C'est Balzac qu'on assassine

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C'est Balzac qu'on assassine

Message par Abraxas le Ven 3 Déc 2010 - 10:35

Le lycée Honoré de Balzac est situé dans une zone en perdition scolaire, mais a redressé la barre depuis quelques années en montant une section internationale qui marche bien.
Trop bien, au gré de la nouvelle proviseur, qui depuis la rentrée, sous prétexte d'égalitarisme (toujours la même rengaine) fait de son mieux pour enfoncer les bons élèves de son bahut.
La suite sur http://www.causeur.fr/c’est-balzac-qu’on-assassine,8012

Promis, ce n'est pas moi qui ai écrit l'article.
Mais j'aurais pu…
Bon sang, il y en a de plus en plus qui sont persuadés que la Bêtise est un droit de l'homme — et de la femme, en l'occurrence.

"L’histoire peut paraître anecdotique, mais elle est symptomatique du cancer de la bien-pensance égalitariste qui ronge la société française depuis des années. Depuis un quart de siècle, le Collège-Lycée Honoré de Balzac (Porte de Clichy à Paris) est l’un des fleurons du système scolaire public en Île de France. La moitié de ses classes sont composées d’élèves bilingues, qui intègrent Balzac en 6e grâce à leur maîtrise parfaite d’une langue étrangère et à un dossier scolaire immaculé, pour y préparer le prestigieux BAC Option Internationale. On y trouve donc des classes d’élite qui font le bonheur de leurs professeurs, avec des élèves étudiant l’arabe littéraire, l’anglais, le portugais, l’italien, l’espagnol ou l’allemand. Ces élèves dits « internationaux » ont intégré Balzac sur concours, et viennent de toute l’Île de France chaque matin (parfois après une heure de transport) pour suivre leurs cours.

L’autre moitié de l’établissement est constituée de classes générales, normales, avec des élèves issus du quartier. La Porte de Clichy n’étant pas vraiment un coin favorisé de Paris, on trouve parmi les « généraux » un fort pourcentage de cancres en difficulté. Parmi ces cancres, il y a bien entendu quelques brutes encagoulées qui n’hésitent pas à mettre des baffes aux « bouffons » des classes internationales, voire à leur piquer leurs Choco BN, quand ce n’est pas leur portable. Mais rien de bien méchant, hein. On voit pire, bien pire, dans la majorité des établissements de banlieue. Balzac n’a rien d’un coupe-gorge. En tout cas, pas encore.

Depuis 25 ans, le Collège international de Paris fonctionnait ainsi. Un mélange de classes d’élite et de classes lambda, vivant à peu près en bonne intelligence dans ce gigantesque paquebot de béton. Et puis une nouvelle proviseure est arrivée cette année, avec un « projet d’établissement » sous le bras. Madame Katia Blas a décidé de mélanger les classes générales et internationales dès la rentrée prochaine. Jointe au téléphone, la proviseure s’est montrée choquée par l’indignation des parents d’élèves internationaux. Comment ne pas être d’accord avec son projet égalitaire, qui n’a d’autre but que de « prévenir la violence » et « améliorer les résultats de l’établissement » ? Avec un aplomb digne d’un Benoît Hamon expliquant son projet « d’égalité réelle », Madame Blas s’est émue des différences de résultats entre les classes « d’élite » (93% de reçus au brevet) et les classes générales (à peine 45%). Pour la proviseure l’idée même de classes d’élites est insupportable. Comme de bien entendu, le mot « discrimination » fait partie de son vocabulaire. Pour ces petits soldats de « l’égalité réelle », il ne saurait y avoir de justification à l’existence de classes internationales, peuplées d’intellos avec seize de moyenne, dans un établissement public.

Pour la sécurité des internationaux (dont elle reconnaît qu’ils se prennent à l’occasion des claques dans les couloirs, sur le mode « zyva sale bouffon »), la proviseure prône donc la seule solution possible : mettre dans la même classe intellos et cailleras nihilistes. S’appuyant sur les travaux de sociologues obscurs, la proviseure certifie que son projet d’établissement est la solution à tous les problèmes. Fini les violences ! En passant leurs journées côte à côte, bons élèves et ados en échec scolaire vont devenir les meilleurs amis du monde. Terminé les claques et les moqueries. Pour couronner le tout, les cancres vont, bien entendu, s’inspirer des bouffons à lunettes et raccrocher les wagons de la réussite scolaire ! Si ce n’était pas aussi triste et naïf, on pourrait en rire. Mais le gâchis est trop terrible. Trop de profs et de parents de bonne volonté se sont battus pour l’existence de Balzac International pour ne pas être effarés par ce projet. L’idée, d’une rare stupidité, rappelle évidemment l’affaire des ERS (établissement de réinsertion scolaire) qui ont fait la une des journaux il y a quelques semaines. Rappelez-vous : des collégiens de St Denis envoyés dans des ERS à la campagne pour reprendre leurs études. La belle idée s’était achevée, là aussi, à coups de claques dans la figure. Personne ne peut forcer un élève à se plonger dans ses livres, sauf peut-être ses parents…

Le fameux déni du réel qui caractérise notre société bien-pensante trouve avec cette affaire un nouvel exemple particulièrement sinistre. Un nouveau scandale. Parmi d’autres. Pourquoi « stigmatiser » les ados qui ne veulent rien faire, quand on peut faire porter le chapeau au « système », forcément bourgeois, de droite et inégalitaire ? Pourquoi protéger les classes « d’élite » (un gros mot dans la bouche de la proviseure ), quand on peut les livrer en pâture à la meute et faire remonter la moyenne générale de l’Établissement d’un demi point ? De quel droit les « intellos » pourraient-ils continuer à travailler tranquillement pendant que le niveau s’effondre autour d’eux ?

Les établissements scolaires devraient être des citadelles dédiées au savoir, à l’abri du tumulte et de l’air du temps. À l’abri des idéologues de la connerie bien-pensante, aussi, si ce n’est pas trop demander."

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par Abraxas le Ven 3 Déc 2010 - 10:39

À noter que les parents ont fini par réagir. Je viens de recevoir de l'un d'eux le courrier suivant — ça peut donner des idées à celles et ceux qui sont en butte aux délires administratifs :

"On se mobilise. On a écrit une lettre au proviseur avec des questions précises, signée de toutes les associations de parents, lui passant un peu de brosse à reluire (merci de soulever ce problème bien réel...), mais que la solution proposée ne paraissait pas être la bonne, lui rappelant que les enfants des sections internationales étaient là par le choix des parents. Subtext comme on dit en angais: si l'établissement ne répondait pas à leurs attentes, ils n'y mettraient plus leurs enfants. Conséquence: disparition des sections internationales et résultats encore plus faibles au brevet, donc proviseur mal notée. On a aussi la plupart des profs avec nous, ce qui aide bien!
Du coup elle a reporté sa réunion d'information aux parents (on lui a dit qu'on souhaitait travailler la main dans la main et qu'on ne souhaitait pas une opération de communication). Et fait une réunion préparatoire la veille des vacances de Noël. On est en train de choisir les parents les meilleurs en communication orale pour y assister.
On a également écrit au rectorat."

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par Pseudo le Ven 3 Déc 2010 - 10:58

J'ai une autre proposition à faire à cette proviseur : créer, en plus des classes internationales, des classes "foot", d'autres "grafs et arts de rue", etc... Avec sélection sur dossier. Elle y mets prioritairement ses cailleras, plus celles que ne manqueront pas de lui envoyer ses collègues du coin, qui pourront se sentir fières d'appartenir à une élite.

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par Carabas le Ven 3 Déc 2010 - 11:10

C'est incroyable que des gens qui ont fait des études, donc qui ont a priori été bons élèves et ont bénéficié de ce système inégalitaires détestent à ce point les "bons".

Faut être chiant (chiant = avoir de la personnalité), fainéant ( = avec des problèmes), con et fier de l'être ( = rebelle qui refuse le système) pour entrer dans les bonnes grâces des pédagogos.

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par kensington le Ven 3 Déc 2010 - 11:10

Le fameux déni du réel qui caractérise notre société bien-pensante trouve avec cette affaire un nouvel exemple particulièrement sinistre.

J'aime bien l'expression "cailleras nihilistes" ! Very Happy

Encore une affaire à médiatiser!

On souhaite en tout cas aux parents et aux profs concernés de gagner la bataille.

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par Ruthven le Ven 3 Déc 2010 - 11:24

Avant de hurler avec les loups, pourrait-on connaître la répartition de la DHG en fonction des classes internationales et des autres classes ? Les classes internationales sont généralement extrêmement coûteuses en heures, et on donne plus à ce qui ont plus ... Tant pis pour les autres. Qu'ils restent dans leur misère !


Dernière édition par Ruthven le Ven 3 Déc 2010 - 11:27, édité 1 fois

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par Pseudo le Ven 3 Déc 2010 - 11:26

Cela dit, si les parents des gros bourges sont pas heureux, z'ont qu'à aller dans le privé où ils pourront rester entre soi. Et nous laisser avec nos fonds de panier. Manquerait plus que l'argent public permette au privé d'alléger leurs effectifs de classe.

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par InvitéN le Ven 3 Déc 2010 - 11:26

@Pseudo a écrit:Cela dit, si les parents des gros bourges sont pas heureux, z'ont qu'à aller dans le privé où ils pourront rester entre soi. Et nous laisser avec nos fonds de panier. Manquerait plus que l'argent public permette au privé d'alléger leurs effectifs de classe.

topela + 10000

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par Pseudo le Ven 3 Déc 2010 - 11:30

@Ruthven a écrit:Avant de hurler avec les loups, pourrait-on connaître la répartition de la DHG en fonction des classes internationales et des autres classes ? Les classes internationales sont généralement extrêmement coûteuse en heures, et on donne plus à ce qui ont plus ... Tant pis pour les autres. Qu'ils restent dans leur misère !

Mais il ne s'agit à priori pas de supprimer les options internationales (couteuses). Mais de mixer les classes. Ou j'ai pas compris.
Au demeurant, mixer les "avec options" et "sans options", c'est pas de la tarte non plus niveau emploi du temps.

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par mel93 le Ven 3 Déc 2010 - 11:38

J'avoue que je suis assez choquée des noms d'oiseaux dont on afflige une Principale qui cherche juste à faire de la vraie mixité sociale dans son bahut.
En tant que TZR parisienne, je vois beaucoup de bahuts différents : j'ai vu le bahut ghetto avec que des pauvres (parce que maintenant qu'il n'y a plus de carte scolaire, on ne voit pas pourquoi les quelques bourgeois habitants des lofts dans les quartiers populaires mettraient leurs enfants dans les bahuts du quartier avec les pauvres) : une catastrophe ! Pire qu'un bahut de banlieue, où, faute de concurrence directe, on garde des éléments qui tirent la classe vers le haut. J'ai vu le bahut ghetto de riches, ben, il faut rentrer dans le moule, point de salut pour l'élève traversant des difficultés ou ne bénéficiant pas du même contexte socio-culturel que ses petits camarades. En ce moment, je suis dans un bahut avec une vraie mixité sociale, grâce aux Bobos qu'on aime tant décrier ! Un bahut dans un quartier populaire où il reste des pauvres, où les bobos sont arrivés et ont scolarisé leurs enfants dans les établissements scolaires de secteur : et ben ça marche du tonnerre ! Tout le monde est tiré vers leur haut.
Alors, avant de cracher avec mépris sur cette idée de la mixité, il faudrait peut être voir ce que ça donne, non ? Parce que le problème, c'est qu'elle n'a jamais été réellement mise en pratique.

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par Abraxas le Ven 3 Déc 2010 - 11:46

Mais la mixité existe aussi dans les classes internationales — mais pas assez, au gré de ladite principale !

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par Lolo_Ecolo le Ven 3 Déc 2010 - 11:47

@mel93 a écrit:J'avoue que je suis assez choquée des noms d'oiseaux dont on afflige une Principale qui cherche juste à faire de la vraie mixité sociale dans son bahut.
En tant que TZR parisienne, je vois beaucoup de bahuts différents : j'ai vu le bahut ghetto avec que des pauvres (parce que maintenant qu'il n'y a plus de carte scolaire, on ne voit pas pourquoi les quelques bourgeois habitants des lofts dans les quartiers populaires mettraient leurs enfants dans les bahuts du quartier avec les pauvres) : une catastrophe ! Pire qu'un bahut de banlieue, où, faute de concurrence directe, on garde des éléments qui tirent la classe vers le haut. J'ai vu le bahut ghetto de riches, ben, il faut rentrer dans le moule, point de salut pour l'élève traversant des difficultés ou ne bénéficiant pas du même contexte socio-culturel que ses petits camarades. En ce moment, je suis dans un bahut avec une vraie mixité sociale, grâce aux Bobos qu'on aime tant décrier ! Un bahut dans un quartier populaire où il reste des pauvres, où les bobos sont arrivés et ont scolarisé leurs enfants dans les établissements scolaires de secteur : et ben ça marche du tonnerre ! Tout le monde est tiré vers leur haut.
Alors, avant de cracher avec mépris sur cette idée de la mixité, il faudrait peut être voir ce que ça donne, non ? Parce que le problème, c'est qu'elle n'a jamais été réellement mise en pratique.

+1000 ! veneration

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par mel93 le Ven 3 Déc 2010 - 11:50

@Abraxas a écrit:Mais la mixité existe aussi dans les classes internationales — mais pas assez, au gré de ladite principale !
Alors ça, pour l'affirmer, il faut avoir des stats précises ! Parce que sinon, on peut aussi dire qu'il y a de la mixité sociale à Janson de Sailly grâce aux 2 % d'enfants de concierges, sauf que, fait étrange, ceux-là, on les trouve bien au collège JDS, mais rarement au lycée JDS...

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par kensington le Ven 3 Déc 2010 - 11:52

L'auteur de l'article précise dans les commentaires:
Petite précision utile. Les élèves des classes « d’élites » de Balzac ne sont pas des enfants favorisés. Ils sont souvent issus de familles modestes, et la plupart viennent en RER ou en métro des quatre coins de la région…

Il y aussi de bons élèves venant de milieux modestes. Et qui ont eux aussi envie d'apprendre sans se faire emm...er.

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par InvitéN le Ven 3 Déc 2010 - 11:53

C'est vrai que dans l'idéal il faut tendre à la mixité sociale et culturelle...Après il faut confronter aux réalités locales : là est toute la difficulté.

Des CDE compétents, ça doît bien exister non heu Neutral

J'en ai connu UNE en 18 ans de carrière en poste fixe collèges ( sur 5 ... cafe Twisted Evil )

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par mel93 le Ven 3 Déc 2010 - 12:02

@kensington a écrit:L'auteur de l'article précise dans les commentaires:
Petite précision utile. Les élèves des classes « d’élites » de Balzac ne sont pas des enfants favorisés. Ils sont souvent issus de familles modestes, et la plupart viennent en RER ou en métro des quatre coins de la région…

Il y aussi de bons élèves venant de milieux modestes. Et qui ont eux aussi envie d'apprendre sans se faire emm...er.

J'ai vu plus précis comme étude sociologique de la population d'un bahut : venir en métro au lycée à Paris, je pense que c'est le cas de 80 % des élèves parisiens, quant au RER, venir en RER d'Aulnay sous bois ou de Puteaux, ça ne dit pas la même chose sociologiquement... De toute évidence, l'article est orienté, donc, à moins de statistiques précises, je reste prudente...

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par Celeborn le Ven 3 Déc 2010 - 12:06

@mel93 a écrit:J'avoue que je suis assez choquée des noms d'oiseaux dont on afflige une Principale qui cherche juste à faire de la vraie mixité sociale dans son bahut.

Et qui n'y arrivera pas, puisque les parents d'élèves potentiellement pris dans ces sections ne vont pas s'amuser à faire venir leurs enfants de loin pour qu'ils étudient dans ce type de conditions. L'enfer est pavé de bonnes intentions, comme d'hab…

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par roxanne le Ven 3 Déc 2010 - 12:29

Disons que rien n'est tout blanc ou tout noir ..Faire de l'égalitarisme à tout crin , en nivelant par le bas , on est bien d'accord, ce n'est terrible.Maintenant , on peut s'interroger aussi sur des réactions aussi vives des parents des "élites" dès qu'il s'agit de ne plus les laisser entre eux.L'idéal serait que des enfants "défavorisés" puissent rejoindre les classes bilangue par leur mérite..faudrait voir quelles sont les statistiques à ce sujet depuis la création de ces classes.Si il n' y a pas eu d'évolution, il faut aussi se poser des questions.Maintenant (toute proportion gardée)il y a dans mon collège des classes bilangue où sont regrupés , il faut bien le reconnâitre, les bons élèves , les gamins plus favorisés (dont tous les enfants des collègues).Du coup , les autres classes peinaient un peu.Cette année , au lieu de regrouper les bilangue sur deux classes , ils l'ont été sur trois et les classes ont été complétées par des gamins plus faibles ou plus problèmatiques.(bon , bien sûr pas des brutes épaisses non plus).Et bien , ça fonctionne pas mal.Certes, ils ne sont pas devenus des "génies" tout à coup , mais dans une ambiance de travail et de sérieux , ils sont moins tentés de faire les cons .Parce que les classes de "cas" ce n'est pas non plus le top...pour personne ..

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par Reine Margot le Ven 3 Déc 2010 - 12:32

je crois aussi qu'il faudrait faire entrer dans ces options d'élite les élèves défavorisés mais ceux qui souhaitent vraiment travailler et qui se sont toujours bien comportés. parce que si c'est pour faire entrer des perturbateurs qui vont f... le bronx et empêcher les autres de bosser, je ne vois pas où est l'égalité.

_________________
1 enseignant molesté, c’est un fait divers, pas un phénomène de société.
2 enseignants molestés, c’est un fait divers, pas un phénomène de société.
150 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société.
151 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société.
………………………………
[la progression arithmétique se poursuit en série]
…………………………………..
156 879 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société.
156 880 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société. »

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par roxanne le Ven 3 Déc 2010 - 12:35

Et puis ce qui me gêne aussi dans l'article c'est de penser qu'il y a d'un côté les classes élèves modèles et de l'autre les cailleras cancres qui ne veulent rien faire.Or , tout de même il y a au mimlieu de tout ça une majorité silencieuse, de gamins un peu moyens , un peu faibles mais "gentils" et qui eux subissent les cailleras (les vraies) depuis toujours...Et ceux -là , ils n'auraient pas droit à bosser dans des conditions un peu "normales" aussi ?

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par Reine Margot le Ven 3 Déc 2010 - 12:37

Il faut aussi voir que les classes considérées comme d'élite ne sont pas forcément modèles, les gamins sont conscients de leur supériorité et peuvent être carrément puants. (j'en ai eu l'exemple au conservatoire "mais madame on peut bavarder, on a des bonnes notes, c'est pas grave")

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par Ruthven le Ven 3 Déc 2010 - 12:50

@roxanne a écrit:Et puis ce qui me gêne aussi dans l'article c'est de penser qu'il y a d'un côté les classes élèves modèles et de l'autre les cailleras cancres qui ne veulent rien faire.Or , tout de même il y a au mimlieu de tout ça une majorité silencieuse, de gamins un peu moyens , un peu faibles mais "gentils" et qui eux subissent les cailleras (les vraies) depuis toujours...Et ceux -là , ils n'auraient pas droit à bosser dans des conditions un peu "normales" aussi ?

+1
Et il y a même dans le lot, sans doute, quelques très bons élèves, mais qui ne maîtrisent cependant pas suffisamment une langue étrangère pour réussir l'examen d'entrée dans une classe internationale.

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par Pseudo le Ven 3 Déc 2010 - 13:13

J'avais l'impression que le but était plutôt une mixité scolaire (les forts avec les faibles), plutôt qu'une mixité sociale qui était cherchée. Le problème étant que, souvent, résultats scolaires et origines sociales se recoupent.

Et sous couvert de faire baisser la violence. C'est à la mode.

Le problème des classes très hétérogènes, c'est qu'on perd de toute façon les trop cancres et qu'on ennuie les bons. Et les bons de Balzac, ils ne sont pas forcés de venir, il vont donc assez logiquement finir par vider les lieux.

Autre façon de voir le problème : l'école est avant tout un lieu de socialisation, tant pis si les résultats des bons sont moindre, ce qui compte c'est que tout le monde aura appris à se côtoyer. Parce qu'on sait bien que c'est comme ça que fonctionne le monde aujourd'hui, hein : les riches vont habiter dans les ghettos et les pauvres obtiennent des logements sociaux dans les banlieues friquées, et tout le monde va au même club de gym.
Mais est-ce que ces enfants de Balzac (les bons et les mauvais) qui auront connus la mixité (en imaginant que ça puisse se faire) vont pour autant développer un amour inconditionnel de leur prochain quelque soit son origine ?

Enfin, et surtout, cette mixité apparemment imposée à marche forcée ne va-t-elle pas surtout démolir la filière d'excellence et au final accroitre la ghettoisation du bahut ?

Encore une fois, on demande à l'école de résoudre des problèmes qui ne sont pas de son ressort de façon directe mais dont elle s'appuie les dommages collatéraux. L'école ne résoudra pas à elle toute seule le mépris de l'autre, la division sociale de la réussite, la violence qui avant d'être scolaire est sociale (ce ne sont pas les salariés de France Télécom ou les chômeurs en fin de droits qui viendront me contredire).

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par Nasopi le Ven 3 Déc 2010 - 13:33

Il y aussi de bons élèves venant de milieux modestes. Et qui ont eux aussi envie d'apprendre sans se faire emm...er.

Ben oui, mais dans les classes "non internationales" de cet établissement, il y a peut-être, aussi, de bons élèves qui ont envie d'apprendre sans se faire emm...er, et qui n'ont pas la chance d'être bilingues !

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Re: C'est Balzac qu'on assassine

Message par Pseudo le Ven 3 Déc 2010 - 14:35

@Nasopi a écrit:
Il y aussi de bons élèves venant de milieux modestes. Et qui ont eux aussi envie d'apprendre sans se faire emm...er.

Ben oui, mais dans les classes "non internationales" de cet établissement, il y a peut-être, aussi, de bons élèves qui ont envie d'apprendre sans se faire emm...er, et qui n'ont pas la chance d'être bilingues !

Certes. Mais le "mixage" proposé ne va pas vraiment résoudre leur problème, si ?

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