Etude d'un cas, le mien en fait...

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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par Leclochard le Ven 3 Déc 2010 - 9:05

Lynette a écrit:
Je ne t'ai pas traitée de péteuse ni de jeunesse irréfléchie, hein. (Et j'ai moi aussi comme beaucoup d'entre nous eu une bourse au mériteç C'est très sain au contraire que tu te poses ces questions. Et à lire ce dernier message je pense qu'en effet tu devrais compléter ta formation ou tenter d'autres concours qui te correspondraient davantage peut-être.

On finit ses études; on les achève avec un beau concours à 24 ans et on devrait les reprendre. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, comme dit le proverbe. Rolling Eyes

Leclochard
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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par mask le Ven 3 Déc 2010 - 9:16

Cavecattum, je me suis posé les mêmes questions à peu près au même âge. Après la réussite au Capes, je me suis demandée si c'est ce que j'avais envie de faire. D'un côté, mon amour de la littérature et des expériences d'animation de colo plutôt sympas. De l'autre, ma timidité, ma peur aussi peut-être et mes souvenirs de collège .
Au bout de cinq ans, je tente de me reconvertir. Je fais partie des déçues du métier. J'ai été plus heureuse dans l'animation qu'en enseignant,car en tant qu'enseignante, j'étais perçue comme ennemie "à priori" et je n'avais pas la force de caractère pour assumer ce statut.
Maintenant, tout n'est pas blanc ou noir... En bûchant sur du droit et de la gestion, je me prends à avoir envie d'y retourner parfois... Se battre pour quelque chose qui a du sens pour moi: transmettre. J'ai aussi eu des classes avec qui mon travail a été génial, avec lesquelles j'ai adoré me rendre en cours. mais une seule classe difficile suffisait à me miner moralement et je crois qu'au final, je ne suis pas assez armée pour ce métier.
Ce n'est qu'une expérience parmi d'autres que je te tends en miroir.
A toi de voir si tu as une grande force de caractère, une facilité à t'imposer dans un groupe comme meneur. Ce sont ces compétences qu'il faudra chercher en toi bien plus que tes connaissances universitaires (qu'il te faudra même oublier). Pour celui qui a ces compétences, le métier est génial, j'en suis convaincue, j'ai vu des collègues qui s'éclataient vraiment (le genre d'Abraxas sans doute), le métier offre uen liberté qu'aucun autre ne te donnera.
A toi de voir aussi ce que tu as envie de faire de ta vie: éduquer des jeunes et (les bons jours) les instruire? Organiser des événements culturels? Participer à la vie d'une entreprise? Faire vivre une bibliothèque? Communiquer sur un produit, une marque? Gérer l'organisation d'ans une entreprise? Organiser la vie d'une commune? ... et tant d'autres pistes....
Ps: que tu lis sur le forum est un miroir déformant... On y vient surtout dans les mauvais moments et plus rarement quand tout roule.
Bon courage!

mask
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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par cavecattum le Ven 3 Déc 2010 - 9:24

Le héron? Ou "la fille", cette fable est plus grinçante encore...j'y avais déjà trouvé un certain écho avec moi!
Mon cas est bouclé, non? à vrai dire, mon rhume existentiel est un peu passé ce matin.
Mask, merci de me faire part ton expérience. Je reviendrai faire un tour ce soir pour répondre; là, il faut vraiment que j'aille travailler.

Bonne journée à tous!


cavecattum
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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par Reine Margot le Ven 3 Déc 2010 - 10:07

un peu comme les autres je dirais qu'il est possible que tu te découvres une vocation à laquelle tu ne t'attendais pas...
Mais en même temps si tu commences ce métier ce sera difficile de se reconvertir une fois dedans, que tu travailleras, et avoir démissionné d'un statut de fonctionnaire sera mal vu si tu postules dans des entreprises.

Tu es censée commencer à enseigner quand exactement? l'an prochain? je serais toi je commencerais à bosser d'autres concours (tu es encore dedans), que je passerais l'année prochaine si en effet ça ne te plaît pas.

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1 enseignant molesté, c’est un fait divers, pas un phénomène de société.
2 enseignants molestés, c’est un fait divers, pas un phénomène de société.
150 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société.
151 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société.
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[la progression arithmétique se poursuit en série]
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156 880 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société. »

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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par val09 le Ven 3 Déc 2010 - 10:59

@cavecattum a écrit:

Enfin, plus personnel encore – ça n’engage que moi, hein ! -, je découvre les subtilités de la profession, et je ne suis pas du tout sûre d’aimer ce que je découvre. Pour citer mon médecin : « Quand on ouvre un ventre, ça pue »…
La sœur d’une amie, professeur depuis peu, qui a passé 5 fois son capes – ne bondissez pas, ce n’est pas du mépris envers les certifiés, cela dramatise la chute de l’histoire- , fait passer l’allergie alimentaire de son fils (allergie au seul …kiwi , goûtez bien l’acidité de l’anecdote) pour handicap, ramasse le paquet de points associés pour obtenir un poste dans un très bon lycée de centre-ville, auquel les profs n’accèdent normalement qu’en fin de carrière. Mais Papounet copain d’escalade de l’IG…Tout ne se passe pas comme cela bien-sûr, je ne verse pas dans la théorie du complot, mais disons que le simple fait que ce soit possible me débecte. La façon dont doit selon moi se dérouler une carrière professionnelle ne devrait dépendre que de critères professionnels…Pas du nombre d’enfants ou du conjoint fonctionnaire. Et des billets d’humeurs satiriques à la Desproges me viennent spontanément quand je pense à cette histoire de points: « Comment réussir dans L’EN quand on est une vieille fille – ou un vieux garçon - stérile ? ».

Bon voici mon pt de vue même si je ne suis pas dans le même cas que toi.
Voici ce que je ferais :
- Je n'écouterais pas toutes les bassesses déblatérées sur les profs (sinon, on n'a pas fini de déprimer)
- Je tenterais l'expérience, pour voir, de moi-même ce que cela donne ! Ensuite, libre à toi, de démissionner si ce n'est pas ta vocation ! Mais au moins, tu te seras fait TA propre opinion.
- L'EN ne récompense effectivement pas forcément les profs méritants, il peut (même si je ne connais pas de cas, personnellement) y avoir du piston ms quel métier échappe à cela aujourd'hui ?
Quand on a "le bras long", on n'a pas besoin d'être méritant : c'est LA SOCIETE qui est comme ça !
- Enfin, tu n'es pas forcée d'être affectée en ZEP. Si ça se trouve, tu auras un bon poste, qui te plaira et ds lequel tu t'éclateras (je sais bien que ce n'est pas le cas de certains sur le forum mais c'est heureusement possible). J'enseigne depuis 9 ans (certifiée) et j'ai toujours eu des postes fixes et n'ai jamais été affectée en ZEP. Ma bonne étoile, sans doute ! Et mes parents ne font pas de golf avec l'IG, le Recteur ou le Ministre ! ;-)

Donc, je te dirais : TENTE le coup ! et trefle trefle trefle

_________________
Plus vraiment "néo" Wink : prof de LM depuis 2001

val09
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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par Zelda le Ven 3 Déc 2010 - 11:40

Je comprends tes doutes et tes inquiétudes Cavecattum.
J'ai passé le capes parce que c'était la suite logique de mes études. Je n'ai pas fait de stage avant donc j'ai découvert le métier d'enseignant à la rentrée suivante.
Même si j'ai parfois de bons moments en classe et que j'apprécie les avantages de ce métier, je me dis que si j'avais mieux connu certains aspects de ce travail, je ne l'aurai pas choisi.
Je veux mettre un peu d'argent de côté avant de changer de travail et j'ai l'espoir qu'entre temps mon métier me plaira davantage mais je n'y crois pas trop.
Tout ça pour te dire que tu devrais profiter de cette année de report pour aller faire un tour dans des classes pour observer comment ça se passe. Tu verras bien si ça te dégoûte immédiatement ou si ça t'attire.

Zelda
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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par cavecattum le Ven 3 Déc 2010 - 14:13

Petit tour rapide ici, entre deux livres, pour vous répondre.
Je suis contente de voir le débat tourner, les témoignages s'accumuler: ils constituent pour moi une précieuse source de réflexion. Ce que je retiens:
- contacter le rectorat pour voir si je ne peux pas faire une vacation quelque part dans le coin. Une vraiment bonne suggestion.
- Le métier est en mutation. Cela oblige vraiment à se poser des questions, avant de commencer, même si bien-sûr, envie de gagner ma vie. Je subis de plein fouet, je crois bien, le contexte anxiogène, la bêtise des gens, la douleur des stagiaires, dont certains de mes connaissances. Certains de vos témoignages ne me rassurent pas. D'autres me secouent, me font me remettre en question, me font envie. Plus qu'à essayer.
- dernière réflexion, vraiment pas très originale , sur les concours. Je me crois un cas assez typique - à mon grand dam!- de ce à quoi peut aboutir ce mode de recrutement. Les concours de l'ENS, dans une moindre mesure ceux de l'agrégation et du capes façonnent en masse - pas que, je sais bien - ces rejetons à cervelles abstraites peu désireux, et surtout peu aptes, à priori, à se colleter la réalité du métier. Il y avait eu , pour exemple, une année à ULM un sujet de philo. fort sobre : "L'égalité". La lecture du rapport du jury m'avait fait froid dans le dos... Je m'étais dit, à l'époque - ça doit faire quatre ans de cela je crois -, que pour des enseignants en devenir, les idées franchement aristocratiques et plutôt décomplexées de certains sur la question étaient malvenues. Après, ils avaient vingt ans, j'espère qu'ils ont changé depuis!

Merci d'avoir recueilli, avec beaucoup de tolérance je dois dire, mes bavardages angoissés.
Au plaisir!

Cavecattum.

cavecattum
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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par cléo le Ven 3 Déc 2010 - 16:36

Ton message m'a particièrement touchée. Je me suis retrouvée un peu dans le même cas que toi, au début de mon année de stage. J'étais folle de joie d'avoir réussi l'agreg', de commencer à travailler, même si je n'assumais pas vraiment le fait de devenir "adulte", "professeur", j'avais l'impression moi aussi de ne pas arriver à passer la barrière, je ne me sentais pas à ma place en salle des profs. Et surtout (ne riez pas!), je me suis mise à pleurer-au bout de 15 jours- en m'apercevant que mes secondes avaient repris des cours de 3è pour faire un exposé : comment? ils n'étaient pas des passionnés de littérature?
Maintenant, ça me fait sourire. Je prends du plaisir à enseigner, j'ai endossé le costume, je m'en amuse souvent. J'ai le sentiment de continuer à apprendre, d'être au contact de collègues intellectuellement enrichissants. Pourtant, parfois, cette petite musique (tu aurais pu faire autre chose, marre de cette perception de notre métier, envie de reconnaissance...) me tanne encore, comme si rien n'était absolument réglé. Pour autant, je ne me fais aucune illusion : j'ai une amie qui a fait le CELSA, et ça n'empêche pas les remises en question (elle gagne moins que si elle était prof, et c'est pas tjs facile de trouver du sens quand on bosse des heures sur la com' d'une entreprise dont on se fout royalement).
Je ne sais pas si ça t'aide...en tout cas je trouve ton questionnement parfaitement normal, dans la mesure où, comme le souligne Lynette, en France, on enchaine les études, les concours, sans être vraiment conscient de la réalité du métier vers lequel on se dirige. Et puis notre métier possède tellement de facettes différentes, selon l'endroit où on l'exerce! Pas facile de se faire une idée très juste...

cléo
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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par Pseudo le Ven 3 Déc 2010 - 17:02

En fait, je crois que quelque soit le job, c'est toujours dur de s'y mettre. Et plus l'entrée dans la vie active est tardive, plus c'est difficile (à moins que ceux pour qui c'est le plus difficile ne tardent à y entrer).
Et c'est parfois dur de continuer ! lol

Pseudo
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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par roxanne le Sam 4 Déc 2010 - 9:00

J<e n'ai pas tout lu mais tu n'es pas la première personne qui après avoir réussi son capes ou son agreg du premier coup sans problèmes se retrouve "étonnée" (ce n'est peut-être le bon terme ) d'avoir à..enseigner.C'est quand même l'idée , non ? Cependant , je suppose qu'avec l'agreg tu peux avoir d'autres possibilités de carrière (classes prépas ).Mais , ne serait-il pas tout de même plus intéressant pour toi d'enseigner plutôt que de faire du baby-siiting ? Surtout avec un salaire d'agrégé qui n'est pas négligeable.Maintenant , c'est vrai que j'ai un peu de mal à te comprendre puisque j'ai un peu le parcours invrse : un capes interne obtenu après des années de vacations , mais ce métier je l'ai CHOISI, je dirais même que je l'ai eu à la sueur.Bon , je te mentirais en te disant que tout a été rose , mais au final je l'aime bien et quand tu es dans une salle de cours et que ça se passe bien (et ça arrive !) c'est quand même super.

roxanne
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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par Fourseasons le Sam 4 Déc 2010 - 10:29

Je viens de tout lire... Que dire ? Que conseiller ? D'essayer... Pourquoi ? Parce que tu risques d'aimer, d'avoir un rôle social, de beaucoup découvrir sur toi même, d'avoir une liberté et du temps... Et là, c'est, certains jours éprouvant mais aussi tellement grisant, satisfaisant. Les inconvénients de ce métier ? Il y en a comme partout ! Il faut apprendre à s'en détacher, c'est tout simplement la vie. Il est possible que tu n'aimes pas ce métier, qu'il ne te corresponde pas, qu'il t'ennuie, qu'il te fasse mal... Si c'est le cas et bien arrête rapidement.

Ce métier est ma bouffée d'oxygène à coté d'une vie privée qui je l'espère n'aura pas réussie à m'achever. Pourtant, c'est ma 5ème rentrée, toujours TZR et j'ai eu le droit à des conditions de remplacement méprisantes mais mon travail auprès des élèves/étudiants est gratifiant. Je me sens impliquée, j'ai un rôle alors les bâtons dans les roues et bien j'en fais mon affaire parce que l'important pour moi c'est de faire progresser chaque élève/étudiant. Je sais pourquoi je me lève le matin.

La vocation ? Est-elle nécessaire ? Je n'en suis pas convaincue... Elle peut même desservir, je crois. Sait-on si on sera un bon professeur avant d'essayer ? J'en doute. J'étais une élève/ado très timide, feignante, qui au lycée a pas mal séché les cours. Oh pas une mauvaise fille, mais une élève qui n'a pas trouvé quelqu'un qui savait la stimuler, la motiver, jusqu'au BTS ! Deux enseignants et la maturité... un tournant... j'ai eu envie d'étudier ! Je n'ai jamais voulu être enseignante à tout prix et cela me semblait même être incompatible avec ma personnalité et ma fainéantise face à l'école ! Pourtant, ca a toujours été une possibilité dans un coin de ma tête. A l'approche du stage de l'expertise comptable, je me suis dit que j'étais prête à essayer, qu'il fallait que j'essaie. Je ne pouvais pas me lancer dans l'expertise comptable sans avoir essayé ce métier, sans essayer de devenir la personne que j'aurais aimée avoir devant moi quand j'étais élève/étudiante ! Aujourd'hui, je ne regrette pas malgré les conditions difficiles car j'ai beaucoup appris sur moi et j'ai un rapport privilégier avec les élèves/étudiants. Aujourd'hui, je transmets plus ou moins efficacement selon le moment et les élèves/étudiants des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être.

Il faut essayer je crois. L'entrée dans ce métier est très difficile, il faut le savoir mais pas en avoir peur. Après deux années difficiles, je savoure ce métier...

J'édite pour dire qu'on ne change pas totalement : je suis une enseignante feignante mais exigeante ! Un mauvais exemple ? Razz Laughing

Fourseasons
Vénérable


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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par miss sophie le Sam 4 Déc 2010 - 12:51

@roxanne a écrit:je te mentirais en te disant que tout a été rose , mais au final je l'aime bien et quand tu es dans une salle de cours et que ça se passe bien (et ça arrive !) c'est quand même super.

+1. Il y a un certain nombre de choses qui me font râler (la charge de travail quand on est prof de français, notamment, et tout ce que l'on ajoute à nos obligations et qui doit tenir dans la même semaine) ou qui ont été dures à vivre (le début en ZEP de région parisienne à 700 km de chez moi, les premières années à faire plus de discipline que de français...), mais j'AIME ce métier. Je l'ai choisi, j'ai passé le CAPES parce que je voulais enseigner la littérature et la langue française, parce que j'aimais les textes et parce que ma mère était prof et que ça me semblait bien. En fait, je n'avais qu'une idée lointaine du professorat : je n'ai découvert ce que c'est qu'être face à une classe d'ados que lors de mon année de stage, et cela a été difficile. Mais la difficulté, c'est stimulant aussi. On apprend, on progresse, on s'améliore.
Ce qui est important, et cela a été dit dans d'autres messages, c'est d'aimer le contact avec les élèves. Mais cela, je l'ai découvert après le concours : comme je viens de l'expliquer, je n'avais qu'une vision très "théorique" et "littéraire" de l'enseignement, j'ai découvert la dimension humaine sur le tas, et pourtant c'est bien l'essentiel de ce métier ! Donc: essaie toujours, tu verras. Faire progresser des gamins (essayer au moins pour certains), c'est chouette. Communiquer avec eux, c'est chouette. Et les meilleurs élèves ne sont pas ceux auxquels on s'attache le plus. Alors, oui, certains ne sont pas éduqués, pas comme on le voudrait en tout cas (la faute aux parents parfois, à la place que leur donne la société souvent, à l'évolution des mœurs que nous autres pauvres réacs avons du mal à suivre...), mais notre rôle est aussi de leur apporter justement une éducation, de nuancer leur façon de se comporter. De jouer notre rôle d'adulte, quoi. Bref, je m'égare peut-être du sujet initial.
En conclusion : prof, c'est un métier formidable, malgré les conditions souvent détestables dans lesquelles on le commence ; il faut tenir un peu pour l'apprécier, mais cela vaut le coup.

miss sophie
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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par InvitéN le Sam 4 Déc 2010 - 13:13

En conclusion : prof, c'est un métier formidable, malgré les conditions souvent détestables dans lesquelles on le commence ; il faut tenir un peu pour l'apprécier, mais cela vaut le coup

Belle conclusion mais ce n'est pas si idyllique que ça pour tous tout de même : et si on cumule les ennuis pendant plusieurs années ( acharnement du sort ) on peut encore aimer ce métier merdique : je ne pense pas !

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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par miss sophie le Sam 4 Déc 2010 - 14:57

nateka a écrit:En conclusion : prof, c'est un métier formidable, malgré les conditions souvent détestables dans lesquelles on le commence ; il faut tenir un peu pour l'apprécier, mais cela vaut le coup

Belle conclusion mais ce n'est pas si idyllique que ça pour tous tout de même : et si on cumule les ennuis pendant plusieurs années ( acharnement du sort ) on peut encore aimer ce métier merdique : je ne pense pas !

Je n'ai jamais dit que c'était idyllique, relis mon intro en particulier.
Je bosse près de 50 h par semaine, et ça, c'est pas idyllique, surtout quand on a dix ans de métier et qu'on pensait mieux s'organiser avec le temps.
J'ai débuté dans l'académie de Créteil alors que je viens de Bretagne: ZEP-PEP4, un collège où les deux-tiers de l'équipe changeait à chaque rentrée, des néo-tits venus de loin comme moi pour la plupart. La première année a été très dure, heureusement on se serrait les coudes, mais j'ai passé plusieurs dimanches à pleurer et à ne pas vouloir y retourner. Passer le cap de la 2e rentrée faisait de toi une ancienne. Les élèves n'étaient pas des terreurs, mais ils n'avaient pas de limites, tout simplement, et nous pas assez d'expérience ni d'autorité pour arriver à leur en donner, tous seuls, sans appui de la chef. J'ai failli gifler une élève, j'ai traité un autre de "petit con", je me suis sentie coupable de ne pas donner aux élèves qui voulaient progresser (et qui en avaient bien besoin) des conditions décentes de travail (sans bruit, sans stress permanent).
Il nous aurait fallu dix ans, à mon conjoint et moi-même, pour cumuler les points nécessaires à un retour chez nous ; on a préféré fuir au bout de trois ans en Aquitaine (qu'on ne connaissait pas, mais on espérait naïvement nous rapprocher de la mer) et faire une croix sur la Bretagne (le temps de recumuler assez de points, on s'installe... on ne va pas changer sans arrêt d'amis, de lieu de vie...). Résultat: je vois ma famille une fois tous les 6 mois, mon neveu qui est encore très jeune ne me reconnaît pas...
On s'est retrouvés TZR en Dordogne, l'un au nord, l'autre au sud. On faisait nos deux heures de voiture quotidiennes. C'était fatigant. La 2e année, j'ai même eu un accident. Quant à mon conjoint, il a subi le statut de TZR pendant 5 ans et a bien failli changer de métier.
On a eu des classes variées. Certaines étaient pénibles, usantes, déprimantes parce qu'on se sent impuissant à assurer une discipline.
Alors, non, les conditions dans lesquelles on exerce ce métier ne sont pas idylliques, on est bien d'accord.
Mais le métier en lui-même, l'enseignement, le rapport à la plupart des élèves, la transmission du savoir et de l'amour des lettres, je persiste, c'est formidable. Et à côté de tous ces "ennuis", il y a eu aussi de jolies choses. Des collègues des années de galère avec qui j'ai gardé contact. Des élèves dont je me souviens avec attendrissement. Des petits bonheurs sur des textes qu'on partage avec la classe : des 6es les larmes aux yeux après ma lecture de la mort de Gueule Noire dans Cabot-Caboche, une 3e la semaine dernière qui s'exclame "c'est beau!" sur une phrase de Proust, un cancre de ma ZEP-PEP4 qui veut rejouer le texte parce que c'est "trop bien"... Le plaisir de voir un gamin enfin comprendre quelque chose. C'est pour ça qu'on est devenus profs, non ?

miss sophie
Expert spécialisé


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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par Gryphe le Sam 4 Déc 2010 - 15:19

@miss sophie a écrit:C'est pour ça qu'on est devenus profs, non ?
Oui, c'est pour ça. Même si là je ne le suis plus, mais pour le rapport aux élèves, c'est exactement pareil.

C'est pour ça qu'on y est :

Un élève en foyer, qu'on porte à bouts de bras, parce que quand même, vaut mieux qu'il soit là plutôt qu'il soit balloté d'établissements en établissements et qui vient, après une semaine de stage en entreprise, me montrer tout son dossier de stage. Il a passé une récré complète à me parler de son stage, spontanément, à me montrer tout ce qu'il avait fait en stage, plutôt que d'aller jouer avec les copains.

Et là, ça rattrape aussi toutes les soirées passées à établir les conventions de stage pour les élèves.

Et là, je me dis, oui, c'est pour ça qu'on est là. Pour eux en tout cas.

I love you

Gryphe
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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par Reine Margot le Sam 4 Déc 2010 - 16:28

Pour compenser quelque peu les avis optimistes, un peu de pessimisme:

j'ai aussi passé le capes car avec des études de lettres je ne me voyais rien faire d'autre. J'avais de mauvais souvenirs du collège (et une assez mauvaise image des ados), mais je pensais pouvoir m'adapter.
1ere année très dure, puis 2e meilleure, validation.
Puis trois ans très calmes, où je n'avais pas de souci particulier avec les élèves, mais je m'ennuyais, 'jattendais impatiemment la fin de la journée pour rentrer chez moi, je comptais les heures...et je craignais ce qui se passerait lorsque j'aurais des classes plus dures.
puis à nouveau 2 années difficiles, qui m'ont fait me rendre compte que pour tout un tas de raisons je ne suis pas faite pour ça, et décision de reconversion.

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1 enseignant molesté, c’est un fait divers, pas un phénomène de société.
2 enseignants molestés, c’est un fait divers, pas un phénomène de société.
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[la progression arithmétique se poursuit en série]
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Reine Margot
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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par Lantelme le Sam 4 Déc 2010 - 17:32

Et puis les agrégés ne sont pas les plus à plaindre dans le système. Ce sont à peu près les seuls enseignants à avoir des salaires décents voire confortables (pour ceux en CPGE notamment). Il ne faut donc pas tout noircir, effectivement.

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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par thrasybule le Sam 4 Déc 2010 - 17:37

@Lantelme a écrit:Et puis les agrégés ne sont pas les plus à plaindre dans le système. Ce sont à peu près les seuls enseignants à avoir des salaires décents voire confortables (pour ceux en CPGE notamment). Il ne faut donc pas tout noircir, effectivement.
Excuse-moi mais c'est loin d'être la majorité et je rappelle que ce sont les seuls à ne pas avoir été revalorisés par Jospin en 89

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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par Daphné le Sam 4 Déc 2010 - 17:42

@thrasybule a écrit:
@Lantelme a écrit:Et puis les agrégés ne sont pas les plus à plaindre dans le système. Ce sont à peu près les seuls enseignants à avoir des salaires décents voire confortables (pour ceux en CPGE notamment). Il ne faut donc pas tout noircir, effectivement.
Excuse-moi mais c'est loin d'être la majorité et je rappelle que ce sont les seuls à ne pas avoir été revalorisés par Jospin en 89

Exactement ! Et il a fallu se battre pour ques les agrégés bénéficient aussi de la revalorisation des débuts de carrière, au départ rien n'était prévu pour eux. Et pour les bi-admissibles aussi il a fallu réclamer.

Daphné
Demi-dieu


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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par CarmenLR le Dim 12 Déc 2010 - 19:22

Je ne sais pas où en est Cavecattum dans ses questionnements.
Je dirais aussi qu'on peut aimer et avoir aimé certaines facettes de ce métier (je pense au contact avec les ados, bien sûr, je ne m'exprime pas sur l'institution, ça me déprime) et avoir envie de faire autre chose.
C'est mon cas : j'ai envie de faire autre chose parce que je ne supporte pas l'institution et son mépris, et je sais que le contact avec les ados risque de me manquer.
Ce qui me manque aussi : l'impossibilité de mener à bien un projet à long terme.
Ca fait 13 ans que j'enseigne, et j'en suis là...
J'essaie de me reconvertir dans les bibliothèques et ce n'est pas facile, et je ne sais pas si c'est le bon choix ! Pas facile de savoir.

CarmenLR
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Re: Etude d'un cas, le mien en fait...

Message par loup des steppes le Mer 22 Déc 2010 - 2:03

Oui aimer l'humain jusqu'à l'oubli de soi-même parfois, c'est surtout ça qui est à la base, pour transmettre quoi que ce soit c'est primordial à mon avis ...

Ensuite quand on n'était "pas fait pour ça" (?) et qu'on a compris trop tard qu'il ne fallait pas attendre avant de changer d'orientation -parce que plus le temps passe et plus c'est difficile, et bien on ne se sent jamais vraiment "dedans", quand bien même ça nous occupe/bouffe un maximum d'énergie et de temps, qu'on s'y donne à fond et qu'on y éprouve aussi du plaisir voire qu'on en reçoit parfois des signes de reconnaissance -de la part des élèves j'entends-...

Moi aussi j'ai travaillé en collège ZEP et zône sensible, je l'avais demandé car je ne supportais plus les gamins du lycée ultra chic, et là j'ai pleuré midi et soir pendant 1 an, avant de comprendre comment je fonctionnais par rapport à mes ZEPeux et comment les "prendre".. j'ai pleuré -mais de tristesse cette fois- quand j'ai finalement quitté "ma" ZEP au bout de 11 ans pour retourner au pays, et passer du collège au lycée, je fais ça depuis le début, au bout d'un temps je me lasse, et pourtant je refais la plupart de mes cours tous les ans, ça me motive de préparer du neuf, ...
Sans être, ni me sentir, vraiment "à part" je ne me suis pourtant jamais intégrée à un établissement, ni au monde enseignant, je suis toujours en perpétuel questionnement, un côté spectateur qui contrebalance l'actif/réactif et je rêve de + en + d'une reconversion tardive pour faire les 8 années qu'il me reste à accomplir pour bénéficier d'une retraite ridicule à taux plein...
"Pourquoi n'as-tu pas fait autre chose?" on ne me le demande plus depuis longtemps parce que je n'ai jamais donné de réponse sans doute.
J'aurais aussi aimé rester étudiante toute ma vie -mais finalement apprendre sans cesse c'est ce qu'on fait dans ce métier...
Je ne peux pas dire que j'aime ce métier, ni que je ne l'aime pas d'ailleurs.
Je sais seulement que j'aime les élèves, et que j'apprends à apprécier ceux avec lesquels ça passe moins bien dès le départ, car c'est bien le travail sur soi et son rapport aux autres qui est le plus important dans la vie.. Quand on arrive, en plus, à transmettre aussi des idées, à ouvrir des perspectives, à déclencher des passions, à mettre un peu d'humanisme dans ce monde de+ en + ...carcéral, quand on arrive à guider des êtres aux tempéraments et intérêts variés vers le goût du savoir et à leur faire aimer la liberté d'esprit et d'être qu'offre une approche culturelle bien comprise, à aimer la vie et toutes ses couleurs, et bien on a quand même le sentiment d'être utile à quelque chose, et ça redonne assez d'élan pour faire face à tout le reste et aux jours de déprime... parce qu'on se remet toujours en question dans ce boulot-là, non?
J'ai bien aimé lire tous les témoignages ici.. certains sont émouvants, entre les lignes. sunny

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[i] "Là où sont mes pieds, je suis à ma place." prov. Amérindien
"Choose the words you use with care: they create the world around you"

loup des steppes
Neoprof expérimenté


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