'intérêt proches de l'enseignement parce que tu vas passer pour une nostalgique :-) )

Qd je disais que les ingénieurs rencontrent le même pb, j'en ai vu certains, ne pas du tout arriver à décoller en industrie tout simplement parce que les produits ne leur plaisaient pas, après on est confronté à la réalité du terrain, il faut savoir d'adapter, l'univers professionnel a ses contraintes: il faut être capable de se passionner pour un sujet qui parfois est bien loin de ce qu'on enseignait à l'école. Après avec la maturité on se rend compte qu'avec la passion on peut transformer les choses et s'éclater à participer au développement d'un produit qui de prime abord ne semblait pas excitant...

A+

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