Le malaise enseignant dépasse les suppressions de postes

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Le malaise enseignant dépasse les suppressions de postes

Message par John le Sam 22 Jan - 15:23

Le malaise enseignant dépasse les suppressions de postes

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/01/21/01016-20110121ARTFIG00683-le-malaise-enseignant-depasse-les-suppressions-de-postes.php

Par Natacha Polony
21/01/2011

Au-delà des revendications mises en avant pour cette première manifestation de l'année, les raisons d'une inquiétude profonde.

L'année 2011 voit samedi son premier mouvement dans le monde enseignant. Les manifestations qui sont prévues dans de nombreux département entendent avant tout alerter l'opinion sur l'impact des nouvelles suppressions de postes, même si de nombreux autres sujets cristallisent également l'inquiétude des professeurs.

16 000 postes supprimés en 2011

C'est le sujet qui focalise l'attention. «Parce que cela fait 45.000 postes en moins en quelques années, argumente Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, alors que 60 000 élèves supplémentaires arriveront à la rentrée 2011». Pour les enseignants et les parents, cela signifie une nouvelle baisse de la scolarisation des moins de 3 ans, des effectifs en hausse «alors que, précise Bernadette Groison, les publics scolaires ont évolué». Autant, les 16.000 postes de l'an dernier, qui correspondaient aux postes de stagiaires supprimés par la mastérisation, n'avaient pas eu de répercussions dans les classes, autant ceux de 2011 sont attendus avec appréhension. Pourtant, Patrick Gonthier, secrétaire général de l'Unsa-Education, reconnaît qu'il est impossible de prévoir la mobilisation d'aujourd'hui. «La fatigue se fait sentir après le mouvement des retraites, explique-t-il, et la grève voulue par la FSU ne peut plus marcher. Mais la tension est immense sur le terrain». Une tension qui ne s'explique pas seulement par les questions budgétaires.

L'extension du programme Clair

Ce programme s'applique depuis la rentrée à une centaine d'établissements. Issu des États généraux de la sécurité à l'école, il repose sur une plus grande autonomie des établissements, à travers notamment la possibilité accordée aux chefs d'établissements de choisir leurs équipes. Le programme devait être évalué en juin, pour un éventuel développement. Mais le 12 janvier, le ministère annonçait qu'il serait élargi aux écoles primaires du secteur de ces établissements, et étendu aux établissements Réseau ambition réussite. Les syndicats, de droite comme de gauche, y voient une attaque contre le statut des enseignants. D'autant qu'ils ont bien remarqué dans les propos de Christian Jacob que l'école ne faisait pas partie des «missions régaliennes» auxquelles serait limité le statut de fonctionnaire.

La formation en question

Pour nombre de syndicats, la remarque de Nicolas Sarkozy lors de ses vœux au monde de la connaissance entérine l'idée que la mastérisation pose, en l'état, de nombreux problèmes. «Les établissements ont été désorganisés par l'arrivée de stagiaires qui doivent partir en formation, à qui il faut trouver des remplaçants», explique Claire Mazeron, vice-présidente du Snalc, habituellement classé à droite. Et si le président a annoncé la poursuite de la réflexion sur la formation, les enseignants ont l'impression de naviguer à vue. «Ils craignent de n'avoir plus que des formations locales, sans ouverture sur le monde universitaire», résume Patrick Gonthier. Ils sont surtout submergés par un nombre d'heures trop important pour des débutants qui doivent créer de toutes pièces leurs cours et trouver les méthodes les plus adaptées.

Le développement des missions

Remplir les livrets de compétences et leurs centaines d'items pour le brevet, accompagner les élèves dans le cadre du «soutien personnalisé», participer à l'orientation… : les missions des enseignants ont évolué et tendent à se multiplier. «Et tout cela avec toujours moins d'heures consacrées à l'enseignement des savoirs disciplinaires, regrette Claire Mazeron. Le système commence à virer à la garderie et les professeurs ne savent plus pourquoi ils font ce métier. On nous demande toujours plus, sans objectif ni valorisant ni efficace». Est-ce pour cela que le nombre de candidats aux concours a chuté, au point que tous les postes ne seront sans doute pas attribués ? Les professeurs ne seront peut-être pas très nombreux ce samedi à battre le pavé, mais le malaise est pourtant palpable.

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"Celui qui ne participe pas à la lutte participe à la défaite" (Brecht)
"La nostalgie, c'est plus ce que c'était" (Simone Signoret)
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John
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Re: Le malaise enseignant dépasse les suppressions de postes

Message par Docteur OX le Sam 22 Jan - 15:31

@John a écrit:Le malaise enseignant dépasse les suppressions de postes

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/01/21/01016-20110121ARTFIG00683-le-malaise-enseignant-depasse-les-suppressions-de-postes.php

Par Natacha Polony
21/01/2011

Au-delà des revendications mises en avant pour cette première manifestation de l'année, les raisons d'une inquiétude profonde.

L'année 2011 voit samedi son premier mouvement dans le monde enseignant. Les manifestations qui sont prévues dans de nombreux département entendent avant tout alerter l'opinion sur l'impact des nouvelles suppressions de postes, même si de nombreux autres sujets cristallisent également l'inquiétude des professeurs.

16 000 postes supprimés en 2011

C'est le sujet qui focalise l'attention. «Parce que cela fait 45.000 postes en moins en quelques années, argumente Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, alors que 60 000 élèves supplémentaires arriveront à la rentrée 2011». Pour les enseignants et les parents, cela signifie une nouvelle baisse de la scolarisation des moins de 3 ans, des effectifs en hausse «alors que, précise Bernadette Groison, les publics scolaires ont évolué». Autant, les 16.000 postes de l'an dernier, qui correspondaient aux postes de stagiaires supprimés par la mastérisation, n'avaient pas eu de répercussions dans les classes, autant ceux de 2011 sont attendus avec appréhension. Pourtant, Patrick Gonthier, secrétaire général de l'Unsa-Education, reconnaît qu'il est impossible de prévoir la mobilisation d'aujourd'hui. «La fatigue se fait sentir après le mouvement des retraites, explique-t-il, et la grève voulue par la FSU ne peut plus marcher. Mais la tension est immense sur le terrain». Une tension qui ne s'explique pas seulement par les questions budgétaires.

L'extension du programme Clair

Ce programme s'applique depuis la rentrée à une centaine d'établissements. Issu des États généraux de la sécurité à l'école, il repose sur une plus grande autonomie des établissements, à travers notamment la possibilité accordée aux chefs d'établissements de choisir leurs équipes. Le programme devait être évalué en juin, pour un éventuel développement. Mais le 12 janvier, le ministère annonçait qu'il serait élargi aux écoles primaires du secteur de ces établissements, et étendu aux établissements Réseau ambition réussite. Les syndicats, de droite comme de gauche, y voient une attaque contre le statut des enseignants. D'autant qu'ils ont bien remarqué dans les propos de Christian Jacob que l'école ne faisait pas partie des «missions régaliennes» auxquelles serait limité le statut de fonctionnaire.

La formation en question

Pour nombre de syndicats, la remarque de Nicolas Sarkozy lors de ses vœux au monde de la connaissance entérine l'idée que la mastérisation pose, en l'état, de nombreux problèmes. «Les établissements ont été désorganisés par l'arrivée de stagiaires qui doivent partir en formation, à qui il faut trouver des remplaçants», explique Claire Mazeron, vice-présidente du Snalc, habituellement classé à droite. Et si le président a annoncé la poursuite de la réflexion sur la formation, les enseignants ont l'impression de naviguer à vue. «Ils craignent de n'avoir plus que des formations locales, sans ouverture sur le monde universitaire», résume Patrick Gonthier. Ils sont surtout submergés par un nombre d'heures trop important pour des débutants qui doivent créer de toutes pièces leurs cours et trouver les méthodes les plus adaptées.

Le développement des missions

Remplir les livrets de compétences et leurs centaines d'items pour le brevet, accompagner les élèves dans le cadre du «soutien personnalisé», participer à l'orientation… : les missions des enseignants ont évolué et tendent à se multiplier. «Et tout cela avec toujours moins d'heures consacrées à l'enseignement des savoirs disciplinaires, regrette Claire Mazeron. Le système commence à virer à la garderie et les professeurs ne savent plus pourquoi ils font ce métier. On nous demande toujours plus, sans objectif ni valorisant ni efficace». Est-ce pour cela que le nombre de candidats aux concours a chuté, au point que tous les postes ne seront sans doute pas attribués ? Les professeurs ne seront peut-être pas très nombreux ce samedi à battre le pavé, mais le malaise est pourtant palpable.

Claire Mazeron Présidente ! Je dis ! yesyes

Docteur OX
Sage


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Re: Le malaise enseignant dépasse les suppressions de postes

Message par Daphné le Sam 22 Jan - 16:00

Et je plussoie Wink

Daphné
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Re: Le malaise enseignant dépasse les suppressions de postes

Message par Hermione0908 le Sam 22 Jan - 16:32

Je croyais que le malaise enseignant n'existait pas, qu'il n'était le fait que de professeurs rétifs au changement... On m'aurait menti ? Twisted Evil
Blague à part, j'ai bien peur qu'on passe encore et toujours pour les paresseux qui se plaignent. Si ça peut éveiller quelques consciences, tant mieux, mais j'ai des doutes.

Hermione0908
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Re: Le malaise enseignant dépasse les suppressions de postes

Message par Presse-purée le Dim 23 Jan - 21:38

ça doit être sympa les réactions des lecteurs sur le Figaro.fr

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Homines, dum docent, discunt.Sénèque, Epistulae Morales ad Lucilium VII, 8

"La culture est aussi une question de fierté, de rapport de soi à soi, d’esthétique, si l’on veut, en un mot de constitution du sujet humain." (Paul Veyne, La société romaine)
"Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres". La Boétie
"Confondre la culture et son appropriation inégalitaire du fait des conditions sociales : quelle erreur !" H. Pena-Ruiz
"Il vaut mieux qu'un élève sache tenir un balai plutôt qu'il ait été initié à la philosophie: c'est ça le socle commun" un IPR

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Re: Le malaise enseignant dépasse les suppressions de postes

Message par JPhMM le Dim 23 Jan - 21:41

Où l'on apprend que le Snalc est "classé à droite". Razz

_________________
Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

JPhMM
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Re: Le malaise enseignant dépasse les suppressions de postes

Message par John le Dim 23 Jan - 21:43

Pour nombre de syndicats, la remarque de Nicolas Sarkozy lors de ses vœux au monde de la connaissance entérine l'idée que la mastérisation pose, en l'état, de nombreux problèmes. «Les établissements ont été désorganisés par l'arrivée de stagiaires qui doivent partir en formation, à qui il faut trouver des remplaçants», explique Claire Mazeron, vice-présidente du Snalc, habituellement classé à droite.
Ah bah si même Natacha Polony le dit !

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