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amarok
Habitué du forum

Recherche extrait de la Bête humaine...

par amarok le Dim 31 Oct 2010 - 23:38
Comme je ne le trouve dans mes manuels, je fais appelle au forum: je recherche l'extrait de La bête humaine où Zola compare la locomotive à une brave bête, une femme, un bûcheron et à un cyclope (si je me rappelle bien, de mémoire!). Quelqu'un l'aurait il dans ses tablettes ou pourrait il me donner la 1ère phrase du passage?, que je tâche de le trouver sur le net. D'avance merci!
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miss terious
Modérateur

Re: Recherche extrait de la Bête humaine...

par miss terious le Lun 1 Nov 2010 - 2:09
Il faudrait savoir dans quel chapitre se trouve cette description, car le texte en ligne est ici :
http://fr.wikisource.org/wiki/La_B%C3%AAte_humaine/IV
A priori, ce n'est pas dans les quatre premiers chapitres, que je viens de parcourir rapidement.
Désolée de ne pas pouvoir t'aider davantage.

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John
Médiateur

Re: Recherche extrait de la Bête humaine...

par John le Lun 1 Nov 2010 - 2:12
Chapitre VII:

Lentement, il recula d’environ trois cents mètres, pour prendre du champ. Et, ayant poussé au feu, dépassant même la pression permise, il revint contre le mur qui barrait la voie, il y jeta la Lison, de toute sa masse, de tout le poids du train qu’elle traînait. Elle eut un han ! terrible de bûcheron qui enfonce la cognée, sa forte charpente de fer et de fonte en craqua. Mais elle ne put passer encore, elle s’était arrêtée, fumante, toute vibrante du choc. Alors, à deux autres reprises, il dut recommencer la manœuvre, recula, fonça sur la neige, pour l’emporter ; et, chaque fois, la Lison, raidissant les reins, buta du poitrail, avec son souffle enragé de géante. Enfin, elle parut reprendre haleine, elle banda ses muscles de métal en un suprême effort, et elle passa, et lourdement le train la suivit, entre les deux murs de la neige éventrée. Elle était libre.

« Bonne bête tout de même ! » grogna Pecqueux.

Jacques, aveuglé, ôta ses lunettes, les essuya. Son cœur battait à grands coups, il ne sentait plus le froid. Mais, brusquement, la pensée lui vint d’une tranchée profonde, qui se trouvait à trois cents mètres environ de la Croix-de-Maufras :

elle s’ouvrait dans la direction du vent, la neige devait s’y être accumulée en quantité considérable ; et, tout de suite, il eut la certitude que c’était là l’écueil marqué où il naufragerait. Il se pencha. Au loin, après une dernière courbe, la tranchée lui apparut, en ligne droite, ainsi qu’une longue fosse, comblée de neige. Il faisait plein jour, la blancheur était sans bornes et éclatante, sous la tombée continue des flocons.

Cependant, la Lison filait à une vitesse moyenne, n’ayant plus rencontré d’obstacle. On avait, par précaution, laissé allumés les feux d’avant et d’arrière ; et le fanal blanc, à la base de la cheminée, luisait dans le jour, comme un œil vivant de cyclope. Elle roulait, elle approchait de la tranchée, avec cet œil largement ouvert. Alors, il sembla qu’elle se mît à souffler d’un petit souffle court, ainsi qu’un cheval qui a peur. De profonds tressaillements la secouaient, elle se cabrait, ne continuait sa marche que sous la main volontaire du mécanicien. D’un geste, celui-ci avait ouvert la porte du foyer, pour que le chauffeur activât le feu. Et, maintenant, ce n’était plus une queue d’astre incendiant la nuit, c’était un panache de fumée noire, épaisse, qui salissait le grand frisson pâle du ciel.

La Lison avançait. Enfin, il lui fallut entrer dans la tranchée. A droite et à gauche, les talus étaient noyés, et l’on ne distinguait plus rien de la voie, au fond. C’était comme un creux de torrent, où la neige dormait, à pleins bords. Elle s’y engagea, roula pendant une cinquantaine de mètres, d’une haleine éperdue, du plus en plus lente. La neige qu’elle repoussait, faisait une barre devant elle, bouillonnait et montait, en un flot révolté qui menaçait de l’engloutir. Un instant, elle parut débordée, vaincue. Mais, d’un dernier coup de reins, elle se délivra, avança de trente mètres encore.

C’était la fin, la secousse de l’agonie : des paquets de neige retombaient, recouvraient les roues, toutes les pièces du mécanisme étaient envahies, liées une à une par des chaînes de glace. Et la Lison s’arrêta définitivement, expirante, dans le grand froid. Son souffle s’éteignit, elle était immobile, et morte.

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amarok
Habitué du forum

Re: Recherche extrait de la Bête humaine...

par amarok le Lun 1 Nov 2010 - 20:29
Merci bcp John, ça m'évitera de passer bien du temps à chercher ce document!
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Re: Recherche extrait de la Bête humaine...

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