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Azad
Habitué du forum

[Littérature et Société] Cherche deux articles récents sur le même thème avec un parti pris différent

par Azad le Ven 5 Nov 2010 - 16:37
Bonjour,

Dans un vieux manuel de 3è, Magnard je crois, il y avait une étude de deux articles sur des inondations : le premier, celui du Monde, insistait sur les données météorologiques qui avaient provoqué l'événement, tandis que le second, celui de l'Humanité, soulignait la solidiraité entre les sinistrés. C'est une bonne manière, je trouve, de parler de la subjectivité des médias.

Je cherche donc deux articles à mettre en regard, mais plus récents, si possible avec un thème qui pourrait parler aux 2nde (l'éducation, le téléchargement illégal...), mais j'ai beau fouiller les journaux, j'ai du mal à trouver quelque chose d'exploitable...

Auriez-vous des idées pour m'aider ??? Merci !
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LNSAG
Habitué du forum

Re: [Littérature et Société] Cherche deux articles récents sur le même thème avec un parti pris différent

par LNSAG le Ven 5 Nov 2010 - 17:52
Quelque chose sur les retraites ? Peut-être un peu complexe pour des 2ndes...
Ou bien des articles sur la réforme du lycée ?

_________________
« Ce que j'appelle culture, c'est ce fonds de savoirs plus anciens que nous qui sont notre plus grand secours contre les usines à rêve du monde actuel. » A. Malraux
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John
Médiateur

Re: [Littérature et Société] Cherche deux articles récents sur le même thème avec un parti pris différent

par John le Ven 5 Nov 2010 - 21:03
Le Figaro, 20 mars 2006
http://www.lefigaro.fr/france/20060320.FIG000000034_cpe_villepin_plus_determine_que_jamais.html

CPE : Villepin plus déterminé que jamais

PAS QUESTION de céder à l'ultimatum lancé par les anti-CPE ! Jacques Chirac et Dominique de Villepin sont, plus que jamais, décidés à ne pas retirer le CPE et à mettre ainsi fin à cette malédiction qui veut que, depuis 1986, la droite plie systématiquement devant les manifestations de jeunes. Le président de la République et le premier ministre «sont sur la même longueur d'onde», insiste-t-on à l'Elysée. «Ceux qui voudraient enfoncer des coins entre eux n'y arriveront pas.»

Samedi, la mobilisation contre le contrat première embauche s'est renforcée par rapport aux précédentes manifestations. Entre 503 600 manifestants, selon le ministère de l'Intérieur, et 1 500 000 pour la CGT ont participé à plus de 160 défilés dans toute la France. A Paris, on a compté de 80 000 à 350 000 personnes ; à Bordeaux, de 20 000 à 55 000 ; à Toulouse, de 21 000 à 45 000 ; à Rennes, fief de la contestation étudiante, de 15 000 à 35 000. Mais c'est à Marseille que la fourchette des estimations est la plus contradictoire : le chiffre passe de 10 000, selon la police, à 130 000, selon les organisateurs.

A l'Élysée et à Matignon, on reconnaît que la mobilisation, «significative», est à rapprocher des manifestations contre la loi Fillon (530 000 personnes en mars 2005), pour la défense du pouvoir d'achat (470 000 en octobre 2005). «Quand on met dans la rue les lycéens, les étudiants, leurs parents, les fonctionnaires, le diable et son train, on peut s'attendre à autant de monde», ironise un ministre. «Ce n'est quand même pas 1984 et l'école libre. La France de droite nous dit tenez bon», analyse le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé.

«On ne peut pas prendre un pays en otage»

Les partisans de Chirac et Villepin revendiquent d'ailleurs le soutien ferme des députés et des sénateurs UMP, et de l'électorat de droite. Pour le président du groupe UMP à l'Assemblée, Bernard Accoyer, il «ne saurait être question de ne pas appliquer le CPE». «On ne peut pas prendre un pays et une jeunesse en otage en disant «retirez et on verra», affirme-t-il, dans un entretien au quotidien Les Echos. Le premier ministre a sondé par téléphone, ce week-end, un grand nombre de parlementaires qui l'ont assuré de leur solidarité.

De quoi lui mettre du baume au coeur au moment où il accuse une nouvelle chute de six points dans le dernier baromètre de popularité Ifop/JDD, à 37% de satisfaction contre 61% de mécontents. Dans une autre enquête BVA pour La Dépêche du Midi, 63% des Français pensent que le premier ministre ne cédera pas, même si 60% souhaitent le retrait du CPE.

L'ultimatum des syndicats et des organisations lycéennes et étudiantes a renforcé la détermination de Chirac et Villepin. «Poser en préalable le retrait du CPE, c'est nier l'esprit même de la République. Si le gouvernement recule, ça veut dire que c'est la rue qui commande. Au risque de voir nos électeurs grossir le bataillon des abstentionnistes. L'enjeu est là et le premier ministre l'a bien compris», affirme Henri Cuq, le très chiraquien ministre des Relations avec le Parlement. Tenir, mais comment ? A l'aube d'une nouvelle semaine de tensions, Jacques Chirac et Dominique de Villepin se sont parlé tout le week-end au téléphone. Le chef du gouvernement a reçu les ministres concernés, a téléphoné à Nicolas Sarkozy et a présidé, hier soir, une réunion ministérielle.

«Pouvoirs publics ouverts au dialogue»

«Nous avons une totale envie de débloquer la situation par le dialogue. Le premier ministre peut faire de nouvelles propositions, nous sommes prêts à discuter de tout, taxer les CDD, mieux encadrer les stages...», fait-on valoir à Matignon. A l'Elysée, on tient le même langage : «Les pouvoirs publics sont ouverts au dialogue. Il y a matière, dans le cadre de la loi votée par le Parlement, à enrichir, à améliorer le dispositif.»

Le bémol à cette détermination paraît venir, à droite, de Nicolas Sarkozy et de ses amis. Hier matin, le président de l'UMP a réuni son état-major. L'homme de «la rupture» a ensuite exprimé à Dominique de Villepin ses craintes : «Vous ne vous rendez pas compte. Le CPE ne mérite pas un tel bras de fer avec le pays.» Des inquiétudes qui n'ébranlent pas Dominique de Villepin. «Face aux sarkozystes qui le critiquent par en dessous, le premier ministre considère que son isolement le grandit.» Preuve qu'il n'est pas au trente-sixième dessous, le chef du gouvernement a sacrifié à son jogging rituel. Une heure samedi au bois de Boulogne, une heure encore, hier à Longchamp. Ce matin, il reçoit des chefs d'entreprise, cet après-midi, des jeunes, parmi lesquels des opposants au CPE. L'occasion pour lui d'afficher sa posture d'homme ouvert au dialogue, sans rien lâcher sur l'essentiel.


L'Humanité, le 29 mars 2006.

Une journée dans la France anti-CPE

Dans une vingtaine de villes du pays, nos envoyés spéciaux ont rencontré les salariés, étudiants et lycéens mobilisés en masse contre le contrat première embauche que Dominique de Villepin persiste à vouloir imposer.

4 h 15, Oullins (69)

Le café des conducteurs de bus

Au sud de Lyon, face à l'Iseron, le dépôt des Transports en commun lyonnais ne se devine qu'aux grandes lettres rouges sur sa façade grise. Les portes sont grandes ouvertes, les bus bien rangés. Le responsable est à son poste. À la cafétéria, trois grévistes offrent un café. Le local se remplit petit à petit. « Être contre le CPE, explique Pascal Deceur, responsable CGT, n'est pas difficile. Nous avons une vingtaine de types de contrats, dont certains de six mois. La première embauche de conducteur se fait au-dessous du SMIC. Et on arrive, au bout de dix ans, à 1 290 euros par mois. Sur treize mois et demi. Le mécontentement est général. La direction veut mettre en place la "montée porte avant". Sans concertation. » « C'est un moyen de nous transformer en contrôleurs », précise André Flachy, de l'UNSA. À six heures, 52 % des bus sont toujours là. La grève est suivie à 37 % sur les tramways et à 29 % sur les métros.' 7 h 45,

Clermont- Ferrand (63)

Les étudiants sur le pont

Les héros sont fatigués, mais seulement à l'aube... Silence dans le noir absolu. Après quatre semaines de grève, avec blocage et occupation, une trentaine d'étudiants de l'université Blaise-Pascal arrachent à la nuit, dans les travées de l'amphi de Lettres, quelques instants de sommeil supplémentaire. « Mais il est quelle heure, là ? interroge une voix dans la pénombre. Sept ou huit heures ? » Quinze minutes plus tard, « l'équipe » du matin est arrivée et la table de petit-déjeuner est dressée. Il est imbuvable, nous dit-on, mais il y a du café. Une poignée de jeunes partent diffuser des tracts dans les CFA et à la fac de droit. Encore et encore.

' 8 h 30, Limoges (87)

« Opération École Morte »

La Fédération du conseil des parents d'élèves (la FCPE) de Haute-Vienne a demandé aux parents d'élèves de garder leurs enfants chez eux aujourd'hui. Son but : « L'opération École morte ». « Ce qui est génial, c'est le soutien total des parents d'élèves. Leurs délégués ont donc écrit aux adhérents pour expliquer l'action de cette journée, insistant sur le fait que dans de nombreux établissements, les cantines et les transports ont peu de chances d'être assurés », explique Claude, professeur des écoles dans le primaire à Saint-Just-le-Martel, près de Limoges. Il reprend : « Ce type d'action est très rare. Mais là, enseignants comme parents, nous agissons en masse pour protester contre le CPE et le CNE, et soutenir les jeunes, de la maternelle à la terminale. Car ces contrats vont à l'encontre des droits du travail et imposent une vraie politique libéraliste. C'est pour cela qu'ils rassemblent une population de tous âges, issue du privé comme du public. Un vrai retour aux luttes populaires pour les droits sociaux comme au XIXe siècle, voire au Moyen Âge ».' 8 h 30,

Rennes (35), « Place de la cré-action »

Les lycéens d'Émile-Zola n'ont pas attendu le rendez-vous de 11 heures pour descendre dans la rue. Depuis 8 h 30, ils bloquent la circulation devant leur établissement, situé en amont de la gare, point de départ de la manifestation. Certains font une partie de football. D'autres, plus classiques ou moins bien réveillés, ont opté pour le sit-in. À quelques centaines de mètres, devant le Parlement de Bretagne, un drôle de campement a pris place. Une douzaine de tentes igloos forment un arc de cercle. Installés depuis vendredi, plusieurs dizaines de jeunes occupent ce lieu des plus symboliques de la ville. Un abri de fortune construit avec des palettes en bois recouvertes d'une bâche bleue, un drapeau Pace, une pancarte anti-OGM, du mobilier de récupération. Ce squat à ciel ouvert, appelé « place de la cré-action » ou le « pré K-rité », se veut un espace de débat et d'échanges.

' 9 heures, Drancy (93) : Le pronostic de Raphaël

Raphaël, quinze ans, tête rousse aux idées rouges, attaque son premier Coca. Assis au petit bar, près de son lycée (Delacroix, à Drancy), il explique. Son attachement à l'abolition de la propriété privée. « C'est toujours d'actualité. Imaginez tout ce que l'on pourrait faire avec les profits de Total... » Au PS, il reproche sa tendance réformiste. « Et au PC aussi, un peu. » Mais ne croit pas au grand soir. « Il faut y aller progressivement, argumenter. Même si tous ne partagent pas mes réflexions, beaucoup de jeunes ont une démarche politique. » À condition de ne pas diaboliser le terme, « en imposant des discours fleuves, par exemple ». Dans 2 heures, il se rendra, à pinces, au rendez-vous que s'est fixé son lycée pour partir en manif. Ce qu'il espère ensuite ? « Un appel à la grève générale. Si l'on est 3 millions aujourd'hui, c'est tout à fait réalisable. »

' 9 heures, Vesoul (70) : CNE, CPE, même combat

Mathieu, 20 ans, apprenti en bac pro, battait le pavé parmi 3 000 manifestants avec quelques camarades du CFA du Vesoul, il entonne un slogan maison. : « Retrait... retrait du CNE, retrait... retrait du CPE. » L'apprenti en colère regrette le manque de mobilisation lors de l'adoption du CNE : « Je sais, c'était en plein mois d'août mais demain nous serons des milliers d'apprentis à subir le CNE. Le directeur du CFA, qui nous a interdit de manifester, a beau jeu de dire aux étudiants que le CPE ne nous concerne pas. Les artisans ont le CNE, ça leur suffit. Les nouveaux contrats de travail dans les petites entreprises artisanales sont des CNE. Alors que nous avons le plus souvent quatre années d'expérience en entreprise avec l'alternance, on nous impose encore un préavis de deux ans et le licenciement sans motivation. Après quatre années de précarité à 50 % du SMIC, on en reprend pour deux ans. »

' 10 heures, Boulogne-sur-Mer (62) : « J'ai retrouvé ma place »

7 500 manifestants à Boulogne-sur-Mer. Parmi eux, l'abbé Dominique Wiel, un des acquittés d'Outreau. "On va finir par se faire renvoyer comme ça jusqu'à la retraite, du jour au lendemain, sans explication, sans motif. Parce qu'aujourd'hui c'est les jeunes, demain ce sera les moins jeunes et après-demain ce sera tout le monde », a déclaré le prêtre-ouvrier, âgé de soixante-neuf ans. « J'ai retrouvé ma place, là où j'aurais toujours dû être », a-t-il ajouté.

' 10 h 15, Nice (06) : « Kleenex Generation »

Sous le soleil, au coeur d'une foule considérable, les étudiants en « psycho » déboulent sur le boulevard Carabacel. Joël le Varois, étudiant en L 2, porte un grand carton sous-titré « Hécatombe 2006 » sur lequel ont été dessinées deux pierres tombales. Plus gaie est la banderole portée par Marine : « comme par enchantement », est-il écrit en couleurs pastel à côté d'une caricature du premier ministre. « Parce que Villepin s'est joué de la démocratie et pour dire comment est né notre mouvement », explique-t-elle. Plus direct et compréhensible est le spectacle donné par les sept filles Kleenex, une étudiante par lettre - toutes revêtues d'un grand sac en plastique bleu. « Mademoiselle E. », brune pétillante à sévères lunettes d'écaille raconte : « Cette année, à la Star Ac, c'est la Love Generation comme dit leur chanson, et dans les facs c'est la Kleenex Generation ». Exagération ? « C'est comme ça qu'on le ressent », dit « Mademoiselle N. », une parmi 1 900 étudiants niçois en « psycho » qui pour ne pas être jetable s'est jetée à corps perdu dans cette bagarre anti-CPE.

' 10 h 45, Rennes (35) : « Ils sont grillés »

Ariane, étudiante en histoire de l'art à Rennes-II, est dans la lutte depuis le début. « Même avant, précise-t-elle. On entame notre huitième semaine de blocage. On est tous sur les rotules mais on sait que c'est la dernière ligne droite avant la victoire », assure cette militante de l'UNEF. La motivation, la sienne comme celle des autres jeunes, vient du nombre toujours plus important de manifestants. Et du soutien grandissant des salariés. Du coup, « l'épuisement » passe au second plan et Ariane promet de tenir « jusqu'au retrait du CPE. Le gouvernement ne peut pas continuer à ne pas nous écouter. Ils vont lâcher, sinon ils sont grillés », argumente l'étudiante. Et de reconnaître que « la radicalisation de Villepin et le fait de se sentir à ce point méprisée encourage à ne pas se laisser faire ». À l'approche des examens, Aurore avoue y penser mais n'en fait pas encore un problème prioritaire. « Je préfère rater une année de fac que ma vie à cause de la précarité. »' 10 h 55,

Clermont-Ferrand (63) : Dans l'unité, l'urgence

Ils sont une petite cinquantaine de grévistes de l'éducation nationale et, à l'invitation de l'intersyndicale, en présence surtout de syndicalistes SUD, FSU et UNSA, ils sont venus discuter des suites de la mobilisation anti-CPE. Dans ces rangs-là, l'échec du mouvement contre la réforme des retraites en 2003 a laissé des traces assez profondes. « Des journées d'actions locales, on en a fait ici, rappelle une enseignante. J'en ai usé des chaussures à marcher dans les rues de la ville. Et on a pris la pâtée. Cette fois-ci, si on perd, on ne sait pas pour combien de temps on en a à manger des mesures comme le CPE ! » Pour Marc, ce qui diffère cette année, « c'est que toutes les organisations syndicales parlent le même langage et réclament ensemble le retrait du CPE. Si on ne veut pas revivre 2003, il faut conserver cette unité jusqu'au bout », insiste-t-il. « On n'a pas beaucoup de temps pour gagner sur le CPE, reprend Bernard. Moi, je suis pour qu'on embraye tout de suite, dès jeudi... » Un choeur l'interrompt : « Mais tout de suite, c'est mercredi... »

' 11 heures, Limoges (87) : Les Legrand dans la grève

La majorité des syndicats de l'industrie électrique Legrand, dont le siège social est à Limoges, a appelé les salariés à débrayer deux heures minimum en début ou en fin de poste, selon l'équipe dans laquelle ils travaillent, ou pour participer à la manifestation de ce matin. « En fait, nous sommes aux côtés des étudiants et des lycéens depuis le début de leurs revendications. Nous les soutenons et, comme eux, nous voulons le retrait total du CPE et du CNE car ils dégomment le Code du travail. D'ailleurs, chez Legrand, tous les secteurs se sentent concernés du simple ouvrier au cadre supérieur », déclare Thierry, conseiller technique et membre du bureau de la CGT dans l'entreprise. « En effet, reprend-il, les clauses de ces contrats sont antisociales et accentuent un malaise déjà général au sein d'une population qui ne s'y retrouve plus dans cette société où les droits et les libertés de chacun sont de plus en plus bafoués. Aussi irons-nous jusqu'au retrait définitif du CPE et du CNE. »

' Midi, Paris (75) : Des jeunes européens à l'AG

Une délégation danoise et une autre italienne sont à l'assemblée générale de Tolbiac avant de se rendre à la manifestation. « C'est une lutte contre la précarité, sur le lieu de travail et dans la vie », explique Nicola Tadini du Collectif universitaire de Bologne, présent pour apporter un « soutien symbolique », mais aussi « pour comprendre les formes d'organisation ». « C'est la première fois que la jeunesse se mobilise contre la précarité », s'enthousiasme Thor Möler Pedersen, responsable des jeunes socialistes suédois. Son organisation manifestera devant l'ambassade de France à Copenhague. Malgré la flexisécurité vantée par les sociaux-démocrates, « la jeunesse et les immigrés sont précarisés » au Danemark, leur quotidien est fait « d'emplois à temps partiel et de CDD », explique-t-il.

' 13 heures, Agen (47) : Pique-nique avant la manif

Avant la manif, Quentin, Matthieu, Loïc, Gaël et Thomas, de la coordination lycéenne et étudiante 47, ont rendez-vous pour un pique-nique, devant la préfecture avec l'ensemble de l'intersyndicale. Lundi soir encore ils préparaient, dans les locaux de la CGT à la bourse du travail d'Agen, des panneaux « Lycée fermé, lycée en grève ». Ils se sont sentis un peu seuls au début du mois de mars, poignée de lycéens défilant dans les rues d'Agen. « Pas facile de faire bouger les jeunes », raconte Quentin qui, du haut de ses quinze ans et demi, n'a pourtant pas hésité à prendre la parole dans l'amphi de la fac de droit pour inviter les indécis à se joindre à eux contre le CPE. Aujourd'hui, les échos de la mobilisation nationale et les groupes de jeunes dans la rue, « signes qu'ils ne sont pas allés en cours bien que les lycées ne soient pas fermés », leur donnent une nouvelle énergie.

' 11 heures, Marseille (13) : La preuve par Net Cacao

Le cortège marseillais vient de s'élancer. Dos au Vieux-Port, il remonte la Canebière. Parmi les premiers de cordée figurent une centaine d'anciens salariés du site Nestlé de Saint-Menet. Ils n'étaient qu'une trentaine le 18 mars. La plupart attendent encore des entretiens d'embauche menés par le repreneur, Net Cacao. Afin de remettre l'usine en état de marche, une cinquantaine de salariés ont signé un CDD qui sera transformé en CDI dès la reprise de la production, d'ici fin avril. Alors que, sous l'effet du nombre, la manif piétine, Patrick Candela, responsable du syndicat CGT, embraye : « Si on garde le rapport de forces construit tout au long de notre lutte, on exclut une éventuelle application du CPE à Net Cacao. C'est un enjeu fort, mais ce n'est pas encore gagné. Les salariés sont conscients que s'ils avaient été précarisés, ils ne se seraient pas retrouvés dans la même situation pour défendre l'emploi à Nestlé Notre lutte a fait la démonstration que le meilleur moyen de combattre le chômage, c'est d'arrêter la casse industrielle et de stopper l'hémorragie d'emplois stables. »

' 11 heures, Rennes (35) : Téléperformances débraye

Marc Gballou, salarié à Téléperformances et syndiqué à la CGT depuis deux ans, a rapidement fait le lien entre le CPE et la précarité inhérente à sa branche. « Dans les centres d'appels, la réglementation du travail est facilement contournée. Avec un taux d'employés intérimaires pouvant atteindre les 50 %, si le CPE s'applique, on sera un champ idéal d'expérimentation », explique-t-il. Depuis qu'il a entraîné quelques collègues vers le syndicalisme, le harcèlement est monté d'un cran dans l'entreprise, avec des convocations pour des entretiens préalables à un - licenciement. Des courriers reçus le jour où des salariés étaient sur le point de participer à une manifestation contre le CPE. « La direction a voulu mettre le doute dans l'esprit des salariés », accuse Marc qui, par un coup de fil à la DRH, a fait lever toute tentative d'intimidation. Hier, Téléperformances était représentée bien au-delà de son contingent de syndicalistes.

' 11 h 30, Grasse (06) : On reprend le Cours

Tranquillement, la manif, forte de 1 500 personnes, s'écoule entre les arbres du cours. Une scène pas vue depuis des lustres. Un petit parfum de victoire pacifiste flotte sur les groupes de lycéens. La veille, ceux de Tocqueville en sit-in, s'étaient fait charger par de jeunes flics nerveux, envoyant l'un d'entre eux à l'hôpital. Mais là, bien surveillés, les policiers n'ont rien cassé.

' Midi, fac de Censier (75) : Précaires à l'université

Étudiants et personnels grévistes de l'université Paris-III Censier organisent, avant de partir ensemble à la manif, des « assises sur la précarité à l'université ». Le but : montrer que tous sont touchés et « poursuivre ce débat après l'abrogation du CPE, qui ne saurait tarder ». Ce sont d'abord les étudiants qui en souffrent, comme l'atteste Guillaume, de Génération précaire. Selon lui, « les stages à temps plein, de longue durée et très peu rémunérés sont de plus en plus fréquents ». Mais les personnels techniques et administratifs sont dans de nombreux cas obligés de signer des « contrats précaires, multipliant les CDD ou les vacations », raconte Stéphane Thuault, technicien de bibliothèque, syndiqué au SNESUP-FSU. Thierry Pagnier, allocataire moniteur, explique que « depuis 1998, le nombre d'enseignants non-titulaires a augmenté 2,5 fois plus vite que le nombre de titulaires. Un enseignant sur quatre est aujourd'hui non-titulaire.'

12 h 30, Lyon (Rhône) : De précarité en précarité

Parmi les 40 000 participants qui défilent depuis une heure, Jacky Albrand a été « emploi-jeunes » aux Transports en commun lyonnais dont la gestion du réseau est confiée à la société - privée Koelis. « J'étais agent de médiation. Le coefficient d'embauche était plus bas que le plus bas de la grille salariale, avec des horaires décalés et différentes missions pour sécuriser les TCL. Nous n'étions pas reconnus à la hauteur de notre travail et de notre efficacité. Quand il a fallu remplacer les emplois- jeunes, la direction a utilisé les "emplois seniors". Un emploi précaire pour un emploi précaire, au gré des opportunités gouvernementales, face à un réel besoin dans l'entreprise. Simplement, elle ne voulait pas payer un véritable emploi. Aujourd'hui, elle a des agents de médiation (Amis), avec la même mission, mais financés par le conseil général, et des contrats de professionnalisation, qu'elle utilise pour la conduite. Tout pour une main-d'oeuvre pas chère, alors que le transport en commun devrait avoir des obligations de service public avant de se soucier du bien-être de ses actionnaires. »

' 13 h 30, Toulouse (31) : Les postiers arrivent

Alors que les postiers arriment, les banderoles sur leur camion sono avant le départ du cortège toulousain, les premiers échos de grève de différents centres parviennent à Bernard Romeuf, responsable départemental CGT à La Poste. « Très grosse journée, c'est confirmé », se félicite l'un de ses copains de lutte. Débrayage important dans les deux centres de tri, ceux de Lardenne et de Lalande. Idem sur la plate-forme régionale colis des Minimes. Stéphane, trente-deux ans, travaille sur ce site. « Tous les contrats précaires ont été utilisés à La Poste, alors la précarité on connaît et on comprend la révolte des jeunes », lance-t-il, faisant référence aux CEJ, CES, SEC, CDD. Et même CDII, c'est-à-dire : contrat à durée indéterminée intermittent. Quoique illégal, ce contrat est toujours appliqué dans les services postaux et imposé à des salariés qui doivent être disponibles à tout moment en attendant l'appel téléphonique pour aller travailler.

' 14 h 20, boulevard de l'Hôpital, Paris : « Je veux un futur décent »

« Moi, je m'appelle Lucilie Imperatore », annonce cette jeune femme à nez rouge de clown, avant de glisser, d'un air désolé, « ne vous moquez pas, c'est le nom scientifique de la mouche à m... Elle, c'est Aglaë, et voici E, comme Euh, ou comme CPEuh. On est autonomes ». Les trois clownesses ont une voix enfantine - « On n'y peut rien, on est nées comme ça » - de grands yeux étonnés, et répètent une gigue au son des tambours qui résonnent dans une rue adjacente. Étudiantes au conservatoire dans le civil, elles ont mis du rose dans leurs vêtements, « parce qu'on est pour un monde meilleur », expliquent-elles de leur ton faussement naïf. « Je ne veux pas vivre dans leurs déchets, je veux un futur décent », résume le T-shirt rose de Lucilie Imperatore, qui ajoute, plus grave, avant de retourner à son pogo : « On s'est fait attaquer l'autre jour place Monge en rentrant de la dernière manif, par des fafs, des fils de bourgeois, bien habillés, chaussures vernies, qui chassaient les anti-CPE. »

' 15 h 20, Clermont-Ferrand (63) : Les « Bibs » à l'arrêt

Réputés difficiles à faire sortir, les salariés de Michelin, ouvriers et techniciens, se regardent dans le cortège. Ils se comptent. Un brin effarés par ce qu'ils sont en passe de réussir. Alors, c'est vrai, les « Bibs » sont dehors et en bon nombre. « Toute la production de gommes est paralysée, y compris les pneus de Formule 1 », se félicite un délégué à tue-tête. « Déconnez pas trop, les gars, admoneste, avec une pointe d'ironie, un autre. Il y a un grand prix dimanche. Qu'est-ce qu'il se passe si il n'y a pas de pneus à cause du CPE de Villepin ? » Les deux se serrent la main dans un clin d'oeil : « Je te félicite. » Bien calés dans une manif qui devrait, selon toute vraisemblance, approcher les 50 000 participants, Jean-Pierre Sérézat, trente ans de militantisme chez Michelin, donne son explication : « La semaine dernière, les étudiants ont fait une distribution de tracts chez nous et c'est une initiative qui été très bien vue par les gars. Ce mouvement a ça d'extraordinaire, c'est qu'il entraîne tout le monde à partir de la jeunesse. C'est la clé de son succès de demain. »

' 15 h 30, Bordeaux (33) : « Kastler en colère »

« Pape-Clément, pas content », « Lycée Kastler, en colère ». Pour Laurie, petites tresses blondes, en terminale S au lycée Kastler de Talence, c'est la première manif. « Depuis le début, on essaie de participer et, en même temps, de suivre les cours. Pareil pour les profs, ils disent qu'ils sont grévistes mais qu'il y a le bac à la fin de l'année. Lundi, on a voté : ceux pour la fermeture d'un côté de la cour, ceux contre de l'autre. Les pour ont gagné et la direction a accepté de fermer l'établissement pour la journée. » « À Magendie, dit Zoé, l'AG a refusé la fermeture que nous avions obtenue jeudi. Tant pis ! On est quand même là ! » Anne, en première au lycée Pape-Clément de Pessac, est convaincue de la dangerosité du CPE mais « on ne sait pas trop comment expliquer aux autres. On s'est mis en relation avec les étudiants pour qu'ils viennent nous aider mais ce n'est pas évident. Il y a quelques semaines, on ne savait même pas qu'il y avait des syndicats étudiants ou lycéens. »

' 15 heures 30, Lille (59) : « On nous oblige à filer droit »

Isabelle Halipré attend le départ de la manifestation au milieu des banderoles de son syndicat, SUD VPC (vente par correspondance). Elle travaille depuis 1980 chez Damart, à Roubaix. « La précarité chez nous, ça passe déjà par l'emploi massif de CDD. Pendant la forte saison (de septembre-octobre à mars, NDLR), on en compte 35 %. La direction nous dit que ça « maintient un certain équilibre », car dans notre profession, l'activité fluctue. En fait, par le biais de ces contrats précaires, on oblige l'ensemble des salariés de la boîte à filer droit. Les jeunes en CDD ou intérimaires se tuent au boulot. Ils font des horaires pas possibles, rarement de pause, pour pouvoir revenir bosser chez nous la prochaine fois. Le problème ? ça augmente les cadences et ça met en péril nos conditions de travail. Le CDD, c'est déjà du non-droit, mais c'est dur de les virer, ils sont quand même protégés par le Code du travail. Avec le CNE, et maintenant le CPE, on crée plus de pouvoirs pour les patrons, et plus de précarité pour les salariés. »

' 16 heures, Toulouse (31) : Les élèves ingénieurs dans la rue

Très nombreux et très remarqués par leurs blouses multicolores couvertes de tags, les étudiants de l'Institut des sciences appliquées (INSA) - ils sont 2 000 à Toulouse, et une majorité a voté la grève - défilent réunis autour d'un même rejet de la précarité. « Si on n'agit pas, ce type de contrat sera généralisé à toutes les qualifications ». Laure, 21 ans, de Narbonne, Raphaël, 18 ans, d'Auch, mais aussi Delphine d'Albi, tous portent la même inquiétude pour leur avenir professionnel. « Le gouvernement dit que le CPE s'applique aux jeunes non qualifiés, mais on n'est pas dupes, on sait bien que ce contrat de deux ans peut répondre pour les employeurs à des missions courtes y compris de travaux très qualifiés mais ponctuels sur des chantiers », avance l'une des futures ingénieures. « On ne pourra plus s'engager sur la durée. Et c'est inefficace aussi pour l'entreprise. »

' 16 h 30, Clermont-Ferrand (63) : Austerlitz ? Gergovie !

Austerlitz ou Waterloo ? Gergovie sans Alésia ! Mémoire longue, toponymie oblige : les étudiants de « Gergo » - le petit nom de l'université - n'ont pas la fibre napoléonienne du premier ministre ; leur référence à eux, c'est Vercingétorix, le chef gaulois qui fit, un temps au moins, mordre la poussière à César, sur les hauteurs de Clermont. Leur cortège rassemblant plus de 8 000 étudiants et lycéens allume des feux de Bengale. En tête, un chariot de supermarché assure l'approvisionnement en collyre, citrons ou foulards : les jeunes ne veulent pas pleurer, même dans la répression. Quelques minutes avant le départ de la manif, les parents applaudissent longuement les enfants. Viva « Gergovie » !

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ysabel
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Re: [Littérature et Société] Cherche deux articles récents sur le même thème avec un parti pris différent

par ysabel le Ven 5 Nov 2010 - 21:19
lol!

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Azad
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Re: [Littérature et Société] Cherche deux articles récents sur le même thème avec un parti pris différent

par Azad le Sam 6 Nov 2010 - 8:25
Smile
Je n'aurais pas pensé au CPE dis donc...
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John
Médiateur

Re: [Littérature et Société] Cherche deux articles récents sur le même thème avec un parti pris différent

par John le Sam 6 Nov 2010 - 12:55
Ils sont bien, ces articles, non ? Wink

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Re: [Littérature et Société] Cherche deux articles récents sur le même thème avec un parti pris différent

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