Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

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Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par John le Dim 5 Déc 2010 - 23:42

Mardi 7 décembre 2010 à 11h, nous devrions apprendre trois choses :
- la France reste globalement dans la moyenne des pays développés pour l'efficacité de son éducation
- la France sait toujours amener certains élèves à une belle réussite
- MAIS le nombre d'élèves de 15 ans ne maîtrisant absolument pas les fondamentaux a connu une augmentation dramatique entre 2005 et 2009.

L'étape suivante sera celle des commentaires et interprétations...

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par Celeborn le Lun 6 Déc 2010 - 0:03

Le système scolaire finlandais sera toujours au top, tu crois, ou alors on pourra respirer un peu de ce côté et entendre parler d'autres jolis pays exotiques ? Razz

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par John le Lun 6 Déc 2010 - 0:05

Ah ça, pour le savoir, il faut attendre l'expression de la grande prêtresse. Mais à mon avis, il restera très bien classé.

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par frankenstein le Lun 6 Déc 2010 - 0:12

@John a écrit:Mardi 7 décembre 2010 à 11h, nous devrions apprendre trois choses :
- la France reste globalement dans la moyenne des pays développés pour l'efficacité de son éducation
- la France sait toujours amener certains élèves à une belle réussite
- MAIS le nombre d'élèves de 15 ans ne maîtrisant absolument pas les fondamentaux a connu une augmentation dramatique entre 2005 et 2009.

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par Abraxas le Lun 6 Déc 2010 - 6:06

Et avant d'en tirer des considérations sur la comète, lire impérativement cette analyse de PISA, faite par l'une des meilleures sociologues actuelles :

http://www.nathalie-bulle.com/Files/pisa_fin.pdf

Quant à savoir pourquoi la Finlande se classe si bien, un essai intéressant sur le sujet, qui donnera des armes contre tout réformateur un peu pressé (pressé d'en finir avec le modèle français) :

http://le-finnois-et-pisa.blogspot.com/

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par doctor who le Lun 6 Déc 2010 - 8:27


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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par John le Lun 6 Déc 2010 - 23:21

À l’occasion de la publication de la dernière enquête PISA - Programme international pour le suivi des acquis des élèves - réalisée par l’OCDE, Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative, vous convie à une conférence de presse au cours de laquelle il analysera les résultats de la France.

Conférence de presse

Mardi 7 décembre 2010 - 11h15
Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative
Salle Condorcet
110 rue de Grenelle
75 007 Paris

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par Celeborn le Lun 6 Déc 2010 - 23:27

Dis donc ! 15 minutes entre la réception des résultats et leur analyse : ça turbine, au MEN ! Very Happy

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par frankenstein le Lun 6 Déc 2010 - 23:44

@Celeborn a écrit:Dis donc ! 15 minutes entre la réception des résultats et leur analyse : ça turbine, au MEN ! Very Happy
Il y a eu des "fuites" !

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par kensington le Mar 7 Déc 2010 - 12:08

Le Monde:
L'école française mal classée et jugée injuste
LEMONDE pour Le Monde.fr | 07.12.10 | 10h59 • Mis à jour le 07.12.10 | 11h37

"En France l’impact du milieu socio-économique sur la performance est plus grand que dans la moyenne des pays de l’OCDE", note le Programme international pour le suivi des acquis des élèves.

"En France l’impact du milieu socio-économique sur la performance est plus grand que dans la moyenne des pays de l’OCDE", note le Programme international pour le suivi des acquis des élèves.AFP/MARTIN BUREAU

La France a raté son PISA 2009. Ce Programme international pour le suivi des acquis des élèves montre un pays tout juste dans la moyenne OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Rendue publique mardi 7 décembre, l'évaluation du niveau des élèves de 15 ans laisse apparaître une France très largement devancée. Les Etats-Unis réussissent mieux que nous en lecture et en sciences. Quant à l'Allemagne, derrière nous il y a dix ans, elle s'est ressaisie et nous passe devant en lecture, en sciences et aussi en mathématiques.

Tous les trois ans depuis l'an 2000, l'OCDE compare ce que savent faire les jeunes de 15 ans dans leur langue maternelle, en mathématiques et en sciences. Elle ne mesure pas l'acquisition de programmes scolaires mais vérifie que les élèves savent se débrouiller avec les compétences nécessaires dans nos sociétés. L'édition 2010 est d'autant plus importante qu'elle montre l'évolution des systèmes sur dix ans. Le programme est réalisé tous les trois ans sur un échantillon représentant 26 millions de jeunes scolarisés dans 65 pays, qui représentent 90% de l'économie mondiale.

LA FRANCE EN CHUTE SUR LES MATHÉMATIQUES

Pour la France, les résultats de PISA 2009 sont mauvais à plusieurs titres. D'abord parce que les résultats bruts sont juste à la moyenne des pays de l'OCDE, ensuite parce que la courbe depuis la première session, en 2000, est à la baisse, et aussi parce qu'ils montrent un système de plus en plus injuste. Alors que la moyenne des pays de l'OCDE tourne autour de 500 points, la France obtient 496 en compréhension de l'écrit, 497 en mathématiques et 498 en sciences. En compréhension de la lecture, les élèves français chutent de 9 points et de 6 places, passant de la 12e à la 18e places en dix ans.

Si l'on arrête là notre regard, la performance n'est pas brillante. En revanche, en comparant 2009 à 2003 ou à 2006, les résultats restent stables. En mathématiques, toutefois, impossible de masquer la chute. La France descend de la 13e à la 16e place, et surtout perd 14 points depuis 2003. C'est beaucoup. Surtout quand l'Allemagne en gagne 10 en six ans, l'Italie 17 et le Portugal 21. En sciences, en revanche, la France campe toujours à la 21e place avec un score stable de 498 points.

L'ÉCOLE NE JOUE PLUS SON RÔLE D'ASCENSEUR SOCIAL

Ces résultats masquent un autre indicateur inquiétant : notre école ne corrige que très mal les injustices de naissance. "En France l'impact du milieu socio-économique sur la performance est plus grand que dans la moyenne des pays de l'OCDE. Les diverses caractéristiques du milieu familial expliquent 28 % de la note", rappelle Eric Charbonnier, le responsable de PISA France. Un pourcentage en hausse, qui montre que l'école ne joue plus son rôle d'ascenseur social.

Autre révélation de PISA 2009, ils sont de plus en plus nombreux à rester au pied de l'ascenseur. "Le groupe des moins bons élèves en maîtrise de la langue augmente de 5 %. Ce sont souvent des garçons et leur niveau scolaire à 15 ans – qui est significatif de la suite de leur parcours – n'est pas ce qu'on peut attendre dans une société de la connaissance", souligne M. Charbonnier.

Aujourd'hui, ce sont 22,5 % des jeunes Français – soit 2 % de plus que dans la moyenne des pays de l'OCDE – qui peinent à extraire des informations d'un texte, à comprendre les liens entre les personnages, voire à dégager l'idée force d'un écrit. En mathématiques, c'est la même chose.

La proportion des élèves les moins performants a aussi augmenté de façon significative entre 2003 et 2009, passant de 16,6 % à 22,5 %. Ce qui signifie que ces élèves ne savent s'y prendre avec un problème que si celui-ci ne nécessite pas d'étape intermédiaire pour sa résolution. Ils sont capable d'appliquer une formule, pas d'échafauder une stratégie qui conduirait à la résolution d'un problème.

DES AMÉLIORATIONS SIGNIFICATIVES DANS CERTAINS PAYS

Toutes ces compétences sont mesurées chez des jeunes de 15 ans. Qu'ils soient encore au collège, au lycée général ou professionnel, on est bien loin de la maîtrise du socle commun par tous les élèves, au programme depuis la loi d'orientation de 2005. Dans sa stratégie de minimiser les dégâts, le ministère répond qu'on connaissait déjà ce bilan grâce aux études franco-françaises. Il omet toutefois une différence : PISA met en évidence qu'avec parfois moins d'argent, d'autres réussissent mieux que nous. Et justement, autour de nous s'esquissent quelques jolies montées.

L'Italie a connu des améliorations ; l'Allemagne, le Portugal et la Hongrie aussi. L'Allemagne, qui avait vécu son classement en 2000 comme une véritable atteinte à sa grandeur, a rattrapé son retard en injectant des moyens, certes, mais surtout en apportant de l'aide aux élèves en difficulté, en augmentant la durée de la journée. Quant au Portugal, il a travaillé depuis 2000 sur les disparités sociales, a revu la formation de ses enseignants, son système d'évaluation et a supprimé les redoublements.
Maryline Baumard

AFP:
Les inégalités scolaires se sont accrues depuis l'an 2000

De Emmanuel DEFOULOY (AFP) – 7/12/10

PARIS — Les élèves français de 15 ans ont des résultats dans la moyenne des pays de l'OCDE mais les inégalités scolaires se sont accrues en France depuis l'an 2000, avec notamment davantage d'élèves faibles, selon les résultats de l'enquête "Pisa" 2009 rendue publique mardi.

Comme lors de la précédente enquête de 2006, la France se situe dans la moyenne de l'OCDE pour les trois compétences étudiées (21ème sur 65 en compréhension de l'écrit, 22ème en mathématiques et 27ème en sciences), loin derrière la tête du classement 2009 composée de Shanghai, Corée du Sud et Finlande.

Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa) de 2009 compte les 34 pays membres de l'OCDE, ainsi que 31 pays ou économies partenaires, comme Shanghai qui participait pour la première fois.

Si la place de l'Hexagone est peu enviable, les résultats révèlent en plus de fortes inégalités, en hausse durant la décennie 2000.

En effet, la proportion des élèves "performants" comme celle des élèves "en très grande difficulté scolaire" sont toutes deux au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE, relève l'Organisation.

Par rapport à "Pisa" 2000, première édition de l'enquête, la proportion des élèves de 15 ans "les moins performants en compréhension de l'écrit" est passée de 15% à 20%. Dans le même temps, le pourcentage des plus performants a augmenté de 8,5% à 9,6%.

De la même façon, la proportion des élèves les plus faibles en mathématiques a augmenté de 16,6% en 2003 à 22,5% en 2009, alors que la proportion des meilleurs restait sensiblement identique.

"Il y a de plus en plus d'élèves en échec scolaire, les inégalités se sont creusées. C'est un signal d'alarme pour la France qui avait déjà été tiré par l'OCDE en 2006 et qui l'est de nouveau", a commenté pour l'AFP Eric Charbonnier, expert éducation à l'Organisation.

La comparaison avec le Danemark est instructive, relève-t-il: les deux pays sont moyens, mais la France parce que "la proportion de son élite est toujours aussi importante", alors que le Danemark a surtout peu d'élèves faibles.

C'est qu'en France, l'école ne parvient pas à corriger les inégalités de départ: "l'impact du milieu socio-économique sur la performance" y est plus grand que la moyenne OCDE.

Les comparaisons relèvent que la France gagnerait à faire du soutien plus individualisé dans les écoles ou à réduire les redoublements: "Il n'y a pas de fatalité", assure M. Charbonnier, car Corée du Sud, Japon ou Canada par exemple parviennent à concilier performance et équité.

Outre ces pays, les plus performants, selon "Pisa" 2009, sont la ville chinoise de Shanghai, la Finlande, l'Australie ou les Pays-Bas, l'Asie trustant les cinq premières places en mathématiques. Globalement, Allemagne, Pologne et Portugal s'améliorent, mais Suède, Irlande ou République tchèque reculent.

Partout, les filles devancent les garçons, avec un écart moyen représentant l'équivalent d'une année d'études.

Grâce à des questions sur l'environnement d'apprentissage, on apprend aussi que la France se classe parmi les pays "où la discipline est la moins respectée", même si environ deux tiers des élèves disent bénéficier de classes disciplinées.

Les enseignants français tirent par ailleurs leur épingle du jeu: ils encouragent leurs élèves à lire plus que la moyenne OCDE et l'affirmation selon laquelle "la plupart de mes enseignants me traitent de façon juste" a recueilli 16 points de pourcentage de plus en 10 ans.




Libé 07/12/2010 à 11h00

L'école française plus inégalitaire que les autres


L'OCDE publie ce mardi sa grande enquête Pisa sur le niveau des élèves de 65 pays. Ce qu'il faut retenir pour la France.

Par LIA BONAL, MARIE PIQUEMAL
L'enquête Pisa a lieu tous les trois ans.



Les élèves français? Moyens en compréhension écrite, plus si forts que ça en maths... Pas de quoi fanfaronner. Voilà pour résumer ce qui ressort de l'enquête Pisa, pour «Programme international pour le suivi des acquis des élèves». Depuis 2000, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) évalue tous les trois ans les systèmes éducatifs de 65 pays et mégalopoles comme Hong-Kong ou Shanghai.

L'enquête repose sur trois épreuves (compréhension de l'écrit, maths et sciences) et sur un entretien oral d'une demi-heure. Au total, ont été interrogés 470.000 élèves de 15 ans (quel que soit leur classe, 3e ou seconde en France). Découvrez ici le graphique animé du palmarès.

Déjà peu glorieux en 2007, le tableau de la France ne s'arrange pas. Les principaux points de cette nouvelle enquête.
L'écart entre bons et moins bons élèves se creuse

En compréhension de l’écrit, la France ne s'en sort pas trop mal, avec un score de 496 points. Soit dans la moyenne des pays de l’OCDE (493 points) et comparable aux fois précédentes (la France affichait 505 points en 2000). Mais cette stabilité apparente cache une évolution plus inquiétante: si le contingent de bons élèves se maintient (et même se renforce un peu), les moins bons ont de plus en plus tendance à décrocher.

Cet «écart significatif» entre les meilleurs et les moins bons se traduit par «une proportion d’élèves performants en France au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE combinée à une proportion d’élèves en très grande difficulté scolaire elle aussi au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE», note l'étude.

Dans le détail, en compréhension de l'écrit, la proportion de bons élèves en France a augmenté de 8,5% à 9,6% entre 2000 et 2009. Or, dans le même laps de temps, la proportion des élèves les moins performants a également augmenté, et de manière plus importante: ils étaient 15% en 2000, 20% en 2009, une proportion supérieure à la moyenne.

De la même manière, en maths, la proportion des moins bons a augmenté de façon significative entre 2003 et 2009, passant de 16.6 % à 22.5 %, tandis que celle des meilleurs élèves reste stable.
La mauvaise surprise des maths

Jusqu'ici, les maths ont toujours été le point fort de la France. Lors des précédents classements, les Français se positionnaient dans le haut du tableau. Mais voilà, la dernière enquête est sans appel: le niveau des élèves de 15 ans a dégringolé, avec une baisse de 14 points par rapport à 2003. La France a rejoint le groupe des «moyens» en maths avec 497 points (la moyenne est à 496), ex-æquo avec la Slovaquie. Et à un ou deux points de la Pologne ou de l'Autriche.

Sur le fond, ces résultats ne sont pas catastrophiques, mais sont un mauvais signal pour la France qui décroche des médailles Fields (équivalent du prix Nobel pour les mathématiques). Comment expliquer cette baisse de niveau? A y regarder de près, la proportion de «bons élèves» ne baisse pas, en revanche, ceux qui ont des difficultés sont passés de 16,5% à 22,5%.
Les garçons prennent du retard sur les filles

Depuis dix ans, l'écart entre les sexes se creuse. Entre 2000 et 2009, les garçons ont décroché, notamment en compréhension de l'écrit. Résultat, les filles ont désormais 40 points d'avance sur leurs camarades masculins, contre 29 auparavant.

Les garçons restent toutefois devant en maths (seize points d'avance, contre douze points en moyenne dans les autres pays).

Garçons et filles sont en revanche à quasi égalité en culture scientifique, où les garçons n'ont engrangé que trois petits points d'avance.
L'école creuse les inégalités sociales

En France, le milieu socio-économique pèse plus qu'ailleurs. L'enquête Pisa questionne les élèves sur le statut professionnel et le niveau de formation de leurs parents, le nombre de livres à la maison, la langue parlée en famille... Il en ressort qu'en France, ces facteurs expliquent 28 % de la variation de la performance des élèves, contre 22% en moyenne dans l’OCDE. A titre de comparaison, ce pourcentage est inférieur à 18 % en Islande, en Israël, au Canada, en Corée et en Estonie, mais supérieur à 26 % en Autriche, en France donc, en Belgique et au Luxembourg.

L'étude montre que les pays qui accusent de fortes disparités socio-économiques ne les répercutent pas forcément à l'école. «Ce constat est important aussi, car il donne à penser que l’égalité des chances dans l’éducation est possible même lorsque le milieu socio-économique des élèves varie fortement», remarque l'OCDE.
Les élèves issus de l'immigration à la traîne

En France, les élèves issus de l'immigration représentent 13% de l'échantillon interrogé, une proportion comparable à celle de la Belgique, des Pays-Bas ou du Royaume-Uni.

Ces élèves ont globalement plus de mal que les autres en compréhension de l'écrit. Les nouveaux arrivants (issus de la première génération) ont deux fois plus de risques de compter parmi les élèves «peu performants». Cette inégalité est commune aux autres pays étudiés, comme la Suède par exemple, mais il semble qu'elle soit particulièrement forte en France. L'écart entre les élèves immigrés de la première génération et les autres est de 79 points – soit l’équivalent de plus d’une année d’études – contre 52 points en moyenne dans l'OCDE.
La maternelle ne sert pas à rien

Menacée par les économies budgétaires, la scolarisation des tout-petits est régulièrement remise en cause. Les profs des écoles se souviennent encore avec amertume des propos de Xavier Darcos, alors ministre de l'Education, en 2008: «Est-ce qu'il est logique de faire passer des concours bac + 5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches?»

L'enquête Pisa remet les idées en place: «Les élèves qui ont été préscolarisés (qui ont été en maternelle, ndlr) pendant plus d'un an devancent les élèves qui ne l'ont pas été.» Et de beaucoup. L'écart en compréhension de l'écrit est de plus de 100 points en France, Belgique et Israël.
Plaisir de lire = meilleures performances

Les élèves qui prennent le plus de plaisir à lire obtiennent des scores nettement supérieurs aux autres. Jusque là, rien de très surprenant. L'enquête Pisa apporte des chiffres: en France, le plaisir de lire, même une demi-heure au plus par jour, explique 21% de la variation des performances. Une lecture variée est plus «rentable» en termes de résultats. Et de la même manière, lire en ligne (sur Internet) a également un «impact positif sur la performance», particulièrement en France. Enfin, les élèves de l'Hexagone déclarent plus que la moyenne des autres pays être incités par leurs profs à la lecture.

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par Celeborn le Mar 7 Déc 2010 - 12:10

Et donc, il va falloir appliquer d'urgence le système asiatique, qui met dans les choux le système finlandais, c'est ça ? Razz

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par elfiane le Mar 7 Déc 2010 - 12:36

Oui, appliquons le système chinois qui est premier en compréhension en lecture !

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par Celeborn le Mar 7 Déc 2010 - 12:38

@elfiane a écrit:Oui, appliquons le système chinois qui est premier en compréhension en lecture !

J'imagine la tête de la prochaine réforme de l'orthographe, à base d'idéogrammes ! :p

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par kensington le Mar 7 Déc 2010 - 12:49

Le Parisien:
«Le collège ne donne pas une seconde chance aux élèves en difficulté»
Bernard Hugonnier, directeur adjoint à l'éducation de l'OCDE.

Propos recueillis par Claudine Proust | 07.12.2010, 11h22 | Mise à jour : 11h26

Vous dévoilez aujourd'hui les résultats de l'étude internationale Pisa 2009: la performance du système scolaire français n'y apparaît pas comme très brillante, comparée aux autres pays de l'OCDE?
Bernard Hugonnier. Tout dépend si l'on considère le verre à moitié plein ou a moitié vide. Je serai moins pessimiste que certains, en observant que la France a stoppé la dégradation de ses performances, enregistrée entre 2000 et 2006 (NDLR : elle passait alors de la 14e à la 17e place). En lecture et en maths, la France se situe comme en 2006 dans la moyenne des pays de l'OCDE et n'enregistre pas une baisse moyenne de niveau statistiquement significative. En revanche il est vrai qu'elle a perdu 5 points par rapport à la première enquête de 2000 en terme d'égalité des chances: la proportion d'élèves en grande difficulté de compréhension de l'écrit est passée de 15 à 20 %.

C'est alarmant, non?
Sur cet aspect, on se situe effectivement au dessus de la moyenne de l'OCDE. Et c'est de fait supérieur à la proportion traditionnellement observée dans les pays d'un niveau de développement égal, ou la part de ces élèves tourne toujours autour de 14-15 %. C'est aussi le taux d'élèves en grande difficulté repéré en fin de primaire?: là, on s'aperçoit qu'en fin de collège, à 15 ans, ce sont 20 % des élèves qui peinent .sachant que la France fait aussi partie des pays de l'OCDE évalués, où les faibles performances scolaires sont très liées à l'origine socio-économique des élèves. Ce qui veut dire que le collège ne leur donne pas une deuxième chance, mais au contraire aggrave leurs difficultés.

Quelles leçons faut il en tirer?
La première leçon, à mon sens, c'est l'échec des zones d'éducation prioritaire, qui scolarisent environ 1,5 millions d'élèves, et dans lesquelles il faudrait davantage consacrer d'efforts. On s'est certes efforcé de leur donner plus de moyens humains. Mais de quelle qualité? Il faut bien reconnaître, si on leur a alloué plus de professeurs, qu'il s'agit aussi des plus inexpérimentés. Ensuite, alors que la loi de 2005 instaurait le socle commun de compétences, listant une somme de compétences que tous les élèves devraient avoir acquis en fin de scolarité obligatoire, on ne l'a pas assez mis en ouvre. En clair, l'objectif premier au collège pour les enseignants reste aujourd'hui encore de finir le programme, tant mieux pour ceux qui suivent et les autres redoubleront. Le système éducatif à ce stade continue a faire de la transmission de connaissances, dans chaque discipline, comme un «petit lycée», au lieu de travailler à l'acquisition de compétences.

Ces dernières années, les réformes du système scolaire n'ont pourtant pas manqué: comment expliquer que rien ne bouge?
Pour partie parce que le corps constitué des enseignants est assez conservateur, ce qui est assez vrai dans tous les pays. La France n'a sans doute pas encore eu le déclic, les réformes en cours n'ont peut être pas encore porté leurs fruits, mais je peux vous dire qu'au sein du ministère en s'interroge beaucoup et que l'on s'oriente certainement vers davantage de réformes encore. En Finlande, dans l'Ontario aux Etats-Unis on a su mener des réformes éducatives. L'Allemagne, qui se situe aujourd'hui dans la moyenne des pays de l'OCDE en «compréhension de l'écrit» a significativement améliorer ses performances et a réussi a faire baisser son pourcentage d'élèves en grande difficulté de quatre points. Elle enregistre aussi une amélioration significative en maths, en se situant au dessus de la moyenne. Pour cela, le pays a entrepris une réforme éducative d'envergure, après la «gifle» que représentaient les premiers résultats de Pisa en 2000, où elle se trouvait en 21e position sur 32 pays pour la lecture-compréhension. Ils ont pris le taureau par les cornes, alors que dans un pays fédéral, avec 16 länder (régions) autonomes la tâche paraissait difficile: revu notamment, en association avec le corps enseignant, leur «niveau» en les recrutant de manière plus sélective et au terme d'études préparatoires plus longues, assorties de deux ans d'acquisition d'expérience, de coaching.

Ce sujet de la formation des enseignants est justement particulièrement sensible en France actuellement, avec la réforme du recrutement en cours.
La situation en France est effectivement assez bizarre. Avoir allongé le nombre d'années d'études préalable à leur recrutement à 5 ans, c'est bien. Mais limiter leurs études à la seule discipline qu'ils vont ensuite enseigner est un écueil. Il leur manque effectivement l'acquisition d'expérience et l'appui de recherches pédagogiques. Pendant quelques années, on va se retrouver avec des enseignants forcés d'apprendre sur le tas et je ne suis pas persuadé que le simple contact épisodique avec un tuteur, parfois à distance au bout du fil, pas toujours formé à cela qui plus est soit suffisamment efficace. Il est clair que si l'on a pas appris à le faire, on enseigne de la façon dont on a soi même appris il y a des années, ce qui ne correspond plus au monde actuel, ni forcément au public devant lequel on se trouve. De même si l'on ne vous a pas appris à enseigner avec les nouvelles technologies, on ne peut pas l'inventer.

L'étude Pisa 2009 n'est pas tendre avec le comportement des élèves français non plus: ils sont plus indisciplinés que les autres?
C'est un aspect qui ressort effectivement du questionnaire, qui est également soumis aux élèves évalués, en plus des deux heures de tests sur leurs compétences en compréhension de l'écrit mathématique et culture scientifique. Au vu des réponses à la question «y-a-t il des cours où l'enseignant doit attendre un long moment avant que les élèves ne se calment,64 % des français seulement répondent dans peu ou pas de cours (73 % dans la majorité des pays de l'OCDE. 56 % des élèves seulement disent aussi que peu de cours, voire aucun, sont affectés par du bruit et de l'agitation (68 % pour la majorité des élèves de l'OCDE). 85 % des élèves déclaraient en 2000 qu'il arrivait rarement ou jamais qu'ils ne puissent pas bien travailler en classe, ils ne sont plus que 76 % en 2009. Leur ressenti s'est donc aggravé. On peut supposer que c'est surtout le cas dans les écoles en difficulté et s'interroger sur un éventuel lien avec l'assouplissement de la carte scolaire, qui a permis aux familles les plus informés de quitter les ghettos scolaires, renforçant de ce fait la ghettoïsation des écoles qui cumulent: élèves en difficulté et le plus en proie aux problèmes disciplinaires.

Y a t il tout de même un point positif à retenir de cette étude Pisa 2009?
Mais oui! Alors que certains se sont employés récemment, comme un auteur britannique à dénoncer le peu de cas que les professeurs en France font de leurs élèves, les français trouvent à 88 % que leurs enseignants sont équitables (79 % des élèves de l'OCDE). Et à 80 % (79 % pour la moyenne de l'OCDE) disent que quand ils sont en difficulté, leur prof leur vient en aide.

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par Reine Margot le Mar 7 Déc 2010 - 12:56

@kensington a écrit:L'Allemagne, qui avait vécu son classement en 2000 comme une véritable atteinte à sa grandeur, a rattrapé son retard en injectant des moyens, certes, mais surtout en apportant de l'aide aux élèves en difficulté, en augmentant la durée de la journée. Quant au Portugal, il a travaillé depuis 2000 sur les disparités sociales, a revu la formation de ses enseignants, son système d'évaluation et a supprimé les redoublements.
Maryline Baumard


ah ben ça va s'améliorer, on fait l'inverse... Laughing

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par kensington le Mar 7 Déc 2010 - 13:03

L'Express:

lexpress.fr

Ecole française: "Le meilleur système, pour la moitié de ses élèves"

Par Laurence Debril, publié le 07/12/2010 à 12:50

L'OCDE a noté notre système scolaire parmi ceux de 65 pays. Verdict:"Doit mieux faire", surtout pour les plus en difficulté. Commentaire de copie par un expert.

Ni cancre ni crâne d'oeuf, la France est une élève tristement moyenne. Les résultats du test Pisa, organisé tous les trois ans par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) auprès de 400 000 adolescents de 15 ans, issus de 65 pays, sont enfin tombés. Cette enquête, qui évalue les compétences (savoir lire une notice, calculer un intervalle, etc.), montre que la France est encore loin du tableau d'honneur. Avec 496 points, elle se situe juste dans la moyenne de l'OCDE (493 points), loin derrière la province de Shanghai (556), championne toutes catégories, la Corée (539), la Finlande (536), Hongkong (533), le Canada (524). Elle fait jeu égal avec l'Allemagne, la Suède et le Royaume-Uni, mais elle est devancée d'une courte tête par les Etats-Unis et la Pologne. Le seul domaine où la France se situe au-dessus des autres, c'est celui des dépenses: elle consacre 74 659 dollars par enfant âgé de 6 à 15 ans, quand la moyenne s'établit à 69 135 dollars. Moins performant, le système français laisse aussi plus de jeunes sur le carreau, et c'est le mérite de cette enquête, au-delà du classement, de pointer ces faiblesses. Décryptage avec Christian Forestier, administrateur général du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) et coauteur de Que vaut l'enseignement en France? (Stock).

La France est constante dans sa médiocrité. Faut-il s'en satisfaire?

Elle était 13e en 2000 avec 40 pays testés, elle est 22e en 2009, mais le nombre de pays a évolué, on en compte désormais 65. Ce qui est important, c'est sa place relative: elle reste dans le bas du premier tiers, à peu près comme avant. Mais, depuis 2000, on remarque une érosion régulière des résultats: indéniablement, la France recule. L'élément vraiment alarmant de cette enquête concerne l'extrême hétérogénéité du système français: en compréhension écrite, la proportion de mauvais élèves a augmenté d'un tiers, passant de 15% en 2000 à 20 % en 2009. C'est énorme. Dans le même temps, les très bons n'ont augmenté que de 13 %. En mathématiques, c'est encore pire : là, les cancres augmentent aussi d'un tiers, mais il y a 10% de très bons en moins ! La moyenne peut donc rester stable, mais elle dissimule des écarts toujours plus importants entre les faibles et les forts. On s'en doutait déjà, mais Pisa vient confirmer la crainte que j'avais exprimée sous cette forme: "La France a peut-être le meilleur système du monde, mais pour la moitié de ses élèves seulement." La réduction drastique de la proportion de jeunes en situation d'échec lourd, dont on ne sait pas vraiment s'occuper, devrait être notre grande priorité, dans la durée, et au-delà des clivages partisans.

L'autre élément alarmant est l'importance de la corrélation entre milieu socio-économique et performances: en France, l'origine sociale explique 28 % de la variation des résultats, contre 14 % au Japon, par exemple...

Nous appartenons en effet aux pays où les catégories socioprofessionnelles, mais aussi le niveau de formation des parents, le patrimoine culturel familial sont les plus clivants. La nouveauté, c'est que Pisa a mesuré cette année le niveau des élèves issus de l'immigration. En France, ils sont 13 % - contre 10 % pour la moyenne de l'OCDE. Tous les pays rencontrent des difficultés avec les enfants nés de la première génération: en France, comme en Grèce et en Slovénie, ils courent au moins deux fois plus de risques de figurer parmi les derniers. Mais l'information inquiétante, c'est que nous ne parvenons pas non plus à faire réussir les jeunes de la deuxième génération: encore plus d'un tiers d'entre eux n'atteint pas le niveau 2.

Ces résultats sont-ils le signe que la France doit remettre en question son école?

Les tests Pisa n'évaluent pas simplement le collège, ils sanctionnent bien douze ans de scolarité. Ils sont donc très intéressants. Ils ne valident pas les connaissances, mais uniquement les compétences: qu'est-ce qu'un élève de 15 ans est capable de faire et de comprendre un an avant sa sortie du système scolaire? Leur légitimité, à l'inverse de celle d'autres enquêtes, est très peu remise en question. En 2000, les Allemands ont eu de très mauvaises notes. Le traumatisme a été national, mais cela leur a servi d'électrochoc. Ils se sont interrogés, ont revu leur système de tri sélectif à la fin de l'école primaire, se sont inspirés des bonnes pratiques étrangères. Finalement, ils nous ont rattrapés, avec 497 points, alors qu'ils étaient nettement derrière. C'est instructif, car on affirme toujours qu'il est impossible de réformer l'école rapidement. La preuve est donnée qu'une mobilisation générale peut aboutir à une nette amélioration, en seulement une décennie.

Quels sont les points sur lesquels la France devrait se pencher en priorité?

Il faudrait revoir totalement la façon d'enseigner et de gérer les enfants en difficulté: il faut les accompagner autrement, et ce dès le début. On ne devient pas mauvais à 12 ans. Il est urgent d'accorder plus d'attention aux premières années, de la fin de la maternelle au CE1: c'est là que tout se joue, là que se mettent en place les handicaps qui mènent à l'échec lourd. En France, on oblige tout le monde à aller à la même vitesse et on se contente de faire redoubler ceux qui ne suivent pas. La France pratique trois fois plus le redoublement que la moyenne des pays de l'OCDE ! En Corée, cette pratique est interdite, et pourtant ce pays est premier en mathématiques. Je pense qu'il faut se pencher sur l'école primaire, former des directeurs, leur donner plus d'autonomie, affecter les meilleurs enseignants dans les classes de CP - et je doute que ce soit toujours le cas...

Quelles leçons peut-on tirer des performances des autres pays?

Les spécialistes en éducation de l'OCDE l'affirment: les facteurs de réussite sont variés, mais on retrouve toujours une constante, c'est la formation des maîtres. En Finlande, ils sont bien préparés, bien payés, très respectés par la population. Le recrutement y est totalement différent de chez nous: ils sont d'abord déclarés aptes à enseigner, puis la municipalité recrute des chefs d'établissement qui embauchent ensuite leurs maîtres. On est très loin du modèle français... Je pense enfin que nous devrions nous inspirer du Canada, dont les résultats sont bons partout. C'est un grand pays industriel avec une forte immigration, chaque province a son système éducatif, toutes réussissent, mais différemment. Voilà un modèle passionnant à étudier pour nous.

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par John le Mar 7 Déc 2010 - 13:04

Quelles leçons faut il en tirer?
La première leçon, à mon sens, c'est l'échec des zones d'éducation prioritaire, qui scolarisent environ 1,5 millions d'élèves, et dans lesquelles il faudrait davantage consacrer d'efforts. On s'est certes efforcé de leur donner plus de moyens humains. Mais de quelle qualité? Il faut bien reconnaître, si on leur a alloué plus de professeurs, qu'il s'agit aussi des plus inexpérimentés. Ensuite, alors que la loi de 2005 instaurait le socle commun de compétences, listant une somme de compétences que tous les élèves devraient avoir acquis en fin de scolarité obligatoire, on ne l'a pas assez mis en ouvre. En clair, l'objectif premier au collège pour les enseignants reste aujourd'hui encore de finir le programme, tant mieux pour ceux qui suivent et les autres redoubleront. Le système éducatif à ce stade continue a faire de la transmission de connaissances, dans chaque discipline, comme un «petit lycée», au lieu de travailler à l'acquisition de compétences.

Voilà la solution !

Le poumon, vous dis-je, le poumon !

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par John le Mar 7 Déc 2010 - 13:07

indéniablement, la France recule [depuis 2000]

Vous pouvez me rappeler l'objectif de toutes les réformes pédagogiques mises en place depuis 2000, et les raisons pour lesquelles nous passons de plus en plus de temps à préparer des cours répondant à des exigences pointues et tatillonnes dont la plupart sont imposées au nom de la réussite de tous ?

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par kensington le Mar 7 Déc 2010 - 13:10

Au ministère: La France dans PISA 2009

Une ambition, deux piliers
■ Notre ambition : renouer avec la République du mérite et de la promotion sociale
■ Une politique qui marche sur ses deux jambes :
- aider les élèves en grande difficulté
- élargir et diversifier l’accès à l’excellence

Let's have a dream!

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par Reine Margot le Mar 7 Déc 2010 - 13:15

attendez de voir la mise en oeuvre des nouveaux rythmes scolaires, quand nos petits 6e qui savent à peine lire et compter n'auront plus que 3h de français par semaine, pareil en maths et 2h d'HG, 1h30 d'anglais, 1/2h d'arts plastiques...et le reste en "projets"...ah le niveau va monter, moi je vous le dis!!!

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par Celeborn le Mar 7 Déc 2010 - 13:16

lexpress.fr
Je pense enfin que nous devrions nous inspirer du Canada, dont les résultats sont bons partout.

Ah ben oui, tiens ! On l'avait pas encore essayé, celui-là !

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par John le Mar 7 Déc 2010 - 13:18

Une politique qui marche sur ses deux jambes

Face au front qui s'ouvre sous nos yeux, faisons corps pour réussir haut la main à nous hisser en tête du classement et gagner la bataille de la langue.

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par Iphigénie le Mar 7 Déc 2010 - 13:22

3 solutions sur Inter en ce moment:
aider plus et encore plus
pour supprimer les redoublements "comme en Finlande"
et revoir la notation et le stress des élèves.
(en passant par l'interdisciplinarité et l'autonomie renforcée des établissements.)

et dans la foulée:critique du système type asiatique,exemple de Shangaï:forte concurrence entre les élèves et sélection sévère,et étonnamment,ça les fait bosser....Mais ce n'est pas importable
(seule la Finlande est importable,allez savoir pourquoi....)


ehbé on n'est pas sorti du problème!

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par Celeborn le Mar 7 Déc 2010 - 13:26

@iphigénie a écrit:
et dans la foulée:critique du système type asiatique,exemple de Shangaï:forte concurrence entre les élèves et sélection sévère,et étonnamment,ça les fait bosser....Mais ce n'est pas importable
(seule la Finlande est importable,allez savoir pourquoi....)

Quand on voit que les autres systèmes scandinaves (Suède, Norvège, Danemark) ne font pas mieux que nous, et quand on rapporte ça à la composition sociale du pays comme le fait très bien Nathalie Bulle (et là, on voit qu'en fait, ils font MOINS BIEN que nous), effectivement, ça donne envie d'importer le système scolaire scandinave ! Ou pas…

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Re: Mardi 7 décembre 2010 11h : la Pythie Pisa 2009 nous fera ses révélations

Message par kensington le Mar 7 Déc 2010 - 13:26

@John a écrit:
Une politique qui marche sur ses deux jambes

Face au front qui s'ouvre sous nos yeux, faisons corps pour réussir haut la main à nous hisser en tête du classement et gagner la bataille de la langue.

Excellent!

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A. Lhérété, "Cultiver le plaisir du texte: une compétence presque oubliée en Langue 2", NewStanpoints déc. 2014


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