Mathématiques et littérature.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Mathématiques et littérature.

Message par JPhMM le Jeu 9 Déc 2010 - 23:32

Quelques menus riens de mathématiques et de littérature.

Les bois de la commune ont une étendue de seize hectares. Sachant qu'un are est planté de trois chênes, de deux hêtres et d'un bouleau, combien de bois de la commune contiennent-ils d'arbres de chaque espèce ?
Marcel Aymé, les Contes rouges du Chat Perché

Il s'appelait Micromégas, nom qui convient fort à tous les grands. Il avait huit lieues de haut : j'entends, par huit lieues, vingt-quatre mille pas géométriques de cinq pieds chacun.
Quelques algébristes, gens toujours utiles au public, prendront sur-le-champ la plume, et trouveront que, puisque monsieur Micromégas, habitant du pays de Sirius, a de la tête aux pieds vingt-quatre mille pas, qui font cent vingt mille pieds de roi, et que nous autres, citoyens de la terre, nous n'avons guère que cinq pieds, et que notre globe a neuf mille lieues de tour, ils trouveront, dis-je, qu'il faut absolument que le globe qui l'a produit ait au juste vingt et un millions six cent mille fois plus de circonférence que notre petite terre. Rien n'est plus simple et plus ordinaire.
Voltaire, Micromégas

_________________
Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

JPhMM
Demi-dieu


Revenir en haut Aller en bas

Re: Mathématiques et littérature.

Message par JPhMM le Jeu 9 Déc 2010 - 23:36

Dans un autobus S considérons l'ensemble A des voyageurs assis, et l'ensemble D des voyageurs debout. A un certain arrêt, se trouve l'ensemble P des personnes qui attendent. Soit C l'ensemble des voyageurs qui montent; c'est un sous-ensemble de P et il est lui-même l'union de C' ensemble des voyageurs qui restent sur la plate-forme et de C'' l'ensemble des voyageurs qui vont s'asseoir. Démontrer que l'ensemble C'' est vide.
Z étant l'ensemble des zazous, et {z} l'intersection de Z et de C', réduite à un seul élément. A la suite de la surjection des pieds de z sur ceux de y (élément quelconque de C différent de z), il se produit un ensemble M de mots prononcés par l'élément z. L'ensemble C'' étant devenu non vide, démontrer qu'il se décompose de l'unique élément z...
Raymond Queneau, Exercices de style

Dans un parallélépipède rectangle se déplaçant le long d'une ligne droite d'équation 84x+S=y, un homoïde A présentant une calotte sphérique entourée de deux sinusoïdes,au-dessus d'une partie cylindrique de longueur l>n, présente un point de contact avec un homoïde trivial B. Démontrer que ce point de contact est un point de rebroussement.
Si l'homoïde A rencontre un homoïde analogue C, alors le point de contact est un disque de rayon R>1. Déterminer la hauteur h de ce point de contact par rapport à l'axe vertical de l'homoïde A...
Raymond Queneau, Exercices de style

_________________
Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

JPhMM
Demi-dieu


Revenir en haut Aller en bas

Re: Mathématiques et littérature.

Message par JPhMM le Jeu 9 Déc 2010 - 23:45

Eh bien, mon enfant, je viens de construire deux triangles semblables, tous deux rectangles : le premier, le plus petit, a pour côtés la perche perpendiculaire, la distance qui sépare le piquet du bas de la perche, et mon rayon visuel pour hypoténuse ; le second a pour cotés la muraille perpendiculaire, dont il s ‘agit de mesurer la hauteur, la distance qui sépare le piquet du bas de cette muraille, et mon rayon visuel formant également son hypoténuse - qui se trouve être la prolongation de celle du premier triangle.
Jules Verne, L'île mystérieuse

_________________
Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

JPhMM
Demi-dieu


Revenir en haut Aller en bas

Re: Mathématiques et littérature.

Message par JPhMM le Jeu 9 Déc 2010 - 23:47

La circonférence est fière
D'être égale à 2πR
Et le cercle est tout joyeux
D’être égal à πR²
Marcel Pagnol, Le temps des amours

_________________
Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

JPhMM
Demi-dieu


Revenir en haut Aller en bas

Re: Mathématiques et littérature.

Message par JPhMM le Jeu 9 Déc 2010 - 23:53

En connaissez-vous d'autres (j'en suis friand Very Happy ) ?

_________________
Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

JPhMM
Demi-dieu


Revenir en haut Aller en bas

Re: Mathématiques et littérature.

Message par varia le Ven 10 Déc 2010 - 0:11

Dieu est par définition inétendu, mais il nous est permis, pour la clarté de notre énoncé, de lui supposer un nombre quelconque, plus grand que zéro, de dimensions, bien qu’il n’en ait aucune, si ces dimensions disparaissent dans les deux membres de nos identités. Nous nous contenterons de deux dimensions, afin qu’on se représente aisément des figures de géométrie plane sur une feuille de papier.
Symboliquement on signifie Dieu par un triangle, mais les trois Personnes ne doivent pas en être considérées comme les sommets ni les côtés. Ce sont les trois hauteurs d’un autre triangle équilatéral circonscrit au traditionnel. Cette hypothèse est conforme aux révélations d’Anne-Catherine Emmerich, qui vit la croix (que nous considérerons comme symbole du Verbe de Dieu) en forme d’Y, et ne l’explique que par cette raison physique, qu’aucun bras de longueur humaine n'eût pu être étendu jusqu’aux clous des branches d’un Tau.
Donc, POSTULAT:
Jusqu’à plus ample informé et pour notre commodité provisoire, nous supposons Dieu dans un plan et sous la figure symbolique de trois droites égales, de longueur a , issues d’un même point et faisant entre elles des angles de 120 degrés. C’est de l’espace compris elles, ou du triangle obtenu en joignant les trois points les plus éloignés de ces droites, que nous nous proposons de calculer la surface.
Soit x la médiane prolongement d’une des Personnes a, 2 y le côté du triangle auquel elle est perpendiculaire, N et P les prolongement de la droite (a + x) dans les deux sens à l’infini.

Nous avons:

x = ∞ - N - a - P.

Or

N = ∞ - 0.

et

P = 0.

D’où

x = ∞ - (∞ - 0) - a - 0 = ∞ - ∞ + 0 - a - 0
x = - a.

D’autre part, le triangle rectangle dont les côtés sont a, x et y nous donne

a2 = x2 + y2.

Il vient, en substituant à x sa valeur (-a)

a2 = (-a)2 + y2 = a2 + y2.

D’où

y2 = a2 - a2 = 0

et

y = √0.

Donc la surface du triangle équilatéral qui a pour bissectrices de ses angles les trois droites a sera

S = y(x + a) = √0(- a + a)
S = 0 √0.

COROLLAIRE: A première vue du radical √0, nous pouvons affirmer que la surface calculée est une ligne au plus; en second lieu, si nous construisons la figure selon les valeurs obtenues pour x et y, nous constatons:
Que la droite 2 y, que nous savons maintenant être 2√0, a son point d’intersection sur une des droites a en sens inverse de notre première hypothèse, puisque x = -a; et que la base de notre triangle coïncide avec son sommet;
Que les deux droites a font avec la première des angles plus petits au moins que 60°, et bien plus ne peuvent rencontrer 2√0 qu’en coïncidant avec la première droite a.
Ce qui est conforme au dogme de l’équivalence des trois Personnes entre elles et à leur somme.
Nous pouvons dire que a est une droite qui joint 0 à ∞, et définir Dieu:

DÉFINITION: Dieu est le plus court chemin de zéro à l’infini.
Dans quel sens? dira-t-on.
- Nous répondrons que Son prénom n’est pas Jules, mais Plus-et-Moins. Et l’on doit dire:

± Dieu est le plus court chemin de 0 à ∞, dans un sens ou dans l’autre.

Ce qui est conforme à la croyance aux deux principes; mais il est plus exact d’attribuer le signe + à celui de la croyance du sujet.
Mais Dieu, étant inétendu, n’est pas une ligne.
- Remarquons en effet que, d’après l’identité

∞ - 0 - a + a + 0 = ∞

la longueur a est nulle, a n’est pas une ligne, mais un point.
Donc, définitivement:

DIEU EST LE POINT TANGENT DE ZÉRO ET DE L’INFINI.

La Pataphysique est la science…


varia
Habitué du forum


Revenir en haut Aller en bas

Re: Mathématiques et littérature.

Message par varia le Ven 10 Déc 2010 - 0:12

Je te laisse le plaisir de deviner qui est l'auteur de ce magistral calcul de la surface de Dieu.... yesyes

varia
Habitué du forum


Revenir en haut Aller en bas

Re: Mathématiques et littérature.

Message par Audrey le Ven 10 Déc 2010 - 0:16

Jarry non?

_________________
B.V., aka Beuglato Vociferature,
Irae Laudatrix pour les cérémonies en son honneur,
Divinité Tarpéienne dont le culte subsiste en Bresse.
Elle protège les orateurs et les sophistes pro-Bayrou.
On peut invoquer sa fureur en lui sacrifiant des laitues vierges.
Identifiée à Boudicca, elle est représentée sur un char Clio orné de noeuds rouges en tulle.

Signez la pétition pour sauver les langues anciennes! Clic!

Audrey
Oracle


Revenir en haut Aller en bas

Re: Mathématiques et littérature.

Message par harry james le Ven 10 Déc 2010 - 0:20

yes, Faustroll

_________________
Merdre lachez tout! Partez sur les routes!


Out of sorrow entire worlds have been built
Out of longing great wonders have been willed
[...]
Outside my window, the world has gone to war
Are you the one that I've been waiting for?

harry james
Érudit


Revenir en haut Aller en bas

Re: Mathématiques et littérature.

Message par varia le Ven 10 Déc 2010 - 0:20

Oh, même pas drôle... à peine 2 minutes... Bon il y avait un indice à la fin ! Laughing

varia
Habitué du forum


Revenir en haut Aller en bas

Re: Mathématiques et littérature.

Message par varia le Ven 10 Déc 2010 - 0:21

Bon pour les mordus il y en a quand même plein d'autres à découvrir chez lui , quoique moins spectaculaires....

varia
Habitué du forum


Revenir en haut Aller en bas

Re: Mathématiques et littérature.

Message par John le Ven 10 Déc 2010 - 0:32

Il y a un extrait de Stendhal sur les mathématiques. Il doit être trouvable sur internet.

_________________
En achetant des articles au lien ci-dessous, vous nous aidez, sans frais, à gérer le forum. Merci !


"Celui qui ne participe pas à la lutte participe à la défaite" (Brecht)
"La nostalgie, c'est plus ce que c'était" (Simone Signoret)
"Les médias participent à la falsification permanente de l'information" (Umberto Eco)

John
Médiateur


Revenir en haut Aller en bas

Re: Mathématiques et littérature.

Message par JPhMM le Ven 10 Déc 2010 - 16:26

Merci à tous. Je vais chercher tout ça.

_________________
Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

JPhMM
Demi-dieu


Revenir en haut Aller en bas

Re: Mathématiques et littérature.

Message par elsalyon le Ven 10 Déc 2010 - 18:30

Roubaud, Oulipien et mathématicien, ouvrage 31 au cube, bourré de calculs mathématiques sur les vers, les syllabes, les répétitions de sonorités, la pagination symbolique... à voir un jour dans sa vie. Smile

elsalyon
Niveau 7


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum